LE BON, LA BRUTE, LE CINGLE : Il était une fois dans l’Est

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lebonlabrutelecingleafficheL’influence de Sergio Leone sur le cinéma est tout simplement immense. On ne compte plus les références et les clins d’œil qui surgissent au détour de films très différents, tant le réalisateur d’Il Etait une Fois dans l’Ouest a marqué plusieurs générations de cinéastes. Il y’a même des films qui constitue dans leur intégralité un hommage. C’est le cas de ce très bon film coréen : le Bon, la Brute et le Cinglé.

Au cœur de la Mandchourie des années 30, Chang-Yi est chargé de récupérer une carte au trésor en prenant d’assaut un train. Mais il est devancé par Tae-Goo, un bandit de grand chemin, sous les yeux, et le fusil, de Do-Won motivé par un mystérieux désir de vengeance. Ces trois-là vont se retrouver au cœur d’une chasse au trésor où il seront loin d’être les seuls à convoiter le magot.

Si le Bon, la Brute et le Cinglé n’est pas tout à fait un remake du Bon, de la Brute et du Truand, il s’apparente fortement à un Sergio Leone’s greatest hits à la sauce coréenne. Et de la sauce piquante, détonante, explosive ! Les références aux film du maître italien sont omniprésentes. Bon faut dire, vu le titre… En tout cas, nous sommes là face à un vrai western spaghetti comme à la grande époque du genre et qu’importe que cela nous transporte au nord de la Chine.

Le cinéma coréen est très différent de ce que l’on associe généralement au cinéma asiatique, en termes de rythme de narration. A ce niveau-là, il n’y a guère de différence avec le cinéma occidental. Il s’agit également du plus gros budget de l’histoire du cinéma coréen et il n’a rien à envier aux plus grandes productions hollywoodiennes. Par contre, il offre ce mélange si caractéristique du 7ème art du pays du matin calme, à savoir un mélange d’humour très premier degré et grand-guignolesque et d’ultra-violence. A part chez Tarantino, cela n’a guère d’équivalent de l’autre côté du monde.

Dans Le Bon, la Brute et le Cinglé , les péripéties s’enchaînent dans un rythme effréné qui ne laisse que peu de répit au spectateur. Ca tire, ça court, ça explose à tous les coins de l’écran en quasi-continu. Un vent de fraîcheur et d’enthousiasme souffle sur ce film à la fois si classique, mais à la saveur unique. Un mélange entre diverses influences, diverses cultures qui se complètent merveilleusement et se subliment.

lebonlabrutelecingleLe Bon, la Brute et le Cinglé souffre tout de même d’un léger défaut. Si le film est rythmé et dense, certaines scènes s’étirent quelque peu en longueur ce qui fait retomber quelque peu l’enthousiasme qu’elles provoquent. C’est le cas notamment d’une des scènes le plus hallucinantes qui soient, où tous les protagonistes se retrouvent au même endroit à poursuivre le même homme, hésitant tous entre tirer sur le fuyard ou les uns sur les autres. Rien qui gâche vraiment le plaisir, mais assez pour ne pas faire de cet excellent film un pure chef d’œuvre.

Le Bon, la Brute et le Cinglé nous permet aussi de voir une nouvelle que le cinéma coréen, en plus d’être hyper imaginatif, est aussi riche de très grands acteurs. Le trio Lee Byung-Hun, Jung Woo-Sung et Song Kang-Ho est absolument remarquable et est largement au niveau du trio légendaire du film de Leone. Le dernier des trois, que l’on retrouve dans beaucoup des excellents films coréens qui sortent sur nos écrans, est un des meilleurs acteurs au monde, même si, malheureusement, la gloire planétaire n’est réservée qu’aux étoiles d’Hollywood.

Le Bon, la Brute et le Cinglé est donc un vrai moment de bonheur cinématographique à consommer sans modération.

Fiche technique :
Production : CJ entertainment, Barunson, Grimm pictures
Réalisation : Kim Jee-won
Scénario : Kim Jee-won, Kim Min-suk
Montage : Nam Na-young
Photo : Lee Mogae
Format : Scope
Décors : Cho Hwa-sung
Distribution : Arp selection
Musique : Dalparan, Chang Young-gyu
Durée : 128 mn

Casting ;
Jung Woo-sung : Le bon (Do-won)
Lee Byung-hun : La brute (Chang-yi)
Song Kang-ho : Le cinglé (Tae-goo)
Yoon Jae-moon : Byung-choon
Ryu Seung-soo : Man-gil

UN BEAU CHAMPION POUR UNE SI BELLE EPREUVE

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romainbarrasRomain Barras, champion d’Europe du décathlon, voilà une bien bonne et belle surprise. On savait que la médaille était jouable, mais la première marche du podium semblait difficilement accessible. Il y est parvenu après une superbe deuxième journée qui l’a vu remonter les cinq concurrents qui étaient classés devant lui hier soir.

