LES CHEVRES DU PENTAGONE : Mi-chèvre, mi-jedi

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leschevresdupentagoneafficheLa plupart des scénarios donnent l’impression de n’être que la réécriture d’idées déjà maintes et maintes fois exploitées. Cela ne les empêche pas d’être excellents et de donner de grands films, comme on n’a pu le voir avec The Ghost Writer. Mais de temps en temps, on tombe sur une histoire vraiment originale. Alors, même si le film souffre de quelques faiblesses, on lui pardonne et on passe un bon moment. C’est le cas avec Les Chèvres du Pentagone.

Bob Wilton travaille pour une feuille chou dans un bled paumé des Etats-Unis. Un jour, sa femme le quitte pour son rédacteur en chef. Dévasté, il part en Irak pour leur prouver sa valeur… sauf qu’il végète à la frontière en attendant une autorisation de rentrer sur le territoire. Par chance, il finit par tomber sur Lyn Cassidy qui le prendra avec lui pour une mission secrète en plein territoire irakien. Mais il ne s’agit pas là d’un soldat ordinaire, mais d’un « jedi » doté de pouvoirs parapsychologiques.

Bon, raconté comme ça, le pitch des Chèvres du Pentagone ne semble pas forcément être celui d’une comédie. C’est pourtant bien le cas, car les prétendus pouvoirs de Lyn Cassidy ne sont pas aussi évidents que ce qu’il semble affirmer. C’est un des principaux ressorts comiques du film de le voir expliquer tout ce qui se produit comme étant le résultat de ses facultés mentales. Il fonctionne plutôt bien, évidemment aidé par le talent de George Clooney, une nouvelle fois parfait. What else ?

Cependant, le principal reproche que l’on peut formuler envers Les Chèvres du Pentagone est un léger manque de densité. Comme on pouvait le craindre, l’ensemble des gags les plus percutants sont présents dans la bande-annonce. Mais si on fait abstraction de ça, et à fortiori si on ne l’a pas vue, on trouve dans ce film de vrais moments de bonheur et de vrais éclats de rire. On trouve aussi quelques références cinématographiques parfois cachées. On sourira notamment de voir Ewan McGregor s’entendre dire qu’il a en lui un jedi qui sommeille.

Bon, là j’en connais certaines (je ne les citerai pas afin de préserver leur anonymat) qui attendent le regard soupçonneux mon avis sur la performance du bel Ewan. Et bien…il est comme d’habitude… Non, mesdames, ça ne veut pas dire beau et talentueux, je suis navré, mais beau (ça je l’admets) et sans autre intérêt que celui d’être beau. Le problème, c’est que ce coup-ci, il est à côté de George Clooney qui lui est à la fois beau et talentueux.

leschevresdupentagoneOn complètera ce casting de très haut niveau par Kevin Spacey et Jeff Bridges, excusez du peu. Ils ne tiennent pas ici le rôle de leur vie, mais s’y attellent avec assez de talent pour que Les Chèvres du Pentagone soit à ranger dans les comédies sans prétention mais plutôt sympathiques. Elle aurait pu beaucoup y gagner en développant une critique sous-jacente du fonctionnement de l’armée américaine et de la guerre en Irak. Mais dans ce domaine, Grand Heslov a totalement manqué d’ambition et n’étoffe pas un propos qui n’est au final qu’une vague trame de fond.

Les Chèvres du Pentagone est donc un film à voir, mais à la télé ça sera aussi bien. Un film à revoir, c’est nettement moins sûr car si on enlève l’effet de surprise et l’originalité du scénario, il faut bien avouer que le tout reste quelque léger, malgré un casting de standing. Il ne constitue donc ni une réelle réussite, ni vraiment une déception. Comment ça je ne me mouille pas ? Attention, sinon j’arrête votre cœur d’un simple regard ! Y’en a qui font moins les malins d’un coup !

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, BBC films, Smoke House, Westgate Film Services
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Grant Heslov
Scénario : Peter Straughan, d’après le livre de Jon Ronson
Montage : Tatiana S. Riegel
Photo : Robert Elswit
Décors : Sharon Seymour
Musique : Rolfe Kent
Durée : 94 mn

Casting :
George Clooney : Lyn Cassady
Ewan McGregor : Bob Wilton
Jeff Bridges : Bill Django
Kevin Spacey : Larry Hooper
Stephen Lang : Général Hopgood 

THE GHOST WRITER : Enfin des promesses tenues !

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theghostwriterafficheCes dernières semaines cinématographiques furent plutôt celle des déceptions. Deux films que j’attendais beaucoup qui m’ont plutôt laissé sur ma fin, à savoir Shutter Island et Nine. C’est donc avec une légère appréhension que je suis allé voir The Ghost Writer, le dernier film de Roman Polanski. Surtout que la presse est plus qu’unanime avec un 3,6/4 sur Allociné, une note que l’on voit extrêmement rarement. Mais cette fois, mon attente ne fut pas déçue… Et ça fait du bien !

Etre grassement payé pour être le nègre d’un ancien premier ministre britannique semble être le job rêvé. Mais quand vous savez que vous succédez à un homme qui a fini par se suicider, vous y réfléchissez à deux fois. Mais vous signez tout de même. Cependant, quand vous vous faites agresser dès la sortie de la maison d’édition, vous vous dites que vous vous êtes engagés sur un terrain dangereux.

