TOURNEE : Une ambiance extraordinaire pour une petit goût d’inachevé

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tourneeafficheAssister à un film inattendu, décalé et sortant réellement de l’ordinaire n’est pas une chance que l’on tous les jours malheureusement. Evidemment, même moi ne vais pas au ciné tous les jours. Enfin, vous aurez compris l’idée. Tournée fait partie de ces vrais moments de surprise cinématographique, d’ailleurs récompensée par le prix de la mise en scène à Cannes. Mais l’originalité n’est pas un fin en soi…

Joachim revient en France avec une troupe de danseuses–strip-teaseuses d’un genre un peu particulier. Mais persona non grata à Paris, il se contente de suivre la côte Atlantique. Mais au beau milieu de la tournée, il se décide de se rendre à la capitale dans l’espoir qu’une salle lui ouvrira ses portes.

Le synopsis donne une fausse impression sur ce qu’est vraiment Tournée, parce qu’au fond l’histoire importe peu. Bon, on y reviendra. Les vrais stars de ce film, ce sont les artistes, des femmes qui n’ont rien à voir avec celles qui s’effeuillent habituellement autour d’une barre. Bref, des femmes, de vraies, pas des nymphettes siliconées. On partage leurs vies à la scène comme à la ville. Celles d’Américaines un peu perdues dans ce pays qu’elles ne connaissent pas. Surtout celles de femmes pleines d’énergie, terriblement attachantes, dont les performances scéniques sont à l’image de ce qu’elles sont.

Tournée est un vrai film d’ambiance. Une immersion dans un quotidien sortant assez de l’ordinaire pour mériter d’être couché sur pellicule. Et l’immense mérite de Mathieu Almaric, pour son premier film, est d’avoir su capter cette ambiance, nous la faire partager avant tant de sincérité, d’enthousiasme, d’humour, de tendresse et surtout de talent. On fait partie de la troupe, on aime ses membres et on a envie de se lever de son siège pour applaudir à chacun de leurs passages sur scène. Une complicité rare entre les personnages et le public s’établit et fait de ce film un moment de cinéma comme on a rarement l’occasion d’en voir.

tourneeA côté de ça, on suit les mésaventures de Joachim dont le retour en France est quelque peu difficile. Cela constitue le fil conducteur scénaristique de Tournée. Mais il est mince. Il y’a bien un long passage centré sur le personnage interprété magistralement par Matthieu Almaric, mais il ressemble plus à une séquence de transition qu’au réel cœur de l’intrigue. En fait, le film erre comme le fait la troupe. S’il y’a bien un point de départ, on ne sait pas trop bien quel sera le point d’arrivée. Et d’ailleurs, le dénouement n’en est pas vraiment un. On quitte nos nouveaux amis à regret, mais on aurait pu le faire aussi bien un peu plus tôt qu’un peu plus tard.

A mon sens, Tournée rate là l’occasion d’être un grand film. Une intrigue plus forte n’aurait rien retiré à la magie que Matthieu Almaric a su créer. Mais en se reposant uniquement dessus, il nous offre certes un vrai moment de cinéma puissant et original, mais passe à côté de quelque chose d’encore plus grand. Il aurait pu aller encore plus loin que la surprise et la curiosité que provoque en nous ce film et nous captiver définitivement. Je suis peut-être un peu exigeant, mais j’ai tout de même ressenti cette petite frustration qui, sans vraiment gâcher mon plaisir, m’a quand même laissé un petit goût d’inachevé.

Tournée est un film comme vous ne l’avez jamais vu, avec des personnages comme vous n’en avez jamais vus, alors, malgré quelques faiblesses, il serait dommage de ne jamais le voir…

Fiche technique :
Production : Les films du poisson, Neue Mediopolis Filmproduktion
Réalisation : Mathieu Amalric
Scénario : Mathieu Amalric, Philippe di Folco, Marcelo Novais Teles
Montage : Annette Dutertre
Photo : Christophe Beaucarne
Distribution : Le pacte
Son : Olivier Mauvezin
Durée : 111 mn

Casting :
Mathieu Amalric : Joachim
Damien Odoul : François
Julie Ferrier : la caissière à la station service
Miranda Coclasure : Mimi Le Meaux
 

PROPOSITION DE LOI

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propositiondeloiPour ma campagne de 2012, j’ai une nouvelle grande réforme à proposer : le retour du suffrage censitaire !

