AVANT QUE NOUS DISPARAISSIONS : Envahisseurs et vieilles ficelles

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avantquenousdisparaissionsafficheLes envahisseurs sont parmi nous ! Non ce n’est pas le titre d’un vieux tract du Front National (enfin pas que), mais un thème classique de la science-fiction des années 60. Un thème désormais largement tombé en désuétude. Mais ceci n’est pas pour faire peur au cinéma nippon qui n’est pas avare de thèmes quelque peu décalés. La preuve avec Avant que Nous Disparaissions, une œuvre qui réhabilite des mécanismes scénaristiques quelque peu oubliés. Cependant il faut avouer qu’on comprend pourquoi ils avaient été abandonnés.

L’avantage avec l’idée des envahisseurs qui prennent la place d’humains, c’est que cela ne demande pas trop de moyens. En effet, pas de costumes, maquillages ou autres effets spéciaux, mais juste des acteurs habillés comme vous et moi. Avant que Nous Disparaissions ne bénéficie clairement pas d’un budget colossal. Du coup, il faut compenser par de l’imagination et des idées. Cela donne un caractère assez rafraîchissant à ce film, qui se situe très loin d’Independance Day, malgré une idée départ pas si éloigné. Malheureusement, le scénario reste un peu la reliure entres deux chaises.

avantquenousdisparaissionsAvant que Nous Disparaissions n’ose pas aller assez loin dans l’originalité pour être vraiment marquant. Le ton flirte avec la parodie, le second degré, mais sans réelle audace. C’est un rien décalé, mais pas totalement fantaisiste. Du coup, le spectateur est un peu partagé et ne parvient jamais à être réellement enthousiaste. Kiyoshi Kurosawa est ici nettement moins inspiré que pour Creepy, son film précédent qui lui a ouvert le circuit de distribution français. Mais au moins peut-on reconnaître à son œuvre une certaine singularité, qualité assez rare pour être tout de même apprécié à sa juste valeur.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Kiyoshi Kurosawa
Scénario : Kiyoshi Kurosawa
Musique : Yusuke Hayashi
Durée : 129 minutes

Casting :
Masami Nagasawa : Narumi Kase
Ryuhei Matsuda : Shinji Kase
Hiroki Hasegawa : Sakurai
Mahiro Takasugi : Amano
Yuri Tsunematsu : Akira Tachibana
Atsuko Maeda : Asumi Kase
Shinnosuke Mitsushima : Maruo
Kazuya Kojima : Détective Kurumada
Ken Mitsuishi : Suzuki
Masahiro Higashide : un pasteur
Kyōko Koizumi : un docteur
Takashi Sasano : Shinagawa

HOSTILES : Le sang de la plaine

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hostilesafficheLongtemps les westerns ont été le plus souvent une affaire de cow-boys et d’indiens. Puis peu à peu, il n’a plus été de bon ton de faire de ces derniers les méchants, face à des pionniers courageux venus apporter la civilisation à des sauvages sanguinaires. Du coup, leur présence se fait plus discrète dans les scénarios. Hostiles remet au cœur d’un film ce passé sombre et sanglant. Son grand mérite reste d’avoir su aborder le sujet sous un angle nouveau. Mais il présente aussi certaines limites.

Hostiles est en premier lieu un film de personnages. Des personnages qui doivent vivre avec un passé marqué par la mort qu’ils ont semé et la culpabilité qui en résulte et qui les ronge. Le film ne traite donc pas tant des guerres indiennes, que sur les traces qu’elles ont laissées chez les vétérans. Un sujet rarement traité pour ces conflits, alors qu’il est extrêmement classique pour des épisodes plus récents. La réalisation est formellement de très grande qualité, exploitant une nouvelle fois le potentiel cinématographique des grands espaces américains.

hostilesLe scénario de Hostiles souffre cependant d’un manque de rythme. 2H15, c’est long et pas sûr que le contenu du film justifiait cette durée. L’intrigue est un rien répétitive, traçant un chemin aux péripéties variées, mais finalement assez linéaire. Il est dommage que le cœur du propos, qui apporte un regard nouveau, n’ait pas été traité avec un peu plus d’audace. Certes, un western classique n’est plus si fréquent que ça sur les écrans, mais le film réserve au final trop peu de surprise pour être aussi marquant qu’il aurait pu l’être.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Scott Cooper
Scénario : Scott Cooper, d’après une histoire de Donald E. Stewart
Direction artistique : Elliott Glick
Décors : Donald Graham Burt
Costumes : Jenny Eagan
Photographie : Masanobu Takayanagi
Montage : Tom Cross
Musique : Max Richter
Production : Scott Cooper, Ken Kao et John Lesher ; Will Weiske (délégué) ; Sean Murphy, Josh Rosenbaum et Jennifer Semler (coproducteurs)
Durée : 134 minutes