Comme pour Shutter Island, j’ai vu le twist final de The Ghost Writer venir avant la fin… Cinq minutes avant la fin, quand toutes les pièces du puzzle étaient là. Evidemment, cela change tout, absolument tout. Au pire, j’aurais pu deviner quelques minutes plus tôt. Je me suis certes dit « merde, je suis con, j’aurais du y penser »… Mais je n’y ai pas pensé parce que le film est assez bien construit pour ne pas le permettre. Bref, un vrai et grand scénario à suspense, pas fondamentalement original, mais incontestablement de toute première qualité.

Un des principaux mérites du scénario de The Ghost Writer est d’être clair et, quand on y repense, relativement simple. Il ne multiplie pas les fausses pistes, mais fait simplement ressentir dès le début que quelque chose ne va pas, que certains personnages ne sont pas ce qu’ils paraissent à première vue, sans que l’on puisse savoir pourquoi. Bref, on nage en plein brouillard, un brouillard qui ne se lève jamais vraiment, jusqu’à ce que tout s’éclaire d’un coup. Mais pour autant, le spectateur ne se sent jamais perdu ou laissé à l’abandon. Il est guidé par un scénario clair qui l’emmène il ne sait où mais qui l’y emmène.

theghostwriterMais la plus grande qualité de The Ghost Writer est d’être réalisé par un très grand réalisateur, Roman Polanski. Il y’a dans ce film un grand classicisme, mais un classicisme voulu et maîtrisé, et qui n’a rien à voir avec un manque d’imagination ou de créativité. Et puis, vous l’aurez déjà compris, l’important ici, c’est le scénario, la réalisation est ici faite uniquement pour le servir. Pas besoin d’esbroufe, ou de grands effets, de toute façon, le spectateur est trop absorbé par l’intrigue pour les remarquer.

Et puis un grand réalisateur, c’est aussi un excellent directeur d’acteurs. Et là, la performance de Roman Polanski est de taille car il arrive à rendre Ewan McGregor… potable ! Excellent, ça aurait été surhumain, mais il est bon et c’est déjà énorme… Pas la peine de hurler les filles, je sais qu’il est beau, mais là je parle du talent dramatique. Mais bon, la vraie star de ce film est incontestablement Pierce Brosnan qui a toute la classe britannique que Ewan McGregor n’a pas… ce qui n’est pas peu dire ! Une mention spéciale également à Olivia Williams, particulièrement troublante.

Les déçus de Shutter Island doivent donc se précipiter pour aller voir The Ghost Writer. Et les autres aussi en fait !

Fiche technique
Production : RP Films, France 2 cinema, Elfte Babelsberg Film, Runteam
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Roman Polanski
Scénario : Roman Polanski, Robert Harris, d’après le livre L’homme de l’ombre, de R. Harris
Montage : Hervé de Luze
Photo : Pawel Edelman
Décors : Albrecht Conrad
Musique : Alexandre Desplats
Durée : 128 mn

Casting :
Ewan McGregor : the ghost-writer
Olivia Williams : Ruth Lang
Kim Cattrall : Amelia Bly
Pierce Brosnan : Adam Lang
Timothy Hutton : Sidney Kroll
Tom Wilkinson : Paul Emmett
Robert Pugh : Robert Rycart
James Belushi : John Maddox
Jon Bernthal : Nick Ricardelli
Elli Wallach : le vieil homme de l’île

LE REVE ITALIEN : Pas vraiment un film de rêve

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lereveitalienafficheL’année 68, l’année de tous les fantasmes. Une année mythique et historique. En France, bien sûr, avec son fameux mois de mai, mais un peu partout en Europe et dans le monde. Et en Italie également, puisque l’année 68 transalpine constitue le cadre de Le Rêve Italien, qui raconte les manifestations étudiantes et syndicales qui l’auront marquée.

Sous l’impulsion de Libero, l’université de Rome se soulève et se met en grève pour protester contre la guerre au Viêt-Nam et, accessoirement, changer la société dans son ensemble. Ce mouvement entraînera Laura, issu d’une famille bourgeoise qui goûte fort peu les penchants révolutionnaires de leur fille. Enfin, Nicola est policier. Jeune et beau, il est chargé d’infiltrer le mouvement étudiant. Entre les trois se noueront des passions qui ne seront pas que politiques.

Avant d’être un film historique, Le Rêve Italien est avant tout une histoire de triangle amoureux, sujet éternel et qui n’a pas fini de nourrir les scénarios et les romans. Evidemment, les sentiments seront fluctuants et plein de rebondissements, sinon il n’y aurait pas de film. Mais ici, il manque les explications et les éléments déclencheurs de ces revirements brusques. On passe plusieurs fois d’un sentiment à l’autre sans que l’on sache vraiment pourquoi. Je sais bien que l’amour est volatile, mais enfin, ceci constitue quand même le principal élément du récit, il aurait donc été bon qu’il soit cohérent, fouillé et intéressant.