La victoire est encore plus belle car acquise après un final assez rare pour un décathlon. Entre le Hollandais est lui, l’écart était tellement faible, qu’il suffisait à l’un de finir devant l’autre pour remporter le classement final et la médaille d’or. Une course à la fois simple à comprendre et à suspense pour un vrai beau et grand spectacle.

Le décathlon reste quand même un truc de fous. Lancer le poids, sauter en hauteur ou encore courir un 1500m demandent des qualités évidemment très différentes et parfois même totalement contradictoires. Les voir finir par une course de demi-fond après deux jours d’épreuve constitue toujours un moment surprenant d’abnégation. Ce que tête veut, corps veut, comme dirait un grand sportif de ma connaissance. Le décathlon en est la preuve, surtout quand le commun des mortels, et moi le premier, est déjà fatigué à l’idée de réaliser une seule de leurs dix épreuves.

Le décathlon, c’est aussi un joli moment de solidarité. C’est certes une image d’Epinal, ressortie à chaque compétition par les commentateurs peu inspirés. Mais voir se tomber dans les bras les deux rivaux à l’arrivée reste une belle image de ce que doit être avant tout le sport, même à haut niveau. Heureusement que tout le monde n’a pas le même esprit que Laurent Fignon qui a déploré publiquement les images d’amitiés et de respects entre Contador et Schleck lors du dernier Tour de France.

Bien sûr les décathloniens ne seront jamais d’immenses stars, ça aide peut-être à garder des valeurs saines. Mais en tous cas, ce sont tous d’immenses champions.

TOY STORY 3 : Votre enfance comme vous ne l’avez jamais vue

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toystory3afficheEn 1995, Toy Story débarquait sur nos écrans et révolutionnait le monde de l’animation, en en faisant le premier long métrage du genre en 3D… Oui enfin ce qu’on appelait encore la 3D avant l’ère Avatar et la mode des lunettes sur le nez. Bref, on l’appelle comme on veut, il s’agissait là d’une vraie révolution visuelle et le film est depuis devenu un classique, tout comme la suite, sortie 4 ans plus tard. Il aura fallu 11 ans pour avoir droit à un troisième (et dernier ?) volet. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela valait le coup d’attendre.

Andy a grandi et s’apprête désormais à rentrer à l’université. Depuis longtemps, il a relégué ses vieux jouets au fond d’un coffre qu’il n’ouvre plus. Ces derniers n’ont plus qu’une crainte, celle de finir au mieux au grenier, au pire à la poubelle. Finalement, ils seront donnés à la halte-garderie du quartier. Elle ressemble à première vue au paradis pour jouets retraités. A première vue…

Toy Story 3 nous offre un cocktail détonnant de rires et d’aventures. Sa grande particularité est d’exploiter les objets les plus anodins et quotidiens pour en faire des éléments déterminants dans l’intrigue. Pouvez-vous imaginer qu’un tortilla puisse être une pièce maîtresse dans un plan d’évasion ? Non ? Et bien, allez voir Toy Story 3 vous changerez d’avis.

Le tout est raconté sur un rythme échevelé. Il est impossible de s’ennuyer devant Toy Story 3 tant les péripéties s’enchaînent sans jamais laisser le spectateur respirer une seule seconde. Le final notamment est superbe et est digne des plus grands films d’aventures, avec un vrai travail de réalisation. On se surprend à trembler pour nos héros. C’est à ce moment là qu’ils abandonnent définitivement leur statut de jouets pour être des personnages à part entière. Notre attachement pour eux est alors à son maximum et on est un peu triste, une fois sorti de la salle, de les avoir quittés.

toystory3On y retrouve évidemment tous les héros de la série, en premier lieu Woody et Buzz l’Eclair. Ce dernier nous fera d’ailleurs découvrir un talent qu’il nous avait jusqu’alors caché et qui nous offre la séquence la plus drôle de Toy Story 3. Il introduit également de nouveaux personnages, avec notamment un couple Barbie-Ken savoureux. Personnellement, j’ai été aussi ému d’y retrouver MON téléphone à roulettes Fisher Price… Bon, c’est là qu’on se dit que des millions d’enfants de par le monde ont eu le même, mais on ne peut s’empêcher de penser que c’est bien le sien qui est représenter à l’écran. C’est aussi ça la magie de Toy Story 3, un miroir vers notre propre enfance.

