
Nevada nous raconte bien le face à face entre deux personnalités et deux caractères. Le cheval est ici réellement un personnage à part entière, auquel il ne manque que la parole. Et encore, cette dernière ne s’avère pas forcément indispensable car son vis-à-vis ne se montre guère disert. C’est d’ailleurs sans doute ce point commun qui rend crédible la manière dont l’humain va évoluer au contact de l’animal… et réciproquement. Chacun apprivoise l’autre à sa manière, même si chacun gardera cette part de « sauvagerie » qui en feront des êtres à part. Le plus grand mérite de Laure de Clermont-Tonnerre est d’avoir réussi à nous raconter tout cela sans jamais nous proposer un film contemplatif, mais en offrant au contraire à son récit, et par là même au spectateur, une tension narrative constante. Il est vrai que le milieu carcéral offre bien des possibilités pour cela, par la violence omniprésente qui y règne.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Réalisation : Laure de Clermont-Tonnerre
Scénario : Brock Norman Brock, Mona Fastvold et Laure de Clermont-Tonnerre
Photographie : Ruben Impens
Montage : Géraldine Mangenot
Musique : Jed Kurzel
Direction artistique : Molly Bailey
Décors : Laurel Frank et Nova May
Costumes : April Napier
Production : Alain Goldman, co-production : Cédric Iland, Nadia Khamlichi et Adrian Politowski
Producteur exécutif : Robert Redford
Durée : 1h 36 min.
Casting :
Matthias Schoenaerts : Roman
Jason Mitchell : Henry
Gideon Adlon : Martha
Bruce Dern : Myles
Josh Stewart : Dan
Thomas Smittle : Tom
Keith Johnson : Elijah
Noel Gugliemi : Roberto
Connie Britton : la psy
Il est de bon ton ces derniers temps de gloser sur le manque d’imagination et de renouvellement chez les scénaristes. Surexploitation des franchises, suites à n’en plus finir, remake, reboot, prequel… Bref beaucoup de réchauffé et de recettes éculées et peu de nouveautés à se mettre sous les yeux des gourmets cinématographiques. Mais au milieu de tout ça, il reste quand même quelques bonnes raisons de se réjouir. La saga Toy Story en fait partie. Son quatrième volet, sorti ces dernières semaines, démontre avec brio qu’elle n’est toujours pas arrivée au bout de ce qu’elle peut nous offrir. En réalisation du changement dans la continuité, les studios Pixar nous émerveillent une nouvelle fois.
Toy Story 4 est aussi évidemment un divertissement familial, avec son lot d’aventures, de péripéties et de rebondissements. Le dosage entre action et réflexion autour des personnages est proche de la perfection. Le film nous propose quelques petits moments de bravoure franchement enthousiasmants. L’histoire est soutenue par un souffle épique qui ne laisse pas le spectateur s’ennuyer une seule seconde. Ces deux facettes du film sont réellement en synergie, ce qui lui confère une dimension incomparable par rapport aux autres sagas Pixar, qui sont déjà pour la plupart des nids à petits chefs d’œuvre. Il est tout à fait possible qu’après cette épisode, les producteurs ne résistent pas à la tentation de nous en proposer un cinquième. Bizarrement, on ne s’en plaindra pas.
Prendre un nouveau départ, repartir de zéro, faire table rase du passé pour recommencer sur de nouvelles bases. Voilà qui peut donner envie et permettre de rallumer une flamme que l’on pensait éteinte. Après un troisième volet décevant, la franchise Men In Black semblait être arrivée à son terme définitif. Mais toujours prêts à exploiter la moindre trace de nostalgie, les producteurs ont décidé qu’elle devait renaître de ses cendres, avec de nouveaux acteurs et même une nouvelle localisation, puisque Men In Black : International nous emmène en Europe, entre Londres et Paris. Mais parfois, il vaut mieux rester chez soi.
Le casting parlons en. Il constituait le principal motif d’espoir d’assister à un nouveau départ réellement réjouissant. Chris Hemsworth n’est toujours pas le meilleur acteur du monde, mais dégage toujours cette aura de sympathie assez unique. Mais ici, il ne se donne vraiment pas la peine d’en faire plus que le strict nécessaire. Il est totalement éclipsé par Tessa Thompson qui est la seule à sembler y croire vraiment, mais sans parvenir à vraiment nous enthousiasmer. Quant à Liam Neeson et Emma Thomson, ils s’amusent visiblement, mais semblent chercher un rôle facile et amusant plutôt qu’à nous éblouir et postuler pour un Oscar. On leur pardonne de ne pas en faire plus que le minimum tant le scénario est parfois indigent et d’une totale platitude. On pardonne moins aux producteurs de nous imposer ça.
