J’ai beaucoup parlé ces derniers temps sur ce site de l’amour, comme constituant le plus grand fournisseur d’histoires de l’histoire de l’humanité. Mais les truands, voyous et autres gangsters forment une autre source éternelle et inépuisable d’inspiration. Avec pour grand avantage de pouvoir puiser dans les histoires vraies pour en avoir à raconter qu’ils valent bien un film. C’est le cas à nouveau avec Undercover (merci la traduction à trente centimes d’euros du titre original). Un film à la facture extrêmement classique, même si le scénario n’est pas dénué d’une certaine originalité.
Aucun élément de Undercover ne constitue du jamais vue. Mais elle tout de même assez édifiante dans son ensemble pour valoir le coup d’en tirer un long métrage. L’intrigue n’est en rien prévisible et maintient l’intérêt du spectateur du début à la fin. La narration est habile, les personnages très réussis, provoquant ce mélange d’affection, de fascination et de répulsion qui caractérisent les personnages de truands à l’écran. Ce mélange est d’autant plus troublant quand le principal protagoniste a quinze ans. D’ailleurs, la plus grande limite de ce film est de n’avoir pas su ou pas osé aller plus loin dans la mise en avant de cet élément. Il reste central mais pas aussi subversif que cela aurait pu (du).
Aller voir Undercover au cinéma, c’est aussi avoir le plaisir toujours renouvelé de voir Matthew McConaughey sur grand écran, ce qui n’est pas un plaisir à négliger. Il faut bien avouer qu’il n’a pas son pareil pour interpréter les rôles de « ploucs » sympathiques, mais plouc. Il peut s’en donner à cœur joie ici, même si cela ne restera pas comme son rôle le plus marquant. Cependant, la vraie star de ce film reste le jeune Richie Merritt à la moustache d’adolescent prépubère qui semble plus vraie que nature ! Si ce rôle n’est pas le plus difficile de l’histoire du septième art, au moins pourra-t-il se vanter de débuts plutôt réussis. Le film l’est globalement, ravira les amateurs du genre et pourra séduire ceux qui aime bien un film de gangster de temps en temps.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Studio 8, LBI Entertainment, Protozoa Pictures Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Yann Demange Scénario : Logan Miller, Noah Miller, Andy Weiss Montage : Chris Wyatt Photo : Tat Radcliffe Décors : Stefania Cella Musique : Max Richter Durée : 111 min
Richie Merritt : Richard Wershe jr Matthew McConaughey : Richard Wershe Sr Bel Powley : Dawn Wershe Jennifer Jason Leigh : Agent Snyder Brian Tyree Henry : Detective Jackson Rory Cochrane : Agent Byrd RJ Cyler : Rudell Boo Curry Jonathan Majors : Johnny Lil Man Curry Eddie Marsan : Art Derrick
Il se passe beaucoup de choses dans l’esprit d’un enfant de trois ans. Pourtant, rarement ce foisonnement donne naissance à une œuvre artistique reconnue (donc je ne parle pas ici des dessins d’enfants), et encore moins cinématographique. Sûrement parce que ce sont des adultes qui réalisent ses œuvre et qu’il est difficile de se souvenir de ce qui se passait exactement dans notre tête à ce moment là de notre vie. Beaucoup de récits donnent le point de vue d’une enfant, peu celui d’un petit enfant. Miraï, ma Petite Sœur tente ce pari, pour un résultat inégal, mais qui a au moins le mérite de sortir de l’ordinaire.
Miraï, ma Petite Sœur repose donc une idée à la fois très originale et totalement banale. Je pense que beaucoup de parents y retrouveront des situations qu’ils auront eux-mêmes vécus. Mais cette fois ce n’est pas leur point de vue qui sera mis en avant, mais bien celui de l’enfant. Et on peut imaginer que ça peut en aider certains à mieux comprendre les réactions de leur progéniture. Cependant à partir de cette idée de départ, le film boucle la même boucle plusieurs fois. On est presque devant un film à sketchs, où chacun d’entre eux possède la même structure. C’est donc assez répétitif, peut-être un peu trop pour être totalement enthousiaste.