D’ailleurs, Toy Story 3 constitue également un vrai moment d’émotion. Il y’a une réelle réflexion sous-jacente sur la fin de l’enfance et les liens que l’on garde, ou non, avec elle. Les cinq dernières minutes feront sûrement verser quelques larmes à plusieurs d’entre vous, tant la mélancolie sera alors à même de vous envahir. Un vrai beau moment de cinéma qui constituera une conclusion magistrale à la saga… Si les producteurs, bien sûr, ne sont pas tentés par un quatrième volet. Vue la qualité du troisième, on serait tenter de le réclamer au plus vite.

Toy Story 3 remporte donc le duel qui l’opposait à Shrek 4, Il Etait une Fin dans le duel des films d’animation estivaux, même si les deux productions sont toutes deux très réussies. Mais Toy Story 3 a ce petit supplément d’âme qui en fait tout simplement un très beau film.

Fiche technique :
Production : Pixar Animations Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Lee Unkrich
Scénario : Lee Unkrich, John Lasseter, Andrew Stanton, Michael Arndt
Musique : Randy Newman
Durée : 100 mn

Casting :
Tom Hanks : Woody
Tim Allen : Buzz Lightyear
Joan Cusack : Jessie
Ned Beatty : Lotso
Micheael Keaton : Ken
Jodi Benson : Barbie 

TAMARA DREWE : Le bonheur est dans le pré (anglais)

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tamaradreweafficheAh le cinéma anglais ! Il est fréquent que je chante ses louanges au fil de mes critiques. Et s’il y’a bien un genre dans lequel il excelle, c’est celui de la comédie. Aussi rythmées que les comédies américaines, aussi profondes et intelligentes que (certaines) comédies françaises, les comédies anglaises sont tout simplement de loin les meilleures du monde. Alors si vous riez encore juste en pensant à 4 Mariages et un Enterrement et à The Full Monty, courrez au plus vite savourer ce nouveau bijou qu’est Tamara Drewe.

Plusieurs années après son départ, Tamara revient dans le fin fond de la campagne anglaise où elle a grandit pour s’occuper de la vente de la maison de sa mère. Quel émoi dans le village quand tout le monde la voit arriver avec le nez refait, des jambes à couper le souffle et un charme dévastateur. Dans ce lieu tranquille où jamais rien ne se passe, beaucoup de choses vont alors se passer.

Derrière la caméra, Stephen Frears, vieux routier du cinéma anglais, et qui nous livre régulièrement de petits chef-d’œuvres. Son film précédent, Chéri, d’après Colette, m’avait quelque peu déçu. C’est sûrement pour ça qu’il a décidé de mettre cette fois-ci tout son talent en œuvre pour nous livrer peut-être la comédie de l’année, à la fois drôle, corrosive et dressant surtout un portrait si bien juste des petites faiblesses humaines. Tamara Drewe est tout simplement du pur bonheur en pellicule.

Tamara Drewe est avant tout un vrai vaudeville. Il y’a des maris et des amants dans les placards, mais pas que ça. Il y’a surtout une incroyable galerie de personnages, tous plus savoureux les uns que les autres. Un auteur à succès volage, un écrivain sans inspiration, un homme à tout faire qui ronge son frein, une rock-star, une femme fidèle malgré tout et bien sûr cette Tamara qui a mis leur vie sans dessous-dessous.

Mais il y’a surtout, Jody et Casey, deux adolescentes qui évidemment s’ennuient ferme dans ce trou perdu et qui n’ont qu’une seule envie : faire des conneries. Deux personnages inoubliables, magistralement interprétés par les jeunes Jessica Barden et Charlotte Christie, que l’on reverra très bientôt, espérons-le. Elles représentent la (grosse) cerise au sommet de ce film qui est par ailleurs particulièrement délectable.

tamaradreweLa vraie star de ce film reste néanmoins la sublime Gemma Arteton. Elle nous prouve ici que se faire diriger par un grand réalisateur change tout et nous fait oublier sa prestation quelque peu ridicule (mais moins que le film) dans le Choc des Titans. Elle fait ici étalage de tout son charme qui ne tient pas uniquement à sa magnifique paire de gambettes. On tombe littérairement amoureux d’elle, comme tout le monde au village, et malgré ses variations d’humeur toutes féminines. Gemma épouse-moi !

