
Si The Disaster Artist est avant tout une comédie. Bien sûr, elle n’aurait pas la même saveur s’il ne nous racontait pas une histoire vraie. Pour preuve, un des moments les plus savoureux reste le générique de fin où on peut comparer le vrai The Room, avec sa reconstitution, particulièrement fidèle, pour ce film. James Franco a une vraie tendresse pour son sujet et cela se sent. Il se moque certes, ce qui nous fait rire, mais il a aussi une pointe d’admiration pour cette homme qui a mené son projet jusqu’au bout, entraîné par sa folie douce, sans jamais renoncer. Il entraîne avec lui le spectateur, partagé de la même façon.

LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Production : Good Universe, New Line Cinema, Point Grey Pictures, RabbitBandini, Ramona Films, RatPac-Dune
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : James Franco
Scénario : Scott Neustadter, Michael H. Weber, d’après le livre de Greg Sestero et Tom Bissell
Montage : Stacey Schroeder
Photo : Brandon Trost
Décors : Chris L. Spellman
Musique : Dave Porter
Durée : 104 min
Casting :
Dave Franco : Greg
James Franco : Tommy
Seth Rogen : Sandy
Ari Graynor : Juliette
Alison Brie : Amber
Jacki Weaver : Carolyn
Zac Efron : Dan
Josh Hutcherson : Philip
Sharon Stone : Iris Burton
Melanie Griffith : Jean Shelton

Moi, Tonya arrive donc à être quelque chose d’autre qu’un simple biopic ou que le simple récit d’un événement ayant fait la une de l’actualité. La réalisation de Craig Gillepsie présente de vraies touches d’originalité pour en faire un film en tout point surprenant. Si on ajoute à cela l’énergie qui parcourt le film, on obtient un résultat réellement emballant. Le seul bémol… Margot Robbie livre une performance de première ordre, mais garde tout de même quelque chose de beaucoup plus gracieux que la vraie Tony Harding, malgré le mauvais goût de ses tenues. Comme quoi, l’habite ne fait jamais tout à fait le moine.
Lady Bird n’est pas exempt de quelques clichés sur l’adolescence, mais il les exploite le plus souvent pour les tourner en dérision. Le film est surtout l’occasion de découvrir la jeune Saorise Ronan dans un premier rôle qu’elle occupe avec un réel talent et une jolie personnalité. A ses côtés, Laurie Metcalf, que l’on connaît surtout comme mère de Sheldon dans The Big Bang Theory, est également parfaite dans un rôle d’envergure. Elles contribuent toutes les deux à la réussite de ce joli film, riche, drôle et émouvant.
Call Me By Your Name ne s’arrête en plus pas là. Il nous livre quelques éléments scénaristiques supplémentaires. On retiendra notamment un dialogue père-fils proche de la fin du film qui marque fortement l’esprit du spectateur. On pourra simplement reprocher à ce film peut-être une longueur excessive. Un quart d’heure, voire même une demi-heure de moins et le film aurait éviter de voir la tension narrative de se dissiper quelque peu à certains moments. On reprend vite le fil certes, mais il est vrai que l’on décroche aussi parfois. Rien qui ne remette en cause cependant la beauté de ce film et la force de l’émotion qu’il dégage.
Si la seconde moitié va largement s’éloigner de l’œuvre de Jean-Pierre Jeunet, elle va nous conduire à un dénouement qui ne m’a pas non plus hyper enthousiasmé. Je n’ai pas vraiment de leçon de cinéma à donner à Guillermo Del Toro, mais j’aurais choisi une autre fin. Bref, le film n’a jamais réussi à m’emballer, bien qu’il reste un bel objet cinématographique, avec beaucoup de talents dedans. On retiendra en premier lieu la très belle performance de Sally Hawkins, dont la grâce ne peut pas non plus laisser totalement indifférent. Mais elle n’est pas suffisante pour faire de la Forme de l’Eau le grand et beau film qu’il aurait pu (dû) être.
En effet, ce qui fait le réel intérêt de l’Apparition, c’est le portrait croisé du journaliste incrédule et traînant quelques lourds traumatismes et la jeune fille qui porte un poids chaque jour un peu plus démesuré sur les épaules. Deux personnages profondément dissemblables mais qui vont finir par tisser une relation singulière. C’est au final pour ça que l’on trouve ce film plutôt réussi et qu’il parvient à nous captiver jusqu’au bout. Plutôt que la recherche de la vérité factuelle, c’est bien chacune de leur quête intérieure dont on souhaite réellement connaître le dénouement. Le film n’a donc rien d’un nouveau Da Vinci Code, mais mérite en tout cas d’être vu.
Reste une histoire qui là aussi laisse sur une impression relativement indéfinissable. Une histoire d’amour qui ne ressemble que peu à une histoire d’amour. Une histoire qui semble cousue de fil blanc avant de prendre au final un sens toute autre. Une histoire qui fascine, mais porte parfois au bord d’un certain ennui. Phantom Thread est donc un film paradoxal. Cela lui donne tout son intérêt, mais fixe aussi ses limites. Celles d’un film que l’on peut aimer avec sa raison, plus difficilement avec son cœur. Mais pour une histoire qui parle autant de sentiments, on est en droit de le regretter.
Il n’en reste pas moins que Black Panther reste un film de héros dans la droite lignée des meilleures productions Marvel. On ne s’ennuie pas une seule seconde, la galerie de personnages est vraiment intéressante et le royaume du Wakanda nous réserve bien des surprises inattendues. L’équilibre entre action et avancée de l’intrigue est le bon. Ce film prouve une nouvelle fois la maîtrise et le réel savoir faire cinématographique de Marvel, qui continue de valoriser au mieux la richesse immense de l’univers des comics. Du coup, on a encore plus l’eau à la bouche en attendant Infinity Wars qui arrive fin mai.
Le Retour du Héros propose ne propose pas forcément un humour d’une subtilité débordante. Mais un humour efficace et qui fait rire. Si on ajoute à cela une galerie de personnages particulièrement savoureuses et un fil narratif qui titille quand même le spectateur quant à son dénouement, on passe au final un excellent moment. Aucun perte de neurone à l’horizon, mais des zygomatiques qui font un peu d’exercice. Au moment où un grand froid va déferler sur le pays, c’est loin d’être malvenu. On en redemanderait presque.
Ce n’est malheureusement pas la forme qui va sauver le Labyrinthe : le Remède Mortel. Les effets spéciaux sont efficaces, mais la réalisation sans relief ne nous met jamais en position d’en prendre plein les yeux. Il ne propose de toute façon rien que l’on ait déjà vu dans un des deux épisodes précédents. Quant à l’interprétation, elle est rendue poussive par des dialogues sans saveurs, dans des situations qui n’en proposent pas plus. Une fin particulièrement décevante donc pour une saga qui nous avait pourtant réellement séduit lors de ces deux premiers volets.
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