Petit rappel : suffrage censitaire : On appelle suffrage censitaire le mode de suffrage dans lequel les électeurs sont uniquement les personnes de la population qui payent un impôt d’un montant précis appelé cens. Les participants à la vie politique sont déterminés par le cens. Pour être électeur, ou éligible, il faut avoir un cens (impôt) dépassant un seuil déterminé par la loi électorale en vigueur.

Seulement, je vais proposer une variante. Les électeurs seront uniquement les personnes de la population pour qui demander un retrait de 500 00 euros à (une de) leur banque paraît quelque peu incongrue. Bref, les gens qui vivent dans le monde réel…

 

PREDATORS : Il faut sauver le soldat Adrien

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predatorsafficheLa question qui va en tarauder plus d’un est pourquoi, alors qu’à la sortie de la Coupe du Monde, j’avais accumulé beaucoup de retard cinématographique, ai-je perdu mon temps en allant voir un navet comme Predators ? En effet, ce film est aussi nul qu’il en a l’air et ce n’est pas peu dire. Mais voilà, pour moi, Predator, l’original de 1987 réalisé par le grand, l’immense John McTierman, est un des meilleurs films de tous les temps et j’avais, malgré ses limites, vraiment apprécié ce sympathique nanar qu’est Alien vs Predator. Malheureusement, celui-là n’est pas sympathique, mais juste nul.

Un groupe de combattants diverses et variés (des militaires, un yakuza, un taulard…) se retrouve parachuté dans un jungle hostile et mystérieuse, sans se souvenir comment ils sont arrivés là. Mais ils vont vite réaliser qu’ils constituent le gibier d’une chasse organisée par de mystérieuses créatures…

…enfin mystérieuses, si l’on veut, puisqu’on a déjà longuement eu l’occasion des les découvrir à l’occasion des 4 films dans lesquels elles ont déjà été mises en scène. D’ailleurs, commençons par le point positif, le seul, de Predators. Il ne cherche pas à préserver un suspense qui n’aurait pas lieu d’être. Le film commence sans aucune introduction, de toute façon, les trois quarts des spectateurs savent déjà à quoi s’en tenir. On va droit au but, on est venu voir des humains se faire traquer par des Predators, pas pour autre chose.

Si Predators va droit à l’essentiel, l’essentiel est traité avec une telle médiocrité qu’il n’y a rien à retenir dans cet infâme navet. Une franchise prestigieuse, un casting qui pourrait tenir la route, des effets spéciaux de très bonne facture, il y’avait presque de bons ingrédients. Mais faudrait-il encore se donner la peine de faire monter au moins un minimum la sauce. Or ne cherchez pas de ce film une moindre once d’imagination, de créativité. On ne peut même pas parler de série B ou de série Z, car au moins dans ce genre de films, les réalisateurs essayent de masquer le manque de moyen, voire même de talent, pas un minimum d’ingéniosité. Là pas besoin, puisque les moyens techniques sont là, alors rien, il ne reste plus rien.

predatorsSi on reconnaît un mauvais réalisateur à sa faculté à tirer le pire de grand acteur, Nimrod Antal fait partie de la crème de la crème des tâcherons. Bon, il n’a pas égalé la performance de notre Louis Leterrier national qui avait réussi dans son Choc des Titans, de sombre mémoire, qui avait réussi à faire de Liam Neeson et Ralph Fiennes deux acteurs qui aurait du mourir si le ridicule tuait. Mais avoir réussi à rendre Adrien Brody aussi mauvais, ce n’est quand même pas un exploit à la portée du premier escroc venu.

