ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : La nouvelle merveille de Tim Burton

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aliceaupaysdesmerveillesafficheLe Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton a profondément divisé l’opinion à sa sortie. De mon côté, j’avais plutôt retenu les avis défavorables, alors je m’y suis rendu avec une certaine appréhension. Et bien, au final, j’ai été…roulement de tambour…suspense intense…insoutenable même… je sais je suis cruel… et sinon il fait beau chez vous ?…quoi ? vous attendez ?… oui mais quoi ?…ah oui, c’est vrai, ma réaction…enthousiasmé !

Alice Kingsleigh est désormais une jeune fille de 19 ans, qui a tout oublié du Pays des Merveilles où ses rêves l’entraînaient enfant. Son entourage imagine pour elle une vie tout ce qu’il y’a de plus conformiste. Devant une proposition en mariage qui ne l’enthousiasme guère, elle s’enfuit dans les bois à la poursuite d’un étrange lapin. Ce dernier la guide vers un monde qui l’attend comme la sauveuse, alors que la Reine Rouge y a pris le pouvoir et y fait régner la terreur. Mais la jeune fille souhaite surtout se réveiller et quitter ce monde qu’elle pense imaginaire.

De mon point de vue, Alice au Pays des Merveilles confirme, qu’après Sweeney Todd, le grand Tim Burton est bien de retour. Oubliés les Planète des Singes et autres Big Fish à moitié ratés plus qu’à moitié réussis. Il nous offre ici du beau et du grand cinéma, spectaculaire et grandiose, passionnant et imaginatif. Bon bien sûr, il s’est quelque peu réapproprié un mythe pour le recuisiner à sa sauce. Mais le plat est savoureux, alors ne crachons pas dans la soupe. Ok, j’arrête là les métaphores culinaires.

En fait, le titre de ce film est un peu usurpé. Il aurait du s’appeler le retour d’Alice ou Alice 2, la revanche… En tout cas, ce n’est pas du tout une adaptation des romans de Lewis Caroll mais une histoire originale qui se situerait plus tard. Un peu comme le Hook de Spielberg avec Peter Pan. Alors après évidemment, les puristes peuvent crier au scandale, je l’ai déjà fait pour d’autres choses, mais ce coup-ci, ça ne m’a absolument pas dérangé.

Tim Burton a donc posé son empreinte sur Alice au Pays des Merveilles et en a fait une histoire beaucoup plus sombre, à des années-lumières du dessin-animé de Walt Disney. Evidemment, on peut encore une fois trouver ça quelque peu contraire à l’esprit de l’histoire originale, mais on va clore le débat pour le reste de cette critique si vous le voulez bien. En fait, ce film est surtout fait de contrastes entre les différents décors, parfois apocalyptiques, parfois hyper colorés. C’est ce qui fait sa richesse, surtout que chacun est hyper travaillé et regorge de détails savoureux.

De toute façon, me direz-vous, on ne pouvait pas trop attendre de Tim Burton un film bâclé visuellement. Là, ça n’aurait pas été une déception mais un cataclysme. Il n’a pas eu lieu. Mais pour faire un grand film, il faut aussi une grande et belle histoire. Le scénario de Alice au Pays des Merveilles est plein de rebondissements, de surprises, de rythme, d’aventures, le tout parcouru par un vrai souffle épique. On pourra éventuellement lui reprocher un léger manichéisme, mais c’est souvent le propre des épopées.

aliceaupaysdesmerveillesAlice au Pays des Merveilles nous offre une galerie particulièrement fournie de personnages. Parmi les « gentils », on retrouve bien sûr Alice, interprétée par la jeune Mia Wasikowska, qui fait preuve d’une vraie personnalité. Son rôle prend surtout de l’épaisseur au fur et à mesure que s’avance l’histoire, que sa confiance en elle grandit. L’affection que l’on ressent pour elle grandit en parallèle avant un final où tout cela prendre sa pleine dimension.

Son principal compère à l’écran est évidemment Johnny Depp, l’acteur de toujours de Tim Burton (d’ailleurs, ses deux plus mauvais films furent ceux où la collaboration cessa… allez, je m’abstiendrai de faire une remarque sur Ewan McGregor dans Big Fish). Son personnage de Chapelier Fou manque peut-être un tantinet de subtilité, mais il le sublime avec son talent habituel, ce qui n’est pas peu dire. Elément comique et fantaisiste dans cet univers assez sombre, il a parfois du mal à trouver le ton juste, mais sa performance reste néanmoins formidable.

Les « méchants » ne s’en laissent pas compter avec un duo Helena Bonham Carter et Crispin Glover, alias la Reine Rouge et le Valet, dont la relation ambiguë constitue l’élément le plus subversif de ce film. Cela reste ténu, mais empêche Alice au Pays des Merveilles de n’être qu’un pur divertissement spectaculaire. Helena Bonhman Carter est également en train de devenir une des actrices fétiches du réalisateur et c’est tant mieux, vu son immense talent.

Enfin, un Tim Burton ne serait pas un Tim Burton dans la musique de Danny Elfman. Cette dernière est peut-être un peu plus discrète qu’à l’habitude, mais elle n’en constitue pas moins une nouvelle preuve de l’immense talent de ce compositeur.

Alice au Pays des Merveilles peut sans doute dérouter par une réécriture du mythe quelque peu éloigné de l’original. Mais il n’en reste pas moins un grand Tim Burton, et donc un grand moment de cinéma.

