Etant seul et abandonné ce samedi soir dernier et ayant commencé ma préparation mentale pour la reprise du boulot de lundi matin qui s’annonce rude, j’ai décidé de me faire un petit plaisir en solitaire… Et là, j’entends déjà glousser tous ceux d’entre vous qui ont l’esprit mal placé ! Non, je me suis simplement regardé Borat en DVD, ce qui vous largement… enfin bref…
Borat est un journaliste vedette de la télévision du Kazakhstan, pays fier de ses valeurs : le viol, le lâcher de juif, la cruauté envers les attardés mentaux… Tout cela en fait un pays merveilleux, mais qui doit pouvoir encore s’améliorer. Le gouvernement l’envoie donc faire un reportage aux Etats-Unis pour découvrir ce qui fait la force de ce grand pays…
Attention, si vous n’appréciez pas le second…que dis-je, le vingt-huitième degré, passez immédiatement votre chemin, Borat n’est pas pour vous ! Il est d’ailleurs amusant de voir la réaction du gouvernement kazakhe, le vrai, à la sortie de ce film. Il fut tout d’abord outragé par l’image caricaturale (et encore le mot est faible) que ce film donne de ce pays, avant de s’apercevoir qu’il engendrait plutôt une vague d’intérêt et de sympathie envers leur pays. Ils ont alors décrété qu’il s’agissait bien d’humour…
Car Borat ne cherche en rien à se moquer du Kazakhstan qui ne sert ici que de prétexte. Non, c’est l’Amérique qui en prend un sacré coup ! En créant un choc des cultures complètement artificiel, il met en lumière les pires aspects de la société américaine. Quand il se rend chez un marchand d’armes pour lui demander quel pistolet serait le mieux pour se défendre contre un juif, ou à un vendeur de voitures quelle serait la meilleure pour écraser des gitans, aucun des deux ne se paraît choqué et ils répondent avec l’argumentaire nécessaire pour conclure la vente…
…Après reste la question de savoir s’il s’agit de complices ou bien de vraies situations provoquées. Il semblerait que la scène du rodéo, où il massacre l’hymne américain devant un public texan qui venait de l’acclamer deux minutes auparavant quand il souhaitait que l’Amérique raye l’Irak de la carte, soit vraiment tourné devant un vrai public incrédule (et inquiétant de beaufitude soit-dit en passant). Le lâcher de poule dans le métro new-yorkais ou son intervention sur une télé locale l’ont dans doute été également. Pour d’autres, la présence de la caméra qui le précède et certaines répliques qui tombent trop bien peuvent paraître suspectes…
Mais bon, il faut vraiment faire abstraction de toute ça. Borat est un vrai-faux reportage et si on se donne un tout petit peu la peine d’y croire, il devient surtout un moment de cinéma absolument hilarant (de la Baltique bien sûr !) Sacha Baron Cohen rentre tellement dans la peau de son personnage que l’on oublie bien vite qu’il s’agit d’un acteur et d’un rôle. C’est une métamorphose et personne parmi ceux qu’il croise ne peut s’imaginer un seul instant qu’il s’agit bien d’un acteur à l’accent aussi artificiel qu’hilarant.
Borat est le film culte par excellence. Décalé, provocateur, allant au bout de ses idées, ce film est surtout l’occasion d’immenses éclats de rire…
Fiche technique : Production : Four by Two Distribution : 20th Century Fox Réalisation : Larry Charles Scénario : Sacha Baron Cohen, Antohony Hines, Peter Baynham, Dan Mazer, d’après le personnage créé par Sacha Baron Cohen Montage : Peter Teschner, James Thomas Photo : Anthony Hardwick, Luke Geissbühler Durée : 90 mn
Puisque nous sommes désormais en 2010, j’ai pu m’amuser à faire mon classement des 10 meilleurs films de l’année 2009. N’étant pas comme Télérama, je ne l’ai fait pas fait au mois de décembre, puisque Noël est toujours l’occasion de grosses sorties, avec en tête cette année Avatar.
J’ai donc listé tous les films à qui j’avais mis la note maximale sur Ciao cette année. J’ai pris les dix premiers, mais ça me brisait le cœur de ne pas citer les suivants, j’ai donc fait un top 15… mais il en manquait encore et comme j’aime les bons films comme mes enfants (ok, je dis ça parce que je n’en ai pas encore…), je n’ai pas voulu en oublier un seul. Vous retrouvez donc ci-après la liste de mes 28 films 5 étoiles de l’année 2009.