Et dire que l’interview d’Adrien Brody dans le Grand Journal m’avait fait envie. Mais ce fut surtout la preuve qu’il reste un immense acteur. Allez, Adrien, tu peux arrêter de mentir désormais, tu peux nous le dire que ce tournage fut une torture. Ca se voit sur ton visage que tu n’as qu’une seule envie, qu’on vienne te tirer au plus vite de ce sous-film sans intérêt. Tu n’y crois jamais, tu surjoues, tu sousjoues, luttant désespérément pour donner de la consistance à ton personnage et aux dialogues ineptes qu’on t’a forcé à dire… Pauvre Adrien…

Pour finir, un petit détail que j’ai essayé d’oublier… Robert Rodriguez a largement participé à l’élaboration de ce projet… Enfin, tout le monde a ses moments de faiblesse. Enfin, avec Predators, c’est une grande faiblesse, une très grande faiblesse…

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Troublemaker Studios, Davis Entertainment
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : Nimrod Antal
Scénario : Robert Rodriguez, Alex Litvak, Michael Finch
Montage : Dan Zimmerman
Photo : Gyula Pados
Format : 35mm
Décors : Amy Bell
Musique : John Debney
Effets spéciaux : Gregory Nicotero
Maquillage : Allan B. Holt
Durée : 100 mn

Casting :
Adrien Brody : Royce
Topher Grace : Edwin
Alice Braga : Isabelle
Danny Trejo : Cuchillo
Laurence Fishburne : Nolan
Walton Goggins : Stans  

UN GRAND VAINQUEUR POUR UN GRAND TOUR

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contadorschleckA 27 ans, Alberto Contador a remporté son troisième Tour de France. Avec également un Tour d’Italie et un Tour d’Espagne à son palmarès, il fait désormais partie des grands, des très grands. Bien sûr, certains n’oublient pas les soupçons qui ont pu peser sur lui au début de sa carrière quant à ses liens présumés avec le trop fameux docteur Puerto. Mais cela n’enlèvera rien à la beauté du Tour de France que nous venons de vivre.

Ce Tour fut le plus beau depuis bien des années. Beau déjà parce qu’il fut extrêmement disputé. Le duel entre Alberto Contador et Andy Schleck fut riche en rebondissements, avec un beau numéro d’échange de maillot jaune à plusieurs reprises. Mais les deux hommes étaient trop proches l’un de l’autre pour que l’un prenne réellement le dessus sur l’autre. Se battre à coup de 10 secondes par ci, par là, peut paraître mesquin. Le duel final dans la montée du Tourmalet a peut-être déçu puisqu’il n’a pas modifié la situation d’un iota. Mais il a surtout opposé deux très beaux champions et délivré beaucoup de promesses pour les années qui viennent. On l’oublie trop souvent, mais à défaut de maillot jaune, Andy Schleck a ramené le maillot blanc du meilleur jeune à Paris. Et Contador est guère plus vieux !

Ces écarts si faibles au général tiennent aussi du fait qu’il n’y ait eu qu’un seul contre-la-montre individuel d’envergure lors de ce Tour de France. Il est évident que si on était revenu à la formule deux longs contre-la-montre, plus un contre-la-montre par équipe, le scénario de la course aurait été très différent. Cela nous rappelle que le cyclisme devient vraiment beau quand il oppose deux coureurs les yeux dans les yeux, presque épaule contre épaule. En vélo, on ne court pas après un chronomètre mais avant tout contre ses adversaires. Il ne s’agit pas d’arriver le plus vite, mais le premier. Même s’il n’est évidemment pas question de se passer de cet exercice qui fait partie intégrante de l’histoire du cyclisme, espérons simplement que les organisateurs sauront à nouveau limiter l’importance des contre-la-montres dans les prochaines éditions.

Ce Tour fut aussi beau par les nombreuses victoires, souvent avec panache, des coureurs français. Bien sûr, aucun d’eux n’a pu jouer le moindre rôle au général, mais il vaut mieux gagner deux étapes avec brio comme Chavanel que de suer sang et eau pour finir 7ème, ce dont personne ne se souviendra. Ces victoires furent aussi la récompense d’une philosophie de course basée sur l’offensive et la prise de risque, et on ne peut que s’en réjouir.

Bref, vivement l’été prochain !

