PUPILLE : Premiers pas

pupilleafficheLe personnage principal d’une histoire est souvent celui lequel l’histoire est racontée. Le scénario adopte son point de vue et du coup le spectateur également. Il apporte son lot de subjectivité qui existe forcément en tout récit. Mais quand le personnage principal est un nourrisson de quelques jours, cela paraît plus difficile, puisqu’il apparaît quasiment impossible de faire partager ses émotions et la manière dont il vit les événements. Quasiment, mais pas totalement, comme le prouve Pupille. Un joli film sur un sujet finalement assez peu souvent abordé au cinéma.

Pupille est bien l’histoire d’un enfant. Le bébé ne représente pas uniquement un fil rouge auquel se rattache tout le reste, mais bien un personnage à part entière. C’est réellement ce qui fait l’originalité et tout l’intérêt de ce film. Au-delà de ça, il s’agit d’un film chorale qui nous fait partager un bout du destin des personnes qui gravitent autour de lui. Tous les fils narratifs ne se valent pas, mais forment un tout assez solide pour être convaincant. La narration de Jeanne Herry constitue un point fort de ce long métrage. En montrant dès la première scène où tout cela va mener, il libère le spectateur d’un suspense artificiel pour qu’il puisse se concentrer sur les émotions véhiculées par les personnages. Tous les personnages.

pupillePupille bénéficie d’un casting de tout premier ordre. Le film permet à Gilles Lelouche de connaître un de ses plus beaux rôles. Il fait part d’une grande sensibilité, doublée d’une vraie justesse. Elodie Bouchez est elle aussi remarquable et sans elle, le film n’aurait pas pu être aussi touchant. Jeanne Henry nous offre de très belles scènes, dont celle de la rencontre entre le bébé et sa future mère, qui prouve que la sobriété peut être parfois le meilleur moyen de sublimer les émotions. On passe donc le film avec une petite larme qui pointe aux paupières. Mais elle est plus souvent de joie que de tristesse et on ressort de ce film le cœur léger. Et il faut admettre que cela fait le plus grand bien.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Chi-fou-mi productions, Trésors films
Distribution : Studio Canal
Réalisation : Jeanne Herry
Scénario : Jeanne Herry
Montage : Francis Vesin
Photo : Sofian El Fani
Décors : Johann George
Musique : Pascal Sangla
Durée : 107 min

Casting :
Sandrine Kiberlain : Karine
Gilles Lelouche : Jean
Elodie Bouchez : Alice
Olivia Côte : Lydie
Miou-Miou : Irène

LA PERMISSION : En lutte

lapermissionafficheLe cinéma est un des principaux vecteurs par lequel tous ceux qui veulent faire avancer la liberté en Iran s’expriment. Nos écrans témoignent souvent de cette lutte et nous transmettent le cri de ceux qui vivent des formes parfois particulièrement pernicieuses d’oppression. La Permission reprend le flambeau et le fait avec beaucoup de talent. Un film aux qualités nombreuses, qui brillent autant par la forme que par le fond. Je ne sais pas si aller voir ce film est un acte de résistance. Mais c’est au moins une petite manière d’apporter son soutien à tous celles et ceux qui résistent.

La Permission est porté par un scénario solide, rythmé, riche de vrais rebondissements. On n’est pas du tout dans le cinéma quelque peu contemplatif de Jafar Panahi. On ne s’ennuie donc jamais et on est captivé par cette histoire dont on a envie de savoir où elle finira par nous mener. Le personnage principal, au caractère bien trempé, emporte tout de suite notre affection et on devient vite son premier supporter, terme particulièrement adapté puisqu’il s’agit de la capitaine de l’équipe d’Iran de futsal. Même sans être un passionné de géopolitique du Moyen Orient, on peut prendre beaucoup de plaisir à suivre cette histoire.

