UN AMOUR IMPOSSIBLE : Raté critique

unamourimpossibleafficheLe moment critique… celui où tout bascule, où l’histoire prend un tournant dramatique qui lui donne tout sa grandeur et toute sa force. Ce moment est évidemment crucial et pas question pour un réalisateur de le rater sous peine de voir tout l’édifice de son œuvre s’écrouler. Ou du moins prendre un peu de plomb dans l’aile. Difficile après de prendre tout le reste au sérieux, même quand le propos n’a plus rien de léger. C’est exactement ce qui arrive à Un Amour Impossible. Un film qui aurait pu être poignant et magnifique. Au final, le résultat est quelque peu bancal.

Je ne dirais évidemment rien sur ce twist raté. J’indiquerais simplement qu’une partie de la salle s’est mise à rire, quand elle aurait du être saisie d’une stupeur dramatique. Un rire un peu honteux, vu ce qui est dit à ce moment là, mais un rire sincère et incontrôlable. La manière est tellement maladroite qu’on ne peut s’en empêcher. La maladresse est un pêché véniel que l’on peur pardonner facilement. Le spectateur parvient tout de même à apprécier tout le reste et finira même par être ému par Un Amour Impossible. Mais jamais avec l’intensité qui aurait pu naître sans ce petit gâchis. Il reste tout de même une histoire qui valait bien un film et des personnages qui eux sont magnifiques.

unamourimpossibleJ’ai maintes fois souligné ici la manière dont Virginie Efira devient, film après film, rôle après rôle, une belle et, désormais on peut le dire, grande actrice. Elle confirme dans Un Amour Impossible que son registre est large et qu’elle peut véritablement porter des émotions et les sublimer. A ses côtés, Niels Schneider est réellement éblouissant. Son jeu tout en retenu, mais parfaitement ciselé donne vraiment une dimension supplémentaire à son personnage. Globalement, la réalisation de Catherine Corsini est plutôt élégante et maîtrisée. Une maîtrise qui se relâche l’espace d’un instant. Mais un instant trop crucial pour passer inaperçu.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Chaz productions, Artémis Productions, France 3 Cinéma, Le Pacte, Shelter prod, Voo
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Catherine Corsini
Scénario : Catherine Corsini, Laurette Polmanss, inspiré du roman de Christine Angot
Montage : Frédéric Baillehaiche
Photo : Jeanne Lapoirie
Décors : Toma Baqueni
Musique : Grégoire Hetzel
Durée : 135 min

Casting :
Virginie Efira : Rachel
Niels Schneider : Philippe
Camille Berthomier : Vhantal adulte
Estelle Lescure : Chantal adolescente
Iliana Zabeth : Gaby
Coralie Russier : Nicole
Gaël Kamilindi : Franck
Simon Bakhouche : Alain
Pierre Salvadori : le médecin

EN LIBERTE ! : Pierre le grand

enliberteafficheLa comédie est un genre cinématographique où le cinéma français possède une singularité qui fait sa grandeur. Et parmi tous ceux qui ont contribué à lui donner cet éclat, Pierre Salvadori occupe une belle et grande place. Cible Emouvante, les Apprentis, Dans la Cour, autant de films qui allient rire, intelligence et beaucoup d’humanisme. Avec En Liberté !, il signe un nouveau petit moment de pur bonheur cinématographique drôle, sympathique et parfois même émouvant. Avec le Grand Bain, il forme un duo qui nous rappelle ces derniers jours tout ce que le 7ème art tricolore a de meilleur. Et c’est vraiment bon !