Je donnerai une mention spéciale à deux scènes : le premier quart d’heure de Là-haut et le dernier du Concert, les deux plus beaux moments de cinéma qui m’est été donné de voir en 2009.
Pour les acteurs, je donnerais le prix d’interprétation masculine à Christoph Walz pour son rôle dans Inglorious Basterds et le prix d’interprétation féminine pour Kate Winslet, dans les Noces Rebelles. J’accorde également une mention spéciale à Mickey Rourke pour son rôle dans The Wrestler et évidemment à la bande-son de Good Morning England.
Tous les papas et les mamans qui ont emmené leurs chers têtes blondes (ou brunes ou rousses, ne soyons pas racistes) voir le Drôle de Noël de Scrooge en pensant voir un conte de Noël pour enfants, se sont trompés de salle. Il fallait aller dans la salle d’à côté voir Max et les Maximonstres ! Mais il n’est pas encore trop tard pour bien faire !
A la suite d’une dispute avec sa mère, Max s’enfuit de la maison. Il trouve une barque au bord d’une rivière et se retrouve vite au pleine mer. Il finit par accoster sur une île où vivent d’étranges créatures. Ces dernières proclament rapidement Max comme leur roi, après qu’il leur ait expliqué qu’il possédait de puissants pouvoirs. Mais qu’arrivera-t-il s’ils s’aperçoivent qu’il n’est en fait qu’une jeune garçon d’une dizaine d’années ?
Max et les Maximonstres est à la fois très moderne et tout à fait classique. Classique dans le fond, qui n’est guère différent des contes les plus anciens. On y retrouve le thème de l’enfant, de sa soif de découverte, de reconnaissance et d’émancipation qui va le pousser à se croire capable d’être déjà autonome. Evidemment, tout finira dans la reconstitution de la cellule familiale, après que l’enfant ait échappé aux pires dangers de mort.
Par contre, la forme est ici tout à fait contemporaine. Pas de princesse, de château, mais une famille américaine moyenne, monoparentale et vivant dans un maison en banlieue. Max est un petit garçon d’aujourd’hui, auquel tous les petits garçons d’aujourd’hui peuvent aisément s’identifier. Il inspirera également la sympathie des adultes par son air à la fois espiègle et fragile. Pas l’enfant idéal, et encore moins idéalisé, mais le fils que l’on pourrait tous avoir.
Après évidemment, on a le droit de trouver ça un rien cucul. Il est vrai que si le film recèle quelques moments plus sombres et inquiétants (mais vraiment rien de bien méchant), il se termine tout de même avec une bonne dose de bons sentiments. Heureusement, Max et les Maximonstres ne donne pas non plus dans l’hyper sirupeux et si tout se termine bien, il n’y a aucune envolée lyrique et bien lourde. Un regard et une embrassade suffisent pour symboliser la réconciliation et l’affection. Bref, un film familial, vraiment tout public, sans qu’il donne envie de se caler deux doigts au fond de la gorge.
Si le jeune Max Records est parfait dans son rôle, Max et les Maximonstres se distingue par un casting de voix de haut niveau, avec notamment Forest Whitaker. Les amateurs de séries reconnaîtront également avec joie la voix de James Gandolfini, alias Tony Soprano, et celle de Lauren Ambrose, alias Claire Fischer de Six Feet Under… Bon j’avoue pour elle, j’ai passé tout le film a me dire que je connaissais cette voix, sans pouvoir l’identifier, avant que Allocine ne me sauve la vie.
Max et les Maximonstres est donc le film où emmener ses enfants ce Noël… auxquels on pourra offrir le DVD à Noël prochain.
Fiche technique : Production : Legendary Pictures, Village Roadshow, Playtone / Wild Things, Warner Brox Distribution : Warner Bros. Pictures France Réalisation : Spike Jonze Scénario : Spike Jonze, Dave Eggers, d’après le livre de M. Sendak Montage : Eric Zumbrunnen, James Haygood Photo : Lance Acord Décors : K.K.Barrett Musique : Karen O, Carter Burwell Costumes : Casey Storm Durée : 100 mn
Casting : Max Records : Max Catherine Keener : la mère Mark Ruffalo : Le petit ami James Gandolfini : Carol Paul Dano : Alexander Catherine O Hara : Judith Forest Whitaker : Ira Lauren Ambrose : KW
2009 avait commencé avec un film sur la musique débordant d’une formidable énergie, Radio Rock, elle se termine par un film aux accents beaucoup plus graves, les Chats Persans. Mais les deux ont cherché à nous transmettre la force de la musique comme vecteur de libération et d’émancipation. Et, comme son prédécesseur, les Chats Persans est également une vraie réussite cinématographique.
