Malgré toutes les batailles cosmiques où le sort de l’univers tout entier est en jeu, c’est un petit super-héros new-yorkais, aux pouvoirs somme toute limités, qui reste la figure la plus mythique et la plus emblématique de l’univers Marvel. Ainsi, Spider-Man en est déjà à sa quatrième incarnation depuis le renouveau des films de super-héros, débuté justement la version de Sam Raimi. Certes, une de ces incarnations est à oublier (d’ailleurs qui s’en souvient encore ?), il n’empêche que rien ne serait pareil au pays des surhommes sans l’homme araignée. Surtout que la qualité du deuxième reboot démontrait avec brio qu’on était loin d’avoir fait totalement le tour du personnage. Du coup, on attendait beaucoup de la première suite du deuxième reboot (oui, je sais, c’est compliqué de suivre parfois). Au final, Spider-Man : Far From Home restera un film sympathique, mais très anodin.
On ne s’ennuie pas une seule seconde devant Spider-Man : Far From Home. Mais on s’enthousiasme aussi rarement. Les scènes d’action sont distrayantes, mais aucune ne constitue un moment de bravoure qui retient vraiment l’attention. Certaines sombrent même dans certains excès qui font tiquer. Evidemment, on ne demande pas à ce genre de moment d’être totalement réalistes. Cependant, il faut que le spectateur arrive à y croire un minimum, ce qui n’est pas toujours le cas ici. En fait, le principal intérêt du film reste l’évolution des personnages qui intervient au fil des images. On pourrait presque parler de récit d’apprentissage, ce qui renoue en fait avec les racines du personnage et l’esprit du comic book.
On sent Tom Holland désormais parfaitement à l’aise dans son rôle. Il incarne son personnage avec un naturel déconcertant. Spider-Man : Far From Home bénéficie incontestablement de la présence de Jake Gyllenhaal, qui nous gratifie d’un petit numéro d’acteur, nous offrant par la même occasion à la meilleure scène du film. Ce dernier bénéficie globalement de l’affirmation du casting post-adolescent, au premier rang duquel figure Zendaya, dont la personnalité apporte un petit supplément d’âme à cette histoire. La réalisation de Jon Watts a le mérite d’être efficace. Comme dans le premier épisode, on sent son amour des personnages, autant que pour l’action. Cependant, l’ensemble manque d’épaisseur pour vraiment marquer les esprits.
LA NOTE :11,5/20
Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Marvel Studios, Marvel Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Jon Watts
Scénario : Chris McKenna, Erik Sommers
Montage : Leigh Folsom Boyd, Dan Lebental
Photo : Matthew J. Lloyd
Décors : Claude Paré
Musique : Michael Giacchino
Directeur artistique : Grant Armstrong
Durée : 129 min
Casting :
Tom Holland : Peter Parker/Spider-Man
Samuel L. Jackson : Nick Fury
Jake Gyllenhaal : Quentin Beck / Mystério
Zendaya : Michelle « M. J. » Jones
Cobie Smulders : Maria Hill
Jon Favreau : Harold « Happy » Hogan
Marisa Tomei : May Parker
Les récits d’une journée (ou d’une nuit) qui devraient être ordinaires et où se succèdent finalement une série d’évènements inattendus sont nombreux. After Hours de Martin Scorsese est sans doute le plus grand chef d’œuvre du genre. Mais bien d’autres valent le coup d’œil. Le dernier d’entre eux s’intitule Give Me Liberty, un film qui nous plonge (entre autres) au cœur de la communauté immigrée russe de Milwaukee. Cela n’apparaît pas immédiatement susceptible de nous offrir des aventures inattendues et pleines de rebondissements. Mais il ne faut pas se fier aux apparences et se fier au contraire au talent et à l’imagination de Kirill Mikhanovsky.
Give Me Liberty nous offre un casting étonnant, composé d’acteurs professionnels et d’amateurs. Le plus étonnant reste Chris Galust, qui incarne le personnage principal, déniché dix jours avant le début du tournage, alors qu’il n’avait jamais joué la comédie de sa vie. Un casting improbable donc, mais qui colle finalement parfaitement avec l’esprit de Give Me Liberty. La réalisation, caméra à l’épaule, en mode reportage, renforce le côté immersif. On se croirait presque parfois devant un épisode de Striptease, à la sauce américano-russe. Difficile en tout cas de ne pas être emporté dans le tourbillon frénétique qui parcourt ce film. Qu’il nous propose un voyage sans but importe peu, tant le voyage est délicieux.