lapermissionLa Permission enthousiasmera d’autant plus si on s’intéresse à ce que le film nous dit de la société iranienne. Pas de révélation fracassante, mais une démonstration brillante. Que la société iranienne ne soit pas un modèle d’égalité femme-homme ne constitue pas un scoop, mais on comprend mieux à travers ce film comme elle s’exerce, sous couvert d’état de droit. Avec Baran Kosari, cette lutte prend un visage fort et déterminé. Elle incarne avant tout son personnage, mais bien plus que cela au fond. Cette histoire n’est pas que celle d’un destin individuel. C’est l’histoire de toutes ces femmes qui vivent cette oppression, alors qu’elle ne demande qu’un peu de liberté. Celle de jouer au foot par exemple. Celle d’être elle-même en fait.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation :Soheil Beiraghi
Scénario : Soheil Beiraghi
Musique : Karen Homayoonfar
Production : Soheil Beiraghi, Mehdi Davari
Photographie : Farshad Mohammadi
Montage : Bahram Dehghan, Mohammad Najarian
Assistant réalisateur : Mohammad Reza Keshmiri
Son : Mehdi Saleh kermani

Casting :
Baran Kosari : Afrooz Ardestani
Amir Jadidi : Yaser Shahoseini
Sahar Dowlatshahi : Mehraneh Noori
Leili Rashidi : Pantea Aledavood
Hoda Zeinolabedin : Masi Ata’ee
Abbas Moosavi : Le directeur de la Fédération
Maryam Sarmadi : L’entraîneuse

LES HERITIERES : Loin du coeur

lesheritieresaffiche

lesheritieresafficheParfois, on s’interroge sur ce qui a bien pu nous pousser à aller voir un film. Bon, dans mon cas, c’est généralement une bonne moyenne des critiques sur Allociné. Mais il est vrai que comme j’aime aller voir des films en ne sachant strictement rien d’eux, cette situation m’arrive certainement plus qu’à d’autres. A moment d’enter dans la salle, à part que le film était paraguayen, j’ignorais à peu près de les Héritières. Malheureusement, à plusieurs moments devant le film, je me suis vraiment demandé ce que je faisais là. Il arrive qu’un rencontre entre un film et son public ne se produise pas. Il est clair que ce long métrage et moi resterons à jamais deux étrangers.

Les Héritières commence un peu bizarrement. Pendant près d’un tiers du film, on ne saisit pas bien quel peut être l’enjeu narratif et même d’ailleurs qui est vraiment le personnage principal. Bref, le scénario flotte et l’intérêt du spectateur aussi. Il ne sait pas bien à quoi s’accrocher et surtout à quoi s’attacher. Peu à peu, l’histoire prend cependant peu à peu de l’épaisseur et devient ce qui aurait pu être un joli portrait de femme émouvant et même un peu troublant. Mais c’est trop tard. On est trop en dehors de l’histoire pour y rentrer vraiment et on passera le reste du film à lui courir après, sans jamais vraiment la rattraper. Du coup, pour résumer simplement et clairement la situation, on s’ennuie ferme.

lesheritieresLa réalisation de Macelo Martinessi est d’une grande sobriété. Il cherche avant tout à mettre en avant ses actrices et il y parvient plutôt bien. Ce n’est pas de ce côté qu’il faut chercher ce qui nous empêche d’apprécier les Héritières comme on aurait du. Ana Brun livre une interprétation subtile et juste. Mais ce n’est pas suffisant pour nous donner l’affection nécessaire envers son personnage pour que l’histoire nous touche vraiment. Trop peu d’originalité ou de prise de risque dans la forme pour compenser un tant soit peu les faiblesses du fond.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : Pandora Filmproduktion, Mutante Cine, La Fabrica Nocturna, Norsk filmproduksjon
Distribution : Rouge distribution
Réalisation : Marcelo Martinessi
Scénario : Marcelo Martinessi
Montage : Fernando Epstein
Photo : Luis Armando Arteaga
Décors : Carlos Spatuzza
Durée : 95 min

Casting :
Ana Brun : Chela
Margarita Irun : Chiquita
Ana Ivanova : Angy
Maria Martins : Pituca

LOLA ET SES FRERES : En famille

lolaetsesfreresafficheSi l’amour est le fournisseur officiel d’histoire de l’humanité depuis son aube, la famille se taille aussi une jolie part du marché de sources d’inspiration. Ces deux sujets présentent l’immense avantage de pouvoir être traité aussi bien sur le ton le plus grave que le plus léger. Lola et ses Frères se situe clairement plutôt dans la deuxième catégorie, même s’il ne se contente pas d’être uniquement une pure comédie. Il s’agit là d’une vraie comédie des mœurs à la française, un film de personnages avec beaucoup de tendresse et d’humanisme. Et surtout un film qui fonctionne très bien.