P.S : Inutile de voir ce film en 3D. Il n’a pas été pensé pour cela et ça se voit ! N’est pas Avatar qui veut…

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Tim Burton, Joe Roth, Jennifer Todd, Suzanne Todd, Richard D. Zanuck
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Linda Woolverton, d’après l’oeuvre de Lewis Carroll
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Karen O’Hara, Peter Young
Son : William B. Kaplan
Musique : Danny Elfman
Effets spéciaux : Michael Dawson
Maquillage : Susan Stepanian
Directeur artistique : Stefan Dechant, Tim Browning, Todd Cherniawsky, Andrew L. Jones, Mike Stassi, Christina Ann Wilson
Durée : 109 mn

Casting :
Mia Wasikowska : Alice
Johnny Depp : le Chapelier Fou
Helena Bonham-Carter : la Reine Rouge
Anne Hathaway : La reine Blanche
Crispin Glover : la Valet
Tim Pigott-Smith : Lord Ascot
Lindsay Duncan : Helen Kingsleigh
Frances de la Tour : la Tante Imogène
Matt Lucas : Tweedledee / Tweedledum

MY OWN LOVE SONG : Naïf mais tellement touchant

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myownlovesongafficheQuand j’ai vu la bande-annonce de My Own Love Song, je m’étais dit que je n’irai sûrement pas le voir. Et si j’avais lu les critiques avant ce samedi, j’y aurais définitivement renoncé. Mais voilà, je me suis quand même retrouvé devant un écran pour le voir, finalement attiré par le casting et les horaires qui allaient bien. Et bien que je comprenne les critiques formulées, j’ai vraiment été charmé par le premier film hollywoodien du réalisateur de la Môme.

Jane et Joey sont deux accidentés de la vie. La première est une ancienne chanteuse qu’un accident de voiture a envoyé dans une chaise roulante. Le second est un ancien pompier qui a vu mourir sa famille dans un incendie et qui depuis parle aux fantômes et aux anges. Ils se sont connus à l’hôpital et depuis se soutiennent. Un jour, ils se retrouvent sur la route à l’initiative de Joey qui veut amener son amie à revoir son fils qu’elle a abandonné après son accident.

La principale de My Own Love Song est sa naïveté. Effectivement, c’est indéniable, ce film est un conte humaniste d’un optimisme naïf. Le ton se veut clairement positif, et quand les personnages doutent, on sait pertinemment qu’ils trouveront les réponses. Certes, il existe un léger suspense sur les retrouvailles ou non de Jane avec son fils, mais il n’est pas réellement insoutenable, avouons-le. Bref, des fois on se demande parfois où est la marmotte qui met le chocolat dans le papier d’alu.

Je peux donc comprendre que ce film soit tout à fait insupportable pour certains. Si on ne rentre pas dans l’histoire, si on ne s’attache pas solidement aux personnages, il est évident que l’on ne verra que la naïveté et les bons sentiments qui peuplent My Own Love Song. Par contre, si ces deux doux dingues vous touchent et que vous avez envie de les voir retrouver l’équilibre dans leur vie, alors vous prendrez un immense plaisir à les suivre sur ce chemin, un peu cousu de fil blanc peut-être, mais qui constitue un très beau voyage.

myownlovesongEt puis, au-delà du fond, c’est par la forme que My Own Love Song est remarquable. Olivier Dahan a vraiment accompli un gros travail sur la photographie. L’image a ici un sens et cherche à enrichir le propos. Là aussi, on pourra peut-être lui reprocher une certaine naïveté, mais il fait incontestablement également preuve d’une grande maîtrise technique et d’un grand sens de la composition. Il vise à amplifier l’émotion véhiculée par l’histoire et y arrive très bien. En tout cas, ça a particulièrement bien marché sur moi.

Un autre vecteur d’émotion est bien sûr le jeu des acteurs. Et là encore, on peut tout aussi bien trouver ça magnifique qu’horripilant. Si la performance de Renée Zellwiger ne souffre d’aucune contestation quant à sa qualité, il est vrai que le numéro de Forest Whitaker en débile léger bègue peut vite devenir exaspérant si on n’a aucune affection pour le personnage. Soit on y croit, soit on trouve ça artificiel et très certainement un tantinet ridicule.

Par contre, ce qui fera à coup sûr l’unanimité à propos de My Own Love Song, c’est sa bande-originale, signée Bob Dylan himself. Sa musique, et la musique en générale, est très présente dans tout le film et constitue un autre vecteur d’émotion et pas le moins efficace. Les deux moments où Renée Zellweger pousse la chansonnette sont d’ailleurs les moments les plus poignants du film. Là-encore, certains les trouveront peut-être trop attendus pour être réellement émouvant, mais en tout cas les chansons sont assez belles pour valoir le coup d’être entendues.

My Own Love Song est typiquement le film que l’on adore ou que l’on déteste. Personnellement, j’ai adoré et j’espère que vous serez nombreux à faire comme moi.

Fiche technique :
Production : Legende films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Olivier Dahan
Scénario : Olivier Dahan
Montage : Richard Marizy
Photo : Matthew Libatique
Décors : Jan Roelfs
Musique : Bob Dylan
Effets spéciaux : Seb Caudron
Costumes : Marie-Sylvie Deveau
Durée : 105 mn

Casting :
Renee Zellweger : Jane
Forest Whitaker : Joey
Elias Koteas : Dean
Madeline Zima : Billie
Nick Nolte : Caldwell
Renee Zellweger : Jane
Forest Whitaker : Joey
Elias Koteas : Dean
Madeline Zima : Billie
Nick Nolte : Caldwell

LE CHOC DES TITANS : Choquant de médiocrité

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lechocdestitansafficheLe Choc des Titans est un film qui compte vraiment pour moi. C’est un des films à l’origine de mon amour un tantinet passionnel et compulsif pour le cinéma. Alors que je n’étais qu’un petit garçon, je l’avais vu plusieurs fois en quelques jours, trouvant ces aventures mythologiques extraordinaires et n’avais rien à secouer de ces effets spéciaux déjà kitchs même pour l’époque. Mais évidemment, je parle là de la version originale, qui date de 1981. Le présent avis porte sur le remake qui vient de sortir ces jours-ci sur nos écrans. La bande-annonce me faisait craindre le pire, mais je ne désespérais pas que l’effet madeleine joue son rôle à plein. Espoir bien déçu…

Les Dieux de l’Olympe ont besoin des prières des hommes pour continuer à vivre. Mais ces derniers se rebellent contre leurs créateurs. Hadès propose alors à Zeus de les faire revenir vers eux par la peur. La peur du Kraken, le monstre terrifiant qui avait vaincu les Titans. Mais un homme, Persée, va tenter de sauver la ville d’Argos menacée de destruction. Mais peut-il être le sauveur de l’humanité alors qu’il est lui-même un demi-Dieu ?

