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La Coupe du Monde en Afrique du Sud s’achèvera donc par le couronnement d’une nation qui n’a encore jamais connu ce bonheur suprême. C’est un réel événement car le cercle des nations championnes du monde de football est un club très fermé, où les nouvelles admissions sont rares. Il aura fallu attendre 12 ans entre le premier sacre du Brésil en 1954 et celui de l’Angleterre en 66 et encore 12 avant que l’Argentine ne s’impose pour la première fois en 78. Ensuite, le club resta en l’état pendant 20 ans avant que la France n’y entre enfin en 98. 12 nouvelles années viennent donc de s’écouler avant qu’une place supplémentaire ne soit enfin accordée. Mais le sera-t-elle à l’Espagne ou aux Pays-Bas ?
L’événement est encore plus extraordinaire quand on réalise que l’Angleterre, l’Argentine et la France ont conquis leur premier titre à la maison, jouer à domicile constituant quand même un avantage non négligeable. C’est donc un véritable exploit que réalisera un des deux finalistes dimanche soir. Mais si j’ai longuement insisté tout au long de ce tournoi sur le resserrement des valeurs, le sacre des Espagnols ou des Pays-Bas constituera-t-il vraiment une révolution sur la planète football ?
Pour les Pays-Bas la réponse est clairement non. Le deuxième pays du fromage a déjà joué deux finales dont une, en 1974, qu’elle aurait du remporter si la noble incertitude du sport n’était pas parfois synonyme d’injustice. Les voir triompher ne serait que la réparation d’une aberration, même si l’équipe de cette année est loin d’être la plus belle que le football hollandais nous ait jamais proposé.
Pour l’Espagne, la réponse est moins tranchée. Pas tellement par rapport à la valeur historique du football espagnol, mais par rapport aux performances habituellement décevante de la sélection ibérique, qui n’avait encore jamais atteint la finale, ni même les demi-finales depuis 1950. Il y’a toujours eu un fossé immense entre le niveau de leurs clubs et celui de leur équipe nationale. Ceci tire ses racines de multiples facteurs liés à l’histoire du pays. Mais voir enfin les Espagnols devenir champion du monde constituerait peut-être une révolution dans l’histoire des équipes nationales, mais pas vraiment dans l’histoire du football dans sa globalité.
Le bateau sarkozyste coule. Sauve qui peut !, s’écrit le capitaine Fillon. Christian Blanc et Alain Joyandet d’abord !
Sauf qu’évidemment, il n’y a ni chaloupe, ni gilet de sauvetage. Dans cette lamentable tentative de sauver les apparences, Nicolas Sarkozy continue de s’enfoncer. Virer deux ministres, dont un qui avait déjà annoncé son départ pour la rentrée, choisis un peu au hasard, c’est gros, énorme et tout le monde le voit. Qui va être convaincu par cette manœuvre à part un électorat UMP jusqu’auboutiste qui lui sera de toute façon acquis ? Peu de monde, c’est évident.
Le Président et le gouvernement continuent d’assurer Eric Woerth de leur soutien. Il est vrai que, comme ils aiment à le rappeler, le cas du ministre du travail n’a rien à voir puisque ce dernier n’a jamais piqué directement ou indirectement dans la caisse de l’Etat. Sauf que plus les jours passent, plus il semble que des choses bien plus graves que l’achat de quelques cigares se soient produites sous sa responsabilité. Bien sûr, il y’a présomption d’innocence, tout ça, tout ça, mais entre l’affaire Bettencourt et les rétro-commissions autour des frégates de Taïwan, tout ce beau monde est assis sur bon nombre de bombes à retardement. Reste à la justice de se donner les moyens de les faire exploser…
La technique du bouc émissaire, du fusible, du contre-feux, appelons ça comme on veut, va devoir être utilisée à plein, si Nicolas Sarkozy veut remonter la pente de la popularité d’ici 2012. Surtout qu’en face, cela fait un moment qu’il n’y a pas eu de grosses conneries de faites. Même si personne n’en parle, ce week-end dans les Yvelines, se déroule une élection législative partielle dont le deuxième tour met en compétition un ticket UMP contre un ticket Verts-PS, uni dès le premier tour, qui a de réelles chances de l’emporter dans un bastion historique de la droite. Après le triomphe des Régionales, cela montre que les deux principaux partis de gauche sont capables de s’entendre et de mener campagne ensemble. Pour l’élection présidentielle, c’est évidemment loin d’être gagné et comme dirait Pierre Moscovici, « Je ne vois pas comment Sarkozy pourrait gagner en 2012, mais je vois encore comment on pourrait perdre »…
En attendant, on peut souhaiter bonnes vacances à Christian Blanc et Alain Joyandet. Mais qu’ils se réjouissent, être les premiers rats à quitter un navire qui coule permet parfois d’augmenter considérablement ses chances de survie.
