FANTASTIC MR FOX : Le nouveau tube filmé décalé de Wes Anderson

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fantasticmrfoxafficheUn divertissement familial capable de ravir réellement petits et grands, ce n’est pas si fréquent. Mais c’est le cas de Fantastic Mr Fox, adaptation d’un roman de Roald Dahl, l’auteur de Charlie et la Chocolaterie. Une œuvre lisible à plusieurs degrés, un peu comme un album d’Asterix.

Mr Fox est le meilleur voleur de volaille de toute la région. Mais un jour, alors qu’il réchappe de peu à la capture, il promet à sa femme de se ranger des voitures et devient journaliste. Quelques années plus tard, devenu papa, il semble avoir tenu sa promesse, malgré des fins de mois difficiles. Cependant, la tentation est trop grande et il organise un dernier grand coup chez les trois plus gros fermiers du secteur. Mais ces derniers sont bien décidés à piéger ce renard impertinent.

La trame narrative ne reflète que très peu la richesse de Fantastic Mr Fox. Bien sûr, l’intrigue en elle-même est un peu enfantine. Elle est relativement linéaire, sans réelle ambiguïté, donc relativement facile à suivre pour le plus jeunes. Cependant, elle n’en est pas pour autant simpliste et reste riche en rebondissements. Une vraie histoire, dans laquelle on se laisse facilement prendre.

Mais à côté de ce fil rouge très accessible, Fantastic Mr Fox recèle une vraie subtilité par ses personnages qui sont eux, vraiment fouillés. Le héros, déjà, n’en ai pas vraiment un. Si c’est toujours lui qui prend les choses en main pour sortir ses compagnons de situations difficiles, c’est souvent parce qu’est c’est lui qui les a provoqués. Menteur, égocentrique, tout en étant charmeur et baratineur hors paire. Il est aussi maladroit que rusé, aussi manipulateur qu’attachant. Bref, un personnage loin d’être enfantin, même si sa bouille de renard et la sympathie qu’il dégage charmera petits et grands.

C’est surtout sur les relations entre ces personnages que Mr Fox prend un côté vraiment « adulte ». Les relations familiale, entre parents et enfants et dans le couple, sont ici traitées de manière très subtile, sous couvert d’une histoire dont les protagonistes principaux sont des animaux. En fait, le film nous montre que, sous le maquillage de la politesse et des conventions sociales, nos comportements sont souvent bien plus basiques et animaux que l’on veut bien l’admettre. Le tout est traité avec beaucoup d’humour et c’est là, la vraie force qui fait de ce film un vrai moment de bonheur.

fantasticmrfoxFantastic Mr Fox est un film d’animation qui n’est visuellement pas du tout dans l’air du temps, à l’heure d’Avatar qui gomme la frontière entre le virtuel et la réalité. On est là face à un style visuel « vintage », qui ressemblerait presque à un vieux film d’animation des années 70, réalisé uniquement pour la télévision. J’avoue qu’après avoir vu la bande-annonce 50 fois, j’étais quelque peu sceptique. Mais, au final, cela colle parfaitement avec le côté décalé de ce film et participe largement à sa réussite.

Enfin, le dernier plaisir, et non des moindres, que nous offre Fantastic Mr Fox, c’est celui d’entendre la voix de George Clooney (en VO bien sûr). Pas besoin d’en dire plus… Et quand on sait que le casting vocal rassemble aussi Mery Streep et Bill Murray, on comprendra que ce film ne souffre pas d’une interprétation vocale de seconde zone.

Fantastic Mr Fox est donc un film riche et étonnant. Un OVNI cinématographique qui prend à contre-pied toutes les tendances actuelles du 7ème art. Et ça fait du bien !

Fiche technique :
Production : Allison Abbate, Scott Rudin, Wes Anderson et Jeremy Dawson
Distribution : Twentieth Century Fox
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson, Noah Baumbach, d’après le livre de Roald Dahl
Montage : Andrew Weisblum
Photo : Tristan Oliver
Musique : Alexandre Desplat
Effets spéciaux : Mark Gustafson, Tim Ledbury
Directeur artistique : Francesca Maxwell
Durée : 88 mn

Casting :
George Clooney : Mr Fox
Meryl Streep : Felicity
Bill Murray : Blaireau
Jason Schwartzman : Ash
Michael Gambon : Franklin Bean
Owen Wilson : Coach Skip
Willem Dafoe : Rat

UNE EDUCATION : L’apéro ne suffit pas

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uneeducationafficheLes bons films sont comme les bons repas. L’apéritif nous met l’eau à la bouche, l’entrée nous met en appétit, le plat principal nous rassasie et le dessert laisse la note finale en bouche. Un repas réussi, c’est un équilibre entre ces quatre éléments. Mais, malgré tout, c’est quand même le plat principal et le dessert qui sont décisifs. Dans un film, un début prometteur ne peut vraiment compenser un cœur d’intrigue et un dénouement décevant. C’est exactement ce qui se passe dans Une Education.

Dans l’Angleterre des années 60, Jenny est une jeune fille de 16 ans modèle. Première de la classe, elle fait tout pour intégrer la prestigieuse université d’Oxford. Un jour, elle croise David, trentenaire séduisant. Il va la sortir de la petite vie austère dans laquelle la confine ses parents. Ces derniers sont aussi sous le charme. Mais est-il vraiment aussi parfait qu’il en a l’air ?