Un personnage doté d’un talent artistique prononcé, d’une volonté d’en vivre, mais évoluant dans un milieu social qui ne lui reconnaît guère de mérite et qui ne lui permet pas de vivre son rêve. Ceci constitue le point de départ de très nombreuses histoires et on pourrait facilement croire que l’on a déjà largement fait le tour de la question. Cependant, il est des thématiques dont on ne parvient à jamais vraiment se lasser, même quand une œuvre l’aborde sans apporter grand-chose de nouveau. Certes, on ne s’enthousiasme pas forcément mais on peut passer tout de même un bon moment. C’est le cas avec Wild Rose, un film plutôt réussi, mais certainement pas révolutionnaire.
Pour ça, mais pas que pour ça. Le talent et le charme de Jessie Buckley jouent un rôle non négligeable dans le plaisir que l’on prend devant Wild Rose. Elle fait preuve d’une certaine fraîcheur et d’un naturel déconcertant dans un rôle qui aurait pu facilement tourner à la composition lourdingue. La musique est également très présente. Après évidemment, il vaut mieux apprécier la country, mais l’énergie qu’elle met dans ses interprétations entraîne avec elle les spectateurs les plus rétifs à ce genre musical. Bon les allergiques complets auront peut-être un peu de mal, mais je les incite tout de même à faire un petit effort s’ils sont en recherche d’un feel good movie fort sympathique.
Suite et fin du triptyque 2019 de Disney avec le Roi Lion. Triptyque d’adaptations « live » de grands classiques de l’animation. Après Dumbo et Aladin, voici le plus attendu de tous, le Roi Lion. Attendu car celui s’annonçant le plus spectaculaire. En effet, il n’y a aucun humain dans cette histoire, juste des animaux qui parlent et qu’il fallait donc faire apparaître à l’écran de manière réaliste. Le défi était de taille mais fort d’un Livre de la Jungle, plutôt réussi paraît-il, ayant servi de galop d’essai, le succès ne pouvait qu’être au rendez-vous. Après, il y aura quelques grincheux pour faire la fine bouche. Et il m’arrive parfois de me montrer grincheux…
Le Roi Lion s’adresse donc au côté obscur de la nostalgie. Personnellement, je n’ai pas du tout ressenti le côté madeleine comme avec Aladin, mais au contraire, comme une envie de dire « c’était mieux avant ! ». Quel intérêt par exemple de reprendre une partie du casting voix originel ? A ne pas vouloir décevoir le fan, Disney finit par profondément le décevoir. La technique ne permet pas seule de faire naître la magie et ce film en manque cruellement. C’est un objet cinématographique totalement froid. Je suis le premier à défendre Disney quand les critiques le cantonnent à une machine commerciale, alors qu’il laisse souvent les auteurs s’exprimer et faire preuve d’audace. Mais ici, le reproche s’avère pleinement justifié.
Piquer les idées des autres constitue définitivement le thème central de Yesterday. Déjà en premier lieu parce qu’il est clairement inspiré de Jean-Philippe, la comédie de Laurent Tuel. En effet, le point de départ est sensiblement le même. Bon après d’un côté, on a Johnny Hallyday et de l’autre les Beatles, c’est aussi ça qui sépare la France de l’Angleterre, mais ceci est un autre débat. Ensuite, le film nous raconte l’histoire d’un chanteur sans succès qui se retrouve un jour être le seul homme sur Terre (ou presque) à se souvenir de l’existence des Beatles. Et se retrouve donc tenté de récupérer toutes leurs créations pour connaître enfin la gloire.
Yesterday pêche néanmoins quelque peu dans sa conclusion. Elle n’est pas illogique, mais n’échappe pas à une bien-pensance quelque peu lourdingue. Le film ne bénéficie pas d’un aspect réflexif très intéressant auquel il semble pourtant prétendre au travers d’un long discours final quelque peu lénifiant. C’est là la grande limite de ce film qui ne dépasse vraiment pas le statut de divertissement sympathique. Statut fort honorable cependant, mais quand même un peu décevant pour un Dany Boyle. On trouve bien trace de son grand talent de réalisateur, mais le fond est trop anodin pour donner une dimension supplémentaire à ce film qui restera mineur dans sa riche filmographie.


C’est dommage aussi parce que par ailleurs, dans la forme, le film se défend. Nicolas Hoult est plutôt convaincant et Lily Collins permet à son personnage d’être bien plus qu’un simple faire-valoir féminin. La réalisation de Dome Karukoski serait plutôt élégante si elle n’était pas ponctuée des parallèles douteux évoqués plus haut. Il en fait parfois trop. Les scènes de guerre sont notamment d’une lourdeur parfois effroyable. Bref, beaucoup de talent ici, mais utilisé à bien mauvais escient. Resteront de ce film les quelques éléments factuels que le fan de Tolkien en retirera. Mais bon, si c’était juste pour cela, un bon documentaire aurait été beaucoup plus judicieux. On peut donc parler d’un biopic raté.
