MISS SLOANE : Danser le twist avec Jessica Chastain

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misssloaneafficheLe twist est une danse qui fait bouger les hanches en rythme. C’est aussi un horrible anglicisme qui désigne un retournement de situation, une expression tout de même un peu longue à prononcer. Il constitue souvent la cerise qui donne tout son goût à un gâteau cinématographique. S’il fonctionne, c’est tout le scénario qui fonctionne car il aura transporté jusqu’au bout le spectateur sans que ce dernier ne puisse faire autre chose que se laisser faire sans résistance. Miss Sloane propose un tel twist et m’a offert une jolie ballade vers un dénouement que je n’ai pas vu venir.

Miss Sloane est un film typiquement hollywoodien, mais dans ce que Hollywood nous offre de meilleur. Avant tout, et vous l’aurez compris, un scénario parfaitement mené du début à la fin. Une intrigue qui peut facilement s’assimiler à un film de procès, le genre peut-être le mieux maîtrisé de l’autre côté de l’Atlantique. Tout cela ne présente aucune originalité révolutionnaire, mais échappe totalement à l’impression de déjà-vu. Et puis, tout est assez rythmé et filmé avec une efficacité à toute épreuve pour que le spectacle soit plus que plaisant.

misssloaneMiss Sloane bénéficie en plus de la présence de Jessica Chastain. Elle s’affirme définitivement comme une immense star qui peut assurer à elle seule une grande partie de la réussite d’un film. Sa présence, son charisme, tout simplement son talent irradient à l’écran. Elle rend crédible cette dénonciation du rôle du poids des lobbies qui porte pourtant des gros sabots. Mais certaines personnes gardent la classe et l’élégance quelque soit ce qu’ils portent. Ce film prouve qu’une Jessica Chastain en sabots vaut mieux que beaucoup d’autres actrices en Louboutin.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Transfilm, Archery Pictures, Canal +, FilmNation Entertainment, France 2 Cinéma
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : John Madden
Scénario : Jonathan Perera
Montage : Alexander Berner
Photo : Sebastian Blenkov
Décors : Matthew Davies
Musique : Max Richter
Costumes : Georgina Yarhi
Directeur artistique : Mark Steel
Durée : 132 min

Casting :
Jessica Chastain : Elizabeth Sloane
Gugu Mbatha-Raw : Esme Manucharian
Michael Stuhlbarg : Pat Connors
John Lithgow : Senateur Ron M. Pearling
Mark String : Rodolfo Schmidt
Alison Pill : Jane Molloy
Douglas Smith : Alex
Sam Waterston : George Dupont
Dylan Baker : le présentateur TV

LA CONFESSION : Platitude au confessional

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laconfessionafficheFilm vu avant tout pour un membre du casting que j’apprécie particulièrement, troisième ! Si je suis allé voir la Confession, c’est avant tout pour la présence de Romain Duris à l’écran. Il faut dire que je ne savais pas grand chose d’autre au moment de rentrer dans la salle. Même pas qu’il s’agissait de l’adaptation du roman et remake du film de Melville du même nom, Léon Morin Prêtre… dont je ne savais pas grand chose non plus de toute façon. Malheureusement, encore une fois, un seul homme (ou femme) est trop peu pour faire un excellent film.

Si je connais de nom du livre et du film originaux, sans les avoir lu ou vu, c’est sans doute parce qu’ils sont d’une qualité qui justifie une certaine pérennité. Mais après voir vu la Confession, je m’interroge. En effet, cette histoire n’a vraiment éveillé en moi qu’un intérêt limité. Que ça se soit d’un point de vue historique ou d’un point de vue psychologique, le propos n’est ni vraiment profond, ni surprenant, ni passionnant. Et pire que ça, le récit nous mène vers un dénouement d’une platitude absolue qui prive l’ensemble d’un sens global.

laconfessionLa Confession constitue tout de même l’occasion de revoir enfin dans un rôle vraiment consistant Marine Vacth, révélée il y a deux ans par Jeune et Jolie. Elle confirme sa grande valeur de comédienne et on peut vraiment s’étonner de ne pas la voir tourner beaucoup souvent. Romain Duris se repose beaucoup sur son charisme, sans en faire beaucoup plus. Cela lui suffit pour être crédible, mais c’est trop peu pour tirer le film vers le haut. Il en aurait pourtant eu bien besoin.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Réalisation : Nicolas Boukhrief
Scénario : Nicolas Boukhrief, d’après le roman de Béatrix Beck
Musique : Nicolas Errèra
Montage : Lydia Decobert-Boukhrief
Photographie : Manuel Dacosse
Décors : Julia Irribarria
Costumes : Patricia Saive
Producteur : Clément Miserez, Matthieu Warter, Nicolas Jourdier et Geneviève Lemal
Durée : 116 minutes

