DES HOMMES ET DES DIEUX : Des hommes avant tout

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deshommesetdesdieuxafficheJusqu’à présent, le palmarès du Festival de Cannes. Après Poetry, prix du scénario, que je n’ai pas aimé (mais ça reste un avis personnel) et surtout Oncle Boonmee, Palme d’Or, qui n’est pour moi qu’une vaste escroquerie, je me suis attaqué au Prix du Jury avec un film français, Des Hommes et des Dieux, sur un sujet difficile. En effet, il nous raconte les derniers mois des moines de Tibhirine, assassiné au printemps 1996 en Algérie.

Frère Christian dirige le monastère de Thibhirine, au cœur de l’Algérie, avec 7 autres moines trappistes. Ils sont aimés et respectés des villages alentours, dont la population vient se soigner au monastère. Mais partout dans le pays, la guerre civile fait rage. Les assassinats se multiplient et les moines apparaissent comme une cible idéale. Parmi eu, la peur monte et ils commencent à s’interroger sur la perspective d’un éventuel départ.

Des Hommes et des Dieux est un film en deux temps. Dans un premier tiers, Xavier Beauvois nous présente ces hommes dans leur relation avec la population locale, leur travail au quotidien et le respect mutuel qui s’est instauré entre les communautés. Puis, le film se resserre peu à peu autour des moines pour se focaliser sur eux. Se focaliser surtout sur l’angoisse et les doutes qui les assaillent. Il s’agit alors d’une magnifique plongée dans l’âme humaine dans des circonstances heureusement peu communes.

Mais Des Hommes et des Dieux n’est en rien un film contemplatif. Un film d’ambiance certes, mais une ambiance incroyablement chargée en émotions extrêmes, qu’elles soient positives ou négatives. La question du départ, l’angoisse qui monte, tous ces éléments contribuent à créer un intérêt narratif constant. Bien sûr, on sait malheureusement comment tout cela va finir, mais le « suspense » est ailleurs. Il est comment des hommes trouveront le courage de rester quand tout semble les conduire à une mort certaine.

Les moines de Des Hommes et des Dieux ne sont pourtant pas des héros, en tout cas pas au sens que donne généralement le cinéma à ce mot. Ce sont des êtres humains dans toute leur complexité. Xavier Beauvois a magistralement su nous le montrer sans jamais tomber ne serait-ce qu’une seule seconde dans le piège de l’hommage ou de l’admiration qui l’auraient conduit à faire des ses hommes plus que ce qu’ils furent, car ce qu’ils furent est déjà bien suffisant.

deshommesetdesdieuxLa réalisation de Xavier Beauvois est réellement remarquable. Discrète, sans fioriture, elle épouse la gravité du sujet. Elle est surtout au service de l’histoire et des acteurs, qui portent trop d’émotions en eux pour s’embarrasser d’effets visuels mal venus. La distribution est tout simplement magistrale, chacun étant à la hauteur d’un rôle qui aurait pu facilement écraser n’importe quel comédien. Le duo Lambert Wilson et Michael Lonsdale est bluffant, même si on ne doutait pas une seule seconde de leur talent. Mais Xavier Beauvois leur offre ici un des plus beaux rôles de leur déjà longue carrière. Ca sent le César amplement mérité.

Des Hommes et des Dieux peut faire peur par la gravité du sujet et une certaine austérité dans le réalisation. Mais il reste un avant tout un film magnifique et poignant, nous offrant une vision tellement plus humaine de l’héroïsme et du courage.

Fiche technique :
Production : Amada Films, Why not productions
Réalisation : Xavier Beavois
Scénario : Xavier Beauvois, Etienne Comar
Montage : Marie-Julie Maille
Photo : Caroline Champetier
Décors : Michel Barthélémy
Distribution : Mars distribution
Son : Jean-Jacques Ferran, Eric Bonnard
Durée : 120 mn

Casting ;
Michael Lonsdale : Luc
Lambert Wilson : Christian
Philippe Laudebach : Célestin
Olivier Rabourdin : Christophe
Jaques Herlin : Amédée
Loïc Pichon : Jean-Pierre
Xavier Maly : Michel
Jean-Marie Frin : Paul
Abdelhafid Metalsi : Nouredine 

ONCLE BOONMEE (CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES) : Une autre idée du vide

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onclebonmeeafficheJe l’ai voulu, je l’ai eu, je n’ai donc pas à me plaindre. En allant voir la dernière Palme d’Or, Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), je savais à quoi je m’exposais… Et bien, je n’ai pas été déçu. Les critiques sont pour le moins divisées au sujet de ce film, on trouve ça génial ou on déteste. Personnellement, j’ai rarement été plongé dans un tel ennui au cinéma.

Oncle Boonmee souffre d’une insuffisance rénale et sent que sa fin est proche. La mort qui vient entraîne avec elle quelques fantômes et le souvenir de ses vies antérieures.

Les amateurs les plus enthousiastes de Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) pourront s’écrier que c’est encore meilleur que du David Lynch. Il est vrai que le cinéma de Apichatpong Weerasethakul y fait penser. Enfin, à une différence près. Il y’a dans les presque deux heures de ce film autant que dans vingt minutes d’un film du réalisateur américain. Bref, on dépasse largement la frontière du supportable. Certes, je ne suis à la base un grand fan du cinéma contemplatif, mais je peux l’apprécier quand il est beau et poétique. Mais il faudrait déjà qu’il y’ait quelque chose à contempler, ce qui n’est pas le cas ici.