En Liberté !, c’est avant tout un quatuor de personnages particulièrement réussis. Des personnages terriblement attachants, alors qu’ils auraient pu être terriblement antipathiques. Mais ils sont frappés d’une folie douce qui les rend aussi sympathiques qu’imprévisibles. Par la même occasion, ils rendent le scénario également imprévisible. Si on ajoute à cela, un rythme soutenu et des éclats de rire intenses et fréquents, le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer, ni de raison de bouder son plaisir. L’humour est présent à tous les degrés et se révèle remarquablement efficace. Une comédie riche et pleinement réussie donc.

enliberteQuatuor de personnages et donc quatuor d’acteurs. Audrey Tautou et Damien Bonnard jouent les seconds rôles, mais s’acquittent de leur tâche avec assez de talent pour que leur rôle soit tout de même réellement marquant. Pio Marmaï nous livre un numéro dont il a le secret. Rien de fondamentalement nouveau pour lui, mais Pierre Salvadori a su le pousser vers plus d’intensité et moins de cabotinage. La vraie star de En Liberté ! reste cependant Adèle Haenel qui confirme qu’elle est une actrice éblouissante sur tous les terrains. Elle apporte à ce film une touche de charme supplémentaire qui finit d’emporter l’adhésion du spectateur, qui serait bien rester prisonnier avec elle dans la salle encore un peu.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Les Films Pelléas, La Banque Postale Images, France 2, SOFICA Manon, Soficinema
Réalisation : Pierre Salvadori
Scénario : Pierre Salvadori, Benjamin Charbit, Benoît Graffin
Photo : Julien Poupard
Distribution : Memento films
Durée : 107 min

Casting :
Pio Marmaï : Antoine
Adèle Haenel : Yvonne
Vincent Elbaz : Jean Santi
Damien Bonnard : Louis
Audrey Tautou : Agnès

 

LE JEU : Portable, mensonges et trahison

lejeuafficheLes comédies représentent le genre cinématographique le plus susceptible de rassembler un très grand nombre de spectateurs devant les écrans hexagonaux. C’est pourquoi, on imagine bien la tentation pour un distributeur quand il s’agit de faire la promotion d’un film hybride. Insister sur les aspects du film qui font rire, quitte à en donner une vision partielle, pour ne pas dire faussée, constitue un travers courant. Ce fut une nouvelle fois le cas avec Le Jeu, dont la bande-annonce ne donnait absolument pas envie, donnant l’impression qu’il s’agissait uniquement d’une comédie lourdingue. Ont-ils eu peur de l’aspect beaucoup plus noir de ce film ? Peut-être bien !

Vous hésitez à lui vous engager en amour ? A lui dire oui pour la vie ? A construire un beau roman, une belle histoire supposée éternelle ? Alors, le Jeu n’est pas du tout fait pour vous. En effet, l’aspect léger du début tourne vite en une plongée assez vertigineuse dans une vision sombre du couple, dont la survie ne pourrait passer que par l’acceptation d’un nombre croissant de mensonges au cours des années. Ces deux faces du même film se marient remarquablement bien, dans un équilibre qui empêche chaque partie d’en faire trop ou de tourner en rond. Et surtout elles fonctionnent, l’une arrachant de vrais fous rires, l’autre étant étonnamment mordant. En tout cas, infiniment plus que ce que pouvait laisser penser la bande-annonce.

lejeuFred Cavayé a bénéficié pour le Jeu d’un casting de premier ordre. Un casting quelque peu inégal, même si cela tient avant tout à des personnages pas tous parfaitement réussis. Petite déception du côté de Vincent Elbaz, pas totalement à l’aise dans le rôle du pote un peu beauf. A l’opposé, Stéphane De Groot est parfait, juste, avec ce qu’il faut de retenu dans son jeu. Mais c’est Grégory Gadebois qui donne une vrai supplément d’âme à ce film. Il apporte une petite touche d’émotion qui rend l’ensemble plus humain et pas uniquement taillé sur mesure pour faire rire. Au final, on ressort de ce film très agréablement surpris, mais avec l’envie conjointe de vivre seul et de jeter son portable.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Fred Cavayé
Scénario : Fred Cavayé, d’après le scénario de Perfetti sconosciuti écrit par Paolo Genovese, Filippo Bologna, Paolo Costella, Paola Mammini et Rolando Ravello
Décors : Philippe Chiffre
Montage : Mickael Dumontier
Musique : n/a
Production : Stéphane Célérier, Valérie Garcia, Camilla Nesbitt et Pietro Valsecchi
Durée : 90 minutes

