SEX AND THE CITY 2 : Si toi aussi, au fond, tu es une pouffe à paillettes

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sexandthecity2afficheNous avons tous une pouffe qui sommeille en nous. Chez moi, elles sont trois à avoir le pouvoir de révéler celle qui demeure dans mon for intérieur : Britney Spears, Beckie Bloomwood (L’Accro du Shopping) et Carrie Bradshaw. 95% du temps, je joue aux jeux vidéos, je regarde le foot en buvant de la bière et en me grattant les… Bref, les 5% du temps, je change radicalement. Comme le temps d’un Sex and The City 2 !

Après deux ans de mariage, Carrie et Big connaissent l’écueil de tous les couples : la routine… et pire encore, la télévision dans la chambre ! Que faire pour remettre des paillettes dans leur vie ? En attendant, Samantha lui propose de tout oublier par un séjour tous frais payés à Abu-Dhabi, en compagnie naturellement de Miranda et Charlotte, trop heureuses de faire une pause dans leur difficile vie de mère de famille.

Sex and The City 2 est typiquement le genre de film qu’il est très difficile de juger objectivement. En fait, objectivement, si vous n’avez jamais vu, et à fortiori, si vous n’avez pas aimé, la série, inutile d’aller voir ce film, il n’aura guère d’intérêt. Voilà, c’était la fin du paragraphe objectif, passons désormais en mode fan qui juge ce film avec les yeux de l’amour. Et on sait bien que s’il ne rend pas toujours complètement aveugle, en tout cas, il trouble quelque peu la vue.

Retrouver Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte suffirait déjà presque à notre bonheur. Mais bon, on est quand même sur grand écran, alors on veut en avoir plein les mirettes. A ce niveau-là, Sex and The City 2 remplit parfaitement son rôle. Vous vous dites que la série avait totalement fini de nous faire explorer tous les coins et recoins d’un Manhattan branché, où la mode règne en maître, où un magasin Prada est ce qu’il y’a de plus proche du paradis ! Et bien que cela ne tienne, ce film vous emmènera là où le luxe prend une autre dimension, à Abu-Dhabi, une des cités folles qui pousse aux Emirats.

Alors, bien sûr, tout cela sonne comme l’apologie du glamour clinquant et totalement artificiel. Bah en fait, ça ne fait pas que sonner comme, ça l’est. Mais c’est aussi pour ça qu’on a aimé la série et qu’on aimera Sex and The City 2. On peut toujours lui reprocher l’absence total de regard critique, mais c’est un peu comme reprocher à Star Wars de ne pas aborder le problème de la pollution causée par les satellites usagés. C’est simplement pas le sujet ici. On est face ici à du pur divertissement, pas à de la critique sociétale.

sexandthecity2Mais bon, tout cela n’est que de l’anecdotique, puisque la seule question pertinente pour juger la qualité de Sex and The City 2 est simplement : Arrive-t-il à nous faire rire ne parlant des rapports amoureux…enfin de sexe quoi ? Et la réponse est totalement affirmative. Allez, on peut l’avouer, le film n’aurait sûrement rien perdu à être un peu plus court, mais bon, plus c’est long plus c’est bon. Et franchement, rien pour le final dans le souk d’Abu-Dhabi, le film vaut le coup d’être vu. On retrouve dans ce vrai moment de bravoure cinématographique ce qui a fait le succès phénoménal de la série : un vrai politiquement incorrect qui fait du bien, beaucoup de bien !

Sex and The City 2 est un film sourire… C’est à dire un film que l’on regarde avec un air niais tout du long, content d’être là et ne voulant être nul par ailleurs. Un film qui fait naître un enthousiasme démesuré face à une intrigue finalement assez pauvre, une superficialité totalement assumée et une mise en scène plus efficace qu’artistique. Mais voilà, c’est la magie des séries et de l’attachement profond qu’il fait naître pour des personnages qui ont partagé votre vie au gré des saisons (cf. un excellent article écrit sur ce sujet sur mon blog !). Et je ne dis pas ça uniquement parce que j’ai toujours été amoureux de Miranda… Enfin ça joue quand même un peu.

Sex and The City 2 apportera donc au fan de la série les paillettes et les dialogues crus qu’il attendait ! Et ça suffit à son bonheur ! Un grand bonheur !

Fiche technique :
Production : Michael Patrick King, Sarah Jessica Parker, Darren Star, John Melfi, New Line cinema, HBO Films, Village Roadshow
Distribution : Warner Bros. Entertainment France
Réalisation : Michael Patrick King
Scénario : Michael Patrick King
Montage : Michael Berenbaum, A.C.E.
Photo : John Thomas
Décors : Lydia Marks
Son : William Sarokin
Musique : Aaron Zigman
Effets spéciaux : Sheena Duggal
Maquillage : Nuria Sitja
Directeur artistique : Miguel Lopez-Castillo
Durée : 135 mn

Casting :
Sarah Jessica Parker : Carrie Bradshaw
Cynthia Nixon : Miranda Hobbes
Kim Cattrall : Samantha Jones
Kristin Davis : Charlotte York
Chris Noth : Mr. Big
David Eigenberg : Steve Brady
Liza Minelli : Liza Minelli
Evan Handler : Harry Goldenblatt
Penelop Cruz : Carmen Garcia Carrion 

LES MAINS EN L’AIR : Les enfants indignés

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lesmainsenlairafficheAprès le succès critique et commercial du très beau Welcome, le cinéma français s’attaque à nouveau au sujet délicat de la politique de « gestion » de l’immigration actuellement menée en France, des expulsions et des drames qui les entourent. Les Mains en l’Air est un film engagé au message clair, avec comme vedette Valéria Bruni-Tedeschi, la propre sœur de Carla, la femme de… Bref, sans faire de politique ici (j’en fais assez dans la vraie vie), c’est quand même particulièrement délectable.

