Dans une histoire, le personnage le plus intéressant est souvent le méchant. En effet, il est souvent bien plus ambiguë, subtil et torturé que le héros. Alors, il est tentant de se passer de ce dernier et de simplement raconter l’histoire d’un méchant. C’est le cas de The Killer inside Me, qui nous fait découvrir un personnage qui n’aurait pu être qu’un brave Américain moyen, s’il n’avait une fâcheux penchant pour le meurtre.
Lou Ford est le jeune adjoint du shérif. Un jour, il est chargé de demander à une prostituée de mettre fin à ses activités. Mais au lieu de ça, une fessée plus tard, il débute une histoire d’amour torride avec elle. Le couple décide alors de partir loin tous les deux. Pour ça, il leur faut de l’argent. Elle lui propose alors de faire chanter le fils du magnat du coin, qui est fou amoureux d’elle. Mais Lou n’a pas vraiment l’intention de respecter à la lettre le plan qu’elle a fomenté.
The Killer inside Me est donc le portrait d’un tueur pas tout à fait en série mais presque. Ce n’est pas vraiment un sujet super original et ce film ne révolutionnera pas le genre. L’univers de l’Amérique profonde et ses conventions sociales bien établies n’est pas non plus un décor inconnu du cinéphile, tant il est propice à y faire évoluer des personnages qui tranchent avec le conformisme ambiant. Bref, nous sommes là devant des éléments sans grande surprise. Evidemment, ce film est plutôt original au vu de la majorité des productions d’Outre-Atlantique, mais dans la catégorie film indépendant original… et bien il ne brille pas spécialement par son originalité.
Mais The Killer inside Me reste tout de même un exercice de style un peu convenu, mais tout à fait réussi. Sa réussite repose avant tout sur la personnalité de Casey Affleck qui entre dans la peau de son personnage à la perfection. Cela serait inquiétant quant à d’éventuels penchants pervers, mais le frère de Mister J’ai une Moumoute mais je n’Assume pas nous a déjà prouvé à plusieurs reprises que son talent d’acteur est assez remarquable pour dissiper toutes les craintes à ce sujet. Nous voilà donc rassurés.
The Killer inside Me ressemble aussi à un exercice de style dans sa forme. Réalisation soignée, rythme narratif un peu lent, là encore l’anticonformisme est un peu trop attendu et donc un peu trop conformiste. Michael Winterbottom fait preuve d’une réelle maîtrise artistique, mais sont travail manque un peu trop de personnalité pour dépasser l’admiration polie et tomber dans le vrai enthousiasme. A trop vouloir bien faire, le réalisateur a un peu trop lissé son œuvre, nous empêchant d’apprécier pleinement l’ambiguïté dérangeante de son personnage.
Enfin, un détail en rebutera peut-être certains, c’est l’absence quasi-totale d’humour. En effet, The Killer inside Me est un film totalement au premier degré. Le décalage entre la vraie nature du personnage et son environnement n’est pas du tout exploité comme un ressort d’ironie ou d’humour noir, comme dans la série Dexter par exemple. Il s’agit vraiment du portrait d’un personnage sombre et inquiétant. Du coup, le ton un petit peu trop sérieux renforce encore l’impression d’assister à un exercice de style. Un exercice très bien réalisé certes, mais un exercice.
The Killer inside Me est donc un film qui tranche certes avec le reste des sorties estivales, mais qui manque finalement d’ambition à de nombreux points de vue. Le spectacle reste plaisant, mais pas enthousiasmant.
Fiche technique : Production : Hero Entertainment, Stone Canyon, Muse, Revolution, Wild Bunch, Curiously Bright Entertainment, Indion Entertainment Distribution : Mars distribution Réalisation : Michael Winterbottom Scénario : John Curran, d’après le livre de Jim Thompson (Le démon dans la peau) Montage : Mags Arnold Photo : Marcel Zyskind Décors : Rob Simons, Mark Tildesley Musique : Melissa Parmenter, Joel Cadbury Costumes : Lynette Meyer Durée : 120 mn
Casting : Casey Affleck : Lou Ford Jessica Alba : Joyce Lakeland Kate Hudson : Amy Stanton Ned Beatty : Chester Conway Elias Koteas : Joe Rothman Om Bower : le shérif Bob Maples Simon Baker : Howard Hendricks Bill Pullman : Billy Boy Walker Kual Aiken : Johnnie Pappas
Prenez deux grandes stars d’Hollywood, ajoutez-y pas mal d’action, un peu d’humour et vous obtiendrez à coup sûr un succès commercial. Un bon film, c’est déjà moins automatique. Mais quand les deux stars en question sont du calibre de Tom Cruise et Cameron Diaz, on part déjà avec de solides assurances. Nigth and Day, qui les réunit à l’écran, n’est peut-être pas le film du siècle mais constitue un des meilleurs divertissements de cet été cinématographique.
June Havens rentre tranquillement chez elle à Boston, à temps pour le mariage de sa sœur. A l’aéroport, elle croise le chemin de Roy Miller, qui va l’entraîner bien malgré elle dans un tourbillon de fusillades et d’explosions. Mais qui est-il vraiment ? Un agent qui risque sa vie pour démasquer des collègues peu scrupuleux, comme il le prétend ? Ou bien un mythomane paranoïaque, comme le prétendent les autorités ?
