SPIDER-MAN : FAR FROM HOME : Flirt d’été

spidermanfarfromhomeafficheMalgré toutes les batailles cosmiques où le sort de l’univers tout entier est en jeu, c’est un petit super-héros new-yorkais, aux pouvoirs somme toute limités, qui reste la figure la plus mythique et la plus emblématique de l’univers Marvel. Ainsi, Spider-Man en est déjà à sa quatrième incarnation depuis le renouveau des films de super-héros, débuté justement la version de Sam Raimi. Certes, une de ces incarnations est à oublier (d’ailleurs qui s’en souvient encore ?), il n’empêche que rien ne serait pareil au pays des surhommes sans l’homme araignée. Surtout que la qualité du deuxième reboot démontrait avec brio qu’on était loin d’avoir fait totalement le tour du personnage. Du coup, on attendait beaucoup de la première suite du deuxième reboot (oui, je sais, c’est compliqué de suivre parfois). Au final, Spider-Man : Far From Home restera un film sympathique, mais très anodin.

On ne s’ennuie pas une seule seconde devant Spider-Man : Far From Home. Mais on s’enthousiasme aussi rarement. Les scènes d’action sont distrayantes, mais aucune ne constitue un moment de bravoure qui retient vraiment l’attention. Certaines sombrent même dans certains excès qui font tiquer. Evidemment, on ne demande pas à ce genre de moment d’être totalement réalistes. Cependant, il faut que le spectateur arrive à y croire un minimum, ce qui n’est pas toujours le cas ici. En fait, le principal intérêt du film reste l’évolution des personnages qui intervient au fil des images. On pourrait presque parler de récit d’apprentissage, ce qui renoue en fait avec les racines du personnage et l’esprit du comic book.

spidermanfarfromhomeOn sent Tom Holland désormais parfaitement à l’aise dans son rôle. Il incarne son personnage avec un naturel déconcertant. Spider-Man : Far From Home bénéficie incontestablement de la présence de Jake Gyllenhaal, qui nous gratifie d’un petit numéro d’acteur, nous offrant par la même occasion à la meilleure scène du film. Ce dernier bénéficie globalement de l’affirmation du casting post-adolescent, au premier rang duquel figure Zendaya, dont la personnalité apporte un petit supplément d’âme à cette histoire. La réalisation de Jon Watts a le mérite d’être efficace. Comme dans le premier épisode, on sent son amour des personnages, autant que pour l’action. Cependant, l’ensemble manque d’épaisseur pour vraiment marquer les esprits.

LA NOTE :11,5/20

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Marvel Studios, Marvel Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Jon Watts
Scénario : Chris McKenna, Erik Sommers
Montage : Leigh Folsom Boyd, Dan Lebental
Photo : Matthew J. Lloyd
Décors : Claude Paré
Musique : Michael Giacchino
Directeur artistique : Grant Armstrong
Durée : 129 min

Casting :
Tom Holland : Peter Parker/Spider-Man
Samuel L. Jackson : Nick Fury
Jake Gyllenhaal : Quentin Beck / Mystério
Zendaya : Michelle « M. J. » Jones
Cobie Smulders : Maria Hill
Jon Favreau : Harold « Happy » Hogan
Marisa Tomei : May Parker

GIVE ME LIBERTY : Vodka de Milwaukee

givemelibertyafficheLes récits d’une journée (ou d’une nuit) qui devraient être ordinaires et où se succèdent finalement une série d’évènements inattendus sont nombreux. After Hours de Martin Scorsese est sans doute le plus grand chef d’œuvre du genre. Mais bien d’autres valent le coup d’œil. Le dernier d’entre eux s’intitule Give Me Liberty, un film qui nous plonge (entre autres) au cœur de la communauté immigrée russe de Milwaukee. Cela n’apparaît pas immédiatement susceptible de nous offrir des aventures inattendues et pleines de rebondissements. Mais il ne faut pas se fier aux apparences et se fier au contraire au talent et à l’imagination de Kirill Mikhanovsky.

