
Nelson Mandela vient d’être élu Président de l’Afrique du Sud. Mais l’apartheid est encore présent dans toutes les têtes et divisent toujours profondément la nation. En sport aussi. Les blancs jouent au rugby, les noirs au football. Il décide alors de se servir de la prochaine Coupe du Monde de rugby organisée dans son pays pour enfin unir son peuple.
Invictus est largement plus un film politique qu’un film de sport. Seule sa dernière demi-heure nous plonge vraiment au cœur du terrain. Mais quelle demi-heure ! Honnêtement, j’ai retrouvé en regardant ce film les émotions que j’ai pu vivre en étant moi-même sur un terrain. Filmé largement en caméra suggestive, certains plans vous feront vivre ce que c’est de foncer tête baissée vers trois armoires à glace qui n’ont qu’une seule idée, celle de vous plaquer violemment au sol. Et ce de manière totalement volontaire ! Mais non, jouer au rugby n’a rien de masochiste…Enfin ce n’est pas le débat ici.
Le pari n’était pas évident à relever. Déjà parce que filmer un sport n’est pas facile, surtout quand on est un réalisateur qui ignore tout de ce dernier. Les anecdotes d’ailleurs ne manquent pas concernant l’étonnement de Clint Eastwood sur l’absence de protection… Ah les Américains… Bref, évidemment quand c’est un génie comme notre cow-boy préféré qui s’y colle, malgré la difficulté du challenge, la réussite est au rendez-vous. Il réussit même le double exploit de rendre passionnant la finale contre la Nouvelle-Zélande, qui avait été en vrai très ennuyeuse à suivre en dehors de l’enjeu, et surtout de faire de Matt Damon un François Pienaar crédible, malgré une légère différence de gabarit entre l’acteur et son modèle.

Vous l’aurez compris, tout dans Invictus est un peu idéalisé. Ce film cherche à faire passer un message qui va bien au-delà du rugby. C’est d’ailleurs la seule image de Nelson Mandela arrivant sur la pelouse avec le maillot de l’Afrique du Sud que la postérité a retenu. Heureusement, en 1998, tout le monde a oublié Jacques Chirac avec son maillot qui le boudine par dessus sa chemise et sa cravate… mais encore une fois, c’est un autre débat. Ce film nous raconte une moment de légende. Comme toutes les légendes, la vérité est forcément un peu déformée et enjolivée. Mais qu’importe si l’histoire est belle et si le message est fort.
Invictus n’est sans doute pas le Clint Eastwood le plus inoubliable, mais c’est un vrai moment beau moment de cinéma… et d’espoir !
Fiche technique :
Production : Spyglass Ent., Revelations Ent., Mace Neufeld, Malpaso
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : Anthony Peckham, d’après le livre de John Carlin
Montage : Joel Cpx Gary D. Roach
Photo : Tom Stern
Décors : James J. Murakami
Musique : Kyle Eastwood, Michael Stevens
Costumes : Deborah Cooper
Durée : 132 mn
Casting :
Morgan Freeman : Nelson Mandela
Matt Damon : François Pienaar
Tony Kgoroge : Jason Tshabalala
Patrick Mofokeng : Linga Moonsamy
Matt Stern : Hendrick Booyens

Mais s’il y’a une chose sur laquelle tout le monde peut s’accorder, c’est que Lost In Translation est un film éblouissant dans sa forme. Le fond peut toucher ou pas, mais la manière dont il est mis en scène est quant à elle splendide. L’ennui n’a jamais été aussi sublime, j’ai envie de dire. La photographie, la musique, le montage, tout concorde pour faire de ce film un moment de grâce esthétique absolue. Les personnages n’ont pas besoin d’exprimer leurs sentiments, ni même de les faire passer par des mimiques théâtrales, car leurs états d’âmes flottent littéralement dans l’air que Sofia Coppola nous fait respirer. 
Si Gainsbourg : Vie héroïque se définit comme un conte, c’est parce qu’il essaye de traiter les faits de manière poétique. Gainsbourg est hanté par un personnage, sa gueule, qui est une sorte de conscience à l’envers. Non pas qu’elle le pousse forcément vers le vice, mais le pousse à assumer tout ce qu’il est. Son physique d’abord, mais aussi ses envies, ses pulsions, et évidemment son talent. Comme si la création était forcément liée à sa propre auto-destruction. Les dialogues entre les deux entités constituent le cœur de ce film, qui n’est pas donc pas un biopic qui cherche à reconstituer fidèlement la réalité.
