LE PREMIER QUI L’A DIT : Scandale dans la famille

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lepremierquiladitafficheParler avec humour d’un sujet sérieux est un processus vieux comme le monde, mais toujours efficace. Et le cinéma italien n’est pas le dernier à le mettre en œuvre, et même quelque fois de manière « extrême » avec La Vie est Belle qui nous a fait rire et pleurer avec une histoire nous emmenant dans les camps de concentration. Cette fois, le sujet est peut-être moins lourd, mais en rien anodin, mais Le Premier qui l’a Dit reste avant tout une savoureuse comédie.

Tommaso vient passer quelques jours dans sa famille, au cœur de l’Italie, avec une ferme résolution, celui de faire son coming-out. Mais au moment de prendre la parole, son frère aîné, Antonio, lui coupe la parole pour annoncer sa propre homosexualité. Leur père réagit en chassant Antonoio de la maison et en tombant victime d’un infarctus. Du coup, du peur d’achever son père, Tommaso remet sa déclaration à plus tard et supporter l’indignation homophobe de sa famille.

Le Premier qui l’a Dit traite un sujet plutôt contemporain (enfin pas dans son existence, mais dans sa présence sur le grand écran) d’une manière extrêmement classique. La confrontation d’une société traditionnelle avec des éléments contraires aux traditions est un ressort comique utilisé mainte et mainte fois. Il faut dire que cela renvoie à des situations que nous avons tous vécu au quotidien. Bon heureusement, toutes les grand-mères ne meurent pas d’un infarctus en découvrant le piercing à la langue de leur petite-fille.

Les comédies sur l’homosexualité sont nombreuses. Le Premier qui l’a Dit ne va pas révolutionner le genre, mais il est à ranger parmi les meilleures du genre. Le sujet est traité sans lourdeur, ni empathie excessive. Pas de clichés (ou si peu), pas sz violons larmoyants. On pourra d’ailleurs saluer une fin magnifique et qui n’est pas du tout celle qu’on aurait pu imaginer. Le film se distingue donc pas la justesse de son ton qui lui permet de faire passer un message sans se transformer en acte militant.

Le Premier qui l’a Dit n’oublie pas d’être drôle, même s’il est bien plus que ça. Il n’y pas non plus 12 000 séquences hilarantes, mais on passe tout le film le sourire aux lèvres. Le scénario est ponctué de gags à proprement dits, mais c’est le plus souvent la situation en générale qui prête à rire. Mais il faut admettre que le film aurait sûrement gagné à manier un humour plus corrosif. Il n’y a jamais de méchanceté, mais que de la tendresse envers les personnages. Cela ne représente pas forcément un problème en soi, mais cela donne un petit côté politiquement correct qui constitue la plus grande limite de ce film.

lepremierquiladitLe Premier qui l’a Dit nous permet de découvrir une belle (au sens propre et au sens figuré) brochette d’acteurs et d’actrices. Une grande partie du film repose sur les épaules de Riccardo Scamarcio, qu’on avait pu voir il n’y a pas longtemps dans le pas très bon Le Rêve Italien. Il ne s’en sort pas trop mal, même s’il se repose un peu trop sur son regard irrésistible. On lui préfèrera, et pas que pour des critères esthétiques, la belle Nicole Grimaudo dont le talent et le charme crèvent l’écran. Un mot aussi sur Ennio Fantastichini, irrésistible en père dépassé par les évènements, et Alessandro Preziosi, dont le rôle est court mais dont le charisme à l’écran est impressionnant.

Le Premier qui l’a Dit n’est donc pas la comédie de l’année. Mais elle constitue un divertissement intelligent, traitant avec une relative finesse d’un sujet dont ne parle jamais assez.

Fiche technique :
Production : Fandango, Rai Cinema, Apulia Film Commission
Réalisation : Ferzan Ozpetek
Scénario : Ferzan Ozpetek, Ivan Cotroneo
Montage : Patrizio Marone
Photo : Maurice Calvesi
Musique : Pasquale Catalano
Durée : 110 mn

Casting :
Riccardo Scamarcio : Tommaso
Nicole Grimaudo : Alba
Alessandro Preziosi : Antonio
Ennio Fantastichini : Vicenzo
Lunetta Saviano : Stefania
Elena Sofia Ricci : Tante Luciana
Bianca Nappi : Elena
Massimiliano Gallo : Salvatore
Riccardo Scamarcio : Tommaso
Nicole Grimaudo : Alba
Alessandro Preziosi : Antonio
Ennio Fantastichini : Vicenzo
Lunetta Saviano : Stefania
Elena Sofia Ricci : Tante Luciana
Bianca Nappi : Elena
Massimiliano Gallo : Salvatore
 

SHREK 4, IL ETAIT UNE FIN : Un Shrek plus épais

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shrek4afficheIl y’a un peu moins de dix ans déboulait sur notre écran un ogre vert dénommé Shrek qui nous a fait rire comme rarement. Depuis, il est devenu un personnage familier, au-delà de l’immense succès commercial. Il a également donné naissance à deux suites, une première géniale, une seconde décevante. Alors c’est avec une certaine appréhension que l’on attendait le quatrième et, paraît-il, dernier volet. L’accueil fut mitigé, mais je fais incontestablement partie de ceux qui l’ont réellement apprécié.