Milana, réfugiée tchétchène de 11 ans, et ses amis sont les rois de la débrouillardise. Ils trafiquent les copies de DVD à partir de leur QG secret et s’organisent pour se transmettre les réponses aux devoirs. Mais leur quotidien est bousculé par l’expulsion hors du territoire national de certains de leurs camardes. Ils réalisent alors que Milana est elle aussi menacée. Même si les adultes se mobilisent, les enfants décident de prendre les choses en main.

Faire un film dont les personnages principaux sont des enfants n’est pas toujours facile. On tombe soit dans le cucul, soit à vouloir en faire des petits adultes pour rendre l’histoire plus dramatique, on perd toute crédibilité. Les Mains en l’Air évite ses deux écueils, malgré la charge émotionnelle forte. Bien sûr, ces enfants ont une personnalité très marquée, une intelligence et un sens de la répartie qu’on souhaiterait tous avoir. On comprend aisément l’attachement qu’enfant comme adultes peuvent ressentir pour Milana, vu que l’on a tous envie de l’adopter dare-dare !

Le monde des adultes est quant à lui plus en retrait et tourne quasiment exclusivement autour du personnage interprété par Valéria Bruni-Tedeschi et ses relations avec le reste de sa famille, qui ne voit pas toujours d’un très bon œil son engagement. Cette actrice peut insupporter, mais elle trouve là un rôle dans lequel elle semble se glisser sans effort. Encore une fois, ce n’est pas elle la star de l’histoire, mais elle occupe assez souvent l’écran pour que sa performance pèse fortement sur la qualité générale du film. Donc si vous ne la supportez pas, cela risque de vous gâcher le plaisir. Les fans, au contraire, se régaleront.

lesmainsenlairLa comparaison avec Welcome est difficile à éviter. Les Mains en l’Air nous raconte une histoire beaucoup moins forte et dramatique. Mais cette histoire plus ordinaire est du coup beaucoup plus proche de notre quotidien. Les enfants de ce film pourrait être les nôtres ou ceux de nos voisins. Du coup, l’identification joue à fond et l’émotion est peut-être plus simple, plus directe, mais tout aussi forte.

Mais si Les Mains en l’Air nous propose une histoire plus simple que Welcome, du coup, il manque un peu de contenu. On peut lui reprocher quelques longueurs, où le film devient largement contemplatif. Ces moments auraient pu servir à faire naître la sympathie envers les enfants, mais celle-ci est immédiate, alors du coup certaines de ces séquences semblent un peu superflues. Cependant, si cela nuit à l’équilibre du film, cela n’enlève rien à l’émotion qu’il dégage.

Les Mains en l’Air n’est donc pas un grand film d’un point de vue purement cinématographique. Mais il touchera profondément tous ceux qui sont sensibles à ce sujet. Un sujet traité ici avec un humanisme et une simplicité qui ne s’apparentent en rien à un manque de recul, mais simplement à une indignation toute légitime.

Fiche technique :
Production : Les Films du Losange, France 3 Cinéma
Distribution : Les Films du Losange
Réalisation : Romain Goupil
Scénario : Romain Goupil
Montage : Laurence Briaud
Photo : Irina Lubtchansky
Décors : Jean-Baptiste Poirot
Son : Sophie Chiabaut, Hélène Ducret, Dominique Dalmasso
Durée : 90 mn

Casting :
Jules Ritmanic : Blaise
Linda Doudaeva : Milana
Hippolyte Girardot : Rodolphe
Valeria Bruni Tedeschi : Cendrine
Louna Klanit : Alice
Romain Goupil : Luc

ROBIN DES BOIS : Quand Robin paresse sur le chemin de Sherwood

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robindesboisafficheParmi mes plus grands amours cinématographiques, figurent le réalisateur Ridley Scott et Robin des Bois… Enfin Robin des Bois, version Disney, que j’avais vu trois fois en un week-end étant enfant. Et oui, la cinéphilie compulsive m’a pris dès le plus jeune age. Quant au réalisateur anglais, bon nombre de ses films figurent dans mon panthéon (Alien, Gladiator, Kingdom of Heaven, Legend, Black Rain, Thelma et Louise, Les Associés, American Gangster, Mensonge d’Etat…). Alors de la rencontre des deux, j’attendais beaucoup. Malheureusement, j’ai surtout récolté une très grosse déception.

Le Royaume d’Angleterre croule sous les taxes imposés par le Prince Jean, qui règne en attendant que Richard Cœur de Lion revienne de croisade. Mais ce dernier s’attarde en France où il multiplie les pillages pour payer ses hommes. Parmi ces derniers, Robin Longstride qui va se faire remarquer pour son insolence. Pendant, ce temps, le Roi de France, sentant son ennemi affaiblit, complote pour préparer une invasion.

Ce Robin des Bois raconte en fait les aventures de Robin des Bois avant Robin des Bois. Un peu comme Casino Royale racontait James Bond avant James Bond. Mêmes les légendes connaissent des grands débuts, l’archer le plus célèbre d’Angleterre n’échappe pas à la règle. Ainsi l’histoire n’est pas tout à fait celle que l’on l’habitude d’entendre sur ce personnage mythique. On aurait pu prendre ça pour une volonté de nous le présenter sous un jour plus proche d’un Robin historique (que l’on a jamais vraiment identifié). Sauf que les livres d’histoire en prennent un coup avec ce film, même si évidemment, cela ne constitue pas un handicap en soi.