Give Me Liberty possède un charme qui nous happe immédiatement. On est tout de suite charmé par ses personnages décalés, souvent caractérisés par une forme ou une autre de folie douce. Au milieu de tout ce petit monde, on retrouve le personnage principal qui essaye désespérément de faire preuve d’un minimum de rationalité. On ressent un peu de compassion, tout en ayant une furieuse envie que ses mésaventures se poursuivent encore et encore. Surtout qu’il ne lui arrive jamais rien de grave, tout juste ne parvient-il jamais à reprendre le contrôle des événements. Ces derniers nous donnent le sourire, porteurs d’une énergie communicative. L’enjeu narratif est au final assez mince, mais on attend avec une impatience, pour ne pas dire une certaine gourmandise, la prochaine surprise que nous réservera le scénario.

givemelibertyGive Me Liberty nous offre un casting étonnant, composé d’acteurs professionnels et d’amateurs. Le plus étonnant reste Chris Galust, qui incarne le personnage principal, déniché dix jours avant le début du tournage, alors qu’il n’avait jamais joué la comédie de sa vie. Un casting improbable donc, mais qui colle finalement parfaitement avec l’esprit de Give Me Liberty. La réalisation, caméra à l’épaule, en mode reportage, renforce le côté immersif. On se croirait presque parfois devant un épisode de Striptease, à la sauce américano-russe. Difficile en tout cas de ne pas être emporté dans le tourbillon frénétique qui parcourt ce film. Qu’il nous propose un voyage sans but importe peu, tant le voyage est délicieux.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Give Me Liberty Productions, Wild Bunch
Réalisation : Kirill Mikhanovsky
Scénario : Alice Austen, Kirill Mikhanovsky
Montage : Kirill Mikhanovsky
Photo : Wyatt Garfield
Décors : Bart Mangrum
Distribution : Wild Bunch
Son : Jeremy Mazza
Durée : 111 min

Casting :
Lauren ‘Lolo’ Spencer : Tracy Holmes
Chris Galust : Vic
Maksim Stoyanov : Dima
Darya Ekamasova : Sasha, la sœur de Vic
Zoya Makhlina : la mère de Vic et Sasha
Dorothy Reynolds : la grand-mère de Tracy
Sheryl Sims-Daniels : la mère de Tracy
Steve Wolski : Steve
Steve Wolski : Michelle
Ben Derfel : Nate
Lindsey Willicombe : la soprano

WILD ROSE : Sur la route de Menphis

wildroseafficheUn personnage doté d’un talent artistique prononcé, d’une volonté d’en vivre, mais évoluant dans un milieu social qui ne lui reconnaît guère de mérite et qui ne lui permet pas de vivre son rêve. Ceci constitue le point de départ de très nombreuses histoires et on pourrait facilement croire que l’on a déjà largement fait le tour de la question. Cependant, il est des thématiques dont on ne parvient à jamais vraiment se lasser, même quand une œuvre l’aborde sans apporter grand-chose de nouveau. Certes, on ne s’enthousiasme pas forcément mais on peut passer tout de même un bon moment. C’est le cas avec Wild Rose, un film plutôt réussi, mais certainement pas révolutionnaire.

Wild Rose nous raconte l’histoire d’une jeune Ecossaise qui sort de prison et qui rêve de devenir… chanteuse de country. Evidemment, Glasgow se situant relativement loin de Menphis, son plan de carrière n’a rien d’évident. Il s’agit avant tout d’un film de personnage, même si un fond de critique sociale, assez léger tout de même, vient à poindre. Le scénario est plutôt bien écrit, nous amenant vers un dénouement qui n’a rien de prévisible. Avoir su éviter les chemins tracés de manière trop évidente représente la principale qualité de ce film. Rien de bouleversant ou de vraiment étonnant, mais on échappe aux clichés ou aux rebondissements habituels de ce genre d’histoire. C’est bien pour ça que l’on passe un bon moment.

wilrosePour ça, mais pas que pour ça. Le talent et le charme de Jessie Buckley jouent un rôle non négligeable dans le plaisir que l’on prend devant Wild Rose. Elle fait preuve d’une certaine fraîcheur et d’un naturel déconcertant dans un rôle qui aurait pu facilement tourner à la composition lourdingue. La musique est également très présente. Après évidemment, il vaut mieux apprécier la country, mais l’énergie qu’elle met dans ses interprétations entraîne avec elle les spectateurs les plus rétifs à ce genre musical. Bon les allergiques complets auront peut-être un peu de mal, mais je les incite tout de même à faire un petit effort s’ils sont en recherche d’un feel good movie fort sympathique.