L’intérêt aurait alors pu jaillir de la reconstitution historique de cette fameuse année 68. Mais là encore, Le Rêve Italien se plante. D’un côté, le monde des étudiants révolutionnaires sympathiques, engagés et solidaires, de l’autre l’Etat et à la police intolérante, répressive et violente. Bref, un manichéisme pas très subtil qui n’apporte rien à la compréhension de cette époque. Si cela n’avait constitué qu’une toile de fond discrète, cela aurait pu ne pas poser de problème. Mais malheureusement, le contexte historique est omniprésent et alourdit donc plutôt le film.

lereveitalienMême le personnage de Nicola n’arrive pas à apporter un peu de gris dans le paysage noir et blanc de Le Rêve Italien. Pourtant, ce policier qui se prend de sympathie pour le groupe qu’il est chargé d’infiltré aurait pu conduire à une évolution intéressante. Mais on voit bien dès le début qu’il est policier par accident et qu’il est aussi motivé qu’un collégien pour un cours de techno à 16h le vendredi soir. Il n’y a donc aucune surprise dans sa conversion, les beaux yeux de Laura représentant évidemment une motivation bien suffisante.

La seule chose qui sauve le Rêve Italien, ce sont ses personnages. Malgré leur manque d’épaisseur et de finesse, on se prend de sympathie pour eux bien au-delà de leur combat politique. On le doit notamment à une interprétation de qualité, notamment Luca Argento, qui interprète Libero, dont le charisme est évident. On appréciera également l’apparition de Laura Morante dont le talent n’a d’égal que le charme et la beauté.

Le Rêve Italien fera peut-être revivre une époque aux nostalgiques… Mais je doute que cette époque revive vraiment à travers ce film plutôt médiocre.

Fiche technique :
Réalisateur : Michele Placido
Scénariste : Doriana Leondeff, Angelo Pasquini et Michele Placido
Chef décorateur : Francesco Frigeri
Costumier : Claudio Cordaro
Compositeur : Nicola Piovani
Monteur : Consuelo Catucci
Directeur de la photographie : Arnaldo Catinari

Casting :
Riccardo Scamarcio : Nicola
Jasmine Trinca : Laura
Luca Argentero : Libero
Massimo Popolizio : Domenico
Laura Morante : Maddalena
Dajana Roncione : Isabella

LIBERTE : Une touchante maladresse pour un sujet dramatique

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liberteafficheLa France se décide enfin de traiter les épisodes les plus douloureux de son histoire au cinéma. Avant la Rafle, que j’irai voir d’ici peu, il y’avait eu Indigènes puis L’Ennemi Intime. Entre temps, voici Liberté, le nouveau film de Tony Gatlif. Un film qui nous rappelle que la Shoah a également représenté un génocide sans précédent pour la communauté tzigane et manouche. Et auquel les autorités françaises y ont largement contribué.

En 1943, il ne fait pas bon d’être bohémien. Persécuté par l’administration qui leur a interdit leur nomadisme, un groupe de Tziganes s’établit dans un village de France profonde, sous la protection du Maire, humaniste et républicain convaincu. Mais la population alentours et surtout la police de Vichy ne voient pas tout ça d’un bon œil.

Liberté cherche à traiter un sujet particulièrement grave, sérieux et dramatique avec humanisme et poésie. C’était un pari osé, mais se focaliser sur les actes les plus courageux est parfois une bonne façon de dénoncer la lâcheté et la barbarie des comportements ordinaires. C’est aussi une façon de créer un sentiment d’attachement et de sympathie envers les personnages et ainsi, renforcer le caractère dramatique du dénouement. Et ça, le film y arrive de manière incomplète.

Il y’a en fait deux couples dans ce film. Le premier, celui du maire et de l’institutrice, joués par Marc Lavoine et Marie-Josée Croze fonctionne très bien. Cette dernière notamment est vraiment touchante et on ne pourra que saluer la performance remarquable de son interprète. Le second couple est celui formé par un jeune orphelin et un des bohémiens, âgé de 30 ans mais un peu simplet. Ce dernier, personnage lunaire, joyeux, naïf, espiègle est malheureusement un peu horripilant aussi. Ou plutôt, on s’y attache comme à une curiosité sympathique, mais pas tout à fait comme à un être humain avec qui on partage une réelle empathie.

liberteLiberté est incontestablement une belle histoire, mais de laquelle on se sent un peu trop spectateur. La vision donnée du peuple tzigane est hyper positive, mais à être trop sympathiques, les personnages y perdent un peu trop de consistance et de profondeur. Il y’a certes le bohémien belliqueux, sujet à des impulsions plus violentes, mais il semble être là juste pour le principe. Que cette communauté soit joyeuse et solidaire, qu’elle aime la musique, c’est bien, cela permet quelques moments de gaieté, mais le film joue trop sur cette corde (de violon tzigane bien entendu !) et cela nuit à la force de son propos.

Liberté a quand même le grand mérite, et ce n’est pas rien, de nous remettre en mémoire le destin tragique de ce peuple pendant la Guerre. Un destin qui n’est d’ailleurs toujours pas des plus réjouissants, mais cela constitue un autre débat. On pourra donc tout de même féliciter Tony Gatlif pour avoir défloré ce sujet pas spécialement glorieux pour notre mémoire nationale. On pourra certes lui reprocher certes quelques maladresses sur la forme, mais certainement pas lui en tenir rigueur trop durement.

Liberté reste tout de même un film touchant, bien qu’imparfait. Un vrai sujet en tout cas et un moment d’histoire à ne pas ignorer.

