Un tout est censé être plus que la somme de ses parties. Ainsi, lorsqu’un duo se sépare pour que chacun des deux membres se lancent dans une carrière solo, on peut s’attendre à que le résultat ne soit pas à la hauteur de leurs œuvres collectives. Ainsi, on pourrait facilement imaginer que Dernier Round de Kool Shen ne soit qu’une pâle copie de ce qu’il proposait avec le Suprême NTM. Mais on se tromperait alors. En effet, dès les premières secondes, on est séduit par un rap plutôt entraînant, qui montre que Kool Shen est en pleine forme. Le style est particulièrement fluide, les textes rebelles mais à l’esprit positif. Bref, on sent une réelle maturité chez cet artiste. La qualité est constante du début à la fin de l’album, même si on retiendra avant tout Two Shouts Iv My People et le Retour du Babtou.
On reste en France avec le groupe The Limiňanas et leur album Malamore, sorti en 2016. Un style qui se caractérise par des textes plus parlés que chantés. Cependant, les textes ne sont pas spécialement accrocheurs, ni poétiques, marqués aussi par un certain sens de l’ironie. Le tout manque franchement d’harmonie et les titres sont souvent quelque peu heurtés. Même les quelques titres plus chantés ne sont pas terribles non plus, tout comme ceux qui tirent sur le rock anglais. Bref, rien de bien intéressant.
On termine ce voyage musical à Seattle, dont je suis revenu ce matin, pour découvrir Damien Jurado et son album Vision of Us on the Land. Pour résumer, la voix est moche, ce n’est pas mélodieux, le résultat est souvent carrément pénible. Cela n’allume donc pas le moindre éclair d’intérêt dans l’oreille de l’auditeur. Cela ne constituerait même pas une bonne musique de fond. Certes, l’album est varié et maîtrisé, mais cela ne rend pas pour autant l’album plus agréable à écouter. Pour être quand même un tout petit peu positif, on peut sauver les quelques titres doux à la guitare sèche.

On poursuit avec une valeur sûre : PJ Harvey et son album The Hope Six Demolition Project. La voix démarre sans introduction et on retrouve tout de suite tout ce qu’on aime chez cette artiste. On notera cependant un ton peut-être un peu plus enjoué que d’habitude. Tous les titres sont pleinement maîtrisés, d’une qualité constante. Sa voix est toujours aussi électrisante. Il manque simplement ici un titre vraiment accrocheur. Du coup, c’est beau, mais pas trop non plus. Surtout que l’album s’achève avec quelques titres qui ressemblent quelque peu à du remplissage.
On reste toujours en Grande-Bretagne avec un duo formé par Teddy Thompson et Kelly Jones, qui ont signé un album intitulé Little Windows. Un album dont je ne sais pas exactement quoi penser au final. Il nous livre une jolie série de titres entre pop et folk, voire country, mais toujours sur un ton plutôt sucré. C’est sympa, maîtrisé, mais surtout très gentillet. Ca ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça se laisse écouter. En tout cas, la qualité est constante.
On poursuit avec un autre valeur sûre, le groupe américain Weezer et leur album sobrement intitulé Weezer (The White Album). Il nous propose un rock maîtrisé, solide et parfois réellement emballant. Cela reste cependant très classique, avec rien qui ne dépasse. De joli riffs de guitare viennent ponctuer les titres qui sonnent comme du rock US pur et dur. On retiendra en premier lieu le titre Do You Wanna Get High, le meilleur titre d’un album vraiment impeccable de bout en bout.
On termine avec une découverte, à savoir la chanteuse de jazz américaine Esperanza Spalding et son album Emily’sD+Evolution. Dès les premières secondes, sa voix claire nous interpelle. Elle la pose sur des mélodies parfois dissonantes, pour un résultat loin d’être désagréable, même fascinant parfois. En tout cas, tout cela concourt à créer un réelle univers musical, dans lequel l’artiste fait preuve d’une parfaite maîtrise. Tout les titres ne sont pas parfaits loin de là, mais l’album nous offre une jolie rencontre musicale.
On enchaîne avec le groupe français Radio Elvis, que je connaissais avant tout de nom, suite à leur Victoire de la Musique remportée en 2017. Leur unique album à ce jour, les Conquêtes, nous permet de découvrir la voix assez prenante de Pierre Guénard. Les mélodies sont assez simples mais mettent parfaitement en valeur cette dernière. Les textes sont parfois assez obscurs, voire carrément absurdes, mais apparaissent plutôt comme un support pour la voix. La musique est parcourue de quelques accents électro, pour un résultat fort sympathique. Surtout que les titres sont assez variés pour être écoutés avec un minimum d’attention du début à la fin.
On termine par The Last Shadow Puppets, une sorte de méta-groupe anglais composé du chanteur des Artics Monkeys ou encore Miles Kane. Après un premier opus en 2008, ils sont revenus 8 ans plus tard avec ce Everything You’ve Come to Expect. Ils nous proposent un rock totalement maîtrisé et propre sur lui. Maîtrisé, mais pas forcément emballant. Le résultat manque quand même d’une petite étincelle de créativité et de folie. Cependant, la qualité est constante. L’album est solide et agréable, mais pas inoubliable.
Anna Ternheim est une auteur-compositeur-interprète suédoise. For the Young est son 5ème album. Son style rappelle fortement celui de Suzanne Vega et leurs voix sont vraiment très proches. Elle nous offre de nombreuses ballades mélancoliques. Le résultat est maîtrisé et agréable mais manque quand même de ce petit rien, qui lui permettrait de dépasser le stade du « gentillet ». Cela manque parfois un peu de variété quand même, les instrumentations étant toujours très épurées.