Le gros problème de ce Robin des Bois, c’est qu’il ne s’y passe pas grand chose. Et quand enfin, il y’a un peu d’action, cela est loin d’être transcendant. Franchement, la scène de bataille finale fait minable par rapport à ce que Ridley Scott est capable de faire, notamment si on compare à la prise de Jérusalem dans Kingdom of Heaven. Si je devais qualifier ce film, le terme de paresseux m’apparaît le plus approprié. Personne ne force son talent, tout est poussif et se contente du minimum. On sent bien que le film n’est pas tourné par un vulgaire tâcheron, mais jamais une once de génie ne transparaît. Bref, on s’ennuie.

robindesboisEt malheureusement, les acteurs se mettent au diapason, Russel Crowe en premier lieu. On pourra toujours accuser une direction d’acteurs défaillante de la part de Ridley Scott, mais allez, soyons un peu magnanime avec lui et ne lui mettons pas tout sur le dos. L’acteur australien nous livre une prestation sans relief, comme si ses regards virils suffisaient à nous faire grimper aux rideaux. Nous ne sommes pas des spectateurs faciles, Monsieur Crowe ! Le seul qui s’en sort un peu mieux que les autres est Mark Strong qui est en train de devenir le méchant fétiche d’Hollywood. Mais malheureusement, son personnage, comme tout le film, se résume à un gros cliché manichéen.

Le film faisant quand même 2h20, je ne vais en plus vous imposer une critique trop longue. Robin des Bois est donc une vraie (et terriblement longue) déception, malgré les espérances et les promesses qu’il portait. Dommage.

Fiche technique :
Production : Universal pictures, Imagine entertainment, Realtive media, Scott Free productions, Russell Crowe
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Brian Helgeland
Montage : Pietro Scalia
Photo : Jon Mathieson
Décors : Arthur Max
Distribution : Universal Pictures International France
Musique : Marc Streitenfeld
Effets spéciaux : Richard Stammers
Durée : 130 mn

Casting :
Russell Crowe : Robin Longstride
Cate Blanchett : Marianne Loxley
Mark Strong : Godefroy
Danny Huston : Richard Coeur de Lion
Oscar Isaak : Le prince Jean
William Hurt : William Marshal
Max Von Sydow : Sire Walter Loxley
Jonathan Zaccaï : Le Roi Philippe
Léa Seydoux : Aliénor d Aquitaine

ENTER THE VOID : Overdose

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enterthevoidafficheLe moins que l’on puisse dire, c’est que Gaspard Noé n’est pas vraiment un réalisateur qui cherche à être consensuel. Son premier film, Irréversible, avait déjà suscité débat et polémique. La forme était assez révolutionnaire, le fond était parfois à la limite de l’insoutenable, avec notamment une scène de viol particulièrement dure. Enter The Void reproduit à peu près le même schéma. Une forme remarquablement originale, mais un fond nettement moins convaincant. Et pour un film de 2h30, ça ne pardonne pas.

Oscar vit à Tokyo, où il deale et s’occupe de sa petite sœur, Linda. Mais lors d’une altercation avec la police, il est abattu. Son âme s’élève alors au dessus de son corps. Il pourra alors revivre sa propre expérience et assister aux évènements qui suivront son décès.

Enter The Void, pendant une petite demi-heure, nous permet de suivre les dernières heures d’Oscar en caméra subjective. Il nous fait partager l’altération de sa perception par les drogues qu’il consomme. Une sorte de trip psychédélique cinématographique qui constitue une vraie expérience artistique. Puis, on change de point de vue en épousant le point de vue de son âme qui flotte au-dessus de Tokyo. L’ensemble des évènements seront donc désormais vus du dessus, à part les quelques flash-backs. Là encore, c’est original, perturbant, mais… et c’est un gros mais, un très gros mais, pendant plus de deux heures, c’est carrément pénible.

On ne pourra pas reprocher à Gaspard Noé de ne pas avoir exploité son concept visuel jusqu’au bout. D’un point vue « l’art pour l’art », Enter The Void est un film vraiment exceptionnel, car il est désormais extrêmement rare de pouvoir assister à un spectacle cinématographique aussi radicalement nouveau. Mais voilà, totalement centré sur son idée géniale, il oublie totalement le reste et notamment le spectateur, ce qui est quand même relativement regrettable. Il ne semble jamais être maître de son sujet, allant jusqu’à sombrer dans le ridicule par un des derniers plans du film qui a provoqué l’hilarité de la salle. Et croyez-moi bien que ce n’était pas du tout l’idée du réalisateur !

enterthevoidEnter The Void en oublie donc d’être génial à force de se prendre au se prendre au sérieux. Et encore une fois, la longueur du film rend le tout insupportablement pénible. Tenir jusqu’au bout est extrêmement courageux (ce ne fut pas le cas de tout le monde dans la salle), tant la curiosité du début fait rapidement place à une envie que tout cela se termine enfin. Dans un film qui parle autant de drogue, un mot vient immédiatement à l’esprit pour qualifier la sensation transmise par ce film : overdose. Overdose d’images, de musique, de cette histoire qui n’en finit pas, de lumières, de sons. Overdose de tout en fait.

Enter The Void est particulièrement cru, avec notamment des scènes sexuelles très explicites. Cela ne poserait évidemment pas un problème en soi, si le tout n’était pas à nouveau exploité jusqu’à la nausée. Les dix dernières minutes, notamment, n’en finissent plus de finir, avant de s’achever sur le grand éclat de rire que j’ai évoqué plus haut. Gaspard Noé en fait trop, beaucoup trop, infiniment trop.