Franchement, je me demande vraiment ce qui a pris au jury du Festival de Cannes de récompenser cette merde. Autant je me suis ennuyé devant Poetry, mais je reconnais que c’est un avis personnel qui vient du fait que l’histoire ne m’a pas touché et que je n’y suis jamais vraiment rentré, alors que ce fut le cas de très nombreux spectateurs enthousiastes. Mais là, cela dépasse mon entendement. Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) est juste ennuyeux, vide, sans intérêt, même pas beau. Il y’a peut-être un sens caché que je n’ai pas saisi, mais j’en doute fort.

onclebonmeeAprès, c’est sûr que vous verrez dans Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) des choses que vous n’avez pas l’habitude de voir ailleurs. Il vous permettra notamment de voir une femme faire l’amour avec un poisson-chat qui parle. Oui, vous pouvez relire cette phrase et la prendre au premier degré. C’est bien ce qui se passe dans ce film, dans le seul moment qui, par sa bizarrerie, allumerait presque une lueur d’intérêt dans l’œil du spectateur étonné sur le coup. Mais bon, quant à un trouver un sens et un rapport avec le reste du film, là, c’est une toute autre histoire.

Juger les acteurs qui peuplent Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) est du coup assez difficile. Quand on a rien à jouer, c’est un tantinet difficile de briller. Pourtant, pour être un peu positif et ne pas avoir l’air de lui jeter la pierre, on pourra tout de même saluer la performance de Thanapat Saisaymar, dans le rôle titre, qui malgré tout dégage un certain charisme et un réel talent.

Bon, ma critique de Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) sera courte. A la fois, même si c’est quelque chose que je sais bien faire, il est difficile de parler de rien.

Fiche technique :
Production : Illuminations Films, Kick the Machine, Illuminations Film Past Lives, Anne Sanders Films, The Match Factory, Eddie Saeta
Réalisation : Apitchapong Weerasethakul
Scénario : Apitchapong Weerasethakul
Montage : Lee Chatametikool
Photo : Sayombhu Mukdeeprom, Yukontorn Mingmongkon, Charin Pengpanich
Décors : Akkarat Homlaor
Distribution : Pyramide distribution
Musique : Koichi Shimizu
Durée : 114 mn

Casting :
Thanapat Saisaymar : Boonmee
Jenjira Pongpas : Jen
Sakda Kaewbuadee : Tong
Natthakarn Aphaiwonk : Huay, le fantôme de la femme
Geerasak Kulhong : Boonsong, le fils homme-singe
Samud Kugasang : Jaai, l’ouvrier en chef laotien
Wallapa Mongkolprasert : la Princesse

SALT : Sidney Bristow est une petite bite !

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saltafficheCertains l’auront déjà compris, mais il y’a une pouffe en moi qui sommeille. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il y’a même carrément une féministe. Un féminisme qui s’est pour l’instant essentiellement manifesté par un amour immodéré de la série Alias et de son inoubliable personnage principal, Sydney Bristow. Ok, peut-être que le sourire de Jennifer Garner jouait un rôle dans cette affection sans borne, mais l’élément déterminant était avant tout le plaisir de voir une frêle jeune femme mettre de grosses patates dans la figure de grands costauds patibulaires. La féministe que je suis s’est donc réveillée devant Salt face à qui Alias ressemble à une bagarre de cours de récré.

Evlyn Salt, agent de la CIA, vient de passer trois ans dans les geôles nord-coréennes. Elle semble donc au-dessus de tout soupçon, avant qu’un agent russe souhaitant vendre des informations l’accuse de travailler en fait pour le Kremlin. Mais sa réaction et son évasion spectaculaire deviennent vite pour tous une preuve de sa culpabilité.

Salt, en dehors du sexe de son personnage principal, est en fait un film extrêmement classique, entre Rambo et James Bond, avec une pincée de géopolitique de pacotille. Un prétexte surtout pour assister à de belles scènes d’actions, des poursuives échevelées et quelques concours de tirs, où l’acuité des protagonistes semblent bizarrement donner dans le tout ou rien. Le tout est ici réalisé avec efficacité, mais guère d’imagination.

Il serait pourtant injuste de ma part de nier tout intérêt au scénario. Cette histoire d’agent double, triple, voire quadruple, est parfois un peu cousue de fil blanc. Mais voilà, au moment du rebondissement final, je me suis fait avoir comme un bleu. Si j’y avais réfléchi un peu plus intensément, j’aurais pu me douter de ce que les scénaristes nous réservaient, mais porté par l’action, je me suis totalement laissé surprendre. Du coup, Salt m’a quand même laissé une impression globalement favorable.

saltEt puis, Salt vaut aussi pour son personnage principal. Bon, ce genre de l’espion proche du surhomme est un poncif du cinéma, mais il porte rarement des talons hauts. Certains exploits d’Evelyn Salt sont encore plus improbables que James Bond rattrapant un avion en vol. Mais ce qui compte ici, c’est leur caractère spectaculaire, on n’est pas ici pour assister à l’exposé d’une thèse sur les effets de la gravité. Certains trouveront peut-être que les scènes d’action se ressemblent quelque peu, mais elles s’enchaînent avec assez de rythme pour que le spectateur n’ait vraiment pas le temps de s’ennuyer.