La boxe et les chevaux ont un point commun. Dans la réalité, je n’en suis pas spécialement adepte (et c’est un euphémisme). Par contre, au cinéma, je dois admettre qu’ils peuvent être à la base de grands films et forcer mon admiration. Une nouvelle preuve avec Nevada, qui nous raconte la relation qui se noue entre un prisonnier et un cheval sauvage. L’histoire d’une rencontre donc, qui intervient entre deux vrais personnages, à la carrure et au charisme étonnants. Une sorte de Belle et la Bête, même si on ne sait pas très bien qui est qui dans l’histoire. En tout cas, cette dernière se montre convaincante et émouvante.
Nevada doit beaucoup au charisme hors du commun de Matthias Schoenaerts qui envahit l’écran de sa présence, même dans un rôle où on lui demande de parler assez peu. Il confirme aussi qu’il est particulièrement à l’aise dans des rôles d’une grande sensibilité, malgré un physique qui le prédisposerait plus à des films d’action. Laure Clermont-Tonnerre fait preuve d’un sens de la mise en scène remarquable, notamment dans les face à face entre l’homme et la bête. Un vrai moment de cinéma, où on comprend à quel point une image n’est pas un produit brut, mais dépend intimement du cadrage choisi ou de l’angle de vue. Sans cette réalisation de très grande qualité, le film n’aurait clairement pas été le même. Et ça aurait été bien dommage !
Il est de bon ton ces derniers temps de gloser sur le manque d’imagination et de renouvellement chez les scénaristes. Surexploitation des franchises, suites à n’en plus finir, remake, reboot, prequel… Bref beaucoup de réchauffé et de recettes éculées et peu de nouveautés à se mettre sous les yeux des gourmets cinématographiques. Mais au milieu de tout ça, il reste quand même quelques bonnes raisons de se réjouir. La saga Toy Story en fait partie. Son quatrième volet, sorti ces dernières semaines, démontre avec brio qu’elle n’est toujours pas arrivée au bout de ce qu’elle peut nous offrir. En réalisation du changement dans la continuité, les studios Pixar nous émerveillent une nouvelle fois.
Toy Story 4 est aussi évidemment un divertissement familial, avec son lot d’aventures, de péripéties et de rebondissements. Le dosage entre action et réflexion autour des personnages est proche de la perfection. Le film nous propose quelques petits moments de bravoure franchement enthousiasmants. L’histoire est soutenue par un souffle épique qui ne laisse pas le spectateur s’ennuyer une seule seconde. Ces deux facettes du film sont réellement en synergie, ce qui lui confère une dimension incomparable par rapport aux autres sagas Pixar, qui sont déjà pour la plupart des nids à petits chefs d’œuvre. Il est tout à fait possible qu’après cette épisode, les producteurs ne résistent pas à la tentation de nous en proposer un cinquième. Bizarrement, on ne s’en plaindra pas.
Prendre un nouveau départ, repartir de zéro, faire table rase du passé pour recommencer sur de nouvelles bases. Voilà qui peut donner envie et permettre de rallumer une flamme que l’on pensait éteinte. Après un troisième volet décevant, la franchise Men In Black semblait être arrivée à son terme définitif. Mais toujours prêts à exploiter la moindre trace de nostalgie, les producteurs ont décidé qu’elle devait renaître de ses cendres, avec de nouveaux acteurs et même une nouvelle localisation, puisque Men In Black : International nous emmène en Europe, entre Londres et Paris. Mais parfois, il vaut mieux rester chez soi.
Le casting parlons en. Il constituait le principal motif d’espoir d’assister à un nouveau départ réellement réjouissant. Chris Hemsworth n’est toujours pas le meilleur acteur du monde, mais dégage toujours cette aura de sympathie assez unique. Mais ici, il ne se donne vraiment pas la peine d’en faire plus que le strict nécessaire. Il est totalement éclipsé par Tessa Thompson qui est la seule à sembler y croire vraiment, mais sans parvenir à vraiment nous enthousiasmer. Quant à Liam Neeson et Emma Thomson, ils s’amusent visiblement, mais semblent chercher un rôle facile et amusant plutôt qu’à nous éblouir et postuler pour un Oscar. On leur pardonne de ne pas en faire plus que le minimum tant le scénario est parfois indigent et d’une totale platitude. On pardonne moins aux producteurs de nous imposer ça.
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