Le tout est filmé par la caméra élégante et discrète de Stephen Frears. Pas d’esbroufe, d’effets visuels incongrus, mais un vrai sens de l’image et de la composition, qui m’aurait presque donné envie d’échanger mon voyage en République Dominicaine contre un séjour dans l’arrière-pays grand-breton… Bon là, je m’emballe peut-être un tantinet, mon amour du cinéma britannique ne va peut-être pas aussi loin. Mais pas loin quand même…

Tamara Drewe est donc le film à voir cet été… Bon peut-être avec Inception, mais je ne peux pas encore dire, je ne l’ai pas encore vu…

Fiche technique :
Production : Ruby films, BBC Films, West End Films
Réalisation : Stephen Frears
Scénario : Moira Buffini, d’après le roman graphique de Posy Simmonds
Montage : Mick Audsley
Photo : Ben Davis
Décors : Alan MacDonald
Distribution : Diaphana
Musique : Alexandre Desplat
Directeur artistique : Christopher Wyatt
Durée : 109 mn

Casting :
Gemma Arterton : Tamara Drewe
Roger Allam : Nicholas Hardiment
Bill Camp : Glen McCreavy
Dominic Cooper : Ben Sergeant
Luke Evans : Andy Cobb
Tamsin Greig : Beth Hardiment
Jessica Barden : Jody Long
Charlotte Christie : Casey Shaw

LE LIEVRE ET LES TORTUES

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christophelemaitre7 tortues surgissent des starting-blocks. Pendant ce temps le lièvre prend son café. Les tortues accélèrent. Le lièvre appelle sa mère au téléphone. Les tortues sont en pleine vitesse. Le lièvre se dit qu’il ferait bien une petite sieste. Puis, il décide enfin de se mettre à courir, remonte toutes les tortues et remportent la course haut la main.

Evidemment, Jean de la Fontaine n’a pas vraiment imaginé cette fin pour sa fable du Lièvre et de la Tortue. Par contre, Christophe Lemaître s’est permis de la réécrire magistralement ce soir en finale des Championnats d’Europe d’athlétisme. Gagner avec une telle marge après un départ aussi poussif a prouvé de manière incontestable qu’il était bien au-dessus de la concurrence et qu’il mérite amplement son titre.

Les mauvais langues rappelleront bien sûr que le temps de 10’11 est loin du top-niveau mondial. Mais le réaliser lors d’un course aussi techniquement médiocre, et qui plus est avec du vent défavorable, prouve que le potentiel est immense. Il ne faut pas non plus oublier que Christophe Lemaître n’a que 20 ans et que sa courbe de progression est en pleine ascension et qu’il n’y a aucune raison pour qu’elle s’arrête là.

Au-delà de l’anecdote d’être le premier blanc sous les 10 secondes, le parcours de Christophe Lemaître porte bien des espoirs. Tout semble indiquer qu’il deviendra un sprinter régulier sous les 10 secondes et qu’il sera largement au niveau d’une finale mondiale. Plus ? C’est moins évident car l’écart avec un Tyson Gay ou un Astafa Powell reste immense. Et ne parlons même pas d’Usain Bolt. Mais le Français est bien trop jeune pour qu’on lui fixe déjà des limites.

Quand j’était plus jeune j’avais formulé un vœu : celui de voir, avant de mourir, la France, championne du monde de football, un Français remporter le Tour de France, un Français remporter Roland-Garros et un Français champion olympique du 100m. Un seul de ces quatre évènements s’est réalisé et franchement, ce n’était pas celui que je pensais le plus probable. Le deuxième sera-t-il encore plus inattendu ? Rien n’est moins sûr, mais avec Christophe Lemaître, il est désormais permis de rêver.

LE PREMIER QUI L’A DIT : Scandale dans la famille

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lepremierquiladitafficheParler avec humour d’un sujet sérieux est un processus vieux comme le monde, mais toujours efficace. Et le cinéma italien n’est pas le dernier à le mettre en œuvre, et même quelque fois de manière « extrême » avec La Vie est Belle qui nous a fait rire et pleurer avec une histoire nous emmenant dans les camps de concentration. Cette fois, le sujet est peut-être moins lourd, mais en rien anodin, mais Le Premier qui l’a Dit reste avant tout une savoureuse comédie.