Salt a été écrit pour Angelina Jolie, qui occupe l’écran 95% du temps. Elle confirme ici qu’elle est bien la première actrice à n’avoir rien à envier à ses collègues masculins quand il s’agit de porter un film de pure action sur ses épaules. Et avec un physique comme le sien, en plus, elle sait garder un charme tout ce qu’il y’a de féminin. Les amateurs d’interprétations remarquables préféreront la revoir dans un Cœur Invaincu ou l’Echange, mais on pourra au moins lui décerner le prix de la polyvalence.

Salt ne révolutionnera pas le film d’action. Mais il reste un divertissement bien foutu et distrayant, largement bonifié par la présence à l’écran d’Angelina Jolie.

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Relativity Media, Di Bonaventura Pictures, Wintergreen Productions
Distribution : Sony Pictures Releasing
Réalisation : Phillip Noyce
Scénario : Kurt Wimmer
Montage : Stuart Baird, John Gilroy, Steven Kemper
Photo : Robert Elswit
Décors : Scott Chambliss, Leslie E. Rollins
Son : Paul Hsu
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : CIS Vancouver, Lola Visual Effects, Phosphene
Directeur artistique : Teresa Carriker-Thayer
Durée : 100 mn

Casting :
Angelina Jolie : Evelyn Salt
Liev Schreiber : Ted Winter
Chiwetel Ejiofor : Peabody
Hunt Block : le président des Etats Unis
Daniel Olbrychski : Vassily Orlov
August Diehl : Mike Krause
Daniel Pearce : Orlov jeune

POETRY : Comme un cerisier qui ne fleurirait pas

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poetryafficheIl y’a des films qui vous déçoivent profondément. Non que vous pensiez forcément qu’il s’agissait d’un chef d’œuvre avant de les voir, mais vous constatez que le film est raté, alors qu’il y’avait tout pour réussir. Quand on va voir le Choc des Titans, on sait que l’on va voir un gros navet et il serait très hypocrite de feindre la déception. Mais je suis allé voir Poetry, prix du scénario au dernier Festival de Cannes, dans un tout autre état d’esprit et j’en suis ressorti fort désappointé.

Mija est une femme de 66 ans. Elle gagne sa vie comme aide ménagère et élève seule son petit-fils. Pourtant, elle est toujours élégante, toujours souriante et commence des cours de poésie. Rien ne la prépare à affronter la nouvelle de l’implication de son petit-fils dans une histoire de viol collectif qui a poussé une jeune collégienne au suicide.

Je me répète peut-être un peu, mais je tiens une nouvelle fois à rappeler que le cinéma coréen est très différent du cinéma chinois ou japonais, en particulier en termes de rythme de narration. Il n’est pas parcouru par cette lenteur contemplative qui fascine et envoûte dans le cinéma asiatique Poetry n’échappe pas à la règle. Il est tout à fait semblable à ce niveau à n’importe quel film occidental…chiant.

Voilà, le mot est lâché et je l’assume. Je me suis fait chier devant Poetry. Jamais je n’ai vibré, l’émotion n’a jamais pointé derrière un intérêt poli. Ce n’est même pas vraiment beau, pas vraiment touchant. On n’a jamais vraiment envie de pleurer, jamais trop l’occasion de rire. Certaines scènes sont mêmes carrément inutiles, voire même redondantes. Bref, on n’a l’impression d’être devant un brouillon de scénario et j’ai du mal à comprendre comme il a pu être récompensé à Cannes. Bon, je dois être un des rares à être dans son cas vu l’unanimité que reçoit ce film aussi bien auprès des critiques que des spectateurs sur Allociné.

Mais pourquoi alors suis-je aussi fâché ? Parce que Poetry recèle tout de même tout qui fait du cinéma coréen peut-être le plus imaginatif au monde. Si j’ai parlé de brouillon de scénario, c’est qu’à la base, il est effectivement original et potentiellement génial. Ce film parle de choses graves, mais au lieu de tomber dans le sensationnel ou bien le larmoyant empathique, il choisit de le traiter comme des obstacles dans la quête de cette femme qui désire avant tout écrire un poème. Comme si la poésie était plus importante, plus forte que la mesquinerie et le cynisme dont font preuve nombre des protagonistes de cette histoire. Comme si elle pouvait être un rempart à toute l’horreur du monde. Bref, un renversement de ce qui constitue généralement l’essentiel et l’accessoire d’un scénario de ce type.

poetryPoetry nous offre également quelques moments comme le seul le cinéma coréen (ou quelques OVNI cinématographiques occidentaux comme Mammuth) peut l’oser, comme cette scène d’amour version 3ème âge débordante de sensualité. Au Pays du Matin Calme, on se soucie guère des frontières entre les genres, entre les styles, entre les tons ou les perspectives. D’habitude, ce mélange salutaire artistiquement donne des films aussi jubilatoires qu’étonnants. Ici, ce mélange ressemble à un soufflé prometteur mais qui ne gonflerait jamais.

Un mot tout de même sur la performance de Yoon Jung-Hee qui a charmé le monde entier. Si Poetry devait vraiment recevoir un prix à Cannes, il aurait pu sans problème lui être accordé. Mais son personnage, sur qui repose la totalité du film, souffre des mêmes défauts que l’ensemble de cette œuvre. Mais il serait terriblement injuste de rejeter la faute à quelque niveau que ce soit à cette formidable actrice.