Le Choc des Titans n’est même pas mauvais, c’est bien pire que ça. Il est juste médiocre. Une médiocrité qui touche tous les éléments de ce film qu’ils soient techniques ou artistiques. Par quoi commencer ? Le scénario qui ne réserve aucune surprise ? La direction d’acteurs inexistante ? Les effets spéciaux parfois limites ? La photographie dont la platitude ferait passer les Pays-Bas pour les premiers contreforts des Alpes ? Bref, il n’y a rien pour sauver le film, pas la moindre étincelle.

J’ai rarement vu un film à ce point dépourvu d’âme. Ce n’est même pas un gros navet. Un gros navet a souvent au moins une once de personnalité, qui sombre dans le ridicule certes, mais qui confère au film un intérêt intellectuel, même minime. Là, on n’a même pas le droit à cela, il y’a que vide et néant. On ne s’ennuie pas vraiment, l’action est là, mais jamais le moindre enthousiasme ne naît. Le Choc des Titans ne parle pas à notre imagination. Et quand on adapte de la mythologie, c’est quand même un comble.

lechocdestitansDe ce lamentable gâchis, on peut désigner un responsable. Et malheureusement, il est français. Le travail de Louis Leterrier ne mérite pas une once de respect. A la question « pourquoi arrivez-vous à travailler à Hollywood ? », il répond très honnêtement que c’est parce qu’il est le seul réalisateur français à savoir s’aplatir comme une carpette devant les producteurs. Et ce type se dit être un artiste ? Son film est une merde tout à fait à l’image de sa réponse, lamentable. Je vais citer une phrase remarquable que j’ai pu lire sur le site Ecran Noir : Louis Leterrier avait un sujet en or, il l’a transformé en plomb.

Pour preuve, il aura réussi à offrir à Liam Neeson et surtout Ralph Fienes les plus mauvais rôles de leur carrière. La performance de ce dernier est tellement pathétique qu’on ne peut imaginer que cela soit vraiment de sa faute, vu l’immense talent de cet acteur. On n’a pas vu un tel gâchis de talent depuis Jeremy Irons dans Donjons et Dragons… Ceux qui ont vu ce nanar comprendront la force de la comparaison. Et que dire de l’apparition de Mouloud, le sympathique amuseur du Grand Journal. Qu’il soit copain avec Louis Leterrier, tant mieux pour lui. Que ça lui octroie un rôle dans une telle superproduction est une nouvelle fois lamentable, tant son apparition, heureusement limitée, prouve à quel point il n’a vraiment rien à faire là.

Bon allez, je m’arrête là car je pourrais en déblatérer des heures sur ce film. Le Choc des Titans est tout simplement honteux de médiocrité. A côté de Louis Leterrier, Roland Emmerich, c’est Kubrick, c’est dire…

Fiche technique :
Production : Warner Bros. Pictures, Legenray Pictures, Thunder Road Film/Zanuck Compagny
Distribution : Warner Bros. Enterntainement France
Réalisation : Louis Letterier
Scénario : Travis Beacham, Phil Hay, Matt Manfredi
Montage : Vincent Tabaillon, David Freelan
Photo : Peter Menzies, JR.
Format : 35mm
Décors : Martin Laig
Musique : Ramin Djawadi
Effets spéciaux : Nick Davis
Maquillage : Jenny Shircore
Durée : 107 mn

Casting :
Sam Worthington : Persée
Liam Neeson : Zeus
Mads Mikkelsen : Draco
Ralph Fiennes : Hades
Alexa Davalos : Andromède
Luke Evans : Apollon
Gemma Arterton : Io
Jason Flemyng : Clibos/le Roi Acrisius
Danny Huston : Poseidon

MENSONGES ET TRAHISONS ET PLUS SI AFFINITES : Même réchauffé, c’est succulent !

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mensongesettrahisonsafficheIl y’a parfois des films que l’on a vraiment adoré, mais que du coup, on a un peu peur de revoir. C’est souvent le cas des comédies où l’effet de surprise joue forcément un grand rôle. Un gag dont on connaît la chute perd forcément de son charme. A sa sortie, j’avais été enthousiasmé par Mensonges et Trahisons et plus si Affinités. C’est donc avec une petite appréhension que je l’ai revu en DVD. Et bien, mes craintes étaient superflues ! C’est presque encore meilleur la deuxième fois.

Raphaël a du talent, mais peu de gens le savent. En effet, il est nègre pour tout un tas de stars qui n’ont rien à dire, mais dont il transforme les vies pour les rendre dignes d’intérêt. Il a bien écrit un roman, mais froid et impersonnel, il a été rudement rejeté par tous les éditeurs. Alors il préfère l’anonymat. Pourtant, sa copine, Muriel, fait tout pour le pousser à écrire de nouveau un vrai roman. Un jour, il accepte de rédiger la biographie du capitaine de l’Equipe de France de football, avant de s’apercevoir que ce dernier sort avec un de ses anciens amours ratés de jeunesse.