Fiche technique :
Production : Princes productions, France 3 cinéma, Rhône Alpes cinéma
Distribution : TFM distribution
Réalisation : Tony Gatlif
Scénario : Tony Gatlif
Montage : Delphine Mantoulet
Photo : Julien Hirsch
Format : 35 mm Scope
Décors : Brigitte Brassart
Musique : Delphine Mantoulet, Tony Galtif
Durée : 111 mn

Casting :
Marc Lavoine : Théodore
Marie-Josée Croze : Mademoiselle Lundi
James Thiérrée : Taloche
Mathias Laliberté : P’tit Claude
Carlo Brandt : Pierre Pentecôte
Rufus : Fernand
Thomas Baumgartner : tatane

NINE : On ne peut pas non plus faire Chicago à chaque fois

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NineafficheAvant de vous parler de Nine, je vais vous parler de… Chicago. Vous n’êtes pas sans ignorer (en fait si, mais bon, j’aime imaginer que j’ai des hordes de fans) que c’est un de mes films préférés. C’est surtout un des plus beaux souvenirs cinématographiques. J’y avais été sans même savoir qu’il s’agissait d’une comédie musicale et cela avait constitué une des meilleures surprises de mon existence, que je m’étais empressé d’aller revoir. C’est donc avec la plus grande impatience que j’attendais Nine, la nouvelle comédie musicale de Rob Marshall.

Guido Contini est la star des réalisateurs du cinéma italien des années 60. Ses deux derniers films ont été des flops, mais le prochain s’annonce somptueux. A une semaine du début du tournage, les médias, le producteur, la costumière, tout le monde est sur le pont. Le casting se dessine… Mais voilà, personne ne sait de quoi ce film va bien pouvoir parler pour la simple bonne raison que son réalisateur n’a pas écrit une seule ligne du scénario. Va-t-il trouver son inspiration dans toutes les femmes (nombreuses) qui ont marqué sa vie ?

Disons le tout net, si Chicago était de l’alcool, Nine, c’est du Canada Dry. Ca a le goût, la couleur…enfin dans la pub… ou plutôt ici dans la bande-annonce. Car en vrai, ça n’a vraiment rien à voir. Enfin, ça essaye bien, ça aimerait bien, mais ça n’y arrive pas. Glamour, paillettes, costumes superbes, magnifiques acteurs, décors grandioses, les mêmes ingrédients sont là, mais cette fois, la recette est nettement moins relevée. A trop vouloir s’imiter, Rob Marshall a perdu le minimum de créativité qui fait les œuvres exceptionnelles.

Nine en est tant pour autant mauvais ? Non, pas vraiment, mais sûrement pas à la hauteur des moyens qu’il met en œuvre. Le scénario est plutôt mince et sert uniquement de prétexte à introduire les diverses personnages féminins. L’usage de flash-backs notamment, censés éclairer les origines de la personnalité de Guido, est une ficelle plutôt grosse pour avoir la chance d’admirer Fergie en prostitué sexy en diable… Mais remarquez, pour le coup, on n’en voudra pas trop à Rob Marshall.

Le fil rouge principal que constitue sa relation avec son épouse, interprétée par notre Mario Cotillard nationale, ne réveille pas non plus chez le spectateur un intérêt trépidant. Les personnages n’arrivent pas à inspirer la sympathie qu’ils cherchent à provoquer. Certains sont mêmes plutôt horripilants, notamment celui de Penelope Cruz, à qui on a parfois envie de donner une paire de claques (entre autres choses).

Musicalement aussi, le film est décevant. Les chansons sont dans la pure tradition des comédies musicales hollywoodiennes, mais sans grande imagination. Là encore, c’est propre carré, mais cela n’éveille jamais vraiment l’enthousiasme. On notera tout de même le petit numéro sexy de Fergie et on regardera avec curiosité Judi Dench essayer de nous faire croire qu’elle est française… Quand elle parle anglais, on peut prendre son imitation d’accent pour véridique. Evidemment, quand elle parle notre langue, cela le fait nettement moins !

nineNine permet de se rendre compte que même au milieu d’un si prestigieux casting, il y’a parfois des actrices encore au-dessus. Dans la scène d’introduction, on voit les personnages féminins entrer en scène les unes après les autres. En quelques pas, même en ombre chinoise, on se rend compte qu’il y’a Nicole Kidman et les autres. Même sa simple silhouette dégage un charme et une aura incomparables. Par contre, Sophia Loren nous permettra simplement de nous rendre compte que la chirurgie esthétique n’est pas encore synonyme de perfection.

Enfin un petit mot sur Daniel Day-Lewis, le personnage principal de ce film. Evidemment, avec un tel talent que le sien, il ne peut pas être foncièrement mauvais. Mais voilà, il n’est que trop peu mis en valeur, pris dans une frénésie qui ne nous laisse pas vraiment le temps de faire sa connaissance. Son personnage de salaud sympathique, incapable de résister aux charmes féminins, est trop caricatural pour être vraiment intéressant. Il donne bien tout ce qu’il a, mais même ça, ce n’est pas totalement suffisant pour sauver Nine du statut de film à moitié raté.

Nine est donc une vraie déception. Une comédie musicale scintillante mais sans véritable âme. Un divertissement sans magie.