Poetry est donc pour moi un film tout simplement raté. Et un film raté de 2h15, c’est long…

Fiche technique :
Production : Unikorea Culture & Art Invetment, Diaphana, NEW KTB Capital, Pine House
Réalisation : Lee Changdong
Scénario : Lee Changdong
Montage : Kim Hyun
Photo : Kim Hyunseok
Décors : Sihn Jeomhui
Distribution : Diaphana
Durée : 138 mn

Casting :
Yun Junghee : Mija
Lee David : Wook
Kim Hira : le président
Ahn Naesang : le père de Kibum

LES DERNIERS JOUR DU MONDE : Un OVNI sans fond

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lesderniersjoursdumondeafficheJe ne suis pas le dernier à faire des reproches au cinéma français, mais ces derniers concernent généralement bien plus la forme que le fond. En effet, depuis la mort de Max Pecas, il n’y a plus qu’Eric et Ramzy pour nous offrir des films qui en soient totalement dénué. Alors j’aurais pu, j’aurais du m’enthousiasmer pour les Derniers Jours du Monde, un film particulièrement original sur la forme, mais qui, au fond, n’a pas grand intérêt.

Sur fond d’apocalypse nucléaire et bactériologique tout proche, Robinson Laborde continue à penser à Laetitia pour lequel il a quitté sa femme. Mais alors que le danger approche et que la panique gagne le monde entier, il est obligé de fuir. Cependant, fuit-il vraiment ou bien continue-t-il de la chercher ?

Bon, soyons clairs, quand je parle de forme, je veux parler du support narratif à travers lequel s’expriment les relations entre les personnages et leurs réflexions… de fond forcément. Je trouve souvent que le cinéma hexagonal nous offre des films au propos intéressant, mais beaucoup trop déconnecté d’une intrigue solide pour que l’on s’y intéresse pleinement pendant une bonne heure et demi minimum.

Dans les Derniers Jours du Monde, c’est exactement l’inverse. Ce contexte apocalyptique, dans un monde totalement contemporain, est réellement surprenant et offre aux frères Larrieu une grande liberté scénaristique. Mais attention, ce film n’est pas une seule seconde un film fantastique, mais un vrai film où les personnages, leur psychologie et leurs états d’âme constituent tout l’intérêt du scénario. Ou plutôt, pour le coup, son manque d’intérêt car, je dois bien l’avouer, cette histoire de recherche de l’amour perdu ne m’a pas du tout intéressé. Du coup, je n’ai ressenti que très peu d’attachement aux personnage et suis resté totalement indifférent à leur sort.

Restent cependant quelques scènes assez étonnante comme cette soirée de fin du monde entre notables, sortie d’orgie décadente et apocalyptique. Les frères Larrieu sont connus pour parsemer leurs œuvres d’une dose non négligeable d’érotisme, quelque soit leur casting. A première vue, Mathieu Almaric, Sergi Lopez, Karin Viard et Catherine Frot ne constituent pas vraiment le quatuor auquel on penserait spontanément pour cela. Mais en matière de direction d’acteur à contre-emploi, ou du moins un emploi inattendu, les Derniers Jours du Monde recèle effectivement quelques bonnes surprises.

lesderniersjoursdumondeEn effet, au-delà de son originalité intrinsèque, les Derniers Jours du Monde brillent par sa distribution. Le quatre acteurs que je viens de citer sont tous étonnants dans des rôles que l’on aurait pas forcément imaginés taillés pour eux. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai pour Mathieu Almaric que l’on sait à l’aise et génial, partout, tout le temps, même quand le film n’est pas très bon. Par contre, Cathrine Frot est absolument épatante et nous prouve bien qu’il n’est pas besoin d’avoir le physique de Megan Fox pour dégager charme et sensualité.

Les Derniers Jours du Monde reste un film unique et tout de même brillamment réalisé. Cependant, le manque d’intérêt suscité par une intrigue qui manque de corps et s’étire en longueur gâche cet OVNI cinématographique qui aurait pu facilement devenir un film culte.

Fiche technique :
Production : Soudaine compagnie, Arena films, Mallerich fims
Distribution : Wild Bunch distribution
Réalisation : Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu
Scénario : Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu, d’après les romans de Dominique Noguez
Montage : Annette Dutertre
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Ana Alvargonzales, Riton Dupire-Clément
Musique : Léo Ferré, Bertrand Burgalat, Manuel De Falla, Daniel Darc
Costumes : Caroline Tavernier
Durée : 130 mn

Casting :
Mathieu Amalric : Robinson
Catherine Frot : Ombeline
Karin Viard : Chloé
Sergi Lopez : Théo
Clotilde Hesme : Iris
Omahyra Mota : Laetitia
Jacques Nolot : Dr Abeberry
Sabine Azéma : Marquise d Arcanges

LE BRUIT DES GLACONS : Dialogue avec mon cancer

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lebruitdesglaconsafficheBertrand Blier est un des rares cinéastes français qui peut se vanter d’avoir reçu l’Oscar du meilleur film étranger. C’était certes il y’a plus de 30 ans avec Sortez vos Mouchoirs, mais bien des petits jeunes aimeraient en faire autant. Mais voilà, n’est pas Bertrand Blier qui veut, un réalisateur qui s’est toujours affranchi des interdits moraux et chez qui le politiquement correct n’est jamais de rigueur. Les Valseuses ou Buffet Froid ont fait scandale en leurs temps. Ses films ont parfois un peu vieilli mais il leur reste ce charme provocateur, cet humour noir et grinçant qui n’appartiennent qu’à lui. Le Bruit des Glaçons, son nouveau film, nous fait partager son regard unique sur deux sujets qui ne prêtent guère à rire : la maladie et la mort.