On l’annonçait moribonde, dépassée, vouée au déclin et à la défaite, éclipsée par la puissance de l’Amérique du Sud… Tous les journalistes étaient unanimes, Brésil-Argentine serait la finale rêvée ! La vieille Europe était aux fraises, rien ne pourrait plus la sauver. Sauf que, comme toute prédiction faite avec trop d’assurance, tout cela s’est révélé totalement faux et le vieux continent a prouvé à l’occasion des quarts de finale de la Coupe du Monde qu’il constituait encore bien le centre du monde footbalistique.
Le sport, et le football en particulier, a ceci de merveilleux qu’il est imprévisible et incertain, mais cela n’empêche en rien la plupart des commentateurs de lancer constamment des prévisions inéluctables et des certitudes inébranlables. Bon, Domenech l’a prouvé, parfois, tout se passe exactement comme on pouvait le prévoir, mais cela ne fait qu’équilibrer la manière dont Aimé Jacquet nous avait prouvé qu’il vaut mieux parfois savoir fermer sa gueule.
Cependant, ce flot de commentaires critiques envers les équipes européennes n’est pas non plus né de rien. Cette Coupe du Monde montre bien que si l’élite du football reste encore très européenne, le niveau se ressert et on peut s’interroger sur la pertinence de la répartition actuelle des équipes qualifiées pour la Coupe du Monde. Une sur deux venait d’Europe à l’entame de la compétition, elles ne furent plus que 6 sur 16 au moment des 8èmes. Voir le contingent européen réduit d’une ou deux unités refléterait sûrement mieux l’équilibre actuel des forces entre les différents continents.
Sans faire injure à l’Uruguay, dont la présence en demi-finale tient plus du miracle que de la valeur absolue, on peut raisonnablement penser que le prochaine champion du monde sera à nouveau européen… Sauf qu’évidemment, si je lance cette affirmation avec trop de certitude, je risque fort de me tromper. Je me contenterai donc d’un proverbial « que le meilleur gagne ! ».
L’Agence Tous Risques, c’est vraiment, la dernière chance, au dernier moment ! Ah ce générique légendaire qui a bercé notre enfance. L’époque où nous étions heureux de retrouver chaque soir Hannibal, Futé, Looping et bien sûr le légendaire Barracuda. C’est donc avec impatience, mais aussi appréhension, que nous attendions l’adaptation sur grand écran. Les films tirés de séries ont pour l’instant donné des résultats très contrastés. Mais cette Agence Tous Risques figurera à coup sûr dans les très bonnes surprises.
Quatre anciens membres des commandos de l’armée américaine se retrouvent par hasard à affronter un dangereux trafiquant de drogue. A l’issu de leur succès, ils forment une unité secrète qui sera utilisé sur divers théâtres d’opération. Mais un jour, ils sont piégés et sont emprisonnés pour un crime qu’ils n’ont pas commis…
Tout d’abord, la plus grande qualité de l’Agence Tous Risques est sa fidélité à l’esprit original de la série, des personnages en particulier, tout en modernisant le concept. Tous les éléments que vous avez aimé sur petit écran, vous les retrouverez sur le grand. Il s’agit donc cette fois d’une réelle adaptation, avec un vrai travail à ce niveau là, et non la simple exploitation d’un nom célèbre pour attirer des fans qui repartent déçus (en leur ponctionnant un peu de sous au passage). Bien sûr, on peut toujours contester l’intérêt artistique d’une telle démarche, mais cela constitue un autre débat et n’enlève rien au remarquable travail d’adaptation.