LA NOTE :12/20

Fiche technique :
Jessie Buckley : Rose-Lynn Harlan
Julie Walters : Marion
Sophie Okonedo : Susannah
Daisy Littlefeld : Wynonna
Adam Mitchell : Lyle

Casting :
Jessie Buckley : Rose-Lynn Harlan
Julie Walters : Marion
Sophie Okonedo : Susannah
Daisy Littlefeld : Wynonna
Adam Mitchell : Lyle

LE ROI LION : Petit chat

leroilionafficheSuite et fin du triptyque 2019 de Disney avec le Roi Lion. Triptyque d’adaptations « live » de grands classiques de l’animation. Après Dumbo et Aladin, voici le plus attendu de tous, le Roi Lion. Attendu car celui s’annonçant le plus spectaculaire. En effet, il n’y a aucun humain dans cette histoire, juste des animaux qui parlent et qu’il fallait donc faire apparaître à l’écran de manière réaliste. Le défi était de taille mais fort d’un Livre de la Jungle, plutôt réussi paraît-il, ayant servi de galop d’essai, le succès ne pouvait qu’être au rendez-vous. Après, il y aura quelques grincheux pour faire la fine bouche. Et il m’arrive parfois de me montrer grincheux…

Cette nouvelle version ne possède à mon sens que peu d’intérêt. Déjà, en reprenant presque plan pour plan le déroulé du dessin-animé, Jon Favreau n’a pris strictement aucun risque et a livré une œuvre parfaitement impersonnelle. Si vous comptiez sur ce film pour revisiter l’histoire, n’y allez pas, vous seriez cruellement déçu. Ensuite, si le Roi Lion de 1994 était un film d’animation, le Roi Lion version 2019 reste toujours un film d’animation. Une animation certes très réaliste, mais qui reste tout de même de l’animation. On peut être admiratif de la prouesse technique incontestable, mais le but initial n’est pas tout à fait atteint. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil de la savane africaine et ce film nous donne surtout envie de retrouver les beaux aplats de couleur de la version originale.

leroilionLe Roi Lion s’adresse donc au côté obscur de la nostalgie. Personnellement, je n’ai pas du tout ressenti le côté madeleine comme avec Aladin, mais au contraire, comme une envie de dire « c’était mieux avant ! ». Quel intérêt par exemple de reprendre une partie du casting voix originel ? A ne pas vouloir décevoir le fan, Disney finit par profondément le décevoir. La technique ne permet pas seule de faire naître la magie et ce film en manque cruellement. C’est un objet cinématographique totalement froid. Je suis le premier à défendre Disney quand les critiques le cantonnent à une machine commerciale, alors qu’il laisse souvent les auteurs s’exprimer et faire preuve d’audace. Mais ici, le reproche s’avère pleinement justifié.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Fairview Entertainment
Distribution : The Walt Disney Compagny France
Réalisation : Jon Favreau
Scénario : Jeff Nathanson
Montage : Adam Gerstel, Mark Livolsi
Photo : Caleb Deschanel
Décors : James Chinlund
Musique : Hans Zimmer, Elton John, Tim Rice
Directeur artistique : Helena Holmes
Durée : 118 min

Casting :
Donald Glover : Simba adulte
Beyoncé Knowles-Carter : Nala adulte
Seth Rogen : Pumbaa
Billy Eichner : Timon
James Earl Jones : Mufasa
Alfred Woodwar : Sarabi
John Oliver : Zazu
Chiwetel Ejiofor : Scar
Florence Kasumba : Shenzi, la hyène

YESTERDAY : Un garçon seul dans le vent

yesterdayaffichePiquer les idées des autres constitue définitivement le thème central de Yesterday. Déjà en premier lieu parce qu’il est clairement inspiré de Jean-Philippe, la comédie de Laurent Tuel. En effet, le point de départ est sensiblement le même. Bon après d’un côté, on a Johnny Hallyday et de l’autre les Beatles, c’est aussi ça qui sépare la France de l’Angleterre, mais ceci est un autre débat. Ensuite, le film nous raconte l’histoire d’un chanteur sans succès qui se retrouve un jour être le seul homme sur Terre (ou presque) à se souvenir de l’existence des Beatles. Et se retrouve donc tenté de récupérer toutes leurs créations pour connaître enfin la gloire.