COPACABANA : Le fléau des inégalités

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copacabanaafficheDans un film, faut une introduction, un cœur d’intrigue et une fin. L’équilibre entre les trois, niveau longueur, peut varier d’un film à l’autre, mais la partie du milieu doit quand même être de loin la plus longue. Quand l’introduction s’étire sur près de la moitié du film, on peut estimer que ce dernier n’est pas très bien équilibré. C’est malheureusement le cas de Copacabana, qui sans cela aurait été un petit film particulièrement réjouissant.

Babou n’est pas tout à fait une bonne mère de famille rangée. Elle est plutôt fofolle, excentrique et passablement instable. Mais quand sa fille lui annonce qu’elle ne l’invitera pas à son mariage pour ne pas qu’elle lui fasse honte devant sa belle famille, elle commence sérieusement à se remettre en question. Elle accepte alors de partir à Ostende, en Belgique, pour occuper un poste de commerciale en immobilier.

Bon, voilà, le synopsis décrit comme ça paraît un peu léger… Surtout que tout ça occupe une bonne moitié du film. Après, Copacabana devient une comédie humaniste intelligente et bien sentie. Certes, cela valait le coup d’attendre, mais c’est vraiment dommage que le film mette autant de temps à vraiment démarrer. Il vaut mieux un déséquilibre dans ce sens, certes, cela permet de sortir sur une bonne impression, mais tout de même, cela constitue un petit gâchis.

Surtout, que dans sa longue introduction, le personnage principal, magistralement interprété par Isabelle Huppert, est plutôt tête à claques et horripilant. Ce qui est intéressant, c’est évidemment l’évolution du personnage, mais on a ici largement le temps de se dire qu’on ne va pas arriver à le supporter sur les 1h40 que durent ce film. Tout change par la suite, mais cela ne fait pas vraiment démarrer Copacabana du meilleur pied.

Enfin, voilà, on ne va pas épiloguer cent sept ans. Concentrons-nous plutôt sur cette seconde partie qui fait tout de même de Copacabana un film agréable à suivre, même si le voir à la télé sera tout aussi bien. Babou se retrouve comme un chien dans un jeu de quilles au milieu de ses collègues aussi looser qu’elle, sauf qu’eux ne l’assument pas, puisqu’ils ne l’ont pas choisi. C’est ce contraste qui constitue le principal ressort de l’intrigue et qui nous permet surtout de finalement ressentir un fort attachement avec le personnage principal.

copacabanaL’autre axe fort réside dans la relation entre la mère et la fille. Mais le personnage de Babou vampirise trop le film pour que cet aspect soit vraiment intéressant. En fait, tous les personnages secondaires ne sont que des éléments du décor dans lequel Isabelle Huppert évolue. C’est sans doute là la plus grande limite de Copacabana, même dans sa seconde partie.

Vous l’aurez compris, Copacabana repose en grande partie, voire exclusivement, sur les épaules d’Isabelle Huppert, qui heureusement les possède assez larges. On donnerait presque ici dans le one woman show, mais vu le talent en présence, ce n’est pas forcément gênant. Elle s’amuse visiblement beaucoup dans ce rôle de femme bohême et libérée, mais dont la quête de liberté lui a parfois fait perdre le sens des réalités et a nuit à ses relations avec les autres.

Copacabana est donc un film inégal, quelque peu inabouti, mais qu’Isabelle éclabousse assez de sa classe pendant une très bonne deuxième moitié pour meubler agréablement un soir de pluie.