Et si l’Agence Tous Risques est une vraie réussite, c’est aussi parce que les moyens ont été mis pour que le passage sur le grand écran soit le plus spectaculaire possible. Les plans mis au point par nos quatre gaillards sont toujours aussi farfelus, aussi géniaux et demandent toujours des ustensiles aussi divers que variés, dont l’utilité ne se comprendra qu’au fur et à mesure de son déroulement. Mais sauf que cette fois, ils ont une toute autre ampleur et découleront sur des délires pyrotechniques, du bruit et beaucoup de fracas. Vous découvrirez notamment tout ce qu’on peut faire avec un porte-container pour un final assez ébouriffant et jouissif.
Alors évidemment, sans le côté « madeleine », l’Agence Tous Risques risque fort de ne paraître que comme un film d’action un rien basique, même si tout à fait réussi. On lui reprocherait même du coup quelques longueurs dans la présentation des personnages et l’introduction de manière générale, qui constituera au contraire une vrai moment de plaisir pour les fans. Mais tout le monde pourra s’accorder sur le côté extrêmement divertissant de cette œuvre qui ne cherche pas la profondeur. A la fois, ce n’est pas du tout ce que l’on attend d’elle.
Un mot enfin sur une de mes nouvelles idoles cinématographiques, Bradley Cooper. Comme je crois bien que finalement, je ne vais jamais me réveiller un matin avec le physique et la classe de George Clooney, je suis prêt à revoir mes prétentions à la baisse et me contenter d’investir le corps de cet acteur qui prend une dimension supplémentaire à chacun de ses rôles. On est loin de ses débuts timides (niveau du jeu, parce qu’il était déjà très beau) dans un second rôle de la série Alias. A ses côtés Liam Neeson s’éclate et ça fait plaisir à voir, lui qui a une fâcheuse tendance à avoir l’air de s’ennuyer à l’écran. Bon, dans l’Agence Tous Risques, on lui refile encore un rôle de mentor, mais au moins, cette fois-ci, le rôle ne se prend pas du tout au sérieux.
L’Agence Tous Risques sera donc indispensable à tous ceux qui ont aimé la série. Les autres pourront savourer ce divertissement basique mais très réussi.
Fiche technique : Production : Dune Entertainment, Twentieth Century Fox Film Corporation, Top Cow Productions, Scott Free Productions Distribution : Twentieth Century Fox France Réalisation : Joe Carnahan Scénario : Joe Carnahan, Skip Woods, Brian Bloom, D’après l’oeuvre de Frank Lupo et Stephen J. Cannell Montage : Roger Barton Photo : Mauro Fiore Décors : Charles Wood Son : David Husby Musique : Alan Silvestri Effets spéciaux : Mike Vezina Maquillage : Norma Hill Patton Directeur artistique : Michael Diner Durée : 114 mn
Casting : Liam Neeson : Hannibal Bradley Cooper : Futé Quinton Rampage Jackson : Barracuda Patrick Wilson : Lynch Jessica Biel : Charissa Sosa Sharlto Copley : Looping Henry Czerny : McCready
Voici une merveilleuse invention que l’erreur d’arbitrage. Rien de mieux qu’une bonne bourde de l’homme en noir (qui n’est plus jamais de cette couleur soit dit en passant) pour alimenter des débats sans fin entre des gens qui, sans cela, n’auraient rien eu à se dire. Et je ne parle même pas de tous les journalistes qui dissertent dessus, trop heureux d’avoir un sujet tout cuit pour noircir du papier. Et depuis, hier cette frénésie est repartie de plus belle après les deux erreurs grossières qui ont faussé Allemagne-Angleterre et Mexique-Argentine.