Le premier tiers de Une Education est, vous l’aurez compris, particulièrement prometteur. Bien sûr, le pitch n’est pas si original que ça, mais le tout est parfaitement réalisé et interprété, et surtout vraiment empli d’humour. Bref, une mise en bouche très prometteuse. On attend la suite avec impatience. On s’attend surtout à être surpris… sauf que l’on ne l’est jamais. Lone Scherfing nous amène exactement là où on pouvait s’y attendre. Il y’a certes le rebondissement qui va bien, mais même là, si on en ignorait les détails, on se doutait bien qu’il allait arriver quelque chose comme ça. Quand au dénouement, il est d’une platitude désespérante. Faire un film pour arriver à une conclusion aussi attendue, ce n’était vraiment pas la peine.

Pourtant, tout est-il à jeter dans Une Education ? Non, car un élément qui aurait presque pu sauver le film. Il y’a malheureusement un presque, mais ça vaut quand même le coup de s’y attarder. En effet, la sympathie qu’inspire la jeune Jenny arriver à maintenir l’intérêt du spectateur juste au-dessus de la ligne rouge. Malgré les défauts de l’intrigue, elle arrive à ne pas non plus plonger le spectateur dans un ennui profond. L’attachement réel que l’on ressent nous fait partager les émotions du personnage. Si le dénouement est décevant, on est quand même soulagé que les mésaventures de la jeune fille prennent fin.

uneeducationL’autre personnage réjouissant est celui du père, interprété par Docteur Octopus… enfin Alfred Molina. Il est l’élément comique de Une Education et il remplit son rôle à la perfection. Si la première partie du film est une vraie réussite, c’est en grande partie grâce à lui. A l’inverse, si Peter Sarsgaard est irréprochable, son rôle est à l’image du film, prometteur, mais qui ne possède finalement pas l’épaisseur qu’on attendait de lui.

Lone Scherfing a donc raté son coup avec Une Education. Sa caméra élégante, un vrai talent dans la direction d’acteur aurait du lui permettre de nous offrir une œuvre humaniste réjouissante comme le cinéma britannique en compte tant. Mais voilà, si le plat était appétissant à la vue, au goût, il est beaucoup trop fade et plat pour rester dans les mémoires.

Une Education est une vraie déception culinaire… euh pardon, cinématographique.

Fiche technique :
Production : BBC Films, Endgame Entertainment
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Lone Scherfig
Scénario : Nick Hornby, d’après la biographie de Lynn Barber
Montage : Barney Pilling
Photo : John de Borman
Décors : Andrew McAlpine
Musique : Paul Englishby
Costumes : Odile Dicks-Mireaux
Durée : 98 mn

Casting :
Carey Mulligan : Jenny
Olivia Williams : Miss Stubs
Alfred Molina : Jack
Cara Seymour : Marjorie
Peter Sarsgaard : David
Dominic Cooper : Danny
Rosamund Pike : helen
Emma Thompson : la directrice
Sally Hawkins : Sarah

L’AUTRE DUMAS : Dans l’ombre d’un géant

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lautredumasafficheAccuser un auteur célèbre d’utiliser un « nègre » est une polémique historique très classique. L’affaire Corneille-Molière est la plus célèbre et possède un site Internet qui lui est intégralement dédié. Moins connu est la polémique autour de la relation entre Alexandre Dumas et Auguste Maquet, officiellement simple collaborateur, mais qui serait l’auteur de pans entiers de l’œuvre du père supposé des Trois Mousquetaires. Ce débat est le point central de l’Autre Dumas, un très bon film français.

Alexandre Dumas et son ombre, Auguste Maquet, débarquent à Trouville pour travailler sur le Vicomte de Bragelonne et l’adaptation au théâtre du Comte de Montecristo. Un jour, la jeune Charlotte entre dans la chambre du maître et prend Maquet pour Dumas. Ce dernier ne résiste pas à la tentation de prendre la place de ce dernier. Elle lui demande de faire le nécessaire pour libérer son père, emprisonné pour complot contre le Roi. Lui en tombera éperdument amoureux.

L’Autre Dumas se distingue par deux qualités principales. La première, c’est son intérêt historico-littéraire. Certes, Alexandre Dumas est particulièrement culte dans ma famille. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai été voir ce film. Mais s’il m’a intéressé, c’est surtout parce que j’ignorais tout de cette histoire. Car au final, le film ne prend pas position et ne tranche pas le débat. De toute façon, on ne connaîtra jamais vraiment la vérité.

L’autre grande qualité de ce film est bien sûr son interprétation avec le duo Depardieu-Poelvoorde. Les deux sont vraiment excellents, parfaitement dirigés par Saffy Nebbou. L’acteur belge confirme ici le talent dramatique entraperçu dans Coco avant Chanel. Bien sûr, il est quelque peu éclipsé par Gérard Depardieu, mais c’est aussi le rôle qui veut ça. Il faut aussi féliciter la jeune Mélanie Thierry et surtout la fantastique Dominique Blanc, qui irradie de tout son talent.

lautredumasCes deux éléments suffisent déjà à faire de l’Autre Dumas un spectacle agréable à suivre. Surtout que costumes et décors sont de premier ordre. Reste tout de même ce qui est en fait le cœur de l’intrigue, ce triangle amoureux entre les deux Dumas, le vrai et le faux, et la jeune Charlotte. Là, au fond, l’histoire est plutôt classique et n’a rien d’extraordinaire. Le prétendant inhibé dans l’ombre d’un homme charismatique n’est pas vraiment un thème très original. Mais s’il est traité ici sans génie, il l’est avec assez de talent pour véhiculer une réelle émotion, pour peu qu’on s’identifie quelque peu au personnage.

En dehors de la direction d’acteurs, la réalisation de Saffy Nebbou est propre et sobre, mais manque un peu de peps. Il manque un soupçon de rythme dans la narration pour que l’Autre Dumas prenne une dimension supplémentaire. Si les moyens visuels sont ceux d’un grand film historique, le tout s’apparente quand même plutôt globalement à une production intimiste typiquement tricolore.

