Pour faire un bon film, un immense talent ne suffit pas toujours, comme on a pu le constater avec Ma Vie avec John F. Donovan. Avec beaucoup moins de talent, mais de l’énergie et du peps, on arrive par contre à proposer de longs métrages qui donnent beaucoup de plaisir au spectateur. Peut-être pas des chefs d’œuvre, peut-être par des moments inoubliables, mais de vrais bons moments, aussi éphémères soient-ils. Rebelles ne marquera pas profondément l’histoire du 7ème art. Mais en ne cherchant pas à être autre chose que ce qu’il est, ce film atteint parfaitement son but et nous en donne pour notre argent. Sans compter la présence de Cécile de France…
L’idée de départ de Rebelles n’a vraiment rien d’original. A tel point, qu’on peut encore voir sur nos écrans la Chute de l’Empire Américain qui possède à peu près le même. Mais qu’importe, l’essentiel est ailleurs. Cela fait des siècles que l’imagination des humains fait naître des vaudevilles de toute sorte et on n’en a toujours pas fait le tour. Quand c’est drôle, rythmé, riche en rebondissements, même s’ils sont parfois un peu prévisibles, on ne boude pas notre plaisir. Le film dure un tout petit moins d’une heure et demi, ce qui prouve qu’Allan Mauduit sait aller à l’essentiel et on l’en remercie. On avait déjà pu le constater dans un genre radicalement différent lorsqu’il avait signé le scénario d’Arès qui ne durait qu’une heure vingt.
Allan Mauduit bénéficie d’un beau casting qu’il exploite à merveille. Vous l’aurez compris, la simple présence à l’écran de Cécile de France me ravit. Elle prouve une nouvelle fois à quel point, elle est capable d’incarner des femmes toujours différentes avec le même bonheur (pour nous) et le même talent. Elle est parfaitement secondée par Yolande Moreau et Audrey Lamy dans des registres habituels pour elles, mais qui donnent vie à leur personnage avec assez d’enthousiasme pour être convaincante. Au final, Rebelles reste un divertissement sans prétention. Mais l’absence de prétention est une qualité qu’il faut savoir apprécier à sa juste valeur.
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Allan Mauduit
Scénario : Allan Mauduit et Jérémie Guez
Production : Matthieu Tarot
Sociétés de production : Albertine Productions et Wild Bunch
Je reconnais à Xavier Dolan un talent de réalisateur totalement hors du commun. Mommy reste pour moi un pur chef d’oeuvre, déchirant sur le fond, terriblement original sur la forme. Un talent comme celui-là doit lui permettre de nous offrir encore et toujours de nouveaux chefs d’œuvre. Juste la Fin du Monde m’avait plutôt déçu pour plusieurs raisons, mais j’espérais là qu’il ne s’agissait là que d’un simple accident de parcours. Malheureusement, après avoir vu Ma Vie avec John F. Donovan, je crains de devoir poser un diagnostic que j’espère sincèrement ne pas être définitif : le génie a disparu sous son propre égo.
Il n’y a pas un seul plan de Ma Vie avec John F. Donovan qui ne soit parfait, sublime, spectaculaire… en un mot baroque. Mais comme dans une église baroque (et je sais de quoi je parle écrivant cette critique depuis Prague), ce clinquant, aussi flamboyant soit-il, ne laisse strictement aucune place à l’émotion et à la profondeur. Xavier Dolan essaye juste de nous en mettre plein la vue à chaque instant, de nous démontrer à quel point il est un grand cinéaste. Il semble fuir la simplicité comme la peste, mais nous laisse par la même totalement de marbre. C’est beau mais c’est froid.
L’histoire de Ma Vie avec John F Donovan devrait nous tirer des torrents de larmes. Moi qui pleure pourtant facilement au cinéma, je n’en ai pas versé la moindre. Je pourrais pourtant également dire tout le bien de l’interprétation car Xavier Dolan est également un excellent dans la direction d’acteurs. Mais trop, c’est trop. La forme est au service du fond, pas l’inverse. On a ici vraiment l’impression que le réalisateur cherche à empêcher quoique ce soit s’éclipser son propre talent, que ça soit le scénario ou les comédiens. Mais au final, il donne surtout envie au spectateur de s’éclipser pour ne pas cautionner ce moment regrettable d’auto-satisfaction.
