
Ce Tour fut le plus beau depuis bien des années. Beau déjà parce qu’il fut extrêmement disputé. Le duel entre Alberto Contador et Andy Schleck fut riche en rebondissements, avec un beau numéro d’échange de maillot jaune à plusieurs reprises. Mais les deux hommes étaient trop proches l’un de l’autre pour que l’un prenne réellement le dessus sur l’autre. Se battre à coup de 10 secondes par ci, par là, peut paraître mesquin. Le duel final dans la montée du Tourmalet a peut-être déçu puisqu’il n’a pas modifié la situation d’un iota. Mais il a surtout opposé deux très beaux champions et délivré beaucoup de promesses pour les années qui viennent. On l’oublie trop souvent, mais à défaut de maillot jaune, Andy Schleck a ramené le maillot blanc du meilleur jeune à Paris. Et Contador est guère plus vieux !
Ces écarts si faibles au général tiennent aussi du fait qu’il n’y ait eu qu’un seul contre-la-montre individuel d’envergure lors de ce Tour de France. Il est évident que si on était revenu à la formule deux longs contre-la-montre, plus un contre-la-montre par équipe, le scénario de la course aurait été très différent. Cela nous rappelle que le cyclisme devient vraiment beau quand il oppose deux coureurs les yeux dans les yeux, presque épaule contre épaule. En vélo, on ne court pas après un chronomètre mais avant tout contre ses adversaires. Il ne s’agit pas d’arriver le plus vite, mais le premier. Même s’il n’est évidemment pas question de se passer de cet exercice qui fait partie intégrante de l’histoire du cyclisme, espérons simplement que les organisateurs sauront à nouveau limiter l’importance des contre-la-montres dans les prochaines éditions.
Ce Tour fut aussi beau par les nombreuses victoires, souvent avec panache, des coureurs français. Bien sûr, aucun d’eux n’a pu jouer le moindre rôle au général, mais il vaut mieux gagner deux étapes avec brio comme Chavanel que de suer sang et eau pour finir 7ème, ce dont personne ne se souviendra. Ces victoires furent aussi la récompense d’une philosophie de course basée sur l’offensive et la prise de risque, et on ne peut que s’en réjouir.
Bref, vivement l’été prochain !

L’autre axe fort réside dans la relation entre la mère et la fille. Mais le personnage de Babou vampirise trop le film pour que cet aspect soit vraiment intéressant. En fait, tous les personnages secondaires ne sont que des éléments du décor dans lequel Isabelle Huppert évolue. C’est sans doute là la plus grande limite de Copacabana, même dans sa seconde partie. 
L’Illusionniste respecte aussi l’absence quasi totale de dialogues, si caractéristiques du cinéma de Tati. Non que le film soit muet et les personnages incapables de parler, mais tout passe ici par le visuel, les expressions, les postures, les gestes et les relations avec les objets. Il y’a dans ce film, comme il y’a toujours eu chez Tati, une certaine nostalgie du cinéma muet où le moindre élément d’un décor tout ce qu’il y’a de plus anodin et quotidien pouvait devenir source de burlesque et de comique. Une vraie créativité visuelle qui est évidemment facilitée ici par le recours à l’animation mais qui, encore une fois, reste dans totalement dans l’esprit du cinéma dont il s’inspire.

Cependant, j’ai tout de même éprouvé beaucoup de plaisir devant Millenium 2 : la Fille qui Rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette. Car au-delà de ça, le travail d’adaptation reste de premier ordre. Si la réalisation est efficace mais sans génie, l’interprétation donne vie aux personnages du roman avec une fidélité et une justesse remarquables. La critique a salué, et avec raison, la performance de Noomi Rapace qui incarne littéralement Lisbeth Salander. Pourtant, le film ne donne qu’un léger aperçu du caractère fascinant que possède ce personnage sous la plume de Stieg Larsson.

Pourtant, du charme, il y’en a dans Petits Meurtres à l’Anglaise, en la personne de Emily Blunt que l’on avait découvert dans Le Diable s’Habille en Prada. Elle arrive à soutenir la comparaison avec la regrettée Marie Trintignant, qui occupait son rôle dans la version originale. Mais son petit numéro lasse vite et ne justifie pas à lui tout seul une heure et demi de film. Les fans d’Harry Potter seront peut-être heureux de voir que Ruppert Grint a définitivement passé la puberté. Mais bon, malgré ses efforts évidents, on ne peut s’empêcher de s’écrier « oh mais c’est Ron ! » à chacune de ses apparitions à l’écran.


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