Alors évidemment, les victoires de l’Allemagne et de l’Argentine ne sont en rien des vols sportifs. Il n’a y’eu de la part de ces deux équipes aucune tricherie délibérée (enfin les déclarations faites aujourd’hui par le gardien allemand ne sont pas vraiment en son honneur, si ce n’est le mérite de l’honnêteté quant à la malhonnêteté de la veille), c’est pourquoi je ne ferai pas de parallèle hasardeux avec la main de Thierry Henry. Mais bon, les Anglais et les Mexicains ont tout à fait le droit d’être furieux et de réclamer, en chœur avec une large majorité des amateurs de football, le recours à la vidéo pour les matchs de haut niveau.
Plus le temps passera, plus la position des instances dirigeantes du ballon rond deviendra intenable. Leurs arguments perdent, à chaque scandale de ce type, un peu plus de leur pertinence. Alors deux d’un coup… Le premier de ces arguments massue est l’université du football. Il est vrai, et je suis le premier à le rappeler sur ce site, que le football tient sa popularité unique du fait qu’il ne faut pas grand chose pour jouer au foot, un truc vaguement rond et deux bouts de bois pour faire les buts (dont on peut même éventuellement se passer). Alors oui, le football est LE sport universel inventé par l’homme.
Cependant, en matière d’arbitrage, l’égalité n’est déjà pas la règle. Tout d’abord, tous les matchs se déroulant chaque week-end sur notre planète ne disposent pas d’un homme dont le métier dans la vie est arbitre de football, avec deux arbitres assistants avec qui il fait équipe depuis de nombreuses années et un quatrième arbitre qui a le droit de brandir un beau panneau lumineux. Et quand on sait que la principale innovation proposée par la FIFA pour contrer la vidéo est le recours à deux arbitres supplémentaires placés derrière les buts (dispositifs qui ne pourra être appliqué qu’à haut niveau, vue la pénurie généralisée d’arbitres), on se dit qu’on est là devant un argument complètement bidon !
Le second l’est un peu moins, mais à peine. Il repose sur le fait que la vidéo n’éliminerait pas toutes les erreurs, voire en engendrerait de nouvelles. Avec LE contre-exemple du penalty accordé à la Norvège contre le Brésil en 98, où l’arbitre de champs avait effectivement raison contre l’impression laissée par les images du direct. Mais voilà, c’est comme le pauvre agriculteur de l’Ile de Ré que l’on ressort à chaque débat sur l’ISF, quand vous n’avez qu’un seul contre-exemple que vous ressortez invariablement depuis plus d’une décennies, c’est que votre argument est faible, très faible.
Enfin, le dernier, et sans doute le seul vraiment pertinent, est que le recours à la vidéo va hacher le jeu, quand le football est par essence le sport le plus fluide, celui où le temps de jeu réel est le plus important par rapport à la durée finale du match. Certes, on se doit de réfléchir avec soin sur les modalités exactes de son utilisation. Il y’a pour l’instant autant de propositions qu’il y’a de défenseurs du recours aux images pour aider l’arbitre de champs. Mais en s’interdisant toute expérimentation en la matière, la FIFA prouve que son opposition est une opposition de principe et qu’elle n’a aucune envie de voir se dérouler un essai concluant sur l’un ou l’autre des moyens d’intégrer la vidéo dans l’arbitrage.
La vidéo, on y viendra, c’est sûr. En attendant, bon nombres de cris d’injustice continueront de raisonner dans la gorge des supporters. Et bon nombres de pensées profondes continueront d’être échangées au café du commerce…
Les scandales à répétition qui secouent actuellement le monde politique commencent franchement à faire mauvais genre. Des anecdotiques cigares de Christian Blanc aux soupçons beaucoup plus graves qui pèsent sur Eric Woerth, tout cela donne l’impression que la République est aux mains de voyous sans scrupule. En bon homme de gauche, je pourrais affirmer haut et fort que c’est vrai… Et bien c’est exactement ce que je vais faire !