Bon, comme je suis de bon humeur aujourd’hui, je passerai très rapidement sur ce grand moment de traduction de titre ridicule. Car le titre original de Night and Day est en fait Knigth and Day… Les bras m’en tombent… Soit on considère que les spectateurs ont un niveau d’anglais minimum et on laisse le titre original et son jeu de mot pas trop difficile à comprendre (surtout quand on sort des films en France sous le titre de The Dark Knight), soit on considère qu’il ne va rien y comprendre et dans ce cas là, on le traduit carrément… Voilà, j’y aurais finalement consacré un paragraphe… Allez zou, revenons au film.
Night and Day est donc un film d’action très classique, avec moult poursuites, fusillades et cascades. Le film est plutôt sur le ton parodique avec le personnage de Cameron Diaz qui apporte une touche d’humour par son côté « mais qu’est ce que je fais là ? ». Il y’a évidemment un peu de romance aussi, avec l’éternel « au début, elle le trouve vraiment antipathique, mais à la fin… ». Bref que des ingrédients archi maîtrisés à Hollywood. Mais les vieilles recettes sont parfois celles qui fonctionnent encore le mieux et ce film reste un divertissement très plaisant à suivre.
Ne cherchez pas d’intrigue complexe dans Night and Day. Ce film est réellement fait pour vous reposer les neurones. L’anti-Inception en quelques sortes. Il y’a des méchants et des gentils, et quand les scénaristes tentent de nous faire croire qu’il y’a finalement de l’ambiguïté dans leur histoire, cela ne dure que peu de temps. Son seul intérêt est finalement de nous faire voyager puisqu’elle nous emmènera des Etats-Unis à l’Espagne, en passant par l’Autriche. Certains plans semblent signés de l’office du tourisme local… Et cela fonctionne puisque j’ai depuis une folle envie de week-end à Salzbourg et Séville. La grande force du scénario repose en fait dans son intensité puisque les scènes d’action s’enchaînent avec une réelle frénésie réjouissante. On accordera une mention spéciale à une poursuite au milieu des taureaux lâchés dans les rues de Séville, qui est bien le seul moment d’originalité de ce film.
Night and Day ne serait évidemment pas si agréable à suivre, sans le charme incontestable du duo d’acteurs qui s’amusent visiblement à l’écran. Ce ne sont pas vraiment des rôles de composition, mais ils y mettent assez d’enthousiasme et d’énergie pour que ces derniers soient communicatifs. On regrettera simplement que Peter Sarsgaard se voit cantonné à un rôle de méchant quelque peu transparent.
Night and Day ne va donc pas bouleverser votre été, mais permettra de mettre vos neurones en vacances le temps d’un film. C’est tout ce que l’on demandait à ce film et il y parvient très bien. Alors que demander de plus ?
Fiche technique : Production : Pink Machine, New Regency Pictures, Tree Line films, 20th Century Fox, Wintergreen productions Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : James Mangold Scénario : Patrick O’Neill Montage : Quincy Z. Gunderson, Michael McCusker Photo : Phedon Papamichael Décors : Andrew Menzies Musique : John Powell Durée : 110 mn
Casting : Tom Cruise : Roy Miller Cameron Diaz : June Havens Peter Sarsgaard : Fitzgerald Viola Davis : La directrice Jordi Mollà : Antonio Paul Dano : Simon Feck
Le duo Blake Edwards – Peter Sellers est surtout connu pour avoir donné naissance au personnage de l’Inspecteur Clouzot, alias la Panthère Rose. Ce n’est pourtant pas le plus grand chef d’œuvre cinématographique auquel ils ont donné naissance. Ce titre revient incontestablement à The Party, sorti en 1968 et qui constitue un sommet d’humour visuel.
Hrundi V.Bakshi est un figurant indien sur un grand film hollywoodien. Mais sa maladresse va lui attirer les foudres du réalisateur, surtout quand il fait sauter par erreur un décor particulièrement dispendieux. Le producteur décide alors de le placer sur une liste noire et l’empêcher de tourner à nouveau dans le moindre film. Mais suite à une erreur avec sa secrétaire, Bakshi se retrouve au contraire sur la liste des invités d’une réception donnée au domicile du producteur. Sa maladresse va également y faire des siennes.
The Party n’est pas un film muet, mais aurait pu en être un. Le parallèle avec le cinéma de Jacques Tati est évident. Mais si ce dernier me laisse relativement froid, le film de Blake Edwards est un de mes films culte. L’humour est ici essentiellement visuel, reposant sur une confrontation entre la maladresse du personnage et les divers objets peuplant l’appartement. Vous pensiez qu’on ne pouvait pas faire rire avec une simple cuvette de toilette, la Party vous prouvera le contraire (sans jamais l’ombre d’un humour pipi-caca).
The Party est donc un des chefs d’œuvres d’un cinéma né avec Chaplin et qui s’est un peu éteint depuis, du moins avec cette classe et cette élégance. L’enchaînement des gags est ici particulièrement intense et ne laisse que peu de temps aux zygomatiques pour se reposer. Ce film est un incroyable moment de créativité et d’imagination visuelles. L’utilisation des objets du quotidien comme vecteur d’humour rappelle, dans un genre très différent, Toys Story. Comme quoi pas besoin d’images de synthèse pour nous faire rire avec ça.
The Party repose presque exclusivement sur le talent de Peter Sellers, dont le talent burlesque fut un des plus remarquables de l’histoire du 7ème art. Il évolue dans le décor, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, mais tout en gardant une certaine classe et élégance. Pas de grimaces inutiles, d’effets comiques grossiers. Le comique visuel est forcément du comique premier degré, mais cela n’exclut ni la subtilité, ni un charme discret tout britannique.