Charles Faulque vit reclus dans son mas provençal, avec sa bonne et une jeune russe qu’il entretient. Il n’écrit plus, il boit, du blanc de préférence, en grande quantité, toute la journée. Mais son quotidien est perturbé par l’arrivée d’un personnage dont il se serait bien passé de la visite : son cancer.

On pourrait débattre à l’infini sur un point : Le Bruit des Glaçons est-il une comédie ? Ou bien une fable dramatique ? Un peu de deux en fait. Evidemment, le choix d’Albert Dupontel et Jean Dujardin n’est pas anodin. Les deux acteurs sont utilisés ici à contre-emploi, mais pas tant que ça. Leur talent comique, leur faculté à manier l’ironie et le second degré étaient indispensables pour que le Bruit des Glaçons soit une réussite. Et il en est une.

Le Bruit des Glaçons nous parle d’un sujet dont on n’a pas forcément envie d’entendre parler, mais qui fait forcément partie de notre existence à un moment ou à un autre, directement ou indirectement. La mort et la maladie ne sont pas très glamour et nos société occidentales ont souvent tendance à nier leur existence. Ou bien, quand on évoque le sujet à travers une fiction, cela tombe dans le larmoyant, les bons sentiments, souvent de manière absolument insupportable et ridicule.

Le Bruit des Glaçons le fait d’une manière bien différente, la manière que l’on pouvait attendre de Bertrand Blier. Pourtant il n’esquive aucun des sujets que l’on associe à l’approche de la mort : le retour sur sa vie, les regrets concernant les erreurs que l’on a commises, l’envie de les réparer et de retisser des liens que l’on a bêtement brisé, le regard des autres qui acceptent difficilement votre disparition prochaine… Encore une fois, vous ne rirez pas de tout cela dans ce film, mais vous ne vous apitoierez pas non plus. C’est là toute la force et l’intérêt de ce film et on peut réellement saluer Bertrand Blier pour la justesse du ton qu’il a su trouver.

lebruitdesglaconsLe Bruit des Glaçons est un film très court, un peu moins d’une heure et demie. Cependant, il faut bien admettre que c’est déjà un tout petit peu long par rapport au contenu. Une heure aurait sans doute suffi mais ce n’est pas un format qui permet une exploitation en salle. Cependant, même quand le film se met à tourner en rond, on reste attentif car on se demande bien quelle sera la conclusion de tout ça. Et heureusement, la fin est vraiment réussie, mais évidemment je n’en dévoilerai rien.

Un mot enfin sur le duo d’acteurs. Parfaitement dirigés, Jean Dujardin et Albert Dupontel sont vraiment très bons. Mais il y’a longtemps que l’on savait déjà que leur talent d’acteur dépasse largement le seul registre du comique pur. Cependant, la plus belle interprétation est à mettre à l’actif de Anne Alvaro, qui signe là un de ses plus beaux rôles.

Le Bruit des Glaçons nous montre que la carrière de Bertrand Blier n’est pas encore finie. Il est difficile à dire si ce film lui a été inspiré par sa propre mort qui approche. Mais bon, il n’a jamais que 71 ans, alors espérons qu’il ait encore des nombreuses années et beaucoup de films devant lui.

Fiche technique :
Production : Wild Bunch, France 2 Cinéma, Hérodiade, Plateau A
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Bertrand Blier
Scénario : Bertrand Blier
Montage : Marion Monestier
Photo : François Catonné
Format : 35mm
Décors : Patrick Dutertre
Son : Pierre Gamet, Hélène Le Morvan, Emmanuel Crozet
Musique : Collectif
Durée : 87 mn

Casting :
Jean Dujardin : Charles Faulque
Albert Dupontel : le cancer de Charles
Anne Alvaro : Louisa
Myriam Boyer : le cancer de Louisa
Audrey Dana : Carole Faulque
Emile Berling : Stanislas Faulque
Christa Théret : Evguenia

CRIME D’AMOUR : Le crime est quand même loin d’être parfait

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crimedamourafficheDans les années 70, Alain Corneau était le spécialiste des films noirs à la française, signant notamment Série Noir, Police Python 357 ou encore le Choix des Armes. Ensuite, il a donné dans des genres divers et variés, du drame historique multicésarisé (Tous les Matins du Monde) à la comédie familiale gentillette (Le Prince du Pacifique). Avec Crime d’Amour, il revient à ses premiers amours. Et le film noir, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Enfin presque…

Isabelle travaille sous les ordres de Christine au sein de l’antenne parisienne d’une grande multinationale. Mais la jeune fille commence à comprendre que sa supérieure, qu’elle admire tant, se sert surtout d’elle et de ses idées, qu’elle s’approprie sans vergogne, pour ses propres fins. Entre les deux femmes, une guerre psychologique sans merci va commencer. A ce jeu-là, Christine semble imbattable.

Crime d’Amour est un thriller sans grande originalité, avouons-le, mais réalisé avec un certain brio. En fait, tout se joue au niveau du scénario. L’intérêt que l’on peu lui porter dépend de la faculté que l’on possède à faire abstraction du manque de crédibilité dont il fait preuve parfois. Personnellement, j’ai beaucoup de mal à croire aux réactions des personnages et à la manière violente dont leur relation évolue. Ca ne m’a pas empêché d’apprécier le film, mais ça laisse un petit goût d’inachevé.

