DES RETARDS AU DEMARRAGE

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demarrageOM2010Marseille a raté son début de championnat. Trois points en trois matchs, ce n’est pas vraiment des résultats dignes d’un champion sortant… Mais voilà, si on regarde de plus près le classement actuel du championnat, on s’aperçoit vite qu’aucun candidat crédible au haut du tableau n’a démarré le championnat sur les chapeaux de roue. Le mien parti est Rennes, mais avec 5 points, il n’a jamais que 2 points d’avance sur l’OM ou Bordeaux, dont on a pourtant beaucoup parlé du départ catastrophique. Le PSG semblait seul en position de s’échapper, mais le hold-up girondin l’a renvoyé aussi sec dans le peloton des favoris.

Ce début plutôt étrange de championnat renvoie tout de même à une constante de notre championnat que sept ans de domination lyonnaise nous ont parfois fait oublier. Car depuis 1992, en dehors de l’OL, aucun club n’a su conserver son titre. Mais cette rotation se fait à tous les niveaux et notamment pour les places européennes. Cela n’est pas sans poser problème car beaucoup de nos représentants se présentent avec un indice UEFA individuel très faible et hérite du coup de tirage très défavorables, comme Auxerre cette année.

Ces dernières saisons, on a beaucoup parlé d’un début de Big Four à la française. Mais cette idée fut déjà largement battue en brèche la saison dernière. Et le début de la nouvelle semble démontrer une nouvelle fois que les cartes ont à nouveau été totalement rebattues lors de l’intersaison. Tant mieux pour le suspense. Pour la compétitivité européenne de nos clubs, il est moins évident que cela constitue une bonne nouvelle.

LA VIE PASSIONNEE DE VINCENT VAN GOGH : L’âge d’or d’Hollywood en peinture

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laviepassionneedevincentvangoghafficheCertains personnages historiques, au-delà des raisons de leur célébrité, sont légendaires par les aspects épiques ou dramatiques de leur existence. Vincent Van Gogh en fait partie, lui qui avant de devenir le peintre le plus célèbre de l’histoire, est mort aux portes de la folie, en ayant vendu quasiment aucune toile de son vivant (ce qui, avec le recul, est quand même sidérant). Il était normal que le cinéma s’empare du personnage, ce qu’elle a fait notamment en 1956, avec la Vie Passionnée de Vincent Van Gogh, de Vincente Minelli, avec Kirk Douglas et Anthony Quinn.

Le jeune Vincent Van Gogh cherche sa voie. Il marche d’abord sur les traces de son père, pasteur, mais se révèle trop exalté et déplaît vite à la hiérarchie ecclésiastique. Il se réfugie alors dans le dessin, une passion qui va le conduire au destin romanesque que l’on connaît.

Vincente Minelli, Kirk Douglas, Anthony Quinn, autant de noms qui évoquent l’âge d’or d’Hollywood. La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh est un film typique de cette époque, avec ses décors colorés et peints, des acteurs qui surjouent quelque peu et des personnages aux caractères bien tranchés. Ajoutez à ça quelques clichés et une reconstitution des Pays-Bas et de la France du XIXème siècle un peu carte postale et vous obtiendrez un beau classique du 7ème art délicieusement désuet.

Mais La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh est aussi l’occasion d’admirer un duo d’acteurs comme le cinéma en a peu connu. Kirk Douglas tient ici un de ses plus grands rôles, ce qui n’est pas peu dire. Le film nous rappelle que si son fils est un bon acteur (et le mari de Catherine Zeta-Jones accessoirement, ce que je trouve très injuste), lui fut un des plus grands comédiens de l’histoire d’Hollywood. Et à ses côtés, c’est pas mal non plus avec Anthony Quinn dont l’apparition est somme toute relativement brève mais lui valut tout de même un Oscar.

laviepassionneedevincentvangoghLa caméra de Vincente Minelli est celle d’un des maîtres d’Hollywood. Ce qui l’intéresse, c’est de mettre en valeur les acteurs qu’il dirige. Tout le reste n’est que l’écrin dans lequel ils pourront s’épanouir et donner le pleine mesure de leur talent. Bien sûr, ils ont un peu tendance à tout jouer comme s’il s’agissait une tragédie grecque (en fait, je ne suis pas vraiment sûr qu’on ait l’obligation de surjouer les tragédies grecques), mais c’était le style de l’époque où le spectateur n’était pas inondé d’images à la télévision et où grand spectacle ne voulait pas dire son THX et effets spéciaux à la chaîne.

Cependant, La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh n’est pas non plus le plus extraordinaire classique de l’histoire du cinéma. Rien que pour Vincente Minelli, on préfèrera Un Américain à Paris (dans le genre carte postale !), Celui par qui le scandale arrive ou les 4 Cavaliers de l’Apocalypse. Mais il est à conseiller à tous ceux qui aiment les vieux classiques et accessoirement la peinture. Sans avoir valeur de documentaire, ce film permet au moins de mieux se rendre compte de l’évolution de l’œuvre du peintre, de nombreux plans passant d’un décor au tableau original.

La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh n’est pas donc pas le classique indispensable à tout cinéphile qui se respecte, mais ne nuira à la culture de personne.

