






Lady Bird est un énième portrait d’adolescente un peu « différente ». Sujet assez classique mais qui peut donner le meilleur comme le pire. Vous l’aurez compris ici, il s’agit vraiment du meilleur. Un film tendre, drôle, féroce parfois, émouvant souvent. Un film de personnage, avec en creux cependant un portrait de la jeunesse et la société américaine, le tout dans un subtil et savoureux équilibre. Chaque élément, chaque sujet prend naturellement sa place à côté d’un autre pour que le scénario ne perde jamais en intérêt, ni en intensité.

LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Réalisation et scénario : Greta Gerwig
Musique : Jon Brion
Photographie : Sam Levy
Montage : Nick Houy
Production : Scott Rudin, Eli Bush et Evelyn O’Neil
Durée : 93 minutes
Casting :
Saoirse Ronan : Christine « Lady Bird » McPherson
Laurie Metcalf : Marion McPherson
Tracy Letts : Larry McPherson
Lucas Hedges : Danny O’Neill
Timothée Chalamet : Kyle
Beanie Feldstein : Julie Steffans
Stephen McKinley Henderson : Père Leviatch
Lois Smith : Sœur Sarah Joan

La différence d’âge, l’homosexualité, au fond tout cela n’a pas tant d’importance. Bien sûr, ces éléments donnent à Call Me By Your Name son intérêt, mais la naissance du désir, les deux êtres qui se cherchent avant de se trouver, tout cela reste profondément universel. Luca Guadagnino a la réalisation, James Ivory au scénario parviennent cependant à traiter ce sujet avec une subtilité rare, explorant avec une force rare la profondeur des sentiments qui naissent lors d’une passion soudaine (ou presque) et irrépressible. Une dissection du cœur et de ses raisons pour un sublime cours d’anatomie.

LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Frenesy Film, La cinéfacture, RT Features, Water’s End Productions, M.Y.R.A, MiBAC, Lombardia Film Commission
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Luca Guadagnino
Scénario : James Ivory, d’après le roman de André Aciman
Montage : Walter Fasano
Photo : Sayombhu Mukdeeprom
Décors : Samuel Deshors
Musique : Gerry Gershman, Robin Urdang
Durée : 132 min
Casting :
Timothée Chalamet : Elio
Armie Hammer : Oliver
Michael Stuhlbarg : Monsieur Perlman
Amira Casar : Annella
Esther Garrel : Marzia
Victoire Du Bois : Chiara
Vanda Capriolo : Anchiese
Peter Spears : Isaac
André Aciman : Mounir

Une grande partie des intrigues ne sont pas imaginées pour elles-mêmes mais parce qu’elles forment le chemin qui conduit au point exact où l’auteur souhaite emmener son lecteur. C’est exactement ce qui se passe avec l’Ange des Ténèbres. Le lecteur a pendant longtemps l’impression de perdre son temps avant d’aboutir à la confrontation directe entre les protagonistes. Une confrontation qui nous fera presque oublier le léger ennui qui a précédé, en se disant qu’il fallait en passer par là. Le roman aurait clairement gagné à être plus équilibré, mais on est heureux de retrouver enfin le même bonheur que l’on avait ressenti à la lecture de l’Aliéniste.
Caleb Carr reste un formidable écrivain. L’Ange des Tenèbres reste particulièrement bien écrit pour un roman de ce type. Même si le roman n’est pas loin de m’avoir globalement déçu, il recèle des passages d’une qualité inaccessible pour le commun des auteurs de polar. On appréciera également cette description de l’Amérique de la fin du XIXème siècle. Une description qui nous conduira dans toutes les strates de la société et nous fera découvrir la naissance timide d’une science légale. On ne perd donc finalement pas totalement son temps à la lecture de ce roman.

On m’avait prévenu, mais j’ai quand même été frappé par la première moitié de la Forme de l’Eau largement inspiré d’Amélie Poulain, au moins d’un point de vue formel. On peut y voir un hommage ou bien le signe d’un léger manque d’inspiration. Le soucis est qu’à côté de ça, je n’ai pas vraiment trouvé les personnages plus attachants que ça. C’est un peu trop forcé, un peu trop facile. Des personnages taillés pour être aimés (ou à l’inverse détestés) mais qui sont ainsi totalement lisses. Du coup, j’ai ressenti au moins autant d’indifférence que d’émotion en suivant les épreuves qu’ils vont traverser.

LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique :
Production : Bull productions, Double Dare You, Fox Searchlight Pictures
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro, Vanessa Taylor
Montage : Sidney Wolinsky
Photo : Dan Laustsen
Décors : Paul D. Austerberry
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 123 min
Casting :
Sally Hawkins : Elisa Esposito
Michael Shannon : Richard Strickland
Richard Jenkins : Giles
Octavia Spencer : Zelda Fuller
Michael Stuhlbarg : Dr Robert Hoffstetler
Doug Jones : la créature amphibie
David Hewlett : Fleming
Nick Searcy : General Hoyt




Le fil rouge narratif de l’Apparition reste bien pourtant la question du mensonge ou de la vérité. Mais il nous conduira à une explication finale assez décevante, qui nous fait dire « tout ça, pour ça ! ». Si cet aspect du scénario peut fasciner au début et nous permettre de rentrer dans l’histoire, on va vite décrocher pour mettre ça en second plan dans notre esprit. Le film aurait été d’une autre envergure avec un peu plus de consistance à ce niveau. On peut cependant respecter pleinement le choix de Xavier Giannoli de faire de son film, plutôt qu’un pseudo-polar, un film humaniste.

LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Xavier Giannoli
Scénario : Jacques Fieschi, Xavier Giannoli et Marcia Romano
Décors : Riton Dupire-Clément
Costumes : Isabelle Pannetier
Photographie : Éric Gautier
Musique : Arvo Pärt et Georges Delerue
Son : François et Renaud Musy
Montage : Cyril Nakache
Production : Olivier Delbosc ; Émilien Bignon (associé)
Durée : 127 minutes
Casting :
Vincent Lindon : Jacques
Galatéa Bellugi : Anna
Patrick d’Assumçao : Père Borrodine
Anatole Taubman : Anton
Elina Löwensohn : Dr de Villeneuve
Claude Lévèque : Père Gallois
Gérard Dessalles : Stéphane Mornay
Bruno Georis : Père Ezéradot
Alicia Hava : Mériem
Candice Bouchet : Valérie

D’un point de vue purement formel, on ne peut qu’être impressionné par la maîtrise totale et absolue de Paul Thomas Anderson. Mais même fait exprès, un grain d’image volontairement désuet comme celui de Phantom Thread peut rester un choix artistique assumé, mais dont l’intérêt ne saute pas aux yeux. De même une direction d’acteurs parfaite, sublimant le jeu sublime (c’est dire) d’un comédien et d’une comédienne habitant leur rôle comme rarement, ne garantit en rien que l’on va s’attacher aux personnages. L’admiration n’est définitivement pas l’amour. Ils n’ont rien d’incompatibles, mais l’un peut aller sans l’autre.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Annapurna Pictures, Focus Features, Ghoulardi Film Company, Perfect World Pictures
Distribution : Universal Pictures France
Réalisation : Paul Thomas Anderson
Scénario : Paul Thomas Anderson
Montage : Dylan Tichenor
Photo : Paul Thomas Anderson
Décors : Mark Tildesley
Musique : Jonny Greenwood
Durée : 130 min
Casting :
Daniel Day-Lewis : Reynolds Woodcock
Vicky Krieps : Alma
Lesley Manville : Cyril Woodcock
Sue Clark : Biddy
Harriet Leitch : Pippa
Gina McKee : Comtesse Henrietta Harding
Brian Gleeson : Dr Robert Hardy
Harriet Sansom Harris : Barbara Rose
Julia Davis : Lady Baltimore

Black Panther a fait beaucoup parlé de lui du fait de sa résonance avec une actualité beaucoup moins légère qu’un film de super-héros. Une actualité mais aussi en fait toute une histoire puisque ce super-héros a bien été crée avec une arrière pensée politique et sociale. Le film est en train d’avoir le même impact que la naissance de son alter-ego dessiné en 1966. En faire abstraction revient à passer à côté de l’essence même du personnage. Le renversement des valeurs (et des clichés) qui caractérisent ce film lui procure une saveur supplémentaire et donne quelque peu à réfléchir.

LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Ryan Coogler
Scénario : Ryan Coogler, Joe Robert Cole
Montage : Michael P. Shawver, Claudia Castello
Photo : Rachel Morrison
Musique : Ludwig Göransson
Durée : 135 min
Casting :
Chadwick Boseman : T Challa / Black Panher
Michael B. Jordan : Killmonger
Letitia Wright : Shuri
Lupita Nyong o : Nakia
Danai Gurira : Okoye
Winston Duke : M Baku
Daniel Kaluuya : W Kabi

Certes, j’ai introduit ma critique du Retour du Héros en parlant de Jean Dujardin. Mais il serait pas impardonnable de lui associer dès ce second paragraphe Mélanie Laurent. Tout le monde (ou presque) connaît mon amour immense pour cette actrice qui transforme tous les films qu’elle tourne (ou presque) en or massif. Il serait impossible de dissocier ici ce duo autour duquel tout tourne et qui joue à la perfection, avec une réelle force comique, sans jamais en faire trop une seule seconde. Ils en font beaucoup certes, mais toujours à bon escient car c’est le rôle qui veut ça. Ils emplissent le film d’une énergie et d’un enthousiasme communicatifs.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : JD Prod, Les films sur mesure
Distribution : Studiocanal
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron
Décors : Françoise Dupertuis
Musique : Mathieu Lamboley
Durée : 90 min
Casting :
Jean Dujardin : Capitaine Charles-Grégoire Neuville
Melanie Laurent : Elisabeth Beaugrand
Noémie Merlant : Pauline
Féodor Atkine : Général Mortier-Duplessis
Evelyne Buyle : Madame Beaugrand
Christian Bujeau : Monsieur Beaugrand
Laurent Bateau : Monsieur Dunoyer
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