Casting :
Christian Bale : le capitaine Joseph J. Blocker
Rosamund Pike : Rosalie Quaid
Wes Studi : Yellow Hawk
Jesse Plemons : lieutenant Rudy Kidder
Adam Beach : Black Hawk
Rory Cochrane : Thomas Metz
Peter Mullan : lieutenant-colonel Ross McCowan
Scott Wilson : Cyrus Lounde
Paul Anderson : caporal Tommy Thomas
Timothée Chalamet : Philippe DesJardins
Ben Foster : sergent Charles Wills
Jonathan Majors : le caporal Henry Woodson
John Benjamin Hickey : capitaine Royce Tolan
Q’orianka Kilcher : Elk Woman
Tanaya Beatty : Living Woman
Bill Camp : Jeremiah Wilks
Scott Shepherd : Wesley Quaid
Ryan Bingham : le sergent Malloy
Robyn Malcolm : Minnie McCowan
Stephen Lang : colonel Abraham Biggs
Xavier Horsechief : Little Bear

TESNOTA : Une vie et une caméra à l’étroit

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tesnotaafficheLa Russie est un pays joyeux qui nous offre régulièrement des comédies tout aussi joyeuses et légères… ou pas. En effet, les films russes distribuées en France nous raconte plutôt un pays qui fait face à de graves difficultés et une société profondément fracturée. Tesnota nous emmène dans les temps qui ont suivi la chute de l’URSS pour nous faire découvrir une Russie profonde où surgit alors un communautarisme et où règne une insécurité de tous les instants. Autant d’éléments qui broyent tout désir d’émancipation (le sous-titre du film est Une Vie à l’Etroit).

L’histoire de Tesnota tourne autour du désir de liberté d’une jeune fille, malgré la désapprobation de sa famille et de ses proches. Mais le film prend aussi le temps de nous décrire cette société qui vient de perdre ses repères et qui se fracture à vitesse grand V. Cette double clé d’entrée donne au propos sa richesse et tout son intérêt. Il est vrai qu’elle dilue aussi le rythme d’un récit dont on sort parfois pour entrer dans ce qui ressemblerait presque à un documentaire. Il nous propose notamment un long passage d’images d’archives sur l’arrivée de l’islamisme en Tchétchénie assez dérangeant et qui à un rapport lointain avec le fil rouge narratif.

tesnotaTesnota a été réalisé avec des moyens extrêmement limités et ça se ressent. Kantemir Balagov n’est pas le réalisateur le plus imaginatif d’un point de vue purement artistique. Il a une vraie histoire à raconter, un message à faire passer, mais ses qualités de cinéaste ont leurs limites. Mais au final, cette âpreté dans la mise en scène entre en résonance avec le sujet et les personnages. Une mise en scène trop flamboyante aurait sûrement nuit à la crédibilité du film. Il faut donc prendre ce dernier comme une sorte de curiosité cinématographique, un témoignage brut de décoffrage, mais qui vaut la peine d’être entendu.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Kantemir Balagov
Direction artistique : Alexandre Sokourov
Scénario : Kantemir Balagov et Anton Yarush
Photographie : Artem Emelianov
Montage : Kantemir Balagov
Étalonneur : Evgueni Mironenko
Décors : Alexei Paderine
Costumes : Lidia Krioukova
Son : Andreï Nikitin
Producteurs : Nikolay Yankin, Edouard Pitchouguine
Durée : 118 minutes

Casting :
Darya Zhovnar : Ila
Atrem Cipin : Avi, le père d’Ila
Olga Dragunova : Adina, la mère d’Ila
Veniamin Kac : David, le frère d’Ila
Nazir Zhukov : Zalim, le petit ami kabarde d’Ila

L’ORDRE DES CHOSES : L’ordre et la morale

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lordredeschosesaffichePartir de faits d’actualité extrêmement récents pour en faire des films est plutôt l’apanage du cinéma américain. Mais le cinéma européen n’est pas en reste, comme le prouve l’Ordre des Choses, un film italien, traitant des rapports troubles entre le gouvernements de ce pays et les autorités libyennes pour réguler le flux de réfugiés prêts à traverser la Méditerranée. Et vu le chaos qui règne à Tripoli, ces relations sont particulièrement complexes. Elles posent surtout des questions morales fondamentales.

