
La nostalgie est un sentiment à la mode. Alors peut-être simplement que Guy Richie a voulu rajeunir ceux pour qui Snatch est un film culte. Vous aviez aimé la transformation de Brad Pitt en gitan incompréhensible, vous aimerez celle de Hugh Grant en paparazzi maître chanteur ! Ce film prouve en tout cas une nouvelle fois la capacité de ce réalisateur à bénéficier de casting particulièrement prestigieux et d’employer certaines stars, aussi immenses soient-elles, relativement à contre-emploi. Il continue plus globalement de briller par sa capacité à créer des galeries de personnages particulièrement savoureux et hauts en couleurs. Ils représentent un vecteur très efficace d’humour, même si The Gentlemen mise aussi sur quelques gags visuels et surtout quelques dialogues parfois politiquement assez incorrects (et ça fait du bien!).

LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Guy Ritchie
Scénario : Guy Ritchie, d’après une histoire d’Ivan Atkinson, Marn Davies et Guy Ritchie
Direction artistique : Oliver Carroll et Fiona Gavin
Décors : Gemma Jackson
Costumes : Michael Wilkinson
Photographie : Alan Stewart
Montage : James Herbert
Musique : Christopher Benstead
Production : Guy Ritchie
Coproducteurs : Ivan Atkinson et Max Keene
Producteur délégué : Alan J. Wands
Durée : 113 minutes
Casting :
Matthew McConaughey : Mickey Pearson
Charlie Hunnam : Raymond
Michelle Dockery : Rosalind
Jeremy Strong : Mathew
Lyne Renée : Jackie
Colin Farrell : Coach
Henry Golding : « Œil Sec »
Tom Wu : Lord George
Hugh Grant : Fletcher
Eddie Marsan : Big Dave
Jason Wong : Phuc
Eliot Sumner : Laura Pressfield
Eugenia Kuzmina : Misha
Brittany Ashworth : Ruby
Togo Igawa : Wang Yong
Samuel West : Lord Pressfield
Franz Drameh : Benny
On débute cet avis musical par un artiste britannique, Ben Howard et son album Noonday Dream, sorti en 2018. Il y une livre une musique assez douce, de facture relativement classique. Sa voix n’est pas désagréable, mais sans plus. Cela donne un résultat globalement assez tristounet, dans une ambiance passablement éthérée. Le tout manque d’énergie. L’étincelle attendue ne vient jamais, nous livrant une œuvre où l’auteur semble toujours en-dedans.
On franchit l’Atlantique pour découvrir Phosphorescent, qui est en fait le pseudonyme d’un artiste solo, Matthew Houck de son vrai nom. Son album C’est la Vie, contrairement à ce qu’on pourrait penser, est bien écrit en anglais. Il nous fait découvrir une pop aux sonorités électro. Le résultat est assez mélodieux, portée par une belle voix, bien posée. C’est un rien sucré, souvent dynamique. Le tout est plutôt sympa, sans être totalement enthousiasmant non plus. C’est cependant assez varié pour se laisser écouter, même si certains titres s’étirent un peu trop en longueur parfois.
Retour en Angleterre avec Goat Girl et son album éponyme. J’étais un peu curieux de découvrir un groupe ayant pris un tel nom. Leur musique est quelque peu déstructurée, mais pleine de conviction. Cela rappelle parfois PJ Harvey, en un peu moins éthéré. Cela a un côté un peu bordélique, mais on sent que l’on entre dans un univers musical très personnel. On prend un vrai plaisir à y entrer. L’album compte beaucoup de titres (19) et s’avère du coup quelque peu inégal. Un format resserré aurait été préférable. Après à chacun de se faire sa sélection.
Touchez pas au Grizzly est un épisode des aventures du Poulpe particulier à bien des titres. Bon, le principe même de cette série, un auteur différent par roman, en fait une œuvre toujours renouvelée, mais cette fois celui qui tient la plume est Jean-Pierre Huster, le frère de Francis. Bon, me direz-vous, cette particularité est assez anecdotique et ne dit pas grand chose du contenu. Et c’est quand même sur ce dernier que l’on juge la qualité d’un livre.