Negar et Ashkan forment un groupe d’indie rock de Téhéran. Mais sans autorisation par le pouvoir en place, ils ne peuvent donner de concerts, ni même répéter, si ce n’est clandestinement. Ils rêvent d’obtenir le passeport et le visa qui leur permettront de partir à l’étranger pour pouvoir enfin jouer librement la musique qu’ils aiment.
Il y’a bien des raisons pour aimer les Chats Persans. Pour la musique tout d’abord. Le film comporte de longs extraits musicaux, offrant un espace d’expression à une musique, pop ou underground, on l’appelle comme on veut, totalement étouffée en Iran. D’ailleurs, le film est avant tout un témoignage musical, autant qu’une intrigue. Cette dernière est plus un fil rouge, même si elle connaît un dénouement très intense en émotion.
Un témoignage, mais aussi un voyage musical. Les Chats Persans nous fait découvrir l’Iran au quotidien et surtout ses habitants. Ce n’est pas ici quelques images jetées au JT, mais une vraie plongée au cœur d’une société qui nous ressemble tellement plus que l’on ne le croit. On n’en avait déjà eu un aperçu avec le magnifique Persepolis. Ici la vision est plus contemporaine, moins historique, mais le dépaysement et l’immersion sont totaux.
Enfin, les Chats Persans touchera tous ceux sensibles à la cause iranienne, et plus largement au combat de tout ceux qui luttent pour ce qui nous semble la liberté la plus élémentaire. Il faut aussi garder à l’esprit que les galères vécues par les protagonistes sont extrêmement proches de celles subies par Bahman Ghobadi. Tourné en 17 jours à Téhéran, sans autorisation, ce film ne sera évidemment jamais distribué en Iran, si ce n’est au marché noir. Il a même valu à son réalisateur une dizaine de jours de prison à son retour de Cannes. La réalité décrite par ce film est donc bien celle vécue par les artistes iraniens au quotidien. Certains passages paraîtront absurdes, mais nous montrent à quel point le système répressif est enfermé dans sa propre absurdité.
Bien sûr, tourné avec peu de moyens, Les Chats Persans n’est pas un grand film. Mais que ce soit pour la musique, le voyage ou le message, on a tous une bonne raison pour aller le voir !
Fiche technique : Production : Mij Film Réalisation : Bahman Ghobadi Scénario : Bahman Ghobadi, Roxana Saberi, Hossein M. Abkenar Montage : Hayedeh Safiyari Photo : Turaj Aslani Distribution : Mars distribution Son : Nezamdin Kiaie Durée : 101 mn
Francis Ford Coppola nous avait offert la dernière fois un Homme sans Age qui avait profondément divisé la planète cinéma. Il revient avec Tetro qui ne manquera pas non plus de faire débat. Il nous livre un nouveau film personnel et intimiste, comme ceux du début de sa carrière et avant qu’il ne devienne le réalisateur du Parrain. Heureusement, ce coup-ci, son film est doté d’un scénario compréhensible et digne d’intérêt. Reste ensuite la manière, à la fois magnifique et déroutante.
Bennie débarque à Bueno Aires pour retrouver son frère qui a rompu tout lien avec sa famille depuis plusieurs années déjà. Mais les retrouvailles sont beaucoup moins chaleureuses qu’espérées. Bennie cherche des réponses aux mystères qui pèsent sur le passé de sa famille, mais Tetro, son frère, n’a aucunement l’intention de lui ouvrir son cœur et ses souvenirs.
Tetro vient s’ajouter à la longue liste des films sur la famille qui vous fait aimer la vôtre. C’est un film sur la figure du père, parfois destructrice, et la rivalité au sein de la fratrie. Le film commence dans les non-dits avant que chacun des personnages ne se dévoile peu à peu. Le tableau familial se dessine pièce à pièce, avant que la dernière ne donne un tout autre sens à l’ensemble.
