
Il ne faut donc pas s’attendre à une originalité débordante de la part de Mon Inconnue. Sans être totalement dans le déjà vue, on peut rapprocher à peu près toutes les éléments clés du film dans d’autres œuvres qui l’ont précédé. Pourtant, on prend plaisir à se faire raconter cette histoire. Déjà parce qu’un courant de sympathie se crée assez vite avec les différents protagonistes, que ce soit le couple principal ou les quelques seconds rôles qui gravitent autour d’eux. Ensuite, l’histoire est racontée avec assez d’énergie et de rebondissements, même s’ils sont souvent sans grande surprise, pour que l’ennui ne pointe jamais le bout de son nez. L’humour est peut-être un peu potache parfois, mais assez efficace en tout cas pour nous donner un vrai grand sourire qui nous accompagne du début à la fin. Toutes les qualités que l’on cherche dans un divertissement drôle, un rien romantique et qui ne prend pas une seconde la tête.

LA NOTE : 12/20
Fiche technique :
Réalisation : Hugo Gélin
Scénario : Hugo Gélin, Igor Gotesman et Benjamin Parent, avec la collaboration de David Foenkinos et Lætitia Colombani
Producteurs : Stéphane Célérier, Laetitia Galitzine, Valérie Garcia et Hugo Gélin
Durée : 118 min
Casting :
François Civil : Raphaël
Joséphine Japy : Olivia
Benjamin Lavernhe : Félix
Édith Scob : Gabrielle
Camille Lellouche : Mélanie
Amaury de Crayencour : Marc
Nina Simonpoli-Barthélemy : L’élève blasée
Juliette Dol : Morgane
Samir Boitard : Le prof de lettres
Christian Benedetti : Étienne Robert, l’éditeur
Guillaume Bouchède : Le fan inconditionnel d’Olivia
Dorian Le Clech : Un élève
Patrice Melennec : Le gardien Odéon
Le cinéma prouve souvent que l’on peut traiter les sujets les plus sérieux, les plus graves et les plus dramatiques avec beaucoup d’humour sans pour autant affaiblir le message, bien au contraire. Une nouvelle preuve avec Tel Aviv on Fire, un film palestinien d’une ironie féroce qui nous plonge en plein conflit israélo-palestinien. Point de discours géopolitique ici, ou d’envolées lyriques sur la paix ou la guerre, juste une brochette de personnages, souvent ridicules, mais qui en disent finalement long sur une réalité à la fois plus simple et plus complexe que ce que l’on imagine.
Si Tel Aviv on Fire ne bénéficie pas de moyens délirants, mais Sameh Zoabi fait preuve de beaucoup d’imagination. Au final, le film est visuellement très réussi et cela ajoute une nouvelle couche d’ironie. Ce film est donc totalement maîtrisé à tout point de vue de manière assez étonnante. Il s’agit donc d’une vraie bonne surprise cinématographique comme on en croise rarement. Tout cela prend vie grâce à un casting formidable, ce qui prouve définitivement que de merveilleux acteurs se trouvent partout autour du globe. Et si au final, le 7ème art ne va pas rétablir la paix, il nous donne quelques raisons de sourire. Ce n’est déjà pas si mal.
Certains acteurs attendent toute leur vie pour le grand rôle à la hauteur de leur talent. En effet, les seconds rôles sont souvent occupés par des acteurs largement aussi bons que ceux qui trustent les premiers. Nombreux sont les acteurs condamnés au statut d’éternel second rôle, qui ne constitue pas forcément le pire destin qui soit, mais qui peut évidemment créer un peu de frustration. Bouli Lanners fait partie de ces visages que l’on connaît par cœur pour les voir souvent sur les écrans, mais sans forcément être capable de mettre un nom dessus, car le leur ne s’inscrit que rarement, voire jamais, en haut des affiches. Cela change avec C’est Ca l’Amour. Et on ne peut que remercier Claire Burger pour ce choix judicieux.
Cette émotion n’aurait évidemment pas une telle force si elle n’était pas portée par un formidable comédien. Bouli Lanners prouve ici que son talent a largement été sous-exploité par le cinéma français. Il lui manquait sûrement quelques abdos et une belle gueule pour faire une autre carrière, mais rien qu’avec C’est Ca l’Amour, il peut être fier de la sienne. Ce n’est cependant pas une raison pour oublier la très belle prestation de la jeune Justine Lacroix, très belle révélation de ce film. Après Party Girl, Claire Burger confirme ses talents de réalisatrice et sa capacité de nous livrer des portraits intimes et chargés d’une émotion sincère. C’est ça le talent !