Sauf que je vais encore incriminer les seuls vrais responsables de tout cela, les électeurs ! Quand on lit les commentaires laissés par les internautes sur les articles sur le sujet, on découvre souvent des messages de regret sur le fait d’avoir voté Sarkozy en 2007. Mais à quoi s’attendaient-ils ? Nicolas Sarkozy est le fils spirituel de Patrick Balkany, a longtemps été couvé par Charles Pasqua, bref il est directement issu du milieu le plus détestable que la politique française n’ait jamais connu. Et comme il ne s’entoure que de courtisans, pas étonnant que l’ensemble du gouvernement soit de la même engeance.
Que beaucoup d’hommes politiques soient des pourris finis, c’est incontestable. Mais il en est quand même une large majorité dont l’honnêteté n’est pas à remettre en cause. Simplement, le monde politique est une formidable machine à vous faire perdre le sens des réalités. Et ce, dès le plus bas niveau, je peux en témoigner. C’est le devoir des électeurs de les rappeler de temps en temps à l’ordre. Mais quand on porte au sommet de l’Etat un tel homme, issu d’un tel milieu, avec de tels amis, alors que tout ça se sait pertinemment, on pourrait avoir la dignité de ne pas pousser des cris indignés quelques temps après. Ils l’ont voulu, ils l’ont eu !
Nicolas Sarkozy et son gouvernement sont démocratiquement légitimes. Leurs comportements indignes ne constituant en rien une surprise, ces derniers le sont aussi quelque part. Mais si les politiques perdent parfois le sens de l’intérêt général qui leur incombe, les électeurs perdent trop souvent le sens des responsabilités qui sont les leurs.
A quelques minutes du début de Uruguay-Corée du Sud, le premier 8ème de finale de cette Coupe du Monde, on peut déjà faire un petit bilan de cette compétition.
La grande leçon de cette phase de poules est le formidable resserrement des valeurs sur la planète football. Cela se situe dans le sens de l’histoire, mais on a vraiment l’impression qu’un palier a été franchi lors de cette compétition. La notion de petite équipe ou de tirage facile semblent être désormais à ranger aux oubliettes. Ce n’est évidemment pas la France et l’Italie qui diront le contraire, elles qu’on pensait être les plus gâtées par le tirage au sort.
Le football s’uniformise, c’est désormais évident. On peut d’ailleurs noter que la seule nation qui n’a pas du tout été au niveau, la Corée du Nord, est la seule à être renfermée sur elle même. Les compétitions de clubs permettent aux joueurs du monde entier de se rencontrer constamment tout au long de l’année. Cette Coupe du Monde n’a donc concerné quasiment que des joueurs habitués au niveau international et l’homogénéité de la compétition n’en a été que renforcée.
On peut cependant désigner un grand gagnant de ce premier tour, à savoir l’Amérique du Sud, qui place ces 5 représentants au deuxième tour, dont 4 ont fini premier de leur poule. Du coup, le monde se prend à rêver d’une finale Argentine-Brésil. Mais si l’Europe a connu des déceptions, elle peut compter sur le duo Pays-Bas et Espagne pour rivaliser avec les Sud-Américains sur la qualité du jeu proposé. Sur les résultats, ça, seule la suite de la compétition en décidera.
En 1998, les deux plus grandes puissances économiques mondiales, les Etats-Unis et le Japon, avaient fini dernières de la compétition. Cette année, ils joueront tous les deux les 8ème de finale. C’était déjà le cas en 2002, mais cela nous rapproche du jour où un pays ne faisant pas partie de l’élite historique du ballon rond sera sacré champion du monde. Ce ne sera peut-être pas pour cette fois, mais l’échéance est proche. Et si on évoque souvent la perspective qu’un pays africain remporte la compétition, le nouvel ordre mondial qui s’annonce pourrait bien venir d’outre-Atlantique.