Fiche technique :
Titre : La Vie passionnée de Vincent van Gogh
Titre original : Lust for Life
Réalisation : Vincente Minnelli
Scénario : Norman Corwin d’après le livre de Irving Stone
Production : John Houseman et Jud Kinberg
Musique : Miklós Rózsa
Photographie : Russell Harlan et Freddie Young
Montage : Adrienne Fazan
Décors : F. Keogh Gleason et Edwin B. Willis
Costumes : Walter Plunkett
Pays d’origine : États-Unis
Société de production : MGM
Format : Couleur (Metrocolor) — 2.35:1 CinemaScope — 35 mm :
Genre : Drame, biographie
Durée : 122 minutes
Date de sortie :
17 septembre 1956 aux États-Unis
En 1957 en France

Casting :
Kirk Douglas : Vincent Van Gogh
Anthony Quinn : Paul Gauguin
James Donald : Theo Van Gogh
Pamela Brown : Christine
Everett Sloane : Docteur Gachet
David Bond : Georges Seurat
Laurence Naismith : Docteur Bosman
Isobel Elsom : Madame Stricker
Niall MacGinnis : Roulin
Noel Purcell : Anton Mauve
Henry Daniell : Theodorus Van Gogh
Madge Kennedy : Anna Cornelia Van Gogh
Jill Bennett : Willemien
Lionel Jeffries : Docteur Peyron  

EXPENDABLES, UNITE SPECIALE : Les papys font de la résistance

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expendablesafficheDans les années 80 et 90, le cinéma hollywoodien a fait naître une nouvelle sorte de héros dont le taux de testostérone était généralement proportionnel à la taille de ses biceps et sa capacité à flinguer les méchants vilains. Leurs chefs de file s’appelaient Stallone et Schwarzenegger, auxquels sont venus s’adjoindre un peu plus tard Bruce Willis et l’inénarrable Jean-Claude Van Damme. Puis les effets spéciaux et les 3D sont venus peu à peu les pousser à la retraite, voire même vers un poste de gouverneur de Californie. Mais heureusement, un homme s’est levé, a sonné le rappel de tous ses anciens compagnons d’armes et a lutté pour nous montrer qu’ils en avaient encore dans le ventre. Le résultat est Expendables, Unité Spéciale, un moment de cinéma jouissif et réjouissant.

Barney Ross est le leader d’un groupe de mercenaires qui luttent toujours pour le bien. Un jour, la CIA fait appel à lui pour se délivrer un petit pays d’Amérique Latine d’une terrible dictature. D’abord méfiant, il se rend sur place et voyant les atrocités que subissent la population (et accessoirement pour les beaux yeux d’une femme), il décide d’intervenir.

Expendables, Unité Spéciale est doté d’un scénario extrêmement basique. Mais dans ce genre de film, le scénario est le truc pas très utile qui impose des moments de répits entre les scènes d’action. A la limite, on s’en passerait bien. Donc, franchement, rien à dire à ce niveau là, si on veut assiste à une intrigue complexe, on va voir un autre film.

Expendables, Unité Spéciale, c’est avant tout le plaisir de voir réuni un tel casting. Il fallait bien un Stallone devant et derrière la caméra pour rameuter tout ce beau monde. Même Arnold Schwarzenegger a accepté de faire une courte apparition, sa première au cinéma depuis son élection. Bruce Willis n’est là lui aussi que pour le clin d’œil et on regrettera l’absence de notre Belge aware préféré. Le rôle de Mickey Rourke, même s’il est plus long, est lui aussi avant tout symbolique.

Car c’est le duo Stallone-Statham, largement épaulé par Jet Li, qui occupe le haut de l’affiche d’Expendables, Unité Spéciale mais surtout toute la largeur de l’écran. Bien sûr, les années ont passé mais Sylvester met toute son énergie pour nous prouver qu’il conserve de beaux restes. Ce n’est pas toujours hyper crédible, mais franchement, on a envie d’y croire et de le retrouver comme aux plus beaux jours. Alors on ferme les yeux sur les moments où les poids des ans devraient logiquement se faire sentir. A ces côtés, John Statham reste fidèle à lui-même, c’est à dire sans aucun talent d’acteur, mais avec tout de même un fort charisme à l’écran.

expendablesMais là encore, on n’est pas non plus venu pour assister à des rôles des composition. On veut du tactactactac, du vlan, du boum, du paf, du bing, du pan ! Bref, de l’action, de l’action et encore de l’action, avec si possible quelques poursuites, de belles bagarres, beaucoup de fusillades où les méchants tirent aussi incroyablement mal que les gentils visent incroyablement bien et tout plein de jolies explosions. Et pour tout ça, le final de Expendables, Unité Spéciale vous ravira en vous offrant un délire pyrotechnique démesuré mais réjouissant. Mais le reste du film n’est pas en reste avec beaucoup d’autres moments de bravoure survitaminés, pleins de bruits et de fureur, le tout sur un rythme qui ne laisse au spectateur que peu de temps au spectateur pour reprendre sous souffle.

Expendables, Unité Spéciale est donc un hommage à un cinéma un peu désuet désormais mais qui garde son caractère extrêmement jouissif quand il est bien fait. Et qui mieux que Stallone et ses amis pouvaient le faire revivre ?!