Vous aimez Friends et Bénabar ? Bref, vous adorez les histoires de trentenaires célibataires urbains ? Et bien Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est fait pour vous ! En fait, même si vous ne correspondez pas du tout à cette description, ce film est quand même fait pour vous car il est drôle, vraiment drôle et c’est bien suffisant pour une comédie. Mais il est même un peu plus que ça, car il est aussi vraiment bien senti, et les célibataires urbains de 30 ans (mais c’est moi ça !) s’y reconnaîtront plus d’une fois.

Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est aussi l’occasion d’admirer le talent comique d’Edouard Baer. Et là, j’en entends déjà s’écrier qu’ils ont eu moult occasions de l’admirer et qu’ils ne voient pas ce qu’il y’a d’exceptionnel ici. Mais là je vous parle d’un Edouard Baer parfaitement dirigé, cadré, maîtrisé. Bref, pas dans son numéro de cabotin habituel, savoureux s’il en est, mais que l’on connaît un peu par cœur. Une vraie performance d’acteur, mais qui ne lui fait perdre en rien sa force et son talent.

mensongesettrahisonsD’ailleurs, au-delà de l’excellent scénario de Mensonges et Trahisons et plus si Affinités qu’il a signé, le plus grand mérite de Laurent Tirard repose dans sa magistrale direction d’acteurs. Maîtriser un « monstre » comme Edouard Baer est déjà une grand performance. Mais tout le casting est au diapason. Clovis Cornillac est lui aussi génial, Marie-Josée Croze est terriblement charmante et Alice Taglioni joue… Oui oui, elle ne se contente pas d’être belle ! Il faut dire qu’elle est assez belle pour que cela soit suffisant, mais là c’est encore mieux !

Laurent Tirard a également su insuffler dans Mensonges et Trahisons et plus si Affinités l’ingrédient indispensable à toutes les comédies : le rythme. Comme je l’ai évoqué, jamais il ne laisse Edouard Baer se lancer dans un cabotinage paresseux. Mais c’est tout le scénario qui est mené de mains de maître pour se dérouler sans temps morts. Les rebondissements s’enchaînent à la manière d’un vaudeville, mais tout en gardant une finesse et une subtilité bien supérieure.

Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est en fait un concentré de quotidien et d’humour, le tout bien secoué. Bref un délicieux cocktail.

P.S : Pour toutes les fans d’Ewan ayant vu The Ghost Writer, sans vouloir les contrarier, mais Edouard Baer reste quand même de loin le meilleur nègre…

FIche technique :
Production : Fidélité, Europacorp, TF1 Films, Canal +, TPS Star
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron
Montage : Valérie Deseine
Photo : Gilles Henry
Décors : Alain Guffroy
Son : Eric Devulder, Pierre Lorrain
Musique : Philippe Rombi
Costumes : Martine Rapin
Maquillage : Carmen Arbues-Miro
Durée : 90 mn

Casting :
Edouard Baer : Raphaël
Marie-Josée Croze : Muriel
Clovis Cornillac : Kevin
Alice Taglioni : Claire
Eric Berger : Jeff
Jean-Michel Lahmi : Max
Jean-Christophe Bouvet : L éditeur

SOUL KITCHEN : Tous à table !

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soulkitchenafficheDepuis quelques années, le cinéma allemand nous offre régulièrement de très bons films. Alors que les années 80-90 furent marquées par Wim Wenders, un réalisateur que j’admire beaucoup, mais qui donne souvent, avouons-le, dans le chiant, voire l’utrachiant. Les années 2000 nous ont refait découvrir que les Allemands savaient aussi rire et divertir. La décennie qui commence semble être partie sur le même rythme avec le très réjouissant Soul Kitchen.

Zinos tient un restaurant minable près du port de Hambourg. Il va surtout connaître toute une série de déboires : une hernie, un contrôle fiscal, la perte de ses clients, sa copine qui part travailler en Chine et l’inspection des services d’hygiène qui vient lui demander de refaire sa cuisine. Mais Zinos a de la ressource, aidé, souvent contre son gré, par son frère qui vient de sortir de prison.

Soul Kitchen est un film à la fois drôle et attachant. Drôle car certaines situations sont vraiment hilarantes et attachant car on tombe amoureux des personnages. Ces derniers sont à ranger dans la rubrique « loosers sympathiques », pas si looser que ça si on en croit les trésors d’énergie et de débrouillardise qu’ils sont capables de déployer quand les circonstances l’exigent. Zinos est souvent dépassé par les évènements, mais jamais il ne baisse les bras et part à l’assaut de ses problèmes avec un enthousiasme communicatif.

Soul Kitchen ne paye pas de mine. Rien n’y est spectaculaire, ni le scénario, ni le casting. La caméra de Fatih Akin est élégante, mais sobre. Mais voilà, telle une recette de cuisine, ce film vaut bien plus que la somme de ses ingrédients. On se laisse juste charmer, on rit, on sourit, on espère avec les personnages. Ca reste léger, jamais lourd. Bref, tout simplement réellement divertissant, c’est l’essentiel, mais avec cette petite pointe d’humanisme qui donne un supplément d’âme et de charme à ce film.

Toutes ces qualités nous permettent aisément de pardonner les moments où le film patine un peu plus. Comme toutes les comédies (à part l’Arnacoeur !), Soul Kitchen est ponctué de petites baisses de rythme. Mais bon, l’histoire retrouve vite son souffle et on suit les mésaventures des deux frangins avec un enthousiasme qui ne faiblit que rarement. Certes, le film n’est pas inoubliable, mais nous offre un vrai moment de détente.

soulkitchenLa vraie révélation de Soul Kitchen est Adam Bousdoukos qui porte réellement le film sur ses épaules. Là aussi, tout n’est pas totalement parfait, mais la performance est assez remarquable pour que le film fonctionne et que l’attachement du spectateur soit maximal. Mais c’est le casting tout entier qui est à saluer, avec un bravo particulier à Birol Unel, qui interprète un chef cuisinier particulièrement déjanté.