Certaines personnes s’avèrent particulièrement horripilantes. Non pas parce qu’elles ont beaucoup de talent, ce que l’on pardonne quand même aisément. Mais parce qu’elles ont beaucoup de talents, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Quentin Dupieux fait partie de ces gens-là. Parce qu’en plus d’être Quentin Dupieux, réalisateur, il est aussi connu pour être Mr Oizo, musicien électro qui a connu son heure de gloire au début des années 2000. Au cinéma, il s’est spécialisé dans les OVNI cinématographiques. Mais des OVNI de très grande qualité. Après Réalité et Au Poste !, il revient avec le Daim, un film qui a fait beaucoup parler de lui (en bien !) au dernier Festival de Cannes.
La réussite du film doit beaucoup au couple actrice-acteur qui lui donne vie. Il faut dire que Quentin Dupieux parvient toujours à rassembler des castings de très haut niveau pour des films aussi courts à aussi petit budget. Preuve d’à quel point son talent est reconnu. Jean Dujardin est parfait, en faisant preuve d’une certaine retenue alors que le rôle appelait facilement le cabotinage. Cependant, il est presque éclipsé par une Adèle Haenel d’abord discrète mais qui donne une épaisseur progressive à son personnage, avant de crever l’écran. Ils parviennent tous les deux à rendre totalement crédible leur personnage respectif, ce qui n’était pas gagné d’avance (mais encore une fois, je ne dirai rien). En tout cas, que vous soyez fan ou non des blousons en cuir à franges, n’hésitez pas un seconde à aller voir le Daim.
Certains films reçoivent des avis négatifs de la part des spectateurs, non pas parce qu’ils sont de mauvaise qualité dans l’absolu, mais parce qu’ils créent de la déception en ne se révélant pas être ce qu’ils semblaient être au premier abord. On peut légitimement penser que c’est ce qui se passe avec Zombi Child dont le titre pourrait être celui d’un film d’horreur tout à fait classique. Mais quand on voit que Bertrand Bonello est derrière la caméra, on se doute alors qu’il s’agit d’une œuvre plutôt cérébrale et hors des sentiers battus. Faut-il encore savoir qui est Bertrand Bonello. Et puis, très honnêtement, même en sachant pertinemment ce que l’on va voir, on peut fort bien trouver ce film fort ennuyeux.
Betrand Bonello se montre particulièrement habile avec une caméra et nous offre de très belles images, à l’esthétisme travaillé. Mais comme souvent avec lui, on a quelque peu l’impression qu’il s’en contente et oublie que de belles images n’ont jamais fait un film à elles toutes seules. Cette légère autosatisfaction contemplative se remarquait déjà dans Saint Laurent et se retrouve clairement dans Zombi Child. Cela noie aussi quelque peu la jolie performance d’ensemble du casting adolescent. Le résultat final s’avère donc plus décevant qu’enthousiasmant. On en ressort surtout avec une légère impression de gâchis car tous les éléments se trouvaient rassemblés pour proposer un film d’un tout autre intérêt.
La franchise Avengers vient de connaître un épilogue grandiose qui a fait la une de l’actualité et provoqué des queues sans fin au cinéma. L’autre grand univers cinématographique Marvel, celui des X-Men, connaît quant à lui une plongée progressive vers l’indifférence. Il faut dire que le précédent épisode s’avérait fort mauvais et les spin-offs n’ont vraiment valu le coup que lorsqu’ils se montraient franchement décalés (Logan et Deadpool). Alors ce X-Men : Dark Phoenix ne pouvait que redresser la barre. Mais force est de constater qu’il n’y parvient que de manière très limitée.
X-Men : Dark Phoenix sous-exploite totalement son casting XXL. Les habitués de la franchise, James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence nous proposent des performances paresseuses sans émotion. Ils donnent vraiment l’impression d’attendre avec impatience de
Une Palme d’Or est rarement un film comme les autres. On attend d’elle qu’elle soit suffisamment originale pour déstabiliser le spectateur. Alors on peut s’étonner de voir l’une d’entre elle vendue par les distributeurs comme étant « la Palme d’Or la plus accessible depuis Pulp Fiction ». Cependant, en découvrant le caractère dithyrambique des critiques de Parasite, on pouvait se dire qu’une exceptionnelle qualité compenserait largement le caractère quelque peu conventionnel. C’est donc avec beaucoup d’espoir que je me suis rendu dans une salle obscure pour découvrir ce film. L’espoir d’assister au chef d’œuvre annoncé. Incontestablement, j’aurais assisté à un très bon film.