Casting :
Bérénice Bejo : Marie
Vincent Elbaz : Thomas
Suzanne Clément : Charlotte
Roschdy Zem : Marco
Doria Tillier : Léa
Grégory Gadebois : Ben
Stéphane De Groodt : Vincent
Fleur Fitoussi : Margot

DILILI A PARIS : Midi à Paris

dililiaparisafficheMichel Ocelot a bercé mon enfance avec la Princesse Insensible, qui passait à Récré A2 et qui m’a laissé de grands souvenirs, bien que son passage à l’écran fut assez court. Pendant les quinze ans qui suivirent, ses œuvres passèrent nettement plus inaperçues, avant qu’il ne connaisse un immense succès avec Kirikou. Depuis, il offre régulièrement sur grand écran, aux petits et aux grands, des films d’animation poétiques et esthétiques. Le dernier d’entre eux, Dilili à Paris ne restera peut-être pas comme son film le plus marquant. Mais il prouve qu’à 75 ans, ce grand artiste a encore bien de belles choses à nous proposer.

On retrouve dans Dilili à Paris un peu de Minuit à Paris de Woody Allen. Au fil de ses aventures, la jeune héroïne va croiser un nombre très important de figures marquantes du début du XXème siècle, qui vont jouer un rôle plus ou moins grand dans l’intrigue. Graphiquement, la grande originalité de ce dessin-animé est de proposer le plus souvent possible des images réelles de la capitale comme décor. Il y a clairement une volonté de Michel Ocelot de nous plonger au cœur d’une époque et de la faire revivre. Le regard porté sur les lieux et les protagonistes est clairement un regard amoureux. Un joli regard en tout cas, car ce mélange d’animation et d’images réelles fonctionne à la perfection et ajoute l’étonnement au ravissement devant la beauté graphique du résultat.

dililiaparisLe seul soucis est que tous les éléments que je viens de citer prennent du coup beaucoup de place. Cela se fait au final un peu au détriment de l’intrigue. L’histoire est sympathique, on ne s’ennuie pas, mais les rebondissements et les péripéties sonnent parfois un peu comme un prétexte pour mettre en scène tout le reste. On jette donc un regard curieux sur Dilili à Paris, pas un regard passionné et enthousiaste. Le film reste une sortie familiale réussie et intelligente, mais n’entretiendra pas forcément les conversations pendant les jours et les jours qui vont suivre. En tout cas, les amoureux de Paris auront tout de même grand plaisir à suivre la jeune Dilili.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Wild bunch, Mars films
Distribution : Mars films
Réalisation : Michel Ocelot
Scénario : Michel Ocelot
Montage : Patrick Ducruet
Photo : Michel Ocelot
Musique : Gabriel Yared
Durée : 95 min

COLD WAR : Amour polonais

coldwarafficheLe cinéma polonais n’est pas forcement celui que l’on associe le plus facilement à l’amour. Pourtant, on s’aime partout dans le monde, il n’y a donc pas de raison qu’il ne nous offre pas un peu de romantisme. Par exemple avec Cold War. Bon par contre, pour entretenir les clichés, le film est en noir et blanc, possède un fond géopolitique très présent et ne s’assimile pas vraiment à une comédie légère et heureuse. Ca reste tout de même un film polonais. Mais ce n’est par contre pas la première fois qu’il nous offre un beau film tout simplement, même si celui-ci est loin d’être parfait.

Cold War comme beaucoup d’histoire d’amour nous raconte avant tout le destin de deux êtres unis par des sentiments très forts. Mais à travers eux, on parcourt aussi le destin d’un pays, celui de la Pologne de l’après-guerre. Cela donne au scénario une vraie richesse et des intérêts multiples. Je regrette simplement que le tout mène vers un dénouement à moitié convaincant. On ressort de ce film un peu circonspect, un peu triste de partir sur une mauvaise note, alors que l’histoire est globalement bien plus belle et forte que beaucoup d’autres du même type. Un sentiment mitigé qui ne doit pas nous faire totalement oublier les autres qualités que ce film présente par ailleurs.