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Relativity Media, Marc Platt Productions, Lucamar, Cattleya
Distribution : SND
Réalisation : Rob Marshall
Scénario : Michael Tolkin, Anthony Minghella, d’après la comédie musicale Nine de Maury Yeston
Montage : Claire Simpson, Wyatt Smith
Photo : Dion Beebe
Décors : John Myrhe
Musique : Maury Yeston
Costumes : Colleen Atwood
Durée : 118 mn

Casting :
Daniel Day-Lewis : Guido Contini
Nicole Kidman : Claudia
Marion Cotillard : Luisa Contini
Penelope Cruz : Carla
Judi Dench : Lilli
Sophia Loren : Mamma
Kate Hudson : Stephanie
Fergie : Saraghina
Ricky Tognazzi : Dante

A SINGLE MAN : A poor movie

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asinglemanUn film aussi psychologique et intimiste soit-il souffrira d’une trame narrative trop prévisible, à l’instar de n’importe quel thriller. Une histoire, c’est une voyage pour lequel connaître la destination final gâche une large part du plaisir. C’est malheureusement le cas de A Single Man, dont l’issu global est absolument sans surprise, malgré un ultime rebondissement moins prévisible, mais qui ne change pas grand chose au fond.

George Falconer est un homme en deuil dans le Los Angeles des années 60. Il a récemment perdu son compagnon dans un accident de voiture. L’homosexualité n’étant pas vraiment accepté, il ne peut assumer son chagrin au grand jour. Alors il fait semblant de vivre. Jusqu’au jour où il décide d’en finir.

A Single Man nous fait vivre ce qui doit être la dernière journée de George Falconer. Ou alors on peut le voir comme étant le récit de la façon dont il va reprendre goût à la vie. Mais le problème est que le projet de suicide n’est vraiment révélé qu’après que la raison évidente qui le poussera à renoncer soit connue. Bref, jamais le film ne maintient un semblant de tension narrative. Tom Ford essaye bien de faire comme si, mais le spectateur n’est pas dupe et s’ennuie ferme.

A Single Man aurait pourtant pu être un film riche car beaucoup de thèmes sont abordés : l’homosexualité, la mort, le deuil, l’amour, l’amitié, l’attrait de la jeunesse… Mais tout ses éléments se superposent mais sans vraiment rien dire, sans vraiment creuser. Tout semble broder pour tisser un semblant d’épaisseur à partir d’une idée de base, qui est malheureusement, comme déjà évoqué, absolument sans surprise. Bref, le film reste simplement contemplatif face à son personnage dont le destin pourra toucher un certain nombre d’entre vous, mais en laissera également indifférent plus d’un.

asingleman2A Single Man donne largement l’occasion à Colin Firth de briller. En effet, il est présent à l’écran 99% du temps. Alors il met tout son talent au service de son personnage, il lui donne une âme, mais il peut combler à lui seul le vide du scénario. Parfois, la déprime de son personnage semble le rattraper et ses yeux de faons malades apparaissent presque comme un appel au secours pour qu’on le sorte de là. Il arrive tant bien que mal au bout des 90 minutes de ce film, heureusement plutôt court, et on est aussi soulagé pour lui que pour soi-même.

La caméra de Tom Ford donne pourtant à A Single Man une grande élégance visuelle. Mais là encore, tout semble bien vain tant le fond est faible. Les effets de style n’arrivent pas à nous le faire oublier et sonnent parfois comme des excuses du réalisateur pour l’ennui dans lequel il nous plonge. En fait, tous les éléments de ce film nous donnent l’impression d’être inaboutis, un puzzle dont on ne se serait pas donner la peine d’assembler correctement les morceaux.

En fait, si je voulais vraiment être méchant avec A Single Man, je dirais simplement qu’on dirait un film français. Et oui, je suis dur parfois…

Fiche technique :
Production : Fade to Black, Depth of Field, Im Global
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Tom Ford
Scénario : Tom Ford, David Scearce, d’après le roman de Christopher Isherwood
Montage : Joan Sobel
Photo : Eduard Grau
Décors : Dan Bishop
Musique : Abel Korzeniowski Shigeru Umebayashi
Durée : 90 mn

Casting :
Colin Firth : George
Julianne Moore : Charley
Nicholas Hoult : Kenny
Matthew Goode : Jim
Jon Kortajarena : Carlos
Paulette Lamori : Alva 

PRECIOUS : Un peu de Lindt dans la pourriture

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preciousafficheVoir un personnage se battre pour s’extraire d’une situation sociale précaire sous l’influence d’un mentor est une histoire mille fois racontée au cinéma, pour le meilleur et aussi souvent pour le pire. Généralement armés des meilleures intentions, ces films dégoulinent souvent de bons sentiments, dans lesquels le message sombre et se déconnecte totalement d’une réalité qui ne ressemble que rarement à un conte de fées. Alors quand un film nous propose un point de départ plus sordide que jamais, on peut prendre peur et s’attendre au pire. Mais parfois le pire est évité et nous offre le meilleur. Nous offre Precious.

Clareece Precious Jones a 16 ans. Elle est obèse et enceinte de son deuxième enfant, conçu, comme le précédent, lors d’un viol par son propre père. Sa mère ne décolle pas du canapé d’où elle regarde la télévision à longueur de journée et traite sa fille avec violence et mépris. Bref, pas vraiment une vie de rêve, surtout que la jeune fille se fait renvoyer de son lycée suite à sa grossesse. Mais sa directrice l’envoie dans une école alternative, où elle trouvera enfin le respect et l’écoute.

Au début de Precious, on se demande bien comment on va pouvoir aimer ce personnage. La plaindre, la prendre en pitié ne posent pas de problème, vue la situation dans laquelle elle est plongée. Mais l’affection repose sur autre chose. Le miracle de ce film est de nous faire apprendre à aimer son héroïne au fur et à mesure qu’elle va s’ouvrir et prendre sa vie en main. Le spectateur emprunte un chemin certes très différent de celui de la jeune fille, mais un chemin parallèle. Certains refuseront sans doute de le suivre. Mais ceux qui l’emprunteront ne le regretteront pas un seul instant.

