
Georges Simenon a dressé un portrait unique de la petite bourgeoisie française du milieu du XXème siècle à travers son œuvre. La plupart de ses romans se déroulent à Paris, quelques uns en province. Mais certaines de ses histoires se déroulent dans d’autres pays. Il a par exemple emmené son personnage fétiche de l’autre côté de l’Atlantique avec Maigret à New-York. Avec la Mort de Belle, la démarche est encore différente puisqu’il nous raconte une histoire qui nous plonge cette fois dans la petite bourgeoisie américaine. Pour s’apercevoir qu’elle n’a rien de bien différente.
Justesse psychologique
On peut même se demander pourquoi la Mort de Belle n’a pas Paris pour cadre. L’histoire n’aurait pas été très différente. Mais on peut tout simplement imaginer qu’au sein d’une œuvre aussi pléthorique, Georges Simenon puisse avoir envie d’un peu de variété. Du coup, le portrait est peut-être un peu moins mordant d’un point de vue sociologique. Néanmoins, la psychologie des personnages n’en perd pas moins de sa justesse et de sa profondeur. Il sait, mieux que personne, faire ressortir les travers les plus retors de la nature humaine.
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Si l’Inspecteur Maigret hante le plus souvent les rues de Paris, il lui arrive parfois d’aller exercer ses talents dans d’autres lieux. Parfois en France et même donc parfois à l’étranger comme dans Un Crime en Hollande, écrit en 1931. Le titre est assez explicite pour comprendre que l’enquête ne se déroule pas en France, même si elle concerne un ressortissant tricolore, ce qui justifie le déplacement (ce n’est pas l’élément le plus convaincant de l’histoire). Un roman de la série des Maigret quelque peu singulier, où Georges Simenon se prend quelque peu pour Agatha Christie.
Même le plus grands génies ont des moments de faiblesse. Enfin, au moins des moments où ils sont juste bons et non plus géniaux. Un auteur aussi incroyablement prolifique que Georges Simenon n’a évidemment pas pu écrire que de parfaits chefs d’œuvre. La Grande Perche ne figure certainement pas dans les lignes les plus inoubliables de sa bibliographie. Un roman non totalement dénué de qualité, mais qui ne propose pas la même profondeur et le même intérêt que ce à quoi le créateur du Commissaire Maigret nous avait habitué.
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