Fiche technique :
Production : Avenue B productions, Arte France Cinéma, Mars Films, Caviar Films
Réalisation : Marc Fitoussi
Scénario : Marc Fitoussi
Montage : Martine Giordano
Photo : Hélène Louvart
Décors : Michel Barthélémy
Distribution : Mars distribution
Musique : Tim Gane, Sean O’Hagan
Costumes: Anne Schotte
Durée : 107 mn

Casting :
Isabelle Huppert : Babou
Aure Atika : Lydie
Lolita Chammah : Esméralda
Jurgen Delnaet : Bart
Chantal Banlier : Irène
Magali Woch : Sophie
Joachim Lombard : Justin
Noémie Lvovsky : Suzanne
Luis Rego : Patrice

L’ILLUSIONNISTE : Joile résurrection

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lillusionnisteafficheIl est des œuvres qui prennent leur temps pour voir le jour. L’Illusionniste en fait partie. A l’origine, il aurait du être un film de Jacques Tati, mort en 1982 avant que le scénario ne soit achevé. 30 ans plus tard, Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville, a repris le flambeau et a porté cette histoire à l’écran, sous la forme d’un film d’animation. Une jolie réussite et un bel hommage qui fait revivre cet univers si particulier…

Tatischeff est un illusionniste dont la carrière bat de l’aile. En cette fin des années 50, le music-hall traditionnel ne fait plus recette. Il décide alors de tenter sa chance à Londres, mais la situation n’est guère différente. Un jour, au fin fond de l’Ecosse, il croise le chemin d’Alice une jeune adolescente un peu naïve qui se décide à le suivre dans sa tournée.

J’avoue être bien embêté pour écrire cette critique car l’univers de Jacques Tati ne m’a jamais enthousiasmé comme il devrait. J’ai toujours vu ses films avec un intérêt poli et amusé, mais sans jamais crier au génie. Alors évidemment, L’Illusionniste m’a fait un peu la même impression. Par contre, si je dois reconnaître un immense mérite à Sylvain Chomet, c’est celui d’avoir réussi à faire revivre cet univers à la perfection. La tentation a du être grande de profiter des possibilités offertes par le cinéma d’animation pour en rajouter des tonnes. Ici, il reste dans un univers visuel qui aurait pu être celui d’un film dans des décors réels. Seul le lapin apporte une petite touche cartoon, mais qui reste tout à fait dans l’esprit.

L’Illusionniste est bien plus poétique que vraiment comique. Là encore la fidélité avec Tati est respecté. On ne rit que très rarement, pour ne pas dire jamais, aux éclats. Mais on savoure avec un œil amusé et étonné ce personnage improbable et intemporel évoluer dans un environnement où rien ne semble vraiment fait pour lui. Lunaire apparaît comme le terme le plus approprié pour le définir. Du coup, il ne sait guère que faire de cette jeune fille attachante mais qui n’a pas sa place dans sa vie d’artiste solitaire.

lillusionnisteL’Illusionniste respecte aussi l’absence quasi totale de dialogues, si caractéristiques du cinéma de Tati. Non que le film soit muet et les personnages incapables de parler, mais tout passe ici par le visuel, les expressions, les postures, les gestes et les relations avec les objets. Il y’a dans ce film, comme il y’a toujours eu chez Tati, une certaine nostalgie du cinéma muet où le moindre élément d’un décor tout ce qu’il y’a de plus anodin et quotidien pouvait devenir source de burlesque et de comique. Une vraie créativité visuelle qui est évidemment facilitée ici par le recours à l’animation mais qui, encore une fois, reste dans totalement dans l’esprit du cinéma dont il s’inspire.

Graphiquement, on retrouve la qualité de l’animation des Triplettes de Belleville. Une animation traditionnelle mais à l’animation fluide, aux personnages expressifs et surtout au décors fourmillant de détails. L’animation traditionnelle a encore de beaux jours devant elle, j’en suis certain et l’Illusionniste contribue largement à le prouver. Il y’a un charme particulier, différent de celui des créations Pixar, et qu’il serait vraiment dommage de voir disparaître de nos écrans pour cause d’une supposée ringardise.

Tous les fans de Jacques Tati trouveront donc leur bonheur avec l’Illusionniste. Ceux comme moi, dont son cinéma a toujours laissé quelque peu indifférent, pourront tout de même apprécier le travail en tout point remarquable de Sylvain Chomet.