Au-delà de ça, le scénario est plutôt bien construit, réservant surprises, rebondissements et surtout suspense. A partir d’un moment, on comprend à peu près comment cela va se finir, mais on reste intrigué dans l’attente de découvrir le pourquoi du comment. L’intérêt du spectateur est maintenu donc de bout en bout. Cependant, tout ça est un peu froid et ne recèle qu’assez peu d’inattendu et de jamais vu.

La caméra d’Alain Corneau reste une des plus élégante du cinéma français. L’image, les décors, la photographie sont sans fioriture, mais totalement au service des acteurs. Ou plutôt ici de sont duo d’actrices, Ludivine Sagnier et Kristin Scott-Thomas. Si la première s’en sort plutôt bien, la seconde est éblouissante. Ce n’est pas vraiment une surprise quand on connaît son talent. Du coup, sa jeune partenaire a bien du mal à se mettre à son niveau, ce qui n’est pas vraiment un reproche vu les sommets à atteindre, mais cela nuit quand même à l’équilibre général du film qui repose quand même largement sur le duel entre les deux femmes.

crimedamourAlain Corneau signe donc là un bon moment de cinéma « populaire » à la française. Mais comme dans plusieurs de ses œuvre les plus récentes, il se contente de mettre en scène de vieilles recettes de manière un peu paresseuse. Certes le cuisinier a assez de talent pour que le plat se laisse manger avec plaisir, mais on attendait mieux d’un réalisateur qui fut pendant plus de 20 ans un des cinéastes les plus brillants et intéressants du cinéma hexagonal. Il s’agit peut-être là d’un reproche sévère, mais on aurait aimé le voir sublimer le talent de Kristin Scott-Thomas comme il avait su sublimer celui de Patrick Dewaere dans les années 70.

Crime d’Amour peut donc largement attendre un passage télé, qui pourra faire passer une bonne soirée aux amateurs de thriller et autres films noirs.

Fiche technique :
Production : SBS films, Divali films, France 2 cinéma
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Alain Corneau
Scénario : Alain corneau, Natalie Carter
Montage : Thierry Derocles
Photo : Yves Angelo
Décors : Katia Wisztop
Durée : 104 mn

Casting :
Kristin Scott-Thomas : Christine
Ludivine Sagnier : Isabelle
Patrick Mille : Philippe
Guillaume Marquet : Daniel
Olivier Rabourdin : le juge
Gérald Laroche : Gérard 

CLEVELAND CONTRE WALL STREET : Tout simplement passionnant

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clevelandcontrewallstreetafficheL’avocat Josh Cohen, de nombreuses associations et la ville de Cleveland ont tenté de poursuivre les 21 principales banques d’affaires de Wall Street pour les dégâts causés par la crise des subprimes et les multiples expulsions qui en ont découlées. Mais à force de recours et autres procédures menés par les avocats de la défense, le procès est bien partie pour n’avoir jamais lieu. Toute cette affaire était suivie par le documentaliste suisse Jean-Stéphane Bron. L’idée lui alors venu de faire tenir quand même ce procès.

Cleveland contre Wall Street est donc le récit de ce procès, fictif certes, mais réalisé dans des conditions bien réelles, avec un vrai jury, un vrai juge, de vrais témoins, de vrais avocats et un vrai verdict. Il s’agit donc d’un documentaire dans le sens où tout le monde joue son propre rôle et où rien n’a été écrit à l’avance. Il y’a évidemment une part de mise en scène, mais nous ne sommes pas là devant une fiction.

On aurait pu craindre qu’il s’agisse là d’une parodie de procès, d’un procès à charge transformant Cleveland contre Wall Street en pamphlet à la Michael Moore. Mais ce film n’a rien à voir avec son Capitalism : a Love Story car il y’a bien deux avocats. Un représentant les habitants de Cleveland, mais aussi un, et un très bon, pour défendre Wall Street. Il s’agit donc bien là de la confrontation de deux points de vue, une confrontation qui pourra ébranler les plus convaincus.

On ne doute pas une seule seconde vers qui penche le cœur de Jean-Stéphane Bron, mais sa caméra n’interfère jamais dans le débat. On peut soupçonner que cela le démange parfois, mais il saura rester neutre et laisser son expérience se dérouler jusqu’à son terme. On assiste à un affrontement des plus sévères entre deux camps, à coups d’arguments massues et de questions pièges, dignes des meilleur film de procès écrits à l’avance. Beaucoup de témoins sont évidemment des habitants des quartiers pauvres de Cleveland, mais aussi un ancien conseiller à la Maison Blanche et l’informaticien qui a mis au point le logiciel utilisé par les banques pour permettre la titrisation des dettes contractées. Bref, il ne s’agit définitivement pas d’un procès de pacotille.

Ne vous affolez pas, même quand le débat devient un peu plus technique, tout reste clair. N’oubliez pas qu’il s’agit pour les deux avocats de convaincre un jury populaire, donc pas question de les noyer dans un jargon obscur. Il y’a un vrai intérêt pédagogique dans leurs argumentations et donc dans Cleveland contre Wall Street. Ce n’est pas un documentaire sur la crise en elle-même, mais on comprend beaucoup mieux à la vue de ce film comment elle a pu naître.

clevelandcontrewallstreetMais ce qu’il y’a de plus fascinant dans Cleveland contre Wall Street., c’est le débat de fond. Le défenseur de Cleveland en appelle surtout à l’émotion, celui de Wall Street à la raison. En fait, ce film pose de vraies questions philosophiques : quand quelqu’un abuse, de manière légale, de la naïveté d’un tiers, quelle est exactement la responsabilité des deux protagonistes ? En fait, est-on coupable ou victime de sa propre naïveté ? Doit-on défendre les gens contre leurs propres erreurs quand il s’agit d’actes volontaires et réfléchis ? Jusqu’où porte l’excuse de l’ignorance ? Cependant, toutes ces questions ne sont pas traitées ici par un philosophe à la coiffure improbable, mais par un cas concret qui a touché la planète entière et parfois nous-mêmes, directement ou indirectement. Quant aux réponsex, je vous laisse les découvrir en regardant ce film passionnant. En effet, il y’a un vrai suspense quant à l’évolution des débats et quant au verdict final. De toute façon, ce ne sont pas des questions auxquelles on peut répondre de manière absolue et définitive, malgré la tentation de certains de le faire.

