TROIS MILLE ANS À T’ATTENDRE : Rare génie

Trois mille ans à t'attendre

Certains mythes semblent impossible à dépoussiérer et à renouveler. Celui du génie dans la lampe nous ramène évidemment avant tout à l’histoire d’Aladin. Il semble ardu à première vue de se détacher de ce contexte, qu’on soit fan de Disney ou des contes de mille et une nuits. Mais ce n’est pas pour faire peur à George Miller, ce réalisateur relativement inclassable, qui compte dans sa filmographie des films aussi différents que Mad Max, Happy Feet et Babe, un Cochon dans la Ville… 11 films en 43 ans de carrière, mais presque autant de films culte pour les petits et les grands. Trois Mille Ans A T’Attendre traduit d’ailleurs parfaitement la capacité de ce réalisateur trop rare d’aller sur des terrains très différents avec un talent qui, lui, reste constant.

Riche patchwork

Trois Mille Ans A T’Attendre est un film étonnamment riche. Il nous emmène à différentes époques, dans différents lieux, de l’Orient ancien au Londres moderne. Il traite également de nombreux sujets. Qu’ils soient philosophiques, avec une jolie réflexion sur la solitude. Ou sociétaux, en abordant le sujet du racisme et de l’intolérance. Le grand mérite de George Miller est d’être parvenu à donner une réelle cohérence à ce qui s’apparente presque à un patchwork. L’histoire est solide, aussi divertissante que touchante et non dénouée d’une certaine profondeur. En tout cas le résultat est plutôt étonnant et inattendu. Il se laisse regarder surtout avec un plaisir sincère.

Trois mille ans à t'attendre
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Merveilleuse Tilda

George Miller est évidemment aidé par la qualité de son casting. Tilda Swinton est parfaite, faisant preuve d’une vraie subtilité dans son interprétation. C’est elle qui insuffle à Trois Mille Ans A T’Attendre ce supplément d’émotion et de profondeur qui fait de ce film plus qu’un simple divertissement. Elle est parfaitement secondée par Idris Elba qui se sert à bon escient de son charisme naturel pour charmer le spectateur. On est aussi ravi de la qualité des décors quand l’histoire nous emmène dans un passé lointain. Ce film redonne ses lettres de noblesses à la notion de merveilleux, qui diffère quelque peu de celle de fantastique. Le film nous offre donc un conte d’une grande modernité, malgré les liens forts avec le passé. Il nous permet aussi de nous rendre compte à quel point George Miller se fait trop rare.

LA NOTE ; 14/20

Fiche technique :
Réalisation : George Miller
Scénario : George Miller et Augusta Gore, d’après la nouvelle The Djinn in the Nightingale’s Eye d’A. S. Byatt
Musique : Junkie XL
Direction artistique : Nicholas Dare
Décors : Roger Ford
Costumes : Kym Barrett
Photographie : John Seale
Montage : Margaret Sixel
Production : George Miller et Doug Mitchell
Coproduction : Dean Hood
Production déléguée : Craig McMahon et Victor Hadida
Durée : 108 minutes

Casting :
Idris Elba : le djinn
Tilda Swinton : Alithea Binnie
Alyla Browne : Alithea Binnie jeune
Aamito Lagum : la reine de Saba
Nicolas Mouawad : le roi Salomon
Ece Yüksel : Gülten
Megan Gale : Hürrem
Matteo Bocelli : le prince Mustafa
Lachy Hulme : Soliman le Magnifique
Ogulcan Arman Uslu : Mourad IV (non crédité)
Kaan Guldur : Mourad IV jeune
Agani Gecmez : le serveur d’hôtel turc

Fiche Allociné : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=268966.html

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