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Ces Championnats d’Europe d’athlétisme constituent une des plus belles compétitions sportives qu’il m’ait été donné de voir. Visiblement, Barcelone porte chance, puisque la plus belle d’entre elles restera sans doute à jamais les JO ayant eu lieu dans la même ville. Toutes les épreuves sont magnifiques, disputées, pleines de surprises. Tant pis si les chronos ne sont pas toujours au rendez-vous, par rapport au top-niveau mondial, le spectacle est là, l’émotion aussi.
Bien sûr, la réussite phénoménale de l’Equipe de France y contribue aussi largement. Deux nouveaux titres aujourd’hui. Celui de Renaud Lavillenie à la perche était attendu et tout autre résultat aurait constitué une immense déception. Mais celui de Myriam Soumaré l’était beaucoup moins… On peut même dire complètement improbable.
70 centièmes de seconde ce n’est pas grand chose dans une vie. Mais sur un 200m à ce niveau, c’est énorme, des années de travail… Améliorer son record avec une telle marge sur une seule course est tout simplement impensable. Mais Myrima Soumaré l’a fait, surprenant tout son monde, au premier rang, ses adversaires. Et évidemment, elle-même. Quel plaisir de voir sa joie spontanée une fois la ligne franchie et son sourire sur le podium !
Bref que du bonheur ! A l’image de ces Championnats !
Pour ma critique sur l’Italien, j’aurais pu faire la même introduction que pour Le Premier qui l’a Dit. En effet, voici deux films qui, par l’humour, cherchent à attirer l’attention sur un problème de société et dénoncer l’intolérance quotidienne. Comme, je cherche toujours à me renouveler, je vais m’abstenir. Mais comme je n’ai pas non plus une imagination sans limite, je n’ai rien trouver de nouveau à dire…
Dino Fabrizzi est un vendeur de Maserati particulièrement efficace et favori pour succédé au directeur de la concession, sur le point de prendre sa retraite. Le problème est que Dino Fabrizzi s’appelle en fait Mourad Ben Saoud. Cette double identité le pousse à mentir à son employeur, mais aussi à sa famille. Ce mensonge va devenir particulièrement dur à poursuivre quand son père, victime d’un infarctus, lui demande de faire le ramadan à sa place.
L’Italien, réalisé par Olivier Baroux, renvoie naturellement au parcours personnel de son compère de toujours, Kad Merad, qui avait longuement hésité, au début de sa carrière, à prendre un nom de scène plus « français ». Au final, assumer ses origines ne l’a pas empêché de devenir un des acteurs les plus populaires du cinéma français.
Mais justement, l’Italien parle bien de cela. Mourad Ben Saoud / Dino Frabrizzi n’est pas réellement victime d’un racisme violent, ni même exprimé. Mais voyant que tout est un tantinet plus facile avec sa nouvelle identité, il s’enfonce dans un mensonge dont il devient incapable de sortir. C’est sans doute là la plus grande force, mais aussi la plus grande limite de ce film. Il parle d’une intolérance quotidienne qui peut toucher et renvoyer à des situations que nous avons tous vécus. Mais du coup, le propos manque peut-être un peu de force et apparaît presque comme un simple prétexte à la comédie.
Car L’Italien reste avant tout une comédie parfois très drôle, mais globalement inégale et sûrement pas révolutionnaire. Voir un personnage redoubler d’efforts pour cacher la vérité et préserver un mensonge qui paraît trop gros pour être vrai est un ressort comique vieux comme l’humour. Tout repose sur le numéro de Kad Merad qui n’en fait jamais trop et se sent parfaitement à l’aise dans le rôle. Mais il est seul, très seul et personne ne vient à sa rescousse quand il faiblit légèrement.