Cleveland contre Wall Street est donc un film surprenant, mais surtout passionnant par la forme et le fond. Une vision sur petit écran vous permettra bien sûr d’en apprécier également toutes les qualités, mais ne tardez pas non plus trop, tant le sujet reste encore d’actualité.

Fiche technique :
Production : Les Films Pelléas, Saga production
Réalisation : Jean-Stéphane Bron
Scénario :
Montage : Simon Jacquet
Photo : Julien Hirsch
Distribution : Les films du Losange
Son : Jean-Paul Mugel, Benoît Hillebrant, Stéphane Thiébaut
Durée : 98 mn

LA VIE PASSIONNEE DE VINCENT VAN GOGH : L’âge d’or d’Hollywood en peinture

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laviepassionneedevincentvangoghafficheCertains personnages historiques, au-delà des raisons de leur célébrité, sont légendaires par les aspects épiques ou dramatiques de leur existence. Vincent Van Gogh en fait partie, lui qui avant de devenir le peintre le plus célèbre de l’histoire, est mort aux portes de la folie, en ayant vendu quasiment aucune toile de son vivant (ce qui, avec le recul, est quand même sidérant). Il était normal que le cinéma s’empare du personnage, ce qu’elle a fait notamment en 1956, avec la Vie Passionnée de Vincent Van Gogh, de Vincente Minelli, avec Kirk Douglas et Anthony Quinn.

Le jeune Vincent Van Gogh cherche sa voie. Il marche d’abord sur les traces de son père, pasteur, mais se révèle trop exalté et déplaît vite à la hiérarchie ecclésiastique. Il se réfugie alors dans le dessin, une passion qui va le conduire au destin romanesque que l’on connaît.

Vincente Minelli, Kirk Douglas, Anthony Quinn, autant de noms qui évoquent l’âge d’or d’Hollywood. La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh est un film typique de cette époque, avec ses décors colorés et peints, des acteurs qui surjouent quelque peu et des personnages aux caractères bien tranchés. Ajoutez à ça quelques clichés et une reconstitution des Pays-Bas et de la France du XIXème siècle un peu carte postale et vous obtiendrez un beau classique du 7ème art délicieusement désuet.

Mais La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh est aussi l’occasion d’admirer un duo d’acteurs comme le cinéma en a peu connu. Kirk Douglas tient ici un de ses plus grands rôles, ce qui n’est pas peu dire. Le film nous rappelle que si son fils est un bon acteur (et le mari de Catherine Zeta-Jones accessoirement, ce que je trouve très injuste), lui fut un des plus grands comédiens de l’histoire d’Hollywood. Et à ses côtés, c’est pas mal non plus avec Anthony Quinn dont l’apparition est somme toute relativement brève mais lui valut tout de même un Oscar.

laviepassionneedevincentvangoghLa caméra de Vincente Minelli est celle d’un des maîtres d’Hollywood. Ce qui l’intéresse, c’est de mettre en valeur les acteurs qu’il dirige. Tout le reste n’est que l’écrin dans lequel ils pourront s’épanouir et donner le pleine mesure de leur talent. Bien sûr, ils ont un peu tendance à tout jouer comme s’il s’agissait une tragédie grecque (en fait, je ne suis pas vraiment sûr qu’on ait l’obligation de surjouer les tragédies grecques), mais c’était le style de l’époque où le spectateur n’était pas inondé d’images à la télévision et où grand spectacle ne voulait pas dire son THX et effets spéciaux à la chaîne.

Cependant, La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh n’est pas non plus le plus extraordinaire classique de l’histoire du cinéma. Rien que pour Vincente Minelli, on préfèrera Un Américain à Paris (dans le genre carte postale !), Celui par qui le scandale arrive ou les 4 Cavaliers de l’Apocalypse. Mais il est à conseiller à tous ceux qui aiment les vieux classiques et accessoirement la peinture. Sans avoir valeur de documentaire, ce film permet au moins de mieux se rendre compte de l’évolution de l’œuvre du peintre, de nombreux plans passant d’un décor au tableau original.

La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh n’est pas donc pas le classique indispensable à tout cinéphile qui se respecte, mais ne nuira à la culture de personne.