The Party est un film à voir obligatoirement en VO (comme si on pouvait voir les films autrement de toute façon…) pour apprécier pleinement l’accent indien de Peter Sellers. Car si j’ai beaucoup insisté sur l’aspect visuel du comique de ce film, certains dialogues restent tout de même savoureux car la maladresse du personnage est également verbale. Dans ce milieu dont il ne fait pas partie, il ne sait ni se comporter, ni mener une conversation sans se faire remarquer.
The Party est aussi l’occasion d’admirer le travail de réalisation de Blake Edwards dont la postérité a surtout retenu sa capacité à mettre en scène des situations burlesques, mais a oublié à quel point il fut un des metteurs en scène les plus novateurs de son temps. Le travail de photographie est remarquable dans le décor pourtant exigu de l’intérieur d’une villa.
The Party est donc un classique du cinéma indispensable pour tout cinéphile qui se respecte. Un vrai moment de bonheur burlesque.
Fiche technique : Production : The Mirisch corporation, United Artists Réalisation : Blake Edwards Scénario : Blake Edwards, Tom Waldman, Frank Waldman Montage : Ralph E. Winters Photo : Lucien Ballard Décors : Reginald Allen, Jack Stevens Musique : Henry Mancini Costumes : Jack bear Maquillage : Allan Snyder Durée : 99 mn
Casting : Peter Sellers : Hrundi V. Bakshi Claudine Longet : Michele Monet Marge Champion : Rosalind Dunphy Al Checco : Bernard Stein Dick Crockett : Wells Danuelle de Metz : Stella D’Angelo Herbert Ellis : le réalisateur Steve Franken : Levinson Gavin MacLeod : C.S. Divot Denny Miller : Wyoming Bill
Dernier volet de la saga Millenium, La Reine dans le Palais des Courants d’Air conclut en beauté cette trilogie cinématographique qui a su parfaitement retranscrire à l’écran l’univers crée par Stieg Larsson, qui a déjà ravi de millions de lecteurs de part le monde. Le film présente les mêmes limites que les précédents épisodes, mais ravira tous les fans de la saga.
Lisbeth Salander a survécu à ses blessures. Malheureusement, son père également et ils se retrouvent à quelques chambres l’un de l’autre à l’hôpital. A Stockholm, les anciens responsables de l’espionnage suédois ne craignent plus qu’une chose, que l’un des deux se mette à parler. Ils décident donc de faire le nécessaire pour les mettre hors d’état de nuire. Mais le journaliste Mickael Blomkvist est bien décidé à révéler au public leurs machinations.
Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air reprend exactement là où le deuxième volet nous avait laissé. Ces deux épisodes sont donc intiment liés et voir l’un sans l’autre n’aurait guère de sens, surtout si on n’a pas lu les livres dont ils sont l’adaptation. De manière générale, encore une fois, ce film s’adresse avant tout à ceux qui ont eu la chance de dévorer (parce qu’on la dévore forcément) l’œuvre de Stieg Larsson. Les ellipses restent nombreuses et il sera difficile pour un spectateur novice de toujours comprendre qui est qui et le sens exact de certains détails.
Cependant, le rythme est ici plus proche de celui du livre, on a moins l’impression que pour l’épisode précédent de sauter d’un évènement à l’autre sans avoir le temps de reprendre son souffle. Le scénario est bien plus équilibré et on peut l’apprécier pour lui-même, pas que pour les souvenirs littéraires qu’il réveille. Malheureusement, l’adaptation cinématographique ne peut que nous faire entrapercevoir l’incroyable richesse des personnages, qui font partie des plus extraordinaires de l’histoire de la littérature.
Pourtant, rarement des acteurs n’auront su aussi bien incarner des personnages pourtant incroyablement complexes et épais. La jeune Noomi Rapace est encore une fois fantastique en Lisbeth Salander, comme si le rôle avait été écrit pour elle. Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air la met un peu moins en valeur que l’épisode précédent, mais sa présence à l’écran reste une nouvelle fois remarquable. A ses côtés, Michael Nykvist est une nouvelle fois parfait en Mikael Blomkvist.
A la base, Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air, comme l’épisode précédent, avait été réalisé uniquement pour la télévision. Il est vrai que cela se ressent quelque peu dans la qualité de la réalisation qui a légèrement un côté téléfilm. Cela ne constitue pas non plus un handicap, mais il est clair qu’il n’y a là aucun intérêt artistique particulier.
En voulant rester extrêmement fidèle à l’œuvre initiale de Stieg Larsson, Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air, et plus largement l’ensemble des trois films, s’est condamné à n’être réellement accessible qu’aux lecteurs de cette saga littéraire si riche. On attendra désormais la version hollywoodienne déjà programmée pour voir si les scénaristes sauront préserver les qualités du roman tout en lui donnait une réelle identité cinématographique.
