
On peut effectivement voir Under the Silver Lake de deux manières. Tout d’abord comme un œuvre assez vaine, un exercice de style dénué de sens et de profondeur, qui ne mène le spectateur strictement nul part, sinon à une explication quelque peu décevante. Une histoire que l’on observe sans jamais y pénétrer vraiment, faute de jamais en trouver la porte d’entrée. Ou alors, à l’inverse, on peut apprécier pleinement ce spectacle inattendu et déconcertant, où tout n’est pas parfait, mais qui tient toujours notre curiosité en éveil. On peut se laisser séduire par ce personnage qui nous rappelle par certains côtés The Dude de The Big Lebowski.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Michael De Luca Productions, Good fear, Pastel
Réalisation : David Robert Mitchell
Scénario : David Robert Mitchell
Montage : Julio C. Perez IV
Photo : Mike Gioulakis
Distribution : Le Pacte
Musique : Disasterpeace
Durée : 139 min
Casting :
Andrew Garfield : Sam
Riley Keough : Sarah
Jimmi Simpson : Allen
Topher Grace : l’homme au bar
Zosia Mamet : Troy
Riki Lindhome : l’actrice qui rend visite à Sam
Callie Hernandez : Millicent Sevence
Patrick Fischler : l’auteur du fanzine
Sydney Sweeney et India Menuez : filles de l’agence d’escort-girls Shooting Star
Summer Bishil : ex-petite amie de Sam
Grace Van Patten : la danseuse aux ballons
Luke Baines, Lola Blanc et Victoria Bruno : Jésus et les fiancées de Dracula
Laura-Leigh Claire : Mae
Le polar noir reste une spécialité cinématographique coréenne. Mais le voisin chinois n’est pas en reste avec pour preuve Une Pluie Sans Fin. Qui plus est, les intempéries collent assez bien avec l’ambiance de ce genre d’histoire. Comme si le ciel devait forcément refléter la couleur des âmes des personnages. Tout cela ressemble quelque peu à un cliché, mais force est de constater que cela continue de fonctionner, vue la qualité de ce film. En nous proposant à la fois une intrigue policière bien menée et une réflexion sur l’évolution de la Chine contemporaine, il nous donne de quoi nourrir la curiosité du spectateur.
Une Pluie Sans Fin jette des ponts avec des événements et des évolutions historiques de la Chine contemporaines, notamment le rattachement de Hong Kong. Le spectateur curieux de ces éléments prendra encore plus de plaisir à la découverte de ce film. Surtout qu’il reste réalisé avec un talent certain par Dong Yue. Certes, la pluie est élément « facile » pour créer une certaine ambiance, mais sa réussite ne s’arrête pas là. La direction d’acteur est également vraiment remarquable. Les personnages sont ainsi magnifiquement mis en valeur. Le tout donne un excellent polar à l’ambiance hivernale et froide qui fait du bien en ces temps de canicule.
On commence cet avis musical par la découverte d’un artiste venu de l’Illinois. Ryley Walker a sorti en 2016 son album Golden Sings That Have Been Sung. Il nous propose une musique entre rock, jazz et folk, souvent plutôt douce et toujours maîtrisé, avec parfois des petits accents de crooner. Elle coule toute seule aux oreilles pour un résultat particulièrement agréable. Seul petit bémol, les titres sont parfois un peu trop longs. L’album perd aussi en intérêt au fur et à mesure et se retrouve être nettement moins marquant sur la fin.
On poursuit avec une vieille connaissance en la personne de Suzanne Vega et son album Lover, Beloved : Songs from an Evening With Carson McCullers. Les premiers titres sont étonnement jazzy, avec sa voix chaude qui nous saisit. Le tout est vraiment séduisant et parfaitement maîtrisé. Ensuite, l’album devient nettement plus proche de ce que cette artiste a offert pendant sa carrière… ce qui reste quand même un compliment. Le résultat est globalement très solide avec un petit coup de cœur pour The Ballad of Miss Amelia.
On termine avec une découverte… à oublier. Le groupe américain Swans avec son album The Glowing Man nous propose une musique expérimentale aux sonorités étranges, sur lesquelles se pose une voix un peu pénible. Le résultat n’est franchement pas très intéressant, avec des titres de plus interminables (parfois près d’une demi-heure). Ils affectionnent particulièrement une sorte d’effet chorale assez lourdingue, qui fait presque ressembler leur musique à du chant grégorien. C’est terriblement lancinant. Petite lumière dans l’obscurité, une jolie ballade intitulée When Will I Return !