L’Ordre des Choses est à la fois un film de personnage et la dénonciation de tout un système. En se focalisant sur un rouage, le scénario parvient cependant à dresser les plans d’une mécanique beaucoup plus large et nous en décrypter le fonctionnement. Par contre, la question morale se pose à l’échelle de l’individu, mais il pose du coup la question de la place de la responsabilité individuelle dans un système. L’éternelle question du « si je trouve le courage de dire non pour suivre ma conscience, au fond ça ne changera rien, alors est-ce que ça vaut le coup ? ». L’histoire nous conduit vers une conclusion forte et tranchée, mais jusqu’à la dernière seconde, on s’interrogera sur ce qu’elle va être.

lordredeschosesL’Ordre des Choses reste un film particulièrement sobre dans sa forme. Pas d’effet de mise en scène spectaculaire ou de recherche esthétique particulière. Juste la volonté de raconter une histoire et de la raconter bien. On apprécie donc ce film pour son propos riche, remarquablement construit, qui amène le spectateur à s’interroger lui-même jusqu’à la fin. Vous ne pourrez vous empêcher de sortir de ce film en vous demander ce que vous auriez fait à la place du personnage principal. La réponse est évidemment difficile à donner, mais se poser la question prouve déjà que ce film a atteint son but.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Andrea Segre
Scénario : Andrea Segre et Marco Pettenello
Photographie : Valerio Azzali
Montage : Benni Atria
Musique : Sergio Marchesini
Durée : 115 minutes

Casting :
Paolo Pierobon : Corrado Rinaldi
Giuseppe Battiston : Luigi Coiazzi
Fabrizio Ferracane : Terranova
Valentina Carnelutti : Cristina
Roberto Citran : Grigoletto
Olivier Rabourdin : Gerard
Yusra Warsama : Swada
Fausto Russo Alesi : le ministre
Hossein Taheri : Mustafa Abdelladib
Khalifa Abo Khraisse : Ali

TOUT LE MONDE DEBOUT : A bas les préjugés !

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toutlemondedeboutafficheIl ne faut jamais avoir définitif sur quoi que ce soit. Et surtout sur qui que ce soit. Par exemple, je n’ai strictement aucune affection pour Franck Dubosc. Mais pas encore assez d’antipathie pour refuser d’aller voir Tout le Monde Debout sous prétexte qu’il figurait à l’affiche, alors que les critiques apparaissaient plutôt élogieuses. Mais quand j’ai découvert pendant le générique qu’il était aussi réalisateur, j’ai pris un peu peur. Une appréhension largement infondée puisque le film est au final agréablement réussi.

On savait depuis la Famille Bélier que l’on peut proposer de jolies comédies sur le sujet du handicap, sujet pas très drôle à première vue. Cela se confirme avec Tout le Monde Debout. L’humour est utilisé non pour se moquer, mais pour apporter un regard tendre et positif, et chasser tout misérabilisme facile. L’équilibre n’est pas forcément facile à trouver, mais Franck Dubosc est vraiment parvenu. Il signe au final une comédie romantique presque comme les autres, même si quelques passages sont porteur d’une réflexion sur le poids du regard des autres.

toutlemondedeboutFranck Dubosc réalisateur parvient presque parfaitement à diriger Franck Dubosc acteur. Il flirte parfois avec un cabotinage excessif, mais reprend très vite un ton plus juste. Il évite surtout de prendre toute la place à l’écran pour laisser Alexandra Lamy occuper sa juste part de lumière. Ni l’un, ni l’autre ne sont les meilleurs comédies de l’histoire du 7ème art, mais ils parviennent tout de même à mettre assez de conviction et d’humanité dans leur interprétation pour que l’on en vienne à croire à cette histoire tout de même hautement improbable. Tout le Monde Debout n’est au final ni lourdingue, ni dégoulinant de bons sentiments et nous offre un bon moment d’une joyeuse intelligence.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Franck Dubosc
Décors : Jérémy Duchier
Photographie : Ludovic Colbeau-Justin