coldwarTout d’abord, la caméra de Pawel Pawlikowski est une des plus élégante du cinéma européen, comme il l’avait déjà prouvé avec Ida. Le recours au noir et blanc peut être vu comme un procédé facile pour donner du « style » à un film. Mais ici, le réalisateur fait preuve d’une rare maîtrise de la photographie. Le film est beau d’un point de vue purement esthétique et constitue un petit délice pour les yeux. Les images mettent surtout parfaitement en valeur le jeu subtil et maîtrisé du duo formé par Joanna Kulig et Tomasz Kot. Ils donnent vie aux sentiments et aux tourments de leurs personnages de manière convaincante. On croît à leur histoire et c’est finalement ce qui compte avant tout dans une histoire d’amour.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : MK Film Production, Opus Films
Réalisation : Pawel Pawlikowski
Scénario : Pawel Pawlikowski, Piotr Borkowski
Montage : Jaroslaw Kaminski
Photo : Lukasz Zal
Distribution : Diaphana
Durée : 84 min

Casting :
Joanna Kulig : Zula
Tomasz Kot : Wiktor
Borys Szyc : Kaczmarek
Agata Kulesza : Irena
Jeanne Balibar : Juliette

L’AMOUR FLOU : Narcissisme réjouissant

lamourflouafficheMettre sa propre vie en scène pour en faire un film, faire des membres de sa famille des acteurs plus ou moins volontaires, voilà une pratique singulière mais qui deviendrait presque une habitude au sein du cinéma français. La Guerre Est Déclarée avait montré la voie, dans un autre genre, Carré 35 avait suivi. Désormais, il y a aussi l’Amour Flou où Romane Bohringer et Philippe Rebbot nous racontent, ou plutôt reconstituent, leur séparation pas comme les autres. Il faut posséder une légère tendance au narcissisme pour penser que sa propre histoire est assez intéressante pour donner naissance à un long métrage. Mais le narcissisme n’est visiblement pas toujours un défaut.

L’Amour Flou reste avant tout une comédie. On a du mal à démêler la part de vérité dans les anecdotes racontées ici. Mais beaucoup d’entre elles nous arrachent de vrais éclats de rire, alors au final on s’en moque un peu. On imagine facilement que Romane Bohringer et Philippe Rebbot ont voulu apporter un témoignage, mais finalement le côté « vécu » reste avant tout un prétexte à ce moment de légèreté cinématographique. Cette histoire est au final trop grosse pour ne pas être vraie, mais elle est surtout drôle, originale, touchante. Il se dégage surtout énormément de positivité de ce récit qui en fait un feel good movie réjouissant.

lamourflouInterpréter son propre rôle est-il encore jouer la comédie ? Dans l’Amour Flou, oui, clairement, car Romane Bohringer et Philippe Rebbot se mette réellement en scène. A tel point qu’on se dit que ce ne devait pas être un rôle si facile que ça. Trouver la bonne distance, ne pas en faire trop ou au contraire pas assez, ils y parviennent à la perfection et prennent ainsi à leur film de fonctionner. Ils prennent surtout un malin plaisir à donner vie à de nombreux seconds rôles tous très réussis. Un plaisir largement partagé par le spectateur qui parcourt cette grosse heure et demi le sourire aux lèvres et garde ce dernier un bon moment en sortant de la salle. Un film sur une jolie séparation qui donne au final très envie d’aimer.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Romane Bohringer et Philippe Rebbot
Scénario : Romane Bohringer et Philippe Rebbot
Photographie : Bertrand Mouly
Montage : Claire Cloarec
Musique : Arnaud Fleurent-Didier
Producteur : Denis Carot et Sophie Révil
Durée : 97 minutes