Lola et ses Frères est avant tout un « feel good movie » (désolé, mais je ne connais pas d’expression française équivalente) plutôt réussi. Il nous donne le sourire grâce à un humour qui balaye toute la panoplie des degrés. Il nous réserve même quelques vrais éclats de rire. Mais il nous réconforte aussi par l’émotion contenue qu’il véhicule. Les personnages traversent quelques épreuves au cours du récit et on s’attache assez à eux pour partager leurs moments difficiles. Au final, l’histoire ne se termine pas dans un happy-end (idem) rose bonbon, mais dégage quand même beaucoup de positivité. On peut ne pas souscrire à toutes les bonnes intentions quelque peu gentillettes de la morale, mais avouons qu’elles font quand même du bien.

lolaetsesfreresAvec ce film, Jean-Paul Rouve prouve qu’il a atteint une vraie maturité et une réelle maîtrise artistique. En tant que scénariste, réalisateur ou acteur, il fait preuve d’une justesse remarquable. Il dirige son casting d’une main de maître. On en vient à regretter amèrement que José Garcia ait accepté tant de rôles indignes quand il peut être un comédien de premier ordre et polyvalent. Et surtout quel plaisir de revoir Ludivine Sagnier qui se fait rare mais qui se bonifie avec l’âge. Ce trio porte réellement Lola et ses Frères sur leurs épaules et le porte aussi haut que possible. On ne tutoie peut-être pas les sommets, mais la vue reste belle.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Jean-Paul Rouve
Scénario : Jean-Paul Rouve, David Foenkinos
Producteurs : Maxime Delauney, Romain Rousseau
Photographie : Christophe Offenstein
Directeur de production : Luc Martinage et Nathalie Chavanes
Décors : Laurent Ott
Costume : Carine Sarfati
Ingénieur du son : Marc-Antoine Beldent, Matthieu Bricout
Monteur :Jean-Christophe Bouzy
Musique : Alexis Rault
Casting : Gigi Akoka
Casting petits rôles : Aurore Broutin
Durée : 105 minutes

Casting :
Ludivine Sagnier : Lola
José Garcia : Pierre
Jean-Paul Rouve : Benoît
Ramzy Bédia : Zoher
Pauline Clément : Sarah
Marion Ploquin : Émilie Martinage
Aurore Broutin : Maryline

SAUVER OU PERIR : Ni feu, ni flamme

sauverouperirafficheJe suis souvent prompt dans mes critiques à dénoncer l’émotion facile, c’est à dire celle qui vient d’une situation qui ne peut que nous attrister ou nous révolter, sous peine de paraître sans cœur. Par exemple, comment rester insensible à la souffrance d’un enfant ? Difficile en effet, mais au moment de donner son avis sur une œuvre d’art choisir un tel thème doit-il pour autant nous faire oublier tout esprit critique ? Cette question on peut se la poser devant Sauver ou Périr. En effet, il nous raconte le combat d’un pompier, figure du héros par excellence, qui finit grand brûlé après avoir risqué sa vie pour sauver les membres de son équipe. Comment ne pas compatir après tout ça ? Heureusement, ce qu’il y a de bien avec l’émotion facile, c’est que même quand le film n’est pas terrible, on n’est quand même ému.