Comme vous le savez, si vous êtes un lecteur assidu de ces pages, j’apprécie particulièrement d’aller voir un film en ne sachant strictement rien sur lui à l’avance. Quel bonheur de se faire surprendre ! Surtout si la surprise est bonne. Et encore plus si la surprise est réellement surprenante. J’ai vécu cette expérience délicieuse au travers de la Llorona. Un film particulièrement original en parvenant à mélanger, avec beaucoup de bonheur, deux genres cinématographiques qui semblent à première vue impossibles à concilier. Comme quoi rien n’est jamais réellement impossible dans la vie.
La Llorana confirme que le Guatemala occupe une vraie place sur la carte du cinéma mondial. Au-delà de la qualité du scénario déjà évoqué, la réalisation et l’interprétation sont de premier ordre et n’ont rien à envier aux grands pays du 7ème art. Le caractère audacieux de ce film rappelle celui dont fait preuve plus volontiers le cinéma est-asiatique. La seule limite de ce film est qu’au-delà de l’originalité du mélange, chaque aspect du scénario pris séparément s’avère particulièrement classique. Ce n’est pas un problème en soit et ne gâche pas le plaisir rare et sincère ressenti par le spectateur.
Etre mal à l’aise n’est pas un sentiment très agréable en soi. C’est rarement quelque chose que l’on recherche. Pourtant, certains films provoquent volontairement ce genre d’impression et parfois le spectateur y prend beaucoup de plaisir. Masochisme ? Peut-être… mais il est vrai que l’on va aussi au cinéma pour des sensations fortes que l’on a pas forcément envie de retrouver dans la vraie vie, comme la peine ou la peur. Mais évidemment, il faut que ceci ne vienne pas non plus sans raison et trop gratuitement, sinon cela tourne vite à une certaine forme de torture. Swallow est un film profondément malaisant. Et sans profond intérêt. Le mélange de ces deux caractéristiques ne prête guère à l’enthousiasme.
Pendant une bonne heure, le spectateur se demande inlassablement quel peut être le sens de tout cela. Les explications viendront avec le temps et l’histoire prendra un autre tournant. Mais tout cela ne mène nul part. Le dénouement est flou et le spectateur reste circonspect, ne sachant vraiment pas ce qu’il était supposé comprendre. Du coup, cela rend assez vain tout ce qui a suivi auparavant et il devient difficile de pardonner les mauvaises sensations que Swallow aura provoqué. Haley Bennett n’aura vraiment rien à se reprocher car c’est bien la qualité de son interprétation qui permet malgré tout de croire à cette histoire quelque peu invraisemblable (même si la pathologie existe bel et bien). Il est rare que je regrette d’être allé voir un film, même un très mauvais. Mais pour celui-là, j’aurais clairement mieux fait de m’abstenir.
Le cinéma français a fait du film social une de ses spécialités, sans guère d’équivalent (même si Ken Loach…). Du coup, il devient difficile de proposer un film dans ce genre qui retienne vraiment l’attention et se démarque de la masse. K Contraire n’est pas du tout un mauvais film, mais il est vrai qu’il aborde des thématiques déjà traitées à de nombreuses reprises par d’autres productions hexagonales, parfois de manière plus brillantes ou originales. Les lois de la concurrence sont parfois rudes. Mais il serait injuste de ne pas souligner tout de même les réelles qualités de ce film, qui a enfin de compte beaucoup de mérite d’exister.
K Contraire permet en tout cas d’admirer un casting brillant. On n’est évidemment pas surpris de la performance de Sandrine Bonnaire, qui a la très bonne idée de ne pas chercher à en faire trop pour garder la crédibilité de son personnage. Elle laisse toute la lumière au jeune Sandor Funtek qui s’empare avec beaucoup d’énergie de son premier grand rôle. Il tient vraiment le film sur ses épaules avec une assurance étonnante. On peut également apprécier la performance remarquée d’Alexis Manenti, à nouveau dans un rôle secondaire, mais une nouvelle fois remarquable. Tout ce petit monde confirme que la qualité de l’interprétation est une marque de fabrique des films sociaux à la française, même si celui-ci ne marquera pas forcément profondément les mémoires.