Shrek est désormais un mari et un père de famille heureux et comblé. Mais il frappé par le fléau que connaissent tant de couples : la routine. Cette dernière tourne vite à l’ennui profond et son humeur s’en ressent. Il pense pouvoir y remédier en passant un contrat avec le lutin Tracassin. Mais il s’agit en fait d’un marché de dupe et notre ogre se retrouve plongé dans un monde où personne ne le connaît plus. Y compris sa douce et tendre Fiona…

Shrek 4, Il était une Fin n’atteint évidemment pas les mêmes sommets que les deux premiers volets. Mais les auteurs ont eu l’intelligence de changer de registre, afin de vaincre l’essoufflement évident ressenti pour le troisième opus. Plus sombre (enfin pas trop non plus), moins focalisé sur l’enchaînement des gags, il propose un scénario un peu plus consistant et une approche des personnages plus subtile.

Enfin, tout cela reste évidemment tout à fait accessible aux petites têtes blondes. D’ailleurs, certains adultes trouveront sans doute cette évolution regrettable. En effet, le scénario reste tout de même quelque peu enfantin et l’abandon des gags à tout crin peut les priver du seul intérêt qu’ils trouvaient dans les films mettant en scène notre ogre préféré. Mais ceux, comme moi, qui ont gardé une âme d’enfant et qui aiment réellement ces personnages et cet univers trouveront un réel plaisir à suivre Shrek 4, Il était une Fin. Un plaisir différent, mais bien réel.

Et puis rassurez-vous, on rit encore beaucoup dans Shrek 4, Il était une Fin. Certes, il n’y aucun passage qui nous pousse à uriner dans notre pantalon mais on déploie notre gorge plus d’une fois, pour de grands éclats de rire. Encore une fois, c’est le personnage du Chat Potté qui emporte la palme de l’élément comique le plus efficace. Le voir transformé en chat de salon obèse est particulièrement délectable, surtout que sa légendaire dilatation des pupilles n’a rien perdu de son pouvoir.

shrek4Le couple Shrek-Fiona reste lui aussi au top. Des personnages cette fois plus épais, moins axés sur le rire, mais cette fois également sur les émotions et les sentiments. Il ne s’agit pas là de comparer Shrek 4, Il était une Fin à un Woody Allen, mais juste d’apprécier de voir ces deux figures devenues familière prendre un tantinet d’épaisseur, ce qui ne fait que renforcer le lien d’affection qui nous lie à eux.

Enfin, il n’y a évidemment rien à redire sur la qualité de l’animation. On ne serait presque tenté de ne plus en parler tant on est désormais habitué à des films du genre de toute beauté. Ce qui était un sujet d’émerveillement et d’étonnement au temps du premier volet constitue désormais la norme. Ce n’est cependant pas une raisons pour saluer le travail artistique réalisé de toute l’équipe technique et qui mérite toute notre admiration.

Bref, Shrek 4, Il était une Fin est pour moi un petit moment de bonheur dont il serait dommage de se priver. Sera-t-il vraiment le dernier ? Les paris restent ouverts…

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation, Pacific Data Images
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Mike Mitchell
Scénario : Josh Klausner, Darren Lemke
Montage : Nick Fletcher
Photo : Yong Duk Hhun
Musique : Harry Gregson-Williams
Effets spéciaux : Doug Cooper
Directeur artistique : Peter Zaslav, Max Boas
Durée : 93 mn

Casting :
Mike Myers : Shrek
Eddie Murphy : L âne
Cameron Diaz : Princesse Fiona
Antonia Banderas : Le chat potté
Craig Robinson : Cookie
Walt Dhorn : Tracassin
Jane Lynch : Gretched

TOURNEE : Une ambiance extraordinaire pour une petit goût d’inachevé

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tourneeafficheAssister à un film inattendu, décalé et sortant réellement de l’ordinaire n’est pas une chance que l’on tous les jours malheureusement. Evidemment, même moi ne vais pas au ciné tous les jours. Enfin, vous aurez compris l’idée. Tournée fait partie de ces vrais moments de surprise cinématographique, d’ailleurs récompensée par le prix de la mise en scène à Cannes. Mais l’originalité n’est pas un fin en soi…

Joachim revient en France avec une troupe de danseuses–strip-teaseuses d’un genre un peu particulier. Mais persona non grata à Paris, il se contente de suivre la côte Atlantique. Mais au beau milieu de la tournée, il se décide de se rendre à la capitale dans l’espoir qu’une salle lui ouvrira ses portes.

Le synopsis donne une fausse impression sur ce qu’est vraiment Tournée, parce qu’au fond l’histoire importe peu. Bon, on y reviendra. Les vrais stars de ce film, ce sont les artistes, des femmes qui n’ont rien à voir avec celles qui s’effeuillent habituellement autour d’une barre. Bref, des femmes, de vraies, pas des nymphettes siliconées. On partage leurs vies à la scène comme à la ville. Celles d’Américaines un peu perdues dans ce pays qu’elles ne connaissent pas. Surtout celles de femmes pleines d’énergie, terriblement attachantes, dont les performances scéniques sont à l’image de ce qu’elles sont.