Graphiquement, Miraï, ma Petite Soeur est très réussi. Il est d’un premier abord d’une facture totalement classique pour un film d’animation japonais. Puis, au détour d’une séquence, il nous propose quelque chose de différent. Cette originalité est assez rare pour être soulignée. Espérons que cela incite d’autres artistes nippons à casser certains codes dans lesquels ils sont totalement enfermés. En attendant, les personnages gardent leurs grands yeux pour nous offrir un beau film, qui vaut le détour, mais peut-être pas le voyage.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Studio Chizu Réalisation : Mamoru Hosoda Scénario : Mamoru Hosoda Montage : Shigeru Nishiyama Distribution : Wild Bunch Distribution Musique : Kyôko Kitahara Directeur artistique : Takashi Omori, Yohei Takamatsu Durée : 98 min
Casting : Moka Kamishiraishi : Kun Haru Kuroki : Mirai Gen Hoshino : Le père Kumiko Aso : La mère
On commence fort avec un sextuple CD. Sortir un coffret de cette dimension est un privilège réservé aux plus grandes stars logiquement. Il n’en est rien puisque Lloyd Cole, puisque c’est de lui qu’il s’agit, m’était totalement inconnu. Ce Lloyd Cole In New York : Collected Recordings 1988-1996 permet d’avoir un large aperçu de la carrière de chanteur-compositeur britannique. Les premiers CD sonnent très 80’s, ce qui est assez logique. C’est maîtrisé, agréable, mais sans aspérité. La qualité est constante, mais la plupart des titres restent sur le même registre. Au final, sur les six albums, le 3ème (Bad Vibes), plus sombre, et le 4ème (Love Story), plus sucré, sont ceux qui accrochent le plus l’oreille.
On change de genre avec Ty Segall et son album éponyme. On passe à une musique très rock, tirant sur le punk. L’album s’ouvre sur des gros riffs de guitare qui donnent le ton. Il y a de l’énergie et de la conviction, mais cela reste un peu basique et parfois assez décousue. On retiendra cependant les solos de guitare parfois délirants. Au final, le résultat est assez sympathique, car on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre au détour de chaque note.
On termine à l’opposée du spectre musical, avec la douceur incarnée par Kadhja Bonet, une chanteuse américain, auteur de l’album The Visitor. Une voix incroyablement douce et claire qui vient se poser sur des sonorités cosmopolites, avec quelques accents orientaux, mais pas que. Le résultat est absolument délicieux. Les instrumentations sont assez simples, mais cela suffit, la voix étant parfaitement mise en valeur ainsi. On retiendra notamment le très joli Honeycomb.
Oh encore une histoire d’amour ! Ca suffit à la fin ! Non mais franchement, cela fait des siècles que l’on raconte toujours la même chose, on va bien finir par se lasser. Et bien, non. C’est sans doute là le plus beau miracle provoqué par ce sentiment. Un nouvelle preuve avec Monsieur, une production franco-indienne qui nous raconte une histoire éternelle, mais nous plonge aussi au cœur d’une société en pleine mutation et où tradition et modernité s’affrontent comme nul part ailleurs. Tout cela suffit à donner un très beau film, marqué par un dénouement remarquable.
Bon en fait, j’ai à peu près tout dit. Je n’aurais donc qu’à encourager le plus grand nombre d’entre vous à aller voir ce film. Il prouve que la simplicité d’une histoire n’est pas forcément signe de manque d’intérêt quand le décor est aussi riche que dans Monsieur. Un fond social très fort, mais décrit avec une grande pudeur et une grande simplicité également. Au final, c’est ce qui le rend aussi fort, crédible et impactant. Pas de grandes envolées, de messages militants délivrés à coup de grandes tirades. Mais la vie tout simplement. Une vie quotidienne, presque banale, qui touche au plus profond du cœur. Si le contexte indien n’est pas forcément transposable ailleurs, il y a tout de même quelque chose de profondément universel dans cette histoire.