Fiche technique :
Production : Nu Image Films, Millenium Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Sylvester Stallone
Scénario : David Callaham, Sylvester Stallone
Montage : Ken Blackwell, Paul Harb
Photo : Jeffrey Kimball
Format : 35mm
Décors : Franco-Giacomo Carbone
Musique : Brian Tyler
Directeur artistique : Daniel Flaksman
Durée : 105 mn

Casting :
Sylvester Stallone : Barney Ross
Jason Statham : Lee Christams
Dolph Lungren : Gunnar Jensen
Jet Li : Yin Yang
Mickey Rourke : Tool
Eric Roberts : James Monroe
Bruce Willis : Mr Church
Terry Crows : Hale Caesar
Arnold Schwarzenegger : Trench 

THE KILLER INSIDE ME : Troublant, mais pas tant que ça

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thekillerinsidemeafficheDans une histoire, le personnage le plus intéressant est souvent le méchant. En effet, il est souvent bien plus ambiguë, subtil et torturé que le héros. Alors, il est tentant de se passer de ce dernier et de simplement raconter l’histoire d’un méchant. C’est le cas de The Killer inside Me, qui nous fait découvrir un personnage qui n’aurait pu être qu’un brave Américain moyen, s’il n’avait une fâcheux penchant pour le meurtre.

Lou Ford est le jeune adjoint du shérif. Un jour, il est chargé de demander à une prostituée de mettre fin à ses activités. Mais au lieu de ça, une fessée plus tard, il débute une histoire d’amour torride avec elle. Le couple décide alors de partir loin tous les deux. Pour ça, il leur faut de l’argent. Elle lui propose alors de faire chanter le fils du magnat du coin, qui est fou amoureux d’elle. Mais Lou n’a pas vraiment l’intention de respecter à la lettre le plan qu’elle a fomenté.

The Killer inside Me est donc le portrait d’un tueur pas tout à fait en série mais presque. Ce n’est pas vraiment un sujet super original et ce film ne révolutionnera pas le genre. L’univers de l’Amérique profonde et ses conventions sociales bien établies n’est pas non plus un décor inconnu du cinéphile, tant il est propice à y faire évoluer des personnages qui tranchent avec le conformisme ambiant. Bref, nous sommes là devant des éléments sans grande surprise. Evidemment, ce film est plutôt original au vu de la majorité des productions d’Outre-Atlantique, mais dans la catégorie film indépendant original… et bien il ne brille pas spécialement par son originalité.

Mais The Killer inside Me reste tout de même un exercice de style un peu convenu, mais tout à fait réussi. Sa réussite repose avant tout sur la personnalité de Casey Affleck qui entre dans la peau de son personnage à la perfection. Cela serait inquiétant quant à d’éventuels penchants pervers, mais le frère de Mister J’ai une Moumoute mais je n’Assume pas nous a déjà prouvé à plusieurs reprises que son talent d’acteur est assez remarquable pour dissiper toutes les craintes à ce sujet. Nous voilà donc rassurés.

thekillerinsidemeThe Killer inside Me ressemble aussi à un exercice de style dans sa forme. Réalisation soignée, rythme narratif un peu lent, là encore l’anticonformisme est un peu trop attendu et donc un peu trop conformiste. Michael Winterbottom fait preuve d’une réelle maîtrise artistique, mais sont travail manque un peu trop de personnalité pour dépasser l’admiration polie et tomber dans le vrai enthousiasme. A trop vouloir bien faire, le réalisateur a un peu trop lissé son œuvre, nous empêchant d’apprécier pleinement l’ambiguïté dérangeante de son personnage.

Enfin, un détail en rebutera peut-être certains, c’est l’absence quasi-totale d’humour. En effet, The Killer inside Me est un film totalement au premier degré. Le décalage entre la vraie nature du personnage et son environnement n’est pas du tout exploité comme un ressort d’ironie ou d’humour noir, comme dans la série Dexter par exemple. Il s’agit vraiment du portrait d’un personnage sombre et inquiétant. Du coup, le ton un petit peu trop sérieux renforce encore l’impression d’assister à un exercice de style. Un exercice très bien réalisé certes, mais un exercice.

The Killer inside Me est donc un film qui tranche certes avec le reste des sorties estivales, mais qui manque finalement d’ambition à de nombreux points de vue. Le spectacle reste plaisant, mais pas enthousiasmant.

Fiche technique :
Production : Hero Entertainment, Stone Canyon, Muse, Revolution, Wild Bunch, Curiously Bright Entertainment, Indion Entertainment
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Michael Winterbottom
Scénario : John Curran, d’après le livre de Jim Thompson (Le démon dans la peau)
Montage : Mags Arnold
Photo : Marcel Zyskind
Décors : Rob Simons, Mark Tildesley
Musique : Melissa Parmenter, Joel Cadbury
Costumes : Lynette Meyer
Durée : 120 mn

Casting :
Casey Affleck : Lou Ford
Jessica Alba : Joyce Lakeland
Kate Hudson : Amy Stanton
Ned Beatty : Chester Conway
Elias Koteas : Joe Rothman
Om Bower : le shérif Bob Maples
Simon Baker : Howard Hendricks
Bill Pullman : Billy Boy Walker
Kual Aiken : Johnnie Pappas

NIGHT AND DAY : Un duo de charme pour

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nightanddayaffichePrenez deux grandes stars d’Hollywood, ajoutez-y pas mal d’action, un peu d’humour et vous obtiendrez à coup sûr un succès commercial. Un bon film, c’est déjà moins automatique. Mais quand les deux stars en question sont du calibre de Tom Cruise et Cameron Diaz, on part déjà avec de solides assurances. Nigth and Day, qui les réunit à l’écran, n’est peut-être pas le film du siècle mais constitue un des meilleurs divertissements de cet été cinématographique.

