Parfois, on s’interroge sur ce qui a bien pu nous pousser à aller voir un film. Bon, dans mon cas, c’est généralement une bonne moyenne des critiques sur Allociné. Mais il est vrai que comme j’aime aller voir des films en ne sachant strictement rien d’eux, cette situation m’arrive certainement plus qu’à d’autres. A moment d’enter dans la salle, à part que le film était paraguayen, j’ignorais à peu près de les Héritières. Malheureusement, à plusieurs moments devant le film, je me suis vraiment demandé ce que je faisais là. Il arrive qu’un rencontre entre un film et son public ne se produise pas. Il est clair que ce long métrage et moi resterons à jamais deux étrangers.
Les Héritières commence un peu bizarrement. Pendant près d’un tiers du film, on ne saisit pas bien quel peut être l’enjeu narratif et même d’ailleurs qui est vraiment le personnage principal. Bref, le scénario flotte et l’intérêt du spectateur aussi. Il ne sait pas bien à quoi s’accrocher et surtout à quoi s’attacher. Peu à peu, l’histoire prend cependant peu à peu de l’épaisseur et devient ce qui aurait pu être un joli portrait de femme émouvant et même un peu troublant. Mais c’est trop tard. On est trop en dehors de l’histoire pour y rentrer vraiment et on passera le reste du film à lui courir après, sans jamais vraiment la rattraper. Du coup, pour résumer simplement et clairement la situation, on s’ennuie ferme.
La réalisation de Macelo Martinessi est d’une grande sobriété. Il cherche avant tout à mettre en avant ses actrices et il y parvient plutôt bien. Ce n’est pas de ce côté qu’il faut chercher ce qui nous empêche d’apprécier les Héritières comme on aurait du. Ana Brun livre une interprétation subtile et juste. Mais ce n’est pas suffisant pour nous donner l’affection nécessaire envers son personnage pour que l’histoire nous touche vraiment. Trop peu d’originalité ou de prise de risque dans la forme pour compenser un tant soit peu les faiblesses du fond.
LA NOTE : 08/20
Fiche technique :
Production : Pandora Filmproduktion, Mutante Cine, La Fabrica Nocturna, Norsk filmproduksjon
Distribution : Rouge distribution
Réalisation : Marcelo Martinessi
Scénario : Marcelo Martinessi
Montage : Fernando Epstein
Photo : Luis Armando Arteaga
Décors : Carlos Spatuzza
Durée : 95 min
Casting :
Ana Brun : Chela
Margarita Irun : Chiquita
Ana Ivanova : Angy
Maria Martins : Pituca
Si l’amour est le fournisseur officiel d’histoire de l’humanité depuis son aube, la famille se taille aussi une jolie part du marché de sources d’inspiration. Ces deux sujets présentent l’immense avantage de pouvoir être traité aussi bien sur le ton le plus grave que le plus léger. Lola et ses Frères se situe clairement plutôt dans la deuxième catégorie, même s’il ne se contente pas d’être uniquement une pure comédie. Il s’agit là d’une vraie comédie des mœurs à la française, un film de personnages avec beaucoup de tendresse et d’humanisme. Et surtout un film qui fonctionne très bien.
Avec ce film, Jean-Paul Rouve prouve qu’il a atteint une vraie maturité et une réelle maîtrise artistique. En tant que scénariste, réalisateur ou acteur, il fait preuve d’une justesse remarquable. Il dirige son casting d’une main de maître. On en vient à regretter amèrement que José Garcia ait accepté tant de rôles indignes quand il peut être un comédien de premier ordre et polyvalent. Et surtout quel plaisir de revoir Ludivine Sagnier qui se fait rare mais qui se bonifie avec l’âge. Ce trio porte réellement Lola et ses Frères sur leurs épaules et le porte aussi haut que possible. On ne tutoie peut-être pas les sommets, mais la vue reste belle.
Je suis souvent prompt dans mes critiques à dénoncer l’émotion facile, c’est à dire celle qui vient d’une situation qui ne peut que nous attrister ou nous révolter, sous peine de paraître sans cœur. Par exemple, comment rester insensible à la souffrance d’un enfant ? Difficile en effet, mais au moment de donner son avis sur une œuvre d’art choisir un tel thème doit-il pour autant nous faire oublier tout esprit critique ? Cette question on peut se la poser devant Sauver ou Périr. En effet, il nous raconte le combat d’un pompier, figure du héros par excellence, qui finit grand brûlé après avoir risqué sa vie pour sauver les membres de son équipe. Comment ne pas compatir après tout ça ? Heureusement, ce qu’il y a de bien avec l’émotion facile, c’est que même quand le film n’est pas terrible, on n’est quand même ému.