Casting :
Franck Dubosc : Jocelyn
Alexandra Lamy : Florence
Gérard Darmon : Max
Elsa Zylberstein : Marie
Caroline Anglade : Julie
Laurent Bateau : Lucien
François-Xavier Demaison : le curé de Lourdes
Claude Brasseur : le père de Jocelyn

GHOSTLAND : Tension maximale

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ghostlandafficheSi j’aime aussi passionnément le cinéma, c’est que je suis capable de vivre les histoires qu’il raconte comme si je les vivais moi-même. Donc vous imaginez dans quel état peuvent me mettre les films qui font peur. Surtout ceux qui font vraiment peur comme Ghostland. J’ai vécu grâce à ce dernier un vrai moment de plaisir masochiste. Mais moins que ma voisine de fauteuil qui a failli faire un malaise ! Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’en menais pas large non plus.

Ce qu’il y de très énervant avec Ghostland, c’est qu’à peu près tout ce qui arrive est largement prévisible. Malgré cela, le film reste terriblement efficace. Peut-être justement parce qu’on reste tendu constamment dans l’attente de quelque chose d’inexorable, mais que l’on aurait tellement envie d’éviter. La tension reste l’élément le plus marquant de ce film qui nous oppresse dès les premières minutes. Et pas du tout parce qu’on a forcément un peu peur que Mylène Farmer se mette à chanter.

ghostlandGhostland doit beaucoup à la jolie performance de Crystal Reed. Car si on doit trembler pour un personnage, on tremblera d’autant plus fort que l’on s’est attaché à ce dernier. Et ici, on tremble plus que jamais ! Le reste est sans grande originalité, mais d’une efficacité clinique. On est terriblement partagé entre une envie que cela s’arrête, tant on vit le même cauchemar que les personnages et l’envie de prolonger cette divine torture. On ressort donc de ce film avec un réel soulagement… et comme une envie de recommencer.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : 5656 films, Mars films, Logical Pictures, Inferno Pictures, Highwire pictures
Distribution : Mars films
Réalisation : Pascal Laugier
Scénario : Psacal Laugier
Montage : Dev Singh
Photo : Danny Nowak
Décors : Gordon Wilding
Musique : Georges Boukoff
Durée : 91 mn

Casting :
Crystal Reed : Beth
Anastasia Phillips : Vera
Emilia Jones : Beth adolescente
Taylor Hickson : Vera adolescente
Mylène Farmer : Pauline
Rob Archer : L’homme du camion de glave
Adam Hurtig : Le mari de Beth

LA NUIT A DEVORE LE MONDE : Robison Crusoë contre zombies

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lanuitadevorelemondeafficheLe film de genre est souvent vu comme le parent pauvre du cinéma français, parfois jugé avec une pointe de mépris par les intellectuels du cinéma. Et dans la grande famille des films de genre, les films de zombies encore plus. Il y avait bien eu la Horde il y a quelques années, mais le film n’avait pas reçu un très bon accueil. La Nuit a Dévoré le Monde est quant à lui plutôt salué par la critique. On ne peut que s’en réjouir même s’il confirme que niveau moyens, parent pauvre reste bien le mot.

La Nuit a Dévoré le Monde est un film à petit budget et ça se voit. Mais de la contrainte naît souvent la solution. Sans cela, le scénario n’aurait très certainement pas été aussi intelligent et malin. Le film n’est pas vraiment un « survival horror movie », mais plutôt une vision moderne et un rien décalé de Robinson Crusoë. L’histoire joue sur d’autres ressorts que les classiques du genre et le résultat est un rien inattendu et agréablement rafraîchissant. Le film souffre peut-être de quelques longueurs, mais rien de bien méchant.