June Havens rentre tranquillement chez elle à Boston, à temps pour le mariage de sa sœur. A l’aéroport, elle croise le chemin de Roy Miller, qui va l’entraîner bien malgré elle dans un tourbillon de fusillades et d’explosions. Mais qui est-il vraiment ? Un agent qui risque sa vie pour démasquer des collègues peu scrupuleux, comme il le prétend ? Ou bien un mythomane paranoïaque, comme le prétendent les autorités ?

Bon, comme je suis de bon humeur aujourd’hui, je passerai très rapidement sur ce grand moment de traduction de titre ridicule. Car le titre original de Night and Day est en fait Knigth and Day… Les bras m’en tombent… Soit on considère que les spectateurs ont un niveau d’anglais minimum et on laisse le titre original et son jeu de mot pas trop difficile à comprendre (surtout quand on sort des films en France sous le titre de The Dark Knight), soit on considère qu’il ne va rien y comprendre et dans ce cas là, on le traduit carrément… Voilà, j’y aurais finalement consacré un paragraphe… Allez zou, revenons au film.

Night and Day est donc un film d’action très classique, avec moult poursuites, fusillades et cascades. Le film est plutôt sur le ton parodique avec le personnage de Cameron Diaz qui apporte une touche d’humour par son côté « mais qu’est ce que je fais là ? ». Il y’a évidemment un peu de romance aussi, avec l’éternel « au début, elle le trouve vraiment antipathique, mais à la fin… ». Bref que des ingrédients archi maîtrisés à Hollywood. Mais les vieilles recettes sont parfois celles qui fonctionnent encore le mieux et ce film reste un divertissement très plaisant à suivre.

nightanddayNe cherchez pas d’intrigue complexe dans Night and Day. Ce film est réellement fait pour vous reposer les neurones. L’anti-Inception en quelques sortes. Il y’a des méchants et des gentils, et quand les scénaristes tentent de nous faire croire qu’il y’a finalement de l’ambiguïté dans leur histoire, cela ne dure que peu de temps. Son seul intérêt est finalement de nous faire voyager puisqu’elle nous emmènera des Etats-Unis à l’Espagne, en passant par l’Autriche. Certains plans semblent signés de l’office du tourisme local… Et cela fonctionne puisque j’ai depuis une folle envie de week-end à Salzbourg et Séville. La grande force du scénario repose en fait dans son intensité puisque les scènes d’action s’enchaînent avec une réelle frénésie réjouissante. On accordera une mention spéciale à une poursuite au milieu des taureaux lâchés dans les rues de Séville, qui est bien le seul moment d’originalité de ce film.

Night and Day ne serait évidemment pas si agréable à suivre, sans le charme incontestable du duo d’acteurs qui s’amusent visiblement à l’écran. Ce ne sont pas vraiment des rôles de composition, mais ils y mettent assez d’enthousiasme et d’énergie pour que ces derniers soient communicatifs. On regrettera simplement que Peter Sarsgaard se voit cantonné à un rôle de méchant quelque peu transparent.

Night and Day ne va donc pas bouleverser votre été, mais permettra de mettre vos neurones en vacances le temps d’un film. C’est tout ce que l’on demandait à ce film et il y parvient très bien. Alors que demander de plus ?

Fiche technique :
Production : Pink Machine, New Regency Pictures, Tree Line films, 20th Century Fox, Wintergreen productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : James Mangold
Scénario : Patrick O’Neill
Montage : Quincy Z. Gunderson, Michael McCusker
Photo : Phedon Papamichael
Décors : Andrew Menzies
Musique : John Powell
Durée : 110 mn

Casting :
Tom Cruise : Roy Miller
Cameron Diaz : June Havens
Peter Sarsgaard : Fitzgerald
Viola Davis : La directrice
Jordi Mollà : Antonio
Paul Dano : Simon Feck

THE PARTY : Un classique du burlesque

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thepartyafficheLe duo Blake Edwards – Peter Sellers est surtout connu pour avoir donné naissance au personnage de l’Inspecteur Clouzot, alias la Panthère Rose. Ce n’est pourtant pas le plus grand chef d’œuvre cinématographique auquel ils ont donné naissance. Ce titre revient incontestablement à The Party, sorti en 1968 et qui constitue un sommet d’humour visuel.

Hrundi V.Bakshi est un figurant indien sur un grand film hollywoodien. Mais sa maladresse va lui attirer les foudres du réalisateur, surtout quand il fait sauter par erreur un décor particulièrement dispendieux. Le producteur décide alors de le placer sur une liste noire et l’empêcher de tourner à nouveau dans le moindre film. Mais suite à une erreur avec sa secrétaire, Bakshi se retrouve au contraire sur la liste des invités d’une réception donnée au domicile du producteur. Sa maladresse va également y faire des siennes.