LA NOTE : 08/20
Fiche technique : Production : Lyla Films, Sons of Manual, Warp Films Distribution : Mars distribution Réalisation : Xavier Dolan Scénario : Xavier Dolan, Jacob Tierney Montage : Xavier Dolan, Mathieu Denis Photo : André Turpin Décors : John El Manahi, Pierre Perrault Musique : Gabriel Yared Durée : 123 min
Casting : Kit Harington : John F. Donovan Natalie Portman : Sam Turner Jacob Tremblay : Rupert Turner enfant Susan Sarandon : Grace Donovan Ben Schnetzer : Rupert Turner adulte Thandie Newton : Audrey Newhouse Kathy Bates : Barbara Haggermaker Michael Gambon : le narrateur
Face à un film avec une actrice qu’on adore et un acteur qui nous horripile, notre cœur balance. Le mien a longtemps hésité devant le Mystère Henri Pick. En effet, je suis loin d’être le plus grand admirateur de Fabrice Lucchini, quand j’ai une affection particulière pour Camille Cottin. Pendant longtemps la réponse a plutôt penché vers la négative. Mais les conseils d’un collègue et, il faut l’avouer, le hasard des horaires m’ont conduit à aller le voir. Au final, il ne souffre pas des défauts que je pouvais lui prêter a priori. Malheureusement, il en possède d’autres qui ne permettent pas à cette histoire de se montrer assez convaincante pour emporter une totale adhésion.
Je dois écarter toute responsabilité de Fabrice Lucchini concernant le caractère quelque peu décevant du Mystère Henri Pick. Pour une fois, il fait preuve d’une certaine retenue, ne gâchant pas son personnage par ses simagrées excessives habituelles. Mais d’où vient le problème alors ? Il provient avant tout d’un dénouement qui ne colle pas bien avec l’équilibre général du film. Difficile d’en dire plus sans rien révéler. En tout cas, j’en suis sorti sur une vraie note négative. Et dans un film où on attend tout du long la résolution d’un mystère, il est évident que quand la révélation finale est décevante, c’est tout le film qui en pâti. Tout le reste devient quelque peu vain et perd de son sens. On en oublie alors tout ce qui aurait pu donner un vrai charme à ce film.
Et si je parle de charme, vous vous doutez bien que Camille Cottin n’y est pas pour rien. Je ne suis peut-être pas très objectif, mais elle fait preuve une nouvelles fois d’une très belle présence à l’écran avec un naturel et une simplicité déconcertants. Le duo qu’elle forme avec Fabrice Lucchini fonctionne parfaitement bien et on ne peut vraiment rien leur reprocher. Il restera donc un des films de Rémi Bezançon que j’aurais le moins apprécié, même si sa carrière (voire même les différentes parties de ses films) a toujours été assez inégale. Enfin, il aura bien l’occasion de faire mieux la prochaine. C’est en tout cas, tout le mal qu’on lui souhaite.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Production : Mandarin cinéma, Gaumont production, Scope pictures, France 2 Cinéma Distribution : Gaumont Réalisation : Rémi Bezançon Scénario : Rémi bezançon, Vanessa Portal, romand e David Foenkinos Montage : Valérie Deseine Photo : Antoine Monod Décors : Maamar Ech-Cheikh Musique : Laurent Perez del Mar Durée : 100 min
Casting : Fabrice Luchini : Jean-Michel Rouche Camille Cottin : Joséphine Pick Alice Isaaz : Daphné Despero Bastien Bouillon : Frédéric Koska Josiane Stoléru : Madeleine Pick Astrid Whettnall : Inès de Crecy Marc Fraize : Jean-Pierre Gourvec Hanna Schygulla : Ludmila Blavitscky
Depuis la série Alias au début des années 2000, même le plus macho des spectateurs a déjà ressenti le plaisir de voir un personnage féminin se battre avec énergie contre des adversaires particulièrement baraqués de sexe masculin. Le monde des super-héros est souvent vu comme très marchiste, vu la plastique toujours très avantageuses des héroïnes. Pourtant, les lecteurs de comics connaissent depuis longtemps cette joie puisque des super-héroïnes particulièrement puissantes sont nées il y a bien longtemps déjà. Mais il est vrai que lors de leur passage sur grand écran, elles n’ont pas forcément occupé leur place légitime. Le mal a été quelque peu réparé chez DC grâce au succès de Wonder Woman. Marvel lui emboîte le pas avec Captain Marvel. Un film qui a reçu un accueil critique plutôt tiède, alors qu’il possède bien des qualités. Comme quoi, on est toujours plus exigeant avec les femmes que les hommes.