Soul Kitchen est donc typique d’un cinéma « indépendant » qui sait donner beaucoup avec peu, si ce n’est de l’imagination et du talent. Il permet aussi de montrer que Fatih Akin est un cinéaste très complet puisque son précédent succès, l’Autre Côté, était aussi très réussi, mais sur un ton beaucoup plus grave. Espérons que ces productions continueront à être distribuées en France et qu’elles seront dans la même veine.

Soul Kitchen est donc à mettre dans toutes les assiettes… et surtout devant tous les yeux !

Fiche technique :
Production : Corazon International, Pyramide Productions
Distribution : Pyramide Distribution
Réalisation : Fatih Akin
Scénario : Fatih Akin, Adam Bousdoukos
Montage : Andrew Bird
Photo : Rainer Klausmann
Décors : Rainer Klausmann
Son : Kai Lüde
Musique : Pia Hoffmann, Klaus Maeck
Durée : 99 mn

Casting :
Lucas Gregorowicz : Lutz
Adam Bousdoukos : Zinos
Moritz Bleibtreu : Illias
Anna Bederke : Lucia
Pheline Roggan : Nadine
Birol Ünel : Shayn
Wotan Wilke Möhring : Neumann
Dorka Gryllus : Anna

LA REVELATION : Il s’en passe de belles au TPI !

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larevelationafficheLe Tribunal Pénal International de La Haye fait partie de ces institutions que l’on connaît tous de nom, mais donc on ignore généralement à peu près tout. Et bien, cette ignorance peut être comblée en allant voir la Révélation, un film dano-néerlando-allemand, où les acteurs sont eux aussi de nationalités diverses. Bref, un film vraiment européen, qui mélange film politique et film de procès.

Hannah Maynard est procureur au TPI de La Haye, en charge de l’accusation de Goran Duric, ancien général dans l’armée serbe de Bosnie, très populaire dans son pays, mais accusé de crimes de guerre. Elle compte sur un témoin, Alen Hajdarevic, mais ce dernier va être discrédité et se suicide. Elle ne se décourage pas pour autant et se rend sur place pour convaincre la sœur du défunt de venir raconter la vérité. Mais elle va vite se heurter aux réalités locales… et aux réalisés de la diplomatie internationale.

Si on oublie le contexte politique, la Révélation est somme toute très classique. Un personnage qui se bat pour faire éclater la vérité malgré des pressions et des menaces diverses est un thème très souvent mis en scène. Mais quand c’est bien foutu, on ne s’en lasse pas cela permet aisément de maintenir un suspense. Ce dernier est ici bien présent, car le film s’ancre dans le réel et on se doute bien que le film ne se terminera pas sur un happy end, mais sera plus nuancé.

La Révélation est donc aussi un film avec un véritable fond. Il cherche avant tout à mettre en lumière des réalités trop souvent dans l’ombre de notre indifférence. Il peut être vécu comme une dénonciation, car on ne peut qu’être choqué par beaucoup d’éléments, mais il constitue plutôt un témoignage. Les faits parlent d’eux-mêmes, Hans-Christian Schmid a su éviter le lourdingue d’un film trop à charge au prix de l’objectivité. Il y’a une thèse dans ce film, mais elle est présentée avec discernement et sang-froid.

larevelationL’articulation entre ces deux dimensions était peut évidente à réaliser, car l’une est du ressort du divertissement, l’autre de l’information. Alors, La Révélation, nouvel avatar de l’infortainement ? Non, il s’agit plutôt d’une sorte de documentaire romancé, démarche beaucoup moins contestable intellectuellement. Le film ne dénonce pas pour divertir, il se sert de l’intrigue comme d’un vecteur. Du coup, le film reste agréable à suivre tout en étant particulièrement intéressant.

Cependant, niveau réalisation, la Révélation reste tout de même du cinéma de seconde zone. On est plus proche du bon téléfilm que de Kubrick. Ce n’est pas forcément handicapant en soi, l’intérêt est ailleurs, mais cela l’exclut des grands films « politiques », comme JFK ou la Liste des Schindler. On saluera néanmoins la belle performance de Anamaria Marinca, que l’on avait pu découvrir dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le film roumain primé à Cannes. L’actrice néo-zélandaise, Kerry Fox, qui interprète la procureur livre elle une performance honnête, sans être enthousiasmante.

La Révélation nous plonge dans un sujet qui valait une telle mobilisation internationale. Mais trop limitée artistiquement, il en restera au stade du bon film intelligent qui mérite d’être vu, sans pour autant constituer du grand cinéma.

Fiche technique :
Réalisateur : Hans Christian Schmid
Scénariste : Hans Christian Scmid et Bernd Lange
Directeur de la photographie : Bogumil Godfrejow
Monteur : Hansjörg Weißbrich
Compositeur : The Notwist
Ingénieur du son : Patrick Veigel
Chef décorateur : Christian M. Goldbeck
Costumière : Steffi Bruhn

Casting :
Kerry Fox : Hannah Maynard
Anamaria Marinca : Mira Arendt
Stephen Dillane : Keith Haywood
Rolf Lassgard : Jonas Dahlberg
Alexander Fehling : Patrick Färber
Kresimir Mikic : Alen Hajdarevic
Tarik Filipovic : Mladen Banovic
Steven Scharf : Jan Arendt
Joel Eisenblätter : Simon Arendt
Wine Dierickx : Jule Svensson

BUS PALLADIUM : Mais pourquoi Dieu a-t-il crée la femme avant le rock !