Fiche technique : Production : Yellow Bird Distribution : UGC Distribution Réalisation : Daniel Alfredson Scénario : Ulf Ryberg Photo : Peter Mokrosinski Musique : Jacob Groth Durée : 147 mn
Casting : Noomi Rapace : Lisbeth Salander Michael Nyqvist : Mikael Blomkvist Lena Endre : Erika Berger Annika Hallin : Annika Gannini Per Oscarsson : Holger Palmgren Jacob Ericksson : Christer Malm Sofia Ledarp : Malin Eriksson
Afin de vaincre plus rapidement le décalage horaire à mon retour de République Dominicaine, j’avais décidé d’éviter au maximum de dormir pendant le trajet en avion. J’ai donc profité des programmes vidéo proposés. Le film diffusé était le Coach, qui ne m’avait pas vraiment donné envie lors de sa sortie au cinéma. Finalement, il m’a fait passer un bon moment et m’a permis d’oublier quelques temps la longueur des 8h30 de trajet.
Maximilien Chêne est coach. Il motive et donne un esprit de « winner » à ses clients. Mais il a bien du mal à adopter la même attitude envers lui-même. Criblé de dettes au jeu, il voit sa femme le chasser de chez lui, alors que ses créanciers en ont après lui. Il pense s’en sortir en acceptant un gros contrat qui consiste à transformer le neveu du Président d’un grand groupe industriel en manager efficace. Mais la tâche va se révéler beaucoup plus difficile que prévue.
Le Coach repose sur un principe vieux comme les comédies françaises : le duo avec un maladroit et un sûr de lui. Pierre Richard-Gérard Depardieu (La Chèvre, les Compères), Jacques Brel-Lino Ventura (L’Emmerdeur), Patric Timsit- Jean Reno (Wasabi)…pour ne citer que les plus connus d’une longue liste, comptant parmi les plus célèbres classiques du rire hexagonal. C’est donc au tour de Jean-Paul Rouve-Richard Berry de s’y coller. Le duo fonctionne plutôt bien, même si cela n’a certainement pas révolutionné le genre.
Pourtant, Le Coach essaye de faire preuve d’un peu d’originalité en brouillant peu à peu la frontière entre les deux personnages. On retrouve ça dans à peu près tous les films du genre, mais ici cela constitue réellement le fil rouge de l’intrigue. Bon, on ne crie pas non plus au génie face à un morceau de bravoure de subtilité. Globalement, on n’échappe pas à l’impression de déjà vu mille fois.
Mais bon, on rigole quand même relativement souvent, donc on pardonne facilement les limites que présentent Le Coach. On a déjà vu plus drôle, mais on voit assez de comédies françaises carrément consternantes pour faire preuve d’une relative indulgence. Quelques scènes sont particulièrement réussies et disséminées de manière assez homogène pour que l’intérêt du spectateur ne s’évanouisse jamais. En plus, on entre assez facilement dans l’intrigue et on souhaite sincèrement connaître le fin mot de l’histoire, même si là encore, cela n’atteint pas les sommets d’un La Vérité si je Mens 2 par exemple.
Si le duo Jean-Paul Rouve-Richard Berry fait exactement ce qu’on lui demande, et avec talent, le Coach se démarque aussi par la qualité de ses seconds rôles, assez cruciaux dans se genre de film. Jean-Noël Brouté est notamment excellent dans son rôle de gros con de service et contribue largement à l’envie que l’on a de voir triompher nos deux compères. Mais le prix du meilleur second rôle revient à la charmante Anne Marivin, dont on a aucun mal à croire que son sourire soit capable de transformer n’importe quel crapaud en prince charmant.
Je n’ai pas vu le Coach au cinéma et je ne regrette pas une seconde d’avoir zappé sa sortie. Par contre une vision sur petit écran peut constituer un moment de divertissement agréable pour jour de pluie.
Fiche technique : Production : Alter films, Outsider prod, Studio 37, M6 films Distribution : Mars distribution Réalisation : Olivier Doran Scénario : Bruno Bachot, Denis Moulevrier Montage : Emmanuelle Baude Photo : Antoine Monod Décors : Denis Hager Musique : Pascal Jambry Durée : 92 mn
Je suis un peu frustré d’écrire ma critique d’Inception aujourd’hui. En effet, j’aurais grand besoin de le revoir, peut-être même deux fois pour réellement appréhender ce que ce film a vraiment dans le ventre. Les plus grands films ne sont pas toujours ceux qui nous enthousiasment le plus sur le moment, mais ceux qui nous marquent profondément et que l’on peut revoir encore et encore avec la même émotion. Inception est-il Citizen Kane ou Usual Suspects ? 2001 Odyssée de l’Espace ou Le 6ème Sens ? En tout cas, il s’agit d’un film comme je n’en ai pas vu dix dans ma vie sur grand écran. Un film qui fera date.
Dom Cobb est un voleur d’un genre particulier. Il vole des informations directement dans le cerveau de ses victimes en les entraînant dans des rêves qu’il a lui même construit. Mais un jour, une de ses missions échoue. Pour échapper à la colère de ses commanditaires et de celui qui aurait du être sa victime, il accepte une mission bien plus difficile que voler une idée. Il doit implanter une idée dans le cerveau de l’héritier d’un grand groupe industriel pour que ce dernier le démantèle une fois qu’il le dirigera. Une technique à haut risque nommée inception.
Beaucoup d’articles et de critiques comparent le choc provoqué par Incpetion à celui qui a frappé tous ceux qui ont vu le premier Matrix au cinéma (ah bon, il y’a eu des suites ? J’ai préféré oublier…). Il est vrai que l’analogie n’est pas sans fondement. Mais il y’a tout de même une différence énorme entre les deux films. Sans faire injure aux frères Warowski, Chistopher Nolan est de très loin un réalisateur d’une autre trempe. Un vrai cinéaste comme le 7ème art en a peu connu et dont la virtuosité artistique est comparable à celle d’un Tarantino ou Scorsese, si ce n’est un Kubrick ou un Welles. Ceux qui ont vu Memento ou The Dark Night savent de quoi je parle. Sauf que Inception est le mélange des deux. Un scénario inouï comme le premier dans un univers esthétique sombre mais sublime comme le second.