Une histoire d’amour se termine généralement dans le drame ou le happy end. Monsieur propose un dénouement qui n’est ni l’un, ni l’autre. Ou plutôt est ce que le spectateur en fera. Ce n’est pas si fréquent que même les bons films s’achèvent ainsi par une fin réellement marquante, alors il est important de le souligner. Il faut enfin, et même avant tout en fait, souligner la magnifique prestation de Tillotama Shome, qui porte littéralement le film sur ses frêles épaules et son incomparable sourire. Je peux vous assurer que son compagnon à l’écran n’est pas le seul à finir le film profondément amoureux. Et ça fait du bien parfois d’être amoureux !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Ciné-sud, Inkpot Films Réalisation : Rohena Gera Scénario : Rohena Gera Montage : Jacques Comets, Baptiste Ribrault Photo : Dominique Colin Décors : Parul Sondh Distribution : Diaphana Musique : Pierre Aviat Durée : 99 min
Si DC est passé maître dans l’art de cultiver le navet, la franchise Transformers fait aussi partie des agriculteurs cinématographiques les plus émérites. La saga principale touchant le fond depuis longtemps, s’acharnant même à creuser toujours plus loin, on pouvait s’attendre au pire en voyant débarquer le premier spin-off de la saga. Bumblebee constitue certes un des personnages les plus sympathiques de la série. Mais delà à en faire un film à part entière… Mais il faut parfois se méfier des certitudes trop vite acquises, puisqu’au final ce long métrage est plutôt réussi et constitue un des meilleurs divertissements familial de cette fin d’année.
Contrairement à ce que l’on peut penser, Bumblebee n’est pas un film d’action. Enfin, pas vraiment. Une petite scène d’action au début, une plus grosse à la fin. Entre les deux, on assiste à autre chose. Une nouvelle version de la Belle et la Bête en somme, ou de toute autre histoire entre un être humain et un autre personnage qui va apprendre à l’être à ses côtés. Que la Bête soit un robot et qu’il n’y ait aucune romance entre ces deux protagonistes ne change pas grand chose, les ressorts de l’histoire sont les mêmes. Ici, ils sont manipulés avec habilité, si ce n’est un certain talent. Cela manque grandement de profondeur, mais c’est drôle, parfois touchant et surtout tout simplement divertissant.
La présence de Travis Knight derrière la caméra n’y est sûrement pas pour rien. Venu du monde le l’animation, où il nous avait offert le sympathique Kubo et l’Armure Magique, il fait preuve de qualité artistique dont Michael Bay devrait bien s’inspirer. Rien de délirant, mais juste ce qu’il faut pour passer un bon moment, sans avoir l’impression de s’abrutir et sans en ressortir avec un début de migraine. Une petite mention au passage pour Hailee Steinfield, que l’on avait découvert dans True Grit des frères Coen, un rôle qui lui avait valu une nomination aux Oscars. Tout cela concourt à la bonne surprise que constitue ce film. Pas la surprise du siècle, mais bonne tout de même.
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique : Réalisation : Travis Knight Scénario : Christina Hodson Direction artistique : Sean Haworth Décors : Gustaf Aspegren, Richard Bloom, A. Todd Holland, Sebastian Schroeder et Maya Shimoguchi Costumes : Dayna Pink Photographie : Enrique Chediak Montage : Paul Rubell Musique : Dario Marianelli Production : Michael Bay, Stephen Davis, Tom DeSanto et Lorenzo di Bonaventura Producteurs exécutifs : Chris Brigham, Brian Goldner, Mark Vahradian et Steven Spielberg
Casting : Hailee Steinfeld : Charlie Watson John Cena : Agent Jack Burns Jorde Lenderborg Jr : Memo John Ortiz : Dr. Powell Jason Drucker : Otis Watson Pamela Adlon : Sally Watson Len Cariou : Oncle Hank Stephen Schneider : Ron Ricardo Hoyos : Trip Summers Gracie Dzienny : Tina Dylan O’Brien : Bumblebee Angela Bassett : Shatter Justin Theroux : Dropkick Peter Cullen : Optimus Prime David Sobolov : Blitzwing Grey Griffin : Arcee Andrew Morgado : Cliffjumper Steve Blum : Wheeljack
Comme vous le savez (ou pas), j’aime aller voir des films en ne sachant rien ou presque sur eux. C’est un plaisir que je m’accorde plus rarement pour des romans, mais comme je recueille souvent les livres abandonnés dans la rue, cela peut m’arriver également. En attaquant, les Chroniques d’Alvin le Faiseur, tome 1 : le Septième Fils, je pensais m’attaquer à une saga de fantasy médiévale comme il en existe tant. Il n’en est rien, puisqu’il s’agit en fait d’une uchronie nous plongeant dans l’Amérique au début du XIXème siècle. Une Amérique où la magie existe.
