
Je ne dirais évidemment rien sur ce twist raté. J’indiquerais simplement qu’une partie de la salle s’est mise à rire, quand elle aurait du être saisie d’une stupeur dramatique. Un rire un peu honteux, vu ce qui est dit à ce moment là, mais un rire sincère et incontrôlable. La manière est tellement maladroite qu’on ne peut s’en empêcher. La maladresse est un pêché véniel que l’on peur pardonner facilement. Le spectateur parvient tout de même à apprécier tout le reste et finira même par être ému par Un Amour Impossible. Mais jamais avec l’intensité qui aurait pu naître sans ce petit gâchis. Il reste tout de même une histoire qui valait bien un film et des personnages qui eux sont magnifiques.

LA NOTE : 11/20
Fiche technique :
Production : Chaz productions, Artémis Productions, France 3 Cinéma, Le Pacte, Shelter prod, Voo
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Catherine Corsini
Scénario : Catherine Corsini, Laurette Polmanss, inspiré du roman de Christine Angot
Montage : Frédéric Baillehaiche
Photo : Jeanne Lapoirie
Décors : Toma Baqueni
Musique : Grégoire Hetzel
Durée : 135 min
Casting :
Virginie Efira : Rachel
Niels Schneider : Philippe
Camille Berthomier : Vhantal adulte
Estelle Lescure : Chantal adolescente
Iliana Zabeth : Gaby
Coralie Russier : Nicole
Gaël Kamilindi : Franck
Simon Bakhouche : Alain
Pierre Salvadori : le médecin
La comédie est un genre cinématographique où le cinéma français possède une singularité qui fait sa grandeur. Et parmi tous ceux qui ont contribué à lui donner cet éclat, Pierre Salvadori occupe une belle et grande place. Cible Emouvante, les Apprentis, Dans la Cour, autant de films qui allient rire, intelligence et beaucoup d’humanisme. Avec En Liberté !, il signe un nouveau petit moment de pur bonheur cinématographique drôle, sympathique et parfois même émouvant. Avec le Grand Bain, il forme un duo qui nous rappelle ces derniers jours tout ce que le 7ème art tricolore a de meilleur. Et c’est vraiment bon !
Quatuor de personnages et donc quatuor d’acteurs. Audrey Tautou et Damien Bonnard jouent les seconds rôles, mais s’acquittent de leur tâche avec assez de talent pour que leur rôle soit tout de même réellement marquant. Pio Marmaï nous livre un numéro dont il a le secret. Rien de fondamentalement nouveau pour lui, mais Pierre Salvadori a su le pousser vers plus d’intensité et moins de cabotinage. La vraie star de En Liberté ! reste cependant Adèle Haenel qui confirme qu’elle est une actrice éblouissante sur tous les terrains. Elle apporte à ce film une touche de charme supplémentaire qui finit d’emporter l’adhésion du spectateur, qui serait bien rester prisonnier avec elle dans la salle encore un peu.
Les comédies représentent le genre cinématographique le plus susceptible de rassembler un très grand nombre de spectateurs devant les écrans hexagonaux. C’est pourquoi, on imagine bien la tentation pour un distributeur quand il s’agit de faire la promotion d’un film hybride. Insister sur les aspects du film qui font rire, quitte à en donner une vision partielle, pour ne pas dire faussée, constitue un travers courant. Ce fut une nouvelle fois le cas avec Le Jeu, dont la bande-annonce ne donnait absolument pas envie, donnant l’impression qu’il s’agissait uniquement d’une comédie lourdingue. Ont-ils eu peur de l’aspect beaucoup plus noir de ce film ? Peut-être bien !
Fred Cavayé a bénéficié pour le Jeu d’un casting de premier ordre. Un casting quelque peu inégal, même si cela tient avant tout à des personnages pas tous parfaitement réussis. Petite déception du côté de Vincent Elbaz, pas totalement à l’aise dans le rôle du pote un peu beauf. A l’opposé, Stéphane De Groot est parfait, juste, avec ce qu’il faut de retenu dans son jeu. Mais c’est Grégory Gadebois qui donne une vrai supplément d’âme à ce film. Il apporte une petite touche d’émotion qui rend l’ensemble plus humain et pas uniquement taillé sur mesure pour faire rire. Au final, on ressort de ce film très agréablement surpris, mais avec l’envie conjointe de vivre seul et de jeter son portable.