Le tout est filmé dans un noir et blanc absolument fabuleux. Le travail de photographie est ici sublime, donnant à cette histoire un aspect « hors du temps » qui ne fait qu’en renforcer la portée universelle. Tetro est littéralement beau à regarder. Le jeu des acteurs est sublimé par les jeux de lumières qui valent bien tous les effets de caméra. On sent ici la patte du très grand cinéaste qu’est Francis Ford Coppola.
Mais à côté de ça, le rythme donné à la narration laisse circonspect. Ce n’est pas vraiment que l’on s’ennuie devant Tetro, mais on n’a quelque fois envie de sortir pour pousser et aider le train à aller plus vite (spéciale dédicace au RER C, même quand il n’y a pas d’accident). On a parfois l’impression qu’à force d’avoir travaillé l’esthétique, Coppola en oublie un peu de faire avancer l’histoire. C’est dommage, car à force de diluer le propos, il perd en impact et en force.
De Tetro, on retiendra également la performance éblouissante de Vincent Gallo, pourtant plutôt habitué aux petites rôles ou aux série B. Il prouve encore une fois la formidable richesse du cinéma américain, mais aussi les talents de direction de Francis Ford Coppola qui n’a plus rien à prouver dans ce domaine depuis longtemps. En face de lui, le jeune Alden Ehrenreich, qui tient là son premier grand rôle, est plus palot, mais c’est aussi le personnage qui veut ça.
Tetro est donc un film que seul un très grand cinéaste aurait pu réaliser. Mais il laisse tout de même un rien sur sa faim. Trop proche de l’exercice de style, il lui manque ce supplément d’âme qui propulserait le spectateur réellement au cœur de l’histoire. Malheureusement, il reste un peu trop comme un visiteur de musée devant un tableau.
Un tableau magnifique certes, mais un tableau, pas un film…
Fiche technique : Production : Americain Zoetrope, BIM, INCAAn Rornasol, Zoetropa Réalisation : Francis Ford Coppola Scénario : Francis Ford Coppola Montage : Walter Murch Photo : Mihai Malaimare Jr. Décors : Paulina López Meyer Distribution : Memento films Son : Vicente d’Elia Musique : Osvaldo Golijov Costumes: Cecilia Montiel Durée : 127 mn
Casting : Alden Ehrenreich : Bennie Maribel Verdu : Miranda Vincent Gallo : Tetro Klaus Maria Brandauer : Carlo Carmen Maura : Alone
Le mythe de Robin des Bois est profondément ancré dans nos imaginations. On n’a tous envie de croire que le petit peut triompher de l’injustice imposée par les puissants. Evidemment, dans la vraie vie vraie, cela est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Et dans la Très Très Grande Entreprise ? Je ne vous le dévoilerai évidemment pas, ne voulant pas gâcher le suspense.
4 victimes d’une pollution industrielle décident de ne pas se contenter des 12 000 euros de dommages et intérêts accordés par le tribunal et de se pourvoir en appel. Mais pour cela, ils ont besoin d’un élément nouveau à ajouter au dossier. Ils décident alors d’aller récupérer des documents au siège même de la multinationale fautive, à la Défense. Pour cela, il vont s’y faire embaucher.
Lors de sa sortie, la bande-annonce m’avait donné très envie d’aller voir ce film. Mais comme souvent, il donnait une image très élogieuse puisqu’on y retrouvait l’ensemble des répliques vraiment drôles. Cependant, le résultat reste tout de même plutôt bon. Un vrai divertissement sympathique et intelligent qui se laisse regarder avec plaisir.
On n’est bien plus proche dans la Très Très Grande Entreprise de la parodie de film d’espionnage ou de braquage que du film social à la Ken Loach. Il n’y a ici ni revendication, ni réel message politique. Tout ceci n’est qu’un prétexte à une série de péripéties et de situations, où les personnages doivent faire preuve de leur imagination pour arriver à leur fin. Une sorte de Prison Break ou de Mission Impossible, mais réalisés par des amateurs. Bref, on s’amuse et c’est tout. Mais c’est déjà pas mal.
Le quatuor de personnages est évidemment aussi contrasté qu’il se doit : un arabe, un homosexuel, une geek et…une fille. Il faut bien une touche de charme ! Et quand le charme est incarnée par Marie Gillain, il est on ne peut plus charmant ! Mais Roschdy Zem et Jean-Paul Rouve ne sont pas en reste, peut-être pas avec un physique aussi gracieux, mais avec tout leur talent d’acteur, ce qui n’est pas peu dire. Et comme dans toute comédie, l’énergie des acteurs est capitale à la réussite du film. Et ces derniers s’amusent visiblement dans leur rôle, s’y sentent bien et transmettent ces ondes positives au spectateur.
