ADIEU CHAMPION !

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laurentfignonLaurent Fignon est mort et je ressens une grand tristesse. Je m’amuse sur Facebook a trouver une phrase comique à chaque mort célèbre, mais là, je n’avais pas vraiment envie de rire. Une tristesse peut-être un peu irrationnelle mais bien réelle.

Avec Laurent Fignon, c’est un peu de mon enfance qui disparaît. Le dernier contre-la-montre où il perdit le Tour de France pour 8 secondes en 1989 est un de mes plus vieux souvenirs « sportifs ». Ma première grande émotion, une sûrement de celles qui ont fait que j’aime tant suivre le sport de compétition. Alors, oui, quelque part, Laurent Fignon a changé ma vie et a contribué à faire de moi qui je suis aujourd’hui.

Si la mort de Laurent Fignon émeut tant le pays, c’est aussi par la manière dont il a affronté la mort et fait partager son combat contre la maladie avec le plus grand nombre. Lors du dernier Tour de France, sa voix si marquée et sa fatigue qui se faisait ressentir parfois à l’antenne nous faisaient partager sa souffrance. Pourtant, il aura toujours fait preuve de la plus grande pudeur, plaisantant et commentant la course comme si de rien était. Et on avait tous envie qu’il n’en soit rien…

Notre société occidentale a trop souvent tendance à nier, à cacher la mort, à la reléguer là où elle ne viendra pas nous rappeler que nous-mêmes ne sommes pas éternels. Alors, en nous faisant si pudiquement partager son combat lors d’un rendez-vous télévisuel aussi festif et populaire, il nous a rappelé qu’aucun de nous ne l’est et que la mort fait également intégralement partie de la vie. Pour ça aussi, merci Monsieur Fignon !

Adieu champion !

PARDON LES GARS !

franceespagnebasket

franceespagnebasketHier soir débutaient les championnats du monde de basket. Pour son premier match l’Equipe de France affrontait l’Espagne. Cette dernière, championne du monde en titre, fait partie des favoris, malgré l’absence de sa star, Paul Gasol, tandis que la France s’avance sans repère et privée de ses meilleurs joueurs. Bref, le résultat ne faisait pas un pli, je n’ai pas daigné regarder, voulant éviter ainsi d’assister à une inévitable branlée. Je ne me suis d’ailleurs même pas donné la peine de m’informer du score pendant la soirée.

Oh mea culpa ! La France a signé hier un grand exploit en venant à bout, contre toute attente,  du favori espagnol. Je ne suis pas non plus un fondu de basket mais j’apprécie de suivre les grandes compétitions internationales et les Bleus en particulier. Je m’en veux donc d’avoir raté, volontairement de plus, une des belles pages de leur histoire (même si sa beauté sera aussi proportionnelle à leur réussite dans la suite de la compétition).

Je m’en veux surtout d’avoir douté de cette Equipe de France, qui a visiblement choisi de s’inspirer de celles d’athlétisme et de natation. Je me suis donc efforcé de suivre avec attention leur victoire du jour contre le Liban. J’espère surtout qu’elle nous réservera encore d’aussi bons moments dans les jours qui viennent. Et cette fois, promis les gars, je serai là.

CHAPEAU LES BOURGUIGNONS !

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auxerrec1Un court billet pour saluer la performance d’Auxerre qui a réussi à passer le tour préliminaire de la Ligue des Champions, en venant à bout du Zenith St Petersbourg 2-0, au bout d’un match superbe, remontant ainsi le retard d’un but concédé au match aller. C’est amplement mérité à la vue du courage, de l’abnégation, mais aussi du talent collectif et individuel de cette équipe. Cette qualification prouve bien que la troisième place acquise à l’issue de la saison dernière n’avait absolument rien d’usurpé.

Mais cette qualification prouve également deux choses. D’abord que Jean Fernandez est un très grand entraîneur. Pas le plus médiatique certes, mais son statut de « doyen » (en nombre de matchs dirigés depuis le banc) de la Ligue 1 montre bien qu’il est une valeur sûr du football français et bien plus encore. Ensuite, qu’un bon entraîneur qui a la chance de travailler dans la durée finit toujours par obtenir des résultats. Auxerre et Lorient sont sans doute les deux équipes de notre championnat dont les résultats sont bien au-delà de ce que pourrait faire espérer leurs moyens financiers. Mais ce sont surtout deux clubs qui ont le même entraîneur depuis longtemps. CQFD !