Tommaso vient passer quelques jours dans sa famille, au cœur de l’Italie, avec une ferme résolution, celui de faire son coming-out. Mais au moment de prendre la parole, son frère aîné, Antonio, lui coupe la parole pour annoncer sa propre homosexualité. Leur père réagit en chassant Antonoio de la maison et en tombant victime d’un infarctus. Du coup, du peur d’achever son père, Tommaso remet sa déclaration à plus tard et supporter l’indignation homophobe de sa famille.

Le Premier qui l’a Dit traite un sujet plutôt contemporain (enfin pas dans son existence, mais dans sa présence sur le grand écran) d’une manière extrêmement classique. La confrontation d’une société traditionnelle avec des éléments contraires aux traditions est un ressort comique utilisé mainte et mainte fois. Il faut dire que cela renvoie à des situations que nous avons tous vécu au quotidien. Bon heureusement, toutes les grand-mères ne meurent pas d’un infarctus en découvrant le piercing à la langue de leur petite-fille.

Les comédies sur l’homosexualité sont nombreuses. Le Premier qui l’a Dit ne va pas révolutionner le genre, mais il est à ranger parmi les meilleures du genre. Le sujet est traité sans lourdeur, ni empathie excessive. Pas de clichés (ou si peu), pas sz violons larmoyants. On pourra d’ailleurs saluer une fin magnifique et qui n’est pas du tout celle qu’on aurait pu imaginer. Le film se distingue donc pas la justesse de son ton qui lui permet de faire passer un message sans se transformer en acte militant.

Le Premier qui l’a Dit n’oublie pas d’être drôle, même s’il est bien plus que ça. Il n’y pas non plus 12 000 séquences hilarantes, mais on passe tout le film le sourire aux lèvres. Le scénario est ponctué de gags à proprement dits, mais c’est le plus souvent la situation en générale qui prête à rire. Mais il faut admettre que le film aurait sûrement gagné à manier un humour plus corrosif. Il n’y a jamais de méchanceté, mais que de la tendresse envers les personnages. Cela ne représente pas forcément un problème en soi, mais cela donne un petit côté politiquement correct qui constitue la plus grande limite de ce film.

lepremierquiladitLe Premier qui l’a Dit nous permet de découvrir une belle (au sens propre et au sens figuré) brochette d’acteurs et d’actrices. Une grande partie du film repose sur les épaules de Riccardo Scamarcio, qu’on avait pu voir il n’y a pas longtemps dans le pas très bon Le Rêve Italien. Il ne s’en sort pas trop mal, même s’il se repose un peu trop sur son regard irrésistible. On lui préfèrera, et pas que pour des critères esthétiques, la belle Nicole Grimaudo dont le talent et le charme crèvent l’écran. Un mot aussi sur Ennio Fantastichini, irrésistible en père dépassé par les évènements, et Alessandro Preziosi, dont le rôle est court mais dont le charisme à l’écran est impressionnant.

Le Premier qui l’a Dit n’est donc pas la comédie de l’année. Mais elle constitue un divertissement intelligent, traitant avec une relative finesse d’un sujet dont ne parle jamais assez.

Fiche technique :
Production : Fandango, Rai Cinema, Apulia Film Commission
Réalisation : Ferzan Ozpetek
Scénario : Ferzan Ozpetek, Ivan Cotroneo
Montage : Patrizio Marone
Photo : Maurice Calvesi
Musique : Pasquale Catalano
Durée : 110 mn

Casting :
Riccardo Scamarcio : Tommaso
Nicole Grimaudo : Alba
Alessandro Preziosi : Antonio
Ennio Fantastichini : Vicenzo
Lunetta Saviano : Stefania
Elena Sofia Ricci : Tante Luciana
Bianca Nappi : Elena
Massimiliano Gallo : Salvatore
Riccardo Scamarcio : Tommaso
Nicole Grimaudo : Alba
Alessandro Preziosi : Antonio
Ennio Fantastichini : Vicenzo
Lunetta Saviano : Stefania
Elena Sofia Ricci : Tante Luciana
Bianca Nappi : Elena
Massimiliano Gallo : Salvatore
 

SHREK 4, IL ETAIT UNE FIN : Un Shrek plus épais

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shrek4afficheIl y’a un peu moins de dix ans déboulait sur notre écran un ogre vert dénommé Shrek qui nous a fait rire comme rarement. Depuis, il est devenu un personnage familier, au-delà de l’immense succès commercial. Il a également donné naissance à deux suites, une première géniale, une seconde décevante. Alors c’est avec une certaine appréhension que l’on attendait le quatrième et, paraît-il, dernier volet. L’accueil fut mitigé, mais je fais incontestablement partie de ceux qui l’ont réellement apprécié.