L’Autre Dumas est donc un film globalement réussi, porté par deux grands acteurs. S’il a également quelques limites, aucune d’elles ne gâche réellement le plaisir qu’on éprouve face à cette belle production.

Fiche technique :
Production : Film oblige, UGC Images, K2, France 2 Cinema
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Safy Nebbou
Scénario : Safy Nebbou, Gilles Taurand, d’après la pièce de Cyril Gély et Eric Rouquette
Montage : Bernard Sasia
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Cyril Gomez-Mathieu
Costumes : Karen Müller-Serreau
Durée : 105 mn

Casting :
Gérard Depardieu : Alexandre Dumas
Benoit Poelvoorde : Auguste Maquet
Dominique Blanc : Céleste Scriwaneck
Mélanie Thierry : Charlotte Desrives
Catherine Mouchet : Caroline Maquet
Michel Duchaussoy : Le sous préfet Crémieux
Roger Dumas : Mr. de Saint Omer 

LA HORDE : Un film de genre bien de chez nous

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lahordeafficheS’il y’a un parent pauvre du cinéma français, c’est bien le film de genre. Il y’a bien eu quelques tentatives, comme Brocéliande ou Haute Tension, mais ça reste toujours un peu cheap. Mais voici donc La Horde, un film de zombie ultra-classique dans la forme et le fond, si ce n’est sa nationalité. Pas de révolution dans le genre, mais beaucoup d’adrénaline.

Un immeuble, des zombies, des survivants…

Voilà pour le scénario. C’est le même depuis La Nuit des Morts-Vivants de Romero en 1968 et on serait presque déçu s’il en était autrement. Donc, il ne fallait pas s’attendre à quoique ce soit à ce niveau-là… Et ça tombe bien, parce qu’on ne trouvera rien de bien intéressant à ce niveau-là. Mais bon, il faut bien un prétexte à tout ça en attendant la boucherie. Cependant qui va voir ce genre de film pour l’intérêt de l’intrigue ?

A côté du scénario, il y’a aussi des dialogues. La Horde joue plutôt la carte d’un mélange entre film noir et humour. Mais bon, malheureusement, Michel Audiard est mort alors il n’y aura rien non plus d’inoubliable à ce niveau. Enfin, là encore, on n’est pas venu au ciné pour écouter les personnages déblatérer. Bon ils le font malgré tout, mais on n’y prête qu’une oreille distraite en attendant que l’action reparte.

Dans un film, il y’a aussi des acteurs. Mais dans un film de ce genre, rarement de grandes stars. C’est encore le cas ici… Et on comprend pourquoi. Allez soyons pas vaches, les rôles ne se prêtent pas non plus à des performances de premier ordre. Cependant, là aussi on est à la limite du hors-jeu. On notera simplement la réelle personnalité affichée par Claude Perron, étonnante dans un rôle qui change quelque peu de celui qu’elle tenait dans le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

Et la réalisation alors ? Et bien, malheureusement, il faut admettre qu’avec la Horde, Yannick Dahan et Benjamin Rocher n’ont pas vraiment rejoint Sam Raimi ou John Carpenter au rang des maîtres du genre. Sans même parler d’un Tarantino… Mais bon, si artistiquement le film n’a définitivement pas d’intérêt, il a le mérite d’être efficace. Très efficace !

lahordeCar si vous allez voir la Horde, c’est pour voir des gens pourchassés par des hordes (d’où le titre) de zombies et les massacrer en nombre. Et pour ça, le film fait fort, très fort, pour le plus grand bonheur du spectateur qui était venu uniquement pour ça. Ces scènes-là sont d’une rare violence et d’une rare intensité. Le film est très crue, assez gore et l’hémoglobine coule à flots de manière plutôt réaliste. Bref, âmes sensibles s’abstenir car c’est très certainement le film de ce genre le plus dur. Pas le plus spectaculaire, mais justement en privilégiant la violence réaliste sur le délire visuel que peut permettre ce genre de film, il donne un ton plutôt original qui déverse des flots d’adrénalines dans les veines des spectateurs.

Peut-être que certains trouveront que la Horde ne trouve pas son ton, entre la noirceur et l’humour et le second degré. En fait, l’humour est souvent, avouons-le, quelque peu involontaire. Il y’a bien sûr un personnage qui se veut clairement comique, mais il n’est pas non plus la plus grande réussite de ce film. De mon côté, j’ai trouvé que ce mélange des genres rendait de ce film très sympathique et le dote d’une certaine personnalité.

Comme tous les films de genre, La Horde est à réserver aux amateurs du genre justement. Mais pour une production française qui s’aventure sur des chemins inhabituels, elle s’en est quand fort bien sortie en se concentrant sur l’essentiel, même si l’accessoire laisse un peu à désirer.

Fiche technique :
Réalisation : Yannick Dahan et Benjamin Rocher
Scénario : Yannick Dahan, Benjamin Rocher, Arnaud Bordas etStéphane Moïssakis
Directeur du casting : Michaël Laguens
Effets spéciaux : Olivier Afonso
1er assistant réalisateur : Paul-Henri Belin
Choregraphe : Alain Figlarz
Directeur de production : Marie-Laure Merriaux
Directeur de la photographie : Julien Meurice
Costumière : Priscilla Van Sprengel
Chef décorateur : Jérémy Streliski
Superviseur des effets visuels : Olivier Junquet

Casting :
Claude Perron : Aurore
Jean-Pierre Martins : Ouessem
Eriq Ebouaney : Adewale
Aurélien Recoing : Jimenez
Doudou Masta : Bola
Antoine Oppenheim : Tony
Jo Prestia : José