Casting :
Romain Duris : père Léon Morin
Marine Vacth : Barny
Anne Le Ny : Christine Sangredin
Solène Rigot : Marion Lamiral
Amandine Dewasmes : Daniele Fouchet
Lucie Debay : Sabine
Charlie Lefebvre : France
Lucas Tavernier : capitaine Lommel
Marie-Jeanne Maldague : Barny vieille

KONG : SKULL ISLAND : De la confiture aux grands singes

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kongskullislandafficheDracula, Frankenstein, Sherlok Holmes, Le Gendarme de St Tropez, autant de mythes du cinéma qui reviennent encore et encore sur nos écrans pour de nouvelles versions (ok pour le dernier ce n’est techniquement pas vrai, mais ne doutons pas que ça finira par venir). King-Kong fait également partie de ceux là. Des producteurs en mal d’inspiration ont donc décidé de s’en emparer pour nous proposer Kong : Skull Island. En mal d’inspiration, car si un remake peut se justifier quand on offre une vision originale d’un mythe déjà connu, il est clair ici que les scénaristes n’avaient strictement rien à dire.

Kong : Skull Island constitue un vrai gâchis. En effet, il est tout de même doté d’une grande qualité indéniable. Le personnage de King-Kong est ici sublime. Les progrès de l’image de synthèse nous offre un Kong majestueux, expressif, dont il se dégage vraiment quelque chose. Le film est une vraie réussite esthétique. Les scènes d’action, toutes les créatures, les décors, tout aurait pu forcer l’admiration s’ils avaient bénéficié d’un minimum de talent artistique dans la réalisation. Celle de Jordan Vogt-Roberts se contente d’une certaine efficacité sans âme.

kongskullislandLe vrai défaut de Kong : Skull Island réside dans son scénario indigent. Si le mythe de King-Kong a traversé un siècle, c’est notamment par la relation de la belle et la bête et, avouons-le, sa charge érotique. Or cet aspect est totalement absente de ce film qui ne nous offre guère plus que des combats entre des grosses bébêtes. C’est assez pour ne pas s’ennuyer, mais pas assez pour éviter que ce film soit aussi vite oublié qu’il est vu. Autant de moyens techniques et un joli casting pour servir une histoire si pauvre, c’est de la confiture donnée aux grands singes.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : Legendary Entertainment, Warner Bros
Distribution : Warner Bros. Pictures France
Réalisation : Jordan Vogt-Roberts
Scénario : Dan Gilroy, Max Borenstein, Derek Connolly, d’après une histoire de John Gatins
Montage : Richard Pearson
Photo : Larry Fong
Décors : Stefan Dechant
Musique : Henry Jackman
Costumes : Mary E. Vogt
Durée : 118 min

Casting :
Tom Hiddleston : James Conrad
Samuel L. Jackson : Preston Packard
Brie Larson : Mason Weaver
John C. Reilly : Hank Marlow
John Goodman : Bill Randa
Corey Hawkins : Houston Brooks
John Ortiz : Victor Nieves
Tian Jing : San
Toby Kebbell : Kong

CITOYEN D’HONNEUR : L’Argentine à l’honneur

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citoyendhonneurafficheLe cinéma argentin fait désormais partie des cinémas qui ont le droit de cité sur les écrans français, grâce au succès de Dans tes Yeux il y a quelques années. Et vu la qualité de ces productions, les cinéphiles hexagonaux ne peuvent que s’en réjouir. Un nouvelle preuve avec Citoyen d’Honneur. Un film que j’ai été voir sans en savoir grand chose et qui a mis du temps à me convaincre. Mais une fois que toutes les pièces de puzzle sont bien en place, on découvre alors un spectacle étonnant.