Le seul gros défaut de l’Italien reste le dernier quart d’heure, quand le ton se fait plus grave, et où le sujet est d’un coup beaucoup moins bien maîtrisé. Sans tomber dans le ridicule, le dénouement est un peu longuet et assez peu crédible. Et quand cela cesse d’être drôle, l’absence de crédibilité pose quand même problème. Cela renforce l’impression générale que ce film est globalement sympathique, mais n’est pas aussi réussi qu’il aurait pu l’être. Mêler comédie et sujet de société est un exercice difficile et il n’est pas sûr que Olivier Barroux soit tout à fait à la hauteur de la tâche. Cependant, il s’agit là de son meilleur film et laissons-lui le temps de s’améliorer encore.
L’Italien n’est donc pas un film indispensable, mais qui se laisse regarder. On peut juste regretter qu’il ne soit pas tout à fait à la hauteur du propos.
Fiche technique : Réalisation : Olivier Barroux Scénario : Nicolas Boukhrief, Eric Besnard Compositeur : Martin Rappeneau Directeur de la photographie : Arnaud Stéfani 1er assistant réalisateur : Eric Pierson Monteur : Richard Marizy Ingénieur du son :Madone Charpail Chef décoratrice : Perine Barre Costumière : Sandra Gutierrez
Casting ; Kad Merad : Dino/Mourad Valérie Benguigui : Hélène Roland Giraud : Charles Lemonnier Philippe Lefebvre : Cyril Landrin Guillaume Gallienne : Jacques Sid Ahmed Agoumi : Mohamed Farida Ouchani : Rachida Saphia Azzeddine : Amel Tarek Boudali : Karim Nathalie Levy-Lang : Nadège
Beaucoup de choses séparent Yohan Diniz et Christophe Lemaître. L’un court, l’autre marche. L’un sera peut-être une immense star, l’autre ne sera jamais sous le feux des projecteurs. L’un parle encore souvent comme un adolescent quand l’autre fait preuve d’une maturité et d’une intelligence rares. Mais tous les deux sont double-champion d’Europe et de quelle manière !
Espérons que notre sprinter saura faire preuve de la même longévité au haut niveau que notre marcheur. Si c’est le cas, Christophe Lemaître récoltera une gloire médiatique auquel Yohan Diniz n’aura injustement jamais le droit. Mais notre pays est forte pour s’enthousiasmer pour un athlète à la première performance quelque peu remarquable, sans jamais se demander s’il s’agit là d’une vraie révélation ou d’un pic de forme sans lendemain.
Pourtant avec un deuxième titre de champion d’Europe, 4 ans après le premier, et un titre de vice-champion du monde, Yohan Diniz s’est forgé un palmarès dont peu d’athlètes français peuvent se vanter. Une tête bien faite dans un corps sain, n’est pas la définition parfaite du champion ?
L’influence de Sergio Leone sur le cinéma est tout simplement immense. On ne compte plus les références et les clins d’œil qui surgissent au détour de films très différents, tant le réalisateur d’Il Etait une Fois dans l’Ouest a marqué plusieurs générations de cinéastes. Il y’a même des films qui constitue dans leur intégralité un hommage. C’est le cas de ce très bon film coréen : le Bon, la Brute et le Cinglé.
Au cœur de la Mandchourie des années 30, Chang-Yi est chargé de récupérer une carte au trésor en prenant d’assaut un train. Mais il est devancé par Tae-Goo, un bandit de grand chemin, sous les yeux, et le fusil, de Do-Won motivé par un mystérieux désir de vengeance. Ces trois-là vont se retrouver au cœur d’une chasse au trésor où il seront loin d’être les seuls à convoiter le magot.
Si le Bon, la Brute et le Cinglé n’est pas tout à fait un remake du Bon, de la Brute et du Truand, il s’apparente fortement à un Sergio Leone’s greatest hits à la sauce coréenne. Et de la sauce piquante, détonante, explosive ! Les références aux film du maître italien sont omniprésentes. Bon faut dire, vu le titre… En tout cas, nous sommes là face à un vrai western spaghetti comme à la grande époque du genre et qu’importe que cela nous transporte au nord de la Chine.