Captain Marvel a deux atouts pour elle. Déjà, le personnage principal est vraiment attachant et pas simplement parce qu’il est sympathique. Sa stature épique et sa puissance lui confèrent un vrai charisme super-héroïque fort appréciable. Ensuite, le film est terriblement distrayant, avec sa bonne dose d’humour et d’action, quand les deux ne sont pas entremêlés. Certes, les esprits ronchons souligneront sans doute que dans un domaine ou dans l’autre, Marvel a déjà proposé mieux et plus original. Certes, mais ce n’est pas parce qu’on n’est pas le meilleur qu’on est forcément mauvais. On passe un vrai bon moment devant cette superproduction et on est vraiment heureux de voir la mythologie Marvel s’enrichir de ce personnage. Cela donne l’eau à la bouche avant le prochain Avengers et on a hâte de voir notre super-héroïne face à Thanos. Seuls les initiés voient dans cette dernière phrase une raison de s’enthousiasmer, mais ces derniers savent bien de quoi je parle !
Brie Larson joue un rôle central dans la réussite de Captain Marvel. Ceux qui voient le verre à moitié vide souligneront qu’on pouvait s’attendre à une performance plus marquante d’une actrice oscarisée. Ceux, espérons-le plus nombreux, qui voient le verre à moitié plein souligneront au contraire l’aura de sympathie qu’elle fait naître immédiatement autour de son personnage. Elle n’a pas la beauté d’une Gal Gadot, mais on a envie d’aller boire un verre avec elle au premier regard. Finalement, celui qui se contente vraiment du minimum est Jude Law, même s’il ne bénéficie pas ici du rôle le plus intéressant de sa carrière. De toute façon, les vraies stars de ce film restent un chat… et Stan Lee qui fait là son ultime caméo. En tout cas, ce film est un bon film pop-corn qui permet de patienter un peu avant Avengers : Endgame.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Marvel Studios Distribution : Walt Disney Studios Distribution Réalisation : Ryan Fleck, Anna Boden Scénario : Meg LeFauve, Nicole Perlman, Geneva Robertson-Dworet Photo : Ben Davis Décors : Andy Nicholson Musique : Pınar Toprak Directeur artistique : Kasra Farahani Durée : 124 mn
Casting : Brie Larson : Carol Danvers / Captain Marvel Samuel L. Jackson : Nick Fury Ben Mendelsohn : Talos Lee Pace : Ronan l’Accusateur Anette Bening : l’intelligence suprême / Dr Wendy Lawson Jude Law : Yon-Rogg Clark Gregg : Phil Coulson
L’effort de promotion dont bénéficie un film n’est en rien corrélé avec sa qualité. Le contraire se saurait depuis le temps. Ainsi, nos écrans accueillent quelques vraies pépites qui passent trop injustement inaperçues. Nos Vies Formidables fait partie de celle-ci. Certes, aucune vedette à l’écran et un sujet, la vie dans un centre de désintoxication, tout cela ne poussait pas vraiment ce film à faire la une des médias. Pourtant, il est à proprement parler formidable par ses nombreuses qualités et l’intelligence et l’humanisme avec lesquels il déroule son propos.
A l’annonce du sujet, on peut facilement imaginer Nos Vies Formidables comme un film plombant et sombre. Certes, il ne nous emmène pas au pays des Bisounours, mais plutôt à celui de la souffrance, du désespoir et du déni. Mais il offre aussi cette lumière qui pousse le spectateur à reprendre espoir d’un avenir meilleur, avant même que ce dernier ne naisse chez les protagonistes eux-mêmes. C’est grâce à lui que l’on reste scotché à l’écran, saisi profondément par cette histoire poignante et forte. Tout cela ne nous mènera pas vers un grand happy-end, mais c’est bien l’espoir qui domine au final. Même après une scène peu avant la fin d’une intensité dramatique absolue qui vous déchirera le cœur. Mais la renaissance a parfois un prix bien lourd à payer.
Julie Moulier tient avec Nos Vies Formidables son premier très grand rôle. Et elle s’acquitte de la tâche avec un talent assez sensationnel. C’est vraiment tout le casting qui est à saluer, tant les rôles sont plus difficiles les uns que les autres, mais tous interprétés avec une conviction et une intensité impressionnantes. L’histoire en tire une profonde crédibilité et surtout une densité émotionnelle hors du commun. C’est grâce à eux, sous la caméra remarquable de Fabienne Godet que le film nous touche autant. La réalisation, toujours au plus près des personnages, nous plonge dans une intimité qui décuple encore les sentiments du spectateur. On en ressort bien secoué mais heureux de ne pas être passé à côté de ce formidable moment.