Casting :
Romane Bohringer : Romane
Philippe Rebbot : Philippe
Rose Rebbot-Bohringer : Rose
Raoul Rebbot-Bohringer : Raoul
Reda Kateb : Reda
Clémentine Autain : Clémentine
Pierre Berriau : Ra
Astrid Bohringer : la mère de Romane
Lou Bohringer : la sœur de Romane
Richard Bohringer : le père de Romane
Delphine Berger Cogniard : Delphine
Vincent Berger : Nicolas le promoteur
Brigitte Catillon : la psy de Romane
Aurélia Petit : la psy de Philippe
Aurélien Chaussade : Aurélien
Riton Liebman : le redresseur de stores
Gabor Rassov : le directeur de l’école
Roland Rebbot : le père de Philippe
Nicolas Rebbot : le frère de Philippe
Olivier Rebbot : le frère de Philippe
Noémie Schmidt : Léa
Céline Sallette : la femme qui dépoussière
Michel Didym : le metteur en scène
Valérie Crouzet : la femme qui veut tout
Benoît Cohen : l’homme qui ne croit pas à la séparation

GIRL : La tête et les jambes

girlafficheOn mesure souvent la qualité d’un jeu d’acteur à l’émotion véhiculée par un visage et des expressions, par la manière dont l’intonation, le timbre d’une voix sublime un texte. On oublie aussi souvent que le corps d’un comédien constitue aussi un élément déterminant de sa performance. Evidemment, certains sujets mettent particulièrement en avant cet état de fait. Le rapport au corps est un thème pas toujours facile, mais qui a donné de très beaux films au cours de l’histoire du 7ème art. Girl est à ajouter à cette longue liste. Il prouve surtout encore une fois la capacité du cinéma belge de nous offrir des films audacieux et de très grande qualité.

Girl repose avant tout sur son personnage principal. Cependant, il ne se contente pas d’être un film portrait. Il traite à travers lui de nombreux sujets dont la portée est bien plus universelle qu’un simple destin individuel. Ce mélange d’attachement profond à une jeune fille que l’on apprend à connaître et d’une réflexion profonde donne toute sa richesse à ce film. Ce dernier interroge le spectateur, peut le troubler et lui apporte aussi beaucoup d’émotion directe et sincère. Le tout se terminera avec une scène qui peut difficilement laisser indifférent. Un moment d’intensité dramatique rare qui laisse le spectateur sur une sensation forte et profondément marquante.

girlGirl repose ainsi beaucoup sur la performance extraordinaire du jeune Victor Polster. C’est tout son être qu’il offre au film, son corps, mais aussi certainement une partie de son âme. Il est évident qu’un tel rôle ne laisse pas indemne et qu’il le marquera profondément. Il permet surtout au spectateur de découvrir une comédien hors du commun qu’on a hâte de revoir. La réalisation de Lukas Dhont est d’une rare élégance. Sa caméra reste très pudique, alors que le corps de ses personnages jouent un rôle central. Elle trouve la bonne distance pour faire de ce film un film aussi beau qu’il est intéressant. Seul bémol, un rythme de narration parfois un peu faible et qui nous fait parfois flirter avec l’ennui. Avec un petit quart d’heure de moins, ce long métrage aurait été tout simplement inoubliable.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Frakas productions, Topkapi films
Réalisation : Lukas Dhont
Scénario : Lukas Dhont, Angelo Tijssens
Montage : Alain dessauvage
Photo : Frank van den Eeden
Distribution : Diaphana
Musique : Valentin Hadjadj
Directeur artistique : Philippe Bertin
Durée : 105 min

Casting :
Victor Polster : Lara
Aieh Worthalter : Mathias
Oliver Bodart : Milo
Tjmen Govaerts : Lewis
Katelijne Damen : le médedin
Valentijn Dhaenens : Le psy
Magali Elali : Christine

LE GRAND BAIN : Plongez sans hésiter

legrandbainafficheLa chance du débutant existe-t-elle ? Vous avez quatre heures… Allez épargnons-nous ce débat passionnant, mais un peu vain. Et reconnaissons simplement l’immense talent de Gilles Lellouche en tant que réalisateur. Certes, nous n’avons à ce jour qu’un seul film pour en juger (bon techniquement, ce n’est pas tout à fait vrai, j’admets… passons…), mais Le Grand Bain est d’assez grande qualité pour lancer cette affirmation sans avoir trop peur de se tromper. Un condensé d’humour et de gravité particulièrement enthousiasmant qui donne envie de se jeter à l’eau. Gilles Lellouche l’a fait en osant passer seul de l’autre côté de la caméra et on ne pourra que le remercier de cette heureuse initiative.