Le cinéma coréen est très différent de ce que l’on associe généralement au cinéma asiatique, en termes de rythme de narration. A ce niveau-là, il n’y a guère de différence avec le cinéma occidental. Il s’agit également du plus gros budget de l’histoire du cinéma coréen et il n’a rien à envier aux plus grandes productions hollywoodiennes. Par contre, il offre ce mélange si caractéristique du 7ème art du pays du matin calme, à savoir un mélange d’humour très premier degré et grand-guignolesque et d’ultra-violence. A part chez Tarantino, cela n’a guère d’équivalent de l’autre côté du monde.
Dans Le Bon, la Brute et le Cinglé , les péripéties s’enchaînent dans un rythme effréné qui ne laisse que peu de répit au spectateur. Ca tire, ça court, ça explose à tous les coins de l’écran en quasi-continu. Un vent de fraîcheur et d’enthousiasme souffle sur ce film à la fois si classique, mais à la saveur unique. Un mélange entre diverses influences, diverses cultures qui se complètent merveilleusement et se subliment.
Le Bon, la Brute et le Cinglé souffre tout de même d’un léger défaut. Si le film est rythmé et dense, certaines scènes s’étirent quelque peu en longueur ce qui fait retomber quelque peu l’enthousiasme qu’elles provoquent. C’est le cas notamment d’une des scènes le plus hallucinantes qui soient, où tous les protagonistes se retrouvent au même endroit à poursuivre le même homme, hésitant tous entre tirer sur le fuyard ou les uns sur les autres. Rien qui gâche vraiment le plaisir, mais assez pour ne pas faire de cet excellent film un pure chef d’œuvre.
Le Bon, la Brute et le Cinglé nous permet aussi de voir une nouvelle que le cinéma coréen, en plus d’être hyper imaginatif, est aussi riche de très grands acteurs. Le trio Lee Byung-Hun, Jung Woo-Sung et Song Kang-Ho est absolument remarquable et est largement au niveau du trio légendaire du film de Leone. Le dernier des trois, que l’on retrouve dans beaucoup des excellents films coréens qui sortent sur nos écrans, est un des meilleurs acteurs au monde, même si, malheureusement, la gloire planétaire n’est réservée qu’aux étoiles d’Hollywood.
Le Bon, la Brute et le Cinglé est donc un vrai moment de bonheur cinématographique à consommer sans modération.
Fiche technique : Production : CJ entertainment, Barunson, Grimm pictures Réalisation : Kim Jee-won Scénario : Kim Jee-won, Kim Min-suk Montage : Nam Na-young Photo : Lee Mogae Format : Scope Décors : Cho Hwa-sung Distribution : Arp selection Musique : Dalparan, Chang Young-gyu Durée : 128 mn
Casting ; Jung Woo-sung : Le bon (Do-won) Lee Byung-hun : La brute (Chang-yi) Song Kang-ho : Le cinglé (Tae-goo) Yoon Jae-moon : Byung-choon Ryu Seung-soo : Man-gil
Romain Barras, champion d’Europe du décathlon, voilà une bien bonne et belle surprise. On savait que la médaille était jouable, mais la première marche du podium semblait difficilement accessible. Il y est parvenu après une superbe deuxième journée qui l’a vu remonter les cinq concurrents qui étaient classés devant lui hier soir.
La victoire est encore plus belle car acquise après un final assez rare pour un décathlon. Entre le Hollandais est lui, l’écart était tellement faible, qu’il suffisait à l’un de finir devant l’autre pour remporter le classement final et la médaille d’or. Une course à la fois simple à comprendre et à suspense pour un vrai beau et grand spectacle.
Le décathlon reste quand même un truc de fous. Lancer le poids, sauter en hauteur ou encore courir un 1500m demandent des qualités évidemment très différentes et parfois même totalement contradictoires. Les voir finir par une course de demi-fond après deux jours d’épreuve constitue toujours un moment surprenant d’abnégation. Ce que tête veut, corps veut, comme dirait un grand sportif de ma connaissance. Le décathlon en est la preuve, surtout quand le commun des mortels, et moi le premier, est déjà fatigué à l’idée de réaliser une seule de leurs dix épreuves.