Beaucoup insisteront sur la complexité d’Inception. Sauf que comme dans Memento, Christopher Nolan prend le temps de nous donner les clés pour comprendre pleinement l’histoire qui nous ai comptée. Le personnage interprété par Ellen Page (l’inoubliable adolescente de Juno) n’est d’ailleurs là que pour servir de prétexte à la pédagogie. Il y’a là une intelligence narrative exceptionnelle. Un autre que Christophe Nolan se serait englué dans le labyrinthe dans lequel il nous fait pénétrer et aurait perdu le spectateur avec lui. Il n’en est rien ici et cela nous permet d’apprécier pleinement cette histoire d’une densité à peine croyable. Une histoire totalement originale, fascinante, passionnante, excitante, fantastique et, encore une fois, formidablement bien racontée.
Si Christopher Nolan est donc un scénariste exceptionnel, il est également un réalisateur dont la virtuosité touche au sublime. Après, je peux comprendre qu’il y’ait débat à ce niveau. Si je devais comparer Inception à un morceau de musique, je l’associerai à la Chevauchée des Walkyries. Personne ne niera qu’il s’agisse d’une œuvre de pure génie, mais certains peuvent la trouver un peu pompier. Il est vrai que Christopher Nolan pousse son travail esthétique à l’extrême. La bande-originale est également formidable, mais on peut lui opposer les mêmes remarques. En fait, Inception est sublime et ça se voit. On dit parfois qu’un maquillage est vraiment parfait quand il sublime la beauté de la femme qui le porte sans qu’on le remarque. La réalisation de Christopher Nolan sublime bien l’intrigue et le jeu des acteurs, mais personne ne pourra dire qu’il ne l’a pas remarqué.
La filmographie de Leonardo Di Caprio est en train de devenir une des plus impressionnantes de l’histoire. Quand on sait qu’il vient d’enchaîner Les Noces Rebelles, Shutter Island et Inception, on se dit soit qu’il sait particulièrement bien choisir ses films, soit que c’est sa présence qui les rend géniaux. Il y’a évidemment des deux car si, vous l’aurez compris, le génie d’Inception ne tient pas à sa seule présence, il y fait preuve une nouvelle fois d’un charisme incroyable. Pourtant, il n’a pas le jeu spectaculaire d’un Jack Nicholson par exemple, mais il est tout simplement là, à l’écran, et l’écran s’illumine de sa présence. Du coup, on en oublierait presque le reste du casting qui est pourtant lui aussi parfait. Mais il faut bien avouer que même notre Marion Cotillard nationale ne boxe pas tout à fait dans la même catégorie. On soulignera tout de même la performance remarquable du duo Joseph Gordon-Levitt – Tom Hardy, qui apporte vraiment sa pierre à ce sublime édifice.
Un dernier élément fait d’Inception un film dont la portée sera assurément historique pour le 7ème art. C’est sa fin. A quelle cruauté de ne pouvoir en parler plus longuement, tant cela serait un crime ! Mais elle est juste parfaite, bien qu’incroyablement simple au fond, surtout qu’elle conclue une intrigue d’une rare complexitié. On aurait envie de se dire « j’aurais sûrement choisi la même », mais rien n’est moins sûr, car les idées simples ne sont pas toujours les plus faciles à avoir.
Alors comment résumer ce qu’est au final Inception ? Un film d’action ? Oui, le film en regorge, mais cela va tellement plus loin. Une fable onirique ? Le rêve est évidemment omniprésent dans cette histoire, mais elle nous maintient bel et bien éveillée pendant près de 2h30 qui paraissent pourtant si courtes. Un labyrinthe pour l’esprit ? Il y’a de ça, mais Christopher Nolan nous guide si bien que, jamais une seule seconde, on se sent perdu. De toute façon, Inception est trop génial, trop novateur pour être rangé ainsi. Il fait partie de ces œuvres rares qui inventent réellement quelque chose fait pour durer.
Par contre, il y’a une chose que je regrette déjà. Je ne verrais qu’une seule fois dans ma vie Inception pour la première fois.
Fiche technique : Production : Warner Bros, Legendary Pictures, Syncopy Distribution : Warner Bros Entertainment France Réalisation : Christopher Nolan Scénario : Christopher Nolan Montage : Lee Smith Photo : Wally Pfister Décors : Guy Hendrix Dyas Musique : Hans Zimmer Effets spéciaux : Chris Courbould, Paul Franklin, New Deal Studios Durée : 148 mn
Casting : Leonardo DiCaprio : Cobb Joseph Gordon-Levitt : Arthur Ellen Page : Ariane Ken Watanabe : Saito Marion Cotillard : Mall Cillian Murphy : Robert Fisher Jr Tom Hardy : Eames Pete Postlethwaite : Maurice Fisher Michael Caine : Miles
Pour ma critique sur l’Italien, j’aurais pu faire la même introduction que pour Le Premier qui l’a Dit. En effet, voici deux films qui, par l’humour, cherchent à attirer l’attention sur un problème de société et dénoncer l’intolérance quotidienne. Comme, je cherche toujours à me renouveler, je vais m’abstenir. Mais comme je n’ai pas non plus une imagination sans limite, je n’ai rien trouver de nouveau à dire…
Dino Fabrizzi est un vendeur de Maserati particulièrement efficace et favori pour succédé au directeur de la concession, sur le point de prendre sa retraite. Le problème est que Dino Fabrizzi s’appelle en fait Mourad Ben Saoud. Cette double identité le pousse à mentir à son employeur, mais aussi à sa famille. Ce mensonge va devenir particulièrement dur à poursuivre quand son père, victime d’un infarctus, lui demande de faire le ramadan à sa place.