Sauver ou Périr est un film qui ne connaît guère la subtilité. Les étapes par lesquelles passe le personnage sont relativement prévisibles. Tout est chargé d’un pathos que Frédéric Tellier ne cherche guère à éviter. Alors, oui, je dois l’admettre, cela vous arrache quelques larmes, mais les sabots sont vraiment gros. L’intérêt que l’on porte à cette histoire reste totalement superficielle, alors qu’il y avait matière à nous offrir un grand film de personnage. Il serait injuste de dire qu’il passe à côté de son sujet, mais il ne parvient pas du tout à lui donner la moindre épaisseur supplémentaire. Au final, le spectateur y trouve malgré tout un minimum son compte grâce à l’attachement profond qu’il va ressentir pour les deux personnages principaux.

sauverouperirOn ne pourra en tout cas pas reprocher à Pierre Niney de ne pas s’être investi pleinement dans son rôle. J’imagine bien à quel point il a du souffrir pour prendre autant de muscles pour incarner son personnage. Car la transformation est assez spectaculaire. Au-delà de ça, il échoue à donner un vrai supplément d’âme et à le sublimer. Sauver ou Périr bénéficie par contre pleinement du talent et de la sensibilité d’Anaïs Demoustier qui livre une performance d’une remarquable justesse. Au final, on ne peut pas complément regretter d’avoir vu ce film, même si on peut regretter qu’il ne nous laisse pas un souvenir autrement impérissble.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Frédéric Tellier
Scénario : David Oelhoffen et Frédéric Tellier
Photographie : Renaud Chassaing
Montage : Gwen Mallauran
Décors : Arnaud Bouniort
Musique : Christophe Lapinta
Producteur : Julien Madon
Durée : 116 minutes

Casting :
Pierre Niney : Franck
Anaïs Demoustier : Cécile
Vincent Rottiers : Martin
Sami Bouajila : Dr Almeida
Chloé Stefani : Nathalie
Damien Bonnard : Marlo
Calypso Buijtenhuijs : Caporal Fameaux

BOHEMIAN RHAPSODY : Freddy Mercury méritait mieux

bohemianrhaspodyafficheLe populisme existe en politique. Il peut exister aussi au cinéma. Surtout quand le peuple s’apparente à une assemblée de fans. Pour les séduire, quoi de plus facile que de leur livrer un produit qui les conforte dans leur adoration, qui leur montre ce qu’ils adorent sous un jour extrêmement favorable pour ne surtout pas les bousculer. Et cela peut marcher à la perfection. On en tient la preuve en regardant la moyenne des notes spectateurs sur Allociné pour Bohemian Rhapsody. 4,7, soit un score extrêmement rare qui le placerait parmi les meilleurs films de toute l’histoire du 7ème art. La musique de Queen provoque visiblement une anesthésie du sens critique, tant ce film est d’une affligeante médiocrité.

Evacuons tout de suite ce point essentiel. Oui, Bohemian Rhapsody permet à Rami Malek de livrer un grand numéro d’acteur, bien aidé en cela par une prothèse dentaire qui saute autant aux yeux que son talent. Après, cela fait près de quinze ans que la mode du biopic nous offre ce genre de numéro d’imitation et si on ne peut que reconnaître la qualité de la performance, il y a longtemps qu’on a arrêté de trouver cela absolument extraordinaire. Le film est aussi évidemment parcouru de nombreuses chansons du groupe et quand on est fan absolu de Queen comme moi, on ne peut que s’en réjouir. Cependant, pour cela mon DVD du Live Aid est infiniment plus efficace pour cela que cette reconstitution noyée dans 2h de soupe sans saveur.

bohemianrhaspodySi Bohemian Rhapsody a reçu un accueil critique aussi mauvais, ce n’est pas sans raison, ce qui est rassurant sur la santé mentale des gens payés pour donner leur avis. En effet, le film s’apparente à une hagiographie, ce qui peut constituer un choix respectable, mais qui ne s’assume pas. Bryan Singer essaye de nous faire croire qu’il explore aussi le côté sombre de Freddy Mercury. Mais tout cela pour nous expliquer au final que le chanteur de Queen a été en fait victime d’un être malfaisant, tout ceci se terminant dans une scène de rédemption risible, sous la pluie parce que ça fait trop stylé (comme disent les jeunes). Cela finit de ruiner la crédibilité du point de vue et surtout lui retire définitivement son intérêt. Au final, le film s’apparente à une fausse autobiographie d’une star de téléréalité qui voudrait passer pour un génie torturée. Le vrai génie de Freddy Mercury méritait infiniment mieux !