Enter The Void est un film unique, un objet cinématographique d’exception. Mais, final, il s’agit surtout d’un film incroyablement prétentieux et surtout vous fait vivre une impression d’ennui aussi exceptionnel que l’expérience visuelle qu’il propose.

Fiche technique :
Production : Wild bunch
Réalisation : Gaspar Noe
Scénario : Gaspar Noe
Montage : Gaspar Noe, Marc Boucrot, Jérôme Pesnel
Photo : Benoit Bebie
Décors : Marc Caro
Distribution : Wild bunch distribution
Musique : Thomas Bangalter
Durée : 165 mn

Casting :
Masato Tanno : Mario
Olly Alexander : Victor
Nathaniel Brown : Oscar
Paz de la Huerta : Linda
Cyril Roy : Alex 

PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS : Bon comme un bon film

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princeofpersialessablesdutempsaffichePrince of Persia : les Sables du Temps, voilà encore un film que j’ai vraiment failli ne pas aller voir. Déjà parce que les adaptations cinématographiques de jeux vidéos ne sont que très rarement transcendantes et parce que la bande-annonce m’avait fait craindre le pire. Bon, il faut dire que je l’ai vu plusieurs fois en VF et là, effectivement, ça faisait très peur. Mais bon, voilà, Télérama a beaucoup aimé… Oui, je sais, j’en entends déjà hurler tout le mal qu’ils pensent des critiques de ce journal. Certes, quand ils encensent un film moldave tourné en noir et blanc, je me méfie et ne me précipite pas forcément pour le voir. Mais quand ils disent du bien d’un gros blockbuster qui tâche, c’est généralement le signe d’un film plutôt réussi… Et c’est le cas ici.

Dastan est un des trois fils du Roi de Perse. Mais un fils adoptif. Pourtant l’harmonie semble régner dans la famille royale. Le siège d’une ville sacrée, qui est censée abriter des fabriques d’armes vendues aux ennemis de l’Empire va lui permettre de briller. Mais quand son père est mystérieusement assassiné et que tout l’accuse, il est obligé de s’enfuir en compagnie de la princesse locale qui semble surtout intéressée par une dague aux pouvoirs mystérieux.

Que demande-t-on à un film d’aventures qui cherche avant tout à distraire ? Et bien du rythme, de l’action, ainsi que de l’action et du rythme. Et Prince of Persia : les Sables du Temps réunit ses deux éléments. Il est donc pour moi totalement réussi et atteint parfaitement son but. J’ai passé un très bon moment, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde et j’ai même été parfois enthousiaste. Que demander de plus, franchement !

Après évidemment, si je développe, je vais forcément devoir pointer toutes les faiblesses de Prince of Persia : les Sables du Temps. Et il n’en manque pas. Dans le désordre, des faiblesses dans le scénario, une réalisation souvent ras des pâquerettes, une direction d’acteurs minimaliste, des dialogues pas toujours transcendants et des clichés à la pelle. Mais bon, voilà, on s’en fout, parce qu’au milieu de tout ça, ça court, ça saute, ça virevolte, ça se bat, ça n’arrête pas ! On n’a donc pas du tout le temps de penser à tous les petits défauts qui constellent ce film.

princeofpersialessablesdutempsEvidemment, tout cela fait de Prince of Persia : Les Sable du Temps un sympathique divertissement, pas un grand film destiné à devenir culte. Mais bon, peut-on vraiment lui en vouloir ? A la fois, un grand film est juste un film plus grand que les autres, donc il faut bien des films juste bien pour qu’il existe. Alors on remerciera tous Mike Newell de ne pas être Stanley Kubrick. Et oui, j’ai l’art de positiver et ce n’est pas le moindre de mes talents !

Enfin, Prince of Persia : Les Sables du Temps peut se laisser voir pour simplement admirer la sublime Gemma Arterton, qui est ici mille fois mieux mise en valeur que dans cette grosse bouse du Choc des Titans (je vous ai déjà dit que j’ai détesté ce film ?). Elle arrive à éclipser la beauté des décors et des effets spéciaux (mais bon, on n’est un peu blasé à ce niveau-là à force) par son charme et sa grâce. Bref, un vrai régal pour les yeux.

Vous l’aurez compris, Prince of Persia : Les Sables du Temps ne m’a pas une seule seconde déçu. Pas un grand film, mais un film qui remplit totalement son rôle de film d’aventures divertissant.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Jerry Brukheimer films
Distribution : Walt Disney Pictures France
Réalisation : Mike Newell
Scénario : Boaz Yakin, Doug Miro, Carlo Bernard
Montage : Michael Kahn, Martin Walsh, Mick Audsley
Photo : John Seale
Format : 35mm
Décors : Wolf Kroeger
Musique : Harry Gregson-Williams
Effets spéciaux : Trevor Wood
Durée : 116 mn

Casting :
Jake Gyllenhaal : Dastan
Sir Ben Kingsley : Nizam
Gemma Arterton : Tamina
Alfred Molina : le cheikh Amar
Steve Toussaint : Seso
Toby Kebbell : Garsiv 

FREDDY : LES GRIFFES DE LA NUIT : Sans intérêt

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freddylesgiffesdelanuitafficheAvant on faisait des remakes, c’est à dire qu’on refaisait de vieux films, généralement plusieurs décennies après l’original. Ce n’est pas nouveau, puisqu’un film comme Ben-Hur, avec Charlton Heston, en est un. Vous me direz que ça se pratique encore en prenant l’exemple du Choc des Titans, mais voyez-vous, pour le coup, je préfère oublier. Mais désormais, la mode est au reboot… Là ce n’est simplement un film que l’on refait à neuf, mais une série de films, ou franchise si vous voulez parler comme un pro. La dernière en date est donc la série des Freddy, dont l’originale comportait sept opus. Mais quand on voit la qualité de ce nouveau Freddy : les Griffes de la Nuit, on espère très fort qu’il ne fera pas autant de petits.