N’allez pas imaginer que Precious se termine par une remise de diplôme à la fac ou un mariage. Oh, vous pourrez toujours imaginer que l’histoire finira pas s’achever ainsi, mais ce film n’est pas un conte de fées. C’est une histoire dure, parfois crue. Mais une histoire pleine d’un optimisme que l’on ne pouvait pas soupçonner au premier abord. Il n’y a pas de miracle ou de happy end mielleux. Simplement, un personnage qui décide de se sortir de l’enfer, même si le paradis semble hors de portée.

Evidemment, ce film possède les mêmes limites que tous les autres du même genre. Pour une Clareece, combien resteront au fond de leur misère et s’y enfonceront inexorablement. On sait bien que rien n’est aussi faux dans la réalité que l’idée que l’on peut toujours s’en sortir par la simple force de sa volonté. La rencontre entre Clareece et Miss Rains est un coup de chance dont une infime minorité bénéficie au cours de son existence. Mais aussi exceptionnelle soit-elle, le parcours de cette jeune fille ne vaut-il pas d’être raconté ? Même si l’espoir est infime, ne doit-il pas être cultivé ?

preciousMais au delà du message, Precious fonctionne aussi bien grâce à de formidables acteurs. Gabourey Sidibe, pour sa première apparition sur grand écran, est déjà tombée sur un rôle exceptionnel comme les meilleurs carrières en comptent peu. Un peu comme si on passait directement de la pataugeoire à la piscine olympique. Mais jamais elle ne s’y noie, sans pour autant marcher sur l’eau. Mais une plus « grande » actrice en aurait peut-être trop fait et n’aurait pu rentrer avec le même bonheur dans la peau de ce personnage si renfermé et si passif (dans un premier temps).

Le vrai numéro d’acteur nous est offert par Mo’Nique, primée aux Oscars et qui interprètent une mère terrifiante. A côté d’elle, Freddy, c’est un bisounours ! L’ultime scène de Precious est un vrai moment d’émotion et de force pures et c’est largement grâce à elle. Les curieux apprécieront également l’apparition d’un Lenny Kravitz en infirmier et surtout de Mariah Carrey en assistante sociale. J’avoue ne pas du tout l’avoir reconnue. Il faut dire, complètement habillée, c’est tout de suite plus difficile… Plaisanterie mise à part, elle représente ici une vraie révélation.

Precious est un film profondément touchant. Certes, on a bien du mal à s’identifier au personnage, mais on apprend à l’aimer. Et puis, un peu d’optimisme dans un monde dégueulasse, ça ne fait jamais de mal.

Fiche technique :
Production : Elephant Eye
Réalisation : Lee Daniels
Scénario : Damien Paul, d’après le roman de Sapphire
Montage : Joe Klotz
Photo : Andrew Dunn
Décors : Rochelle Berliner
Distribution : ARP Sélection
Son : Ken Ishii
Maquillage : Toy R. van Lierop
Durée : 109 mn

Casting :
Paula Patton : Mlle Rain
Mo’Nique : Mary
Gabourey Sidibe : “Precious” Jones
Lenny Kravitz : L infirmier John
Mariah Carey : Mme Weiss
Sherri Shepherd : Comros

SHUTTER ISLAND : Voyage en bateau

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shutterislandafficheJ’ai rarement été aussi embêté pour écrire une critique que pour vous parler de Shutter Island, le dernier film de Martin Scorsese. Il s’agit d’un thriller plein de suspense et de mystère. Et qui dit thriller plein de suspense et de mystère, dit retournement de situation final de la mort qui déchire sa mère en sous-tif devant le Super U… Oui, oui, rien de moins que ça ! Le problème, c’est que, personnellement, je n’ai jamais douté une seule seconde de ce qu’il serait. Du coup, je n’ai jamais eu l’impression d’être mené en bateau par l’histoire, ce qui m’a considérablement gâché mon plaisir. Il n’en reste pas moins que ce film est un bijou cinématographique.

Les marshalls Teddy Daniels et Chuck Aule sont envoyés sur Shutter Island, une île au large de Boston qui sert de prison et d’hôpital psychiatrique, pour enquêter sur l’étrange évasion d’une des pensionnaires. Mais très vite, ils se rendent bien compte que l’île recèle bien des secrets que ses occupants ne sont pas pressés de voir dévoiler.

Que dire alors ? Shutter Island reste avant un tout un Scorsese. On est donc face à une réalisation techniquement magistrale. Il ne donne pas dans le clinquant et l’effet de caméra spectaculaire, sait qu’un plan a le droit de durer plus de deux secondes (il ne pourrait pas le dire à Guy Ritchie ?). Mais il sait composer une image, son cadrage, sa lumière pour arriver à l’effet souhaité. L’image en elle-même parle alors au moins autant que les dialogues et on se demande encore comment aucun de ses films n’ait pu être couronné aux Oscars. Ron Howard pourrait lui en refilé une, parce que franchement… Enfin ceci est un autre débat.