On ne pourra en tout cas pas reprocher à Pierre Niney de ne pas s’être investi pleinement dans son rôle. J’imagine bien à quel point il a du souffrir pour prendre autant de muscles pour incarner son personnage. Car la transformation est assez spectaculaire. Au-delà de ça, il échoue à donner un vrai supplément d’âme et à le sublimer. Sauver ou Périr bénéficie par contre pleinement du talent et de la sensibilité d’Anaïs Demoustier qui livre une performance d’une remarquable justesse. Au final, on ne peut pas complément regretter d’avoir vu ce film, même si on peut regretter qu’il ne nous laisse pas un souvenir autrement impérissble.
On commence par une artiste dont j’avais apprécié le précédent album. Regina Spektor est revenu en 2016 avec Remember Us to Life. Elle nous offre une musique dont la douceur nous saisit immédiatement. C’est joli, maîtrisé et assez varié. Mais malgré tout, on glisse doucement de la douceur à un certain ennui car le tout perd progressivement de la consistance. L’album reste tout de même globalement agréable, même s’il lui manque un disque phare pour prendre une toute autre dimension.
On change totalement de style avec Slaves, un groupe de punk anglais. Leur album Take Control nous offre un bon gros rock bien basique. C’est relativement brouillon et tourne parfois quelque peu à la caricature. Les titres sont courts, comme pour tout album de punk qui se respecte, mais avec tout de même des introductions. Au moins les titres offrent une certaine variété. Personnellement, ce n’est pas non plus un style qui me plaît plus que ça, mais je peux comprendre que les fans du genre apprécient pleinement cet album.
Retour à la douceur avec Hope Sandoval and The Warm Intentions et son album Until the Hunter. Une artiste dont j’avais trouvé un de ces précédents albums assez ennuyeux. Cette fois-ci… ça sera exactement le même avis. L’album commence par un très long titre éthéré particulièrement chiant, n’ayant pas peur des mots. C’est parfois plus joli par la suite, mais jamais très dynamique. Certains titres arrivent presque à faire sortir l’auditeur de sa torpeur, mais comme ils n’en finissent pas, il y replonge très vite. Le tout reste donc désespérément monotone et plat.
Le populisme existe en politique. Il peut exister aussi au cinéma. Surtout quand le peuple s’apparente à une assemblée de fans. Pour les séduire, quoi de plus facile que de leur livrer un produit qui les conforte dans leur adoration, qui leur montre ce qu’ils adorent sous un jour extrêmement favorable pour ne surtout pas les bousculer. Et cela peut marcher à la perfection. On en tient la preuve en regardant la moyenne des notes spectateurs sur Allociné pour Bohemian Rhapsody. 4,7, soit un score extrêmement rare qui le placerait parmi les meilleurs films de toute l’histoire du 7ème art. La musique de Queen provoque visiblement une anesthésie du sens critique, tant ce film est d’une affligeante médiocrité.
Si Bohemian Rhapsody a reçu un accueil critique aussi mauvais, ce n’est pas sans raison, ce qui est rassurant sur la santé mentale des gens payés pour donner leur avis. En effet, le film s’apparente à une hagiographie, ce qui peut constituer un choix respectable, mais qui ne s’assume pas. Bryan Singer essaye de nous faire croire qu’il explore aussi le côté sombre de Freddy Mercury. Mais tout cela pour nous expliquer au final que le chanteur de Queen a été en fait victime d’un être malfaisant, tout ceci se terminant dans une scène de rédemption risible, sous la pluie parce que ça fait trop stylé (comme disent les jeunes). Cela finit de ruiner la crédibilité du point de vue et surtout lui retire définitivement son intérêt. Au final, le film s’apparente à une fausse autobiographie d’une star de téléréalité qui voudrait passer pour un génie torturée. Le vrai génie de Freddy Mercury méritait infiniment mieux !
Le plus dur c’est pour ceux qui restent… Ok, j’admets j’ai déjà utilisé cette idée pour introduire la critique de Mon Cher Enfant, mais elle convient également particulièrement pour débuter celle d’Amanda. Le parallèle ne s’arrête d’ailleurs pas là puisque le terrorisme islamisme figure en toile de fond. Il s’agit surtout de deux histoires humaines, chargées d’émotion. Rien de géopolitique ici, mais une réflexion sur le deuil et la manière dont on arrive à gérer l’absence et la peine qui semble sans fin. Et ici, une fort belle réflexion.
Amanda bénéficie de l’étonnante performance de la jeune Isaure Multrier. Les enfants sont souvent de formidables acteurs de manière naturelle, mais la palette d’émotion que ce rôle exige ne peut être aussi parfaitement interprétée sans un réel talent. On en oublierait presque celui de Vincent Lacoste, auquel on est certes désormais habitué mais qui continue d’apporter une vraie valeur ajoutée aux films qui en bénéficie. Enfin, Stacy Martin apporte sa touche de charme incomparable. Mikhaëls Hers a donc su insuffler beaucoup de talent dans chaque aspect de son film pour un résultat aussi beau que bouleversant.