Un point de départ original (enfin là pas complètement), ou du moins rigolo, ne suffit pas à faire un film. Il faut ensuite parvenir à l’exploiter de manière crédible et à ne pas se contenter de ça. Il faut évidemment nourrir cette bonne idée de plein d’autres choses pour donner assez d’épaisseur à l’histoire et justifier pleinement un long métrage. Dans ce domaine, Yesterday ne s’en sort pas trop mal. Tout n’est pas parfait, mais il bénéficie au moins d’une galerie de personnages plutôt attachants qui nous donnent envie de suivre cette histoire. L’humour est évidemment centré sur l’idée centrale, mais exploite aussi quelques à côtés et ne tourne ainsi pas en boucle. Enfin, il laisse aussi une juste place à la musique. Tous ceux qui apprécient de près ou de loin la musique des Beatles apprécieront d’autant plus ce film.

yesterdayYesterday pêche néanmoins quelque peu dans sa conclusion. Elle n’est pas illogique, mais n’échappe pas à une bien-pensance quelque peu lourdingue. Le film ne bénéficie pas d’un aspect réflexif très intéressant auquel il semble pourtant prétendre au travers d’un long discours final quelque peu lénifiant. C’est là la grande limite de ce film qui ne dépasse vraiment pas le statut de divertissement sympathique. Statut fort honorable cependant, mais quand même un peu décevant pour un Dany Boyle. On trouve bien trace de son grand talent de réalisateur, mais le fond est trop anodin pour donner une dimension supplémentaire à ce film qui restera mineur dans sa riche filmographie.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Working Title, Universal Pictures, Etalon films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Danny Boyle
Scénario : Richard Curtis
Montage : Jon Harris
Photo : Christopher Ross
Décors : Patrick Rolfe
Musique : Daniel Pemberton, les Beatles
Durée : 116 min

Casting :
Himesh Patel : Jack Malik
Lily Collins : Ellie Appleton
Kate McKinnon : Debra Hammer
Ed Sheeran : Ed Sheeran
Joel Fry : Rocky
Alexander Arnold : Gavin
Meera Syal : Sheila Malik
Sanjeev Bhaskar : Jed Malik

LES ENFANTS DE LA MER : Salade de poissons

lesenfantsdelamerafficheQue l’on ne comprenne pas tout d’une œuvre particulièrement ésotérique ne constitue pas forcément en soi un problème. Au contraire, cela peut même constituer une réelle qualité quand le spectateur prend plaisir à se perdre dans une histoire dont il ne saisit pas tous les tenants et les aboutissants, mais qui le fait rêver, réfléchir ou l’émerveille. Le souci intervient quand l’histoire ne procure aucune de ces sensations. L’ennui n’est alors jamais très loin. C’est bien elle qui m’a saisi devant les Enfants de la Mer, un film d’animation japonais aux allures de fable, mais qui m’a laisse totalement froid, pour ne pas dire glacé.

Les Enfants de la Mer nous propose pourtant une histoire riche. Elle dévoile chacune de ses dimensions une à une, laissant au spectateur le temps de s’y immerger progressivement. Mais sans doute, le problème est-il justement de cette accumulation de strates narratives qui finissent par ne plus avoir de lien solide entre elles. On comprend vaguement qu’elles délivrent un seul et même message. Cependant, le tout reste quelque peu confus et bien des événements surviennent sans que l’on en saisisse bien le pourquoi. Du coup, on reste largement imperméable à la philosophie qui essaye d’émerger tant bien que mal de l’ensemble. Sans doute n’avais-je pas tous mes chakras d’ouverts ce jour-là.

lesenfantsdelamerGraphiquement, les Enfants de la Mer est par contre vraiment sublime. Les personnages notamment ont une palette d’expressions assez rares dans l’animation japonaise. On est très loin du cliché du manga où tous les protagonistes se ressemblent, même si c’est quand même rarement le cas pour les longs métrages. Dommage que la poésie du dessin ne soit pas rentrée en synergie avec la poésie clairement recherché du propos. Cela aurait pu donner un résultat bouleversant et non un méli-mélo mal défini d’éléments ésotériques disparates. Tout cela est sans doute aussi une question de sensibilité personnelle. En tout cas, ce film n’a vraiment pas touché la mienne.