Tournée est un vrai film d’ambiance. Une immersion dans un quotidien sortant assez de l’ordinaire pour mériter d’être couché sur pellicule. Et l’immense mérite de Mathieu Almaric, pour son premier film, est d’avoir su capter cette ambiance, nous la faire partager avant tant de sincérité, d’enthousiasme, d’humour, de tendresse et surtout de talent. On fait partie de la troupe, on aime ses membres et on a envie de se lever de son siège pour applaudir à chacun de leurs passages sur scène. Une complicité rare entre les personnages et le public s’établit et fait de ce film un moment de cinéma comme on a rarement l’occasion d’en voir.

tourneeA côté de ça, on suit les mésaventures de Joachim dont le retour en France est quelque peu difficile. Cela constitue le fil conducteur scénaristique de Tournée. Mais il est mince. Il y’a bien un long passage centré sur le personnage interprété magistralement par Matthieu Almaric, mais il ressemble plus à une séquence de transition qu’au réel cœur de l’intrigue. En fait, le film erre comme le fait la troupe. S’il y’a bien un point de départ, on ne sait pas trop bien quel sera le point d’arrivée. Et d’ailleurs, le dénouement n’en est pas vraiment un. On quitte nos nouveaux amis à regret, mais on aurait pu le faire aussi bien un peu plus tôt qu’un peu plus tard.

A mon sens, Tournée rate là l’occasion d’être un grand film. Une intrigue plus forte n’aurait rien retiré à la magie que Matthieu Almaric a su créer. Mais en se reposant uniquement dessus, il nous offre certes un vrai moment de cinéma puissant et original, mais passe à côté de quelque chose d’encore plus grand. Il aurait pu aller encore plus loin que la surprise et la curiosité que provoque en nous ce film et nous captiver définitivement. Je suis peut-être un peu exigeant, mais j’ai tout de même ressenti cette petite frustration qui, sans vraiment gâcher mon plaisir, m’a quand même laissé un petit goût d’inachevé.

Tournée est un film comme vous ne l’avez jamais vu, avec des personnages comme vous n’en avez jamais vus, alors, malgré quelques faiblesses, il serait dommage de ne jamais le voir…

Fiche technique :
Production : Les films du poisson, Neue Mediopolis Filmproduktion
Réalisation : Mathieu Amalric
Scénario : Mathieu Amalric, Philippe di Folco, Marcelo Novais Teles
Montage : Annette Dutertre
Photo : Christophe Beaucarne
Distribution : Le pacte
Son : Olivier Mauvezin
Durée : 111 mn

Casting :
Mathieu Amalric : Joachim
Damien Odoul : François
Julie Ferrier : la caissière à la station service
Miranda Coclasure : Mimi Le Meaux
 

PREDATORS : Il faut sauver le soldat Adrien

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predatorsafficheLa question qui va en tarauder plus d’un est pourquoi, alors qu’à la sortie de la Coupe du Monde, j’avais accumulé beaucoup de retard cinématographique, ai-je perdu mon temps en allant voir un navet comme Predators ? En effet, ce film est aussi nul qu’il en a l’air et ce n’est pas peu dire. Mais voilà, pour moi, Predator, l’original de 1987 réalisé par le grand, l’immense John McTierman, est un des meilleurs films de tous les temps et j’avais, malgré ses limites, vraiment apprécié ce sympathique nanar qu’est Alien vs Predator. Malheureusement, celui-là n’est pas sympathique, mais juste nul.

Un groupe de combattants diverses et variés (des militaires, un yakuza, un taulard…) se retrouve parachuté dans un jungle hostile et mystérieuse, sans se souvenir comment ils sont arrivés là. Mais ils vont vite réaliser qu’ils constituent le gibier d’une chasse organisée par de mystérieuses créatures…

…enfin mystérieuses, si l’on veut, puisqu’on a déjà longuement eu l’occasion des les découvrir à l’occasion des 4 films dans lesquels elles ont déjà été mises en scène. D’ailleurs, commençons par le point positif, le seul, de Predators. Il ne cherche pas à préserver un suspense qui n’aurait pas lieu d’être. Le film commence sans aucune introduction, de toute façon, les trois quarts des spectateurs savent déjà à quoi s’en tenir. On va droit au but, on est venu voir des humains se faire traquer par des Predators, pas pour autre chose.

Si Predators va droit à l’essentiel, l’essentiel est traité avec une telle médiocrité qu’il n’y a rien à retenir dans cet infâme navet. Une franchise prestigieuse, un casting qui pourrait tenir la route, des effets spéciaux de très bonne facture, il y’avait presque de bons ingrédients. Mais faudrait-il encore se donner la peine de faire monter au moins un minimum la sauce. Or ne cherchez pas de ce film une moindre once d’imagination, de créativité. On ne peut même pas parler de série B ou de série Z, car au moins dans ce genre de films, les réalisateurs essayent de masquer le manque de moyen, voire même de talent, pas un minimum d’ingéniosité. Là pas besoin, puisque les moyens techniques sont là, alors rien, il ne reste plus rien.

predatorsSi on reconnaît un mauvais réalisateur à sa faculté à tirer le pire de grand acteur, Nimrod Antal fait partie de la crème de la crème des tâcherons. Bon, il n’a pas égalé la performance de notre Louis Leterrier national qui avait réussi dans son Choc des Titans, de sombre mémoire, qui avait réussi à faire de Liam Neeson et Ralph Fiennes deux acteurs qui aurait du mourir si le ridicule tuait. Mais avoir réussi à rendre Adrien Brody aussi mauvais, ce n’est quand même pas un exploit à la portée du premier escroc venu.