On pourrait donc reprocher à Pierre Jolivet le manque de fond et le caractère un peu caricatural des personnages. Mais il a choisi la légèreté et la comédie. Comme le résultat est plutôt bon, il serait injuste de le lui reprocher. Après, il n’est pas certain qu’il ait exploité ses bonnes idées au maximum. Que le film soit un peu en dessous de ce que promettait la bande-annonce montre bien qu’il manque ce rien de densité qui font les très bons films, aussi légers soient-ils.
La Très Très Grande Entreprise est donc parfait pour un soir d’hiver ou pluvieux. Rien d’inoubliable, mais un bon moment assuré.
Fiche technique : Production : Charles Gassot, France 2 Cinéma Distribution : Pathé Réalisation : Pierre Jolivet Scénario : Pierre Jolivet, Simon Michaël Montage : Yves deschamps, Charlotte Theillard Photo : Pascal Ridao Décors : Denis Renault Son : Pierre Excoffier Musique : Manu Katche Durée : 102 mn
Casting : Roschdy Zem : Zak Marie Gillain : Mélanie Jean-Paul Rouve : Denis Adrien Jolivet : Kevin Arlette Thomas : Mme de Marthod Nicolas Marie : Maître Dessax
Comme la plupart des gens, je n’aime pas me faire prendre pour un con. J’en veux donc beaucoup à Eric…euh pardon Luc Besson de m’avoir pris comme tel. Arthur et la Vengeance de Maltazard est sans doute la plus grande arnaque cinématographique du siècle. Je sais, notre siècle n’a qu’une petite décennie, mais tout de même. Cela n’enlève rien à la colère qui m’étreint.
Arthur va enfin revoir la princesse Selenia, responsable de ses premières poussées d’hormones. Ce soir, c’est la 10ème lune et il va enfin pouvoir rejoindre le monde des Minimoys le temps d’une nuit, le temps d’un banquet en son honneur. Mais voilà, catastrophe, son père décide que la petite famille allait quitter la maison de son grand-père avec un jour d’avance.
Bon, vu comment Luc Besson se moque du spectateur avec Arthur et la Vengeance de Maltazard, je ne vais pas me fouler non plus et vous livrer une critique dont la longueur sera proportionnelle à l’intérêt de ce film…. En fait, non car c’est déjà trop tard ! J’ai déjà beaucoup trop écrit. En fait, dans ce film, il ne se passe rien ou si peu. Il s’agit là d’une bande-annonce, que dis-je un teaser pour… le troisième volet qui va très vite suivre.
On serait dans le cadre d’une série télévisée, pour un premier épisode, on se dirait que ça met l’eau à la bouche. Sauf que là, certains spectateurs auront payé près de dix euros pour eux-mêmes et chacune des têtes blondes qui les accompagnent pour ça ! C’est du vol, une pure arnaque !
Après, on peut simplement signaler que les parties « animation » du film sont superbement réalisées, que les personnages sont toujours éminemment sympathiques. Bref, tous ceux qui ont apprécié le premier volet aurait vraiment pu être ravi de retrouver cet univers qui les avait réellement enchantés. Mais à la place, c’est un goût amer et un portefeuille un peu plus léger qui les attend.
Allez, j’en ai déjà trop dit. Si vous aussi vous aimez vraiment Arthur, passez directement au dernier épisode, vous n’aurez rien raté, ou si peu…
Fiche technique : Production : Luc Besson Distribution : Europa Corp Réalisation : Luc Besson Scénario : Luc Besson Photo : Thierry Arbogast Décors : Hughes Tissandier Son : Martin Boissau Musique : Eric Serra Effets spéciaux : Pierre Buffin Durée : 94 mn
Casting : Freddie Highmore : Arthur Mia Farrow : la grand-mère Ronald Crawford : le grand-père Robert Stanton : le père Penny Balfour : la mère
A Christmas Carol de Charles Dickens est un grand classique de la littérature anglo-saxonne. J’ai eu l’occasion de le lire en anglais, il y’a quelques années, et j’avais vraiment été surpris par le ton du livre, beaucoup plus sombre et inquiétant que ce que j’avais pu imaginer. J’avais toujours eu l’image d’une histoire moralisatrice et cucul… Peut-être parce que la seule adaptation au cinéma que je lui connaissais était Noël chez les Muppets. Avec le Drôle Noël de Scrooge, j’ai vécu exactement la même surprise. La même très bonne surprise.