MOTHER : Miss Marple dans un film noir coréen

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motherafficheA la base, je n’avais pas l’intention d’aller voir Mother. Mais, le week-end dernier, lors d’un repas familial pour l’anniversaire de mon frère, on en est venu à parler cinéma… Bon en fait, c’est idiot ce que je dis, vu que l’on parle toujours cinéma et ce, dès l’apéro… Bref, mon père et mon autre frère l’ayant vu, ils ont réussi à me donner envie de faire de même. Du coup, je me suis rendu un mardi soir à l’UGC des Halles, là où il se jouait encore, pour la séance de 22h30… Bref il était le temps de le voir ! Tout cela m’a fait rentrer chez moi à 2h du mat, ce qui a évidemment eu un impact important sur mon état de forme pour le reste de la semaine, et donc ma productivité… Mais est-ce que ce film valait vraiment tous ces efforts consentis ? Et bien maintenons le suspense et réponse après le synopsis.

Do-Joon est ce qu’on appelle un simplet, pour ne pas dire un débile léger. A 28 ans, il vit seul avec sa mère, femme très modeste, avec qui il partage même le lit. Alors quand il est accusé d’un meurtre qu’il n’a visiblement pas commis, cette dernière fera tout pour prouver son innocence.

Pendant une petite demi-heure, je me suis vraiment demandé ce que ma chère famille m’avait envoyé voir. Un film intimiste sur la folie douce ? Un truc bien ennuyeux en tout cas… Et puis peu à peu Mother change complètement de ton pour devenir un film noir, très noir, ce que les premières minutes ne laissent pas du tout deviner. Bon, je sais, j’aurais mieux fait de ne rien vous dire du tout pour vous réserver la même surprise qu’à moi, mais du coup, je ne sais pas ce que j’aurais bien pu raconter sur ce film.

Sur le fond, Mother n’est pas si original dans son genre, surtout pour un cinéma coréen qui nous livre régulièrement des polars très sombres. Ce qui est original c’est la plongée de cette vieille dame, un peu naïve et pas du tout préparée à cela dans une enquête qui devient vite assez glauque. Cela amène un mélange d’humour et de malaise, que l’on retrouve souvent dans le cinéma asiatique, mais qui prend vraiment là une dimension supplémentaire. Car Mother est superbement réalisé par Joon-Ho Bon, qui nous avait déjà surpris avec le fascinant The Host, un film d’horreur lui aussi pas du tout comme les autres. Au-delà de ça, ce film a tout du polar classique avec son enquête, ses fausses pistes, ses rebondissements et son dénouement final inattendu.

motherLa réussite de Mother n’aurait pas été complète sans une performance magistrale de Kim Hye-Ja. Dans ce film, on a l’impression qu’elle passe de la caméra d’Eric Rohmer à celle d’Olivier Marshall avec le même bonheur. Elle est aussi surprenante que le scénario et l’évolution qui lui impose. Une vraie numéro d’actrice pour cette femme 69 ans qui tient là le rôle de sa vie assurément. Et cela valait le coup d’attendre !

Pour finir cette critique, je voudrais juste faire un petit aparté sur l’image des policiers dans les films coréens. Même quand ils sont les héros et qu’ils finissent par arrêter les coupables, ils ont toujours ce côté lunaire, dilettante, pour ne pas dire un peu simplet… Et quand ce n’est pas le héros qu’il l’est, c’est son collègue… Bref, c’était une remarque amusante et je ne connais pas assez bien la société coréenne pour savoir si c’est une coïncidence ou si c’est profondément ancré dans l’imaginaire de ce pays.

Mother confirme que le cinéma coréen est un des plus dynamique et des plus imaginatifs au monde. Il confirme aussi qu’il est maître dans l’art du film noir.

Fiche technique :
Production : Barunson, CJ Entertainment
Réalisation : Bong Joon-ho
Scénario : Bong Joon-ho , Park Wun-kyo
Montage : Moon Sae-Kyoung
Photo : Alex Hong Kyung-Pyo
Distribution : Diaphana Films
Musique : Lee Byeong-woo
Directeur artistique : Ryu Seong-hie
Durée : 130 mn

Casting :
Jin Ku : L ami de Do-Joon
Kim Hye-Ja : la mère
Won Bin : Do-joon
Je Mun : Le lieutenant  

SHERLOCK HOLMES : Elémenta…(désolé, on a déjà changé de plan)

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sherlockholmesafficheLe cinéma et la télévision se sont souvent emparés des mythes de la littérature pour les adapter plus ou moins fidèlement. Mais c’est souvent la version audiovisuelle qui devient la version « officielle » dans l’esprit du public, au détriment de la version littéraire. Ces derniers temps, des réalisateurs ont souhaité se réapproprier des mythes pour les réinventer au cinéma sous une forme plus proche de celle imaginée par les auteurs originaux. Cela a été le cas avec le personnage de James Bond dans Casino Royale. C’est désormais le cas de Sherlock Holmes dans le film du même nom.

Sherlock Holmes et son fidèle acolyte, le Docteur James Watson, ont encore devancé la police londonienne en arrêtant Lord Blackwood, auteur de trois meurtres rituels sur des jeunes filles. La veille de son exécution, il demande à parler une dernière fois au célèbre détective et lui annonce que l’affaire est loin d’être terminée et que d’autres morts allaient bientôt suivre.

La célèbre casquette à carreaux qu’arbore Sherlock Holmes dans l’imagerie habituelle n’est en rien une invention de Conan Doyle. C’est donc sans regret que Guy Ritchie s’est débarrassé de cet accessoire pour refaire du détective un mauvais garçon, bagarreur et abusant des substances illicites. C’est comme cela qu’il est décrit dans les romans originaux, ce qui n’aura pas échapper à tous les fans de la Vie Privée de Sherlock Holmes, le film de Billy Wilder.

