
Frère Christian dirige le monastère de Thibhirine, au cœur de l’Algérie, avec 7 autres moines trappistes. Ils sont aimés et respectés des villages alentours, dont la population vient se soigner au monastère. Mais partout dans le pays, la guerre civile fait rage. Les assassinats se multiplient et les moines apparaissent comme une cible idéale. Parmi eu, la peur monte et ils commencent à s’interroger sur la perspective d’un éventuel départ.
Des Hommes et des Dieux est un film en deux temps. Dans un premier tiers, Xavier Beauvois nous présente ces hommes dans leur relation avec la population locale, leur travail au quotidien et le respect mutuel qui s’est instauré entre les communautés. Puis, le film se resserre peu à peu autour des moines pour se focaliser sur eux. Se focaliser surtout sur l’angoisse et les doutes qui les assaillent. Il s’agit alors d’une magnifique plongée dans l’âme humaine dans des circonstances heureusement peu communes.
Mais Des Hommes et des Dieux n’est en rien un film contemplatif. Un film d’ambiance certes, mais une ambiance incroyablement chargée en émotions extrêmes, qu’elles soient positives ou négatives. La question du départ, l’angoisse qui monte, tous ces éléments contribuent à créer un intérêt narratif constant. Bien sûr, on sait malheureusement comment tout cela va finir, mais le « suspense » est ailleurs. Il est comment des hommes trouveront le courage de rester quand tout semble les conduire à une mort certaine.
Les moines de Des Hommes et des Dieux ne sont pourtant pas des héros, en tout cas pas au sens que donne généralement le cinéma à ce mot. Ce sont des êtres humains dans toute leur complexité. Xavier Beauvois a magistralement su nous le montrer sans jamais tomber ne serait-ce qu’une seule seconde dans le piège de l’hommage ou de l’admiration qui l’auraient conduit à faire des ses hommes plus que ce qu’ils furent, car ce qu’ils furent est déjà bien suffisant.

Des Hommes et des Dieux peut faire peur par la gravité du sujet et une certaine austérité dans le réalisation. Mais il reste un avant tout un film magnifique et poignant, nous offrant une vision tellement plus humaine de l’héroïsme et du courage.
Fiche technique :
Production : Amada Films, Why not productions
Réalisation : Xavier Beavois
Scénario : Xavier Beauvois, Etienne Comar
Montage : Marie-Julie Maille
Photo : Caroline Champetier
Décors : Michel Barthélémy
Distribution : Mars distribution
Son : Jean-Jacques Ferran, Eric Bonnard
Durée : 120 mn
Casting ;
Michael Lonsdale : Luc
Lambert Wilson : Christian
Philippe Laudebach : Célestin
Olivier Rabourdin : Christophe
Jaques Herlin : Amédée
Loïc Pichon : Jean-Pierre
Xavier Maly : Michel
Jean-Marie Frin : Paul
Abdelhafid Metalsi : Nouredine

Après, c’est sûr que vous verrez dans Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) des choses que vous n’avez pas l’habitude de voir ailleurs. Il vous permettra notamment de voir une femme faire l’amour avec un poisson-chat qui parle. Oui, vous pouvez relire cette phrase et la prendre au premier degré. C’est bien ce qui se passe dans ce film, dans le seul moment qui, par sa bizarrerie, allumerait presque une lueur d’intérêt dans l’œil du spectateur étonné sur le coup. Mais bon, quant à un trouver un sens et un rapport avec le reste du film, là, c’est une toute autre histoire.
Et puis, Salt vaut aussi pour son personnage principal. Bon, ce genre de l’espion proche du surhomme est un poncif du cinéma, mais il porte rarement des talons hauts. Certains exploits d’Evelyn Salt sont encore plus improbables que James Bond rattrapant un avion en vol. Mais ce qui compte ici, c’est leur caractère spectaculaire, on n’est pas ici pour assister à l’exposé d’une thèse sur les effets de la gravité. Certains trouveront peut-être que les scènes d’action se ressemblent quelque peu, mais elles s’enchaînent avec assez de rythme pour que le spectateur n’ait vraiment pas le temps de s’ennuyer.
Poetry nous offre également quelques moments comme le seul le cinéma coréen (ou quelques OVNI cinématographiques occidentaux comme Mammuth) peut l’oser, comme cette scène d’amour version 3ème âge débordante de sensualité. Au Pays du Matin Calme, on se soucie guère des frontières entre les genres, entre les styles, entre les tons ou les perspectives. D’habitude, ce mélange salutaire artistiquement donne des films aussi jubilatoires qu’étonnants. Ici, ce mélange ressemble à un soufflé prometteur mais qui ne gonflerait jamais. 