Casting : Julie Moulier : Margot Johan Libéreau : Léo Zoé Héran : Salomé Françoise Cadol : la mère de Margot Jacques de Candé : Jérémy Bruno Lochet : Pierre Olivier Pajot : le père de Margot Françoise Pinkwasser : Annette Abbes Zahmani : César Cédric Maruani : Jalil Jade Labeste : Marion Sandor Funtek : Dylan Cyrielle Martinez : Zakaria Mourad Musset : Raha Emilie Marsh : Alex François-Michel Van der Rest : Daniel Camille Rutherford : Lisa Estelle Meyer : Leila, la prof de théâtre
La naïveté est généralement considérée comme un défaut. Pourtant, comme tout trait de caractère, son caractère positif ou négatif dépend des circonstances. Et comme tout trait de caractère, il passe d’autant mieux s’il est pleinement assumé. Damien Veut Changer le Monde est d’un film d’une naïveté assumée. C’est ce qui fait sa limite, mais c’est aussi ce qui lui donne un charme réel. Dans une période où les lourdeurs sont nombreuses et les nuages souvent sombres, un peu de fraîcheur fait vraiment du bien et aère aussi bien les poumons que l’esprit. Un plaisir léger mais salutaire.
Damien Veut Changer le Monde possède le grand mérite d’aller à l’essentiel. Le propos est clair, direct et a du coup un vrai impact. On se moque bien des incohérences, des objections que l’on pourrait facilement soulever. On se laisse emporter par le même élan enthousiaste qui saisit les personnages, en écoutant son cœur et non plus sa raison. Cela laisse une impression fugace car on revient vite à la réalité dès qu’on a quitté la salle, mais surtout une très bonne impression. Toutes les faiblesses et les raccourcis du scénario passent au second plan. Surtout qu’on sent une profonde sincérité dans la démarche de Xavier de Choudens et même sans y adhérer pleinement, on ne peut que la saluer.
Damien Veut Changer le Monde nous offre un casting de second rang, mais qui s’acquitte de sa tâche avec une énergie dont devrait bien s’inspirer bien des stars trop sûres d’elles. Franck Gastambide n’aura certainement pas de César pour sa prestation, mais il nous donne une sévère envie de le rejoindre dans son combat. Le duo formé par Camille Lellouche et Gringe apporte sa pierre à l’édifice et on tombe immédiatement sous leur charme. Melisa Sözen confirme tout son talent entrevu dans le Bureau des Légendes, mais aussi déjà sur grand écran dans Winter Sleep, Palme d’Or à Cannes en 2014. Voilà un prix que ce film ne remportera pas, mais personne n’aura l’idée de le lui reprocher.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisation : Xavier de Choudens Scénario : Xavier de Choudens, et Charly Delwart Régisseur adjoint : Antek Graczyk Chef montage : Thibault Damade
Casting : Franck Gastambide : Damien Melisa Sözen : Selma Camille Lellouche : Mélanie Gringe : Rudy Youssef Hajdi : Marco Jessim Kas : Behzad Patrick Chesnais : Vigo, le père de Damien Liliane Rovère : Madame Lopez Bass Dhem : Souleman Rémy Adriaens : Steve Sébastien Chassagne : Vigo, jeune Claire Chust : Carole Tatiana Rojo : Rama N’Dongo
Des films dressant un panorama de la société chinoise sortent régulièrement sur nos écrans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela est rarement reluisant. Violence sociale, déshumanisation des relations entre individus, absence totale d’espoir dans un avenir meilleur qui effectivement ne vient jamais… Une vision sombre de ce pays pourtant amené à jouer un rôle de plus en plus central dans la marche du monde. Une nouvelle preuve avec Les Eternels. Une histoire centrée sur le destin de deux individus, mais qui a pour toile de fond la pègre chinoise et un tissu social en lambeaux.
Les Eternels est un film chinois et ressemble donc à un film chinois également dans la forme. Il adopte donc un rythme de narration qui nous semble un rien contemplatif pour nos yeux d’Occidentaux. J’admets, je suis en train de chercher une périphrase pour dire qu’il est un rien ennuyeux. Le tout manque de souffle et on a bien du mal à être vraiment enthousiasmé par cette histoire. Si le tableau social est intéressant, l’histoire d’amour entre les deux personnages, qui constitue le cœur du scénario, peine à faire naître l’émotion qui sied à ce genre de récit. On reste ainsi de marbre devant des sentiments qui rappellent plus le frigo que le brasier. Une vision désabusée des rapports humains et amoureux qui peut parler à l’intellect, difficilement au cœur.