DES RETARDS AU DEMARRAGE

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demarrageOM2010Marseille a raté son début de championnat. Trois points en trois matchs, ce n’est pas vraiment des résultats dignes d’un champion sortant… Mais voilà, si on regarde de plus près le classement actuel du championnat, on s’aperçoit vite qu’aucun candidat crédible au haut du tableau n’a démarré le championnat sur les chapeaux de roue. Le mien parti est Rennes, mais avec 5 points, il n’a jamais que 2 points d’avance sur l’OM ou Bordeaux, dont on a pourtant beaucoup parlé du départ catastrophique. Le PSG semblait seul en position de s’échapper, mais le hold-up girondin l’a renvoyé aussi sec dans le peloton des favoris.

Ce début plutôt étrange de championnat renvoie tout de même à une constante de notre championnat que sept ans de domination lyonnaise nous ont parfois fait oublier. Car depuis 1992, en dehors de l’OL, aucun club n’a su conserver son titre. Mais cette rotation se fait à tous les niveaux et notamment pour les places européennes. Cela n’est pas sans poser problème car beaucoup de nos représentants se présentent avec un indice UEFA individuel très faible et hérite du coup de tirage très défavorables, comme Auxerre cette année.

Ces dernières saisons, on a beaucoup parlé d’un début de Big Four à la française. Mais cette idée fut déjà largement battue en brèche la saison dernière. Et le début de la nouvelle semble démontrer une nouvelle fois que les cartes ont à nouveau été totalement rebattues lors de l’intersaison. Tant mieux pour le suspense. Pour la compétitivité européenne de nos clubs, il est moins évident que cela constitue une bonne nouvelle.

LA DIVINE SURPRISE

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myriamsoumareCes Championnats d’Europe d’athlétisme constituent une des plus belles compétitions sportives qu’il m’ait été donné de voir. Visiblement, Barcelone porte chance, puisque la plus belle d’entre elles restera sans doute à jamais les JO ayant eu lieu dans la même ville. Toutes les épreuves sont magnifiques, disputées, pleines de surprises. Tant pis si les chronos ne sont pas toujours au rendez-vous, par rapport au top-niveau mondial, le spectacle est là, l’émotion aussi.

Bien sûr, la réussite phénoménale de l’Equipe de France y contribue aussi largement. Deux nouveaux titres aujourd’hui. Celui de Renaud Lavillenie à la perche était attendu et tout autre résultat aurait constitué une immense déception. Mais celui de Myriam Soumaré l’était beaucoup moins… On peut même dire complètement improbable.

70 centièmes de seconde ce n’est pas grand chose dans une vie. Mais sur un 200m à ce niveau, c’est énorme, des années de travail… Améliorer son record avec une telle marge sur une seule course est tout simplement impensable. Mais Myrima Soumaré l’a fait, surprenant tout son monde, au premier rang, ses adversaires. Et évidemment, elle-même. Quel plaisir de voir sa joie spontanée une fois la ligne franchie et son sourire sur le podium !

Bref que du bonheur ! A l’image de ces Championnats !

LES FACTEURS SONNENT TOUJOURS DEUX FOIS

yohandiniz

yohandinizBeaucoup de choses séparent Yohan Diniz et Christophe Lemaître. L’un court, l’autre marche. L’un sera peut-être une immense star, l’autre ne sera jamais sous le feux des projecteurs. L’un parle encore souvent comme un adolescent quand l’autre fait preuve d’une maturité et d’une intelligence rares. Mais tous les deux sont double-champion d’Europe et de quelle manière !

Espérons que notre sprinter saura faire preuve de la même longévité au haut niveau que notre marcheur. Si c’est le cas, Christophe Lemaître récoltera une gloire médiatique auquel Yohan Diniz n’aura injustement jamais le droit. Mais notre pays est forte pour s’enthousiasmer pour un athlète à la première performance quelque peu remarquable, sans jamais se demander s’il s’agit là d’une vraie révélation ou d’un pic de forme sans lendemain.

Pourtant avec un deuxième titre de champion d’Europe, 4 ans après le premier, et un titre de vice-champion du monde, Yohan Diniz s’est forgé un palmarès dont peu d’athlètes français peuvent se vanter. Une tête bien faite dans un corps sain, n’est pas la définition parfaite du champion ?