L’Italien, réalisé par Olivier Baroux, renvoie naturellement au parcours personnel de son compère de toujours, Kad Merad, qui avait longuement hésité, au début de sa carrière, à prendre un nom de scène plus « français ». Au final, assumer ses origines ne l’a pas empêché de devenir un des acteurs les plus populaires du cinéma français.
Mais justement, l’Italien parle bien de cela. Mourad Ben Saoud / Dino Frabrizzi n’est pas réellement victime d’un racisme violent, ni même exprimé. Mais voyant que tout est un tantinet plus facile avec sa nouvelle identité, il s’enfonce dans un mensonge dont il devient incapable de sortir. C’est sans doute là la plus grande force, mais aussi la plus grande limite de ce film. Il parle d’une intolérance quotidienne qui peut toucher et renvoyer à des situations que nous avons tous vécus. Mais du coup, le propos manque peut-être un peu de force et apparaît presque comme un simple prétexte à la comédie.
Car L’Italien reste avant tout une comédie parfois très drôle, mais globalement inégale et sûrement pas révolutionnaire. Voir un personnage redoubler d’efforts pour cacher la vérité et préserver un mensonge qui paraît trop gros pour être vrai est un ressort comique vieux comme l’humour. Tout repose sur le numéro de Kad Merad qui n’en fait jamais trop et se sent parfaitement à l’aise dans le rôle. Mais il est seul, très seul et personne ne vient à sa rescousse quand il faiblit légèrement.
Le seul gros défaut de l’Italien reste le dernier quart d’heure, quand le ton se fait plus grave, et où le sujet est d’un coup beaucoup moins bien maîtrisé. Sans tomber dans le ridicule, le dénouement est un peu longuet et assez peu crédible. Et quand cela cesse d’être drôle, l’absence de crédibilité pose quand même problème. Cela renforce l’impression générale que ce film est globalement sympathique, mais n’est pas aussi réussi qu’il aurait pu l’être. Mêler comédie et sujet de société est un exercice difficile et il n’est pas sûr que Olivier Barroux soit tout à fait à la hauteur de la tâche. Cependant, il s’agit là de son meilleur film et laissons-lui le temps de s’améliorer encore.
L’Italien n’est donc pas un film indispensable, mais qui se laisse regarder. On peut juste regretter qu’il ne soit pas tout à fait à la hauteur du propos.
Fiche technique : Réalisation : Olivier Barroux Scénario : Nicolas Boukhrief, Eric Besnard Compositeur : Martin Rappeneau Directeur de la photographie : Arnaud Stéfani 1er assistant réalisateur : Eric Pierson Monteur : Richard Marizy Ingénieur du son :Madone Charpail Chef décoratrice : Perine Barre Costumière : Sandra Gutierrez
Casting ; Kad Merad : Dino/Mourad Valérie Benguigui : Hélène Roland Giraud : Charles Lemonnier Philippe Lefebvre : Cyril Landrin Guillaume Gallienne : Jacques Sid Ahmed Agoumi : Mohamed Farida Ouchani : Rachida Saphia Azzeddine : Amel Tarek Boudali : Karim Nathalie Levy-Lang : Nadège
L’influence de Sergio Leone sur le cinéma est tout simplement immense. On ne compte plus les références et les clins d’œil qui surgissent au détour de films très différents, tant le réalisateur d’Il Etait une Fois dans l’Ouest a marqué plusieurs générations de cinéastes. Il y’a même des films qui constitue dans leur intégralité un hommage. C’est le cas de ce très bon film coréen : le Bon, la Brute et le Cinglé.
Au cœur de la Mandchourie des années 30, Chang-Yi est chargé de récupérer une carte au trésor en prenant d’assaut un train. Mais il est devancé par Tae-Goo, un bandit de grand chemin, sous les yeux, et le fusil, de Do-Won motivé par un mystérieux désir de vengeance. Ces trois-là vont se retrouver au cœur d’une chasse au trésor où il seront loin d’être les seuls à convoiter le magot.
Si le Bon, la Brute et le Cinglé n’est pas tout à fait un remake du Bon, de la Brute et du Truand, il s’apparente fortement à un Sergio Leone’s greatest hits à la sauce coréenne. Et de la sauce piquante, détonante, explosive ! Les références aux film du maître italien sont omniprésentes. Bon faut dire, vu le titre… En tout cas, nous sommes là face à un vrai western spaghetti comme à la grande époque du genre et qu’importe que cela nous transporte au nord de la Chine.
Le cinéma coréen est très différent de ce que l’on associe généralement au cinéma asiatique, en termes de rythme de narration. A ce niveau-là, il n’y a guère de différence avec le cinéma occidental. Il s’agit également du plus gros budget de l’histoire du cinéma coréen et il n’a rien à envier aux plus grandes productions hollywoodiennes. Par contre, il offre ce mélange si caractéristique du 7ème art du pays du matin calme, à savoir un mélange d’humour très premier degré et grand-guignolesque et d’ultra-violence. A part chez Tarantino, cela n’a guère d’équivalent de l’autre côté du monde.