Les Eternels est marquée par une ambiance visuelle aussi sombre que la société qu’il décrit. On retrouve la maîtrise de Jia Zhangke que l’on avait appréciée dans A Touch of Sin, même si le propos est ici moins marquant. Les deux acteurs principaux, Zhao Tao et Fan Liao, incarnent leurs personnages avec talent, mais leur manque d’expressivité nous empêche de réellement s’y attacher. Tout cela contribue à une forme d’indifférence envers tout ce qui peut leur arriver et aucune impatience particulière vis-à-vis du dénouement. On y parvient après deux heures et demi avec un léger soulagement que cela soit terminé. Non que l’on ait forcément passé un mauvais moment, mais un long moment, ça, c’est certain.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : Xstream Pictures, Shanghai Film Group, Office Kitano, MK2 productions, Huanxi Media Group, Arte France Cinéma, Beijing Runjin Investment Réalisation : Jia Zhangke Scénario : Jia Zhangke Montage : Matthieu Laclau Photo : Eric Gautier Décors : Weixin Liu Distribution : Ad vitam Musique : Giong Lim Durée : 150 min
Casting : Zhao Tao : Qiao Fan Liao : Bin Zheng Xu : l’étudiant Feng Xiaogang : le docteur Yinan Diao : le passager du train
Imaginer une histoire valant le coup d’être racontée, avec une grande et belle intrigue et de grands et beaux personnages, représente un exercice difficile. Heureusement, l’Histoire, celle avec un grand h, recèle déjà bien des épisodes pouvant rassembler ces deux caractéristiques. Il suffit d’en s’en inspirer pour en faire un film. C’est ce que Josie Rouke a fait pour nous proposer Marie Stuart, Reine d’Ecosse. Une réalisatrice qui quitte le monde du théâtre pour rejoindre celui du 7ème art. Ses débuts sur grand écran sont au final plutôt réussis, même si le film n’est pas dénué d’imperfections.
On peut s’en douter à la lecture du titre, mais l’histoire est principalement centrée sur l’histoire d’un seul et même personnage. On peut parler de biopic, même si le terme semble un peu incongru pour un film en costumes qui nous emmène au XVIème siècle. Cependant, dans le dernier quart d’heure, le propos se recentre brutalement sur un autre personnage. Ce changement de cap semble un peu étrange et ne permet pas à Marie Stuart, Reine d’Ecosse de connaître la conclusion qu’il aurait mérité. En effet, malgré quelques longueurs, le reste du film ravira à la fois les curieux avides de parfaire leur culture historique et ceux qui se contenteront d’apprécier l’intrigue pleine de rebondissements et de tension. C’est toujours dommage de finir sur une impression quelque peu négative, mais il serait injuste de décrier de trop le film dans sa globalité.
Josie Rourke a bénéficié pour Marie Stuart, Reine d’Ecosse d’un casting de premier ordre qu’elle dirige avec maestria. Saoirse Ronan livre là une prestation remarquable, confirmant, après Ladybird, qu’elle est une actrice extraordinaire, encore bien trop sous-utilisée. En face d’elle, Margot Robbie, découverte dans Suicide Squad, prouve qu’elle peut être promise à une immense carrière d’actrice pouvant changer de peau à chaque rôle. Ce merveilleux duo de commédiennes est parfaitement mis en valeur par une réalisation élégante, même si elle sombre parfois dans quelques petits excès. Les costumes et les décors ne transpirent pas les moyens sans limite, mais parviennent à donner vie à cette histoire de manière réaliste, à défaut d’être particulièrement spectaculaires. Beaucoup de raisons d’apprécier ce film au final donc.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Focus Features, Perfect World Pictures, Working Title films Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Josie Rourke Scénario : Beau Willimon, inspiré de la biographie de John Guy Montage : Chris Dickens Photo : John Mathieson Décors : James Merifield Musique : Max Richter Durée : 124 min
Casting : Saoirse Ronan : Marie Stuart Margot Robbie : La Reine Elisabeth I Jack Lowden : Lord Darnley Joe Alwyn : Robert Dudley David Tennant : John Knox Guy Pearce : Sur William Cecil Gemma Chan : Bess de Hardwick Ismael Cruz Cordova : David Rizzio Adrian Lester : Lord Randolph
Personnellement, je connaissais avant tout les Naive New Beaters à travers leurs facéties à la radio sur Ouï FM et celles au cinéma de leur chanteur. J’en oubliais donc presque qu’il s’agit avant tout d’un très bon groupe de rock-électro français. D’habitude, les sonorités électro ne constituent pas vraiment ma tasse de thé, mais je dois avouer que j’ai vraiment apprécié leur album A la folie. Leur univers est plutôt sucré et surtout marqué par un sens aigu de la fantaisie. C’est un peu bordélique parfois, mais interprété avec assez de conviction pour être vraiment bon. La qualité reste constante et les titres sont variés. On retiendra avant tout le single Heal Tomorrow.