Ebezener Scrooge est le plus avare et le plus acariâtre des marchands de Londres. Même la mort de son associé de toujours ne l’émeut pas une seconde. Quand arrive Noël, rien ne l’exaspère plus que la joie que ce moment de l’année procure à tous ceux qui l’entourent. Même son neveu n’arrive pas à lui arracher un mot sympathique. Mais cette nuit de Noël, une expérience va le conduire à affronter son passé, son présent et son futur…
Le Drôle Noël de Scrooge aurait vraiment pu s’appeler un Conte de Noël, comme l’œuvre originale tant elle lui est fidèle. La plupart des dialogues sont repris à la virgule près du livre de Dickens. Une grande œuvre se respecte et le moins que l’on puisse dire c’est que Robert Zemeckis ne s’est pas permis la moindre trahison. Mais une telle œuvre doit se traiter ainsi !
Comme je l’ai évoqué, le Drôle de Noël de Scrooge n’est pas du tout ce que l’on pourrait attendre d’une production Disney sortie spécialement pour la trêve des confiseurs. Ce film peut être fortement déconseillé aux très jeunes enfants qui risquent d’être choqués par la noirceur de certains passages. Scrooge affrontera sans détour l’image de sa propre mort et ce passage mettra mal à l’aise le plus endurci des adultes.
Mais c’est d’ailleurs pour cela que le Drôle Noël de Scrooge fonctionne aussi bien. Un propos trop infantile n’aurait pas été crédible car on n’aurait pas pu imaginer qu’il ait le moindre impact sur un homme comme ce vieil homme que la vie a usé et enfermé dans la solitude et l’hostilité. D’ailleurs, on pourra classer ce rôle de Jim Carrey parmi ses rôles sérieux et non drôles et grimaçants. Et si les quatre rôles qu’il interprète lui permettent de faire étalage de toutes les facettes de son talent, jamais il ne tombe dans le cabotinage incontrôlé dans lequel il a si souvent sombré. Correctement dirigé, il prouve qu’il peut être réellement un merveilleux acteur.
Visuellement, on peut mesurer les progrès du principe du « motion capture ». L’animation est beaucoup plus fluide et naturelle que dans un Beowulf par exemple. Le film ne cherche jamais à masquer sa nature de film d’animation (comme dans un Final Fantasy par exemple) mais exploite complètement les possibilités offertes par ce type de réalisation. Enfin, quoique depuis Avatar, on se demande s’il existe encore des limites au cinéma classique. Le résultat est esthétiquement très réussi et les personnages sont réellement aussi expressifs que leurs homologues réels. Le travail sur les lumières et les décors est également époustouflant. Bref, du grand art !
Le Drôle de Noël de Scrooge n’a donc de drôle que le nom. C’est au contraire un film beaucoup plus adulte que ce que la promo semble annoncer. Un film très réussi surtout !
Fiche technique : Production : Imagemovers, Walt Disney Pictures Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France Réalisation : Robert Zemeckis Scénario : Robert Zemeckis Montage : Jeremiah O’Driscoll Photo : Robert presley Décors : Doug Chiang Musique : Alan Silvestri Durée : 100 mn
Casting : Robin Wright Penn : (voix) Belle, Fan Bob Hoskins : (voix) Monsieur Fezziwig Jim Carrey : (voix) Scrooge, l Esprit des Noëls passés, l Esprit du Noël présent, l Esprit des Noëls à venir Gary Oldman : (voix) Cratchit, Petit Tim, le Fantôme de Marley Colin Firth : (voix) Fred
Avant de commencer, une petit précision : j’ai vu ce film en 2D. Il est possible que j’aille le revoir en 3D, mais je ne pense pas que cela modifie en profondeur cette critique.
Etre le réalisateur du film le plus vu sur grand écran de l’histoire, cela vous pose un homme. James Cameron est celui-là et appartient ainsi à jamais à la légende d’Hollywood. En fait, on peut presque dire qu’il est Hollywood. Il est de bon ton pour certains de cracher sur ce cinéma, mais il reste celui qui fait rêver le monde et conduit tant d’hommes à aimer passionnément le cinéma. En plus, James Cameron prend son temps entre deux films, un temps proportionnel à l’ambition qu’il place dans ces projets. Une ambition immense. Avatar est dans la lignée du reste de son œuvre. Pour le meilleur et le un peu moins bon.