En effet, au-delà de son originalité intrinsèque, les Derniers Jours du Monde brillent par sa distribution. Le quatre acteurs que je viens de citer sont tous étonnants dans des rôles que l’on aurait pas forcément imaginés taillés pour eux. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai pour Mathieu Almaric que l’on sait à l’aise et génial, partout, tout le temps, même quand le film n’est pas très bon. Par contre, Cathrine Frot est absolument épatante et nous prouve bien qu’il n’est pas besoin d’avoir le physique de Megan Fox pour dégager charme et sensualité. 
Le Bruit des Glaçons est un film très court, un peu moins d’une heure et demie. Cependant, il faut bien admettre que c’est déjà un tout petit peu long par rapport au contenu. Une heure aurait sans doute suffi mais ce n’est pas un format qui permet une exploitation en salle. Cependant, même quand le film se met à tourner en rond, on reste attentif car on se demande bien quelle sera la conclusion de tout ça. Et heureusement, la fin est vraiment réussie, mais évidemment je n’en dévoilerai rien. 
Alain Corneau signe donc là un bon moment de cinéma « populaire » à la française. Mais comme dans plusieurs de ses œuvre les plus récentes, il se contente de mettre en scène de vieilles recettes de manière un peu paresseuse. Certes le cuisinier a assez de talent pour que le plat se laisse manger avec plaisir, mais on attendait mieux d’un réalisateur qui fut pendant plus de 20 ans un des cinéastes les plus brillants et intéressants du cinéma hexagonal. Il s’agit peut-être là d’un reproche sévère, mais on aurait aimé le voir sublimer le talent de Kristin Scott-Thomas comme il avait su sublimer celui de Patrick Dewaere dans les années 70. 
Mais ce qu’il y’a de plus fascinant dans Cleveland contre Wall Street., c’est le débat de fond. Le défenseur de Cleveland en appelle surtout à l’émotion, celui de Wall Street à la raison. En fait, ce film pose de vraies questions philosophiques : quand quelqu’un abuse, de manière légale, de la naïveté d’un tiers, quelle est exactement la responsabilité des deux protagonistes ? En fait, est-on coupable ou victime de sa propre naïveté ? Doit-on défendre les gens contre leurs propres erreurs quand il s’agit d’actes volontaires et réfléchis ? Jusqu’où porte l’excuse de l’ignorance ? Cependant, toutes ces questions ne sont pas traitées ici par un philosophe à la coiffure improbable, mais par un cas concret qui a touché la planète entière et parfois nous-mêmes, directement ou indirectement. Quant aux réponsex, je vous laisse les découvrir en regardant ce film passionnant. En effet, il y’a un vrai suspense quant à l’évolution des débats et quant au verdict final. De toute façon, ce ne sont pas des questions auxquelles on peut répondre de manière absolue et définitive, malgré la tentation de certains de le faire. 
La caméra de Vincente Minelli est celle d’un des maîtres d’Hollywood. Ce qui l’intéresse, c’est de mettre en valeur les acteurs qu’il dirige. Tout le reste n’est que l’écrin dans lequel ils pourront s’épanouir et donner le pleine mesure de leur talent. Bien sûr, ils ont un peu tendance à tout jouer comme s’il s’agissait une tragédie grecque (en fait, je ne suis pas vraiment sûr qu’on ait l’obligation de surjouer les tragédies grecques), mais c’était le style de l’époque où le spectateur n’était pas inondé d’images à la télévision et où grand spectacle ne voulait pas dire son THX et effets spéciaux à la chaîne.
Mais là encore, on n’est pas non plus venu pour assister à des rôles des composition. On veut du tactactactac, du vlan, du boum, du paf, du bing, du pan ! Bref, de l’action, de l’action et encore de l’action, avec si possible quelques poursuites, de belles bagarres, beaucoup de fusillades où les méchants tirent aussi incroyablement mal que les gentils visent incroyablement bien et tout plein de jolies explosions. Et pour tout ça, le final de Expendables, Unité Spéciale vous ravira en vous offrant un délire pyrotechnique démesuré mais réjouissant. Mais le reste du film n’est pas en reste avec beaucoup d’autres moments de bravoure survitaminés, pleins de bruits et de fureur, le tout sur un rythme qui ne laisse au spectateur que peu de temps au spectateur pour reprendre sous souffle.
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