A l’inverse, je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam Michael Head, un compositeur-interpréte anglais, auteur de Adios Senor Pussycat, sorti en 2017. Il nous propose un rock très classique, mais interprété avec une voix quelque peu éteinte. Beaucoup de titres s’apparentent à des ballades, mais l’album ne brille pas particulièrement pour son harmonie. Au final, c’est un peu transparent, sans être totalement désagréable à écouter. Surtout que l’on échappe à la monotonie, grâce à des titres assez différents les uns des autres.
On termine avec une valeur sûre du rock français, Raphaël et son album Anticyclone. Les fans ne seront pas déstabilisés car il reste dans ce qu’il sait faire. Mais le résultat reste quelque peu répétitif, avec des textes pas particulièrement marquants. On notera cependant des instrumentations soignées et surtout une articulation des textes bien meilleures. En cessant de marmonner, il donne à sa musique une certaine maturité et cela nous permet de mieux apprécier sa voix claire. Malgré cela, cet album ne restera pas comme le plus marquant de sa carrière.
La Chute de l’Empire Américain clôt la trilogie de Denis Arcand commencée en 1987 avec le Déclin de l’Empire Américain. C’est du moins ce qu’on peut lire parfois, même si certains rappellent qu’elle a plutôt été conclue par l’Age des Ténèbres. Le débat n’est guère intéressant et il est vrai qu’à part le parallèle entre les deux titres, le film qui squatte actuellement nos grands écrans n’a pas grand chose à voir avec les précédents. Le réalisateur québecois nous offre ici une comédie policière où on retrouve le regard ironique qu’il pose sur l’existence et la société, mais sans aller très loin dans l’analyse psychanalytique de l’époque. C’est avant tout léger et ma foi fort sympathique.
La Chute de l’Empire Américain repose sur le ressort narratif ultra classique du personnage innocent et naïf, plongé un peu par hasard dans un monde qui n’est pas le sien. En gros, l’intello philosophe contre les gangsters. Ce n’est donc pas très nouveau, mais on ne se lasse pas facilement des bonnes choses. Le film fonctionne plutôt bien grâce à une galerie de personnages très réussie. On s’y attache et du coup on suit leurs péripéties avec un réel plaisir. Surtout que ces dernières sont variées et donnent un bon rythme à la narration. On est curieux de voir où tout cela va nous mener et si la fin n’est pas spécialement marquante, on ressort de la salle satisfait du spectacle auquel on vient d’assister.
La réalisation de Denis Arcand reste particulièrement sobre. Il parvient cependant à créer une certaine tension lors des scènes où il y a un peu d’action (cela reste très relatif). Bref, pas de superflu, mais un minimum de maîtrise. Niveau interprétation, la plus belle révélation s’appelle Maripier Morin qui éclabousse l’écran de son charme et son charisme. Mais tout le casting œuvre pour donner vie à cette histoire et en faire un spectacle plaisant. Il prouve une nouvelle fois la bonne santé du cinéma québecois qui nous offre chaque année plusieurs longs métrages de qualité. Nos cousins d’outre-Atlantique contribuent donc pleinement au rayonnement du cinéma francophone. Merci à eux !
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Cinémaginaire Distribution : Jour2fête Réalisation : Denys Arcand Scénario : Denys Arcand Montage : Arthur Tarnowski Photo : Van Royko Décors : Michèle Forest Musique : Mathieu Lussier, Louis Dufort Directeur artistique : Patrice Bengle Durée : 129 min
Casting : Remy Girard : Sylvain Maripier Morin : Aspasie Alexandre Landry : Pierre-Paul Louis Morissette : Pete Maxim Roy : Carla
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