The Party n’est pas un film muet, mais aurait pu en être un. Le parallèle avec le cinéma de Jacques Tati est évident. Mais si ce dernier me laisse relativement froid, le film de Blake Edwards est un de mes films culte. L’humour est ici essentiellement visuel, reposant sur une confrontation entre la maladresse du personnage et les divers objets peuplant l’appartement. Vous pensiez qu’on ne pouvait pas faire rire avec une simple cuvette de toilette, la Party vous prouvera le contraire (sans jamais l’ombre d’un humour pipi-caca).

The Party est donc un des chefs d’œuvres d’un cinéma né avec Chaplin et qui s’est un peu éteint depuis, du moins avec cette classe et cette élégance. L’enchaînement des gags est ici particulièrement intense et ne laisse que peu de temps aux zygomatiques pour se reposer. Ce film est un incroyable moment de créativité et d’imagination visuelles. L’utilisation des objets du quotidien comme vecteur d’humour rappelle, dans un genre très différent, Toys Story. Comme quoi pas besoin d’images de synthèse pour nous faire rire avec ça.

thepartyThe Party repose presque exclusivement sur le talent de Peter Sellers, dont le talent burlesque fut un des plus remarquables de l’histoire du 7ème art. Il évolue dans le décor, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, mais tout en gardant une certaine classe et élégance. Pas de grimaces inutiles, d’effets comiques grossiers. Le comique visuel est forcément du comique premier degré, mais cela n’exclut ni la subtilité, ni un charme discret tout britannique.

The Party est un film à voir obligatoirement en VO (comme si on pouvait voir les films autrement de toute façon…) pour apprécier pleinement l’accent indien de Peter Sellers. Car si j’ai beaucoup insisté sur l’aspect visuel du comique de ce film, certains dialogues restent tout de même savoureux car la maladresse du personnage est également verbale. Dans ce milieu dont il ne fait pas partie, il ne sait ni se comporter, ni mener une conversation sans se faire remarquer.

The Party est aussi l’occasion d’admirer le travail de réalisation de Blake Edwards dont la postérité a surtout retenu sa capacité à mettre en scène des situations burlesques, mais a oublié à quel point il fut un des metteurs en scène les plus novateurs de son temps. Le travail de photographie est remarquable dans le décor pourtant exigu de l’intérieur d’une villa.

The Party est donc un classique du cinéma indispensable pour tout cinéphile qui se respecte. Un vrai moment de bonheur burlesque.

Fiche technique :
Production : The Mirisch corporation, United Artists
Réalisation : Blake Edwards
Scénario : Blake Edwards, Tom Waldman, Frank Waldman
Montage : Ralph E. Winters
Photo : Lucien Ballard
Décors : Reginald Allen, Jack Stevens
Musique : Henry Mancini
Costumes : Jack bear
Maquillage : Allan Snyder
Durée : 99 mn

Casting :
Peter Sellers : Hrundi V. Bakshi
Claudine Longet : Michele Monet
Marge Champion : Rosalind Dunphy
Al Checco : Bernard Stein
Dick Crockett : Wells
Danuelle de Metz : Stella D’Angelo
Herbert Ellis : le réalisateur
Steve Franken : Levinson
Gavin MacLeod : C.S. Divot
Denny Miller : Wyoming Bill

MILLENIUM 3 – LA REINE DANS LE PALAIS DES COURANTS D’AIR : Une conclusion digne de Stieg Larsson

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millenium3afficheDernier volet de la saga Millenium, La Reine dans le Palais des Courants d’Air conclut en beauté cette trilogie cinématographique qui a su parfaitement retranscrire à l’écran l’univers crée par Stieg Larsson, qui a déjà ravi de millions de lecteurs de part le monde. Le film présente les mêmes limites que les précédents épisodes, mais ravira tous les fans de la saga.

Lisbeth Salander a survécu à ses blessures. Malheureusement, son père également et ils se retrouvent à quelques chambres l’un de l’autre à l’hôpital. A Stockholm, les anciens responsables de l’espionnage suédois ne craignent plus qu’une chose, que l’un des deux se mette à parler. Ils décident donc de faire le nécessaire pour les mettre hors d’état de nuire. Mais le journaliste Mickael Blomkvist est bien décidé à révéler au public leurs machinations.

Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air reprend exactement là où le deuxième volet nous avait laissé. Ces deux épisodes sont donc intiment liés et voir l’un sans l’autre n’aurait guère de sens, surtout si on n’a pas lu les livres dont ils sont l’adaptation. De manière générale, encore une fois, ce film s’adresse avant tout à ceux qui ont eu la chance de dévorer (parce qu’on la dévore forcément) l’œuvre de Stieg Larsson. Les ellipses restent nombreuses et il sera difficile pour un spectateur novice de toujours comprendre qui est qui et le sens exact de certains détails.

Cependant, le rythme est ici plus proche de celui du livre, on a moins l’impression que pour l’épisode précédent de sauter d’un évènement à l’autre sans avoir le temps de reprendre son souffle. Le scénario est bien plus équilibré et on peut l’apprécier pour lui-même, pas que pour les souvenirs littéraires qu’il réveille. Malheureusement, l’adaptation cinématographique ne peut que nous faire entrapercevoir l’incroyable richesse des personnages, qui font partie des plus extraordinaires de l’histoire de la littérature.