Le Juge Ti est un personnage dont j’ai pris l’habitude de lire les aventures régulièrement. Non pas que l’œuvre de Robert Van Gulik soit toujours enthousiasmante, mais elle offre de jolis divertissements littéraires, dépaysants et agréables à lire. Le Motif du Saule se situe en quatrième dans la série, même si cet ordre n’a guère d’importance. Il est surtout celui qui m’a le plus plu jusqu’à présent. En effet, il rassemble toutes les qualités de cette série en proposant une histoire plus convaincante qu’à l’accoutumée.
On commence avec un premier routier de la scène musicale internationale (même si j’ignore s’il a déjà conduit un camion) avec Nick Cave et son groupe The Bad Seeds. L’album Skeleton Tree sorti en 2016 est le dernier en date. On y retrouve l’ambiance sombre habituelle. L’artiste australien y parle plus souvent qu’il ne chante. Les instrumentations sont souvent relativement minimalistes. Le tout donne un résultat pas forcément hyper enthousiasmant et globalement assez monotone. Mais on appréciera tout de même cette voix unique et vraiment marquante.
Beulah est le premier album solo de l’artiste américain John Paul White, qui se produisait précédemment au sein du duo The Civil Wars. Il nous livre de jolies mélodies douces et épurées sur lesquelles vient se poser sa jolie voix claire. Le résultat est assez enchanteur et reste excellent même quand il décide de la pousser un peu plus. Elle véhicule en tout cas une véritable émotion. L’album reste vraiment d’une qualité constante du début à la fin, même si on retiendra tout de même en particulier le titre What’s So.
On termine avec un autre vieux routier, Neil Young et son album Earth. Ce dernier s’ouvre sur une jolie ballade dont le Canadien a le secret. Il y propose un travail sur les sonorités un peu plus poussé que d’habitude, même si cela reste du pur Neil Young par ailleurs. Il y met de l’énergie et de la conviction, ce qui en fait un très bon album de cet artiste particulièrement prolifique. Personnellement, je regretterai simplement un son qui donne une impression loin du micro que je n’aime pas beaucoup. En tout cas, il n’a rien perdu de son sens de l’engagement, même si certains textes, comme celui de Monsanto Years, sont particulièrement naïfs.
Alice au Pays des Merveilles fait partie de ces œuvres qui nous sont particulièrement familières, mais qu’au final personne n’a jamais vraiment lu. La forme exacte de l’œuvre de Lewis Caroll est en effet particulièrement complexe, avers plusieurs versions des mêmes histoire. Tout Alice, une édition française rassemble et offre une nouvelle traduction à cet élément majeur de notre culture. Elle nous permet surtout de découvrir sa réelle profondeur, sa richesse et sa subtilité insoupçonnées.
Qu’est ce qui nous fait aimer un personnage ? La figure du héros est généralement associée à une certaine forme de perfection et une longue liste de valeurs positives : courage, équité, sens du sacrifice… Cependant, on peut facilement s’attacher également à des figures qui comptent de vrais défauts. Entre le héros et le anti-héros absolu, il existe tout une graduation. Mais dans tous les cas, l’équilibre est subtil. On ne peut pas aimer tout le monde dans la vraie vie et au cinéma, on ne peut pas aimer tous les personnages. Et quand le lien avec le spectateur ne se crée pas, alors c’est le film tout entier qui peut sombrer. C’est exactement ce qui m’est arrivé en allant voir My Lady.
Je ne peux qu’admettre que la performance d’Emma Thomson n’est en rien à blâmer dans cet état de fait. Elle donne ici toute la mesure de son talent, ce qui n’est pas peu dire. D’ailleurs, peut-être que son interprétation est trop parfaite, ne cachant donc rien des imperfections de son personnage. D’un point de vue formel, la réalisation de Richard Eyre est parfaitement maîtrisée, tout comme l’est la narration dans sa manière d’amener chaque élément de l’intrigue l’un après l’autre pour toujours enrichir le propos. Cependant, la conclusion n’est guère convaincante et ne m’a pas permis de partir sur une bonne note d’un film dans lequel je n’étais de toute façon jamais vraiment rentré.