lanuitadevorelemondeLe film repose largement sur le talent de l’acteur norvégien Anders Danielsen Lie, qu’on a souvent vu dans des productions à petit budget mais d’un tout autre genre. Le concept même du film fait qu’il est presque constamment à l’écran. Son interprétation n’a rien de spectaculaire, il joue avec une justesse quelque peu inhabituelle pour des films de ce genre. Il est cependant secondé une partie du film par la fabuleuse Golshifteh Farahni, toujours aussi fabuleuse. Je tiens également à saluer la qualité des maquillages, car si j’ai souligné le manque de moyen, je n’ai jamais dit que le film faisait cheap. En tout cas, il prouve que le cinéma français gagnerait à s’aventurer dans ces genres quelque peu inexplorés pour y apporter ce qu’il a de meilleur.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Dominique Rocher
Scénario : Guillaume Lemans, Jérémie Guez et Dominique Rocher, d’après le roman éponyme de Pit Agarmen (2012)
Direction artistique : Sidney Dubois
Costumes : Caroline Spieth
Photographie : Jordane Chouzenoux
Son : Nassim El Mounabbih
Montage : Isabelle Manquillet
Musique : David Gubitsch
Production : Carole Scotta
Durée : 94 minutes

Casting :
Anders Danielsen Lie : Sam
Golshifteh Farahani : Sarah
Denis Lavant : Alfred
Sigrid Bouaziz : Fanny
David Kammenos : Mathieu

LA FETE EST FINIE : La vie continue

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lafeteestfinieafficheJe reproche parfois au cinéma de donner vie à l’idée que deux personnes qui vont mal, parce qu’elles vont se rencontrer et se comprendre vont réussir à s’aider mutuellement à aller mieux, alors que dans la vraie vie elles se s’entraîneraient plutôt mutuellement vers le fond. C’est exactement ce que je craignais en allant voir la Fête est Finie, surtout que la bande-annonce le laisser penser fortement. Finalement, le propos de ce film est beaucoup plus subtil que ça, le tout porté par une très belle interprétation.

La Fête est Finie aurait pu facilement proposer un scénario cousu de fil blanc, mais il n’en est rien. Au contraire, l’histoire prendra des directions que l’on avait pas anticipé et qui nous surprennent agréablement. Ces rebondissements servent avec intelligence un propos qui vise justement à nous expliquer que rien n’est jamais aussi simple que ce que laissent présager les apparences. Et le scénario parvient à proposer tout ceci, tout en apportant un message finalement optimiste. Vu le sujet, on peut considérer ça comme une jolie prouesse.

lafeteestfinieLa Fête est Finie est littéralement porté par ses deux actrices principales. Difficile de dissocier dans la compliments Clémence Boisnard et Zita Hanrot qui parviennent parfaitement à nous faire croire à leur personnage, à leur amitié et tout ce qui va leur arriver ensuite. La caméra d’une grande sensibilité de Marie Garel-Weiss nous permet de partager le moindre sentiment, la moindre émotion, donnant toute sa beauté et tout son intérêt au film. Et tout cela concourt à ce que quand le film s’achève, on soit un peu triste qu’il soit fini.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Elzévir films, Auvergne Rhône-Alpes Cinéma
Distribution : Pyramide distribution
Réalisation : Marie Garel-Weiss
Scénario : Marie Garel-Weiss, Salvatore Lista
Montage : Riwanon Le Beller, Guerric Catala
Photo : Samuel Lahu
Décors : Guillaume Deviercy
Musique : Ferdinand Berville, Pierre Allio
Durée : 93 min

Casting :
Clémence Boisnard : Céleste
Zita Hanrot : Sihem
Michel Muller : le psy
Christine Citti : Catherine
Marie Denarnaud : la mère de Céleste
Inès Fehner : la thérapeute

THE DISASTER ARTIST : Savoureux désastre

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thedisasterartistaffichePour devenir célèbre, il faut figurer parmi les meilleurs. Mais pas forcément les meilleurs en partant du début. Etre terriblement mauvais peut aussi vous permettre d’atteindre un haut degré de notoriété, voir même devenir l’objet d’un culte. Au cinéma, il y a le cas Ed Wood qui a eu droit à son biopic hommage signé Tim Burton, hommage mérité quand on est le réalisateur du supposé plus mauvais film de l’histoire. Il y aura désormais Tommy Wiseau, à qui on doit l’inénarrable The Room, auquel James Franco rend hommage pour son premier et nous offre, avec The Disaster Artist, un joli moment de bonheur cinématographique.