LA NOTE : 08/20

Production :
Production : Studio 4°C
Distribution : Eurozoom
Réalisation : Ayumu Watanabe
Scénario : Daisuke Igarashi, adapté de son manga
Musique : Joe Hisaishi, Kenshi Yonezu
Directeur artistique : Shinji Kimura
Durée : 111 min

Casting :
Mana Ashida : Ruka
Hiiro Ishibashi : Umi
Seishu Uragami : Sora
Win Morisaki : Angura-do
Yu Aoi : Azumi Kanako
Min Tanaka : Jimu

TOLKIEN : Mauvais pont

tolkienaffichePuisque tous les chanteurs ayant connu un minimum de succès ont eu droit à leur biopic, il faut bien se tourner vers d’autres catégories d’artistes. Parmi elles, les écrivains constituent un gisement dans lequel il est encore possible de puiser. Et quoi de plus vendeur que raconter l’histoire de l’homme qui aura écrit le roman le plus lu de l’histoire (si on ne considère pas la Bible comme un roman, ce qui peut évidemment se discuter), à savoir J.R.R Tolkien ? Avec ce film, sobrement intitulé Tolkien, on en apprendra plus sur l’histoire de cet homme à la postérité hors du commun. Dommage simplement que le film essaye de manière grossière et maladroite d’établir des ponts entre l’auteur et son œuvre.

L’idée était pourtant séduisante, voire évidente. A quoi bon porter la vie d’un auteur à l’écran si on n’explique pas en quoi elle a influencé son œuvre ? Sauf que dans Tolkien, les liens sont tissés entre des épisodes de l’existence de l’écrivain et le Seigneur des Anneaux… le film !!!! Alors que évidemment, on n’est pas devant le biopic de Peter Jackson. Ce choix malheureux enlève au propos toute crédibilité, sans même parler de profondeur ou d’intérêt. Cela ramène le film au rang de production formatée pour exploiter les pulsions de tous les fans qui se sont sentis obligés d’aller le voir. C’est vraiment dommage car il semble évident que Dome Karukoski avait d’autres ambitions pour son histoire.

tolkienC’est dommage aussi parce que par ailleurs, dans la forme, le film se défend. Nicolas Hoult est plutôt convaincant et Lily Collins permet à son personnage d’être bien plus qu’un simple faire-valoir féminin. La réalisation de Dome Karukoski serait plutôt élégante si elle n’était pas ponctuée des parallèles douteux évoqués plus haut. Il en fait parfois trop. Les scènes de guerre sont notamment d’une lourdeur parfois effroyable. Bref, beaucoup de talent ici, mais utilisé à bien mauvais escient. Resteront de ce film les quelques éléments factuels que le fan de Tolkien en retirera. Mais bon, si c’était juste pour cela, un bon documentaire aurait été beaucoup plus judicieux. On peut donc parler d’un biopic raté.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : Fox Searchlight Pictures, Chernin Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Dome Karukoski
Scénario : David Gleeson, Stephen Beresford
Montage : Harry Ylönen
Photo : Lasse Frank Johannessen
Décors : Grant Montgomery
Musique : Thomas Newman
Durée : 112 min

Casting :
Nicholas Hoult : J.R.R. Tolkien
Lily Collins : Edith
Anthony Boyle : Geoffrey Smith
Patrick Gibson : Robert Gilson
Tom Glynn-Carney : Christopher Wiseman
Derek Jacobi : Pr Wright
Colm Meaney : Père Francis

NEVADA : Le Beau et la Bête

nevadaafficheLa boxe et les chevaux ont un point commun. Dans la réalité, je n’en suis pas spécialement adepte (et c’est un euphémisme). Par contre, au cinéma, je dois admettre qu’ils peuvent être à la base de grands films et forcer mon admiration. Une nouvelle preuve avec Nevada, qui nous raconte la relation qui se noue entre un prisonnier et un cheval sauvage. L’histoire d’une rencontre donc, qui intervient entre deux vrais personnages, à la carrure et au charisme étonnants. Une sorte de Belle et la Bête, même si on ne sait pas très bien qui est qui dans l’histoire. En tout cas, cette dernière se montre convaincante et émouvante.