La nostalgie est un sentiment qui nous frappe de plus en plus souvent lorsque l’on devient adulte. Si on considère que les films d’animation s’adressent avant tout aux enfants, alors on se demandera bien à qui est destiné Happiness Road. Il faut bien être assez avancé dans sa vie pour apprécier pleinement cette œuvre qui aborde beaucoup de sujets, mais dont le fil rouge est bien le regard un rien nostalgique que l’on peut porter sur son enfance. Une œuvre à la fois dépaysante et universelle qui nous offre bien des raisons de tomber sous son charme.
Happiness Road est marqué par un style graphique très en vogue. Un retour à des dessins « à la main », ce qui est apparemment effectivement le cas ici. En tout cas, cela donne un résultat beaucoup plus chaleureux qu’une animation qui semble purement et clairement digitale. Le film est joli, à défaut d’être beau, et on a plaisir à regarder les images défiler. Il y a surtout une synergie entre le graphisme et les sujets abordés qui donnent une force supplémentaire au propos. On oubliera donc les quelques longueurs et on appréciera pleinement ce joli voyage, qui nous parle d’où qu’on soit dans ce monde.
Les plus grands artistes sont souvent ceux qui savent nous surprendre et explorent des territoires inattendus. Lorsque j’ai écouté Stranger to Stranger de Paul Simon, sorti en 2016, je me suis vraiment demandé s’il s’agissait vraiment de l’ancien chanteur de Simon & Garfunkel ou d’un homonyme. En effet, l’album s’ouvre sur un titre aux rythmes chaloupés avant de nous emmener dans un univers musical proche du reggae. La musique est rythmée, une musique sur laquelle se pose une voix chaude et envoûtante. Certes, cela manque peut-être d’un petit quelque chose pour être définitivement emballant, mais au moins est-ce maîtrisé et jamais monotone. Le résultat est globalement sympa et démontre qu’un vrai grand artiste restera talentueux sur tous les terrains.
Franck Ocean est encore loin de mérité un tel qualificatif. Son album Blond se laisse écouter, mais souffre de quelques choix douteux. Certes la voix de cet artiste n’est pas réellement intéressante en soi, mais faire le choix de la déformer sur la plupart des titres n’était définitivement pas une bonne idée et vient gâcher des mélodies parfois envoûtantes. Le tout est maîtrisé, mais manque cruellement de punch. Au moins, on pourra lui reconnaître une réelle créativité et le mérite de nous proposer des titres qui ne se ressemblent pas.
Case/Lang/Veirs est un trio d’artistes américano-canadiens qui ont uni leur talent pour nous proposer un album du même nom. Un son pop, titrant sur le sucré, particulièrement sympathique. L’un des trois possèdent une voix suaves qui donnent à certains titres une dimension supplémentaire. Les titres sont plutôt variés et bénéficient d’une réelle maîtrise artistique. L’album ne recèle pas de gros tube marquant, mais le résultat est globalement agréable, dans un univers où domine la douceur. On retiendra en premier lieu le titre Best Kept Secret.
Quand un franchise, qui plus est partie sur des bases pas terribles, en est au sixième volet, on ne s’attend pas vraiment à grand chose de surprenant ou d’original. Cela n’empêche pas le distributeur d’essayer de vous vendre cela comme l’événement cinématographique de l’année. Mission Impossible – Fallout est sorti à grand renfort de marketing pour en faire le blockbuster de l’été. On imagine que le marché français a été particulièrement visé puisque l’intrigue nous emmènera pour quelques scènes spectaculaires dans les rues de Paris. Le spectateur pouvait donc attendre à un produit formaté certes, mais assez distrayant pour constituer le spectacle estival idéal. Malheureusement le résultat est assez désastreux.
Surtout qu’il n’y a pas grand chose d’autre pour sauver Mission Impossible – Fallout. Je ne reviendrai même pas sur l’intrigue en elle-même qui ne pouvait guère être plus convenue. Par contre, on est frappé à quel point les scénaristes ne savent plus comment exploiter les personnages. Cela se ressent dans l’interprétation des acteurs qui joue sans aucune conviction. Au premier rang, Tom Cruise qui ne fait toujours pas son âge, mais qui ne brille pas ici de son charisme habituel. Le méchant est assez falot et nous revient d’un autre épisode de la série qui était déjà relativement médiocre. Le seul petit éclair vient du personnage interprété par Vanessa Kirby mais qui joue un rôle assez mineur. Aller voir ce film constitue définitivement une mission que vous n’êtes pas obligé d’accepter.
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