
Captain Marvel a deux atouts pour elle. Déjà, le personnage principal est vraiment attachant et pas simplement parce qu’il est sympathique. Sa stature épique et sa puissance lui confèrent un vrai charisme super-héroïque fort appréciable. Ensuite, le film est terriblement distrayant, avec sa bonne dose d’humour et d’action, quand les deux ne sont pas entremêlés. Certes, les esprits ronchons souligneront sans doute que dans un domaine ou dans l’autre, Marvel a déjà proposé mieux et plus original. Certes, mais ce n’est pas parce qu’on n’est pas le meilleur qu’on est forcément mauvais. On passe un vrai bon moment devant cette superproduction et on est vraiment heureux de voir la mythologie Marvel s’enrichir de ce personnage. Cela donne l’eau à la bouche avant le prochain Avengers et on a hâte de voir notre super-héroïne face à Thanos. Seuls les initiés voient dans cette dernière phrase une raison de s’enthousiasmer, mais ces derniers savent bien de quoi je parle !

LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : Walt Disney Studios Distribution
Réalisation : Ryan Fleck, Anna Boden
Scénario : Meg LeFauve, Nicole Perlman, Geneva Robertson-Dworet
Photo : Ben Davis
Décors : Andy Nicholson
Musique : Pınar Toprak
Directeur artistique : Kasra Farahani
Durée : 124 mn
Casting :
Brie Larson : Carol Danvers / Captain Marvel
Samuel L. Jackson : Nick Fury
Ben Mendelsohn : Talos
Lee Pace : Ronan l’Accusateur
Anette Bening : l’intelligence suprême / Dr Wendy Lawson
Jude Law : Yon-Rogg
Clark Gregg : Phil Coulson
L’effort de promotion dont bénéficie un film n’est en rien corrélé avec sa qualité. Le contraire se saurait depuis le temps. Ainsi, nos écrans accueillent quelques vraies pépites qui passent trop injustement inaperçues. Nos Vies Formidables fait partie de celle-ci. Certes, aucune vedette à l’écran et un sujet, la vie dans un centre de désintoxication, tout cela ne poussait pas vraiment ce film à faire la une des médias. Pourtant, il est à proprement parler formidable par ses nombreuses qualités et l’intelligence et l’humanisme avec lesquels il déroule son propos.
Julie Moulier tient avec Nos Vies Formidables son premier très grand rôle. Et elle s’acquitte de la tâche avec un talent assez sensationnel. C’est vraiment tout le casting qui est à saluer, tant les rôles sont plus difficiles les uns que les autres, mais tous interprétés avec une conviction et une intensité impressionnantes. L’histoire en tire une profonde crédibilité et surtout une densité émotionnelle hors du commun. C’est grâce à eux, sous la caméra remarquable de Fabienne Godet que le film nous touche autant. La réalisation, toujours au plus près des personnages, nous plonge dans une intimité qui décuple encore les sentiments du spectateur. On en ressort bien secoué mais heureux de ne pas être passé à côté de ce formidable moment.
La naïveté est généralement considérée comme un défaut. Pourtant, comme tout trait de caractère, son caractère positif ou négatif dépend des circonstances. Et comme tout trait de caractère, il passe d’autant mieux s’il est pleinement assumé. Damien Veut Changer le Monde est d’un film d’une naïveté assumée. C’est ce qui fait sa limite, mais c’est aussi ce qui lui donne un charme réel. Dans une période où les lourdeurs sont nombreuses et les nuages souvent sombres, un peu de fraîcheur fait vraiment du bien et aère aussi bien les poumons que l’esprit. Un plaisir léger mais salutaire.
Damien Veut Changer le Monde nous offre un casting de second rang, mais qui s’acquitte de sa tâche avec une énergie dont devrait bien s’inspirer bien des stars trop sûres d’elles. Franck Gastambide n’aura certainement pas de César pour sa prestation, mais il nous donne une sévère envie de le rejoindre dans son combat. Le duo formé par Camille Lellouche et Gringe apporte sa pierre à l’édifice et on tombe immédiatement sous leur charme. Melisa Sözen confirme tout son talent entrevu dans le Bureau des Légendes, mais aussi déjà sur grand écran dans Winter Sleep, Palme d’Or à Cannes en 2014. Voilà un prix que ce film ne remportera pas, mais personne n’aura l’idée de le lui reprocher.
Des films dressant un panorama de la société chinoise sortent régulièrement sur nos écrans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela est rarement reluisant. Violence sociale, déshumanisation des relations entre individus, absence totale d’espoir dans un avenir meilleur qui effectivement ne vient jamais… Une vision sombre de ce pays pourtant amené à jouer un rôle de plus en plus central dans la marche du monde. Une nouvelle preuve avec Les Eternels. Une histoire centrée sur le destin de deux individus, mais qui a pour toile de fond la pègre chinoise et un tissu social en lambeaux.