Dans Le Bon, la Brute et le Cinglé , les péripéties s’enchaînent dans un rythme effréné qui ne laisse que peu de répit au spectateur. Ca tire, ça court, ça explose à tous les coins de l’écran en quasi-continu. Un vent de fraîcheur et d’enthousiasme souffle sur ce film à la fois si classique, mais à la saveur unique. Un mélange entre diverses influences, diverses cultures qui se complètent merveilleusement et se subliment.
Le Bon, la Brute et le Cinglé souffre tout de même d’un léger défaut. Si le film est rythmé et dense, certaines scènes s’étirent quelque peu en longueur ce qui fait retomber quelque peu l’enthousiasme qu’elles provoquent. C’est le cas notamment d’une des scènes le plus hallucinantes qui soient, où tous les protagonistes se retrouvent au même endroit à poursuivre le même homme, hésitant tous entre tirer sur le fuyard ou les uns sur les autres. Rien qui gâche vraiment le plaisir, mais assez pour ne pas faire de cet excellent film un pure chef d’œuvre.
Le Bon, la Brute et le Cinglé nous permet aussi de voir une nouvelle que le cinéma coréen, en plus d’être hyper imaginatif, est aussi riche de très grands acteurs. Le trio Lee Byung-Hun, Jung Woo-Sung et Song Kang-Ho est absolument remarquable et est largement au niveau du trio légendaire du film de Leone. Le dernier des trois, que l’on retrouve dans beaucoup des excellents films coréens qui sortent sur nos écrans, est un des meilleurs acteurs au monde, même si, malheureusement, la gloire planétaire n’est réservée qu’aux étoiles d’Hollywood.
Le Bon, la Brute et le Cinglé est donc un vrai moment de bonheur cinématographique à consommer sans modération.
Fiche technique : Production : CJ entertainment, Barunson, Grimm pictures Réalisation : Kim Jee-won Scénario : Kim Jee-won, Kim Min-suk Montage : Nam Na-young Photo : Lee Mogae Format : Scope Décors : Cho Hwa-sung Distribution : Arp selection Musique : Dalparan, Chang Young-gyu Durée : 128 mn
Casting ; Jung Woo-sung : Le bon (Do-won) Lee Byung-hun : La brute (Chang-yi) Song Kang-ho : Le cinglé (Tae-goo) Yoon Jae-moon : Byung-choon Ryu Seung-soo : Man-gil
En 1995, Toy Story débarquait sur nos écrans et révolutionnait le monde de l’animation, en en faisant le premier long métrage du genre en 3D… Oui enfin ce qu’on appelait encore la 3D avant l’ère Avatar et la mode des lunettes sur le nez. Bref, on l’appelle comme on veut, il s’agissait là d’une vraie révolution visuelle et le film est depuis devenu un classique, tout comme la suite, sortie 4 ans plus tard. Il aura fallu 11 ans pour avoir droit à un troisième (et dernier ?) volet. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela valait le coup d’attendre.
Andy a grandi et s’apprête désormais à rentrer à l’université. Depuis longtemps, il a relégué ses vieux jouets au fond d’un coffre qu’il n’ouvre plus. Ces derniers n’ont plus qu’une crainte, celle de finir au mieux au grenier, au pire à la poubelle. Finalement, ils seront donnés à la halte-garderie du quartier. Elle ressemble à première vue au paradis pour jouets retraités. A première vue…
Toy Story 3 nous offre un cocktail détonnant de rires et d’aventures. Sa grande particularité est d’exploiter les objets les plus anodins et quotidiens pour en faire des éléments déterminants dans l’intrigue. Pouvez-vous imaginer qu’un tortilla puisse être une pièce maîtresse dans un plan d’évasion ? Non ? Et bien, allez voir Toy Story 3 vous changerez d’avis.
Le tout est raconté sur un rythme échevelé. Il est impossible de s’ennuyer devant Toy Story 3 tant les péripéties s’enchaînent sans jamais laisser le spectateur respirer une seule seconde. Le final notamment est superbe et est digne des plus grands films d’aventures, avec un vrai travail de réalisation. On se surprend à trembler pour nos héros. C’est à ce moment là qu’ils abandonnent définitivement leur statut de jouets pour être des personnages à part entière. Notre attachement pour eux est alors à son maximum et on est un peu triste, une fois sorti de la salle, de les avoir quittés.
On y retrouve évidemment tous les héros de la série, en premier lieu Woody et Buzz l’Eclair. Ce dernier nous fera d’ailleurs découvrir un talent qu’il nous avait jusqu’alors caché et qui nous offre la séquence la plus drôle de Toy Story 3. Il introduit également de nouveaux personnages, avec notamment un couple Barbie-Ken savoureux. Personnellement, j’ai été aussi ému d’y retrouver MON téléphone à roulettes Fisher Price… Bon, c’est là qu’on se dit que des millions d’enfants de par le monde ont eu le même, mais on ne peut s’empêcher de penser que c’est bien le sien qui est représenter à l’écran. C’est aussi ça la magie de Toy Story 3, un miroir vers notre propre enfance.