Mais là encore, seule la compétition nous donnera la réponse…
Dans mon billet de mardi, je vous avais déjà fait part de mon agacement face aux réactions ridiculement auto-satisfaites des journalistes et autres consultants à qui on demandait leur avis sur le fiasco des Bleus en Afrique du Sud. Mais lorsque j’ai écrit ces lignes, j’étais encore loin de me douter de l’ampleur que tout cela allait prendre, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. C’est tout simplement un grand n’importe quoi, un n’importe quoi qui repousse les frontières du n’importe quoi. Bref un n’importe quoi qui a engendré un autre n’importe quoi…
Que Nicolas Sarkozy s’agite dans tous les sens, annule des réunions de préparation du G20 pour recevoir Thierry Henry, personne n’est dupe, c’est surtout pour détourner l’attention médiatique de la grogne sociale sur les retraites. Quant à la sortie de Roselyne Bachelot à l’Assemblée, qui semblait prête à ressortir la guillotine, on a touché là des sommets de… n’importe quoi… Oui, bon je sais, ça fait déjà de nombreuses fois que j’emploie cette expression dans ce billet, mais c’est vraiment celle qui résume le plus parfaitement ce que je pense de la réaction des uns et des autres.
Que les journalistes soient prêts à raconter tout et n’importe quoi pour faire vendre du papier, ce n’est pas nouveau non plus. J’aimerais bien en entendre certains rappeler que toute la merde autour d’Anelka est née de la une de l’Equipe rapportant des propos passablement déformés. Il faut relire à quel point l’article est bourré de certitudes, comme si le journaliste avait été lui-même dans le vestiaire à ce moment-là. On ne saura jamais ce qui s’est réellement passé dans cette équipe au quotidien, dans l’intimité. Mais je reste persuadé que dans tout ce qu’affirment les commentateurs avec une violence inouïe et aucune remise en question, il y’a une large part de fantasme.
Encore une fois, je ne vais pas user mon clavier à parler de tout ça. Ca serait faire trop d’honneur à tous ceux qui cherchent avant tout à se faire mousser. Le seul moyen d’améliorer l’image et l’ambiance en Equipe de France est de lui faire retrouver des résultats à hauteur de la qualité des joueurs qui la composent. Laurent Blanc est là pour ça, faisons lui confiance pour réussir. Quant au fonctionnement de la fédération, il était le même en 98… Les jours d’Escalettes à la tête de cette institution presque centenaire sont comptés. Après qu’il parte demain ou en décembre, cela ne changera pas la face du football français, juste un peu l’épaisseur du ridicule dans lequel il se complet depuis quelques jours.
Les réflexions de fond ne se font pas à chaud. Par contre, les candidatures spontanées pour un poste à la fédération, visiblement oui…
« Le calice jusqu’à la lie » est l’expression toute faite qui vient à l’esprit en pensant à ce France-Afrique du Sud. Le miracle n’a évidemment pas eu lieu, mais la défaite et la manière dont elle est intervenue rajoute plusieurs couches au parcours abracadabrantesque de l’Equipe de France. Mais on sait très bien qu’en football comme ailleurs la chance et la réussite se provoquent et l’ensemble des acteurs de cette histoire n’ont jamais fait quoique ce soit pour qu’elles soient de notre côté.
Même si elle a commencé depuis quelques jours, la chasse aux responsables va désormais occuper le champs médiatique. En écrivant ces lignes, je regarde l’émission de TF1 qui suit ce match. Et là, on se dit qu’entre juge et accusé, la différence est parfois ténue. C’est un festival de « moi, je l’ai toujours dit… ». Combien même c’est vrai, l’humilité est visiblement une qualité partagée par personne.
Alors du coup, je vais m’abstenir d’écrire l’article que j’avais l’intention d’écrire, tourner la page, savourer le reste de cette Coupe du Monde et attendre Laurent Blanc.