Shutter Island confirme aussi la véritable histoire d’amour entre Scorsese et Di Caprio. Une synergie rare entre un réalisateur et un acteur. Enfin, il faut bien admettre qu’une synergie est d’autant plus facile à créer que les participants sont déjà talentueux à la base. Et Dieu sait si ces deux là le sont ! Et dire qu’à une époque, lointaine désormais, je ne rêvais que d’une chose : lui lacérer le visage pour qu’on arrête de subir sa tronche d’adolescent prépubère mal dégrossi…

shutterislandReste évidemment le scénario et la narration… Et c’est là que les ennuis commencent pour moi car je vais bien avoir du mal à vous en parler. Honnêtement, je me suis presque ennuyé devant Shutter Island. De longues scènes sensées plonger le spectateur dans le mystère et la circonspection me sont apparues comme de longs moments où l’intrigue n’avançait plus. Je suis resté indifférent face à ce qui aurait du être une plongée dans un abîme. Je suis resté au bord de la falaise avec ma frustration et ma déception.

Vue mon expérience personnelle, je vous propose donc plutôt de vous référer à tout ce qui a pu être écrit sur Shutter Island. Vu la quasi-unanimité, il est évidemment qu’il fonctionne à la perfection et que le suspense restera entier jusqu’au dernières minutes pour une immense majorité des spectateurs. Je constitue simplement l’exception qui confirme la règle. Mais bon, à la fois, tout le monde sait déjà que je suis quelqu’un d’exceptionnel…

Shutter Island est donc objectivement un petit chef-d’œuvre du 7ème art. Après, reste ma propre subjectivité, mais elle m’est propre et pas sûrement pas transposable à tous ceux qui iront voir ce film. Et ils auront bien raison.

Fiche technique :
Production : Phoenix pictures, Sikelia Productions, Appian Way
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Laeta Kalogridis, d’après le roman de Dennis Lehane
Montage : Thelma Schoonmaker
Photo : Robert Richardson
Décors : Dante Ferretti
Musique : Robbie Robertson
Effets spéciaux : Ron Ames
Durée : 137 mn

Casting :
Leonardo DiCaprio : Teddy Daniels
Mark Ruffalo : Chuck Aule
Ben Kingsley : Dr Cawley
Michelle Williams : Dolores
Emily Mortimer : Rachel Solando
Patricia Clarkson : Rachel Solando
Max Von Sydow : Dr Jeremiah Naehring 

WOLFMAN : On a vu le loup, il ne vaut pas un clou

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wolfmanafficheLe cinéma a ses mythes qu’il aime revisiter encore et encore, avec plus ou moins de bonheur. Le loup-garou en fait partie et constitue le principal sujet de Wolfman, qui porte donc particulièrement bien son nom. On pouvait donc espérer une version modernisée du mythe. Les moyens y ont été mis, le casting est brillant, il ne restait plus qu’à y adjoindre un scénario solide. Et là, le bât blesse…

Lawrence Talbot revient au manoir de son enfance, à l’appel de sa belle sœur qui s’inquiète de la disparition de son mari. Il y retrouvera son père et surtout le corps de son frère, visiblement dévoré par une bête particulièrement féroce. Mais il se murmure dans la campagne, que la présence de gitans inquiète, que l’animal en question ne serait pas vraiment ordinaire.

N’y allons pas par quatre chemins, Woflman est un film raté, dénué de tout intérêt. En effet, l’histoire est absolument sans surprise et il vous suffit de partir au bout d’un quart d’heure pour n’avoir rien raté. On n’a que peu de doute sur qui va finir par se transformer en loup-garou (de toute façon, il suffit de voir la bande-annonce pour le savoir) et il ne faut pas réfléchir très longtemps pour savoir qui se cache derrière le loup-garou qui va le mordre pour que cela se produise. J’ai rarement vu un scénario à ce point dénué d’imagination, cela en est totalement désolant. On reste donc circonspect pendant tout le film, attendant désespérément que la moindre petite surprise vienne poindre à l’horizon. Mais, telle Sœur Anne, nous ne voyons jamais rien venir.

C’est évidemment fort regrettable car mettre Benicio Del Toro et Anthony Hopkins sur une même pellicule méritait tout de même de se produire pour une histoire nettement plus intéressante. D’ailleurs, ils surnagent malgré la médiocrité des dialogues et des situations. Leur classe est évidente, mais que pouvaient-ils faire face à ce vide abyssal ? Leur talent seul ne suffisait pas à le combler.

wolfmanVisuellement, les moyens sont là. Les décors sont superbes, les effets spéciaux réussis, même s’ils ne sont pas spécialement transcendants. Mais bon, il faut avouer qu’on est désormais devenu très exigeants à ce niveau là et que l’on ne se laisse plus impressionner par le premier morphing venu. Mais bon, Wolfman reste quand même très classique. Si cela ne constitue pas forcément un défaut en soi, on le prend ici comme un nouveau manque de créativité regrettable, même s’il est cohérent avec le reste. C’est important la cohérence…

Allez, je suis très vache, mais je ne me suis pas non plus ennuyé devant Wolfman. Mais bon, avec ma carte d’abonnement, je n’ai pas non plus déboursé dix euros pour aller le voir. Car dans ce cas-là, effectivement, j’aurais quand même eu pas mal de bonnes raisons de l’avoir mauvaise. Alors, je vous conseille donc ce film éventuellement à la télé, ça ne vous grillera sûrement pas de neurones et vous fera passer le temps. Après, vous aurez sûrement mieux à voir et vous pourrez aussi sortir ou lire un livre à la place. Mais ça, c’est à vous de voir…

Wolfman a donc cherché à revisiter le mythe du loup-garou. Sauf qu’il n’a rien revisité du tout et vous trouverez dans ce film tout ce que vous pouvez y attendre. Mais rien, vraiment rien de plus.