Cette version de Sherlock Holmes se veut résolument moderne dans sa réalisation. Trop peut-être. On est trop souvent proche du clip vidéo, chaque plan ne dépassant rarement les 2 secondes. Franchement, c’est parfois un peu pénible, fréquemment superflu et surtout beaucoup trop systématique. Bref, une réalisation qui se veut survitaminée et pleine de punch, mais qui peut surtout provoquer migraines et vomissements. Guy Ritchie a sans doute pensé que cela donnait un style visuelle, ça cache surtout une grande médiocrité artistique.

Mais à côté de ça, le scénario de Sherlock Holmes est quant à lui de très bonne facture. De l’action, du suspense, des rebondissements, du mystère et une certaine complexité qui donne un vrai charme à ce film. Il permet surtout de faire naître deux vrais héros à la personnalité distincte, qui échappé aux pièges d’un trop fort manichéisme. Ce personnage de héros-mauvais garçon n’est pas non plus super original, mais il lui donne une vraie personnalité à la fois attachante et compatible avec une certaine noirceur.

sherlockholmesLe vrai petit plus de Sherlock Holmes, ce sont les moments où sont illustrés les raisonnement du détective. Là encore, rien de révolutionnaire, mais cela donne une identité au visuelle au film et surtout relie le personnage avec sa légende. Ici, le passage du roman au film est parfaitement réalisé. Allez, Guy, fais pas la gueule, j’ai été vache tout à l’heure, tu n’es pas si médiocre que ça.

Je pense que beaucoup d’entres vous, et là je parle aux filles, iront voir ce film pour le duo Robert Downey Jr et Jude Law. Il fonctionne ici à merveille. On pourra seulement regretter que le montage façon clip-vidéo écrase un peu le jeu des acteurs. Si je voulais être méchant, je dirais que c’est triste pour Jude Law, mais peut-être salutaire pour son complice… Mais cet avis n’engage que moi, car sur ce film aucun n’éclipse l’autre.

D’autres s’insurgeront sur le fait que l’intrigue ouvre clairement sur un deuxième épisode. De toute façon, ceux qui connaissent un peu l’univers de Sherlock Holmes n’auront pas trop de doute sur l’indenté de ce mystérieux personnage qui agit dans l’ombre. Mais bon, globalement, ce film est un agréable divertissement et on a plutôt envie d’en reprendre pour un tour. Après, on peut ne pas apprécier de se faire forcer la main, mais bon que voulez-vous, faut bien rentabiliser la franchise…

Sherlock Holmes n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur de la légende artistiquement parlant. Mais bon, il peut vous permettre un bon moment de détente et de cinéma.

Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, Village Roadshow Pictures, Silver Pictures, Wigram Productions
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Guy Ritchie
Scénario : Michael Robert Johnson, Anthony Peckham, Simon Kinberg, d’après les romans de Sir Arthur Conan Doyle
Montage : James Herbert
Photo : Philippe Rousselot
Format : 35mm
Décors : Sarah Greenwood
Son : James Mather
Musique : Hans Zimmer
Effets spéciaux : Chas Jarrett
Durée : 127 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Sherlock Holmes
Jude Law : Docteur Watson
Rachel McAdams : Irene Adler
Mark Strong : Lord Blackwood
Eddie Marsan : Inspecteur Lestrade
Kelly Reilly : Mary Morstan
James Fox : Sir Thomas Rotheram 

LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE : Succulent retour aux sources

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laprincesseetlagrenouilleafficheVous êtes allergiques à la 3D ? Vous avez pleuré les 254 fois où vous avez vu Bambi ou le Roi Lion ? Vous considérez que la fin de Ca Cartoon est la pire saloperie qui soit arrivée à l’humanité depuis la peste noire ? Vous aimez quand ça jazze et quand ça swingue ? Vous aimez avoir peur… mais pas trop ? Et bien, si vous avez répondu oui ne serait-ce qu’à une seule question et bien la Princesse et la Grenouille est fait pour vous !

Tania, jeune serveuse de la Nouvelle-Orléans, ne rêve que d’une chose : accomplir le rêve de son père et ouvrir son propre restaurant. Elle est sur le point d’acheter l’endroit qu’elle convoite depuis longtemps, quand une surenchère de dernière minute est proche de ruiner ses espoirs. C’est à ce moment là qu’elle croise une grenouille qui parle… Visiblement c’est un prince, victime d’un sorcier vaudou, qui reprendra forme humaine si elle l’embrasse. D’abord dégoûtée, elle finit par s’y résoudre. Mais l’effet produit n’est pas celui escompté puisque qu’elle est à son tour transformée en batracien.

La Princesse et la Grenouille a été élu film de l’année 2009 par Time Magazine. Bon si je ne souscris pas tout à fait à ce classement particulièrement élogieux, il est incontestable que ce film constitue à la fois un retour aux racines de Disney, sur la forme et surtout sur la qualité. Si on exclut complètement les productions Pixar et assimilées, ce film est largement le meilleur Disney depuis le Roi Lion. Bref, un retour en force pour un géant qu’on croyait définitivement endormi.

Déjà, Disney s’est enfin rappelé que même les enfants ont le droit de pleurer ou d’avoir peur au cinéma. Cela ne les a jamais traumatisé, bien au contraire. Les contes de fée ont toujours été fait pour apprendre à nos chers têtes blondes ce qu’est la vie d’adulte, et on sait bien qu’elle n’est pas toujours rose tous les jours. Bien évidemment, ne comptez pas sur moi pour en dire plus et vous dévoiler le moindre indice sur ce qui pourrait vous faire pleurer dans La Princesse et la Grenouille.