Les Eternels est marquée par une ambiance visuelle aussi sombre que la société qu’il décrit. On retrouve la maîtrise de Jia Zhangke que l’on avait appréciée dans A Touch of Sin, même si le propos est ici moins marquant. Les deux acteurs principaux, Zhao Tao et Fan Liao, incarnent leurs personnages avec talent, mais leur manque d’expressivité nous empêche de réellement s’y attacher. Tout cela contribue à une forme d’indifférence envers tout ce qui peut leur arriver et aucune impatience particulière vis-à-vis du dénouement. On y parvient après deux heures et demi avec un léger soulagement que cela soit terminé. Non que l’on ait forcément passé un mauvais moment, mais un long moment, ça, c’est certain.
Imaginer une histoire valant le coup d’être racontée, avec une grande et belle intrigue et de grands et beaux personnages, représente un exercice difficile. Heureusement, l’Histoire, celle avec un grand h, recèle déjà bien des épisodes pouvant rassembler ces deux caractéristiques. Il suffit d’en s’en inspirer pour en faire un film. C’est ce que Josie Rouke a fait pour nous proposer Marie Stuart, Reine d’Ecosse. Une réalisatrice qui quitte le monde du théâtre pour rejoindre celui du 7ème art. Ses débuts sur grand écran sont au final plutôt réussis, même si le film n’est pas dénué d’imperfections.
Josie Rourke a bénéficié pour Marie Stuart, Reine d’Ecosse d’un casting de premier ordre qu’elle dirige avec maestria. Saoirse Ronan livre là une prestation remarquable, confirmant, après Ladybird, qu’elle est une actrice extraordinaire, encore bien trop sous-utilisée. En face d’elle, Margot Robbie, découverte dans Suicide Squad, prouve qu’elle peut être promise à une immense carrière d’actrice pouvant changer de peau à chaque rôle. Ce merveilleux duo de commédiennes est parfaitement mis en valeur par une réalisation élégante, même si elle sombre parfois dans quelques petits excès. Les costumes et les décors ne transpirent pas les moyens sans limite, mais parviennent à donner vie à cette histoire de manière réaliste, à défaut d’être particulièrement spectaculaires. Beaucoup de raisons d’apprécier ce film au final donc.
La Chute de l’Empire Américain clôt la trilogie de Denis Arcand commencée en 1987 avec le Déclin de l’Empire Américain. C’est du moins ce qu’on peut lire parfois, même si certains rappellent qu’elle a plutôt été conclue par l’Age des Ténèbres. Le débat n’est guère intéressant et il est vrai qu’à part le parallèle entre les deux titres, le film qui squatte actuellement nos grands écrans n’a pas grand chose à voir avec les précédents. Le réalisateur québecois nous offre ici une comédie policière où on retrouve le regard ironique qu’il pose sur l’existence et la société, mais sans aller très loin dans l’analyse psychanalytique de l’époque. C’est avant tout léger et ma foi fort sympathique.
La réalisation de Denis Arcand reste particulièrement sobre. Il parvient cependant à créer une certaine tension lors des scènes où il y a un peu d’action (cela reste très relatif). Bref, pas de superflu, mais un minimum de maîtrise. Niveau interprétation, la plus belle révélation s’appelle Maripier Morin qui éclabousse l’écran de son charme et son charisme. Mais tout le casting œuvre pour donner vie à cette histoire et en faire un spectacle plaisant. Il prouve une nouvelle fois la bonne santé du cinéma québecois qui nous offre chaque année plusieurs longs métrages de qualité. Nos cousins d’outre-Atlantique contribuent donc pleinement au rayonnement du cinéma francophone. Merci à eux !
Si Ozon osait… Je me rappelle avoir utilisé ce titre pour la critique d’un film de François Ozon (Angel, je crois). Cela résume assez bien ce que je pense de celui qui reste un des plus brillants réalisateurs français en termes de maîtrise artistique et même narrative, mais à qui il avait jusqu’alors toujours manqué une réelle audace dans les sujets et les traitements pour nous offrir de vrais grands films qui parlent plus aux tripes qu’à l’intellect. Etre doué, c’est très bien, savoir prendre de risque, c’est mieux et vous permet d’accéder à un tout autre statut. Avec Grâce à Dieu, enfin, il ose vraiment avec une film et une démarche salutaire.
Le sujet de Grâce à Dieu déborde largement des seuls faits criminels. Il dresse le portrait sans concession de toute une société renvoyée à sa lâcheté et son hypocrisie. Le seul point où François Ozon garde une certaine neutralité est finalement le rapport à la foi en nous renvoyant aux différences qui séparent à ce niveau-là ses personnages. Un choix judicieux qui pousse le spectateur à mener sa propre réflexion, qui se fait elle-aussi avec l’esprit et le cœur. Cela montre toute l’intelligence de ce film, qui bénéficie par ailleurs d’une formidable interprétation et d’une réalisation soignée, mais qui sait s’effacer devant la profondeur du sujet et le talent des interprètes. Merci pour cette audace Monsieur Ozon !