Pourtant, rarement des acteurs n’auront su aussi bien incarner des personnages pourtant incroyablement complexes et épais. La jeune Noomi Rapace est encore une fois fantastique en Lisbeth Salander, comme si le rôle avait été écrit pour elle. Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air la met un peu moins en valeur que l’épisode précédent, mais sa présence à l’écran reste une nouvelle fois remarquable. A ses côtés, Michael Nykvist est une nouvelle fois parfait en Mikael Blomkvist.

millenium3A la base, Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air, comme l’épisode précédent, avait été réalisé uniquement pour la télévision. Il est vrai que cela se ressent quelque peu dans la qualité de la réalisation qui a légèrement un côté téléfilm. Cela ne constitue pas non plus un handicap, mais il est clair qu’il n’y a là aucun intérêt artistique particulier.

En voulant rester extrêmement fidèle à l’œuvre initiale de Stieg Larsson, Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air, et plus largement l’ensemble des trois films, s’est condamné à n’être réellement accessible qu’aux lecteurs de cette saga littéraire si riche. On attendra désormais la version hollywoodienne déjà programmée pour voir si les scénaristes sauront préserver les qualités du roman tout en lui donnait une réelle identité cinématographique.

Fiche technique :
Production : Yellow Bird
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Daniel Alfredson
Scénario : Ulf Ryberg
Photo : Peter Mokrosinski
Musique : Jacob Groth
Durée : 147 mn

Casting :
Noomi Rapace : Lisbeth Salander
Michael Nyqvist : Mikael Blomkvist
Lena Endre : Erika Berger
Annika Hallin : Annika Gannini
Per Oscarsson : Holger Palmgren
Jacob Ericksson : Christer Malm
Sofia Ledarp : Malin Eriksson 

LE COACH : Sympathique mais vu mille fois

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lecoachafficheAfin de vaincre plus rapidement le décalage horaire à mon retour de République Dominicaine, j’avais décidé d’éviter au maximum de dormir pendant le trajet en avion. J’ai donc profité des programmes vidéo proposés. Le film diffusé était le Coach, qui ne m’avait pas vraiment donné envie lors de sa sortie au cinéma. Finalement, il m’a fait passer un bon moment et m’a permis d’oublier quelques temps la longueur des 8h30 de trajet.

Maximilien Chêne est coach. Il motive et donne un esprit de « winner » à ses clients. Mais il a bien du mal à adopter la même attitude envers lui-même. Criblé de dettes au jeu, il voit sa femme le chasser de chez lui, alors que ses créanciers en ont après lui. Il pense s’en sortir en acceptant un gros contrat qui consiste à transformer le neveu du Président d’un grand groupe industriel en manager efficace. Mais la tâche va se révéler beaucoup plus difficile que prévue.

Le Coach repose sur un principe vieux comme les comédies françaises : le duo avec un maladroit et un sûr de lui. Pierre Richard-Gérard Depardieu (La Chèvre, les Compères), Jacques Brel-Lino Ventura (L’Emmerdeur), Patric Timsit- Jean Reno (Wasabi)…pour ne citer que les plus connus d’une longue liste, comptant parmi les plus célèbres classiques du rire hexagonal. C’est donc au tour de Jean-Paul Rouve-Richard Berry de s’y coller. Le duo fonctionne plutôt bien, même si cela n’a certainement pas révolutionné le genre.

Pourtant, Le Coach essaye de faire preuve d’un peu d’originalité en brouillant peu à peu la frontière entre les deux personnages. On retrouve ça dans à peu près tous les films du genre, mais ici cela constitue réellement le fil rouge de l’intrigue. Bon, on ne crie pas non plus au génie face à un morceau de bravoure de subtilité. Globalement, on n’échappe pas à l’impression de déjà vu mille fois.

Mais bon, on rigole quand même relativement souvent, donc on pardonne facilement les limites que présentent Le Coach. On a déjà vu plus drôle, mais on voit assez de comédies françaises carrément consternantes pour faire preuve d’une relative indulgence. Quelques scènes sont particulièrement réussies et disséminées de manière assez homogène pour que l’intérêt du spectateur ne s’évanouisse jamais. En plus, on entre assez facilement dans l’intrigue et on souhaite sincèrement connaître le fin mot de l’histoire, même si là encore, cela n’atteint pas les sommets d’un La Vérité si je Mens 2 par exemple.

lecoachSi le duo Jean-Paul Rouve-Richard Berry fait exactement ce qu’on lui demande, et avec talent, le Coach se démarque aussi par la qualité de ses seconds rôles, assez cruciaux dans se genre de film. Jean-Noël Brouté est notamment excellent dans son rôle de gros con de service et contribue largement à l’envie que l’on a de voir triompher nos deux compères. Mais le prix du meilleur second rôle revient à la charmante Anne Marivin, dont on a aucun mal à croire que son sourire soit capable de transformer n’importe quel crapaud en prince charmant.

Je n’ai pas vu le Coach au cinéma et je ne regrette pas une seconde d’avoir zappé sa sortie. Par contre une vision sur petit écran peut constituer un moment de divertissement agréable pour jour de pluie.