Nevada nous raconte bien le face à face entre deux personnalités et deux caractères. Le cheval est ici réellement un personnage à part entière, auquel il ne manque que la parole. Et encore, cette dernière ne s’avère pas forcément indispensable car son vis-à-vis ne se montre guère disert. C’est d’ailleurs sans doute ce point commun qui rend crédible la manière dont l’humain va évoluer au contact de l’animal… et réciproquement. Chacun apprivoise l’autre à sa manière, même si chacun gardera cette part de « sauvagerie » qui en feront des êtres à part. Le plus grand mérite de Laure de Clermont-Tonnerre est d’avoir réussi à nous raconter tout cela sans jamais nous proposer un film contemplatif, mais en offrant au contraire à son récit, et par là même au spectateur, une tension narrative constante. Il est vrai que le milieu carcéral offre bien des possibilités pour cela, par la violence omniprésente qui y règne.

nevadaNevada doit beaucoup au charisme hors du commun de Matthias Schoenaerts qui envahit l’écran de sa présence, même dans un rôle où on lui demande de parler assez peu. Il confirme aussi qu’il est particulièrement à l’aise dans des rôles d’une grande sensibilité, malgré un physique qui le prédisposerait plus à des films d’action. Laure Clermont-Tonnerre fait preuve d’un sens de la mise en scène remarquable, notamment dans les face à face entre l’homme et la bête. Un vrai moment de cinéma, où on comprend à quel point une image n’est pas un produit brut, mais dépend intimement du cadrage choisi ou de l’angle de vue. Sans cette réalisation de très grande qualité, le film n’aurait clairement pas été le même. Et ça aurait été bien dommage !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Laure de Clermont-Tonnerre
Scénario : Brock Norman Brock, Mona Fastvold et Laure de Clermont-Tonnerre
Photographie : Ruben Impens
Montage : Géraldine Mangenot
Musique : Jed Kurzel
Direction artistique : Molly Bailey
Décors : Laurel Frank et Nova May
Costumes : April Napier
Production : Alain Goldman, co-production : Cédric Iland, Nadia Khamlichi et Adrian Politowski
Producteur exécutif : Robert Redford
Durée : 1h 36 min.

Casting :
Matthias Schoenaerts : Roman
Jason Mitchell : Henry
Gideon Adlon : Martha
Bruce Dern : Myles
Josh Stewart : Dan
Thomas Smittle : Tom
Keith Johnson : Elijah
Noel Gugliemi : Roberto
Connie Britton : la psy

TOY STORY 4 : Vers l’infini et c’est tant mieux

toystory4afficheIl est de bon ton ces derniers temps de gloser sur le manque d’imagination et de renouvellement chez les scénaristes. Surexploitation des franchises, suites à n’en plus finir, remake, reboot, prequel… Bref beaucoup de réchauffé et de recettes éculées et peu de nouveautés à se mettre sous les yeux des gourmets cinématographiques. Mais au milieu de tout ça, il reste quand même quelques bonnes raisons de se réjouir. La saga Toy Story en fait partie. Son quatrième volet, sorti ces dernières semaines, démontre avec brio qu’elle n’est toujours pas arrivée au bout de ce qu’elle peut nous offrir. En réalisation du changement dans la continuité, les studios Pixar nous émerveillent une nouvelle fois.

La grande force de la saga Toy Story a toujours été ses personnages. Qu’il s’agisse de jouets prenant vie ne retire rien à leur réelle profondeur et leur profond intérêt. Cela ne retire rien non plus à l’attachement particulièrement fort qu’ils nous font ressentir. Toy Story 4 vient encore enrichir la galerie en continuant de nous surprendre et de nous toucher. Le tout s’adresse avec la même réussite à notre cerveau d’adulte et à notre cerveau d’enfant, entre vraie réflexion et douce nostalgie. La qualité d’écriture du scénario et des dialogues fait vraiment la différence et explique largement le succès de cette saga à nulle autre pareil.