Le décathlon, c’est aussi un joli moment de solidarité. C’est certes une image d’Epinal, ressortie à chaque compétition par les commentateurs peu inspirés. Mais voir se tomber dans les bras les deux rivaux à l’arrivée reste une belle image de ce que doit être avant tout le sport, même à haut niveau. Heureusement que tout le monde n’a pas le même esprit que Laurent Fignon qui a déploré publiquement les images d’amitiés et de respects entre Contador et Schleck lors du dernier Tour de France.
Bien sûr les décathloniens ne seront jamais d’immenses stars, ça aide peut-être à garder des valeurs saines. Mais en tous cas, ce sont tous d’immenses champions.
En 1995, Toy Story débarquait sur nos écrans et révolutionnait le monde de l’animation, en en faisant le premier long métrage du genre en 3D… Oui enfin ce qu’on appelait encore la 3D avant l’ère Avatar et la mode des lunettes sur le nez. Bref, on l’appelle comme on veut, il s’agissait là d’une vraie révolution visuelle et le film est depuis devenu un classique, tout comme la suite, sortie 4 ans plus tard. Il aura fallu 11 ans pour avoir droit à un troisième (et dernier ?) volet. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela valait le coup d’attendre.
Andy a grandi et s’apprête désormais à rentrer à l’université. Depuis longtemps, il a relégué ses vieux jouets au fond d’un coffre qu’il n’ouvre plus. Ces derniers n’ont plus qu’une crainte, celle de finir au mieux au grenier, au pire à la poubelle. Finalement, ils seront donnés à la halte-garderie du quartier. Elle ressemble à première vue au paradis pour jouets retraités. A première vue…
Toy Story 3 nous offre un cocktail détonnant de rires et d’aventures. Sa grande particularité est d’exploiter les objets les plus anodins et quotidiens pour en faire des éléments déterminants dans l’intrigue. Pouvez-vous imaginer qu’un tortilla puisse être une pièce maîtresse dans un plan d’évasion ? Non ? Et bien, allez voir Toy Story 3 vous changerez d’avis.
Le tout est raconté sur un rythme échevelé. Il est impossible de s’ennuyer devant Toy Story 3 tant les péripéties s’enchaînent sans jamais laisser le spectateur respirer une seule seconde. Le final notamment est superbe et est digne des plus grands films d’aventures, avec un vrai travail de réalisation. On se surprend à trembler pour nos héros. C’est à ce moment là qu’ils abandonnent définitivement leur statut de jouets pour être des personnages à part entière. Notre attachement pour eux est alors à son maximum et on est un peu triste, une fois sorti de la salle, de les avoir quittés.
On y retrouve évidemment tous les héros de la série, en premier lieu Woody et Buzz l’Eclair. Ce dernier nous fera d’ailleurs découvrir un talent qu’il nous avait jusqu’alors caché et qui nous offre la séquence la plus drôle de Toy Story 3. Il introduit également de nouveaux personnages, avec notamment un couple Barbie-Ken savoureux. Personnellement, j’ai été aussi ému d’y retrouver MON téléphone à roulettes Fisher Price… Bon, c’est là qu’on se dit que des millions d’enfants de par le monde ont eu le même, mais on ne peut s’empêcher de penser que c’est bien le sien qui est représenter à l’écran. C’est aussi ça la magie de Toy Story 3, un miroir vers notre propre enfance.
D’ailleurs, Toy Story 3 constitue également un vrai moment d’émotion. Il y’a une réelle réflexion sous-jacente sur la fin de l’enfance et les liens que l’on garde, ou non, avec elle. Les cinq dernières minutes feront sûrement verser quelques larmes à plusieurs d’entre vous, tant la mélancolie sera alors à même de vous envahir. Un vrai beau moment de cinéma qui constituera une conclusion magistrale à la saga… Si les producteurs, bien sûr, ne sont pas tentés par un quatrième volet. Vue la qualité du troisième, on serait tenter de le réclamer au plus vite.