LA NOTE:09/20

Fiche technique :
Production : GK Films, New Regency Pictures, Queen Films Ltd, Regency Enterprises, Tribeca Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Anthony McCarten
Montage : John Ottman
Photo : Newton Thomas Sigel
Décors : Aaron Haye
Musique : John Ottman, Queen
Durée : 134 min

Casting :
Rami Malek : Freddie Mercury
Lucy Boynton : Mary Austin
Joseph Mazzello : John Deacon
Mike Myers : Ray Foster
Ben Jardy : Roger Taylor
Aidan Gillen : John Reid
Gwilym Lee : Brian May
Tom Hollander : Jim Beach

AMANDA : Tristement beau et joliment triste

amandaafficheLe plus dur c’est pour ceux qui restent… Ok, j’admets j’ai déjà utilisé cette idée pour introduire la critique de Mon Cher Enfant, mais elle convient également particulièrement pour débuter celle d’Amanda. Le parallèle ne s’arrête d’ailleurs pas là puisque le terrorisme islamisme figure en toile de fond. Il s’agit surtout de deux histoires humaines, chargées d’émotion. Rien de géopolitique ici, mais une réflexion sur le deuil et la manière dont on arrive à gérer l’absence et la peine qui semble sans fin. Et ici, une fort belle réflexion.

Faire de la peine ressentie par un enfant le sujet principal d’un film dresse bien des pièges sur le chemin du cinéaste. En effet, on peut facilement tomber dans une émotion facile, où le scénario ressemble à une injonction au spectateur d’être triste, sous peine de paraître sans cœur. Avec Amanda, rien de ceci. L’histoire prend le temps de donner assez d’épaisseur aux personnages pour que le spectateur ressente un attachement profond et partage leur peine. Il y a à la fois beaucoup de pudeur et une plongée profonde dans l’âme humaine, le tout avec une infinie délicatesse. On pleure beaucoup devant cette histoire, mais des larmes sincères et qui ne viennent pas de nul part. Jamais le propos ne tombe dans l’excès de pathos et le spectateur est vraiment touché au cœur.

amandaAmanda bénéficie de l’étonnante performance de la jeune Isaure Multrier. Les enfants sont souvent de formidables acteurs de manière naturelle, mais la palette d’émotion que ce rôle exige ne peut être aussi parfaitement interprétée sans un réel talent. On en oublierait presque celui de Vincent Lacoste, auquel on est certes désormais habitué mais qui continue d’apporter une vraie valeur ajoutée aux films qui en bénéficie. Enfin, Stacy Martin apporte sa touche de charme incomparable. Mikhaëls Hers a donc su insuffler beaucoup de talent dans chaque aspect de son film pour un résultat aussi beau que bouleversant.

LA NOTE : 14,5/20

Fiche technique :
Production : Nord-Ouet film, Arte France Cinéma
Distribution : Pyramide distribution
Réalisation : Mikhaël Hers
Scénario : Mikhaël Hers, Maud Ameline
Montage : Marion Monnier
Photo : Sébastien Buchmann
Décors : Charlotte de Cadeville
Musique : Anton Sanko, Matthieu Sibony (Schmooze)
Durée : 107 min

Casting :
Vincent Lacoste : David Sorel
Isaure Multrier : Amanda
Stacy Martin : Léna
Ophelia Kolb : Sandrine Sorel
Maroa,,e Basler : Maud Sorel
Jonathan Cohen : Axel
Greta Scacchi : Alison
Nabija Akkari : Raja

LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRIDENWALD : Pas fantastique du tout

lesanimauxfantastiques2afficheLa magie est un peu comme l’amour. Elle n’existe peut être pas vraiment, mais pour y croire, il faut l’entretenir ! Et quoi de plus magique que le monde d’Harry Potter ? Ce dernier a connu une extension très réussie avec les Animaux Fantastiques. C’est donc avec une certaine impatience que l’on attendait d’y retourner avec un deuxième épisode intitulée les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald. Malheureusement, ces retrouvailles s’avèrent particulièrement décevantes faute d’avoir su insuffler de nouveaux éléments pour faire bouillonner le chaudron magique de cet univers.

Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald manque première passablement d’animaux fantastiques. Cela peut sembler un peu idiot de dire ça, mais c’est assez symptomatique des raisons pour lesquelles le film est relativement ennuyeux. Appliquée à dérouler une intrigue qui se veut complexe et sombre, J.K. Rowling, qui signe elle-même le scénario, a oublié l’essentiel de ce qui a fait son succès : tous ces petits à-côtés parfois futiles, mais qui créent l’émerveillement de la découverte. Le film est incroyablement pauvre à ce niveau-là. Et comme l’intrigue est nettement plus prétentieuse qu’intéressante, on en voit guère de raison de s’enthousiasmer.

lesanimauxfantastiques2Mais il y a Johnny Depp aurait-on envie de clamer ! Cependant, il semble ici un peu perdu, dans un rôle auquel il a du mal à donner la moindre épaisseur. Son charisme naturel ne fait pas tout non plus. Heureusement, l’autre star du casting, Jude Law, est quant à lui impeccable et apporte un petit supplément d’âme bienvenu. Quant à Eddie Redmayne, il livre une prestation sans surprise et sans parvenir à nous faire voir son personnage sous un jour nouveau. Tout ce joli petit monde évolue dans des décors et au milieu d’effets spéciaux pas si fantastiques que ça. Au final, Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald est une œuvre paresseuse qui constitue un prélude médiocre à troisième volet qui, espérons-le, sera d’un autre acabit.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : Warner Bros
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : David Yates
Scénario : J.K. Rowling
Montage : Mark Day
Photo : Philippe Rousselot
Décors : Stuart Craig
Musique : James Newton Howard
Durée : 134 min

Casting :
Eddie Redmayne : Norbert Dragonneau
Katherine Waterston : Tina Goldstein
Dan Fogler : Jacob Kowalski
Alison Sudol : Queenie Goldstein
Jude Law : Albus Dumbledore
Johnny Depp : Gellert Grindelwald
Ezra Miller : Croyance Bellebosse
Zoë Kravitz : Leta Lestrange
Callum Turner : Theseus Dragonneau

SILVIO ET LES AUTRES : Plus vrai que vrai

silvioetlesautresafficheIl y a la vie d’une part et la fiction d’autre part. Mais certaines personnes de la vie réelle semblent sorties tout droit d’un monde imaginaire. Elles sont trop (… à compléter selon les cas) pour être vraies. Et pourtant, elles le sont. Et une des particularités de ces figures est qu’elles atteignent parfois les sommets du pouvoir. Silvio Berlusconi fait partie de celles-ci. D’autant plus incroyables est qu’elle a su rejouer la même pièce trois fois et que les spectateurs l’ont laissé faire. Bref, il y a de quoi en faire un film. La preuve avec Silvio et les Autres, le nouveau film de Paolo Sorrentino.

Le style du réalisateur italien laisse rarement indifférent. Tout le monde lui reconnaîtra un sens de l’esthétique prononcé, mais on peut aussi lui reprocher un sens de la narration parfois défaillant qui fait flirter le spectateur avec l’ennui. Si Silvio et les Autres est une nouvelle fois particulièrement long, sans doute un peu trop, Paolo Sorrentino parvient à nous raconter une histoire qui nous intrigue et parfois nous passionne. Il garde le côté onirique qui caractérise son œuvre, mais au service d’un vrai propos et d’une intrigue riche. Le film n’a rien d’un biopic ou d’un documentaire, on est plus proche de la fable, mais une fable qui véhicule de vraies morales sur les travers de notre époque.

