Imaginer une histoire, c’est généralement partir d’une simple idée. Puis on brode le contexte, les personnages, des rebondissements et un dénouement. Aussi bonne soit l’idée de départ, le travail qui suit reste essentiel pour donner un réel intérêt à un film. Emmanuelle Cuau a eu ce genre d’idée au moment de se lancer dans l’écriture puis la réalisation de Pris de Court. Le seul soucis c’est qu’elle a largement trop négligé le reste du travail. Un film quelque peu incomplet.
Moins d’une heure trente, voici un format assez rare pour un « long » métrage. Ceci est parfois le signe d’un vrai sens du rythme et d’un refus du superflu. Pour Pris de Court, cela montre plutôt un manque sérieux de matière, alors qu’il y avait vraiment matière la créer. Le scénario se contente de suivre un court logique, exactement celui que laissait présager la bande-annonce. Et quand il s’agit de passer au dénouement, tout est amené sans aucune subtilité, avec une sorte de faux suspense, puisque tout ce qui va se passer est exposé de manière assez claire.
Pris de Court est par contre l’occasion de constater que le jeu de Virginie Efira prend de plus en plus d’épaisseur à chaque nouveau rôle. Son passage devant la caméra de Paul Verhoven pour Elle semble vraiment avoir débloqué le zeste de talent qui lui manquait. Elle porte vraiment le film sur ses épaules et sans elle ce dernier aurait vraiment sombré. Au final, il reste conseillé uniquement à ceux à qui la linéarité ne fait pas peur. Les amateurs de surprises pourront par contre passer leur chemin.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique :
Réalisation : Emmanuelle Cuau
Scénario : Emmanuelle Cuau, Éric Barbier, Lise Bismuth-Vayssières et Raphaëlle Desplechin
Musique : Alexandre Lecluyse
Montage : Anja Lüdcke
Photographie : Sabine Lancelin
Décors : Véronique Barnéoud
Costumes : Dorothée Lissac
Producteur : Julie Salvador
Durée : 85 minutes
Casting :
Virginie Efira : Nathalie
Gilbert Melki : Fred
Marilyne Canto : Muriel
Renan Prévot : Paul
Jean-Baptiste Blanc : Bastien
Zacharie Chasseriaud : Léo
René Remblier : Ben
Yvonnick Chedemois : César
Olivier Cruveiller : le patron de la brasserie
Mireille Perrier : Mme Nollet

Mais bon, parfois le joyeux bordel est avant tout joyeux. C’est bien le cas de Telle Mère, Telle Fille qui finit tout de même par entraîner le spectateur avec lui. Tout cela grâce à la remarquable énergie et l’enthousiasme entraînant d’un casting qui a l’air de vraiment s’éclater à l’écran. Du coup, il se dégage du film une réelle énergie qui permet de facilement passer outre toutes les faiblesses et tous ces petits défauts qui, au final, contribuerait presque au charme de ce film. Certainement pas la comédie de l’année donc, mais l’occasion de passer un bon moment.
Sage Femme compte évidemment également bien des qualités. La première d’entre elle reste son casting. Catherine Deneuve et Catherine Frot se complètent parfaitement et incarnent avec le même immense talent leur personnage. Mais il ne faut pas non plus oublier Olivier Gourmet qui lui aussi tire le film vers le haut. Au final, le film arrive à séduire par l’attachement que l’on ressent pour les protagonistes, aussi différents qu’ils soient. Le spectateur est ému car il partage les émotions des personnages. Ce sont des derniers qui restent à l’esprit à la fin du film et qui permettent surtout de rester sur une bonne impression.
Orpheline brille avant tout par sa distribution. Si on met de côté le rôle enfantin forcément un peu à part, les trois actrices sont vraiment formidables. Et que dire du casting de seconds rôles qui ferait bien des envieux en tête d’affiche. Ils sont parfaitement mis en valeur par une réalisation d’Arnaud Des Paillères élégante et qui nous plonge vraiment dans l’intimité des personnages. Le film est également très sensuel, avec de nombreuses scènes que l’on qualifiera de légèrement crues. Ce n’est évidemment pas moi que ça dérangera outre mesure, mais le côté récurent de la chose finit par l’assimiler par un tic qui n’apporte plus grand chose à l’histoire. Mais heureusement pas assez pour gâcher ce film imparfait mais qui peut valoir un petit coup d’œil.