Et dire que l’interview d’Adrien Brody dans le Grand Journal m’avait fait envie. Mais ce fut surtout la preuve qu’il reste un immense acteur. Allez, Adrien, tu peux arrêter de mentir désormais, tu peux nous le dire que ce tournage fut une torture. Ca se voit sur ton visage que tu n’as qu’une seule envie, qu’on vienne te tirer au plus vite de ce sous-film sans intérêt. Tu n’y crois jamais, tu surjoues, tu sousjoues, luttant désespérément pour donner de la consistance à ton personnage et aux dialogues ineptes qu’on t’a forcé à dire… Pauvre Adrien…

Pour finir, un petit détail que j’ai essayé d’oublier… Robert Rodriguez a largement participé à l’élaboration de ce projet… Enfin, tout le monde a ses moments de faiblesse. Enfin, avec Predators, c’est une grande faiblesse, une très grande faiblesse…

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Troublemaker Studios, Davis Entertainment
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : Nimrod Antal
Scénario : Robert Rodriguez, Alex Litvak, Michael Finch
Montage : Dan Zimmerman
Photo : Gyula Pados
Format : 35mm
Décors : Amy Bell
Musique : John Debney
Effets spéciaux : Gregory Nicotero
Maquillage : Allan B. Holt
Durée : 100 mn

Casting :
Adrien Brody : Royce
Topher Grace : Edwin
Alice Braga : Isabelle
Danny Trejo : Cuchillo
Laurence Fishburne : Nolan
Walton Goggins : Stans  

COPACABANA : Le fléau des inégalités

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copacabanaafficheDans un film, faut une introduction, un cœur d’intrigue et une fin. L’équilibre entre les trois, niveau longueur, peut varier d’un film à l’autre, mais la partie du milieu doit quand même être de loin la plus longue. Quand l’introduction s’étire sur près de la moitié du film, on peut estimer que ce dernier n’est pas très bien équilibré. C’est malheureusement le cas de Copacabana, qui sans cela aurait été un petit film particulièrement réjouissant.

Babou n’est pas tout à fait une bonne mère de famille rangée. Elle est plutôt fofolle, excentrique et passablement instable. Mais quand sa fille lui annonce qu’elle ne l’invitera pas à son mariage pour ne pas qu’elle lui fasse honte devant sa belle famille, elle commence sérieusement à se remettre en question. Elle accepte alors de partir à Ostende, en Belgique, pour occuper un poste de commerciale en immobilier.

Bon, voilà, le synopsis décrit comme ça paraît un peu léger… Surtout que tout ça occupe une bonne moitié du film. Après, Copacabana devient une comédie humaniste intelligente et bien sentie. Certes, cela valait le coup d’attendre, mais c’est vraiment dommage que le film mette autant de temps à vraiment démarrer. Il vaut mieux un déséquilibre dans ce sens, certes, cela permet de sortir sur une bonne impression, mais tout de même, cela constitue un petit gâchis.

Surtout, que dans sa longue introduction, le personnage principal, magistralement interprété par Isabelle Huppert, est plutôt tête à claques et horripilant. Ce qui est intéressant, c’est évidemment l’évolution du personnage, mais on a ici largement le temps de se dire qu’on ne va pas arriver à le supporter sur les 1h40 que durent ce film. Tout change par la suite, mais cela ne fait pas vraiment démarrer Copacabana du meilleur pied.

Enfin, voilà, on ne va pas épiloguer cent sept ans. Concentrons-nous plutôt sur cette seconde partie qui fait tout de même de Copacabana un film agréable à suivre, même si le voir à la télé sera tout aussi bien. Babou se retrouve comme un chien dans un jeu de quilles au milieu de ses collègues aussi looser qu’elle, sauf qu’eux ne l’assument pas, puisqu’ils ne l’ont pas choisi. C’est ce contraste qui constitue le principal ressort de l’intrigue et qui nous permet surtout de finalement ressentir un fort attachement avec le personnage principal.

copacabanaL’autre axe fort réside dans la relation entre la mère et la fille. Mais le personnage de Babou vampirise trop le film pour que cet aspect soit vraiment intéressant. En fait, tous les personnages secondaires ne sont que des éléments du décor dans lequel Isabelle Huppert évolue. C’est sans doute là la plus grande limite de Copacabana, même dans sa seconde partie.

Vous l’aurez compris, Copacabana repose en grande partie, voire exclusivement, sur les épaules d’Isabelle Huppert, qui heureusement les possède assez larges. On donnerait presque ici dans le one woman show, mais vu le talent en présence, ce n’est pas forcément gênant. Elle s’amuse visiblement beaucoup dans ce rôle de femme bohême et libérée, mais dont la quête de liberté lui a parfois fait perdre le sens des réalités et a nuit à ses relations avec les autres.

Copacabana est donc un film inégal, quelque peu inabouti, mais qu’Isabelle éclabousse assez de sa classe pendant une très bonne deuxième moitié pour meubler agréablement un soir de pluie.