Toy Story 3 remporte donc le duel qui l’opposait à Shrek 4, Il Etait une Fin dans le duel des films d’animation estivaux, même si les deux productions sont toutes deux très réussies. Mais Toy Story 3 a ce petit supplément d’âme qui en fait tout simplement un très beau film.
Fiche technique : Production : Pixar Animations Studios, Walt Disney Pictures Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures Réalisation : Lee Unkrich Scénario : Lee Unkrich, John Lasseter, Andrew Stanton, Michael Arndt Musique : Randy Newman Durée : 100 mn
Casting : Tom Hanks : Woody Tim Allen : Buzz Lightyear Joan Cusack : Jessie Ned Beatty : Lotso Micheael Keaton : Ken Jodi Benson : Barbie
Ah le cinéma anglais ! Il est fréquent que je chante ses louanges au fil de mes critiques. Et s’il y’a bien un genre dans lequel il excelle, c’est celui de la comédie. Aussi rythmées que les comédies américaines, aussi profondes et intelligentes que (certaines) comédies françaises, les comédies anglaises sont tout simplement de loin les meilleures du monde. Alors si vous riez encore juste en pensant à 4 Mariages et un Enterrement et à The Full Monty, courrez au plus vite savourer ce nouveau bijou qu’est Tamara Drewe.
Plusieurs années après son départ, Tamara revient dans le fin fond de la campagne anglaise où elle a grandit pour s’occuper de la vente de la maison de sa mère. Quel émoi dans le village quand tout le monde la voit arriver avec le nez refait, des jambes à couper le souffle et un charme dévastateur. Dans ce lieu tranquille où jamais rien ne se passe, beaucoup de choses vont alors se passer.
Derrière la caméra, Stephen Frears, vieux routier du cinéma anglais, et qui nous livre régulièrement de petits chef-d’œuvres. Son film précédent, Chéri, d’après Colette, m’avait quelque peu déçu. C’est sûrement pour ça qu’il a décidé de mettre cette fois-ci tout son talent en œuvre pour nous livrer peut-être la comédie de l’année, à la fois drôle, corrosive et dressant surtout un portrait si bien juste des petites faiblesses humaines. Tamara Drewe est tout simplement du pur bonheur en pellicule.
Tamara Drewe est avant tout un vrai vaudeville. Il y’a des maris et des amants dans les placards, mais pas que ça. Il y’a surtout une incroyable galerie de personnages, tous plus savoureux les uns que les autres. Un auteur à succès volage, un écrivain sans inspiration, un homme à tout faire qui ronge son frein, une rock-star, une femme fidèle malgré tout et bien sûr cette Tamara qui a mis leur vie sans dessous-dessous.
Mais il y’a surtout, Jody et Casey, deux adolescentes qui évidemment s’ennuient ferme dans ce trou perdu et qui n’ont qu’une seule envie : faire des conneries. Deux personnages inoubliables, magistralement interprétés par les jeunes Jessica Barden et Charlotte Christie, que l’on reverra très bientôt, espérons-le. Elles représentent la (grosse) cerise au sommet de ce film qui est par ailleurs particulièrement délectable.
La vraie star de ce film reste néanmoins la sublime Gemma Arteton. Elle nous prouve ici que se faire diriger par un grand réalisateur change tout et nous fait oublier sa prestation quelque peu ridicule (mais moins que le film) dans le Choc des Titans. Elle fait ici étalage de tout son charme qui ne tient pas uniquement à sa magnifique paire de gambettes. On tombe littérairement amoureux d’elle, comme tout le monde au village, et malgré ses variations d’humeur toutes féminines. Gemma épouse-moi !