Shrek est désormais un mari et un père de famille heureux et comblé. Mais il frappé par le fléau que connaissent tant de couples : la routine. Cette dernière tourne vite à l’ennui profond et son humeur s’en ressent. Il pense pouvoir y remédier en passant un contrat avec le lutin Tracassin. Mais il s’agit en fait d’un marché de dupe et notre ogre se retrouve plongé dans un monde où personne ne le connaît plus. Y compris sa douce et tendre Fiona…

Shrek 4, Il était une Fin n’atteint évidemment pas les mêmes sommets que les deux premiers volets. Mais les auteurs ont eu l’intelligence de changer de registre, afin de vaincre l’essoufflement évident ressenti pour le troisième opus. Plus sombre (enfin pas trop non plus), moins focalisé sur l’enchaînement des gags, il propose un scénario un peu plus consistant et une approche des personnages plus subtile.

Enfin, tout cela reste évidemment tout à fait accessible aux petites têtes blondes. D’ailleurs, certains adultes trouveront sans doute cette évolution regrettable. En effet, le scénario reste tout de même quelque peu enfantin et l’abandon des gags à tout crin peut les priver du seul intérêt qu’ils trouvaient dans les films mettant en scène notre ogre préféré. Mais ceux, comme moi, qui ont gardé une âme d’enfant et qui aiment réellement ces personnages et cet univers trouveront un réel plaisir à suivre Shrek 4, Il était une Fin. Un plaisir différent, mais bien réel.

Et puis rassurez-vous, on rit encore beaucoup dans Shrek 4, Il était une Fin. Certes, il n’y aucun passage qui nous pousse à uriner dans notre pantalon mais on déploie notre gorge plus d’une fois, pour de grands éclats de rire. Encore une fois, c’est le personnage du Chat Potté qui emporte la palme de l’élément comique le plus efficace. Le voir transformé en chat de salon obèse est particulièrement délectable, surtout que sa légendaire dilatation des pupilles n’a rien perdu de son pouvoir.

shrek4Le couple Shrek-Fiona reste lui aussi au top. Des personnages cette fois plus épais, moins axés sur le rire, mais cette fois également sur les émotions et les sentiments. Il ne s’agit pas là de comparer Shrek 4, Il était une Fin à un Woody Allen, mais juste d’apprécier de voir ces deux figures devenues familière prendre un tantinet d’épaisseur, ce qui ne fait que renforcer le lien d’affection qui nous lie à eux.

Enfin, il n’y a évidemment rien à redire sur la qualité de l’animation. On ne serait presque tenté de ne plus en parler tant on est désormais habitué à des films du genre de toute beauté. Ce qui était un sujet d’émerveillement et d’étonnement au temps du premier volet constitue désormais la norme. Ce n’est cependant pas une raisons pour saluer le travail artistique réalisé de toute l’équipe technique et qui mérite toute notre admiration.

Bref, Shrek 4, Il était une Fin est pour moi un petit moment de bonheur dont il serait dommage de se priver. Sera-t-il vraiment le dernier ? Les paris restent ouverts…

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation, Pacific Data Images
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Mike Mitchell
Scénario : Josh Klausner, Darren Lemke
Montage : Nick Fletcher
Photo : Yong Duk Hhun
Musique : Harry Gregson-Williams
Effets spéciaux : Doug Cooper
Directeur artistique : Peter Zaslav, Max Boas
Durée : 93 mn

Casting :
Mike Myers : Shrek
Eddie Murphy : L âne
Cameron Diaz : Princesse Fiona
Antonia Banderas : Le chat potté
Craig Robinson : Cookie
Walt Dhorn : Tracassin
Jane Lynch : Gretched

TOURNEE : Une ambiance extraordinaire pour une petit goût d’inachevé

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tourneeafficheAssister à un film inattendu, décalé et sortant réellement de l’ordinaire n’est pas une chance que l’on tous les jours malheureusement. Evidemment, même moi ne vais pas au ciné tous les jours. Enfin, vous aurez compris l’idée. Tournée fait partie de ces vrais moments de surprise cinématographique, d’ailleurs récompensée par le prix de la mise en scène à Cannes. Mais l’originalité n’est pas un fin en soi…

Joachim revient en France avec une troupe de danseuses–strip-teaseuses d’un genre un peu particulier. Mais persona non grata à Paris, il se contente de suivre la côte Atlantique. Mais au beau milieu de la tournée, il se décide de se rendre à la capitale dans l’espoir qu’une salle lui ouvrira ses portes.