Malgré mon goût prononcé pour l’animation nipponne, Summer Wars est une nouvelle fois un film que je n’avais, à la base, pas du tout prévu d’aller voir. L’affiche, les images que j’avais pu en voir ne me donnaient pas spécialement envie. Puis, j’ai vu à quel point les critiques étaient élogieuses, ma curiosité a été piquée, j’ai creusé un peu la question et découvert que l’histoire avait l’air quelque peu différente de ce que j’avais pu imaginer. Je me suis donc laissé tenté et je ne l’ai pas du tout regretté.
Kenji, jeune lycéen timide mais surdoué en mathématiques, est recruté par la plus jolie fille de l’école, Natsuki, pour venir passer 4 jours auprès de la famille de cette dernière, un clan très ancien, au milieu de la campagne japonaise et les aider à organiser le 90ème anniversaire sa grand-mère. Mais elle lui a caché qu’elle comptait avant tout sur lui pour se faire passer pour son fiancé. Le soir de son arrivée, il reçoit un mystérieux e-mail chiffré. Le lendemain, Oz, sorte de mélange entre Facebook et Second Life, se retrouve piraté et plonge le monde dans un chaos inattendu.
Vous l’aurez compris, Summer Wars est un film aux facettes multiples. Une sorte de rencontre entre Matrix et Gosford Park, entre chronique familial et aventures dans le cyber-space. Ca peut dérouter quelque peu, j’avoue que cela m’a laissé longtemps circonspect, mais au final l’articulation entre les deux se fait très bien. Les différents aspects s’enrichissent mutuellement pour nous offrir un bouquet original, même si chaque fleur est plutôt classique. L’intensité du récit va crescendo et sur la fin, on rentre vraiment totalement dans cette histoire inattendue.
Ne croyez pas que Summer Wars soit réservé aux geeks. Certes, il compte de nombreuses références à la cyberculture, mais n’en est pas pour autant un sous-produit. Ce n’est pas un film pour initiés, remplis de codes mystérieux et incompréhensibles pour le plus grand nombre. Ce n’est pas non plus un amas de clichés pondus par des auteurs qui ne connaîtraient pas bien leur sujet. C’est simplement une histoire, proche du film catastrophe, résolument moderne et ancrée dans la culture de son époque.
Summer Wars est aussi un film sur la famille, version Japon traditionnel. On y retrouve le face à face classique entre l’ancêtre respecté et le fils prodigue. Mais là encore, le film replace tout ça dans un contexte très moderne et la confrontation entre ce modèle clanique ancien et le Japon occidentalisé est au cœur du scénario. La grande force de ce film repose sur le fait que tous ces éléments sont réappropriés pour former une œuvre vraiment originale et non simplement repris tels qu’on les a déjà vus mille fois.
Summer Wars est un mélange d’humour et d’action typiquement japonais. Un Occidental peut parfois être dérouté par ces grimaces ou cette bouffonnerie parfois vraiment premier degré à des moments quelques fois surprenants. Mais cela était déjà vrai dans le cinéma nippon classique, Kurosawa au premier chef, on le retrouve dans le cinéma d’animation moderne, avec évidemment toutes les possibilités offertes par les effets « cartoons ».
Visuellement, Summer Wars est un film d’animation nippon très classique. Pas de délires visuels à la Miyazaki, mais un aspect « dessin » totalement assumé. On ne cherche pas ici à imiter la réalité, mais à nous raconter une histoire sous forme de dessins animés. L’animation est fluide, les personnages ne se ressemblent pas (ce qui est parfois le défaut des dessins-animés nippons) et leurs yeux sont moins immenses que d’habitude. Bon, pour autant, ils ne ressemblent en rien à des Japonais, mais ça, ce n’est pas demain la veille que cela va changer.
Summer Wars est donc une très bonne surprise. Un film d’animation riche, aux thèmes multiples traités avec intelligence. Bref, un très bon film.
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