toystory4Toy Story 4 est aussi évidemment un divertissement familial, avec son lot d’aventures, de péripéties et de rebondissements. Le dosage entre action et réflexion autour des personnages est proche de la perfection. Le film nous propose quelques petits moments de bravoure franchement enthousiasmants. L’histoire est soutenue par un souffle épique qui ne laisse pas le spectateur s’ennuyer une seule seconde. Ces deux facettes du film sont réellement en synergie, ce qui lui confère une dimension incomparable par rapport aux autres sagas Pixar, qui sont déjà pour la plupart des nids à petits chefs d’œuvre. Il est tout à fait possible qu’après cette épisode, les producteurs ne résistent pas à la tentation de nous en proposer un cinquième. Bizarrement, on ne s’en plaindra pas.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Company France
Réalisation : Josh Cooley
Scénario : Andrew Stanton, Stephany Folsom
Montage : Axel Geddes
Décors : Bob Pauley
Musique : Randy Newman
Durée : 100 min

Casting :
Tom Hanks : Woody
Tim Allen : Buzz Lightyear
Annie Potts : Bo
Tony Hale : Fourchette
Joan Cusack : Jessie
Keegan-Michael Key : Ducky
Jordan Peele : Bunny
Keanu Reeves : Le duc Kaboom
Bonnie Hunt : Dolly

MEN IN BLACK INTERNATIONAL : Fallait pas

mibinternationalaffichePrendre un nouveau départ, repartir de zéro, faire table rase du passé pour recommencer sur de nouvelles bases. Voilà qui peut donner envie et permettre de rallumer une flamme que l’on pensait éteinte. Après un troisième volet décevant, la franchise Men In Black semblait être arrivée à son terme définitif. Mais toujours prêts à exploiter la moindre trace de nostalgie, les producteurs ont décidé qu’elle devait renaître de ses cendres, avec de nouveaux acteurs et même une nouvelle localisation, puisque Men In Black : International nous emmène en Europe, entre Londres et Paris. Mais parfois, il vaut mieux rester chez soi.

Men In Black : International n’est même pas franchement mauvais. Il est juste terriblement médiocre. Il représente surtout le niveau zéro de la prise de risque. Un pur produit formaté, sans grande imagination et d’une paresse absolue. C’est certes distrayant, mais ne constitue en rien une renaissance. Cela ne donne aucune envie particulière de retrouver ces nouveaux personnages, même si on ne doute pas une seule seconde qu’ils reviendront pour un deuxième épisode (que j’irai sûrement voir pour en dire tout le mal que j’en pense). C’est toujours regrettable de mobiliser autant de moyens financiers et quelques bons acteurs pour en tirer à peu près rien. Mais ne doutons pas que les producteurs rentreront dans leurs frais sans grands efforts.

mibinternationalLe casting parlons en. Il constituait le principal motif d’espoir d’assister à un nouveau départ réellement réjouissant. Chris Hemsworth n’est toujours pas le meilleur acteur du monde, mais dégage toujours cette aura de sympathie assez unique. Mais ici, il ne se donne vraiment pas la peine d’en faire plus que le strict nécessaire. Il est totalement éclipsé par Tessa Thompson qui est la seule à sembler y croire vraiment, mais sans parvenir à vraiment nous enthousiasmer. Quant à Liam Neeson et Emma Thomson, ils s’amusent visiblement, mais semblent chercher un rôle facile et amusant plutôt qu’à nous éblouir et postuler pour un Oscar. On leur pardonne de ne pas en faire plus que le minimum tant le scénario est parfois indigent et d’une totale platitude. On pardonne moins aux producteurs de nous imposer ça.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Réalisation : F. Gary Gray
Scénario : Art Marcum et Matt Holloway, d’après les comics Men in Black de Lowell Cunningham
Direction artistique : Thomas Brown
Décors : Charles Wood
Costumes : Penny Rose
Photographie : Stuart Dryburgh
Montage : Christian Wagner et Zene Baker
Musique : Chris Bacon et Danny Elfman
Production : Walter F. Parkes et Laurie MacDonald
Producteur délégué : Steven Spielberg
Durée : 115 minutes

Casting :
Chris Hemsworth : l’agent H / Henry
Tessa Thompson : l’agent M / Molly
Liam Neeson : High T
Kumail Nanjiani : Pawny
Rebecca Ferguson : Riza
Rafe Spall : l’agent C
Emma Thompson : l’agent O
Laurent et Larry Nicolas Bourgeois : Les Jumeaux
Kayvan Novak : Vungus
Tim Blaney : Frank le chien