Il est déconseillé de dormir quand vous êtes un adolescent et que vous habitez Elm Street. Vos cauchemars seront hantés par un homme au visage brûlé, portant un vieux pull rayé et surtout des ciseaux au bout des doigts. Ca ne serait pas si grave si ce mystérieux personnage n’avait le pouvoir de vous éventrer dans leur sommeil. De quoi en perdre le sommeil.

Bon, j’avoue qu’en cinéma d’horreur, ma culture a de sévères lacunes… La preuve, je n’ai vu aucun des films originaux mettant en scène le très sexy Freddy Kruger. Je ne ferai donc pas trop de comparaisons. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec le remake de Massacre à la Tronçonneuse, sorti en 2003. D’un film à petit budget mais avec beaucoup d’imagination, on fait un film plat et sans intérêt. Tout le charme initial a disparu et par la même occasion l’effroi qui pouvait s’en dégager.

Une des malchances de ce Freddy : les Griffes de la Nuit est d’être sorti quelques mois après le formidable Esther. Si les contextes sont très différents, on est sur le même principe de « il y’a sûrement un truc dangereux derrière la porte…ou pas ». C’est cette incertitude constante qui nous fait trembler et maintient une tension constante. Sauf que dans ce film, il y’a toujours un truc dangereux derrière la porte, à savoir le Freddy en question. Du coup, on se lasse très vite de voir dix fois, vingt fois la même scène dont seul le décor change. Bref, créativité et originalité zéro et un scénario aussi plat que les plaines de la Beauce.

freddylesgriffesdelanuitPeut-être que des yeux vierges d’un tel spectacle seront tout de même impressionné par ce Freddy : les Griffes de la Nuit. Car c’est vrai que c’est techniquement très propre. Les effets spéciaux sont parfaitement réalisés, la mise en scène ne brille pas spécialement par son génie, mais démontre une certaine maîtrise. Quant au casting, là aussi rien à redire et même un petit coup de cœur pour la jeune Rooney Mara, dont la performance est peut-être la seule raison de se réjouir de ce film. Mais mon Dieu que tout cela est lisse…

Se pose donc la question existentielle : à quoi sert ce remake ? A quoi ça sert de refaire ce qui a déjà été fait en cent fois moins bien ? Il y’a bien sûr une histoire de gros sous derrière tout ça. Et vous me direz que j’ai moi-même contribué à donner raison aux producteurs en allant voir leur navet. Bon, je ne peux pas non plus avoir toujours de bonnes idées. La fin du film qui ouvre gros comme une raison sur une suite, je promets de ne pas me faire avoir une seconde fois.

En tout cas, ce Freddy : les Griffes de la Nuit m’aura donner deux bonnes idées : voir enfin l’original et revoir Esther ! Celles-là, elles sont très bonnes !

Fiche technique :
Production : Warner Bros, New Line Cinema, Platinium Dunes
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Samuel Bayer
Scénario : Welsey Strick, Eric Haisserer
Montage : Glen Scantlebury
Photo : Jeff Cutter
Format : 35mm
Décors : Patrick Lumb
Musique : Steve Jablonsky
Directeur artistique : Craig Jackson
Durée : 95 mn

Casting :
Katie Cassidy : Kris Fowles
Rooney Mara : Nancy Holbrook
Kyle Gallner : Quentin Smith
Jackie Earle Haley : Freddy Krueger
Thomas Dekker : Dean Russell

CRAZY NIGHT : Une comédie qui fait rire

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crazynightafficheAllez, ne soyez pas timides, avouez-le. Je sais que je vous ai manqués ! Bah oui plus de quinze jours sans ciné pour moi, et donc sans critiques pour vous, ça a semblé être une éternité. Mais bon, hier enfin, j’ai réussi à trouver un moment de libre dans mon emploi du temps de ministre pour me faire une petite soirée ciné. Et pour la débuter en beauté, j’ai été voir Crazy Night, une comédie américaine qui aurai pu ne pas être drôle et qui finalement l’est.

Les Foster forment un couple modèle. Une maison en banlieue, un club de lecture, deux enfants et des sorties romantiques toujours dans le même resto. Bref, ils se font grave chier, mais ne se l’avouent pas vraiment ! Mais quand un couple d’amis décide de se séparer, ils prennent tous les deux conscience qu’il faut réagir. Et bien, direction New York, pour une soirée romantique dans un des restaurants les plus branchés. Mais la soirée en question va vite virer au cauchemar.

Dans la série des traductions absurdes, Crazy Night tient une jolie place, puisque le titre original est Date Night… Il ne vaut mieux ne pas chercher à comprendre… Si tant est qu’il y’ait quelque chose à comprendre. Bon, en tout cas, ce film, j’ai longtemps pensé ne pas aller le voir. Ayant vu la bande-annonce 653 fois, je me suis dit que j’avais déjà vu les meilleurs moments du film, comme c’est souvent le cas dans la bande-annonce. C’est au final pas totalement faux, mais pas totalement vrai non plus.