Le Grand Bain bénéficie en premier lieu d’un excellent scénario. Il est remarquablement bien écrit, nous offrant une fantastique galerie de personnages. Et surtout, il ne se contente pas d’une série de portraits. L’histoire offre de vrais rebondissements et quelques jolis changements de perspective. On ne s’ennuie pas une seule seconde et on se demande jusqu’au bout où le récit va nous mener. Mais la plus grande qualité de ce scénario reste sa richesse. En effet, si on rit énormément, le film nous dévoile également le côté le plus pathétique des protagonistes, sans jamais rien édulcorer. Et ses opposés se marient ici dans une parfaite synergie pour nous livrer un résultat particulièrement étonnant et détonnant.

legrandbainMais la qualité de Le Grand Bain ne s’arrête pas là. Le film est aussi admirablement réalisé. La scène finale de ballet est un modèle à montrer dans toutes les écoles de cinéma. Si on ajoute à cela une direction d’acteur totalement maîtrisée (Benoît Poelvoorde ne cabotine jamais…), on ne peut que saluer la qualité artistique du cinéaste Gilles Lellouche. Certes, il bénéficie d’un casting relativement hors du commun, ce qui facilite grandement la tâche, mais il tire tout le monde vers le haut, même les rôles bénéficiant d’un interprète moins prestigieux sont remarquables. Le tout donne un grand moment de bonheur cinématographique dans lequel chacun pourra plonger sans aucune retenue.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Chi-fou-li productions, Cool Industrie, StudioCanal, TF1 Films production, Artémis productions, Voo, BeTV, RTBF
Réalisation : Gilles Lellouche
Scénario : Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini
Montage : Simon Jacquet
Photo : Laurent Tanguy
Décors : Florian Sanson
Distribution : StudioCanal
Musique : John Brion
Durée : 118 min

Casting :
Félix Moati : John
Philippe Katerine : Thierry
Mathieu Amalric : Bertrand
Benoit Poelvoorde : Marcus
Guillaume Canet : Laurent
Jean-Hugues Anglade : Simon
Virginie Efira : Delphine
Leïla Bekhti : Amanda
Marina Foïs : Claire
Alban Ivanov : Basile

FIRST MAN : Clair de lune

firstmanafficheEnvoyer un homme sur la lune reste un de plus grands accomplissements de l’humanité. Il est étonnant que cet événement planétaire occupe finalement une place assez congrue au cinéma. C’est désormais moins vrai avec First Man, le nouveau film de Damien Chazelle. Avec ce film, le réalisateur de La La Land, explore de nouveaux horizons. On pouvait espérer qu’il nous emmène plus haut et plus loin, suivant les traces de la mission Apollo. Au final, il nous livre un bel objet cinématographique, mais un peu froid. Un peu comme un clair de lune donc.

En nous offrant un film où la musique n’occupe pas le rôle central, Damien Chazelle a pris le risque d’abandonner ce qui avait fondé jusqu’à présent son succès. Mais en faisant ce choix, il a aussi perdu un peu de sa personnalité artistique. First Man reste un film d’un grand classicisme, sur la forme et sur le fond. Certes, le scénario nous parle de l’homme derrière le héros, brisant l’icône pour nous montrer toutes les failles qui le traversent. Mais tout cela est fait de manière assez froide et distancée. On ne retrouve pas ici dans le personnage de Neil Armstrong, les émotions sublimées qui parcouraient le batteur de Whiplash. Du coup, le spectateur n’en ressent pas autant qu’il aurait espéré.