Le synopsis donne une fausse impression sur ce qu’est vraiment Tournée, parce qu’au fond l’histoire importe peu. Bon, on y reviendra. Les vrais stars de ce film, ce sont les artistes, des femmes qui n’ont rien à voir avec celles qui s’effeuillent habituellement autour d’une barre. Bref, des femmes, de vraies, pas des nymphettes siliconées. On partage leurs vies à la scène comme à la ville. Celles d’Américaines un peu perdues dans ce pays qu’elles ne connaissent pas. Surtout celles de femmes pleines d’énergie, terriblement attachantes, dont les performances scéniques sont à l’image de ce qu’elles sont.

Tournée est un vrai film d’ambiance. Une immersion dans un quotidien sortant assez de l’ordinaire pour mériter d’être couché sur pellicule. Et l’immense mérite de Mathieu Almaric, pour son premier film, est d’avoir su capter cette ambiance, nous la faire partager avant tant de sincérité, d’enthousiasme, d’humour, de tendresse et surtout de talent. On fait partie de la troupe, on aime ses membres et on a envie de se lever de son siège pour applaudir à chacun de leurs passages sur scène. Une complicité rare entre les personnages et le public s’établit et fait de ce film un moment de cinéma comme on a rarement l’occasion d’en voir.

tourneeA côté de ça, on suit les mésaventures de Joachim dont le retour en France est quelque peu difficile. Cela constitue le fil conducteur scénaristique de Tournée. Mais il est mince. Il y’a bien un long passage centré sur le personnage interprété magistralement par Matthieu Almaric, mais il ressemble plus à une séquence de transition qu’au réel cœur de l’intrigue. En fait, le film erre comme le fait la troupe. S’il y’a bien un point de départ, on ne sait pas trop bien quel sera le point d’arrivée. Et d’ailleurs, le dénouement n’en est pas vraiment un. On quitte nos nouveaux amis à regret, mais on aurait pu le faire aussi bien un peu plus tôt qu’un peu plus tard.

A mon sens, Tournée rate là l’occasion d’être un grand film. Une intrigue plus forte n’aurait rien retiré à la magie que Matthieu Almaric a su créer. Mais en se reposant uniquement dessus, il nous offre certes un vrai moment de cinéma puissant et original, mais passe à côté de quelque chose d’encore plus grand. Il aurait pu aller encore plus loin que la surprise et la curiosité que provoque en nous ce film et nous captiver définitivement. Je suis peut-être un peu exigeant, mais j’ai tout de même ressenti cette petite frustration qui, sans vraiment gâcher mon plaisir, m’a quand même laissé un petit goût d’inachevé.

Tournée est un film comme vous ne l’avez jamais vu, avec des personnages comme vous n’en avez jamais vus, alors, malgré quelques faiblesses, il serait dommage de ne jamais le voir…

Fiche technique :
Production : Les films du poisson, Neue Mediopolis Filmproduktion
Réalisation : Mathieu Amalric
Scénario : Mathieu Amalric, Philippe di Folco, Marcelo Novais Teles
Montage : Annette Dutertre
Photo : Christophe Beaucarne
Distribution : Le pacte
Son : Olivier Mauvezin
Durée : 111 mn

Casting :
Mathieu Amalric : Joachim
Damien Odoul : François
Julie Ferrier : la caissière à la station service
Miranda Coclasure : Mimi Le Meaux
 

PROPOSITION DE LOI

propositiondeloi

propositiondeloiPour ma campagne de 2012, j’ai une nouvelle grande réforme à proposer : le retour du suffrage censitaire !

Petit rappel : suffrage censitaire : On appelle suffrage censitaire le mode de suffrage dans lequel les électeurs sont uniquement les personnes de la population qui payent un impôt d’un montant précis appelé cens. Les participants à la vie politique sont déterminés par le cens. Pour être électeur, ou éligible, il faut avoir un cens (impôt) dépassant un seuil déterminé par la loi électorale en vigueur.