Fiche technique :
Production : Alter films, Outsider prod, Studio 37, M6 films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Olivier Doran
Scénario : Bruno Bachot, Denis Moulevrier
Montage : Emmanuelle Baude
Photo : Antoine Monod
Décors : Denis Hager
Musique : Pascal Jambry
Durée : 92 mn

Casting :
Jean-Paul Rouve : Patrick Marmignon
Richard Berry : Maximilien Chêne
Anne Marivin : Vanessa Letissier
Mélanie Bernier : Cécile Marmignon
Didier Bezace : Hubert Dampierre
Jean-Noël Brouté : Betrand Lecuyer  

BIENVENUE AU 19ème SIECLE

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misereLes bras m’en sont tombés ce matin. J’ai vraiment eu du mal à le croire, mais c’est bien vrai. L’UMP nous prépare pour la rentrée un projet de loi donnant une responsabilité pénale aux parents par rapport aux délits commis par leurs enfants. Tout cela pour lutter contre la permissivité des parents qui laissent leurs rejetons devenir des graines de délinquants.

Nous revoilà plongé en plein 19ème siècle ! Quand la législation considérait la misère comme un délit. On considérait les classes les plus pauvres de la société comme responsables de leur condition, du fait de la déliquescence de leur valeur morale. On ne parlait pas de chômage, mais d’oisiveté. Comme si la misère était un choix…

Evidemment, ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on est un délinquant. Certains choisissent avec les armes de l’éducation et du travail, beaucoup sont résignés et effectivement, il en est qui décident de rejeter les règles de base d’une vie en société qui semble devoir ne rien pouvoir leur apporter. Bizarrement, étant né dans un milieu favorisé, à l’abris du besoin, entouré de modèles de réussite professionnel, je n’ai jamais été tenté par une carrière en dehors des chemins de la légalité…

Le 20ème siècle a heureusement peu à peu pris en considération le fait que lutter contre la délinquance passe avant tout par la lutte contre la misère. Les politiques répressives ne font que cacher les symptômes mais ne font parfois qu’aggraver la maladie. Le 21ème part malheureusement sur d’autres bases, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy.

Pourquoi un tel retour en arrière idéologique ? Premièrement, notre Président est issu d’un milieu intellectuel qui cherche avant tout à justifier des privilèges dont ils ont hérités. Son discours sur le fait que les habitants de Neuilly méritaient d’y habiter était en tout point consternant. Mais il y’a une deuxième idée derrière tout ça, encore plus détestable. La sociologie des couches plus défavorisés de notre société a changé depuis le 19ème siècle. Elles sont aujourd’hui largement composées d’immigrés ou d’enfants d’immigrés, voire même des petits-enfants. Dans cette loi immonde, il y’a une vraie volonté raciste de s’attaquer à l’influence supposée négative de ces populations sur notre société. Un racisme qui se cache de moins en moins dans ce gouvernement, même s’il était bien présent depuis le début.

Pour conclure un petit poème de Jean-Louis Chautard et Gérard Grandjean :

Misère, misère!
C’est toujours sur les pauvres gens
Que tu t’acharnes obstinément
Misère, misère
ça sera donc toujours les salauds qui nous bouff’ront
L’caviar sur l’dos
Misère, misère!
Tu te fais l’ennemie des petits
Tu te fais l’alliée des pourris
L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres
Ce qui est la moindre des choses
Convenons-en
Convenons-en
Misère, misère!
Peut-être qu’un jour ton président
Sentant monter notre colère
Misère, misère!
Devant les peuples sans frontières
Alors il s’en mordra les dents
Misère, misère!
Tu repartiras d’où tu viens
En emportant tous tes chagrins
Et j’te..
L’argent fera bien le bonheur des pauvres
C’qui sera la moindre des choses
Convenons-en
Convenons-en!

INCEPTION : Quand Christopher Nolan écrit l’histoire du 7ème art

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inceptionafficheJe suis un peu frustré d’écrire ma critique d’Inception aujourd’hui. En effet, j’aurais grand besoin de le revoir, peut-être même deux fois pour réellement appréhender ce que ce film a vraiment dans le ventre. Les plus grands films ne sont pas toujours ceux qui nous enthousiasment le plus sur le moment, mais ceux qui nous marquent profondément et que l’on peut revoir encore et encore avec la même émotion. Inception est-il Citizen Kane ou Usual Suspects ? 2001 Odyssée de l’Espace ou Le 6ème Sens ? En tout cas, il s’agit d’un film comme je n’en ai pas vu dix dans ma vie sur grand écran. Un film qui fera date.

Dom Cobb est un voleur d’un genre particulier. Il vole des informations directement dans le cerveau de ses victimes en les entraînant dans des rêves qu’il a lui même construit. Mais un jour, une de ses missions échoue. Pour échapper à la colère de ses commanditaires et de celui qui aurait du être sa victime, il accepte une mission bien plus difficile que voler une idée. Il doit implanter une idée dans le cerveau de l’héritier d’un grand groupe industriel pour que ce dernier le démantèle une fois qu’il le dirigera. Une technique à haut risque nommée inception.