L’amour impossible est un sujet aussi ancien que l’existence des conventions sociales, c’est à dire depuis un petit moment. Et ce genre d’histoire prendra d’autant plus facilement naissance dans un pays où ces conventions pèsent particulièrement lourd. L’Inde est un parfait exemple de telle société, même dans l’Inde urbaine et tournée vers la modernité. C’est d’ailleurs un sujet extrêmement classique dans le cinéma de ce pays. Ritesh Batra n’est pas tout à fait un réalisateur typique du style Bollywood. Avec le Photographe, il dépeint une nouvelle fois avec beaucoup de subtilité et de délicatesse l’Inde d’aujourd’hui.
Le Photographe est un beau film, mais un film quelque peu frustrant. En effet, le dénouement… ne ressemble pas tout à fait à un dénouement. L’histoire semble s’arrêter avant sa conclusion. Certes cela laisse beaucoup de place à l’imagination du spectateur mais ce dernier ne sait pas trop quoi en penser. Cela affaiblit la portée du propos comme si Ritesh Batra n’avait pas osé aller au bout de ses idées. On retiendra tout de même la finesse de sa réalisation et la justesse de sa direction d’acteurs. Suffisant en tout cas pour apprécier ce joli moment de cinéma.
Vue l’importance prise par le mouvement « me too » et plus largement par la prise de conscience du poids du harcèlement sexuel dans de nombreux secteurs d’activité, il n’est pas étonnant de voir Hollywood s’emparer déjà du sujet. On aurait pu plutôt s’attendre à un film sur l’affaire Weinstein, mais sans doute le procès en cours pousse les scénaristes à attendre son dénouement pour proposer une histoire dont elle sera le sujet central. C’est donc à travers une affaire moins connue de ce côté-ci de l’Atlantique que la thématique surgit. En effet, Scandale nous relate la chute du créateur et directeur de la rédaction de Fox News en 2016.
Scandale bénéficie d’un casting prestigieux. En particulier son casting féminin avec Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie, excusez du peu ! Elles livrent toutes les trois une prestation brillante, à la hauteur de leur réputation. On sent un réel investissement dans leur rôle et le spectateur apprécie l’effort à sa juste valeur. Le film est aussi l’occasion de voir Jonh Lithgow dans un rôle nettement plus marquant qu’à son habitude, lui qui figure parmi les éternels seconds rôles du cinéma hollywoodien. Une récompense méritée pour cet acteur qui aura incarné des personnages extrêmement variés durant sa longue carrière, passée dans l’ombre. Tout cela contribue à la réussite de ce film qui atteint pleinement son but.
Au Panthéon des réalisateurs, certains occupent une place que personne ne contestera et que personne n’oubliera de leur accorder : Orson Wells, Akira Kurosawa, Stanley Kubrick, Steven Spielberg… Mais d’autres seront éventuellement injustement oublié. Non que leur talent soit moindre, mais pas forcément reconnu. Sam Mendes fait partie de ces immenses cinéastes dont la renommé n’est pas la hauteur de la qualité de leur œuvre. On connaît ses films, mais sans forcément se rappeler que c’était lui qui se trouvait derrière la caméra. Peut-être que 1917 contribuera à réparer cette injustice. Même si Sam Mendes est sans doute passé à côté de quelque chose d’encore plus grand.
Mais 1917 se heurte tout de même à ses limites. Même si le scénario n’est pas dénué de fond, le film ressemble au final quelque peu à un exercice de style. L’histoire est forte, mais ce n’est pas une grande histoire, à la hauteur de la magnificence de la réalisation. Certains éléments paraissent même un peu artificiels pour souligner l’horreur de la guerre et rendre le tout un peu plus spectaculaire. Cela ne gâche en rien le plaisir d’assister à un tel moment de bravoure cinématographique. Mais avec le recul, cela fait naître un tout petit peu de frustration. C’est toujours injuste de reprocher à quelque chose de grand de ne pas l’être encore plus. Décidément, même moi, je finis par me montrer injuste envers Sam Mendes.
La saga des Rougon-Macquart, née sous la plume d’Emile Zola, représente une des œuvres littéraires les plus ambitieuses de l’histoire. Chaque roman nous plonge dans une réalité différente d’une même époque. Cela donne à la fois une réelle unité et une grande diversité à l’ensemble. Cependant, certains volumes se démarquent des autres pour nous plonger dans des histoires plus centrée sur l’intime que sur la fresque sociale. C’était le cas de la Faute de l’Abbé Mouret. Cela l’est à nouveau avec le Rêve. Un livre qui se démarque vraiment des autres épisodes.
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