Fiche technique :
Production : Avenue B productions, Arte France Cinéma, Mars Films, Caviar Films
Réalisation : Marc Fitoussi
Scénario : Marc Fitoussi
Montage : Martine Giordano
Photo : Hélène Louvart
Décors : Michel Barthélémy
Distribution : Mars distribution
Musique : Tim Gane, Sean O’Hagan
Costumes: Anne Schotte
Durée : 107 mn

Casting :
Isabelle Huppert : Babou
Aure Atika : Lydie
Lolita Chammah : Esméralda
Jurgen Delnaet : Bart
Chantal Banlier : Irène
Magali Woch : Sophie
Joachim Lombard : Justin
Noémie Lvovsky : Suzanne
Luis Rego : Patrice

L’ILLUSIONNISTE : Joile résurrection

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lillusionnisteafficheIl est des œuvres qui prennent leur temps pour voir le jour. L’Illusionniste en fait partie. A l’origine, il aurait du être un film de Jacques Tati, mort en 1982 avant que le scénario ne soit achevé. 30 ans plus tard, Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville, a repris le flambeau et a porté cette histoire à l’écran, sous la forme d’un film d’animation. Une jolie réussite et un bel hommage qui fait revivre cet univers si particulier…

Tatischeff est un illusionniste dont la carrière bat de l’aile. En cette fin des années 50, le music-hall traditionnel ne fait plus recette. Il décide alors de tenter sa chance à Londres, mais la situation n’est guère différente. Un jour, au fin fond de l’Ecosse, il croise le chemin d’Alice une jeune adolescente un peu naïve qui se décide à le suivre dans sa tournée.

J’avoue être bien embêté pour écrire cette critique car l’univers de Jacques Tati ne m’a jamais enthousiasmé comme il devrait. J’ai toujours vu ses films avec un intérêt poli et amusé, mais sans jamais crier au génie. Alors évidemment, L’Illusionniste m’a fait un peu la même impression. Par contre, si je dois reconnaître un immense mérite à Sylvain Chomet, c’est celui d’avoir réussi à faire revivre cet univers à la perfection. La tentation a du être grande de profiter des possibilités offertes par le cinéma d’animation pour en rajouter des tonnes. Ici, il reste dans un univers visuel qui aurait pu être celui d’un film dans des décors réels. Seul le lapin apporte une petite touche cartoon, mais qui reste tout à fait dans l’esprit.

L’Illusionniste est bien plus poétique que vraiment comique. Là encore la fidélité avec Tati est respecté. On ne rit que très rarement, pour ne pas dire jamais, aux éclats. Mais on savoure avec un œil amusé et étonné ce personnage improbable et intemporel évoluer dans un environnement où rien ne semble vraiment fait pour lui. Lunaire apparaît comme le terme le plus approprié pour le définir. Du coup, il ne sait guère que faire de cette jeune fille attachante mais qui n’a pas sa place dans sa vie d’artiste solitaire.

lillusionnisteL’Illusionniste respecte aussi l’absence quasi totale de dialogues, si caractéristiques du cinéma de Tati. Non que le film soit muet et les personnages incapables de parler, mais tout passe ici par le visuel, les expressions, les postures, les gestes et les relations avec les objets. Il y’a dans ce film, comme il y’a toujours eu chez Tati, une certaine nostalgie du cinéma muet où le moindre élément d’un décor tout ce qu’il y’a de plus anodin et quotidien pouvait devenir source de burlesque et de comique. Une vraie créativité visuelle qui est évidemment facilitée ici par le recours à l’animation mais qui, encore une fois, reste dans totalement dans l’esprit du cinéma dont il s’inspire.

Graphiquement, on retrouve la qualité de l’animation des Triplettes de Belleville. Une animation traditionnelle mais à l’animation fluide, aux personnages expressifs et surtout au décors fourmillant de détails. L’animation traditionnelle a encore de beaux jours devant elle, j’en suis certain et l’Illusionniste contribue largement à le prouver. Il y’a un charme particulier, différent de celui des créations Pixar, et qu’il serait vraiment dommage de voir disparaître de nos écrans pour cause d’une supposée ringardise.

Tous les fans de Jacques Tati trouveront donc leur bonheur avec l’Illusionniste. Ceux comme moi, dont son cinéma a toujours laissé quelque peu indifférent, pourront tout de même apprécier le travail en tout point remarquable de Sylvain Chomet.

Fiche technique :
Production : Django films, Cine B, France 3 Cinéma
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Sylvain Chomet
Scénario : Jacques Tati
Montage : Sylvain Chomet
Décors : Isabel Stenhouse, Bjorn Erik Aschim
Musique : Sylvain Chomet, Jean Goudier
Effets spéciaux : Olivier Malric
Directeur artistique : Bjarne Hansen
Durée : 80 mn 

MILLENIUM 2 : LA FILLE QUI REVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE : Dense fidélité

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millenium2afficheDans la plupart des cas, adapter c’est condenser, résumer, trancher dans le vif, éliminer, supprimer, enlever…Garder l’essentiel, sans négliger le superflu qui fait souvent le charme d’une œuvre. Cela devient particulièrement épineux lorsqu’il s’agit de porter à l’écran une intrigue riche et complexe issue d’un bouquin plutôt dense. C’est le défi auquel on fait face l’équipe chargée de l’adaptation de la saga Millenium. Après un premier volet très réussi, voici venu La Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette. Un nouveau très bon film, même s’il possède naturellement quelques limites…

Lisbeth Salander est de retour en Suède pour empêcher son tuteur de se faire enlever le tatouage qu’il porte sur le ventre et qui lui rappelle les sévices qu’il lui a fait subir. Mais peu après ce dernier est assassiné, ainsi qu’un couple de journalistes enquêtant sur les réseaux de prostitution. Tout accuse Lisbeth et une véritable chasse à l’homme s’organise dans tout le pays. Mais son ami reporter Peter Blomkvist est convaincu de son innocence et est bien décidé à l’aider, bien qu’il n’ait plus aucun contact avec elle depuis de longs mois.