On termine aux Etats-Unis avec Cullen Omori et son album New Misery. Une pop évaporée et un rien sucrée, mais enregistrée avec cet effet « loin du micro » qui m’horripile tant. Le résultat est du coup vraiment pas transcendant. Cela reste désespérément plat, malgré une vraie maîtrise. L’album monte cependant en puissance et c’est un peu plus punchy sur la fin.
L’album Jesu/Sun Kil Moon est tout simplement un duo entre l’artiste électro Jesu et le chanteur folk Sun Kil Moon. La rencontre donne un rock sombre et tristounet. La voix parle plus qu’elle ne chante pour un résulte globalement lancinant et pénible. Les titres sont toujours sur le même ton et sont parfois réellement interminables. Bref, on oublie !
On n’a pas non plus réellement de raison de se souvenir de Who Sold My Generation du groupe américain Night Beats. Un rock psychédélique et brouillon, transparent, plant et un rien lancinant. Parfois quelques titres proposent un rock plus classique. Cela devient alors meilleur mais sans jamais casser trois pattes à un canard. Et surtout l’album est enregistré avec un effet loin du micro qui ne concerne pas uniquement la voix mais toute l’instrumentation aussi. Incompréhensible !
Shanon Jones aura attendu l’âge de 45 ans pour connaître le succès en 1996. Elle est malheureusement décédée 20 ans après et It’s a Holiday Soul Party restera son dernier album. Un album soul comme son nom l’indique, avec un groove chaleureux et entraînant. Les morceaux sont courts et percutants avec un savoureux style rétro. La reprise de White Christmas est notamment excellente, mais c’est bien tout l’album qui est particulièrement solide.
On termine avec Get Well Soon est un groupe allemand, comme son nom ne l’indique pas. Je les avais déjà découverts avec un album précédent. Ils reviennent avec Love, sorti en 2016. Un album qui commence en douceur. On se laisse charmer, en particulier par la voix Konstantin Gropper qui possède une personnalité surprenante. Malheureusement, il manque tout de même une petite étincelle pour devenir réellement emballant et c’est un peu tristounet par moments.
On enchaîne avec une formidable découverte. Soon T nous vient de Glasgow et elle est qualifiée de MC de ragga sur Wikipedia. Mais il est souligné que son univers musical est beaucoup plus large. La preuve avec Free as a Bird, son seul et unique album à ce jour, sorti en 2015, et qui n’a visiblement pas connu la destinée qu’il aurait mérité. On est frappé immédiatement par l’incroyable énergie dégagé par les premiers titres. C’est funky, jazzy, électrique et terriblement entraînant. La voix est original et prenante. Le reste de l’album est marqué aussi par des passages plus hip-hop, en tout cas plus lents, un peu en retrait. Mais ça reste toujours très bon. On citera entre autres les titres City Zoo, Gimme Gimme, Black Butterfly, Broken Robots ou encore la jolie ballade Free as a Bird qui conclue l’album.
Retour à plus ordinaire, mais tout de même très bon, avec West Kirby County Primary de Bill Ryder Jones. Il alterne les moments doux et mélancoliques avec d’autres beaucoup plus rock et énergiques. Les instrumentations peuvent être aussi bien épurées que proposer de gros riffs de guitare. Le résultat final est somme tout très classique, plus sympathique que réellement emballant, mais se laisse tout de même écouter avec un vrai plaisir.
On poursuit avec un trio d’auteurs-compositeurs américains : Alan Vega, Alex Chilton et Ben Vaughn qui se sont associés pour nous proposer Cubist Blues. Un album blues un peu rétro (mais chacun d’eux a déjà un certain âge), mais malheureusement plus lancinant qu’emballant, plus sombre qu’entraînant. Je reconnais un vrai travail sur les sonorités, mais le résultat est souvent assez désagréable. Surtout que le chant est à côté de cela sans grand intérêt, pour un résultat globalement assez pauvre.
On termine avec Ben Folds, une figure du piano-rock américain et son album So There. Sa voix aiguë se pose sur de petites musiques douces et gentillettes, mais guère emballantes. Le résultat reste très propre sur lui, mais du coup particulièrement transparent. L’album se termine d’ailleurs par trois longs instrumentaux ressemblant à des musiques de film. Ce n’est pas que ça soit spécialement désagréable à écouter, mais on se demande bien quel intérêt on est censé y trouver.
On reste aux Etats-Unis avec le premier album du groupe El Vy, intitulé Return to The Moon. Un album empli de titres aux sonorités diverses, parfois jazzy et entraînante, parfois plus sombre et torturé. Diverses mais quelque peu inégal cependant. Heureusement, la voix de Matt Berninger possède une personnalité fort sympathique et les instrumentations sont intéressantes et maîtrisées. On retiendra avant tout le titre Silent Ivy Motel.
Toujours aux USA, on termine par une déception. Je connaissais le groupe Mercury Rev de nom sans savoir précisément ce qu’il jouait. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai écouté The Light in You, sorti en 2015 et dernier album en date. La musique est douce, lente, un rien évaporée, presque enfantine parfois. Malheureusement, les instrumentations sont parfois un peu pénibles, le tout manque sérieusement de corps et on s’ennuie assez vite. Seul éclair dans cette platitude, Sunflower, un titre plutôt jazzy et entraînant.
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