Fiche technique :
Production : Django films, Cine B, France 3 Cinéma
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Sylvain Chomet
Scénario : Jacques Tati
Montage : Sylvain Chomet
Décors : Isabel Stenhouse, Bjorn Erik Aschim
Musique : Sylvain Chomet, Jean Goudier
Effets spéciaux : Olivier Malric
Directeur artistique : Bjarne Hansen
Durée : 80 mn 

MILLENIUM 2 : LA FILLE QUI REVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE : Dense fidélité

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millenium2afficheDans la plupart des cas, adapter c’est condenser, résumer, trancher dans le vif, éliminer, supprimer, enlever…Garder l’essentiel, sans négliger le superflu qui fait souvent le charme d’une œuvre. Cela devient particulièrement épineux lorsqu’il s’agit de porter à l’écran une intrigue riche et complexe issue d’un bouquin plutôt dense. C’est le défi auquel on fait face l’équipe chargée de l’adaptation de la saga Millenium. Après un premier volet très réussi, voici venu La Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette. Un nouveau très bon film, même s’il possède naturellement quelques limites…

Lisbeth Salander est de retour en Suède pour empêcher son tuteur de se faire enlever le tatouage qu’il porte sur le ventre et qui lui rappelle les sévices qu’il lui a fait subir. Mais peu après ce dernier est assassiné, ainsi qu’un couple de journalistes enquêtant sur les réseaux de prostitution. Tout accuse Lisbeth et une véritable chasse à l’homme s’organise dans tout le pays. Mais son ami reporter Peter Blomkvist est convaincu de son innocence et est bien décidé à l’aider, bien qu’il n’ait plus aucun contact avec elle depuis de longs mois.

A mon sens aller voir Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette implique au moins un de ces deux préalables : avoir lu le roman ou bien au moins avoir vu le premier volet au cinéma. Sinon, vous aurez bien du mal à comprendre qui est qui et le pourquoi et le comment de leurs relations. Et encore, ceux qui auront lu le livre auront un large avantage. En effet, dans ce film les évènements se succèdent sans transition, sans vraiment prendre le temps de s’attarder sur les personnages, leurs personnalités, leurs motivations. Quelqu’un qui ignorerait tout de l’univers de la sage serait à mon avis très vite perdu.

Mais même pour quelqu’un qui a autant apprécié le roman que j’ai pu le faire, Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette est terriblement frustrant. Bien sûr, la lecture nous permet de comprendre tout ce qu’il y’a derrière certains détails, certains sous-entendus, mais il n’en reste pas moins que le film reste dense, à la limite de l’indigeste. On aimerait parfois que l’histoire prenne un peu le temps de nous faire revivre cette intrigue de manière moins pressée. Un peu comme un plat succulent avalé sur le pouce. Du coup, je regrette d’avoir raté le passage sur Canal + de la version télévisée, plus longue et qui colle plus au rythme du roman, qui est déjà très soutenu.

millenium2Cependant, j’ai tout de même éprouvé beaucoup de plaisir devant Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette. Car au-delà de ça, le travail d’adaptation reste de premier ordre. Si la réalisation est efficace mais sans génie, l’interprétation donne vie aux personnages du roman avec une fidélité et une justesse remarquables. La critique a salué, et avec raison, la performance de Noomi Rapace qui incarne littéralement Lisbeth Salander. Pourtant, le film ne donne qu’un léger aperçu du caractère fascinant que possède ce personnage sous la plume de Stieg Larsson.

Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette n’est donc pas un film parfait. Mais sans doute le meilleur possible avec comme but premier la plus grand fidélité possible au roman. En tout cas, il est assez bon pour que je suis fort impatient de retrouver Lisbeth et Mikael d’ici quinze jours pour le 3ème volet !

Fiche technique :
Production : Yellow Bird
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Daniel Alfredson
Scénario : Jonas Frykberg, d’après le roman de Stieg Larsson
Montage : Mattias Morheden
Photo : Peter Mokrosinski
Musique : Jacob Groth
Durée : 129 mn

Casting :
Noomi Rapace : Lisbeth Salander
Michael Nyqvist : Mikael Blomkvist
Lena Endre : Erika Berger
Peter Andersson : Nils Bjurman
Per Oscarsson : Holger Palmgren
Annika Hallin : Annika Gannini
Georgi Staykov : Alexander Zalachenko