L’humanité a débarqué il y’a quelques années sur la planète Pandora pour en exploiter le sous-sol. Mais cette dernière est habitée par les Na’vi, qui vivent en symbiose avec la forêt qui les entoure. Si les premiers temps les relations furent pacifiques, la tension monte peu à peu entre les deux peuples. Pour faciliter le contact, les humains ont crée les « avatars », des corps de Na’vi que des humains peuvent contrôler à distance. Jake Sully, marine tétraplégique, part pour la planète Pandora pour devenir un des pilotes d’avatar.
Vous pensiez en avoir déjà eu plein les yeux au cinéma et bien sachez que cela pouvait aller encore plus loin. Avatar en est la preuve ! Visuellement extraordinaire et incroyablement spectaculaire, ce film semble être l’aboutissement de la montée en puissance du numérique qui a définitivement libéré l’imagination des réalisateurs de toute contrainte. Il n’y a plus de limite à l’imagination et au rêve et le résultat est criant de vérité. La frontière entre le cinéma d’animation et le cinéma classique semble désormais totalement aboli et on en peu plus différencier le faux du vrai.
Pandora est un monde incroyablement coloré. Les Na’vi ont la peau d’un bleu vif. Il y’a encore quelques années tout cela aurait paru artificiel. Dans Avatar, on plonge vraiment dans un monde imaginaire dont on peut s’imprégner totalement. C’est un vrai voyage, sans doute la première fois qu’un film est réellement dépaysant. Après, bien sûr, on peut trouver toutes ces couleurs vives un rien agressives, voire carrément laides. Mais une laideur criante de vérité…
Avatar est donc visuellement non pas révolutionnaire, mais l’aboutissement d’un mouvement initié par George Lucas avec la Guerre des Etoiles, où les réalisateurs ont cherché à se débarrasser de toutes les entraves à leur imagination. Mais maintenant que cela semble acquis, reste à mettre en scène des histoires qui en valent le coup. Et là, James Cameron touche ses propres limites.
Aliens, Abbyss, Terminator 2, Titanic, autant de films cultes et de cartons au box-office. Avatar est bien parti pour accéder au même rang que ces prédécesseurs. Mais pour moi, son meilleur film reste le premier Terminator, réalisé avec peu de moyens et pour lequel il avait eu l’obligation de s’appuyer avant tout sur un scénario intelligent. Depuis, Hollywood lui a ouvert grand ses portes et dénoué les cordons de la bourse. Il en est devenu un des piliers, cherchant à la fois à en repousser toujours plus loin les limites, mais tout en ayant adopter tous les codes, de manière presque caricaturale.
Le scénario d’Avatar est sans surprise dans le déroulement des évènements, dans la psychologie des personnages, dans son dénouement. Est-il pour autant mauvais ? Non, loin de là ! Rythmé, parfois animé d’un certain souffle épique, il joue son rôle, celui de tenir l’intérêt du spectateur en éveil de la première à la dernière seconde. Ce film est un divertissement, incroyablement ambitieux certes, mais un simple divertissement. Et le scénario ne cherche pas une seule seconde de le sortir de ce sentier battu. On peut peut-être le regretter, même si cela n’enlève rien au plaisir que l’on a à voir ce film. Je trouve que c’est une caractéristique récurrente chez James Cameron, qui, pour moi, sera toujours un cran en-dessous d’un Steven Spielberg ou un Riddley Scott, pourtant très hollywoodien, mais qui ont su parfois prendre aussi des risques scénaristiques.
Avatar est donc un vrai voyage. Un voyage dans un monde un rien manichéen, mais un vrai voyage. Après, les raisons de détester ce film existent. Le message écolo un peu lourd peut-être, qui conclue que l’on vit plus heureux tout nu dans les arbres… Personnellement, je préfère vivre en France et pouvoir aller voir ce film sur un écran géant, plutôt que de vivre en string dans une forêt, mais après chacun ses goûts. Mais bon, s’il y’a bien une chose que l’on ne pourra pas reprocher à ce film, c’est son caractère innovant, une démesure spectaculaire et souvent enthousiasmante. Il repousse les limites du rêve et ça, ça n’a pas de prix !