Beaucoup d’articles et de critiques comparent le choc provoqué par Incpetion à celui qui a frappé tous ceux qui ont vu le premier Matrix au cinéma (ah bon, il y’a eu des suites ? J’ai préféré oublier…). Il est vrai que l’analogie n’est pas sans fondement. Mais il y’a tout de même une différence énorme entre les deux films. Sans faire injure aux frères Warowski, Chistopher Nolan est de très loin un réalisateur d’une autre trempe. Un vrai cinéaste comme le 7ème art en a peu connu et dont la virtuosité artistique est comparable à celle d’un Tarantino ou Scorsese, si ce n’est un Kubrick ou un Welles. Ceux qui ont vu Memento ou The Dark Night savent de quoi je parle. Sauf que Inception est le mélange des deux. Un scénario inouï comme le premier dans un univers esthétique sombre mais sublime comme le second.

Beaucoup insisteront sur la complexité d’Inception. Sauf que comme dans Memento, Christopher Nolan prend le temps de nous donner les clés pour comprendre pleinement l’histoire qui nous ai comptée. Le personnage interprété par Ellen Page (l’inoubliable adolescente de Juno) n’est d’ailleurs là que pour servir de prétexte à la pédagogie. Il y’a là une intelligence narrative exceptionnelle. Un autre que Christophe Nolan se serait englué dans le labyrinthe dans lequel il nous fait pénétrer et aurait perdu le spectateur avec lui. Il n’en est rien ici et cela nous permet d’apprécier pleinement cette histoire d’une densité à peine croyable. Une histoire totalement originale, fascinante, passionnante, excitante, fantastique et, encore une fois, formidablement bien racontée.

Si Christopher Nolan est donc un scénariste exceptionnel, il est également un réalisateur dont la virtuosité touche au sublime. Après, je peux comprendre qu’il y’ait débat à ce niveau. Si je devais comparer Inception à un morceau de musique, je l’associerai à la Chevauchée des Walkyries. Personne ne niera qu’il s’agisse d’une œuvre de pure génie, mais certains peuvent la trouver un peu pompier. Il est vrai que Christopher Nolan pousse son travail esthétique à l’extrême. La bande-originale est également formidable, mais on peut lui opposer les mêmes remarques. En fait, Inception est sublime et ça se voit. On dit parfois qu’un maquillage est vraiment parfait quand il sublime la beauté de la femme qui le porte sans qu’on le remarque. La réalisation de Christopher Nolan sublime bien l’intrigue et le jeu des acteurs, mais personne ne pourra dire qu’il ne l’a pas remarqué.

inceptionLa filmographie de Leonardo Di Caprio est en train de devenir une des plus impressionnantes de l’histoire. Quand on sait qu’il vient d’enchaîner Les Noces Rebelles, Shutter Island et Inception, on se dit soit qu’il sait particulièrement bien choisir ses films, soit que c’est sa présence qui les rend géniaux. Il y’a évidemment des deux car si, vous l’aurez compris, le génie d’Inception ne tient pas à sa seule présence, il y fait preuve une nouvelle fois d’un charisme incroyable. Pourtant, il n’a pas le jeu spectaculaire d’un Jack Nicholson par exemple, mais il est tout simplement là, à l’écran, et l’écran s’illumine de sa présence. Du coup, on en oublierait presque le reste du casting qui est pourtant lui aussi parfait. Mais il faut bien avouer que même notre Marion Cotillard nationale ne boxe pas tout à fait dans la même catégorie. On soulignera tout de même la performance remarquable du duo Joseph Gordon-Levitt – Tom Hardy, qui apporte vraiment sa pierre à ce sublime édifice.

Un dernier élément fait d’Inception un film dont la portée sera assurément historique pour le 7ème art. C’est sa fin. A quelle cruauté de ne pouvoir en parler plus longuement, tant cela serait un crime ! Mais elle est juste parfaite, bien qu’incroyablement simple au fond, surtout qu’elle conclue une intrigue d’une rare complexitié. On aurait envie de se dire « j’aurais sûrement choisi la même », mais rien n’est moins sûr, car les idées simples ne sont pas toujours les plus faciles à avoir.

Alors comment résumer ce qu’est au final Inception ? Un film d’action ? Oui, le film en regorge, mais cela va tellement plus loin. Une fable onirique ? Le rêve est évidemment omniprésent dans cette histoire, mais elle nous maintient bel et bien éveillée pendant près de 2h30 qui paraissent pourtant si courtes. Un labyrinthe pour l’esprit ? Il y’a de ça, mais Christopher Nolan nous guide si bien que, jamais une seule seconde, on se sent perdu. De toute façon, Inception est trop génial, trop novateur pour être rangé ainsi. Il fait partie de ces œuvres rares qui inventent réellement quelque chose fait pour durer.

Par contre, il y’a une chose que je regrette déjà. Je ne verrais qu’une seule fois dans ma vie Inception pour la première fois.

Fiche technique :
Production : Warner Bros, Legendary Pictures, Syncopy
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan
Montage : Lee Smith
Photo : Wally Pfister
Décors : Guy Hendrix Dyas
Musique : Hans Zimmer
Effets spéciaux : Chris Courbould, Paul Franklin, New Deal Studios
Durée : 148 mn

Casting :
Leonardo DiCaprio : Cobb
Joseph Gordon-Levitt : Arthur
Ellen Page : Ariane
Ken Watanabe : Saito
Marion Cotillard : Mall
Cillian Murphy : Robert Fisher Jr
Tom Hardy : Eames
Pete Postlethwaite : Maurice Fisher
Michael Caine : Miles