Le film de sous-marin constitue un genre mineur et rare du cinéma, mais qui a offert quelques jolis moments au 7ème art. Ainsi, A la Poursuite d’Octobre Rouge est devenu un des films cultes du début des années 90. On ne s’attendait pas à voir le cinéma français s’y attaquer. C’est donc avec une certaine surprise que l’on a vu arriver sur nos écrans Le Chant du Loup. Avec une bande-annonce qui faisait vraiment envie, la surprise était même double. Du coup, ressortir de la salle en ayant la sensation d’avoir vu une vrai bon film n’en représentait plus vraiment une. Mais le plaisir, lui, était intact.
Le Chant du Loup bénéficie d’un casting particulièrement prestigieux. Voir Omar Sy relégué dans un second rôle n’est plus si fréquent. Mais il partage l’affiche avec d’autres comédiens de renom qui interprètent tous leur partition avec le plus grand des talents. Cependant, le premier et le plus beau rôle revient au moins connu d’entre eux, François Civil, qui livre là une prestation remarquée. Antonin Baudry nous offre un premier film réellement abouti, après avoir un été un auteur de bande-dessinée et un scénariste de talent. Ces artistes avec autant de cordes à leur arc sont quelque peu énervants. Mais vu la qualité de ce qu’ils nous proposent et les bons moments qu’ils nous font passer, on leur pardonne aisément.
Se rendre dans une salle obscure pour voir l’adaptation d’une œuvre dont on est fan par ailleurs s’apparente à une manœuvre particulièrement risquée. En effet, on regardera le film en question avec un œil particulier et critique, scrutant le moindre détail qui pourrait s’apparenter à une trahison et ne fera preuve d’aucune indulgence face au moindre écart de ce qu’on considère comme étant un canon dont il est criminel de s’écarter. Gumn fait partie des œuvres pour laquelle j’ai une tendresse particulière et que je suis avec la plus grande attention, puisque le manga continue d’être régulièrement publié. J’ai donc été voir Alita : Battle Angel avec cet œil particulier et une certaine appréhension suite à une bande-annonce pas vraiment convaincante. Le résultat est meilleure qu’espéré, mais loin d’être transcendant.
Certaines scènes de Alita : Battle Angel sont franchement ratées et flirtent parfois carrément avec le ridicule. Pas au point de nous faire sortir totalement du film, mais suffisamment pour ne pas s’enthousiasmer comme on l’aurait aimé pour cette œuvre de science-fiction qui restera sympathique mais mineure. Et vue la direction que semble prendre l’histoire à la fin du film, il semble difficile d’espérer que la suite de la saga remontera le niveau général. Je peux bien sûr me tromper. Au final, Robert Rodriguez nous offre un film quelque peu inabouti, réalisé avec un certain talent (mais il n’est pas Guillermo Del Toro non plus), qui aurait mieux fait de coller totalement à l’histoire imaginée par Yukito Kishiro. C’est peut-être le fan qui parle, mais surtout, je pense, l’amateur de grandes et belles histoires.
La culture geek est désormais bien installée dans le paysage culturel global. Elle s’est enrichie à un tel point qu’elle peut désormais se nourrir d’elle-même et nous proposer des œuvres reposant entièrement sur des références issues de celle-ci. Les Mondes de Ralph appartient à cette dernière catégorie, au même titre que Sucker Punch ou Ready Player One. Le premier volet avait représenté une belle réussite, alliant humour, aventure et beaucoup de nostalgie pour les spectateurs de ma génération qui ont grandi à proximité d’un Commodore 64 puis de consoles Nintendo. Ce succès ne pouvait conduire qu’à une suite, intitulée Ralph 2.0. La règle veut qu’elle soit moins intéressante que l’épisode originel. Parfois les règles sont suivies.
Ralph 2.0 porte un message moralisateur, comme les productions américaines ont le secret. Alors que cela est souvent plutôt synonyme de lourdeur, on apprécie ici le propos qui ne manque ni d’intelligence, ni de subtilité. Une petite leçon de vie qui ne fera pas de mal aux enfants qui regarderont ce film. Certes, on reste loin de Bettelheim, mais cela reste appréciable. Au final on a été heureux de retrouver les deux personnages principaux particulièrement attachants. Ils auraient mérité un peu d’audace et d’imagination débridée. On ignore encore s’ils reviendront pour un troisième tour. Mais ce second épisode nous fait penser que ce n’est pas pas indispensable.
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