D’ailleurs, Toy Story 3 constitue également un vrai moment d’émotion. Il y’a une réelle réflexion sous-jacente sur la fin de l’enfance et les liens que l’on garde, ou non, avec elle. Les cinq dernières minutes feront sûrement verser quelques larmes à plusieurs d’entre vous, tant la mélancolie sera alors à même de vous envahir. Un vrai beau moment de cinéma qui constituera une conclusion magistrale à la saga… Si les producteurs, bien sûr, ne sont pas tentés par un quatrième volet. Vue la qualité du troisième, on serait tenter de le réclamer au plus vite.
Toy Story 3 remporte donc le duel qui l’opposait à Shrek 4, Il Etait une Fin dans le duel des films d’animation estivaux, même si les deux productions sont toutes deux très réussies. Mais Toy Story 3 a ce petit supplément d’âme qui en fait tout simplement un très beau film.
Fiche technique : Production : Pixar Animations Studios, Walt Disney Pictures Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures Réalisation : Lee Unkrich Scénario : Lee Unkrich, John Lasseter, Andrew Stanton, Michael Arndt Musique : Randy Newman Durée : 100 mn
Casting : Tom Hanks : Woody Tim Allen : Buzz Lightyear Joan Cusack : Jessie Ned Beatty : Lotso Micheael Keaton : Ken Jodi Benson : Barbie
Ah le cinéma anglais ! Il est fréquent que je chante ses louanges au fil de mes critiques. Et s’il y’a bien un genre dans lequel il excelle, c’est celui de la comédie. Aussi rythmées que les comédies américaines, aussi profondes et intelligentes que (certaines) comédies françaises, les comédies anglaises sont tout simplement de loin les meilleures du monde. Alors si vous riez encore juste en pensant à 4 Mariages et un Enterrement et à The Full Monty, courrez au plus vite savourer ce nouveau bijou qu’est Tamara Drewe.
Plusieurs années après son départ, Tamara revient dans le fin fond de la campagne anglaise où elle a grandit pour s’occuper de la vente de la maison de sa mère. Quel émoi dans le village quand tout le monde la voit arriver avec le nez refait, des jambes à couper le souffle et un charme dévastateur. Dans ce lieu tranquille où jamais rien ne se passe, beaucoup de choses vont alors se passer.
Derrière la caméra, Stephen Frears, vieux routier du cinéma anglais, et qui nous livre régulièrement de petits chef-d’œuvres. Son film précédent, Chéri, d’après Colette, m’avait quelque peu déçu. C’est sûrement pour ça qu’il a décidé de mettre cette fois-ci tout son talent en œuvre pour nous livrer peut-être la comédie de l’année, à la fois drôle, corrosive et dressant surtout un portrait si bien juste des petites faiblesses humaines. Tamara Drewe est tout simplement du pur bonheur en pellicule.
Tamara Drewe est avant tout un vrai vaudeville. Il y’a des maris et des amants dans les placards, mais pas que ça. Il y’a surtout une incroyable galerie de personnages, tous plus savoureux les uns que les autres. Un auteur à succès volage, un écrivain sans inspiration, un homme à tout faire qui ronge son frein, une rock-star, une femme fidèle malgré tout et bien sûr cette Tamara qui a mis leur vie sans dessous-dessous.
Mais il y’a surtout, Jody et Casey, deux adolescentes qui évidemment s’ennuient ferme dans ce trou perdu et qui n’ont qu’une seule envie : faire des conneries. Deux personnages inoubliables, magistralement interprétés par les jeunes Jessica Barden et Charlotte Christie, que l’on reverra très bientôt, espérons-le. Elles représentent la (grosse) cerise au sommet de ce film qui est par ailleurs particulièrement délectable.
La vraie star de ce film reste néanmoins la sublime Gemma Arteton. Elle nous prouve ici que se faire diriger par un grand réalisateur change tout et nous fait oublier sa prestation quelque peu ridicule (mais moins que le film) dans le Choc des Titans. Elle fait ici étalage de tout son charme qui ne tient pas uniquement à sa magnifique paire de gambettes. On tombe littérairement amoureux d’elle, comme tout le monde au village, et malgré ses variations d’humeur toutes féminines. Gemma épouse-moi !
Le tout est filmé par la caméra élégante et discrète de Stephen Frears. Pas d’esbroufe, d’effets visuels incongrus, mais un vrai sens de l’image et de la composition, qui m’aurait presque donné envie d’échanger mon voyage en République Dominicaine contre un séjour dans l’arrière-pays grand-breton… Bon là, je m’emballe peut-être un tantinet, mon amour du cinéma britannique ne va peut-être pas aussi loin. Mais pas loin quand même…
Tamara Drewe est donc le film à voir cet été… Bon peut-être avec Inception, mais je ne peux pas encore dire, je ne l’ai pas encore vu…
Fiche technique : Production : Ruby films, BBC Films, West End Films Réalisation : Stephen Frears Scénario : Moira Buffini, d’après le roman graphique de Posy Simmonds Montage : Mick Audsley Photo : Ben Davis Décors : Alan MacDonald Distribution : Diaphana Musique : Alexandre Desplat Directeur artistique : Christopher Wyatt Durée : 109 mn
Casting : Gemma Arterton : Tamara Drewe Roger Allam : Nicholas Hardiment Bill Camp : Glen McCreavy Dominic Cooper : Ben Sergeant Luke Evans : Andy Cobb Tamsin Greig : Beth Hardiment Jessica Barden : Jody Long Charlotte Christie : Casey Shaw
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