silvioetlesautresAvec Silvio et les Autres, Paolo Sorrentino retrouve un de ses acteurs fétiches, en la personne de Toni Servillo. Il nous livre un numéro d’imitation plus vrai que nature… au sens premier du terme. On reconnaît tout à la fois le personnage réel qu’il incarne, tout en faisant un personnage dramatique allant bien au-delà de la simple imitation. Le film permet aussi d’apprécier la présence à l’écran de Riccardo Scamarcio que les amateurs du cinéma transalpin connaissent bien. Tous ces personnages sont sublimés par la caméra inspirée de Paolo Sorrentino. Dans ce film, les images en disent largement aussi long que les dialogues. Alors, on apprécie pleinement chaque image, sans jamais se lasser.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Indigo film, Pathé, France 2 cinéma, OCS
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Paolo Sorrentino
Scénario : Paolo Sorrentino, Umberto Contarello
Montage : Cristiano Travaglioli
Photo : Luca Bigazzi
Décors : Stefania Cella
Musique : Lele Marchitelli
Directeur artistique : Cristina Vittoria Marazzi
Durée : 158 min

Casting :
Toni Servillo : Silvio Belrusconi
Elena Sofia Ricci : Veronica Lario
Riccardo Scamarcio : Sergio Morra
Kasia Smutniak : Kira
Euridice Axen : Tamara
Fabrizio Bentivoglio : Santino Recchia
Alice Pagani : Stella

LES CHATOUILLES : Audace et maladresse

leschatouillesafficheParfois je m’offre des soirées cinéma sur des sujets « à fond la déconne ». Après un premier film sur un père qui part sur les traces de son fils parti faire le djihad en Syrie, j’ai directement enchaîné avec un film sur la pédophilie. Et oui, j’aime les sujets légers qui incitent au rire et à la joie… Evidemment, j’ironise… mais pas tant que ça. En effet, les Chatouilles nous parle d’un sujet particulièrement dramatique et sordide en utilisant une forme incroyablement audacieuse. Rarement un film aura pris autant de risque. Le tout pour un résultat étonnant mais contrasté.

Les Chatouilles est un film qui peut inspirer des sentiments aussi forts que contraires. On navigue du ridicule au magnifique, du drôle à l’horreur la plus dérangeante, le tout en quelques secondes. En fait, dans un premier temps, le spectateur est tellement sorti de ses repères habituelles qu’il ne sait pas forcément quoi penser. Surtout que le premier tiers du film est parfois particulièrement maladroit (une pensée particulière pour Ariane Ascadie qui interprète la prof de danse la moins crédible de l’histoire… et de loin!). Mais au final, une fois que l’on comprend le sens profond de ce que Andréa Bescond cherche à partager avec nous, on accepte l’offrande avec beaucoup de bienveillance. Dire qu’elle a mis beaucoup d’elle-même dans ce film est un euphémisme et on est au final très heureux qu’elle l’ai fait.

leschatouillesSi Andréa Bescond, épaulé par Eric Métayer, est une réalisatrice est parfois aussi maladroite qu’audacieuse, elle démontre qu’elle est une actrice absolument merveilleuse. Interpréter son propre rôle n’a rien d’évident, surtout qu’elle livre une performance où elle pousse son âme et son corps dans ses derniers retranchements. On saluera aussi la performance plus classique, mais totalement maîtrisée, de Pierre Deladonchamps. Au final, les Chatouilles démontre la manière dont l’art peut transcender toutes les souffrances. Pour cela, il faut oser. Andréa Bescond l’a fait et nous offre un film qui ne peut pas laisser indifférent.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Andréa Bescond et Éric Métayer, d’après leur pièce Les Chatouilles ou la Danse de la colère
Production : François Kraus et Denis Pineau-Valencienne
Décors : Éric Barboza
Costumes : Isabelle Pannetier
Photographie : Pierre Aïm
Son : Thomas Lascar, Margot Testemale, Thomas Desjonquères et Thomas Gauder
Montage : Valérie Deseine
Musique : Clément Ducol
Durée : 103 minutes

Casting :
Andréa Bescond : Odette, adulte
Cyrille Mairesse : Odette, enfant
Karin Viard : Mado Le Nadant
Clovis Cornillac : Fabrice Le Nadant
Pierre Deladonchamps : Gilbert Miguié
Grégory Montel : Lenny
Carole Franck : la psychologue
Gringe : Manu
Ariane Ascaride : Madame Maloc
Éric Métayer : le professeur du Conservatoire