Michel Ocelot a bercé mon enfance avec la Princesse Insensible, qui passait à Récré A2 et qui m’a laissé de grands souvenirs, bien que son passage à l’écran fut assez court. Pendant les quinze ans qui suivirent, ses œuvres passèrent nettement plus inaperçues, avant qu’il ne connaisse un immense succès avec Kirikou. Depuis, il offre régulièrement sur grand écran, aux petits et aux grands, des films d’animation poétiques et esthétiques. Le dernier d’entre eux, Dilili à Paris ne restera peut-être pas comme son film le plus marquant. Mais il prouve qu’à 75 ans, ce grand artiste a encore bien de belles choses à nous proposer.
Le seul soucis est que tous les éléments que je viens de citer prennent du coup beaucoup de place. Cela se fait au final un peu au détriment de l’intrigue. L’histoire est sympathique, on ne s’ennuie pas, mais les rebondissements et les péripéties sonnent parfois un peu comme un prétexte pour mettre en scène tout le reste. On jette donc un regard curieux sur Dilili à Paris, pas un regard passionné et enthousiaste. Le film reste une sortie familiale réussie et intelligente, mais n’entretiendra pas forcément les conversations pendant les jours et les jours qui vont suivre. En tout cas, les amoureux de Paris auront tout de même grand plaisir à suivre la jeune Dilili.
Le cinéma polonais n’est pas forcement celui que l’on associe le plus facilement à l’amour. Pourtant, on s’aime partout dans le monde, il n’y a donc pas de raison qu’il ne nous offre pas un peu de romantisme. Par exemple avec Cold War. Bon par contre, pour entretenir les clichés, le film est en noir et blanc, possède un fond géopolitique très présent et ne s’assimile pas vraiment à une comédie légère et heureuse. Ca reste tout de même un film polonais. Mais ce n’est par contre pas la première fois qu’il nous offre un beau film tout simplement, même si celui-ci est loin d’être parfait.
Tout d’abord, la caméra de Pawel Pawlikowski est une des plus élégante du cinéma européen, comme il l’avait déjà prouvé avec Ida. Le recours au noir et blanc peut être vu comme un procédé facile pour donner du « style » à un film. Mais ici, le réalisateur fait preuve d’une rare maîtrise de la photographie. Le film est beau d’un point de vue purement esthétique et constitue un petit délice pour les yeux. Les images mettent surtout parfaitement en valeur le jeu subtil et maîtrisé du duo formé par Joanna Kulig et Tomasz Kot. Ils donnent vie aux sentiments et aux tourments de leurs personnages de manière convaincante. On croît à leur histoire et c’est finalement ce qui compte avant tout dans une histoire d’amour.
Mettre sa propre vie en scène pour en faire un film, faire des membres de sa famille des acteurs plus ou moins volontaires, voilà une pratique singulière mais qui deviendrait presque une habitude au sein du cinéma français. La Guerre Est Déclarée avait montré la voie, dans un autre genre, Carré 35 avait suivi. Désormais, il y a aussi l’Amour Flou où Romane Bohringer et Philippe Rebbot nous racontent, ou plutôt reconstituent, leur séparation pas comme les autres. Il faut posséder une légère tendance au narcissisme pour penser que sa propre histoire est assez intéressante pour donner naissance à un long métrage. Mais le narcissisme n’est visiblement pas toujours un défaut.
Interpréter son propre rôle est-il encore jouer la comédie ? Dans l’Amour Flou, oui, clairement, car Romane Bohringer et Philippe Rebbot se mette réellement en scène. A tel point qu’on se dit que ce ne devait pas être un rôle si facile que ça. Trouver la bonne distance, ne pas en faire trop ou au contraire pas assez, ils y parviennent à la perfection et prennent ainsi à leur film de fonctionner. Ils prennent surtout un malin plaisir à donner vie à de nombreux seconds rôles tous très réussis. Un plaisir largement partagé par le spectateur qui parcourt cette grosse heure et demi le sourire aux lèvres et garde ce dernier un bon moment en sortant de la salle. Un film sur une jolie séparation qui donne au final très envie d’aimer.
On mesure souvent la qualité d’un jeu d’acteur à l’émotion véhiculée par un visage et des expressions, par la manière dont l’intonation, le timbre d’une voix sublime un texte. On oublie aussi souvent que le corps d’un comédien constitue aussi un élément déterminant de sa performance. Evidemment, certains sujets mettent particulièrement en avant cet état de fait. Le rapport au corps est un thème pas toujours facile, mais qui a donné de très beaux films au cours de l’histoire du 7ème art. Girl est à ajouter à cette longue liste. Il prouve surtout encore une fois la capacité du cinéma belge de nous offrir des films audacieux et de très grande qualité.