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buspalladiumafficheVoilà un film que je n’aurais jamais du voir. Ayant raté mon train, je suis arrivé hyper à la bourre au ciné à la Défense et en prenant mon billet, je pensais aller voir Soul Kitchen. C’est en entrant dans la salle, alors que le film avait commencé et en entendant parler français que j’ai réalisé mon erreur. J’avais pris un billet pour Bus Palladium…

Lucas revient de Londres après un stage en architecture. Il retrouve ses potes d’enfance Philippe, Jacob, Mario et surtout Manu, dont il est inséparable depuis l’enfance. Leur groupe de rock Lust va rencontrer un succès grandissant au cours de cet été là, au point d’envisager de faire un album. Mais voilà, il y’a une femme… il y’a toujours une femme. Elle s’appelle Laura et elle va très vite venir perturber les liens d’amitié qui les unissent. Au point de remettre en question leurs rêves de gloire ?

Bon si mon erreur ne m’a pas conduit à venir m’ennuyer pendant une heure et demi devant un navet, elle ne m’a pas non plus offert un grand moment d’enthousiasme. Bus Palladium est typiquement le genre de film sympa un soir de pluie à la télévision. En payant, dans une salle obscure, c’est une autre paire de manche…

La principale faiblesse de ce film repose dans le personnage de Laura. Elle perturbe l’équilibre du groupe par son charme dévastateur, mais surtout parce que ses deux prétendants ne comprennent jamais vraiment très bien ce qu’elle veut. Le problème, c’est que nous non plus. Du coup, les rebondissements du film semblent survenir une peu au hasard, sans fil conducteur. Surprendre le spectateur, c’est bien. Le manque de sens, ça l’est moins.

Par contre, les personnages masculins fonctionnent très bien. Le couple « Lucas-Manu » est un peu caricatural, avec d’un côté le beau gosse sûr de lui et, de l’autre, le sentimental plus effacé. Mais tous nous inspirent une très forte sympathie du début à la fin. C’est vraiment cela qui donne du contenu à ce Bus Palladium. C’est un peu léger, mais ça suffit à rendre ce film tout de même regardable.

buspalladiumL’autre qualité de ce film repose sur son aspect musical. Les morceaux joués sont excellents et on peut aisément croire au succès de ce groupe. Ajouté à cela la sympathie évoquée précédemment, le spectateur a vraiment envie de les voir réussir. Du coup, en sentant que Laura va venir perturber, on ressent une certaine antipathie envers elle. On n’a qu’une seule envie, c’est qu’elle dégage et les laisse tranquille. Bon évidemment, si ça arrivait, le film n’existerait plus ! Mais on touche là la principale limite de ce film.

On sent dans la caméra de Christopher Thomson une grande nostalgie des années 80 et de sa propre jeunesse. Bus Palladium pourra donc toucher les gens de la même génération que lui. Pour un premier film, ça aurait pu être pire, mais force est de constater, qu’il n’est pas encore tout à fait au niveau de sa mère, Danièle Thomson, qui l’avait fait jouer dans son magnifique Fauteuil d’Orchestre. On sent tout de même un humanisme très familial, mais qui manque, dans ce film, d’un peu trop d’humour pour être vraiment délectable.

Bus Palladium ravira sûrement ceux qui ont rêvé devenir Indochine ou Téléphone quand ils avaient 20 ans. Les autres ne déborderont certainement pas d’enthousiasme.

Fiche technique :
Réalisateur : Christopher Thomson
Scénariste : Christopher Thomson et Thierry Klifa
Compositeur : Yarol Poupaud
Directeur de production : David Giordano
1er assistant réalisateur : Emilie Cherpitel
Directeur de la photographie : Rémy Chevrin

Casting :
Marc-André Grondin : Lucas
Arthur Dupont : Manu
Jules Pelissier : Jacob
Abraham Belaga : Philippe
Elisa Sednaoui : Laura
François Civil : Mario
Géraldine Pailhas : Prune Angelli
Naomi Green : Rizzo

CRAZY HEART : Bon comme un Kinder… Un Kinder country bien sûr !

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crazyheartafficheJe l’ai déjà dit plusieurs fois, mais s’il y’a une chose que j’adore vraiment, c’est aller voir un film sans avoir aucune idée de ce dont il peut bien parler. Ce fut mon cas quand je suis allé voir Crazy Heart, attiré par des critiques positives et surtout l’Oscar du meilleur acteur pour Jeff Bridges, un acteur que j’adore. Evidemment, j’ai pris un risque, mais j’ai eu raison de le prendre car ce film m’a beaucoup plu. Pour preuve, il m’aurais presque fait aimer la country…

Bad Blake est une légende de la musique country…que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. A 57 ans, il a depuis longtemps été éclipsé par Tommy Sweet, qui fut à une époque son protégé et son élève. Alors il parcourt les route de l’Amérique profonde pour des petits concerts entre bowling et piano-bar. Son seul compagnon : le whisky. Mais même sur cette mauvais pente, il réussi à séduire Jean, une belle journaliste, mère célibataire. Pourra-t-il arrêter sa propre chute pour donner une chance à leur histoire ?

Crazy Heart est un film à Oscar. Un rôle fait pour un acteur expérimenté qui y jouera la déchéance et la rédemption. Parfait pour être primé à Hollywood. Mais faut-il encore que l’acteur en question soit talentueux. Jeff Bridges est un vieux routier du cinéma américain, éternel second rôle, qui tient là une belle récompense, méritée pour une belle carrière. Après, on peut dire que c’était quelque peu programmé, mais le film n’en souffre pas pour autant.