Bref, un extraordinaire moment de cinéma. Extraordinaire au sens premier du terme… mais pas seulement…
Fiche technique : Production : Twentieth Century Fox, Lightstorm Entertainment Distribution : Twentieth Century Fox France Réalisation : James Cameron Scénario : James Cameron Montage : Stephen Rivkin, John Refoua, James Cameron Photo : Vince Pace, Mauro Fiore Décors : Rick Carter, Robert Stromberg Musique : James Horner Effets spéciaux : Richard Taylor Directeur artistique : Nick Bassett Durée : 161 mn
Casting : Sam Worthington : Jake Sully Zoe Saldana : Neytiri Sigourney Weaver : Grace Stephen Lang : Miles Quaritch Michelle Rodriguez : Trudy Chacon Giovanni Ribisi : Parker Selfridge CCH Pounder : Moat
Viggo Mortensen est un acteur rare. Depuis Le Seigneur des Anneaux, on n’a eu que rarement la chande de le voir, si ce n’est dans deux westerns (Hidalgo et Appaloosa) et deux chefs d’œuvres du film noir signé David Cronenberg (A History of Violence et Les Promesses de l’Ombre). Sombre est également son dernier film, La Route, un road movie sur fond de fin du monde.
Dans un monde a été dévasté par un mystérieux cataclysme (dont on ne sait rien dans le film, contrairement à la bande-annonce dont beaucoup de passages ne figurent pas dans montage final), un homme et son fils tentent de survivre. Ils prennent la route vers le sud espérant échapper à un hivers devenu trop difficile à supporter sans nourriture, ni énergie. Mais le voyage est périlleux, le cannibalisme étant devenu une des rares sources de nourriture disponibles.
La Route est un film réellement inclassable. Un mélange étrange entre Ken Le Survivant et Au fil du Temps de Wim Wenders. Le rythme de narration est beaucoup plus proche du road movie existentialiste que du film de science-fiction survitaminé. L’histoire est vraiment centrée sur la relation entre le père et son fils, avec le fantôme de la mère qui a préféré se laisser mourir que de vivre une existence de faim et de peur. Ces interrogations métaphysiques sont entrecoupées de bouffées de violence souvent crue. Le résultat est réellement déconcertant…
…mais ne fonctionne pas très bien. La Route est à la fois un film d’aventures sans rythme et une réflexion mêlée à une violence qui ne lui apporte rien. Coincé entre suspense et profondeur, le film ne décolle pas, ne passionne pas. Trop centrée sur les deux héros, l’histoire ne prend pas la dimension qui aurait pu en faire une œuvre visionnaire sur l’avenir de l’humanité. Le résultat ressemble du coup bien trop à un exercice de style esthétique.
En effet, la photographie de La Route est par contre absolument remarquable. Le film est filmé dans une sorte de faux noir et blanc. Toute couleur vive est bannie de cet univers où la cendre jonche partout le sol. Le tout crée une atmosphère où l’espoir et la joie semblent des notions ayant totalement disparu. Ce n’est pas un élément anodin dans la construction de l’intrigue puisque les personnages chercher à atteindre l’océan qui est bleu, promet le père à son fils. Malheureusement, ce travail esthétique, aussi impressionnant, soit il ne suffit pas soulever l’enthousiasme du spectateur.
Enfin, un mot tout de même sur la performance d’Arag… pardon de Viggo Mortensen. Et bien, il fait du Viggo Mortensen ! Etonnant non ! Il nous livre des discours de sa voix douce et grave, des regards apaisants de ses beaux yeux bleus. Bref, la figure du mec tranquille, mature, sûr de lui et rassurant, mais qui est capable de plier un mec en deux en trente secondes en cas de besoin. Toute similitude avec des rôles précédents seraient purement fortuite…
La Route est donc un film dont l’originalité et les qualités esthétique n’arrivent pas à compenser complètement le manque de souffle d’un amalgame des genres qui a bien du mal à se faire.
Fiche technique : Production : 2929 Productions, Road Rebel Distribution : Metropolitan FilmExport Réalisation : John Hiilcoat Scénario : Joe Penhall d’après La Route de Comrac McCarthy Montage : Jon Gregory Photo : Javier Aguirresarobe Format : 35mm Décors : Chris Kennedy Musique : Nick Cave, Warren Ellis Costumes : Margot Wilson Directeur artistique : Gershon Ginsburg Durée : 113 mn
Casting : Viggo Mortensen : L Homme Kodi Smit-McPhee : le Petit Charlie Theron : La Femme Robert Duvall : le vieil homme Guy Pearce : le Vétéran
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