Ce sont au final les bonnes critiques qui m’ont incité à aller voir Crazy Night. Non qu’elles soient dithyrambiques, certaines sont même très mauvaises, à l’inverse personne ne crie au génie. Mais il y’en a un certain nombre qui prennent ce film pour ce qu’il est, un sympathique divertissement, sans aucune profondeur, mais avec assez de consistance pour maintenir les zygomatiques du spectateur en éveil pendant une heure et demi. On n’est loin des sommets dans le genre d’un Very Bad Trip, mais on aurait bien eu tort de s’y attendre.

L’absence de profondeur ne signifie pas forcément que le film ne développe pas certains thèmes en dehors de la comédie. Ici, c’est la vie de couple et la routine qui en découle qui sert de fil conducteur. Comme souvent, c’est la description de quand ça va mal qui fonctionne le mieux. A n’en pas douter, vous reconnaîtrez quelques couples de votre connaissance pendant le premier quart d’heure. Bon si, vous commencez à vous reconnaître vous-même, il est temps d’emmener votre partenaire pour un voyage inattendu ! Plus sérieusement, on a tous connu les affres de la routine et forcément, on ne peut échapper à une légère impression de « ça sent le vécu » qui rend les choses beaucoup plus drôles.

crazynightAprès, le reste du film s’assimile plus à la grosse farce et au premier degré. Mais Crazy Night recèle quelques moments de bravoure délectables, comme une poursuite en voiture qui arrive à être originale, ce qui est loin d’être facile vu le nombre qui ont déjà eu lieu sur grand écran. L’intrigue policière sous-jacente est des plus basiques, mais là n’est vraiment pas l’essentiel. L’essentiel est qu’on rit beaucoup et ça tombe bien, on était venu pour ça.

Crazy Night fonctionne bien, surtout parce que le couple Steve Carell-Tina Fey fonctionne lui aussi à la perfection. Si on ne ressentait aucune tendresse pour eux, le film aurait vite capoté. Evidemment, Steve Carell en fait un peu beaucoup parfois, mais Tina Fey ne s’en laisse pas compter et impose son charme et son talent face aux facéties de son partenaire. Un mot enfin sur la présence à l’écran du beaucoup trop rare Ray Liotta qui interprète là une nouvelle fois un rôle de gangster. Ah qui aurait imaginé après les Affranchis qu’il aurait une carrière si famélique…

Crazy Night n’est donc pas la comédie de l’année, mais un bonne tranche de rire à consommer sans modération.

Fiche technique :
Production : Shawn Levy, 21 Laps, Media Magik
Distribution : Twentieth Century Fox
Réalisation : Shawn Levy
Scénario : Josh Klausner
Montage : Dean Zimmerman
Photo : Dean Semler
Décors : David Gropman
Musique : Christophe Beck
Directeur artistique : Dan Webster
Durée : 88 mn

Casting :
Steve Carell : Phil Foster
Tina Fey : Claire Foster
Mark Wahlberg : Holbrooke
Taraji P. Henson : Detective Arroyo
Jimmi Simpson : Armstrong
James Franco : Taste
William Fichtner : Franck Crenshaw
Kristen Wig : Haley Sullivan
Mark Ruffalo : Brad Sullivan
Ray Liotta : Joe Miletto 

L’ELITE DE BROOKLYN : Joli trio pour un film classique

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lelitedebrooklynafficheLe flic new-yorkais est un sujet cinématographique particulièrement apprécié. Vous me direz celui de Los Angeles, Miami ou Chicago également, mais la Grosse Pomme, c’est un monde à part, une ville qui fait rêver à nulle autre pareille. Et bien dans l’Elite de Brooklyn, ce n’est pas un mais trois flics qui vous sont offerts ! Elle n’est pas belle la vie ?

Eddie n’est plus qu’à une semaine de la retraite et aimerait y arriver au plus vite, pour fuir ce métier qui ne l’anime plus depuis longtemps et l’a fait plonger dans l’alcool. Sal est en train de tourner au ripou, même si c’est pour pouvoir offrir à sa famille un logement décent. Tango, quant à lui, bosse en infiltration depuis plusieurs années. Il n’en peut plus de cette situation et voudrait en sortir au plus vite, même si sa hiérarchie dit encore avoir besoin de lui.

L’Elite de Brooklyn est un film extrêmement classique, aussi bien dans le fond que dans la forme, mais non dénué de qualités. Un polar noir, centré sur le destin et la personnalité de flics qui s’enfoncent peu à peu dans un logique qui les envoie droit dans le mur. Bref un sujet quelque peu raconté mille fois, si ce n’est plus, mais dont on ne se lasse pas quand c’est bien fait. C’est le cas ici et le choix des trois histoires parallèles (qui finissent tout de même par se rejoindre), si, là aussi, ce n’est pas révolutionnaire, cela permet au film d’être particulièrement riche et dense.

L’Elite de Brooklyn est un vrai film noir, dur et parfois violent. Les images sont parfois crues, âmes sensibles s’abstenir. Encore une fois, c’est avant le parcours des trois protagonistes qui est au cœur du scénario. Pas d’action ou de violence gratuites, juste là pour le spectacle. Mais leur parcours croisent des moments de grande violence, qui, eux, sont montrés sans détours. Et vous l’imaginez bien, les trois histoires ne se terminent pas par trois happy ends. Cependant, le film maintient le suspense jusqu’au bout sur le dénouement de chacune d’elles.

lelitedebrooklynL’Elite de Brooklyn est aussi un formidable casting. C’est d’ailleurs dans ce domaine que ce film se détache des productions du même type. Le trio de flics est interprété par Richard Gere, Ethan Hawke et Don Cheadle, avec Wesley Snipes en second rôle. Une affiche de prestige donc, surtout qu’ils font tous étalage de leur grand talent. Bien sûr, ce dernier n’est pas tout à fait égal entre eux. Ethan Hawke est vraiment la grande star de ce film, Richard Gere se contente d’être Richard Gere (ce qui est déjà pas mal… mais je me demande juste quand cet homme va se décider à vieillir ?) et Don Cheadle prouve qu’il peut être à la hauteur dans des rôles plus intéressants que le meilleur ami d’une boîte de conserve volante.