Et puis Crazy Heart possède un atout de charme… Maggie Gyllenhaal. Bon, certes, ce n’est pas la femme de ma vie, puisque c’est Zooey Deschanel… Enfin, je compte sur vous pour ne pas le lui répéter, ça lui ferait trop de peine. En plus, si Zooey ne veut pas, je veux bien passer le restant de ma vie avec Maggie… Bon plus sérieusement, elle est encore une fois belle, charmante, sublime, magnifique… Et ses yeux… Ah ses yeux… On comprend aisément comment ce vieux solitaire soit tenté à l’idée de se ranger à ses côtés. Perso, c’est ce que je ferai. Mais malheureusement, je ne joue pas de country…

crazyheartLe couple fonctionne donc et du coup, le film aussi. Surtout n’allez pas voir dans Crazy Heart une comédie romantique. C’est un film sur la rédemption, sur le choix que l’on a toujours de se prendre en main plutôt que de se laisser aller. L’amour y joue un grand rôle, mais il n’est pas une fin en soi. Mais n’y voyez pas non plus un film contemplatif et psychologique à l’excès. C’est plutôt un mélange entre le road movie, la biographie, la comédie sentimentale et le film musical…

Car la musique joue un rôle très important dans Crazy Heart. Les scènes de concert sont nombreuses et les chansons interprétées souvent de bout en bout. On saluera d’ailleurs le talent de Jeff Bridges et Colin Farell, presque aussi doués derrière un micro que devant la caméra. Certes, il s’agit de country. Non, ne partez pas en courant. Car ici la musique colle tellement avec le décor et les personnages qu’elle passe tout seul. Elle est vraiment ici le symbole d’une culture dans laquelle baigne ce film et cette synergie est une des très grandes forces de ce film.

Crazy Heart n’est sûrement pas le film du siècle, mais un bon moment de cinéma… et de musique.

Fiche technique :
Production : Informant Media, Butcher’s Run Films, Fox Searchlight pictures
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Scott Cooper
Scénario : Scott Cooper, d’après le roman de Thomas Cobb
Montage : John Axelrad
Photo : Barry Markowitz
Décors : Waldemar Kalinowski
Musique : Stephen Bruton, T Bone Burnett
Durée : 111 mn

Casting :
Jeff Bridges : Bad Blake
Maggie Gyllenhaal : Jean Craddock
Robert Duvall : Wayne
Colin Farrell : Tommy Sweeet 

LA RAFLE : Une forme pas à la hauteur du fond

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larafleaffichePour s’attaquer à certains sujets quand on est cinéaste, il faut une bonne dose de courage. Avec la Rafle, Roselyne Bosch n’en a pas manqué en s’attaquant au récit d’un des épisodes les moins glorieux (doux euphémisme) de l’histoire de France, à savoir la rafle du Vel d’hiv’. L’exercice est délicat car on tombe facilement dans l’émotion facile. Le film n’en est malheureusement pas dénué, même si l’œuvre est à saluer.

Le 16 juillet 1942, la vie de Jo Weisman, 11 ans, bascule. La sienne ett celle d’une dizaine de milliers d’autres Juifs, raflés à Paris et conduit au Vélodrome d’Hiver. Mais ceci n’est qu’une étape. Mais une étape vers où ? Vers quoi ?

Un des principaux mérites de la Rafle est de montrer sans détour le rôle joué par le gouvernement de Vichy. Il nous rappelle que cette rafle fut une initiative française qui a largement devancé les exigences du régime nazi. Il n’oublie pas non plus que plus de la moitié des Juifs qui devaient être raflés n’ont pas été trouvés, ce qui démontre que l’image de « tous collabos » est loin d’être vrai.

Mais la Rafle se concentre évidemment avant tout sur ceux qui n’ont pas eu cette chance. Il nous montre leur parcours de manière parfois crue, sans être non plus d’une extrême violence. Certains passages sont néanmoins assez durs, sans jamais tomber dans un spectaculaire déplacé. Il y’a un vrai soucis de reconstitution historique fidèle. Le film cherche à être un témoignage, bien plus qu’une simple fiction. Et sur cet aspect-là, il n’y a vraiment rien à reprocher à ce film.

Si on est un peu méchant, on dira que la Rafle, c’est un peu la Liste de Schindler ou le Pianiste du pauvre. Roselyne Bosh n’est ni Spielberg, ni Polanski et a bien du mal à dépasser le niveau artistique d’un sympathique téléfilm de reconstitution. Mais un long métrage n’est pas tout à fait un documentaire et on est du coup quelque peu frustré. Si le casting est de qualité, la réalisation est elle sans grande imagination et pas vraiment à la hauteur du sujet.

larafleOn pourra toujours répondre que le Rafle est tout de même très fortement chargé en émotion. Mais pouvait-il en être autrement ? Surtout que le film se concentre énormément sur le destin des enfants. Etre indifférent à leur sort serait tout simplement inhumain, surtout que, comme je l’ai déjà expliqué, le film nous rappelle bien qu’il s’agit de faits réels et, mine de rien, quasi contemporains. Mais encore une fois, il manque un petit quelque chose pour que l’émotion soit moins automatique.

Le film souffre également de quelques autres faiblesses. La direction d’acteurs n’est pas non plus formidable. Seule Mélanie Laurent surnage vraiment et confirme toute l’admiration que j’ai pour elle. Le reste du casting est certes prestigieux, mais il manque un Adrien Brody comme dans le Pianiste pour sublimer tout ça. Et puis, il y’a quelques tics un peu horripilants. Les scènes avec Hitler sont par exemple toutes sur le même modèle. Elles commencent toutes par une scène de vie avant que Himmler n’arrive pour lui parler des Juifs. La seule différence, c’est qu’une fois, c’est à Berlin, une autre dans le Tyrol… Bref, là encore, Rosalyne Bosch n’a pas su faire preuve d’un talent artistique à la hauteur du propos.

