Il est de coutume de dire que le livre est mieux que le film. Imaginez donc mon impatience avant de lire Quo Vadis ? quand on sait que l’adaptation cinématographique a été un des films qui ont éveillé cet amour infini du cinéma étant enfant. Au final, il y a deux possibilités. Soit la règle citée en introduction se trouve ici pris à défaut. Soit il faudrait que je revois le film pour m’apercevoir qu’il n’est pas si bien que ça (je crois l’avoir revu adolescent, mais pas depuis). Ne voulant pas briser mes illusions de jeunesse, je vais opter pour la première option.
En effet, Quo Vadis ? est un roman assez longuet où tout prend beaucoup trop de mots, de phrases et de pages pour arriver. Il ne manque pas d’intérêt, mais ce dernier est trop souvent dilué. L’œuvre de Henryk Sienkiewicz a clairement l’ambition d’être une grande fresque romanesque retraçant un passage légendaire et mythique de l’histoire de l’humanité. Elle y parvient par ce qu’elle raconte, mais sans totalement passionner le lecteur par la manière dont elle le fait. Comme si l’auteur voulait vraiment s’assurer que le lecteur ait vraiment bien compris avant de passer au chapitre suivant. C’est sympathique de sa part, mais on avait bien tout saisis assez vite, inutile d’en rajouter trois couches.
En effet, la plume de Henryk Sienkiewicz est assez habile par ailleurs. Il parsème son récit de référence historique, au quotidien des romains du 1er siècle ou à de grands personnages. Les amateurs de notes de bas de page auront de quoi se contenter. Les autres passeront tout cela sans s’y attarder et sans que le récit n’en soit alourdit. S’il se traîne en longueur, ce n’est pas pour ça. Quo Vadis ? repose infiniment plus sur l’action et les dialogues que sur les descriptions. Dommage que les deux premiers tournent un peu trop en boucle pour donner un supplément de souffle à cette œuvre.

Le destin de A Voix Haute – la Force de la Parole est à l’image de celui de ceux et celles qu’il nous fait découvrir. Rien n’était gagné d’avance, mais le talent est finalement récompensé. D’abord, diffusé sur Youtube, puis sur France 2, il a donc finalement été diffusé sur grand écran dans une version rallongé. Et c’est tant mieux tant on ressort de ce film enthousiasmé à la fois par le film et par les qualités remarquables de ses protagonistes. Bien sûr, tout le monde n’a pas le droit à un tel destin, aussi talentueux soit-il. Mais il est bon parfois de parler du positif ! Il fait tant de bien !
Par contre, Ghost In The Shell pêche par la fadeur de son scénario. Non qu’il soit infidèle à l’histoire imaginée par Masamune Shirow, mais il l’édulcore tellement qu’on se demande bien comment elle peut être l’objet d’un tel culte. Toute la richesse mystique, la complexité, l’ésotérisme qui la caractérisaient ont disparu au profit d’une histoire linéaire et limpide. Cela reste un scénario de science-fiction solide, mais sans génie. Indigne en tout cas du génie de celui qui en est à l’origine. Mais passer par le filtre hollywoodien, ce dernier s’est dilué. Et on se dit au final qu’on ferait mieux avant tout de relire le manga.
L’histoire d’Aishol-pan fait partie de celles qui valent bien un film. Cette jeune Kazakh n’a rien à envier à bien des super-héros bodybuildés. Avec son sourire et ses yeux d’enfants, elle provoque surtout une sympathie et un attachement plus sincère et plus profond que bien d’entre eux. Et n’oublions pas son sublime oiseau, majestueux et captivant. La Jeune Fille et Son Aigle porte donc bien son nom. Il nous offre une rencontre rare et inoubliable. Mal filmé certes, mais rare et inoubliable quand même.