L’autre grande force de La Princesse et la Grenouille, c’est sa bande-originale, là encore, la meilleure depuis le Roi Lion. Et comme le film se passe à la Nouvelle-Orléans, le jazz est omniprésent. Et pour notre plus grand bonheur, car les titres sont tous de très grandes qualités. Heureusement, car on chante beaucoup dans ce film. Bref, les amateurs de comédie musicale seront autant ravis que les amateurs d’animation à l’ancienne.

laprincesseetlagrenouillePar contre, La Princesse et la Grenouille possède deux caractéristiques qui le distinguent des autres productions Disney. Déjà, et ce pour la première fois de l’histoire de cette noble institution, le personnage principal est…une noire ! Et une afro-américaine en plus, pas un membre d’une tribu exotique. Ca peut paraître anecdotique, mais ça mérite quand même d’être souligné. Le second est l’esprit très cartoon de ce dessin-animé. Disney ne nous avait jamais habitué aux personnages dont le corps se déforme ou s’aplatit après une chute. Et bien c’est le cas dans certains passages de ce film. Mais comme on n’a malheureusement plus trop l’occasion de voir Bip-bip et le Coyotte à la télé, on ne va pas s’en plaindre.

En fait, ce qui est si séduisant dans la Princesse et la Grenouille, c’est son charme, presque désuet. Il fait renaître un style qu’on pensait appartenir à l’histoire. Alors reste à savoir s’il est fait avant tout pour séduire les nostalgiques des Disney de leur enfance et s’il peut avoir le même attrait pour les plus jeunes nourris à la 3D. Mais bon étant nettement à ranger dans la première catégorie, je me fous un peu de connaître la réponse. J’ai trouvé ce film merveilleux un point c’est tout !

La Princesse et la Grenouille est donc un film comme on pensait ne plus en faire. Mais il prouve que c’est parfois dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. De succulentes soupes !

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Ron Clements, John Musker
Scénario : Ron Clements, John Musker, Rob Edwards, Greg Erb, Jazson Oremland
Décors : James Aaron Finch
Musique : Randy Newman
Directeur artistique : Ian Gooding
Durée : 95 mn

Casting :
Bruno Campos : Le Prince Naveen
Anika Noni Rose : Tiana
Jenifer Lewis : Mama Odie
Jim Cummings : Ray
Keith David : Dr Facilier
Oprah Winfrey : Eudora
Michael-Leon Wooldey : Louis

UNE EXECUTION ORDINAIRE : Un film bien ordinaire

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uneexecutionordinaireafficheParfois, le cinéma français se contente de peu. J’ai malheureusement envie de dire souvent, trop souvent. Mais malgré cela, une bonne partie des critiques crient tout de même au génie. C’est exactement mon sentiment avec Une Exécution Ordinaire, dont les qualités sont indéniables, mais qui manque de souffle cinématographique.

En 1952, Anna est une médecin que beaucoup connaissent pour ses qualités de magnétiseur et sa capacité à soulager la douleur. Mais ce genre de pratique est mal vu du pouvoir et elle est à la merci d’une dénonciation. Un jour, la police vient la chercher. Mais la destination est inattendue puisque c’est au Kremlin qu’on l’emmène, à la demande de Staline en personne. Mais un Staline vieillissant, prêt à tout pour échapper aux douleurs qui l’assaillent. Cependant, un secret absolu est exigé et il n’hésitera pas à demander à Anna les plus grands des sacrifices.

Une Exécution Ordinaire est un vrai faux grand rôle. Bien sûr, André Dussolier est plutôt convainquant en Staline et pas uniquement grâce au travail assez fabuleux de maquillage. Mais voilà, l’ambition réelle qui habite Marc Dugain tourne vite à la caricature. Les réflexions qu’il prête à Staline sur sa condition de dictateur sont censés apporter un éclairage nouveau sur ce personnage historique complexe, mais ressemble parfois à des tirades d’un mauvais space-opera. Je sais que certains ne seront pas du tout d’accord, mais personnellement, c’est un peu l’impression que ça m’a donné.

Et puis, le vrai problème de Une Exécution Ordinaire, c’est que le numéro d’acteur de André Dussolier écrase tellement le film qu’il fait passer au second plan l’histoire d’Anna, alors que c’est en principe le cœur de l’histoire. Il faut savoir qu’à l’origine, le film est tiré d’un livre de Marc Dugain lui-même dont cette histoire n’est qu’une des sept parties. Cet ouvrage retrace l’histoire et l’évolution de la Russie de la mort de Staline à nos jours. Cette mise en perspective des évènements est donc totalement absente et cela retire une large partie de l’intérêt de la dimension politique de ce film. Du coup, cette dernière nuit beaucoup plus à l’intrigue principale qu’elle ne l’enrichit.

Un reproche qu’on ne pourra pas faire à une Exécution Ordinaire est d’avoir bâclé le travail de reconstitution. J’ai déjà évoqué le maquillage, mais les costumes et les décors sont eux-aussi remarquables. Mais à côté de ça, Marc Dugain, pour son premier film, manque un petit peu d’imagination derrière la caméra. La sobriété est parfois une vertu, mais ici, elle contribue à l’impression générale que tout est basé sur la prestation d’André Dussolier pour ce qui est de l’aspect artistique. Pourtant, il n’y aurait rien eu de contradictoire avec un travail plus intéressant de mise en scène.

uneexecutionordinaireLe casting aurait pu être également un atout. En dehors d’André Dussolier, Marina Hands livre ici une performance remarquable, même si on peut la trouver un peu timide dans son expression. Les apparitions de Tom Novembre et Denis Podalydès sont également réjouissantes. Par contre, le choix d’Edouard Baer pour interpréter le mari est pour moi une erreur de casting. Malgré tout son talent et une prestation tout en retenue, il n’arrive pas à nous faire croire qu’il est un physicien russe des années 50. Peut-être parce qu’il est encore trop inconsciemment marqué par son registre habituel pour être vraiment crédible dans des rôles plus sérieux.