Girl repose ainsi beaucoup sur la performance extraordinaire du jeune Victor Polster. C’est tout son être qu’il offre au film, son corps, mais aussi certainement une partie de son âme. Il est évident qu’un tel rôle ne laisse pas indemne et qu’il le marquera profondément. Il permet surtout au spectateur de découvrir une comédien hors du commun qu’on a hâte de revoir. La réalisation de Lukas Dhont est d’une rare élégance. Sa caméra reste très pudique, alors que le corps de ses personnages jouent un rôle central. Elle trouve la bonne distance pour faire de ce film un film aussi beau qu’il est intéressant. Seul bémol, un rythme de narration parfois un peu faible et qui nous fait parfois flirter avec l’ennui. Avec un petit quart d’heure de moins, ce long métrage aurait été tout simplement inoubliable.
La chance du débutant existe-t-elle ? Vous avez quatre heures… Allez épargnons-nous ce débat passionnant, mais un peu vain. Et reconnaissons simplement l’immense talent de Gilles Lellouche en tant que réalisateur. Certes, nous n’avons à ce jour qu’un seul film pour en juger (bon techniquement, ce n’est pas tout à fait vrai, j’admets… passons…), mais Le Grand Bain est d’assez grande qualité pour lancer cette affirmation sans avoir trop peur de se tromper. Un condensé d’humour et de gravité particulièrement enthousiasmant qui donne envie de se jeter à l’eau. Gilles Lellouche l’a fait en osant passer seul de l’autre côté de la caméra et on ne pourra que le remercier de cette heureuse initiative.
Mais la qualité de Le Grand Bain ne s’arrête pas là. Le film est aussi admirablement réalisé. La scène finale de ballet est un modèle à montrer dans toutes les écoles de cinéma. Si on ajoute à cela une direction d’acteur totalement maîtrisée (Benoît Poelvoorde ne cabotine jamais…), on ne peut que saluer la qualité artistique du cinéaste Gilles Lellouche. Certes, il bénéficie d’un casting relativement hors du commun, ce qui facilite grandement la tâche, mais il tire tout le monde vers le haut, même les rôles bénéficiant d’un interprète moins prestigieux sont remarquables. Le tout donne un grand moment de bonheur cinématographique dans lequel chacun pourra plonger sans aucune retenue.
Envoyer un homme sur la lune reste un de plus grands accomplissements de l’humanité. Il est étonnant que cet événement planétaire occupe finalement une place assez congrue au cinéma. C’est désormais moins vrai avec First Man, le nouveau film de Damien Chazelle. Avec ce film, le réalisateur de La La Land, explore de nouveaux horizons. On pouvait espérer qu’il nous emmène plus haut et plus loin, suivant les traces de la mission Apollo. Au final, il nous livre un bel objet cinématographique, mais un peu froid. Un peu comme un clair de lune donc.
D’un point de vue purement formel, First Man reste une très belle leçon de cinéma. Chaque plan est finement ciselé et ne peut être l’œuvre que d’un grand réalisateur. C’est beau, c’est incontestable, mais d’une manière totalement académique. On est admiratif certes, par contre jamais emporté ou totalement enthousiaste. La performance de Ryan Gosling est à l’image du film. Parfaite, mais peut-être trop. Il fait étalage de tout son talent, mais ne semble jamais avoir été poussé dans ses derniers retranchements. Bref, tout cela manque d’un petit supplément d’âme qui distingue les excellents films, ce qu’il est, des grands films marquants. Du coup, j’ai très envie de revoir l’Etoffe des Héros…
Je suis un homme discipliné et fidèle. D’autres diront psychorigide, mais ce sont de bien mauvaises langues. Donc comme je suis un fidèle discipliné de l’univers Marvel, je vais voir tous les films se situant dans celui-ci. Le plus souvent pour le meilleur heureusement, mais quelque fois, il faut bien l’admettre, pour le pire. C’est bien à ce dernier auquel je m’attendais en allant voir Venom, vue la réception critique désastreuse qu’il a connue. Mais l’avantage de ne rien d’espérer d’un long métrage, c’est que qu’on ne peut pas être déçu. On ne peut être qu’agréablement surpris. Dans le cas présent, ce ne fut pas non plus une très bonne surprise, mais une petite surprise quand même.
Reste le plaisir de voir Tom Hardy rejoindre enfin l’univers Marvel, après avoir été un des personnages les plus marquants de l’univers cinématographique DC. Son interprétation est à l’image du film, quelque peu bancale. Il navigue de la gravité à la légèreté, de l’horreur à l’humour, sans trois savoir ce qu’il doit privilégier. En tout cas, un tel acteur aurait mérité un rôle beaucoup mieux écrit. Venom s’annonce comme le premier acte d’une trilogie, espérons que la suite s’avérera bien meilleure. Le potentiel est là. Avec juste un tout petit peu de talent au scénario et à la réalisation, cela serait tout à fait envisageable. Parce que ce premier épisode en manque cruellement.
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