Le pari de The Young Lady est de creuser le portrait du personnage principal pour le faire passer de sympathique à franchement antipathique (OK j’ai légèrement spoiler le film, veuillez m’en excuser). Une démarche surprenante et inattendue mais terriblement casse-gueule. Et pour tout dire le film se prend un peu les pieds dans le son propre piège, car on perd son attachement à l’héroïne et par la même occasion l’intérêt que l’on portait à ce qui lui arrive. On peut saluer l’audace du scénario. Mais souvent l’audace demande un supplément de talent qui manque cruellement à ce film.
La présence et le charisme à l’écran de Pierre Richard est déterminant dans la réussite de Un Profil pour Deux. Mais il ne faut pas oublier le reste du casting avec Yaniss Lespert qui prouve ici qu’il n’est pas que le frère de son frère, malgré une ressemblance physique assez frappante. Et surtout la très belle Fanny Valette qui n’aurait pas permis au film de fonctionner sans une jolie aura pleine de délicatesse et de douceur. Si on ajoute que tous ces comédiens interprètent leur rôle sur une musique de Vladimir Cosma, on ravira les nostalgiques du cinéma des années 70. Mais ce film a assez de qualité pour rencontrer un succès bien d’aujourd’hui.
Autre vieille connaissance, le groupe anglais Blur, qui signait son grand retour avec The Magic Whip. On plonge tout de suite dans une ambiance musicale typique de leur style habituel. Cela reste terriblement créatif, malheureusement assez inégal et parfois carrément chiant. Cependant, on ne peut que saluer le travail artistique, la maîtrise et la diversité des titres où on sent bien que chaque sonorité a été ciselée avec une infinie précision. Mais globalement, c’est assez loin de la qualité des albums sortis dans les années 90.
On termine cet avis, spécial vieille connaissance, avec Laura Marling et son album Short Movie. Révélée à 16 ans par une musique fraîche et très pop, elle signe ici un album plus mature, où elle semble vouloir explorer de nouveaux champs musicaux. Mais elle ne le fait malheureusement pas toujours avec bonheur. Elle enchaîne des titres où elle parle plus qu’elle ne chante, du rock sans envergure, de la pop zen mais sans souffle. Bref, l’album ne parvient jamais à vraiment décoller, comme si elle cherchait sa voie, sans jamais la trouver.
Je Danserai si je Veux assez direct dans sa démonstration. Si la manière n’est pas particulièrement subtile, le fond l’est pour les raisons évoquées plus haut. On se prend d’affection pour les personnages de manière immédiate et on est du coup totalement happé par le récit. On est surtout sous le charme de trois merveilleuses actrices, bien soutenu il est vrai par des seconds rôles eux aussi parfaits. Ce film n’est donc pas simplement un énième sur le sujet, mais une œuvre salutaire et qui nous laisse avec un peu d’espoir. Un espoir qui n’a pas de prix.
En effet, Baby Boss parvient à faire passer un très bon moment. Rythmé, drôle, avec quelques rebondissements inattendus, il remplit parfaitement son rôle avec efficacité et légèreté. Les personnages en particulier sont assez réussis, même pour ceux qui, comme moi, ont parfois du mal avec les enfants héros. Chez Miyazaki, ça passe, dans les productions américaine, cela donne souvent un résultat assez gnagnan. Le film évite largement ce travers. On peut juste au final regretter une animation assez froide et sans grande imagination artistique. Cela donne un aspect un peu formaté à ce film, qui manque quand même globalement d’audace pour être l’égal d’un Monstres et Compagnie ou d’un les Indestructibles.
Corporate doit beaucoup à la jolie prestation de Céline Sallette, bien épaulé il est vrai un Lambert Wilson toujours aussi impécable. Ils sont parfaitement mis en valeur par une réalisation discrète mais suffisamment élégante pour créer une ambiance qui colle au propos. Le film n’est peut-être pas le meilleur jamais produit sur le sujet. Mais il délivre une piqûre de rappel salutaire en nous rappelant une réalité qui est loin d’avoir disparu.
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