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Relativity Media, Stuber Pictures
Distribution : Unioversal Pictures International France
Réalisation : Joe Johnston
Scénario : Andrew Kevin Walker, David Self, d’après le remale du film de George Waggner
Montage : Dennis Virkler
Photo : Shelly Johsnon
Format : 35mm
Décors : Rick Heinrichs
Musique : Danny Elfman
Effets spéciaux : Rick Baker, Priscilla John
Costumes : Milena Canonero
Durée : 99 mn

Casting :
Benicio Del Toro : Lawrence Talbot
Anthony Hopkins : Sir John Talbot
Emily Blunt : Gwen Conliffe
Hugo Weaving : Aberline
Art Malik : Singh
David Sterne : Kirk

I LOVE YOU PHILLIP MORRIS : Une comédie romantique pas comme les autres

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iloveyouphillipmorrisafficheFaire un film racontant une histoire d’amour n’est pas vraiment ce qu’il y’a de plus original. Que cette histoire touche deux hommes est également du déjà-vu, mais généralement dans le cadre d’un cinéma militant. I Love You Phillip Morris est par contre une comédie romantique gay…gaie (désolé, il fallait que je la fasse), ce qui est déjà nettement moins fréquent. Il est surtout un excellent film.

Steven est pianiste à l’église, policier et marié. Mais suite à un accident de voiture, il se décide à enfin assumer le fait d’être gay. Il plaque tout et s’en va vivre la vie dont il a toujours rêvé. Mais cette vie à un coût… Il multiplie alors les arnaques aux assurances. Il finit en prison où il rencontrera l’amour de sa vie. Un jeune homme aux yeux bleus, nommés Philip Morris. Une fois sortis, Steven lui promettra de devenir honnête pour que jamais il ne soit séparé… Mais peut-il vraiment aller contre ce qui est devenu une seconde nature ?

Comme toute comédie romantique, I Love You Philip Morris repose sur un couple de personnages, mais aussi d’acteurs. Jim Carrey-Ewan McGregor, voilà qui pèse lourd au box-office. Mais il y’a tout de même une légère dissymétrie dans le talent. Jim Carrey confirme ici que, correctement dirigé, il est un immense acteur, qui vaut mille fois mieux que les rôles grimaçants dans lesquels il a longtemps été confiné. Depuis quelques temps, sa carrière semble avoir vraiment repris son envol et c’est tant mieux. Bien sûr, c’est lui qui apporte une grande part de la légèreté et de l’humour qui habitent ce film. Mais c’est aussi lui, qui éclabousse l’écran lorsque le ton se fait plus grave. A côté de lui, Ewan McGregor confirme qu’il aura bien du mal à jamais dépasser le stade de minet gentillet un rien plat sur les bords.

Mais I Love You Phillip Morris, c’est aussi, et même avant tout, une très belle histoire. Et une histoire vraie en plus… enfin autant que peut l’être ce genre d’histoire portée à l’écran. Une histoire riche en rebondissements et en surprise, où l’on verra le héros faire preuve d’une ingéniosité hors paire uniquement par amour. Prêt à prendre tous les risques pour celui qu’il aime, il est à la fois un personnage extrême et très humain. Il est vrai qu’il est assez dur de s’identifier à lui, mais il n’en reste pas moins terriblement attachant. On est ému par son amour, on lui en veut de le gâcher par ses erreurs et on est à fond derrière lui quand il essaye de les réparer.

iloveyouphillipmorrisI Love You Phillip Morris est une comédie romantique pour ceux qui n’aiment pas les comédies romantiques. Jamais mièvre, jamais larmoyant, jamais sirupeux, il ressemble plus aux histoires que l’on vit dans la vraie vie que n’importe quel film avec Hugh Grant. Après le sexe des protagonistes n’a que peu d’importance et n’enlève évidemment rien à la beauté de l’histoire, ni à sa légèreté et à son humour. Car il peut y pleurer un peu, on rit surtout devant ce film remarquable à bien des points de vues.

Le passage derrière la caméra des deux scénaristes Glenn Ficarra et John Requa (auteurs des scénarios de l’excellent Bad Santa et Les Looney Tunes passent à la l’action…comme quoi il faut être polyvalent à Hollywood) représentent donc une première réussie. I Love You Phillip Morris ne souffre d’aucune faiblesse particulière, le travail accompli par les deux réalisateurs est donc remarquable.

I Love You Phillip Morris n’est peut-être pas un de plus grands chefs d’œuvre du 7ème art. Mais un film doté d’assez de personnalité et de qualités pour valoir de débourser le prix d’une place de ciné.

Fiche technique :
Production : Europacorp, Mad Chance
Réalisation : John Requa, Glenn Ficarra
Scénario : John Requa, Glenn Ficarra, d’après le roman de Steve McVicker
Montage : Thomas J. Nordberg
Photo : Xavier Pérez Grobet
Décors : Hugo Luczyc-Wyhowsky
Distribution : EuropaCorp distribution
Musique : Nick Urata
Durée : 96 mn

Casting :
Jim Carrey : Steven Russell
Ewan McGregor : Phillip Morris
Rodrigo Santoro : Jimmy Kemple
Leslie Mann : Debbie Russell