UN BEAU CHAMPION POUR UNE SI BELLE EPREUVE

romainbarras

romainbarrasRomain Barras, champion d’Europe du décathlon, voilà une bien bonne et belle surprise. On savait que la médaille était jouable, mais la première marche du podium semblait difficilement accessible. Il y est parvenu après une superbe deuxième journée qui l’a vu remonter les cinq concurrents qui étaient classés devant lui hier soir.

La victoire est encore plus belle car acquise après un final assez rare pour un décathlon. Entre le Hollandais est lui, l’écart était tellement faible, qu’il suffisait à l’un de finir devant l’autre pour remporter le classement final et la médaille d’or. Une course à la fois simple à comprendre et à suspense pour un vrai beau et grand spectacle.

Le décathlon reste quand même un truc de fous. Lancer le poids, sauter en hauteur ou encore courir un 1500m demandent des qualités évidemment très différentes et parfois même totalement contradictoires. Les voir finir par une course de demi-fond après deux jours d’épreuve constitue toujours un moment surprenant d’abnégation. Ce que tête veut, corps veut, comme dirait un grand sportif de ma connaissance. Le décathlon en est la preuve, surtout quand le commun des mortels, et moi le premier, est déjà fatigué à l’idée de réaliser une seule de leurs dix épreuves.

Le décathlon, c’est aussi un joli moment de solidarité. C’est certes une image d’Epinal, ressortie à chaque compétition par les commentateurs peu inspirés. Mais voir se tomber dans les bras les deux rivaux à l’arrivée reste une belle image de ce que doit être avant tout le sport, même à haut niveau. Heureusement que tout le monde n’a pas le même esprit que Laurent Fignon qui a déploré publiquement les images d’amitiés et de respects entre Contador et Schleck lors du dernier Tour de France.

Bien sûr les décathloniens ne seront jamais d’immenses stars, ça aide peut-être à garder des valeurs saines. Mais en tous cas, ce sont tous d’immenses champions.

LE LIEVRE ET LES TORTUES

christophelemaitre

christophelemaitre7 tortues surgissent des starting-blocks. Pendant ce temps le lièvre prend son café. Les tortues accélèrent. Le lièvre appelle sa mère au téléphone. Les tortues sont en pleine vitesse. Le lièvre se dit qu’il ferait bien une petite sieste. Puis, il décide enfin de se mettre à courir, remonte toutes les tortues et remportent la course haut la main.

Evidemment, Jean de la Fontaine n’a pas vraiment imaginé cette fin pour sa fable du Lièvre et de la Tortue. Par contre, Christophe Lemaître s’est permis de la réécrire magistralement ce soir en finale des Championnats d’Europe d’athlétisme. Gagner avec une telle marge après un départ aussi poussif a prouvé de manière incontestable qu’il était bien au-dessus de la concurrence et qu’il mérite amplement son titre.

Les mauvais langues rappelleront bien sûr que le temps de 10’11 est loin du top-niveau mondial. Mais le réaliser lors d’un course aussi techniquement médiocre, et qui plus est avec du vent défavorable, prouve que le potentiel est immense. Il ne faut pas non plus oublier que Christophe Lemaître n’a que 20 ans et que sa courbe de progression est en pleine ascension et qu’il n’y a aucune raison pour qu’elle s’arrête là.

Au-delà de l’anecdote d’être le premier blanc sous les 10 secondes, le parcours de Christophe Lemaître porte bien des espoirs. Tout semble indiquer qu’il deviendra un sprinter régulier sous les 10 secondes et qu’il sera largement au niveau d’une finale mondiale. Plus ? C’est moins évident car l’écart avec un Tyson Gay ou un Astafa Powell reste immense. Et ne parlons même pas d’Usain Bolt. Mais le Français est bien trop jeune pour qu’on lui fixe déjà des limites.

Quand j’était plus jeune j’avais formulé un vœu : celui de voir, avant de mourir, la France, championne du monde de football, un Français remporter le Tour de France, un Français remporter Roland-Garros et un Français champion olympique du 100m. Un seul de ces quatre évènements s’est réalisé et franchement, ce n’était pas celui que je pensais le plus probable. Le deuxième sera-t-il encore plus inattendu ? Rien n’est moins sûr, mais avec Christophe Lemaître, il est désormais permis de rêver.