Fiche technique :
Titre : La Vie passionnée de Vincent van Gogh
Titre original : Lust for Life
Réalisation : Vincente Minnelli
Scénario : Norman Corwin d’après le livre de Irving Stone
Production : John Houseman et Jud Kinberg
Musique : Miklós Rózsa
Photographie : Russell Harlan et Freddie Young
Montage : Adrienne Fazan
Décors : F. Keogh Gleason et Edwin B. Willis
Costumes : Walter Plunkett
Pays d’origine : États-Unis
Société de production : MGM
Format : Couleur (Metrocolor) — 2.35:1 CinemaScope — 35 mm :
Genre : Drame, biographie
Durée : 122 minutes
Date de sortie :
17 septembre 1956 aux États-Unis
En 1957 en France

Casting :
Kirk Douglas : Vincent Van Gogh
Anthony Quinn : Paul Gauguin
James Donald : Theo Van Gogh
Pamela Brown : Christine
Everett Sloane : Docteur Gachet
David Bond : Georges Seurat
Laurence Naismith : Docteur Bosman
Isobel Elsom : Madame Stricker
Niall MacGinnis : Roulin
Noel Purcell : Anton Mauve
Henry Daniell : Theodorus Van Gogh
Madge Kennedy : Anna Cornelia Van Gogh
Jill Bennett : Willemien
Lionel Jeffries : Docteur Peyron  

EXPENDABLES, UNITE SPECIALE : Les papys font de la résistance

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expendablesafficheDans les années 80 et 90, le cinéma hollywoodien a fait naître une nouvelle sorte de héros dont le taux de testostérone était généralement proportionnel à la taille de ses biceps et sa capacité à flinguer les méchants vilains. Leurs chefs de file s’appelaient Stallone et Schwarzenegger, auxquels sont venus s’adjoindre un peu plus tard Bruce Willis et l’inénarrable Jean-Claude Van Damme. Puis les effets spéciaux et les 3D sont venus peu à peu les pousser à la retraite, voire même vers un poste de gouverneur de Californie. Mais heureusement, un homme s’est levé, a sonné le rappel de tous ses anciens compagnons d’armes et a lutté pour nous montrer qu’ils en avaient encore dans le ventre. Le résultat est Expendables, Unité Spéciale, un moment de cinéma jouissif et réjouissant.

Barney Ross est le leader d’un groupe de mercenaires qui luttent toujours pour le bien. Un jour, la CIA fait appel à lui pour se délivrer un petit pays d’Amérique Latine d’une terrible dictature. D’abord méfiant, il se rend sur place et voyant les atrocités que subissent la population (et accessoirement pour les beaux yeux d’une femme), il décide d’intervenir.

Expendables, Unité Spéciale est doté d’un scénario extrêmement basique. Mais dans ce genre de film, le scénario est le truc pas très utile qui impose des moments de répits entre les scènes d’action. A la limite, on s’en passerait bien. Donc, franchement, rien à dire à ce niveau là, si on veut assiste à une intrigue complexe, on va voir un autre film.

Expendables, Unité Spéciale, c’est avant tout le plaisir de voir réuni un tel casting. Il fallait bien un Stallone devant et derrière la caméra pour rameuter tout ce beau monde. Même Arnold Schwarzenegger a accepté de faire une courte apparition, sa première au cinéma depuis son élection. Bruce Willis n’est là lui aussi que pour le clin d’œil et on regrettera l’absence de notre Belge aware préféré. Le rôle de Mickey Rourke, même s’il est plus long, est lui aussi avant tout symbolique.

Car c’est le duo Stallone-Statham, largement épaulé par Jet Li, qui occupe le haut de l’affiche d’Expendables, Unité Spéciale mais surtout toute la largeur de l’écran. Bien sûr, les années ont passé mais Sylvester met toute son énergie pour nous prouver qu’il conserve de beaux restes. Ce n’est pas toujours hyper crédible, mais franchement, on a envie d’y croire et de le retrouver comme aux plus beaux jours. Alors on ferme les yeux sur les moments où les poids des ans devraient logiquement se faire sentir. A ces côtés, John Statham reste fidèle à lui-même, c’est à dire sans aucun talent d’acteur, mais avec tout de même un fort charisme à l’écran.

expendablesMais là encore, on n’est pas non plus venu pour assister à des rôles des composition. On veut du tactactactac, du vlan, du boum, du paf, du bing, du pan ! Bref, de l’action, de l’action et encore de l’action, avec si possible quelques poursuites, de belles bagarres, beaucoup de fusillades où les méchants tirent aussi incroyablement mal que les gentils visent incroyablement bien et tout plein de jolies explosions. Et pour tout ça, le final de Expendables, Unité Spéciale vous ravira en vous offrant un délire pyrotechnique démesuré mais réjouissant. Mais le reste du film n’est pas en reste avec beaucoup d’autres moments de bravoure survitaminés, pleins de bruits et de fureur, le tout sur un rythme qui ne laisse au spectateur que peu de temps au spectateur pour reprendre sous souffle.

Expendables, Unité Spéciale est donc un hommage à un cinéma un peu désuet désormais mais qui garde son caractère extrêmement jouissif quand il est bien fait. Et qui mieux que Stallone et ses amis pouvaient le faire revivre ?!

Fiche technique :
Production : Nu Image Films, Millenium Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Sylvester Stallone
Scénario : David Callaham, Sylvester Stallone
Montage : Ken Blackwell, Paul Harb
Photo : Jeffrey Kimball
Format : 35mm
Décors : Franco-Giacomo Carbone
Musique : Brian Tyler
Directeur artistique : Daniel Flaksman
Durée : 105 mn

Casting :
Sylvester Stallone : Barney Ross
Jason Statham : Lee Christams
Dolph Lungren : Gunnar Jensen
Jet Li : Yin Yang
Mickey Rourke : Tool
Eric Roberts : James Monroe
Bruce Willis : Mr Church
Terry Crows : Hale Caesar
Arnold Schwarzenegger : Trench