Un André Dussolier nous livrant un vrai numéro d’acteurs et un contexte tout de même intéressant ne sont malheureusement pas suffisant pour faire de Une Exécution Ordinaire autre chose qu’un film bien ordinaire.

Fiche technique :
Production : F comme film, Studiocanal, France 3 cinéma
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Marc Dugain
Scénario : Marc Dugain d’après son propre livre
Montage : Fabrice Rouaud
Photo : Yves Angelo
Décors : Yves Fournier
Son : Pierre Gamet, Sylvain Malbrant
Durée : 105 mn

Casting :
Marina Hands : Anna
André Dussollier : Staline
Edouard Baer : Vassili
Denis Podalydès : Le concierge
Tom Novembre : Le directeur de l hôpital
Grégory Gadebois : le chef de service 

IN THE AIR : Waouh !

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intheairafficheIl y’a des films dont on sort en disant simplement « wouah ! ». On est trop sous le choc pour dire autre chose. Il y’a cependant plusieurs sortes de « wouah ! ». Il y’a le « wouah ! » que je qualifierais de purement cinématographique, comme après un Slumdog Millionnaire ou un Avatar, des films qui ont su exploiter la quintessence du cinéma, ce mélange d’un scénario, d’images spectaculaires, de son et de musiques. Mais il y’a aussi le « waouh » que je qualifierais d’émotionnel, comme après un Les Noces Rebelles. Quand un film vous touche au plus profond de vous-même. Ce « wouah ! », on peut aussi le pousser après avoir un livre ou une pièce de théatre. Ce « wouah ! », je l’ai poussé à la fin de In The Air.

Ryan Bingham passe plus de 300 jours par ans en déplacement à travers les Etats-Unis. Son métier : annoncer à des employés leur licenciement et donner des conférences sur la nécessité de ne s’attacher à rien ni personne. Il passe plus de temps dans les avions que dans son appartement. C’est là-haut qu’il se sent chez lui. Mais deux femmes vont bousculer son quotidien : Alex, qui mène la même vie que lui, qu’il rencontre dans un hôtel et avec qui il débute une liaison. Natalie, jeune diplômée qui pense pouvoir révolutionner son travail et qu’il emmène avec lui pour lui faire découvrir la réalité de son métier.

Bon, commençons par l’essentiel… George. Comment ça George qui ? Bah George Clooney, quelle question ! Cet acteur, et j’ai envie de dire cet homme, je ne pensais pas qu’on pouvait l’aimer plus que moi avant de voir In the Air. Bah si, en fait, c’est bien possible. Car on peut l’aimer autant que moi après avoir vu ce film. Parce que dire qu’il est génial dans ce rôle de célibataire solitaire résonne presque comme une insulte à l’extraordinaire talent, à la prodigieuse classe dont il fait preuve ici. Bref, il y’a des rôles, comme ça, dans une carrière d’un acteur, qui semblent avoir été écrit exprès pour lui. Un rôle où l’acteur ne joue plus, se contentant d’être. S’il y’en a qui trouvaient que George Clooney, ce n’était au fond qu’une très belle gueule et quelques grimaces, changeront sans aucun doute d’avis en voyant ce film.

Il est rare qu’un film puisse toucher tout le monde. On est forcément, selon son passé, son parcours, plus ou moins prédisposé à s’identifier, à se sentir concerné par une histoire. Si vous vous êtes marié à 23 ans, n’avez connu qu’une seule femme dans votre vie, que vous êtes casé, rangé et que vous trouvez que c’est le comble du bonheur et ne comprenez pas pourquoi ne fait pas comme vous, alors, oui, peut-être, In the Air peut vous laisser indifférent, au mieux vous amuser. Dans le cas contraire, il y’a des chances que vous ressentiez cette impression si rare et si délicieuse que le film que vous regardez a été écrit exprès pour vous, rien que pour vous. Et si vous êtes une femme… Oui bah là, c’est trop compliqué pour moi…

intheairBon maintenant, je demande à tous ceux qui ont l’intention de voir ce film de sortir de ma critique. Parce que lire ce que je vais raconter serait gâcher le plaisir et ça serait vraiment dommage. Presque un crime. Donc voilà… a y’est, tout ceux qui doivent partir sont partis ? C’est bon, je peux recommencer…1…2…3.. C’est parti ! Alors si In the Air est un film si formidable, c’est aussi parce qu’il ne nous emmène pas du tout là où on s’y attend. Sans rien dévoiler, il y’a un moment dans le film où tout est remis en cause, tout change de perspective. C’est amusant parce qu’il y’a un moment dans le film où je me suis demandé si ça n’allait pas finir comme ça. Et puis, je me suis dit « non, ce n’est pas possible » et je n’y ai plus pensé. Evidemment, si vous devinez à l’avance ce qui va se passer, je pense que l’impact du film tout entier ne sera pas le même. Bref, j’en ai déjà assez dit. Retenez simplement que le scénario de ce film est infiniment plus subtil et surprenant que ce que l’on pouvait penser au premier abord… et ce que la première heure nous fait penser.

In the Air est donc un film magnifique, touchant et intelligent. Il est aussi réellement drôle et pourra séduire un large public. Et certains seront même profondément marqués par ces personnages qui ont forcément un peu de chacun d’entre nous.