J’avoue être longtemps resté circonspect en lisant les Chroniques d’Alvin le Faiseur, tome 1 : le Septième Fils. Déstabilisé par cette surprise initiale, je ne savais pas trop quoi penser de ce que je lisais. Surtout que Orson Scott Card tarde à exposer clairement les enjeux et on ne voit vraiment pas où il souhaite emmener son lecteur. Cela finit par s’éclaircir sur la fin, mais tout cela fait de ce premier volet une réelle introduction à quelque chose de plus long, de plus grand et espérons de plus épais.
On ressort donc de les Chroniques d’Alvin le Faiseur, tome 1 : le Septième Fils avec beaucoup de curiosité, une envie de voir a suite, mais encore quelques doutes sur l’intérêt de l’ensemble. Cependant, il n’y a pas de raison d’être particulièrement pessimiste. La plume d’Orson Scott Card est correct, mais sans plus. Le récit manque parfois un peu de clarté, même si je suis convaincu que c’est parfois volontaire pour livrer les tenants et les aboutissants progressivement. Suite au prochain tome donc.
2018 restera une année plus qualitative que quantitative pour le cinéma. Seulement sept films dans ce top de l’année, mais forcément sept grands films, qui montrent l’infinie diversité du 7ème art. C’est ce qui fait tout son charme et lui permet à chaque fois un peu de bonheur renouvelé.
Le vainqueur cette année s’appelle Mektoub My Love : Canto Uno, ce qui permet à Abdelatif Kechiche de placer pour la deuxième fois un de ces films à la première place de ce classement. Si ce film ne possède pas tout à fait la puissance de la Vie d’Adèle, il reste l’œuvre d’un réalisateur à nul autre pareil, dont le talent artistique pur n’est certainement pas reconnu à sa juste valeur.
Ce classement confirme aussi l’excellente santé du cinéma français, qui, en plus de la première place, offre trois films sur sept à ce classement. On pourrait même dire trois et demi, puisque les Frères Sisters constitue la première œuvre hollywoodienne de notre Jacques Audiard national. 2018 aura décidément l’année où la France aura été championne du monde ! Et encore, je n’ai pas intégré à ce classement Amanda, le seul film de l’année que j’ai noté 14,5/20 et qui est donc virtuellement huitième de ce classement.
Au niveau interprétation, je retiendrai de cette année la performance du jeune Victor Polster dans Girl et Saorise Ronan pour son rôle dans Ladybird. La jeunesse au pouvoir donc et beaucoup de promesses pour l’avenir donc. Quant à la meilleur scène, je citerai la scène de danse hallucinée de Climax de Gaspard Noé, film que j’ai pourtant noté 03/20, ma pire notre de l’année, tant la suite est à vomir.
En attendant, je vous souhaite une très bonne année 2019, pleine de bonheur… et de films évidemment !
1-Mektoub My Love : Canto Uno Une caméra qui capte l’émotion de ses personnages comme personne, voilà la talent incomparable d’Abdelatif Kechiche ! Il met en scène à l’écran les sentiments amoureux avec une force rare. Un film simple au final, mais sublime.
2-Ready Player One Steven Spielberg reste un réalisateur qui n’a guère d’équivalent. Quand on sait qu’il a aussi signé l’excellent Pentagon Papers cette année, on espère qu’il continuera longtemps à nourrir notre imaginaire. Avec ce film, il offre ce qui fait la quintessence d’une culture populaire qui n’a pas à rougir de ce qu’elle est.
3-Une Affaire de Famille Une Palme d’Or aussi bien classée, voilà qui fait plaisir ! On prime encore de très grands films à Cannes. Peut-être pas le plus original de l’histoire du palmarès, mais un des plus émouvant qui revisite une notion, la famille, pourtant universelle et éternelle. Comme quoi, on n’épuise jamais les sujets quand on les traite avec autant de talent.