La réussite de Fantastic Birthday tient aussi à la prestation remarquable et remarquée de la jeune Bethany Whitmore qui de son côté fait preuve d’un talent constant. Elle apporte vraiment un réjouissant supplément d’âme et de charme au film. Là aussi beaucoup de promesses pour l’avenir. Au final, s’il est trop tôt pour savoir si Rosmary Myers sera la nouvelle Wes Anderson, on est déjà heureux de savoir qu’elle peut être Rosmary Myers. Ce qui constitue déjà une bonne raison d’aller voir ce film.
On poursuit avec la pop maîtrisé et fraîche de The Leisure Society, un groupe anglais, et leur album the Fine Art of Hanging On. Bon le problème avec la pop anglaise, c’est que le créneau est largement encombré. Le résultat est ici trop transparent pour sortir vraiment du lot du coup. Ce n’est pas mauvais non plus, mais le style manque franchement de punch. Le résultat est donc au final un rien monotone. Trop pour être remarqué en tout cas.
On termine par le groupe Wire et leur album éponyme. Un autre groupe anglais au style déjà plus original. Un rock avec à la fois de grosses guitares, mais aussi parfois des sonorités électro. Le résultat est maîtrisé avec une ligne mélodique toujours assez claire. Malheureusement, cela reste parfois un peu lancinant, pas désagréable, mais trop formaté. On retiendra tout de même un titre : Joust & Jostle.
Olivier Peyron nous livre un film particulièrement élégant. Une réalisation qui met parfaitement en valeur les comédiens, mais aussi les décors. Une Vie Ailleurs propose aussi un voyage, au-delà du simple récit. Cela insuffle un supplément de qualité dans ce film qui reste imparfait mais n’en demeure pas moins agréable. On retiendra avant tout la performance à contre-emploi de Ramzy Bédia mais ce film vaut quand même un peu plus que ça.
Reste l’aspect rivalité sportive, la seule vraiment mis en avant par la bande-annonce. Il représente bien une partie importante de l’intrigue, mais sans pour autant être à même de déchaîner les passions. Les scènes de course sont de plus particulièrement mal filmées. Donc rien de bien enthousiasmant et qui justifierait de se déplacer jusque dans une salle obscure. Sans même parler du prix exorbitant à payer si vous n’avez pas une carte d’abonnement. Au final, à moins d’être un fan absolu de l’accent québecois, qui vaut à ce film un sous-titrage, il n’y pas beaucoup de raison d’aller voir 1:54.
Grave repousse les limites, mais de manière assez gratuite. Ne cherchez pas ici de grande réflexion philosophique ou l’étude d’un quelconque sujet de société. Mais il n’est pas plus gratuit que le premier film de vampire venue. Sauf que le film abandonne toute forme d’hypocrisie, abattant tous les codes qui rendent les horreurs que l’on se raconte depuis toujours au coin du feu pour se faire peur supportable. On peut donc détester ce film, le trouvant juste abject. Mais l’incroyable malaise qu’il est susceptible de provoquer en fait un film unique et audacieux. Une audace répugnante, mais une véritable audace. Et l’audace est trop rare au cinéma pour ne pas être saluée.
The Lost City of Z est un film inclassable. Il reprend beaucoup d’éléments des grands films d’aventures d’autrefois, mais la réflexion quasi philosophique qu’il porte en fait bien plus qu’un divertissement qui ne chercherait qu’à nous en mettre plein les yeux. Le rythme ne correspond d’ailleurs pas du tout à un tel film. Mais il n’est en rien un film contemplatif, bien qu’il prenne le temps de développer un propos introspectif. C’est bien l’équilibre relativement inédit entre ces deux aspects qui donne à ce film sa personnalité. Et qui en fait surtout une belle réussite.
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