Parasite méritait-il la Palme d’Or ? Voilà un passionnant débat… que je vais vous épargner. Le jury est souverain et la qualité globale du film mérite bien un prix. Celui-là ou un autre, ça reste à voir. Ce film prouve une nouvelle fois l’incroyable richesse du cinéma coréen, qui nous fait découvrir à chaque nouvelle production de nouveaux interprètes absolument formidables. Il faut dire que ce film offre une galerie de rôles particulièrement savoureuse. La réalisation est quant à elle relativement classique, mais totalement maîtrisée. Ici et ailleurs, il manque peut-être un vrai grain de folie pour faire basculer définitivement ce film dans une toute autre dimension. Mais la dimension où il se situe reste déjà inaccessible au commun des longs métrages.
Avant d’écrire cette critique, on m’a posé une question assez bête, mais totalement légitime. En effet, après avoir mentionné que j’avais été voir John Wick Parabellum, j’ai précisé que j’avais trouvé le premier volet assez nul (je me cite). La question fut alors : pourquoi du coup être allé voir les deux autres ? J’ai bien eu du mal à répondre à cette question. En effet, je ne me rappelle absolument pas ce qui m’avait poussé à aller voir la première suite. Des critiques pas trop mauvaises je pense car c’est effectivement ce qui m’a poussé à aller voir ce troisième épisode. Je dois d’ailleurs leur donner raison. Dans une certaine mesure.
Malgré tous ces défauts, John Wick Parabellum possède une petite dose de charme inexplicable. L’univers qui tourne autour du personnage central continue de s’enrichir et rend l’histoire infiniment moins basique qu’au début de la saga. On a plaisir à y retourner et on aura plaisir à y revenir car la fin ouvre clairement sur un quatrième volet. Keanu Reeves continue d’être ce qu’il a toujours été, à savoir un acteur moyen mais avec un charisme suffisant pour qu’on ressente quand même du plaisir en le voyant à l’écran. En fait, cela résume parfaitement ce film. Un film moyen qui nous donne du plaisir quand même. Et pourquoi se priver d’un petit plaisir ?
Disney est sur le point de réussir son pari. Enfin un parmi les nombreux paris qui rythment la vie de cette entreprise. Après avoir tâté discrètement le terrain l’année dernière avec le Livre de la Jungle (que je n’ai pas vu et que je ne jugerai donc pas), la maison aux oreilles rondes a décidé de frapper fort cette, avec trois adaptations en prises de vue réelles de trois des plus emblématiques dessins-animés de son patrimoine. Le premier étage de la fusée, Dumbo, avait permis un décollage réussi. Mais avec un pilote aussi talentueux que Tim Burton, on pouvait s’y attendre. La suite, Aladdin, s’avérait plus risqué avec Guy Richie aux manettes. Mais il dirige finalement son vaisseau avec une maîtrise remarquable.
Aladdin bénéficie d’un casting quelque peu inégal. Mena Massoud est assez falot et constitue très clairement la plus grande limite de ce film. A ses côtés, Will Smith est égal à lui-même, ce qui représente tout de même un joli compliment. Lui aussi fait preuve d’une certaine retenue bienvenue, qui tire le film vers le haut. Mais de toute façon, tout cela n’a que peu d’importance car ces deux-là sont totalement éclipsés par Naomi Scott dont le charme est foudroyant. Elle illumine littéralement l’écran et rien que pour elle, on aurait envie que le film se prolonge encore un peu. Tout le monde évolue dans des décors magnifiques et revêt des costumes sublimes. On comprend mieux alors pourquoi on passe un si bon moment devant ce divertissement familial de très bonne facture. Il nous donne surtout beaucoup d’espoir pour le dernier volet du triptyque, le Roi Lion, qui arrive très bientôt sur nos écrans.
Quand on veut se marrer un grand coup, quand on veut assister à un spectacle léger et drôle, quand on veut assister à un film à grand spectacle qui vous en met plein la vue, il y a une chose à ne pas faire, jamais, en aucun cas : aller voir un film des frères Dardenne. Par contre, lorsque l’on veut assister à une œuvre aboutie, où le fond importe plus que la forme, émouvante et qui pousse à la réflexion, alors leur cinéma est parfait pour cela. Une nouvelle démonstration nous vient du Jeune Ahmed, où les cinéastes belges s’attaquent au sujet délicat de la radicalisation des plus jeunes vers une mouvance islamique extrême. Mais force est de constater qu’ils s’en sortent avec beaucoup de brio.
Une nouvelle fois, les frères Dardenne ont décidé de faire de la sobriété une religion artistique. Comme la plupart de leurs œuvres (peut-être toutes, mais j’ai la flemme de vérifier), le Jeune Ahmed ne comporte aucune musique, à part au générique de fin. On se retrouve donc plongé vraiment dans un cinéma du réel, sans aucune fioriture. C’est là leur grande force et leur marque de fabrique, mais aussi la limite d’un septième art auquel on enlève certaines de ses dimensions. Le résultat aurait-il pu être encore plus frappant avec une réalisation différente, personne ne pourra jamais répondre. Mais quand un film est déjà aussi bon, il est de toute façon pas très utile d’en rajouter.
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