Comme certains semblent avoir découvert le dopage dans le cyclisme il y a à peine un mois, voici que l’on découvre la corruption dans le football. Après les révélations sur l’attribution de l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, voici les matchs achetés pour favoriser des parieurs. Cela fait beaucoup en moins d’une semaine, mais est-ce vraiment étonnant ? Non, à moins d’être complètement aveugle ou naïf.
L’attribution des grandes compétitions a toujours été sujette à des manœuvres douteuses. La France est bien placée pour le savoir, quand on connaît les détails des échecs successifs de Paris pour obtenir les Jeux Olympiques. On s’est moins vanté par contre de la manière dont on a devancé la Turquie pour l’organisation de l’Euro 2016. Il n’y a eu sans doute pas de corruption, mais quelques intrigues de palais guère reluisantes. On se souvient aussi de la manière dont Atlanta a piqué les Jeux du centenaire à Athènes, ou bien les scandales autour de la victoire de Salt Lake City pour les Jeux d’hiver. Bref, rien de nouveau sous le soleil, argent et manœuvres politiques ont toujours été utilisés pour soutenir ce genre de candidatures. Le tort des Qatari ? Celui d’avoir tellement d’argent que ça ne pouvait pas ne pas se voir… Mais sinon, ils n’ont fait que perpétuer une longue tradition…
Par contre, l’irruption de l’argent des paris dans le football est un phénomène beaucoup plus récent. Et nettement plus condamnable aussi, puisqu’il touche à l’intégrité des compétitions, indépendamment du lieu où elles se déroulent. Par contre, la corruption et les matchs truqués ne représentent pas une innovation. Simplement, elles se déroulaient à l’intérieur du monde du football, avec des présidents prêts à tout pour faire gagner leur club. Désormais, ce sont des éléments extérieurs qui viennent acheter des victoires. Ceci est beaucoup plus inquiétant, car nettement plus incontrôlable. Mais la lutte contre ce phénomène s’organise. Espérons que les révélations récentes marquent avant tout la fin d’une certaine impunité.
La tricherie en sport a toujours existé et existera toujours. Mais si on peut comprendre que le désir de vaincre pousse certains à s’écarter du droit chemin, il est totalement insupportable de voir des forces qui se moquent du nom du vainqueur mais cherchent juste à maximiser leur gain venir troubler la noble incertitude du sport.

Lincoln sera aussi peut-être le plus grand rôle de la carrière de Daniel Day Lewis. Et quand on connaît la rareté de ses apparitions, tant il les choisit avec un soin particulier, on peut mesurer l’extraordinaire éclat de sa performance. Certes, rentrer dans la peau d’un personnage historique, c’est un peu l’Oscar assuré et l’usine à superlatifs. Mais ce coup-ci, ces derniers sont infiniment mérités et jamais trop élogieux. Je ne voudrais pas oublier ici Tommy Lee Jones qui apporte vraiment sa pierre au magnifique édifice que ce film constitue, même si c’est tout le casting qui est à saluer. 

Zero Dark Thirty repose fortement sur les épaules de la pourtant frêle Jessica Chastain. Mais son interprétation remarquable, qui pourrait lui valoir un Oscar (même si on espère tous qu’Emmanuelle Riva sera récompensée à sa place), sublime vraiment son personnage. Elle arrive à nous faire ressentir toute la force et toute la faiblesse qui se trouvent réunis dans cette femme dont la ténacité parfois horripilante sera finalement récompensée. 

Le Dernier Rempart est un peu plus qu’une série B. Il suffit de regarder le casting. Aux côtés d’un Arnold Schwarzenegger toujours inexpressif, mais toujours aussi parfaits dans ses rôles, on retrouve notamment le trop rare Forest Whitaker, pour une contraste entre flic du FBI des villes contre shérif des champs. Le méchant est interprété par Eduardo Noriega, que l’on avait déjà vu récemment dans un western crépusculaire, Blackthorn. Il est secondé par Peter Stormare qui est décidément spécialiste des rôles d’homme de main des pires truands. Il faut dire qu’avec son physique…



Edouard Deluc fait donc preuve d’une certaine timidité pour son premier film. Sa réalisation est propre, sans être ni brillante, ni particulièrement imaginative. Là encore, Mariage à Mendoza ne brille pas particulièrement, sans être foncièrement désagréable. Mais aucune lueur d’intérêt profond ne s’allume jamais au fond des yeux des spectateurs. Le réalisateur n’est pas parvenu à insuffler un vrai souffle à un film qui ne décolle jamais d’une certaine platitude. Et malheureusement, on ne peut même pas dire qu’il a mal exploité un potentiel, car l’idée de départ n’était même pas prometteuse.
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