firstmanD’un point de vue purement formel, First Man reste une très belle leçon de cinéma. Chaque plan est finement ciselé et ne peut être l’œuvre que d’un grand réalisateur. C’est beau, c’est incontestable, mais d’une manière totalement académique. On est admiratif certes, par contre jamais emporté ou totalement enthousiaste. La performance de Ryan Gosling est à l’image du film. Parfaite, mais peut-être trop. Il fait étalage de tout son talent, mais ne semble jamais avoir été poussé dans ses derniers retranchements. Bref, tout cela manque d’un petit supplément d’âme qui distingue les excellents films, ce qu’il est, des grands films marquants. Du coup, j’ai très envie de revoir l’Etoffe des Héros…

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, DreamWorks, Temple Hill, Perfect World Pictures
Distribution : Universal Pictures International
Réalisation : Damien Chazelle
Scénario : Josh Singer, inspiré de la biographie de James R. Hansen
Montage : Tom Cross
Photo : Linus Sandgren
Décors : Nathan Crowley
Musique : Justin Hurwitz
Durée : 141 min

Casting :
Ryan Gosling : Neil Armstrong
Claire Foy : Janet Armstrong
Jason Clarke : Ed White
Kyle Chandler : Deke Slayton
Corey Stoll : Buzz Aldrin
Patrick Fugit : Elliott See
Ciaran Hinds : Bob Gilruth
Olivia Hamilton : Pat White
Lukas Haas : Mike Collins

VENOM : Pas si mauvais

venomafficheJe suis un homme discipliné et fidèle. D’autres diront psychorigide, mais ce sont de bien mauvaises langues. Donc comme je suis un fidèle discipliné de l’univers Marvel, je vais voir tous les films se situant dans celui-ci. Le plus souvent pour le meilleur heureusement, mais quelque fois, il faut bien l’admettre, pour le pire. C’est bien à ce dernier auquel je m’attendais en allant voir Venom, vue la réception critique désastreuse qu’il a connue. Mais l’avantage de ne rien d’espérer d’un long métrage, c’est que qu’on ne peut pas être déçu. On ne peut être qu’agréablement surpris. Dans le cas présent, ce ne fut pas non plus une très bonne surprise, mais une petite surprise quand même.

En fait, Venom est tellement bourré de défauts qu’il en devient quelque peu attachant. Rien ne fonctionne, tout est maladroit, le cul entre deux chaises. Mais au moins, le spectateur est régulièrement surpris par le résultat. L’humour est symptomatique. On rit parfois aux éclats, mais on ne sait jamais trop si c’est du film ou avec ce film. Le mieux est donc d’arrêter de se poser des questions est d’apprécier de rire tout simplement. Ce n’est pas avec cette production Marvel qu’on se fera des nœuds au cerveau et ce n’est pas plus mal parfois. A côté de ça, il faut reconnaître que le scénario n’est pas non plus très intéressant et les personnages secondaires n’apportent vraiment pas grand chose.

venomReste le plaisir de voir Tom Hardy rejoindre enfin l’univers Marvel, après avoir été un des personnages les plus marquants de l’univers cinématographique DC. Son interprétation est à l’image du film, quelque peu bancale. Il navigue de la gravité à la légèreté, de l’horreur à l’humour, sans trois savoir ce qu’il doit privilégier. En tout cas, un tel acteur aurait mérité un rôle beaucoup mieux écrit. Venom s’annonce comme le premier acte d’une trilogie, espérons que la suite s’avérera bien meilleure. Le potentiel est là. Avec juste un tout petit peu de talent au scénario et à la réalisation, cela serait tout à fait envisageable. Parce que ce premier épisode en manque cruellement.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Colombia pictures, Marvel Entertainment, Sony Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Ruben Fleischer
Scénario : Jeff Pinkner, Scott Rosenberg, Kelly Marcel
Montage : Alan Baumgarten, Maryann Brandon
Photo : Matthew Libatique
Musique : Ludwig Göransson
Durée : 112 min

Casting :
Tom Hardy : Eddie Brock
Michelle Williams : Anne Weying
Riz Ahmed : Carlton Drake
Scott Haze : Security Chief Roland Treece
Jenny Slate : Dr. Dora Skirth