Lorsque j’ai appris que Disney avait pour projet de transformer trois de ses plus grands classiques en film live cette année, je n’ai pas vraiment été saisi par l’enthousiasme, c’est le moins que l’on puisse dire. Puis quand j’ai appris que le premier d’entre eux, Dumbo, était réalisé par Tim Burton, un peu de curiosité a fini par naître. Puis en constatant que le film recevait de bonnes critiques, je m’y suis rendu relativement confiant. Et qui est plus digne de confiance qu’un pur génie comme Tim Burton ?
Le seul point faible de Dumbo reste la qualité des effets spéciaux, qui frisent parfois l’indigence. Étonnant pour une telle production. Heureusement l’essentiel est sauf puisque le personnage de Dumbo est remarquablement expressif et on peut difficilement ne pas craquer devant sa bouille et son regard. Pour ce qui est de la distribution en chair et en os, on saluera en particulier le charme enivrant d’Eva Greene. Cela fait aussi bien plaisir de voir que Danny De Vito garde toujours la forme. Et Tim Burton cette part de magie qui fait les grands cinéastes.
En France, il n’est pas rare de voir un homme politique de finir sa carrière devant les tribunaux, voire même parfois en prison, après avoir occupé un nombre importants de mandats diverses et variés. Mais il existe encore plus de pays où les hommes politiques ont tâté du cachot avant d’être élus. On pense à Nelson Mandela bien sûr, mais dans beaucoup d’ex-dictature, cela a pu être le cas. L’Uruguay a été soumis à une dictature militaire comme le continent sud-américain en a connu beaucoup. Les opposants ont y été longuement emprisonnés arbitrairement dans des conditions inhumaines. C’est ce que nous fait découvrir Companeros, le récit de 12 ans de captivité de trois hommes qui auront ensuite marqué l’histoire de leur pays.
Les trois comédiens, Antonio de la Torre, Chino Darin et Alfonso Tort, livrent tous une prestation formidable. On retiendra quand même plus particulièrement celle du premier cité, qui donne une formidable humanité et profondeur à son personnage. Ils croiseront énormément de protagonistes secondaires au gré de leurs changements de lieux d’emprisonnement et c’est tout le casting qui nous réserve une foule de jolies surprises. En tout cas, Companeros est aussi remarquable sur le fond que sur le forme et met en lumière l’histoire méconnue d’un pays qui l’est tout autant. Voir un bon film et se coucher moins bête, voilà deux bonnes raisons pour aller le voir.
On commence avec une légende incontournable du rock. Robert Plant, le chanteur de Led Zeppelin a commencé depuis peu une carrière solo qui n’a pas tout à fait le même retentissement que celle qu’il a eu avec son groupe. On comprend mieux pourquoi en écoutant Carry Fire, son deuxième album solo. Il nous y offre un rock classique où on sent que le style de Led Zeppelin n’est pas loin. De toute façon, rien qu’avec la voix, le parallèle est évident. On y retrouve son goût pour les sonorités orientales par exemple. Il fait preuve d’une grande maîtrise, il offre des titres plutôt variés, mais cela reste très propre sur lui. Ca se laisse au final écouter, mais rien ne vient vraiment accrocher l’oreille. Décevant vu la carrure de l’artiste.
Suzanne Sundfor est une compositrice et interprète qui nous vient de Norvège. Music for People in Trouble, sorti en 2017, est déjà son 7ème album. On y découvre une musique particulièrement douce qui repose beaucoup sur sa voix. Le seul problème est que cette dernière n’est pas spécialement prenante, même si elle est assez claire pour être agréable. Au final, la plupart des titres sont beaux, mais parfois un peu ennuyeux. Certains, de longs instrumentaux, n’ont pas grand intérêt. Le tout manque vraiment de punch et de ruptures de rythme.
On termine par d’autres vieux routiers du rock, le groupe Sparks, fondé en 1968. Ils sont toujours vivants puisqu’ils ont sorti il y a quelques temps un nouvel album Hippopotamus. Ils ont bien fait car on se retrouve tout de suite plongé dans une ambiance musicale assez sympa. Une voix, un piano, une ambiance assez intime. Ensuite, on découvrira à chaque titre des instrumentations et des ambiances toujours différentes. Il y a de la conviction de la voix, c’est plutôt bon tout le temps, même si ce n’est jamais super original. Au moins, cela reste toujours maîtrisé. L’album s’étire cependant quelque peu en longueur avec 15 titres. Un peu de tri aurait pu rendre l’album plus percutant.