Un mot enfin sur la caméra de Antoine Fuqua, dont la filmographie semblait tirer vers le n’importe quoi depuis ses débuts avec le très réussi Training Day. Il nous offre ici un film de grande qualité, même si la prise de risque artistique et scénaristique est minime. Cependant, il fait preuve d’une vraie maîtrise. Ce qu’il fait, il le fait bien et c’est peut-être mieux comme ça.

L’Elite de Brooklyn est donc un film de grande qualité, dont la seule vraie limite est une légère impression de déjà vu. Mais un tel casting fait assez plaisir à voir pour que cela ne soit pas non plus insurmontable.

Fiche technique
Réalisateur : Antoine Fuqua
Scénariste : Michael C. Martin
Coordinateur des cascades : John Centatiempo
Directeur de la photographie : Patrick Murguia
Monteuse : Barbara Tulliver
Chef décoratrice : Thérèse DePrez
Costumière : Juliet Polcsa
Compositeur : Marcelo Zarvos
1er assistant réalisateur : Joe Napolitano
Ingénieur du son : Joe White

Casting :
Richard Gere : Eddie Dugan
Don Cheadle : Tango
Ethan Hawke : Sal
Lili Taylor : Angela
Wesley Snipes : Caz
Vincent D’Onofrio : Carlo
Ellen Barkin : L’agent du FBI
Will Patton : Lieutenant Bill Hobarts

DANS SES YEUX : Un Oscar amplement mérité

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danssesyeuxafficheFilm argentin, Oscar du meilleur film étranger, au dépend d’un Prophète notamment, Dans ses Yeux est enfin arrivé en France après avoir séduit la critique du monde entier. Il est d’ailleurs vraiment dommage qu’un tel film ne bénéficie pas de la même couverture médiatique qu’un navet comme Iron Man 2 (sans même parler du Choc des Titans). Pourtant, polar bourré d’humour, de suspense et de romance, ce film séduira un très large public par ses formidables qualités.

Il y’a 25 ans, en 1974, Benjamin Esposito enquêtait sur le meurtre violent d’une jeune fille. Cette affaire l’a hanté toutes ces années et il se décide à en faire un roman. Ce sera l’occasion de se replonger dans les méandres de cette investigation et de retrouver sa collègue d’alors, dont il était follement amoureux.

Dans ses Yeux est un film particulièrement riche, à la frontière entre plusieurs genres, qu’il réunit de la meilleure des façons. Le fil rouge est évidemment l’enquête menée dans le passé, mais qui se poursuit encore partiellement dans le présent. Nous sommes là devant un vrai polar, avec les rebondissements qu’il faut, les fausses pistes et le suspense indispensables à ce genre de production. Juan José Campanella est un scénariste vedette du monde des séries (il est un des auteurs attitré pour Docteur House notamment) et cela se ressent dans cette faculté à dérouler des intrigues parallèles, sans que cela ne nuise jamais à la clarté de la narration.

Dans ses Yeux joue également largement la carte de la comédie. Benjamin Esposito et son compère, Pablo Sandoval, sont deux enquêteurs aussi maladroits qu’acharnés. Il faut dire qu’on n’est loin des Experts, niveau moyens d’investigation, et qu’ils doivent faire face à l’hostilité de leur hiérarchie qui n’a pas guère envie de passer plus de temps que cela sur cette affaire. Du coup, ils font avec les moyens du bord, n’hésitant pas à mentir afin de passer entre les gouttes. Ce film ne bascule du coup jamais vraiment totalement dans le film noir, même quand l’intrigue se fait plus dure.

Dans ses Yeux est enfin une très belle histoire d’amour. On est là face à un mélange des genres délicat qui aurait pu très vite alourdir le film, mais il n’en est rien, je serais même tenté de dire au contraire. Cet aspect contribue, comme l’humour, à contrebalancer la noirceur de l’enquête pour en faire un film parfaitement équilibré. On peut ajouter également une toile de fond politique, puisque l’intrigue se déroule principalement à un époque où l’Argentine était en pleine dictature. Mais il s’agit plus d’un contexte, important certes, qu’un vrai élément constitutif de l’histoire, même si cela contribue évidemment à sa grande richesse.

danssesyeuxSi Juan José Campanella est très doué de sa plume, il l’est aussi de sa caméra. La photographie, le montage, la direction d’acteurs, tous ces éléments techniques sont parfaitement maîtrisés pour faire de Dans ses Yeux un film remarquable de ses points de vue là. Là encore, il esquive tous les pièges qui aurait pu le faire sombrer dans une lourdeur qui peut vite venir avec un film qui fait une large part aux flash-backs. Pas de flous artistiques ridiculement pompeux ou de fondus grotesques. La caméra navigue d’une époque à l’autre avec habileté sans jamais perdre les spectateur en route.

Un mot enfin sur les deux acteurs Ricardo Darin et Guillermo Francella, absolument remarquables. L’un est un premier rôle, l’autre un second, mais tous deux arrivent remarquablement à passer d’un genre à l’autre aussi habilement que le scénario. En gardant leur crédibilité aussi bien dans les moments sombres que les moments humoristiques, ils contribuent évidemment à la crédibilité générale du film. Si on ajoute à cela le charme discret de Soledad Villamil, on ne peut que saluer cette distribution, merveilleusement choisie.