Quand on est un militant politique en France, l’élection présidentielle reste incontestablement un moment particulièrement fort. Mais un moment un peu ambivalent car c’est aussi celui où ce qui se joue est le plus éloigné du militant de terrain. Elle constitue aussi une promesse. La promesse de faire bouger les choses à grande échelle et d’avoir un impact réel sur la vie des gens. Certes, les élus locaux jouent aussi un rôle important dans la vie des citoyens, mais pas tout à fait à la même échelle.
On commence par une artiste américaine dont j’ignorais totalement l’existence et qui se produit sous le nom de Solange (ce qui est bêtement son vrai prénom). Son album A Seat At The Table, sorti en 2016, nous plonge tout de suite dans un univers musical relativement enchanteur. On apprécie pleinement sa jolie voix. Mais la joie de la découverte laisse vite place à une certaine frustration car l’album tourne en rond et ne décolle en fait jamais vraiment. On commence même vite à s’ennuyer. Il nous propose tout de même un vrai moment de grâce avec le titre Don’t Touch My Hair.
L’artiste suivant est lui nettement plus connu. Il s’agit en effet du groupe Pink Floyd pour une compilation de 10 CD de plus d’une heure, intitulée The Early Years 1965-1972. Il s’agit de recueil de titres ou d’interprétations jamais publiés jusqu’à présent. L’ensemble offre une diversité d’œuvres qui permet de se rendre compte de l’évolution du groupe partant de titres rock classiques, sonnant un peu comme les Rolling Stones, pour arriver à un style psychédélique avec de très longs instrumentaux. Enfin, tout cas n’est qu’une compilation de seconds choix non retenus à l’époque et n’a vraiment rien de transcendant. Pour les fans absolus de Pink Floyd éventuellement. Les autres auront bien du mal à y trouver un réel intérêt.
On termine avec Adam Green et son album Aladdin. J’ai déjà pu apprécier plusieurs albums de cet artiste américain. Il s’agit de la bande-originale du film du même nom qu’il a réalisé et qui a connu une diffusion relativement confidentielle. Sa voix reste parfaite pour chanter de la country et il offre quelques titres classiques dans ce style si américain. Mais le tout manque un peu de punch. C’est maîtrisé mais cela manque cruellement de créativité. Il explore d’autres genres musicaux comme le rock ou même le mambo, sans vraiment plus de succès. On retiendra simplement le titre Interested in Music.
La magie est un peu comme l’amour. Elle n’existe peut être pas vraiment, mais pour y croire, il faut l’entretenir ! Et quoi de plus magique que le monde d’Harry Potter ? Ce dernier a connu une extension très réussie avec les Animaux Fantastiques. C’est donc avec une certaine impatience que l’on attendait d’y retourner avec un deuxième épisode intitulée les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald. Malheureusement, ces retrouvailles s’avèrent particulièrement décevantes faute d’avoir su insuffler de nouveaux éléments pour faire bouillonner le chaudron magique de cet univers.
Mais il y a Johnny Depp aurait-on envie de clamer ! Cependant, il semble ici un peu perdu, dans un rôle auquel il a du mal à donner la moindre épaisseur. Son charisme naturel ne fait pas tout non plus. Heureusement, l’autre star du casting, Jude Law, est quant à lui impeccable et apporte un petit supplément d’âme bienvenu. Quant à Eddie Redmayne, il livre une prestation sans surprise et sans parvenir à nous faire voir son personnage sous un jour nouveau. Tout ce joli petit monde évolue dans des décors et au milieu d’effets spéciaux pas si fantastiques que ça. Au final, Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald est une œuvre paresseuse qui constitue un prélude médiocre à troisième volet qui, espérons-le, sera d’un autre acabit.
Il y a la vie d’une part et la fiction d’autre part. Mais certaines personnes de la vie réelle semblent sorties tout droit d’un monde imaginaire. Elles sont trop (… à compléter selon les cas) pour être vraies. Et pourtant, elles le sont. Et une des particularités de ces figures est qu’elles atteignent parfois les sommets du pouvoir. Silvio Berlusconi fait partie de celles-ci. D’autant plus incroyables est qu’elle a su rejouer la même pièce trois fois et que les spectateurs l’ont laissé faire. Bref, il y a de quoi en faire un film. La preuve avec Silvio et les Autres, le nouveau film de Paolo Sorrentino.
Avec Silvio et les Autres, Paolo Sorrentino retrouve un de ses acteurs fétiches, en la personne de Toni Servillo. Il nous livre un numéro d’imitation plus vrai que nature… au sens premier du terme. On reconnaît tout à la fois le personnage réel qu’il incarne, tout en faisant un personnage dramatique allant bien au-delà de la simple imitation. Le film permet aussi d’apprécier la présence à l’écran de Riccardo Scamarcio que les amateurs du cinéma transalpin connaissent bien. Tous ces personnages sont sublimés par la caméra inspirée de Paolo Sorrentino. Dans ce film, les images en disent largement aussi long que les dialogues. Alors, on apprécie pleinement chaque image, sans jamais se lasser.
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