Le tout est filmé par la caméra élégante et discrète de Stephen Frears. Pas d’esbroufe, d’effets visuels incongrus, mais un vrai sens de l’image et de la composition, qui m’aurait presque donné envie d’échanger mon voyage en République Dominicaine contre un séjour dans l’arrière-pays grand-breton… Bon là, je m’emballe peut-être un tantinet, mon amour du cinéma britannique ne va peut-être pas aussi loin. Mais pas loin quand même…
Tamara Drewe est donc le film à voir cet été… Bon peut-être avec Inception, mais je ne peux pas encore dire, je ne l’ai pas encore vu…
Fiche technique : Production : Ruby films, BBC Films, West End Films Réalisation : Stephen Frears Scénario : Moira Buffini, d’après le roman graphique de Posy Simmonds Montage : Mick Audsley Photo : Ben Davis Décors : Alan MacDonald Distribution : Diaphana Musique : Alexandre Desplat Directeur artistique : Christopher Wyatt Durée : 109 mn
Casting : Gemma Arterton : Tamara Drewe Roger Allam : Nicholas Hardiment Bill Camp : Glen McCreavy Dominic Cooper : Ben Sergeant Luke Evans : Andy Cobb Tamsin Greig : Beth Hardiment Jessica Barden : Jody Long Charlotte Christie : Casey Shaw
7 tortues surgissent des starting-blocks. Pendant ce temps le lièvre prend son café. Les tortues accélèrent. Le lièvre appelle sa mère au téléphone. Les tortues sont en pleine vitesse. Le lièvre se dit qu’il ferait bien une petite sieste. Puis, il décide enfin de se mettre à courir, remonte toutes les tortues et remportent la course haut la main.
Evidemment, Jean de la Fontaine n’a pas vraiment imaginé cette fin pour sa fable du Lièvre et de la Tortue. Par contre, Christophe Lemaître s’est permis de la réécrire magistralement ce soir en finale des Championnats d’Europe d’athlétisme. Gagner avec une telle marge après un départ aussi poussif a prouvé de manière incontestable qu’il était bien au-dessus de la concurrence et qu’il mérite amplement son titre.
Les mauvais langues rappelleront bien sûr que le temps de 10’11 est loin du top-niveau mondial. Mais le réaliser lors d’un course aussi techniquement médiocre, et qui plus est avec du vent défavorable, prouve que le potentiel est immense. Il ne faut pas non plus oublier que Christophe Lemaître n’a que 20 ans et que sa courbe de progression est en pleine ascension et qu’il n’y a aucune raison pour qu’elle s’arrête là.
Au-delà de l’anecdote d’être le premier blanc sous les 10 secondes, le parcours de Christophe Lemaître porte bien des espoirs. Tout semble indiquer qu’il deviendra un sprinter régulier sous les 10 secondes et qu’il sera largement au niveau d’une finale mondiale. Plus ? C’est moins évident car l’écart avec un Tyson Gay ou un Astafa Powell reste immense. Et ne parlons même pas d’Usain Bolt. Mais le Français est bien trop jeune pour qu’on lui fixe déjà des limites.
Quand j’était plus jeune j’avais formulé un vœu : celui de voir, avant de mourir, la France, championne du monde de football, un Français remporter le Tour de France, un Français remporter Roland-Garros et un Français champion olympique du 100m. Un seul de ces quatre évènements s’est réalisé et franchement, ce n’était pas celui que je pensais le plus probable. Le deuxième sera-t-il encore plus inattendu ? Rien n’est moins sûr, mais avec Christophe Lemaître, il est désormais permis de rêver.
Parler avec humour d’un sujet sérieux est un processus vieux comme le monde, mais toujours efficace. Et le cinéma italien n’est pas le dernier à le mettre en œuvre, et même quelque fois de manière « extrême » avec La Vie est Belle qui nous a fait rire et pleurer avec une histoire nous emmenant dans les camps de concentration. Cette fois, le sujet est peut-être moins lourd, mais en rien anodin, mais Le Premier qui l’a Dit reste avant tout une savoureuse comédie.
Tommaso vient passer quelques jours dans sa famille, au cœur de l’Italie, avec une ferme résolution, celui de faire son coming-out. Mais au moment de prendre la parole, son frère aîné, Antonio, lui coupe la parole pour annoncer sa propre homosexualité. Leur père réagit en chassant Antonoio de la maison et en tombant victime d’un infarctus. Du coup, du peur d’achever son père, Tommaso remet sa déclaration à plus tard et supporter l’indignation homophobe de sa famille.