4-Les Frères Sisters Les débuts de l’autre côté de l’Atlantique de Jacques Audiard sont pleinement réussis. Il bénéficie il est vrai d’un casting hors paire, mais la réussite de ce western crépusculaire doit beaucoup au talent de son réalisateur.
5-Jusqu’à la Garde Ce film nous offre une scène finale qui aurait pu tout aussi bien être celle de l’année. Globalement, Xavier Legrand signe un film magistral dans sa construction, devenant plus fort, plus oppressant à chaque scène.
6-Spider-Man : New Generation La vraie surprise de ce classement. Marvel continue de nous étonner par ce film d’animation formidablement créatif visuellement et doté d’un scénario haletant et original. Des films de super-héros comme celui-là, on en redemande encore et encore !
7-Le Grand Bain Les comédies françaises au casting prometteur peuvent donner le meilleur comme le pire. C’est bien le meilleur qui nous attend ici, avec un film qui n’est pas que drôle, mais aussi profondément touchant. Si on en ressort avec le sourire, on n’est pas passé à côté de ce que les personnages pouvaient porter de douloureux.
Quand on a rien, ou du moins pas grand chose à raconter, la moindre des choses est de faire court. C’est la moindre des courtoisies mais trop de réalisateurs l’oublient régulièrement. Au moins ne pourra-t-on pas reprocher à Louis Garrel de manquer d’éducation. En ne durant qu’une heure et quart, l’Homme Fidèle ressemble plus à un épisode de série qu’à un long métrage. Tant mieux car il n’y avait pas matière à faire plus long. Les mauvaises langues diront même qu’il y avait matière à ne rien faire du tout. Et il peut m’arriver d’être mauvaise langue.
Je ferai bien preuve de subtilité, mais en cette fin d’année, cela devient un peu difficile. Ce que je reproche à l’Homme Fidèle peut se résumer ainsi : j’ai trouvé l’histoire très conne. C’est un peu court et brutal, mais je n’ai pas trouvé mieux pour résumer ma pensée. Du coup difficile d’apprécier ses qualités par ailleurs. C’est plus une question de ressenti que d’analyse, j’en conviens, mais les sentiments l’emportent parfois sur la raison, même chez un cartésien comme moi. Après si vous adorez les triangles amoureux tordus et jamais crédibles, je ne peux que vous recommander chaudement ce film.
Par contre, je formulerai un reproche nettement plus objectif à Louis Garrel. Il se dirige avec une complaisance coupable. Il est vraiment regrettable qu’un acteur aussi jeune soit déjà réduit aux mêmes mimiques et aux éternels mêmes personnages. Mais qu’il s’y réduise lui-même marque un manque d’ambition, pour ne pas dire une paresse, artistique indigne d’un tel talent. Espérons qu’il trouve ailleurs l’occasion d’être poussé dans ses derniers retranchements. Par contre, on saluera la performance de Lily-rose Depp, dont le visage est un parfait mélange de ses deux parents, livre une performance lumineuse. Pas assez pour donner un réel intérêt à l’Homme Fidèle, mais on s’en contentera.
LA NOTE : 08/20
Fiche technique : Production : Why not productions, Canal + Distribution : Ad vitam Réalisation : Louis Garrel Scénario : Louis Garrel, Jean-Claude Carriere Montage : Joëlle Hache Photo : Irina Lubtchansky Décors : Jean Rabasse Durée : 74 min
Casting : Louis Garrel : Abel Laetitia Casta : Marianne Lily Rose Depp : Eve Joseph Engel : Joseph Bakary Sangaré : le patron du restaurant Vladislav Galard : Le docteur Pivoine
On commence cet avis par un groupe bien de chez nous, même si son nom ne l’indique pas. The Limiñanas, originaire des Pyrénées-Orientales, a connu la gloire très tôt, avec un de leur titre repris dans la série The Gossip Girl en 2010. Down Underground reprend en fait leurs trois premiers albums, auxquels s’ajoutent quelques bonus. Il permet donc de découvrir largement leur univers éthéré, aux sonorités rock électro. Il est aussi quelque peu déjanté et attire la curiosité. Ce n’est pas toujours d’un intérêt purement musical très profond, mais au moins est-ce souvent surprenant. Cela ressemble à une sorte de série B musicale, un peu foutraque, mais sympathique au final. Avec 48 titres en deux CD, l’album reste cependant assez inégal.