UN GRAND VAINQUEUR POUR UN GRAND TOUR

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contadorschleckA 27 ans, Alberto Contador a remporté son troisième Tour de France. Avec également un Tour d’Italie et un Tour d’Espagne à son palmarès, il fait désormais partie des grands, des très grands. Bien sûr, certains n’oublient pas les soupçons qui ont pu peser sur lui au début de sa carrière quant à ses liens présumés avec le trop fameux docteur Puerto. Mais cela n’enlèvera rien à la beauté du Tour de France que nous venons de vivre.

Ce Tour fut le plus beau depuis bien des années. Beau déjà parce qu’il fut extrêmement disputé. Le duel entre Alberto Contador et Andy Schleck fut riche en rebondissements, avec un beau numéro d’échange de maillot jaune à plusieurs reprises. Mais les deux hommes étaient trop proches l’un de l’autre pour que l’un prenne réellement le dessus sur l’autre. Se battre à coup de 10 secondes par ci, par là, peut paraître mesquin. Le duel final dans la montée du Tourmalet a peut-être déçu puisqu’il n’a pas modifié la situation d’un iota. Mais il a surtout opposé deux très beaux champions et délivré beaucoup de promesses pour les années qui viennent. On l’oublie trop souvent, mais à défaut de maillot jaune, Andy Schleck a ramené le maillot blanc du meilleur jeune à Paris. Et Contador est guère plus vieux !

Ces écarts si faibles au général tiennent aussi du fait qu’il n’y ait eu qu’un seul contre-la-montre individuel d’envergure lors de ce Tour de France. Il est évident que si on était revenu à la formule deux longs contre-la-montre, plus un contre-la-montre par équipe, le scénario de la course aurait été très différent. Cela nous rappelle que le cyclisme devient vraiment beau quand il oppose deux coureurs les yeux dans les yeux, presque épaule contre épaule. En vélo, on ne court pas après un chronomètre mais avant tout contre ses adversaires. Il ne s’agit pas d’arriver le plus vite, mais le premier. Même s’il n’est évidemment pas question de se passer de cet exercice qui fait partie intégrante de l’histoire du cyclisme, espérons simplement que les organisateurs sauront à nouveau limiter l’importance des contre-la-montres dans les prochaines éditions.

Ce Tour fut aussi beau par les nombreuses victoires, souvent avec panache, des coureurs français. Bien sûr, aucun d’eux n’a pu jouer le moindre rôle au général, mais il vaut mieux gagner deux étapes avec brio comme Chavanel que de suer sang et eau pour finir 7ème, ce dont personne ne se souviendra. Ces victoires furent aussi la récompense d’une philosophie de course basée sur l’offensive et la prise de risque, et on ne peut que s’en réjouir.

Bref, vivement l’été prochain !

UN SACRE SI MERITE !

espagnechampionnedumonde2010

espagnechampionnedumonde2010Le football a ceci de formidable que les résultats y sont souvent inattendus et imprévisibles. Je le répète souvent. Mais parfois, c’est le plus fort qui gagne. Et le plus fort, lors de la Coupe du Monde en Afrique Sud, était l’Espagne et l’Espagne est devenue championne du monde. Ce n’est donc que justice.

Etre au rendez-vous quand on est le grand favori d’une compétition n’est pas la chose la plus aisée qui soit. L’histoire du football est pleine de victoires trop vite annoncées qui n’ont jamais vu le jour. A être trop attendu, on se retrouve face à des adversaires surmotivés qui connaissent votre jeu par cœur. On doit alors redoubler de vigilance et de force pour être à la hauteur et triompher. Le faire une fois est donc en soi une grande performance, deux fois c’est un véritable exploit.

La double victoire aux Championnats d’Europe puis à la Coupe du Monde propulse cette équipe d’Espagne parmi les plus grandes équipes de l’histoire. Grande par le palmarès donc, mais aussi grande par la qualité de jeu collectif et individuel qu’elle déploie avec une constance déconcertante depuis quatre ans. Une maîtrise technique hors du commun à laquelle se combinent un jeu de passe précis et rapide et une capacité à faire la différence individuellement.

Alors, il y’aura toujours des grincheux pour objecter que cette Coupe du Monde aura été quand même plutôt décevante au niveau de la qualité de jeu et que l’Espagne se sera imposée systématiquement par le plus petit des scores lors de tous ses matchs à élimination directe. Toutes ces critiques ne seraient pas infondées si la domination espagnole ne s’exerçait pas depuis de si longs mois. Alors bravo à l’Espagne et rendez-vous dans quatre ans au Brésil pour un nouveau mois de bonheur !