EVERYTHING EVERYWHERE ALL AT ONCE : Réjouissant désordre

Everything Everywhere All At Once

Voir un parfait quidam propulsé au rang de héros devant sauver le monde (ou tout du moins la situation) est un point de départ relativement fréquent dans les récits d’aventure. En effet, il facilite l’attachement que le spectateur peut ressentir à l’égard de l’héroïne ou du héros et offre un ressort comique assez puissant et inépuisable. Mais rarement l’idée aura été poussé jusqu’au bout comme dans Everything Everywhere All At Once. Un film qui part un peu dans tous les sens, mais qui nous ravit par ses qualités tout aussi multiples. A sa tête, un duo de réalisateurs tous les deux prénommés Daniel, qui sont font appeler The Daniels (ce qui est somme toute logique). Ils devaient bien s’y mettre à deux pour nous proposer une histoire marquée par une imagination si débridée.

Énergie communicative

Daniel Sheinert et Daniel Kwan ont eu le grand mérite de partir de leur idée de départ et le faire vivre avec toute la force et l’enthousiasme possible. Le résultat manque parfois franchement de maîtrise, mais il y a quelque chose de communicatif dans l’énergie qu’ils insufflent à leur œuvre. Que ce soit dans l’action ou l’humour (on passe de l’un à l’autre constamment), ils ne font jamais les choses à moitié et on passe tellement vite d’une idée à l’autre qu’on oublie vite les moments de faiblesse. On en ressort sans être sûr d’avoir totalement saisi la signification de tous les détails et on regardera désormais son bagel d’un air perplexe (promis, je n’ai rien divulgâché par cette allusion au contenu du film). On passe un bon moment, on ne voit pas le temps passer (ou presque, un petit quart d’heure de moins n’aurait pas été de refus) et on se dit qu’on a au moins échappé au formatage habituel des films d’action. Si Marvel vous ennuie désormais, essayez donc Everything Everywhere All At Once.

Everything Everywhere All At Once
Copyright Leonine

Michelle Yeoh, le roc dans la tempête

La présence de Michelle Yeoh n’est pas pour rien dans la réussite de ce film. Elle fait partie de ces actrices qui tirent tous leurs films vers le haut par leur simple présence, que ce soit le spectacle fou fou d’Everything Everywhere All At Once ou le spectacle bien formaté d’un Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux. Elle apparaît comme le centre stable et solide, qui sait où elle va, au milieu de ce spectacle qui ne semble pas toujours quel chemin prendre. Le film permet aussi de découvrir la jeune Stephanie Hsu, qui parvient à interpréter avec beaucoup de talent un personnage aux multiples facettes. En tout cas, tout le monde a l’air de beaucoup s’amuser et les spectateurs suivent avec entrain. Ce film n’est sûrement pas formellement le meilleur de l’année, mais un des plus détonnant en tout cas.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Dan Kwan et Daniel Scheinert
Musique : Son Lux
Direction artistique : Amelia Brooke
Décors : Jason Kisvarday
Costumes : Shirley Kurata
Photographie : Larkin Seiple
Montage : Paul Rogers
Production : Dan Kwan, Mike Larocca, Anthony et Joe Russo, Daniel Scheinert et Jonathan Wang
Coproduction : Allison Rose Carter, Sarah Finn et Jon Read
Production déléguée : Eli Bush, Tim Headington, Theresa Steele Page et Josh Rudnick
Durée : 139 minutes

Casting :
Michelle Yeoh : Evelyn Wang
Stephanie Hsu : Joy Wang / Jobu Tupaki
Ke Huy Quan : Waymond Wang
James Hong : Gong Gong
Jamie Lee Curtis : Deirdre Beaubeirdra
Tallie Medel : Becky
Jenny Slate : « Dog Mom »
Harry Shum Jr : Chad
Audrey Wasilewski : un officier Alpha

Fiche Allociné : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=270743.html

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