On enchaîne avec une grande dame. Macy Gray a réalisé l’exercice presque obligatoire de l’album acoustique, intitulé Stripped, comme beaucoup d’album de ce genre. Ce dernier nous offre un moment de douceur musicale absolue, grâce à la voix fabuleuse de l’artiste. Le tout avec une simplicité qui n’est au final que du bonheur. L’ambiance intime est magnifique. Tout est là pou mettre en valeur cette voix sublime, dont la musique est l’écrin. On retrouvera plusieurs de ses plus belles chansons et aussi quelques reprises. Notamment une très surprenante de Nothing Else Matters et surtout une magnifique de Redemption Song.
On termine avec un autre moment de douceur. La chanteuse et compositrice américaine Courtney Marie Andrews et son album Honest Life. Sa jolie voix nous saisit immédiatement et nous fait tendre l’oreille. Sa musique rappelle un peu celle d’Alanis Morissette, avec un brin d’énergie en moins. Cette peut-être cette dernière qui manque pour que le résultat soit définitivement enthousiasmant. Beaucoup de maîtrise, mais il manque la petite étincelle qui ferait la différence. Le résultat est cependant particulièrement doux et agréable et la qualité est constante du début à la fin.
Comme je l’ai dit hier ici même, il faut bien distinguer le gros navet, souvent prétentieux, avec la série B, pleine de défauts, mais parfois tout de même sympathique. En effet, si Aquaman représente l’archétype de la première catégorie, Unfriended : Dark Web fait incontestablement partie de la seconde. En effet, si on peut énoncer de nombreuses critiques à son encontre, il ne nous permet pas moins de passer un bon moment et surtout parvient à faire passer quelques frissons dans le dos du spectateur.
Le plus gros défaut de Unfriended : Dark Web est que l’histoire n’est pas crédible une seule seconde quand on y réfléchit à deux fois. Mais est-ce vraiment un défaut pour ce genre de film ? Et surtout, pendant celui-ci, on est assez pris par l’histoire pour ne justement pas prendre le temps de trop réfléchir. Je peux concevoir aisément qu’un spectateur puisse sortir du film en se disant d’un coup que c’est un peu n’importe quoi. Mais si votre cerveau accepte de se prendre au jeu, alors vous ne vous ennuierez pas une seule seconde et vous tremblerez même parfois. Le scénario, aussi improbable soit-il, n’est pas dénué d’habileté pour cacher au maximum ses très grosses ficelles. Il n’y parvient pas toujours, mais suffisamment pour que le spectateur se laisse avoir parfois (mais pas toujours, avouons-le).
Unfriended : Dark Web est typique des films de genre basés sur une bonne idée (ou du moins qui sort un peu de l’ordinaire) mais sans grand moyen par ailleurs. Le grand mérite du film est de faire un choix de réalisation qui ne nécessite pas de base un budget faramineux. Un choix qui est l’élément d’originalité du film et qui n’apparaît donc pas comme un prétexte grossier et évite tout effet « cheap ». Par contre, le manque de moyen artistique est plus flagrant. Il est clair que Stephen Susco n’est pas Stanley Kubrick et qu’aucune des acteurs de la distribution ne sera jamais nominé aux Oscars (même s’il faut toujours être prudent avec ce genre d’affirmation). Cela finit de donner à ce film son aspect série B. Mais c’est un aspect qui a son charme parfois et ce dernier n’est pas inopérant ici.
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique : Réalisation et scénario : Stephen Susco Décors : Chris Davis Costumes : Cassandra Jensen Photographie : Kevin Stewart Montage : Andrew Wesman Production : Timour Bekmambetov et Jason Blum Coproducteur : Ryan Turek Producteur associé : Pavel P. Bozhkov Producteurs délégués : Nelson Greaves, Couper Samuelson et Adam Sidman Durée : 88 minutes
Casting : Colin Woodell : Matias Stephanie Nogueras : Amaya Betty Gabriel : Nari Rebecca Rittenhouse : Serena Andrew Lees : Damon Connor Del Rio : Aj Savira Windyani : Dj Lexx Douglas Tait : Charon IV Rob Welsh : Charon V
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