A mon sens aller voir Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette implique au moins un de ces deux préalables : avoir lu le roman ou bien au moins avoir vu le premier volet au cinéma. Sinon, vous aurez bien du mal à comprendre qui est qui et le pourquoi et le comment de leurs relations. Et encore, ceux qui auront lu le livre auront un large avantage. En effet, dans ce film les évènements se succèdent sans transition, sans vraiment prendre le temps de s’attarder sur les personnages, leurs personnalités, leurs motivations. Quelqu’un qui ignorerait tout de l’univers de la sage serait à mon avis très vite perdu.

Mais même pour quelqu’un qui a autant apprécié le roman que j’ai pu le faire, Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette est terriblement frustrant. Bien sûr, la lecture nous permet de comprendre tout ce qu’il y’a derrière certains détails, certains sous-entendus, mais il n’en reste pas moins que le film reste dense, à la limite de l’indigeste. On aimerait parfois que l’histoire prenne un peu le temps de nous faire revivre cette intrigue de manière moins pressée. Un peu comme un plat succulent avalé sur le pouce. Du coup, je regrette d’avoir raté le passage sur Canal + de la version télévisée, plus longue et qui colle plus au rythme du roman, qui est déjà très soutenu.

millenium2Cependant, j’ai tout de même éprouvé beaucoup de plaisir devant Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette. Car au-delà de ça, le travail d’adaptation reste de premier ordre. Si la réalisation est efficace mais sans génie, l’interprétation donne vie aux personnages du roman avec une fidélité et une justesse remarquables. La critique a salué, et avec raison, la performance de Noomi Rapace qui incarne littéralement Lisbeth Salander. Pourtant, le film ne donne qu’un léger aperçu du caractère fascinant que possède ce personnage sous la plume de Stieg Larsson.

Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette n’est donc pas un film parfait. Mais sans doute le meilleur possible avec comme but premier la plus grand fidélité possible au roman. En tout cas, il est assez bon pour que je suis fort impatient de retrouver Lisbeth et Mikael d’ici quinze jours pour le 3ème volet !

Fiche technique :
Production : Yellow Bird
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Daniel Alfredson
Scénario : Jonas Frykberg, d’après le roman de Stieg Larsson
Montage : Mattias Morheden
Photo : Peter Mokrosinski
Musique : Jacob Groth
Durée : 129 mn

Casting :
Noomi Rapace : Lisbeth Salander
Michael Nyqvist : Mikael Blomkvist
Lena Endre : Erika Berger
Peter Andersson : Nils Bjurman
Per Oscarsson : Holger Palmgren
Annika Hallin : Annika Gannini
Georgi Staykov : Alexander Zalachenko

PETITS MEURTRES A L’ANGLAISE : Cible plus trop émouvante

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petitsmeurtresalanglaiseafficheAu bout d’environ 30 secondes de Petits Meurtres à l’Anglaise, je me suis dit « tiens, ça ressemble beaucoup à Cible Emouvante »… Au bout de 5 minutes, je n’avais plus aucun doute sur le fait qu’il s’agissait là d’un remake… Bon, il m’aurait suffit de me renseigner un tant soit peu avant d’aller voir ce film pour le savoir, mais voilà, j’aime en savoir le moins possible avant d’aller au cinéma. Mais malheureusement, si le premier film de Pierre Salvadori est un de mes films préférés, celui-ci ne restera pas gravé dans les mémoires.

Victor Maynard est une légende vivante dans le monde très fermé des tueurs à gage britanniques. D’ailleurs, il affiche le flegme et l’élégance typiques des sujets de sa Majesté. Cependant, le jour où son chemin croise celui de la jeune et belle Rose, arnaqueuse hors paire, sa main tremble pour la première fois et il finit même par protéger celle qu’il doit assassiner.

L’échec de cette version british repose sur un seul constat : Bill Nighty, que j’adore pourtant, n’est pas tout à fait Jean Rochefort. Je ne dis pas ça par patriotisme cinématographique, mais en toute objectivité. L’acteur anglais n’a pas le charisme suffisant pour porter à lui seul un film sur ses épaules. Lui qui brille tant en tant que second rôle ne convainc malheureusement pas qu’il puisse vraiment sortir de ce registre.

A côté de ça, il y’a eu un vrai travail pour angliciser au maximum le scénario, les personnages et l’ambiance en général. Ceux qui n’ont pas eu la chance de voir Cible Emouvante (les pauvres, comme je les plains !) auront peut-être envie de qualifier Petits Meurtres à l’Anglaise de comédie typiquement britannique. Il est vrai que l’absurde de certaines situations, le contraste entre le flegme du tueur et l’énergie débordante de sa « victime » et les personnages de truands tous très typés, voire caricaturaux, donne à ce film un petit air de Snatch ou de Be Happy. Mais voilà, une traduction dénature forcément une œuvre et donc le film a perdu ici une grande partie du charme qui habitait la version originale.

petitsmeurtresalanglaisePourtant, du charme, il y’en a dans Petits Meurtres à l’Anglaise, en la personne de Emily Blunt que l’on avait découvert dans Le Diable s’Habille en Prada. Elle arrive à soutenir la comparaison avec la regrettée Marie Trintignant, qui occupait son rôle dans la version originale. Mais son petit numéro lasse vite et ne justifie pas à lui tout seul une heure et demi de film. Les fans d’Harry Potter seront peut-être heureux de voir que Ruppert Grint a définitivement passé la puberté. Mais bon, malgré ses efforts évidents, on ne peut s’empêcher de s’écrier « oh mais c’est Ron ! » à chacune de ses apparitions à l’écran.