Dans ses Yeux est donc un film aux qualités multiples, qui forment un tout encore meilleur que la sommes de ses parties. Bref, un Oscar amplement mérité !

Fiche technique :
Production : Tornasol films, Haddock Films, 100 Bares, Canal + Espana
Distribution : Pretty Pictures
Réalisation : Juan José Campanella
Scénario : Juan José Campanella, Eduardo Sacheri (d’après son roman)
Montage : Juan José Campanella
Photo : Félix monti
Décors : Marcelo Pont
Musique : Federico Jusid
Durée : 129 mn

Casting :
Ricardo Darin : Benjamin Esposito
Soledad Villamil : Irene Menéndez Hastings
Guillermo Francella : Pablo Sandoval
Pablo Rago : Ricardo Morales
Javier Godino : Isidor Gomez
Carla Quevedo : Liliana Coloto

IRON MAN 2 : Il va pleuvoir, les boîtes de conserve volent bas

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ironman2afficheNourri depuis le berceau aux comics, j’attends toujours avec impatience tous les nouveaux films de super-héros. Mais en fan et en cinéphile exigeant, je regarde toujours d’un œil critique toutes ces adaptations. Le premier volet des aventures de Iron Man m’avait plutôt déçu. J’espérais que le second soit de meilleure facture… C’est raté, la boîte de conserve volante ne s’élève toujours pas très haut.

Tony Stark est devenu une super star dans son rôle d’Iron Man, apportant au monde la paix et la sécurité. Il pavane, cherchant à oublier que son pouvoir a un prix qui l’emmène doucement à une mort certaine. Cette attitude en agace plus d’un et des doutes se font entendre sur sa capacité à assurer seul la mission qu’il s’est donné. Surtout quand un mystérieux personnage surgit avec un équipement proche du sien, alors qu’il avait toujours prétendu que cette technologie était inaccessible à un autre que lui.

Le grand défaut de Iron Man 2 repose dans le fait qu’il ne s’y passe…rien…ou si peu. Deux scènes d’action, dont une ridicule. Entre elles du blabla, du vide, du vent sans intérêt où Scarlett Johansson erre comme une âme en peine, méritant son titre d’actrice la plus sous-exploitée dans un film. Bref un scénario qui n’a pas du coûter trop d’efforts intellectuels à ses auteurs. Des scénariste sûrement très chèrement payés pour tant de médiocrité.

Le seul moment vraiment remarquable d’Iron Man 2 réside dans la scène de la course automobile, dont on voit de larges extraits dans la bande-annonce. Là, on frôle de s’étouffer de rire, tant tout est ridiculement invraisemblable. Alors qu’un méchant s’amuse avec des fouets électrifiés sur le circuit, tous les concurrents continuent de rouler comme si de rien n’était, tandis que par ailleurs une voiture de ville traverse le circuit à contre-sens. Bon, certains pourront dire que si les films de super-héros étaient réalistes, ça se saurait, mais là, c’est juste pathétique de j’m’en foutisme scénaristique.

On dit souvent que les méchants sont des personnages plus intéressants que les gentils. Pour le coup, dans Iron Man 2, on peut dire que c’est le cas, tant Mickey Rourke se donne en ridicule. Au moins, on n’oubliera pas sa prestation, une des plus mauvaises qu’il n’ait jamais donnée. Le vrai problème est qu’au fond, ce second volet est une sorte de remake du premier épisode, en beaucoup moins riche… Aucune réelle nouveauté, alors que la mythologie Marvel recèle assez de méchants divers et variés pour éviter l’impression de déjà vue. Mais bon encore une fois, ça aurait sûrement du demander trop d’effort.

ironman2Après techniquement, il est vrai que le film est impeccable. Mais bon, des films aux effets spéciaux superbes, on en a dix par mois sur nos écrans, il nous en faut désormais plus pour nous émouvoir. Restent alors l’humour de Robert Downey Jr, qui fonctionne tout de même dans cet océan de médiocrité, et le charme de Gwyneth Platrow pour sauver Iron Man 2 du désastre. C’est quand même peu, très peu.

Avant de finir, une petite remarque à l’adresse de tous ceux qui iraient voir ce film quand même après cette critique. Depuis toujours, les films Marvel comporte une scène à la toute fin du générique, alors ne faites pas comme tous ces criminels qui se jettent sur la sortie à la première seconde de ce dernier. Quand même, depuis le temps, les gens devraient quand même l’avoir compris, vu que c’est vraiment systématique. Mais visiblement, Marvel doit surestimer son propre public.

Iron Man est donc un navet qui ne vous plongera pas dans un ennui profond, mais ne vous permettra pas d’échapper à de très longs moments de consternation.

Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Jon Favreau
Scénario : Justin Theroux, d’après le comic book Marvel de Stan, Don Heck, Larry Lieber, Jack Kirby Lee
Montage : Dan Lebental, Richard Pearson
Photo : Jonathan Taylor
Décors : Lauri Gaffin
Son : Mark Ulano
Musique : John Debney
Effets spéciaux : Ben Snow
Maquillage : John Blake
Directeur artistique : David Klassen
Durée : 128 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Tony Stark
Gwyneth Paltrow : Pepper Potts
Don Cheadle : Rhodey
Scarlett Johansson : Natalie Rushman
Sam Rockwell : Justin Hammer
Mickey Rourke : Ivan Vanko
Samuel L. Jackson : Nick Fury