PETITS MEURTRES A L’ANGLAISE : Cible plus trop émouvante

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petitsmeurtresalanglaiseafficheAu bout d’environ 30 secondes de Petits Meurtres à l’Anglaise, je me suis dit « tiens, ça ressemble beaucoup à Cible Emouvante »… Au bout de 5 minutes, je n’avais plus aucun doute sur le fait qu’il s’agissait là d’un remake… Bon, il m’aurait suffit de me renseigner un tant soit peu avant d’aller voir ce film pour le savoir, mais voilà, j’aime en savoir le moins possible avant d’aller au cinéma. Mais malheureusement, si le premier film de Pierre Salvadori est un de mes films préférés, celui-ci ne restera pas gravé dans les mémoires.

Victor Maynard est une légende vivante dans le monde très fermé des tueurs à gage britanniques. D’ailleurs, il affiche le flegme et l’élégance typiques des sujets de sa Majesté. Cependant, le jour où son chemin croise celui de la jeune et belle Rose, arnaqueuse hors paire, sa main tremble pour la première fois et il finit même par protéger celle qu’il doit assassiner.

L’échec de cette version british repose sur un seul constat : Bill Nighty, que j’adore pourtant, n’est pas tout à fait Jean Rochefort. Je ne dis pas ça par patriotisme cinématographique, mais en toute objectivité. L’acteur anglais n’a pas le charisme suffisant pour porter à lui seul un film sur ses épaules. Lui qui brille tant en tant que second rôle ne convainc malheureusement pas qu’il puisse vraiment sortir de ce registre.

A côté de ça, il y’a eu un vrai travail pour angliciser au maximum le scénario, les personnages et l’ambiance en général. Ceux qui n’ont pas eu la chance de voir Cible Emouvante (les pauvres, comme je les plains !) auront peut-être envie de qualifier Petits Meurtres à l’Anglaise de comédie typiquement britannique. Il est vrai que l’absurde de certaines situations, le contraste entre le flegme du tueur et l’énergie débordante de sa « victime » et les personnages de truands tous très typés, voire caricaturaux, donne à ce film un petit air de Snatch ou de Be Happy. Mais voilà, une traduction dénature forcément une œuvre et donc le film a perdu ici une grande partie du charme qui habitait la version originale.

petitsmeurtresalanglaisePourtant, du charme, il y’en a dans Petits Meurtres à l’Anglaise, en la personne de Emily Blunt que l’on avait découvert dans Le Diable s’Habille en Prada. Elle arrive à soutenir la comparaison avec la regrettée Marie Trintignant, qui occupait son rôle dans la version originale. Mais son petit numéro lasse vite et ne justifie pas à lui tout seul une heure et demi de film. Les fans d’Harry Potter seront peut-être heureux de voir que Ruppert Grint a définitivement passé la puberté. Mais bon, malgré ses efforts évidents, on ne peut s’empêcher de s’écrier « oh mais c’est Ron ! » à chacune de ses apparitions à l’écran.

Vous l’aurez compris, si Petits Meurtres à l’Anglaise m’a surtout déçu par la comparaison que je n’ai pu m’empêcher de faire avec l’œuvre dont il est le remake. Du coup, je suis peut-être un peu sévère avec ce film tout de même drôle par moments, sympathique toujours et globalement distrayant. Mais c’est dur d’ignorer le fait qu’il y’avait moyen de faire beaucoup mieux que ça avec cette idée de base, Cible Emouvante en est la preuve.

Je ne sais donc pas si je dois conseiller d’aller voir Petits Meurtres à l’Anglaise. Mais en tout cas, je conseille à tout le monde de voir ou revoir Cible Emouvante.