Vous l’aurez compris, si Petits Meurtres à l’Anglaise m’a surtout déçu par la comparaison que je n’ai pu m’empêcher de faire avec l’œuvre dont il est le remake. Du coup, je suis peut-être un peu sévère avec ce film tout de même drôle par moments, sympathique toujours et globalement distrayant. Mais c’est dur d’ignorer le fait qu’il y’avait moyen de faire beaucoup mieux que ça avec cette idée de base, Cible Emouvante en est la preuve.

Je ne sais donc pas si je dois conseiller d’aller voir Petits Meurtres à l’Anglaise. Mais en tout cas, je conseille à tout le monde de voir ou revoir Cible Emouvante.

Fiche technique :
Production : Studio 36, Isle of Man film, Matador pictures, Cinema Four, Regent Capital, Magic Light Pictures
Distribution : Rezo Films
Réalisation : Jonathan Lynn
Scénario : Lucinda Coxon, d’après le film Cible émouvante de Pierre Salvadori
Montage : Michael Parker
Photo : David Johnson
Décors : Caroline Greville-Morris
Son : Patrick Owen
Musique : Michael Price
Durée : 98 mn

Casting :
Bill Nighy : Victor Maynard
Emily Blunt : Rose
Rupert Grint : Tony
Rupert Everett : Ferguson
Eileen Atkins : La mère de Victor
Martin Freeman : Dixon
Gregor Fisher : Mike 

L’AGENCE TOUS RISQUES : J’aime quand un film se déroule sans accroc

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lagencetousrisquesafficheL’Agence Tous Risques, c’est vraiment, la dernière chance, au dernier moment ! Ah ce générique légendaire qui a bercé notre enfance. L’époque où nous étions heureux de retrouver chaque soir Hannibal, Futé, Looping et bien sûr le légendaire Barracuda. C’est donc avec impatience, mais aussi appréhension, que nous attendions l’adaptation sur grand écran. Les films tirés de séries ont pour l’instant donné des résultats très contrastés. Mais cette Agence Tous Risques figurera à coup sûr dans les très bonnes surprises.

Quatre anciens membres des commandos de l’armée américaine se retrouvent par hasard à affronter un dangereux trafiquant de drogue. A l’issu de leur succès, ils forment une unité secrète qui sera utilisé sur divers théâtres d’opération. Mais un jour, ils sont piégés et sont emprisonnés pour un crime qu’ils n’ont pas commis…

Tout d’abord, la plus grande qualité de l’Agence Tous Risques est sa fidélité à l’esprit original de la série, des personnages en particulier, tout en modernisant le concept. Tous les éléments que vous avez aimé sur petit écran, vous les retrouverez sur le grand. Il s’agit donc cette fois d’une réelle adaptation, avec un vrai travail à ce niveau là, et non la simple exploitation d’un nom célèbre pour attirer des fans qui repartent déçus (en leur ponctionnant un peu de sous au passage). Bien sûr, on peut toujours contester l’intérêt artistique d’une telle démarche, mais cela constitue un autre débat et n’enlève rien au remarquable travail d’adaptation.

Et si l’Agence Tous Risques est une vraie réussite, c’est aussi parce que les moyens ont été mis pour que le passage sur le grand écran soit le plus spectaculaire possible. Les plans mis au point par nos quatre gaillards sont toujours aussi farfelus, aussi géniaux et demandent toujours des ustensiles aussi divers que variés, dont l’utilité ne se comprendra qu’au fur et à mesure de son déroulement. Mais sauf que cette fois, ils ont une toute autre ampleur et découleront sur des délires pyrotechniques, du bruit et beaucoup de fracas. Vous découvrirez notamment tout ce qu’on peut faire avec un porte-container pour un final assez ébouriffant et jouissif.

lagencetousrisquesAlors évidemment, sans le côté « madeleine », l’Agence Tous Risques risque fort de ne paraître que comme un film d’action un rien basique, même si tout à fait réussi. On lui reprocherait même du coup quelques longueurs dans la présentation des personnages et l’introduction de manière générale, qui constituera au contraire une vrai moment de plaisir pour les fans. Mais tout le monde pourra s’accorder sur le côté extrêmement divertissant de cette œuvre qui ne cherche pas la profondeur. A la fois, ce n’est pas du tout ce que l’on attend d’elle.

Un mot enfin sur une de mes nouvelles idoles cinématographiques, Bradley Cooper. Comme je crois bien que finalement, je ne vais jamais me réveiller un matin avec le physique et la classe de George Clooney, je suis prêt à revoir mes prétentions à la baisse et me contenter d’investir le corps de cet acteur qui prend une dimension supplémentaire à chacun de ses rôles. On est loin de ses débuts timides (niveau du jeu, parce qu’il était déjà très beau) dans un second rôle de la série Alias. A ses côtés Liam Neeson s’éclate et ça fait plaisir à voir, lui qui a une fâcheuse tendance à avoir l’air de s’ennuyer à l’écran. Bon, dans l’Agence Tous Risques, on lui refile encore un rôle de mentor, mais au moins, cette fois-ci, le rôle ne se prend pas du tout au sérieux.

L’Agence Tous Risques sera donc indispensable à tous ceux qui ont aimé la série. Les autres pourront savourer ce divertissement basique mais très réussi.