Fiche technique :
Production : Paramount pictures, Cold Spring Pictures, DW Studios, Rickshaw prod., Montecito Picture company, Right of Way Films
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Jason Reitman
Scénario : Jason Reitman, Sheldon Turner, d’après le roman de Walter Kirn
Montage : Dana E. Glauberman
Photo : Eric Steelberg
Décors : Steve Saklad
Musique : Rolfe Kent
Costumes : Danny Glicker
Durée : 110 mn

Casting :
George Clooney : Ryan Bingham
Vera Farmiga : Alex
Anna Kendrick : Natalie Keener
Jason Bateman : Craig Gregory
Danny McBride : Jim
Melanie Lynskey : Julie Bingham

LES TONTONS FLINGUEURS : Culte national

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lestontonsflingeursafficheUn film comme les Tontons Flingueurs fait partie du patrimoine national au même titre que la Tour Effeil, le Penseur de Rodin ou le Bolero de Ravel. Une œuvre dont la dimension mythique et culte dépasse de loin ses pures qualités cinématographiques. Ce genre chose ne s’explique pas et surtout ne se programme pas. Même si dans le cas de ce film, il est tout de même étroitement associé au nom d’un seul homme. Celui de Michel Audiard.

Fernand Naudin dirige une entreprise de matériel agricole à Montauban. Un de ses amis de retour au Mexique l’appelle à son chevet à Paris. Ce dernier est mourant. Mais c’est aussi un truand à la tête d’une organisation importante. Avant de s’éteindre, il confie ses affaires à Fernand qui avait pourtant raccroché depuis longtemps, à la grande fureur de ses anciens « associés ». Mais Fernand n’hérite pas que d’une organisation criminelle. Il hérite également de l’éducation de la nièce de son ami.

Les Tontons Flingeurs est sûrement le film français pour lequel l’expression « réplique culte » prend le plus son sens. Michel Audiard y tient là le chef d’œuvre de sa carrière, celui qui fait de lui un artiste intemporel dont le nom raisonne encore après sa mort. Allez, faisons nous plaisir avec deux petites pour la route : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » et « Au 4 coins d’Paris qu’on va l’retrouver éparpillé par petits bouts façon puzzle… » Bref, de grands moments de bonheur dont on ne se lasse pas et qu’on peut se répéter encore et encore avec le même plaisir.

Comme beaucoup de grandes œuvres, les Tontons Flingueurs ne connut pas un succès commercial extraordinaire. 450 000 entrées lors de sa sortie en salle, même pour l’époque, c’était un score tout juste honnête. Mais ce film s’est imposé peu à peu comme un monument du cinéma français. Si une qualité d’une œuvre ce juge sur son succès sur la durée, alors ce film mérite bien son titre de chef-d’œuvre.

lestontonsflingeursMais pour que des dialogues soient réellement savoureux, il faut des acteurs pour les dire. Et quels acteurs ! Lino Ventura tout d’abord qui même s’il fera toujours un peu le même rôle pendant toute sa carrière le fit avec tant de talent que chacun de ses apparitions est un régal. Dans un registre comique cette fois-ci, il est pour beaucoup dans le succès intemporel des Tontons Flingueurs. A ses côtés une ribambelle d’acteurs appartenant à la légende du cinéma français : Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre (ah s’il avait pu tourner que dans des films de cet acabit…), Claude Rich en jeune premier (et oui, même les vieux acteurs ont été jeunes) et Robert Dalban. Le formidable Robert Dalban, dont le nom ne dit pas grand chose à la plupart des gens, mais qui apparaît dans 221 films entre 1934 et 1986, faisant de lui LE second (voir même souvent troisième) rôle du cinéma français.

Et puis n’oublions pas que Michel Audiard n’est que le dialoguiste des Tontons Flingueurs. Georges Lautner en est le réalisateur. Un des réalisateurs les plus prolifiques de l’histoire du cinéma français, dont la filmographie comporte d’autres perles : les Barbouzes, le Professionnel, Le Guignolo… Mais jamais il ne retrouvera l’étincelle de génie inexplicable qui s’allume dans les Tontons Flingueurs.

Audiard, Lautner et Ventura, un savant équilibre de talents qui nous offre un film inoubliable que l’on n’est pas prêt d’oublier.

Fiche technique :
Réalisation : Georges Lautner
Scénario : Albert Simonin, d’après son roman Grisbi or not grisbi et Georges Lautner (non crédité)
Dialogues : Michel Audiard
Musique : Michel Magne
Décors : Jean Mandaroux et Jacques d’Ovidio
Photographie : Maurice Fellous
Ingénieurs du son : Antoine Archimbaud et Daniel Brisseau
Montage : Michelle David
Producteurs : Alain Poiré (délégué), Robert Sussfeld et Irénée Leriche
Format : Noir et blanc (Laboratoire GTC) – 1,66:1 – Mono (Le Poste parisien) – 35 mm
Genre : comédie, film de gangsters
Durée : 1h46

Casting :
Lino Ventura : Fernand Naudin
Bernard Blier : Raoul Volfoni
Francis Blanche : Maître Folace, le notaire de Louis « le Mexicain »
Sabine Sinjen : Patricia, la fille de Louis « le Mexicain »
Claude Rich : Antoine Delafoy, le petit ami de Patricia
Robert Dalban : Jean, le majordome
Jean Lefebvre : Paul Volfoni, le frère de Raoul
Horst Frank : Théo
Venantino Venantini : Pascal
Mac Ronay : Bastien (doublé par André Weber)
Charles Régnier : Tomate
Pierre Bertin : Adolphe Amédée Delafoy, le père d’Antoine
Jacques Dumesnil : Louis « le Mexicain »