Fiche technique :
Production : Studio 36, Isle of Man film, Matador pictures, Cinema Four, Regent Capital, Magic Light Pictures
Distribution : Rezo Films
Réalisation : Jonathan Lynn
Scénario : Lucinda Coxon, d’après le film Cible émouvante de Pierre Salvadori
Montage : Michael Parker
Photo : David Johnson
Décors : Caroline Greville-Morris
Son : Patrick Owen
Musique : Michael Price
Durée : 98 mn

Casting :
Bill Nighy : Victor Maynard
Emily Blunt : Rose
Rupert Grint : Tony
Rupert Everett : Ferguson
Eileen Atkins : La mère de Victor
Martin Freeman : Dixon
Gregor Fisher : Mike 

UN SACRE SI MERITE !

espagnechampionnedumonde2010

espagnechampionnedumonde2010Le football a ceci de formidable que les résultats y sont souvent inattendus et imprévisibles. Je le répète souvent. Mais parfois, c’est le plus fort qui gagne. Et le plus fort, lors de la Coupe du Monde en Afrique Sud, était l’Espagne et l’Espagne est devenue championne du monde. Ce n’est donc que justice.

Etre au rendez-vous quand on est le grand favori d’une compétition n’est pas la chose la plus aisée qui soit. L’histoire du football est pleine de victoires trop vite annoncées qui n’ont jamais vu le jour. A être trop attendu, on se retrouve face à des adversaires surmotivés qui connaissent votre jeu par cœur. On doit alors redoubler de vigilance et de force pour être à la hauteur et triompher. Le faire une fois est donc en soi une grande performance, deux fois c’est un véritable exploit.

La double victoire aux Championnats d’Europe puis à la Coupe du Monde propulse cette équipe d’Espagne parmi les plus grandes équipes de l’histoire. Grande par le palmarès donc, mais aussi grande par la qualité de jeu collectif et individuel qu’elle déploie avec une constance déconcertante depuis quatre ans. Une maîtrise technique hors du commun à laquelle se combinent un jeu de passe précis et rapide et une capacité à faire la différence individuellement.

Alors, il y’aura toujours des grincheux pour objecter que cette Coupe du Monde aura été quand même plutôt décevante au niveau de la qualité de jeu et que l’Espagne se sera imposée systématiquement par le plus petit des scores lors de tous ses matchs à élimination directe. Toutes ces critiques ne seraient pas infondées si la domination espagnole ne s’exerçait pas depuis de si longs mois. Alors bravo à l’Espagne et rendez-vous dans quatre ans au Brésil pour un nouveau mois de bonheur !

EMBARQUEMENT POUR LE FARNIENTE

vacances

vacancesDemain soir, je suis en vacances !!! Et vue ma productivité exceptionnelle de cette semaine (non, ce n’est pas ironique), je l’aurais bien mérité. Bon, ce n’est qu’une petite semaine, histoire d’y prendre goût avant les 4 semaines de congés traditionnelles du mois d’août. Et cette année, je pars !

Bon, je ne sais pas encore où, ni tout à fait quand, mais c’est sûr, je monterai dans un avion direction le soleil et un océan et une mer avec de l’eau chaude. Déjà parce que cette année, j’ai les moyens de me les payer, mais surtout parce que pas question de renouveler le plan de l’année dernière : une semaine à la campagne en tête à tête avec mes parents et trois semaines chez moi. En fait, je n’ai pas vraiment envie de voyage, j’ai envie de vacances !!

Alors oui, je vais sûrement bronzer idiot, me reposer, lézarder au soleil et découvrir le vrai sens du mot farniente. Ce ne sera sûrement ni culturel, ni très écologique (désolé Hélène !), mais ça me fera du bien ! Et ceux qui ont émis la crainte que je m’ennuie en partant seul ne me connaisse pas si bien que ça, car c’est un mot dont j’ignore la signification. C’est simplement dommage que je n’ai pas d’ordinateur portable parce que ça aurait pu me faire une occasion pour écrire autre chose que mon blog et enfin finir le deuxième chapitre de mon roman commencé l’été dernier. Enfin bon, il me restera trois semaines pour ça.

Mes envies de voyage seront sûrement remises à plus tard (même si le circuit en République Tchèque reste une option envisagée), avec notamment un voyage en Inde dont je rêve depuis longtemps et qui aura une forte signification pour moi. Ce n’est pas tout à fait le même budget, alors il faura que je garde la même productivité que cette semaine pour l’espérer pour l’année prochaine… On y croit tous très fort !