Le problème avec le succès et la réussite, c’est qu’une fois que vous les avez obtenus, on s’attend à ce que cela devienne la norme à chacune de vos oeuvres. C’est ce qui arrive à Jordan Peele, réalisateur encensé pour Get Out. Des compliments mérités et qui ne doivent rien au hasard et beaucoup à son talent. La promotion de Us a beaucoup insisté sur le succès passé de son réalisateur. Il est donc logique que le spectateur s’attende à un nouveau film du même acabit. Malheureusement ce dernier, sans être mauvais pour autant, constitue un retour à l’ordinaire.
Jordan Peele n’a rien perdu de son sens de l’image. Us nous propose quelques séquences vraiment réussies d’un point de vue esthétique. Techniquement, les faces à face entre les personnages et leurs doubles sont bluffants et jamais on ne devine les ficelles derrières les trucages. Lupita Nyong’o porte vraiment le film et tire tout le casting vers le haut. On soulignera notamment la performance assez impressionnante de la jeune Shahadi Wright Joseph, dont le double maléfique est véritablement terrifiant. Tout cela provoque un peu de frustration car le film possédait tous les ingrédients pour être nettement plus réussi et convaincant.
Le polar est un des genres cinématographiques et littéraires les plus classiques. Si on en croit le Larousse, il implique forcément l’intervention de la police, ce qui est assez logique vue l’étymologie du mot. Mais on peut aussi élargir cette définition à tous récit impliquant un travail d’enquête, une traque d’indices, de preuves, pour faire éclater la vérité. Alors dans ce cas-là, les Témoins de Lendsdorf est incontestablement un polar, même si cette fois le scénario ne fait pas intervenir de policier, mais un historien juif orthodoxe. Les mécanismes sont bien les mêmes, même si le film est considérablement enrichi par bien d’autres éléments.
Les Témoins de Lendsdorf confirme la vitalité de la fiction israélienne, que ce soit sur grand ou petit écran. Le film offre aussi un premier grand rôle à Ori Pfeffer, plutôt habitué aux troisièmes rôles dans les productions hollywoodiennes de seconde zone. On peut donc parler de révélation car il porte réellement le film sur ses épaules avec un rare talent. Amichai Greenberg signe donc un film remarquablement maîtrisé dans toutes ses dimensions. Il rappelle ainsi à quel point la forme n’est jamais l’ennemie du fond et que les sujets les plus graves peuvent être traiter au travers d’une réelle intensité dramatique.
Dans les histoires d’amour, le plus difficile est souvent le deuxième rendez-vous. C’est le moment où l’on a passé le cap de l’émerveillement de la nouveauté et de la découverte pour commencer à relever tous les petits travers et défauts de l’autre. C’est aussi le moment où on est soi-même moins attentif à donner une bonne image et où on peut finir par mettre en avant des choses que l’on aurait bien aimé laisser encore un peu caché. Ma première rencontre littéraire avec le Saint avait été assez enthousiaste, à l’occasion de ma lecture du Saint à New York. C’est donc avec joie que je me suis attaqué au Saint à Londres. Malheureusement, ces retrouvailles n’ont pas été celles que j’imaginais.
Ce n’est pas parce qu’un sujet nous a déjà offert un grand film sur un sujet qu’il ne faut pas renoncer à l’aborder à nouveau. Ainsi, si vous avez aimé Mustang et avez été touché par le destin de ses héroïnes, je ne peux que vous conseiller d’aller voir Sibel (même si à l’heure où j’écris ces lignes, cela va devenir difficile de trouver une salle qui le programme encore). Surtout qu’au final les deux films racontent deux histoires très différentes, combien même la condition des jeunes filles dans la Turquie rurale reste la question centrale. Au-delà de tout cela, ce sont surtout ses qualités qui doivent vous inciter à donner à cette production franco-germano-turco-luxembourgeoise les honneurs qu’elle mérite.
Sibel doit beaucoup au talent de Damla Sönmez. En effet, privée de paroles, elle doit transmettre tout ce qu’elle ressent par ses expressions. Enfin pas tout à fait puisqu’elle utilise aussi une langue sifflée (sous-titrée du coup) pour s’exprimer, mais cela ne remplace pas réellement le langage articulée. On ne peut donc que saluer la performance qui a le grand mérite de ne pas ressembler à un numéro d’acteur. Elle reste d’un naturel déconcertant dans toute la très large palette d’émotions qu’elle nous transmet. Elle porte sur ses épaules un film formidable qui aurait mérité un meilleur sort en termes de distribution.
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