Si The Disaster Artist est avant tout une comédie. Bien sûr, elle n’aurait pas la même saveur s’il ne nous racontait pas une histoire vraie. Pour preuve, un des moments les plus savoureux reste le générique de fin où on peut comparer le vrai The Room, avec sa reconstitution, particulièrement fidèle, pour ce film. James Franco a une vraie tendresse pour son sujet et cela se sent. Il se moque certes, ce qui nous fait rire, mais il a aussi une pointe d’admiration pour cette homme qui a mené son projet jusqu’au bout, entraîné par sa folie douce, sans jamais renoncer. Il entraîne avec lui le spectateur, partagé de la même façon.

thedisasterartistJames Franco réussit donc son passage de l’autre côté de la caméra et parvient aussi à se diriger admirablement bien. Il est assez génial dans ce numéro d’acteur qui lui autorise un cabotinage qui rend son personnage plus vrai que nature. Il offre aussi à son petit frère un joli rôle qui permet à ce dernier de briller. En tout cas, le résultat est convaincant à tout point de vue, scénario, réalisation, interprétation et ravira tout ce qui aime découvrir l’envers du décor. Un envers assez particulier, mais terriblement savoureux du coup.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Good Universe, New Line Cinema, Point Grey Pictures, RabbitBandini, Ramona Films, RatPac-Dune
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : James Franco
Scénario : Scott Neustadter, Michael H. Weber, d’après le livre de Greg Sestero et Tom Bissell
Montage : Stacey Schroeder
Photo : Brandon Trost
Décors : Chris L. Spellman
Musique : Dave Porter
Durée : 104 min

Casting :
Dave Franco : Greg
James Franco : Tommy
Seth Rogen : Sandy
Ari Graynor : Juliette
Alison Brie : Amber
Jacki Weaver : Carolyn
Zac Efron : Dan
Josh Hutcherson : Philip
Sharon Stone : Iris Burton
Melanie Griffith : Jean Shelton

MOI, TONYA : 50 nuances de gris

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moitonyaafficheAu cinéma, il y a souvent des gentils et des méchants. Dans la vie, les choses sont généralement beaucoup plus compliquées, même si l’opinion aime beaucoup repeindre la réalité en noir et blanc. Une opinion qui, à une époque, avait fait de Tonya Harding une super-vilaine, elle qui avait cherché à abattre la super-héroïne Nancy Kerrigan. Moi, Tonya cherche à nous montrer que cette vision manichéenne n’est peut-être pas LA vérité. Si tant est que cette dernière existe.

Moi, Tonya a évidement une saveur particulière pour ceux qui se rappellent très bien de cette épisode de l’histoire du sport. Mais ce film peut séduire un public beaucoup plus large par l’originalité de la manière dont il traite son sujet. Certes, la figure de l’anti-héros est assez commune, mais rarement on n’aura poussé la logique aussi loin. La grande force de ce film est de ne pas chercher à rendre son personnage sympathique, mais juste à le sortir d’une vision simpliste. En lui donnant de l’épaisseur et une certaine complexité, le spectateur finit par changer le regard qu’il porte sur cette patineuse hors norme. A défaut de l’aimer, on se dit que c’est trop simple de juste la détester. Trop simple et sûrement trop injuste.

moitonyaMoi, Tonya arrive donc à être quelque chose d’autre qu’un simple biopic ou que le simple récit d’un événement ayant fait la une de l’actualité. La réalisation de Craig Gillepsie présente de vraies touches d’originalité pour en faire un film en tout point surprenant. Si on ajoute à cela l’énergie qui parcourt le film, on obtient un résultat réellement emballant. Le seul bémol… Margot Robbie livre une performance de première ordre, mais garde tout de même quelque chose de beaucoup plus gracieux que la vraie Tony Harding, malgré le mauvais goût de ses tenues. Comme quoi, l’habite ne fait jamais tout à fait le moine.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Clubhouse Pictures, MuckyChap Entertainment
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Craig Gillespie
Scénario : Steven Rogers
Montage : Tatiana S. Riegel
Photo : Nicolas Karakatsanis
Décors : Jade Healy
Musique : Peter Nashel
Durée : 120 min

Casting :
Margot Robbie : Tonya Harding
Sebastian Stan : Jeff Gilooly
Allison Janney : LaVona Golden
Julianne Nicholson : Diane Rawlinson
Paul Walter Hauser : Shawn
Caitlin Carver : Nancy Kerrigan
Bobby Cannavale : Martin Maddox