Le Premier qui l’a Dit traite un sujet plutôt contemporain (enfin pas dans son existence, mais dans sa présence sur le grand écran) d’une manière extrêmement classique. La confrontation d’une société traditionnelle avec des éléments contraires aux traditions est un ressort comique utilisé mainte et mainte fois. Il faut dire que cela renvoie à des situations que nous avons tous vécu au quotidien. Bon heureusement, toutes les grand-mères ne meurent pas d’un infarctus en découvrant le piercing à la langue de leur petite-fille.
Les comédies sur l’homosexualité sont nombreuses. Le Premier qui l’a Dit ne va pas révolutionner le genre, mais il est à ranger parmi les meilleures du genre. Le sujet est traité sans lourdeur, ni empathie excessive. Pas de clichés (ou si peu), pas sz violons larmoyants. On pourra d’ailleurs saluer une fin magnifique et qui n’est pas du tout celle qu’on aurait pu imaginer. Le film se distingue donc pas la justesse de son ton qui lui permet de faire passer un message sans se transformer en acte militant.
Le Premier qui l’a Dit n’oublie pas d’être drôle, même s’il est bien plus que ça. Il n’y pas non plus 12 000 séquences hilarantes, mais on passe tout le film le sourire aux lèvres. Le scénario est ponctué de gags à proprement dits, mais c’est le plus souvent la situation en générale qui prête à rire. Mais il faut admettre que le film aurait sûrement gagné à manier un humour plus corrosif. Il n’y a jamais de méchanceté, mais que de la tendresse envers les personnages. Cela ne représente pas forcément un problème en soi, mais cela donne un petit côté politiquement correct qui constitue la plus grande limite de ce film.
Le Premier qui l’a Dit nous permet de découvrir une belle (au sens propre et au sens figuré) brochette d’acteurs et d’actrices. Une grande partie du film repose sur les épaules de Riccardo Scamarcio, qu’on avait pu voir il n’y a pas longtemps dans le pas très bon Le Rêve Italien. Il ne s’en sort pas trop mal, même s’il se repose un peu trop sur son regard irrésistible. On lui préfèrera, et pas que pour des critères esthétiques, la belle Nicole Grimaudo dont le talent et le charme crèvent l’écran. Un mot aussi sur Ennio Fantastichini, irrésistible en père dépassé par les évènements, et Alessandro Preziosi, dont le rôle est court mais dont le charisme à l’écran est impressionnant.
Le Premier qui l’a Dit n’est donc pas la comédie de l’année. Mais elle constitue un divertissement intelligent, traitant avec une relative finesse d’un sujet dont ne parle jamais assez.
Fiche technique : Production : Fandango, Rai Cinema, Apulia Film Commission Réalisation : Ferzan Ozpetek Scénario : Ferzan Ozpetek, Ivan Cotroneo Montage : Patrizio Marone Photo : Maurice Calvesi Musique : Pasquale Catalano Durée : 110 mn
Casting : Riccardo Scamarcio : Tommaso Nicole Grimaudo : Alba Alessandro Preziosi : Antonio Ennio Fantastichini : Vicenzo Lunetta Saviano : Stefania Elena Sofia Ricci : Tante Luciana Bianca Nappi : Elena Massimiliano Gallo : Salvatore Riccardo Scamarcio : Tommaso Nicole Grimaudo : Alba Alessandro Preziosi : Antonio Ennio Fantastichini : Vicenzo Lunetta Saviano : Stefania Elena Sofia Ricci : Tante Luciana Bianca Nappi : Elena Massimiliano Gallo : Salvatore
Il y’a un peu moins de dix ans déboulait sur notre écran un ogre vert dénommé Shrek qui nous a fait rire comme rarement. Depuis, il est devenu un personnage familier, au-delà de l’immense succès commercial. Il a également donné naissance à deux suites, une première géniale, une seconde décevante. Alors c’est avec une certaine appréhension que l’on attendait le quatrième et, paraît-il, dernier volet. L’accueil fut mitigé, mais je fais incontestablement partie de ceux qui l’ont réellement apprécié.