Le cinéma argentin se caractérise souvent par des histoires inattendues. C’était déjà le cas avec El Chino, Citoyen d’Honneur se situe dans cette droite lignée. On se demande longtemps quel intérêt va pouvoir présenter ce récit de retour d’un prix Nobel de littérature dans son village natal. Mais peu à peu les événements se précipitent et rien ne se passe plus comme tout aurait du se passer. Cela donne un film drôle et corrosif sur la nature humaine, peut-être un peu vache avec l’Argentine profonde, mais terriblement savoureux vu d’ici.

citoyendhonneurCitoyen d’Honneur offre une galerie de personnages croquignolesques des plus réussie. Elle prend vie à travers autant de performances remarquables de la part d’un grand nombre de comédiens. Le cinéma argentin confirme qu’il possède un réservoir inépuisable en la matière. Certes, c’est un compliment que j’adresse à beaucoup de pays, mais ici il n’est clairement pas usurpé. Au premier rang d’entre eux, Oscar Martinez, que l’on avait découvert dans les Nouveaux Monstres. Il tient ici un rôle comme beaucoup d’acteurs aimeraient en compter dans leur carrière. Il le tient avec brio et tire le film vers le haut, pour le hisser à une hauteur remarquable.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Arco libre, Television Abierta, Magma Cine, A contracorriente films, INCAA, TVE, ICAA, Ibermedia, Aleph Media
Distribution : Memento films
Réalisation : Gastón Duprat, Mariano Cohn
Scénario : Andrés Duprat
Montage : Javier Braier
Photo : Mariano Cohn
Musique : Toni M. Mir
Directeur artistique : Maria Eugenia Sueiro
Durée : 118 min

Casting :
Oscar Martinez : Daniel
Dady Brieva : Antonio
Andrea Frigerio : Irene
Nora Navas : Nuria
Manuel Vicente : L intendant
Gustavo Garzon : Gerardo Palacios

DE L’AUTRE COTE DE L’ESPOIR : Aki, un ami qui nous fait du bien

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delautrecotedelespoiraffichePeu de réalisateurs parviennent à développer un style assez personnel pour être reconnaissable du premier coup d’œil. Aki Kaurismäki fait partie de ceux-là. Un style où se mêle humanisme, poésie avec toujours un léger sens de l’absurde qui crée un décalage savoureux. On avait pu le voir notamment dans l’Homme Sans Passé et Le Havre. On le retrouve tel qu’en lui même avec De l’Autre Côté de l’Espoir. Un film qui traite une nouvelle fois de la question des réfugiés (comme le Havre) et qui constitue un bel hommage à la générosité simple et spontanée.

Ceux qui connaissent bien et surtout apprécient Aki Kaurismäki n’auront guère besoin de plus que cette introduction. Il n’ont aucune raison de ne pas aller voir De l’Autre Côté de l’Espoir. Ce qui ne veut pas dire que ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans cet univers singulier n’en auront aucune, bien au contraire. Voici l’occasion idéale de découvrir cet univers touchant et drôle, porté par une imagination visuelle où la fantaisie arrive par petites touches à des moments inattendus. Un film de Kaurismäki est un peu comme une boîte de chocolat, à chaque plan, on ne sait jamais d’avance sur quoi on va tomber.

delautrecotedelespoirSi on doit faire un seul reproche à De l’Autre Côté de l’Espoir, c’est peut-être une fin qui laisse penser qu’Aki Kaurismäki ne savait pas trop comment terminer cette histoire. Mais cela reste un défaut mineur, car si le film nous offre un vrai propos doté d’une réelle profondeur, cela passe autant par l’ambiance générale et les personnages que par un fil narratif vraiment élaboré. Avec ce film, on entre dans un univers humain et visuel, autant que dans une histoire. Un univers dans lequel on se sent bien, qui nous tire vers le haut en nous incitant à la réflexion. Et un peu au rêve également.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Sputnik Oy, Oy Bufo Ab, Pandora film
Distribution : Diaphana
Réalisation : Aki Kaurismäki
Scénario : Aki Kaurismäki
Montage : Samu Heikkilä
Photo : Timo Salminen
Décors : Heikku Häkkinen, Markku Pätilä
Directeur artistique : Aki Kaurismäki
Durée : 98 min

Casting :
Sherwan Haji : Khaled
Sakari Kurosmanen : Wikström
Ilkka Koivula : Calamnius
Janne Hyytiainen : Nyrhinen
Nuppu Koivu : Mirja
Simon Al-Bazoon : Mazdak
Tommi Korpela : Melartin
Kati Outinen : la vendeuse de vêtements
Kaija Pakarinen : la femme de Wikström