
Pour Michel, la rencontre parfaite doit être le fruit du hasard. Alors quand il réalise que son pote Vincent a arrangé sa rencontre avec Angèle, il la quitte. Combien de temps mettra-t-il à admettre qu’il l’aime et que c’est la seule chose qui compte ?
Et oui, encore une fois, pour une comédie romantique, j’ai quasiment dévoilé comment le film se termine. Mais à la fois, s’il y’a quelqu’un qui en doute, même une seule seconde, pendant ce film, on peut déjà être sûr que le paradis lui appartiendra bientôt. Là ne réside évidemment pas l’intérêt de L’Amour c’est mieux à Deux. Ce qui motive le spectateur c’est de savoir quel sera le chemin que vont parcourir les deux protagonistes pour être enfin réunis. Ce dernier est riche en rebondissements, parfois un peu artificiels, mais qui maintiennent l’intérêt du spectateur de bout en bout.
En fait, le piment de L’Amour, c’est mieux à Deux réside dans l’énervement que provoque le personnage de Michel chez le spectateur. Quand va-t-il arrêter de déconner pour rendre cette histoire simple et heureuse ? C’est aussi peut-être là sa plus grande limite car on peut très bien ne pas du tout adhérer à cette histoire et la trouver ridicule. Evidemment, ce n’est peut-être pas très épique comme idée, mais gâcher une relation pour une raison objectivement ridicule reste malheureusement un comportement tout de même assez répandu chez nos congénères… voir chez nous-mêmes.

Et puis, la plus grande qualité de l’Amour, c’est mieux à Deux est avant tout d’être drôle. Là encore, on n’a vu mieux, mais il y’a assez de densité pour que l’on s’ennuie pas une seule seconde et que ce film constitue un divertissement tout à fait regardable. Manu Payet est plutôt convaincant en obsédé repenti et nombreux seront les hommes rêvant de maîtriser son si efficace « regard-bite ». Le seul raté, le personnage de Shirley Bousquet, une ex de Caméra-café, dans un rôle de secrétaire cruche et légèrement nymphomane absolument pas maîtrisé, rarement hilarant, mais souvent ridicule.
L’Amour, c’est mieux à Deux est largement deux classes en dessous de l’Arnacoeur. Mais dans un style où Hollywood règne en maître, il apporte une fraîcheur hexagonale réjouissante. Vive le printemps !
Fiche technique :
Réalisateur : Dominique Farrugia et Arnaud Lemort
Scénario : Arnaud Lemort et Franck Dubosc
Photographie : Eric Guichard
Casting :
Clovis Cornillac : Michel
Virginie Efira : Angèle
Manu Payet : Vincent
Annelise Hesme : Nathalie
Laurence Arne : Claudine
Shirley Bousquet : Swan
Jonathan Lambert : Ariel
Laurent Lafitte: Sylvain
Sophie Vouzelaud : Hélène
Emmanuel Suarez : Romain

Mais un des plus grands mérites de Julie Delpy reste la manière dont elle s’est elle-même dirigée. J’avoue que c’est une actrice qui m’a toujours laissé relativement indifférent… D’un point de vue artistique évidemment ! Dans la Comtesse, elle est cette fois-ci remarquable, étonnamment remarquable. Evidemment, écrire un scénario pour soi-même et se diriger doit aider à se sentir bien dans un rôle. Mais tout de même, cela peut aussi aboutir à un plantage dans les grandes largeurs. Cela confirme donc que Julie Delpy possède sans doute des talents qui ont été considérablement sous-exploités jusqu’à présent.
Mammuth constitue aussi un grand rôle pour Gérard Depardieu. Evidemment, sa carrière en comporte plus d’un et il y’a longtemps qu’il n’a plus rien à prouver à personne. On peut aimer ou détester l’homme, mais l’acteur mérite le plus grand respect, car la France compte peu de comédiens de sa trempe. Après, on peut toujours lui reprocher d’en faire trop et de tourner un peu tout et n’importe quoi, mais ceci constitue un autre débat que je ne vais pas débuter ici. 