Shrek est désormais un mari et un père de famille heureux et comblé. Mais il frappé par le fléau que connaissent tant de couples : la routine. Cette dernière tourne vite à l’ennui profond et son humeur s’en ressent. Il pense pouvoir y remédier en passant un contrat avec le lutin Tracassin. Mais il s’agit en fait d’un marché de dupe et notre ogre se retrouve plongé dans un monde où personne ne le connaît plus. Y compris sa douce et tendre Fiona…
Shrek 4, Il était une Fin n’atteint évidemment pas les mêmes sommets que les deux premiers volets. Mais les auteurs ont eu l’intelligence de changer de registre, afin de vaincre l’essoufflement évident ressenti pour le troisième opus. Plus sombre (enfin pas trop non plus), moins focalisé sur l’enchaînement des gags, il propose un scénario un peu plus consistant et une approche des personnages plus subtile.
Enfin, tout cela reste évidemment tout à fait accessible aux petites têtes blondes. D’ailleurs, certains adultes trouveront sans doute cette évolution regrettable. En effet, le scénario reste tout de même quelque peu enfantin et l’abandon des gags à tout crin peut les priver du seul intérêt qu’ils trouvaient dans les films mettant en scène notre ogre préféré. Mais ceux, comme moi, qui ont gardé une âme d’enfant et qui aiment réellement ces personnages et cet univers trouveront un réel plaisir à suivre Shrek 4, Il était une Fin. Un plaisir différent, mais bien réel.
Et puis rassurez-vous, on rit encore beaucoup dans Shrek 4, Il était une Fin. Certes, il n’y aucun passage qui nous pousse à uriner dans notre pantalon mais on déploie notre gorge plus d’une fois, pour de grands éclats de rire. Encore une fois, c’est le personnage du Chat Potté qui emporte la palme de l’élément comique le plus efficace. Le voir transformé en chat de salon obèse est particulièrement délectable, surtout que sa légendaire dilatation des pupilles n’a rien perdu de son pouvoir.
Le couple Shrek-Fiona reste lui aussi au top. Des personnages cette fois plus épais, moins axés sur le rire, mais cette fois également sur les émotions et les sentiments. Il ne s’agit pas là de comparer Shrek 4, Il était une Fin à un Woody Allen, mais juste d’apprécier de voir ces deux figures devenues familière prendre un tantinet d’épaisseur, ce qui ne fait que renforcer le lien d’affection qui nous lie à eux.
Enfin, il n’y a évidemment rien à redire sur la qualité de l’animation. On ne serait presque tenté de ne plus en parler tant on est désormais habitué à des films du genre de toute beauté. Ce qui était un sujet d’émerveillement et d’étonnement au temps du premier volet constitue désormais la norme. Ce n’est cependant pas une raisons pour saluer le travail artistique réalisé de toute l’équipe technique et qui mérite toute notre admiration.
Bref, Shrek 4, Il était une Fin est pour moi un petit moment de bonheur dont il serait dommage de se priver. Sera-t-il vraiment le dernier ? Les paris restent ouverts…
Fiche technique : Production : DreamWorks Animation, Pacific Data Images Distribution : Paramount Pictures France Réalisation : Mike Mitchell Scénario : Josh Klausner, Darren Lemke Montage : Nick Fletcher Photo : Yong Duk Hhun Musique : Harry Gregson-Williams Effets spéciaux : Doug Cooper Directeur artistique : Peter Zaslav, Max Boas Durée : 93 mn
Casting : Mike Myers : Shrek Eddie Murphy : L âne Cameron Diaz : Princesse Fiona Antonia Banderas : Le chat potté Craig Robinson : Cookie Walt Dhorn : Tracassin Jane Lynch : Gretched
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