Tout cela est regrettable car on retrouve malgré tout ce qui fait le génie des frères Coen dans A Serious Man. La même ambiance quasi fantastique alors qu’ils mettent en scène des éléments très terre à terre, la même imagination visuelle et les mêmes personnages hauts en couleurs, parfois attachants, parfois inquiétants. Bref, ce film porte leur patte… l’intérêt en moins. Quand on est fan, on est donc particulièrement frustré ! Il y’avait moyen de faire de A Serious Man un excellent film, il aurait juste fallu penser à le doter d’une intrigue. Parfois, ça peut servir…
Bon revenons plus largement à Où sont passés les Morgan ? Le thème du choc des cultures ville-campagne est archi-classique, pour ne pas dire archi-éculé. Quelque part, Avatar, est dans la même veine. Mais bon, ce film a tout de même le bon goût de ne pas faire de jugement sur l’un et sur l’autre des modes de vie et de ne pas nous livrer un « vivre au milieu de nul part, c’est mieux, c’est plus sain et les gens y sont plus sympas ! ». Non, rien de moralisateur ici et c’est sans doute la grande force de ce film, qui aurait été sinon totalement insupportable. Après, le ressort comique, un peu usé donc, est correctement exploité, mais avec rien de nouveau, ni de tout à fait génial.
Dans ce genre de film, tout se joue dans la sympathie que peuvent nous inspirer les personnages. Pour cela, City Island a tout bon et on a presque envie de faire partie de la famille Rizzo, qui, malgré ses faiblesses toutes humaines, est composée de personnages attachants. Bien sûr, les repas de famille sont quelque peu animés, surtout au début du film, mais c’est souvent mieux que de ne rien se dire du tout. L’autre qualité indispensable pour une comédie est le sens du rythme. Et ce film n’en manque pas, ne laissant jamais au spectateur le temps de s’ennuyer. Tout s’enchaîne, non avec frénésie, mais avec assez de peps pour nous entraîner avec un certain enthousiasme.
Mais alors, avec tout ça, comment Bright Star n’a-t-il pas réussi à déchaîner mon enthousiasme ? Et bien, malgré toutes ses qualités de forme, il souffre d’un immense défaut : une histoire comme celle-là devrait sans peine arracher des torrents de larmes au spectateur. Malheureusement, au final, si on a une très légère envie de sangloter, on garde tout le temps une certaine réserve face à ce film peut-être trop impersonnel à force d’être parfait. L’émotion est bien là, mais trop pure pour toucher vraiment. Trop d’émotion tue l’émotion. 
Esther fonctionne donc avec des ressorts tout ce qu’il y’a de plus usés. Mais voilà, cela n’empêche pas du tout une seule seconde le film de fonctionner à la perfection. On a beau faire le fier, on tremble et on sursaute comme tout le monde ! Car Esther est réalisé avec beaucoup plus de moyens et de talents que les séries B habituelles du genre. Et ceci à tous les niveaux : réalisation, photographie, casting… Ceci combiné à de l’intelligence, du rythme et de densité, on assiste donc à un film de genre certes, mais d’excellente facture !
Si on doit faire un petit reproche à Agora, c’est sans doute les effets de caméras parfois superflus utilisés par Amenabar. Certes, cela donne une vraie personnalité visuelle au film, mais cela ressemble parfois à un jeune réalisateur débordant d’enthousiasme, faisant mumuse avec sa caméra. Le réalisateur espagnol a depuis longtemps dépassé ce stade, alors on aurait pu attendre de lui un peu plus de maîtrise. Mais bon, il s’agit là vraiment d’une critique de forme et ça n’enlève pas une once du plaisir que l’on a à regarder ce film. 
…si ce n’est que ce procédé implique que les scènes s’étirent en longueur. En effet, le temps de Une Femme sous Influence n’est pas celui d’une narration classique, avec son montage, ses raccourcis, ses ellipses. Ici, on est face à un temps du réel, du quotidien, de la vraie vie vraie, aussi extraordinaire soit-elle. Et parfois, si ce n’est souvent, on s’ennuie. L’absence d’une trame narrative forte tend à faire s’égarer l’attention du spectateur, qui a déjà tendance à vouloir s’échapper du malaise que ce film provoque. C’est sans doute le prix à payer pour atteindre cette fantastique impression de réalisme, sans beaucoup d’équivalent. Mais un prix lourd à payer.
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