Pourtant la liste des collaborateurs est prestigieuse : Fatih Akin (dont je vous conseille une nouvelle fois l’excellent Soul Kitchen), Yvan Attal, Natalie Portman (que l’on retrouve donc devant et derrière la caméra), Mira Nair (une des stars de Bollywood, réalisatrice notamment de Le Mariage des Moussons), Allen Hughes (From Hell, le Livre d’Eli), Shekar Kapur (qui est le nom de jeune fille de ma mère, même si tout le monde s’en fout), Brett Ratner (Rush Hour, Dragon Rouge, X-Men 3) et d’autres pour un casting extrêmement cosmopolite. Dommage que cette diversité ne se ressente pas plus à l’écran… Bon ok, je me répète un tantinet. 
Kick-ass film pour geeks ? Le raccourci est un peu facile. C’est un film pour cinéphile, mais cinéphile qui ne pense pas que seuls Igmar Bergman et Eric Rohmer sont des grands réalisateurs. Bref, il s’adresse au même public que Tarantino, auquel ce film fait d’ailleurs largement référence. Bon, il y’a gouffre de talent entre les deux réalisateurs, mais ceci n’est pas le sujet ici. On pourra tout de même leur reconnaître un talent partagé dans la composition de la bande-originale. Les amateurs de musique de films seront d’ailleurs ravis de pouvoir reconnaître à plusieurs reprises des références directes à d’autres BO.
L’équilibre humour/aventures de Dragons penchent pendant une bonne partie vers le premier. Là encore, on n’est pas dans le méga subtil, mais ça marche. Et ce souvent ! Il n’y pas un gag par heure, mais des moments vraiment amusants qui surviennent constamment. On n’a donc aucune chance de s’ennuyer et de trouver le temps long. Sur la fin, l’humour laisse place à un long moment de pur action mais qui est encore plus prenant. On sort donc de ce film sur une excellente impression.
Cependant, ces deux éléments tiennent assez bien la route pour que les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec constitue un vrai bon divertissement drôle et distrayant. Pas du grand cinéma, comme je l’ai dit, mais un film qui se laisse voir avec plaisir, si on met de côté la légère frustration liée au fait qu’il ne soit pas tout à fait ce qu’il aurait pu être. Ah si Jean-Pierre Jeunet aurait été derrière la caméra… Bref, c’est Luc Besson qui y est, on n’y peut rien et avec bien des réalisateurs français, cela aurait pu être bien pire. Et puis, vue l’énorme ouverture sur un deuxième volet qui conclut le film, ne doutons pas qu’il aura l’occasion de faire mieux la prochaine fois. 
Par contre, Green Zone souffre d’un gros point noir. C’est sa réalisation. Si Peter Greengrass nous avait déjà prouvé avec la trilogie Jason Bourne qu’il maîtrisait parfaitement ce genre de scénario, son goût immodéré de la caméra sur l’épaule est peut-être justement quelque peu immodéré. Ajouté à cela le fait qu’il arrive à caser quatre ou cinq plans dans la même seconde, la nausée n’est pas toujours loin. Et surtout, certaines scènes d’action tournent au n’importe quoi, complètement illisible, avec des gros plans sur des genoux ou des coudes. Ils ne durent qu’un dixième de seconde certes, mais cela fait quelque peu brouillon. Le but est bien sûr de placer le spectateur au cœur de l’action, mais personnellement, mon regard ne change pas de perspective dix fois par seconde dans la vraie vie. Bref, les allergiques à ce style seront carrément dégoûtés, les autres trouveront ça tout de même hyper pénible.
Ajami fut tourné quasiment uniquement avec des acteurs amateurs. Cela ne se ressent absolument car tout le casting, très fourni, est remarquable. On pourra donc saluer à la fois le talent des deux co-réalisateurs en termes de direction artistique et évidemment l’ensemble des acteurs. La réalisation caméra à l’épaule, image genre caméra amateur, est un style classique quand l’immersion du spectateur est recherchée. Mais heureusement, Scandar Copti et Yaron Shani savent aussi qu’un plan a le droit de durer plusieurs secondes, alors on n’échappe à l’envie de vomir… Pour ça, attendez pas critique de The Green Zone qui arrive très vite. 
La seule faiblesse de Tête de Turc est peut-être son dénouement qui se focalise sur le seul aspect de cette histoire, qui en compte beaucoup, qui n’a pas vraiment d’intérêt. Certes, c’est une manière d’achever l’histoire, mais cela donne l’impression qu’il manque une réelle conclusion à tout ça. Une fin forte aurait vraiment donné une autre dimension à cette histoire. Cela n’enlève rien à son intérêt, mais cela fait sortir de la salle sur une petite pointe de frustration.
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