Seulement, je vais proposer une variante. Les électeurs seront uniquement les personnes de la population pour qui demander un retrait de 500 00 euros à (une de) leur banque paraît quelque peu incongrue. Bref, les gens qui vivent dans le monde réel…

 

PREDATORS : Il faut sauver le soldat Adrien

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predatorsafficheLa question qui va en tarauder plus d’un est pourquoi, alors qu’à la sortie de la Coupe du Monde, j’avais accumulé beaucoup de retard cinématographique, ai-je perdu mon temps en allant voir un navet comme Predators ? En effet, ce film est aussi nul qu’il en a l’air et ce n’est pas peu dire. Mais voilà, pour moi, Predator, l’original de 1987 réalisé par le grand, l’immense John McTierman, est un des meilleurs films de tous les temps et j’avais, malgré ses limites, vraiment apprécié ce sympathique nanar qu’est Alien vs Predator. Malheureusement, celui-là n’est pas sympathique, mais juste nul.

Un groupe de combattants diverses et variés (des militaires, un yakuza, un taulard…) se retrouve parachuté dans un jungle hostile et mystérieuse, sans se souvenir comment ils sont arrivés là. Mais ils vont vite réaliser qu’ils constituent le gibier d’une chasse organisée par de mystérieuses créatures…

…enfin mystérieuses, si l’on veut, puisqu’on a déjà longuement eu l’occasion des les découvrir à l’occasion des 4 films dans lesquels elles ont déjà été mises en scène. D’ailleurs, commençons par le point positif, le seul, de Predators. Il ne cherche pas à préserver un suspense qui n’aurait pas lieu d’être. Le film commence sans aucune introduction, de toute façon, les trois quarts des spectateurs savent déjà à quoi s’en tenir. On va droit au but, on est venu voir des humains se faire traquer par des Predators, pas pour autre chose.

Si Predators va droit à l’essentiel, l’essentiel est traité avec une telle médiocrité qu’il n’y a rien à retenir dans cet infâme navet. Une franchise prestigieuse, un casting qui pourrait tenir la route, des effets spéciaux de très bonne facture, il y’avait presque de bons ingrédients. Mais faudrait-il encore se donner la peine de faire monter au moins un minimum la sauce. Or ne cherchez pas de ce film une moindre once d’imagination, de créativité. On ne peut même pas parler de série B ou de série Z, car au moins dans ce genre de films, les réalisateurs essayent de masquer le manque de moyen, voire même de talent, pas un minimum d’ingéniosité. Là pas besoin, puisque les moyens techniques sont là, alors rien, il ne reste plus rien.

predatorsSi on reconnaît un mauvais réalisateur à sa faculté à tirer le pire de grand acteur, Nimrod Antal fait partie de la crème de la crème des tâcherons. Bon, il n’a pas égalé la performance de notre Louis Leterrier national qui avait réussi dans son Choc des Titans, de sombre mémoire, qui avait réussi à faire de Liam Neeson et Ralph Fiennes deux acteurs qui aurait du mourir si le ridicule tuait. Mais avoir réussi à rendre Adrien Brody aussi mauvais, ce n’est quand même pas un exploit à la portée du premier escroc venu.

Et dire que l’interview d’Adrien Brody dans le Grand Journal m’avait fait envie. Mais ce fut surtout la preuve qu’il reste un immense acteur. Allez, Adrien, tu peux arrêter de mentir désormais, tu peux nous le dire que ce tournage fut une torture. Ca se voit sur ton visage que tu n’as qu’une seule envie, qu’on vienne te tirer au plus vite de ce sous-film sans intérêt. Tu n’y crois jamais, tu surjoues, tu sousjoues, luttant désespérément pour donner de la consistance à ton personnage et aux dialogues ineptes qu’on t’a forcé à dire… Pauvre Adrien…

Pour finir, un petit détail que j’ai essayé d’oublier… Robert Rodriguez a largement participé à l’élaboration de ce projet… Enfin, tout le monde a ses moments de faiblesse. Enfin, avec Predators, c’est une grande faiblesse, une très grande faiblesse…

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Troublemaker Studios, Davis Entertainment
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : Nimrod Antal
Scénario : Robert Rodriguez, Alex Litvak, Michael Finch
Montage : Dan Zimmerman
Photo : Gyula Pados
Format : 35mm
Décors : Amy Bell
Musique : John Debney
Effets spéciaux : Gregory Nicotero
Maquillage : Allan B. Holt
Durée : 100 mn

Casting :
Adrien Brody : Royce
Topher Grace : Edwin
Alice Braga : Isabelle
Danny Trejo : Cuchillo
Laurence Fishburne : Nolan
Walton Goggins : Stans