
Joachim revient en France avec une troupe de danseuses–strip-teaseuses d’un genre un peu particulier. Mais persona non grata à Paris, il se contente de suivre la côte Atlantique. Mais au beau milieu de la tournée, il se décide de se rendre à la capitale dans l’espoir qu’une salle lui ouvrira ses portes.
Le synopsis donne une fausse impression sur ce qu’est vraiment Tournée, parce qu’au fond l’histoire importe peu. Bon, on y reviendra. Les vrais stars de ce film, ce sont les artistes, des femmes qui n’ont rien à voir avec celles qui s’effeuillent habituellement autour d’une barre. Bref, des femmes, de vraies, pas des nymphettes siliconées. On partage leurs vies à la scène comme à la ville. Celles d’Américaines un peu perdues dans ce pays qu’elles ne connaissent pas. Surtout celles de femmes pleines d’énergie, terriblement attachantes, dont les performances scéniques sont à l’image de ce qu’elles sont.
Tournée est un vrai film d’ambiance. Une immersion dans un quotidien sortant assez de l’ordinaire pour mériter d’être couché sur pellicule. Et l’immense mérite de Mathieu Almaric, pour son premier film, est d’avoir su capter cette ambiance, nous la faire partager avant tant de sincérité, d’enthousiasme, d’humour, de tendresse et surtout de talent. On fait partie de la troupe, on aime ses membres et on a envie de se lever de son siège pour applaudir à chacun de leurs passages sur scène. Une complicité rare entre les personnages et le public s’établit et fait de ce film un moment de cinéma comme on a rarement l’occasion d’en voir.

A mon sens, Tournée rate là l’occasion d’être un grand film. Une intrigue plus forte n’aurait rien retiré à la magie que Matthieu Almaric a su créer. Mais en se reposant uniquement dessus, il nous offre certes un vrai moment de cinéma puissant et original, mais passe à côté de quelque chose d’encore plus grand. Il aurait pu aller encore plus loin que la surprise et la curiosité que provoque en nous ce film et nous captiver définitivement. Je suis peut-être un peu exigeant, mais j’ai tout de même ressenti cette petite frustration qui, sans vraiment gâcher mon plaisir, m’a quand même laissé un petit goût d’inachevé.
Tournée est un film comme vous ne l’avez jamais vu, avec des personnages comme vous n’en avez jamais vus, alors, malgré quelques faiblesses, il serait dommage de ne jamais le voir…
Fiche technique :
Production : Les films du poisson, Neue Mediopolis Filmproduktion
Réalisation : Mathieu Amalric
Scénario : Mathieu Amalric, Philippe di Folco, Marcelo Novais Teles
Montage : Annette Dutertre
Photo : Christophe Beaucarne
Distribution : Le pacte
Son : Olivier Mauvezin
Durée : 111 mn
Casting :
Mathieu Amalric : Joachim
Damien Odoul : François
Julie Ferrier : la caissière à la station service
Miranda Coclasure : Mimi Le Meaux


Si on reconnaît un mauvais réalisateur à sa faculté à tirer le pire de grand acteur, Nimrod Antal fait partie de la crème de la crème des tâcherons. Bon, il n’a pas égalé la performance de notre Louis Leterrier national qui avait réussi dans son Choc des Titans, de sombre mémoire, qui avait réussi à faire de Liam Neeson et Ralph Fiennes deux acteurs qui aurait du mourir si le ridicule tuait. Mais avoir réussi à rendre Adrien Brody aussi mauvais, ce n’est quand même pas un exploit à la portée du premier escroc venu.

L’autre axe fort réside dans la relation entre la mère et la fille. Mais le personnage de Babou vampirise trop le film pour que cet aspect soit vraiment intéressant. En fait, tous les personnages secondaires ne sont que des éléments du décor dans lequel Isabelle Huppert évolue. C’est sans doute là la plus grande limite de Copacabana, même dans sa seconde partie. 
L’Illusionniste respecte aussi l’absence quasi totale de dialogues, si caractéristiques du cinéma de Tati. Non que le film soit muet et les personnages incapables de parler, mais tout passe ici par le visuel, les expressions, les postures, les gestes et les relations avec les objets. Il y’a dans ce film, comme il y’a toujours eu chez Tati, une certaine nostalgie du cinéma muet où le moindre élément d’un décor tout ce qu’il y’a de plus anodin et quotidien pouvait devenir source de burlesque et de comique. Une vraie créativité visuelle qui est évidemment facilitée ici par le recours à l’animation mais qui, encore une fois, reste dans totalement dans l’esprit du cinéma dont il s’inspire.
Cependant, j’ai tout de même éprouvé beaucoup de plaisir devant Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette. Car au-delà de ça, le travail d’adaptation reste de premier ordre. Si la réalisation est efficace mais sans génie, l’interprétation donne vie aux personnages du roman avec une fidélité et une justesse remarquables. La critique a salué, et avec raison, la performance de Noomi Rapace qui incarne littéralement Lisbeth Salander. Pourtant, le film ne donne qu’un léger aperçu du caractère fascinant que possède ce personnage sous la plume de Stieg Larsson.
Pourtant, du charme, il y’en a dans Petits Meurtres à l’Anglaise, en la personne de Emily Blunt que l’on avait découvert dans Le Diable s’Habille en Prada. Elle arrive à soutenir la comparaison avec la regrettée Marie Trintignant, qui occupait son rôle dans la version originale. Mais son petit numéro lasse vite et ne justifie pas à lui tout seul une heure et demi de film. Les fans d’Harry Potter seront peut-être heureux de voir que Ruppert Grint a définitivement passé la puberté. Mais bon, malgré ses efforts évidents, on ne peut s’empêcher de s’écrier « oh mais c’est Ron ! » à chacune de ses apparitions à l’écran.

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