Fiche technique :
Production : Dune Entertainment, Twentieth Century Fox Film Corporation, Top Cow Productions, Scott Free Productions
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : Joe Carnahan
Scénario : Joe Carnahan, Skip Woods, Brian Bloom, D’après l’oeuvre de Frank Lupo et Stephen J. Cannell
Montage : Roger Barton
Photo : Mauro Fiore
Décors : Charles Wood
Son : David Husby
Musique : Alan Silvestri
Effets spéciaux : Mike Vezina
Maquillage : Norma Hill Patton
Directeur artistique : Michael Diner
Durée : 114 mn

Casting :
Liam Neeson : Hannibal
Bradley Cooper : Futé
Quinton Rampage Jackson : Barracuda
Patrick Wilson : Lynch
Jessica Biel : Charissa Sosa
Sharlto Copley : Looping
Henry Czerny : McCready 

SUMMER WARS : Matrix à Gosford Park

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summerwarsafficheMalgré mon goût prononcé pour l’animation nipponne, Summer Wars est une nouvelle fois un film que je n’avais, à la base, pas du tout prévu d’aller voir. L’affiche, les images que j’avais pu en voir ne me donnaient pas spécialement envie. Puis, j’ai vu à quel point les critiques étaient élogieuses, ma curiosité a été piquée, j’ai creusé un peu la question et découvert que l’histoire avait l’air quelque peu différente de ce que j’avais pu imaginer. Je me suis donc laissé tenté et je ne l’ai pas du tout regretté.

Kenji, jeune lycéen timide mais surdoué en mathématiques, est recruté par la plus jolie fille de l’école, Natsuki, pour venir passer 4 jours auprès de la famille de cette dernière, un clan très ancien, au milieu de la campagne japonaise et les aider à organiser le 90ème anniversaire sa grand-mère. Mais elle lui a caché qu’elle comptait avant tout sur lui pour se faire passer pour son fiancé. Le soir de son arrivée, il reçoit un mystérieux e-mail chiffré. Le lendemain, Oz, sorte de mélange entre Facebook et Second Life, se retrouve piraté et plonge le monde dans un chaos inattendu.

Vous l’aurez compris, Summer Wars est un film aux facettes multiples. Une sorte de rencontre entre Matrix et Gosford Park, entre chronique familial et aventures dans le cyber-space. Ca peut dérouter quelque peu, j’avoue que cela m’a laissé longtemps circonspect, mais au final l’articulation entre les deux se fait très bien. Les différents aspects s’enrichissent mutuellement pour nous offrir un bouquet original, même si chaque fleur est plutôt classique. L’intensité du récit va crescendo et sur la fin, on rentre vraiment totalement dans cette histoire inattendue.

Ne croyez pas que Summer Wars soit réservé aux geeks. Certes, il compte de nombreuses références à la cyberculture, mais n’en est pas pour autant un sous-produit. Ce n’est pas un film pour initiés, remplis de codes mystérieux et incompréhensibles pour le plus grand nombre. Ce n’est pas non plus un amas de clichés pondus par des auteurs qui ne connaîtraient pas bien leur sujet. C’est simplement une histoire, proche du film catastrophe, résolument moderne et ancrée dans la culture de son époque.

Summer Wars est aussi un film sur la famille, version Japon traditionnel. On y retrouve le face à face classique entre l’ancêtre respecté et le fils prodigue. Mais là encore, le film replace tout ça dans un contexte très moderne et la confrontation entre ce modèle clanique ancien et le Japon occidentalisé est au cœur du scénario. La grande force de ce film repose sur le fait que tous ces éléments sont réappropriés pour former une œuvre vraiment originale et non simplement repris tels qu’on les a déjà vus mille fois.

summerwarsSummer Wars est un mélange d’humour et d’action typiquement japonais. Un Occidental peut parfois être dérouté par ces grimaces ou cette bouffonnerie parfois vraiment premier degré à des moments quelques fois surprenants. Mais cela était déjà vrai dans le cinéma nippon classique, Kurosawa au premier chef, on le retrouve dans le cinéma d’animation moderne, avec évidemment toutes les possibilités offertes par les effets « cartoons ».

Visuellement, Summer Wars est un film d’animation nippon très classique. Pas de délires visuels à la Miyazaki, mais un aspect « dessin » totalement assumé. On ne cherche pas ici à imiter la réalité, mais à nous raconter une histoire sous forme de dessins animés. L’animation est fluide, les personnages ne se ressemblent pas (ce qui est parfois le défaut des dessins-animés nippons) et leurs yeux sont moins immenses que d’habitude. Bon, pour autant, ils ne ressemblent en rien à des Japonais, mais ça, ce n’est pas demain la veille que cela va changer.

Summer Wars est donc une très bonne surprise. Un film d’animation riche, aux thèmes multiples traités avec intelligence. Bref, un très bon film.

Fiche technique :
Réalisation : Mamoru Hosoda
Animation : Yoshiyuki Sadamoto, Hiroyuki Aoyama, Shigeru Fujita, Kunihiko Hamada et Kazutaka Ozaki
Chef décorateur : Youji Takeshige
Ingénieur du son : Yasuyuki Konno
Opérateur : Yoshio Obara
Compositeur : Akihiko Matsumoto
Monteur : Shigeru Nishiyama
Directeur artistique : Youji Takeshige

Casting :
Ryunosuke Kamiki : Kenji Koiso
Patrick Mölleken : Takashi Sakuma
Yoji Tanaka : Yorihiko