ILIUM (Dan Simmons) : Odyssée galactique

Ilium de Dan Simmons

Après avoir pénétré dans l’univers de Dan Simmons à travers les romans consacrés au monde d’Hypérion (dans lequel je vais pouvoir revenir bientôt), j’ai poursuivi mon exploration avec Ilium, premier volet d’un diptyque, mêlant des éléments tirés de la mythologie homérique et science-fiction pure et dure. Un mélange des genres qui n’était pas totalement absent du reste de son œuvre, mais qui est ici pleinement assumé et poussé jusqu’au bout. Le tout dans une atmosphère et un style typique de cet auteur relativement unique. Et qui peuvent difficilement laisser indifférent.

Trois récits (trop) en parallèle

On retrouve dans Ilium, une structure proche de ce qu’on retrouvait dans Hypérion. A savoir des récits en parallèle qui semblent n’avoir aucun lien les uns avec les autres, mais qui finiront tout de même par se rejoindre. Ce procédé a le grand mérite d’attiser la curiosité du lecteur qui se demande bien quel idée l’auteur a derrière la tête. Cependant, il nécessite de dissimuler au lecteur le plus longtemps possible l’ensemble des enjeux narratifs se cachant derrière chaque branche de l’histoire. Du coup, on s’y perd parfois. Le lecteur a un peu l’impression de lire trois livres différents en parallèle, qui vont susciter chez lui des engouements inégaux. Et surtout, le récit est parfois difficile à suivre. Chaque bloc de l’histoire est riche et complexe et on peine parfois à raccrocher lorsque l’on en retrouve un après avoir passé de longues pages sur ce qui nous semble tout autre chose. Surtout pour un fil qui nous enthousiasme moins.

Un final grandiose

Heureusement, le dénouement grandiose fera largement oublié l’aspect inégal de ce qui a précédé. On termine Ilium avec une réelle envie de se projeter vers la suite, désormais qu’on est parvenu à tout mettre en cohérence et à avoir une vue d’ensemble. Il n’empêche qu’on en veut un peu à Dan Simmons de ne pas nous avoir conduit ici de manière plus fluide. Cela ressemble à une marque de fabrique, mais on peut y voir aussi une forme de paresse et d’absence de renouvellement. Les tours de magie peuvent fonctionner indéfiniment devant un même public. Il n’empêche que celui-ci finit toujours par trouver ça de moins en moins magique. Heureusement, l’imagination hors pair de Dan Simmons fait au final la différence et on apprécie pleinement cette histoire dont bien des aspects sont inattendus et réellement originaux. A suivre donc.

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