La Rafle est donc un film à saluer pour son contenu, qui justifie à lui seul d’aller le voir. Même si la forme pêche un peu…

Fiche technique :
Production : Gaumont, Legende
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Rose Bosch
Scénario : Rose Bosch
Montage : Yan Malcor
Photo : David Ungaro
Décors : Olivier Raoux
Effets spéciaux : Thomas Duval
Durée : 115 mn

Casitng :
Melanie Laurent : Annette Monod
Jean Réno : Dr David Sheinbaum
Gad Elmaleh : Schmuel Weismann
Raphaëlle Agogué : Sura Weismann
Hugo Levardez : Joseph Weismann
Sylvie Testud : Bella Zygler
Anne Brochet : Dina Traube
Isabelle Gélinas : Hélène Timonier
Thierry Frémont : Capitiaine Pierret

L’ARNACOEUR : La comédie française de l’année

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larnacoeurOui, je sais, nous ne sommes qu’en mars, je m’avance donc quelque peu. Mais je suis prêt à prendre les paris. Il y’a des comédies comme ça qui sont juste rythmées, drôles, divertissantes et enthousiasmantes, bref, juste parfaites. De plus, l’Arnacoeur a en plus un atout non négligeable : une scène culte.

Alex Tipi est un briseur de couple professionnel. Mais attention, avec une éthique. Il ne couche jamais et surtout, il ne s’attaque qu’aux femmes malheureuses. Malheureusement, il est aussi criblé de dettes auprès d’un personnage pas très recommandable qui demande à être remboursé fissa. Il se voit donc obligé d’accepter le contrat le plus difficile de sa carrière. Dix jours pour empêcher un mariage. Un seul hic : le futur mari a tout de l’homme idéal.

Pour qu’une comédie fonctionne, il faut trois choses : du rythme, du rythme et du rythme. S’ils sont réunis, on oublie facilement les quelques moments où cela marche moins bien et on pardonne les faiblesses du scénario. Avec l’Arnacoeur, vous aurez du rythme, du rythme et du rythme, aucun moment faible et un scénario, sans être hyper original, très bien foutu. Bref, que demander de plus…

…On peut demander Romain Duris ! Je pensais déjà beaucoup de bien de cet acteur et l’Arnacoeur n’a fait que le confirmer. Bien sûr, il est ici dans le rôle qu’il maîtrise le mieux, mais il nous déjà prouvé, avec De Battre mon Cœur s’est Arrêté, par exemple, qu’il savait jouer autre chose que le séducteur de ces dames. Et puis, il le fait tellement bien… Dans ce film, il est tout simplement génial et on ne se lasse pas une seule seconde de son numéro de Don Juan mythomane, dont la créativité et l’imagination n’ont d’équivalent que son aplomb au moment de mentir.

En face de lui, Vanessa Paradis m’a presque séduit. Et pourtant, ce n’était pas gagné vu qu’elle est exactement l’inverse de mon idéal féminin. Et face au talent et l’énergie de son partenaire, elle aurait pu facilement devenir invisible et transparente. Au contraire, elle lui tient la dragée haute et c’est l’équilibre entre ses deux personnalités est un des éléments les plus fondamentaux qui explique le succès de l’Arnacoeur. Sans cela, jamais le spectateur n’aurait ressenti un tel enthousiasme pour cette histoire, sentimentale malgré tout.

larnacoeur2Derrière, le duo qui truste le haut de l’affiche, l’Arnacoeur nous offre aussi moult seconds rôles réjouissants. Au premier chef, les deux complices d’Alex, joués par François Damiens et Julie Ferrier. Leurs personnages sont nettement plus « premier degré », mais ils sont à l’origine de vrais moments d’hilarités qui ne dépareille pas dans le paysage. On notera aussi la présence de Jean-Yves Lafesse, mais également de Jacques Frantz… Mais qui est ce dernier me direz-vous ? Fermez les yeux et vous le reconnaîtrez immédiatement puisqu’il est la voix française de Robert De Niro et Mel Gibson. Ca fait plaisir de voir en vrai à l’écran (surtout pour les gens civilisés qui ont arrêté la VF depuis longtemps). Je ne peux pas malheureusement passer sous silence le ratage représenté par le personnage de la meilleure amie de la victime, jouée par Helena Noguerra. L’actrice n’a pas grand chose à se reprocher, mais son personnage est le seul vraiment lourdingue et mal maîtrisé.

L’Arnacoeur nous offre également un vrai moment de bonheur et de magie cinématographique. Bien sûr, il vaut mieux avoir vu Dirty Dancing pour l’apprécier. Mais même sans cela vous pourrez être charmé par ces quelques pas de danse. Et tous ceux qui ont pleuré à la mort de Patrick Swayze trouveront en Romain Duris un digne successeur… Non, ne faites pas cette moue sceptique et courrez voir ce film pour vous en rendre compte par vous même.

Vous adorez Dirty Dancing ? Vous n’avez plus ri au cinéma depuis Very Bad Trip ? Vous trouvez Romain Duris super beau ? Vous aimez tous simplement les très bonne comédie ? Et bien, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Fiche technique :
Production : Quad films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Pascal Chaumeil
Scénario : Laurent Zeitou, Jeremy Doner, Yoann Gromb
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hervé Gallet
Musique : Klaus Badelt
Effets spéciaux : Julien Poncet de la Grave
Durée : 105 mn

Casting :
Vanessa Paradis : Juliette
Romain Duris : Alex
Julie Ferrier : Mélanie
François Damiens : Marc
Helena Noguerra : Sophie
Andrew Lincoln : Jonathan
Jacques Frantz : Van Der Becq
Jean-Yves Lafesse : Dutour