LEUR NOM EST FUSIBLE

christianblancalainjoyandet

christianblancalainjoyandetLe bateau sarkozyste coule. Sauve qui peut !, s’écrit le capitaine Fillon. Christian Blanc et Alain Joyandet d’abord !

Sauf qu’évidemment, il n’y a ni chaloupe, ni gilet de sauvetage. Dans cette lamentable tentative de sauver les apparences, Nicolas Sarkozy continue de s’enfoncer. Virer deux ministres, dont un qui avait déjà annoncé son départ pour la rentrée, choisis un peu au hasard, c’est gros, énorme et tout le monde le voit. Qui va être convaincu par cette manœuvre à part un électorat UMP jusqu’auboutiste qui lui sera de toute façon acquis ? Peu de monde, c’est évident.

Le Président et le gouvernement continuent d’assurer Eric Woerth de leur soutien. Il est vrai que, comme ils aiment à le rappeler, le cas du ministre du travail n’a rien à voir puisque ce dernier n’a jamais piqué directement ou indirectement dans la caisse de l’Etat. Sauf que plus les jours passent, plus il semble que des choses bien plus graves que l’achat de quelques cigares se soient produites sous sa responsabilité. Bien sûr, il y’a présomption d’innocence, tout ça, tout ça, mais entre l’affaire Bettencourt et les rétro-commissions autour des frégates de Taïwan, tout ce beau monde est assis sur bon nombre de bombes à retardement. Reste à la justice de se donner les moyens de les faire exploser…

La technique du bouc émissaire, du fusible, du contre-feux, appelons ça comme on veut, va devoir être utilisée à plein, si Nicolas Sarkozy veut remonter la pente de la popularité d’ici 2012. Surtout qu’en face, cela fait un moment qu’il n’y a pas eu de grosses conneries de faites. Même si personne n’en parle, ce week-end dans les Yvelines, se déroule une élection législative partielle dont le deuxième tour met en compétition un ticket UMP contre un ticket Verts-PS, uni dès le premier tour, qui a de réelles chances de l’emporter dans un bastion historique de la droite. Après le triomphe des Régionales, cela montre que les deux principaux partis de gauche sont capables de s’entendre et de mener campagne ensemble. Pour l’élection présidentielle, c’est évidemment loin d’être gagné et comme dirait Pierre Moscovici, « Je ne vois pas comment Sarkozy pourrait gagner en 2012, mais je vois encore comment on pourrait perdre »…

En attendant, on peut souhaiter bonnes vacances à Christian Blanc et Alain Joyandet. Mais qu’ils se réjouissent, être les premiers rats à quitter un navire qui coule permet parfois d’augmenter considérablement ses chances de survie.

LA VIEILLE EUROPE VOUS SALUE BIEN !

allemagneargentinecm2010

allemagneargentinecm2010On l’annonçait moribonde, dépassée, vouée au déclin et à la défaite, éclipsée par la puissance de l’Amérique du Sud… Tous les journalistes étaient unanimes, Brésil-Argentine serait la finale rêvée ! La vieille Europe était aux fraises, rien ne pourrait plus la sauver. Sauf que, comme toute prédiction faite avec trop d’assurance, tout cela s’est révélé totalement faux et le vieux continent a prouvé à l’occasion des quarts de finale de la Coupe du Monde qu’il constituait encore bien le centre du monde footbalistique.

Le sport, et le football en particulier, a ceci de merveilleux qu’il est imprévisible et incertain, mais cela n’empêche en rien la plupart des commentateurs de lancer constamment des prévisions inéluctables et des certitudes inébranlables. Bon, Domenech l’a prouvé, parfois, tout se passe exactement comme on pouvait le prévoir, mais cela ne fait qu’équilibrer la manière dont Aimé Jacquet nous avait prouvé qu’il vaut mieux parfois savoir fermer sa gueule.

Cependant, ce flot de commentaires critiques envers les équipes européennes n’est pas non plus né de rien. Cette Coupe du Monde montre bien que si l’élite du football reste encore très européenne, le niveau se ressert et on peut s’interroger sur la pertinence de la répartition actuelle des équipes qualifiées pour la Coupe du Monde. Une sur deux venait d’Europe à l’entame de la compétition, elles ne furent plus que 6 sur 16 au moment des 8èmes. Voir le contingent européen réduit d’une ou deux unités refléterait sûrement mieux l’équilibre actuel des forces entre les différents continents.

Sans faire injure à l’Uruguay, dont la présence en demi-finale tient plus du miracle que de la valeur absolue, on peut raisonnablement penser que le prochaine champion du monde sera à nouveau européen… Sauf qu’évidemment, si je lance cette affirmation avec trop de certitude, je risque fort de me tromper. Je me contenterai donc d’un proverbial « que le meilleur gagne ! ».

BALLE DE MATCH (Harlan Coben) : Jeu, set et pages

balledematch

balledematchDepuis que j’ai vu et adoré l’excellent Ne le dis à Personne au cinéma, j’avais dans l’idée de lire enfin un roman de Harlan Coben, l’auteur du livre dont le film était tiré. C’est donc chose faite avec Balle de Match, deuxième volet des aventures de Myron Bolitar. Et cette première expérience dans son univers est à la hauteur de tout le bien que l’on m’avait dit de cet auteur.

Dans les allées de Flushing Meadow, l’ancienne championne de tennis, Valérie Simpson, est abattue. Au cœur de la foule, personne ne sait qui a tiré. Mais quelques minutes auparavant, elle laissait un message désespéré à Myron Bolitar, agent sportif, ressemblant fort à un appel au secours. Ce dernier décide alors de mener sa propre enquête.

Dans un roman policier, il y’a le principal et l’accessoire. Le principal est évidemment l’enquête en elle-même et la dose de suspense qu’elle engendre. Et dans ce domaine, Harlan Coben est un maître et Balle de Match le confirme. Ah pourtant, je me rappelle que la clé de l’énigme m’a traversé l’esprit quelques instants avant de repartir dans l’oubli. Du coup, je me suis fait avoir comme un bleu lors du twist final qui intervient vraiment dans les dernières pages, histoire de maintenir la tension et l’intensité du récit les plus loin possibles.

Mais dans un roman policier, il y’a donc aussi l’accessoire, c’est à dire tout le reste. Et c’est souvent ça qui fait la différence entre les bons et les excellents romans policier. Il faut d’abord quelqu’un pour mener l’enquête, quelqu’un dont la perspicacité et la ténacité nous émerveilleront. Et si en plus, on s’y attache, le pari est presque gagné. Dans Balle de Match, avec Myron Bolitar, il est gagné haut la main. Cet ancien champion de basket, devenu agent sportif, use et abuse de son charme et de son sens de la répartie pour arriver à faire parler même les plus réfractaires. Et il faut avouer que l’on succombe également. Sachant que les autres personnages secondaires sont aussi très réussis, on comprend déjà mieux pourquoi ce bouquin est vraiment excellent.

Ensuite, il y’a l’univers dans lequel l’intrigue se déroule. A première vue, Balle de Match nous entraîne dans les coulisses du tennis… Il est vrai que la petite balle jaune joue quand même un rôle important dans cette histoire, au-delà du jeu de mot dans le titre. Mais Harlan Coben nous sort très souvent des abords des cours pour nous emmener aussi bien dans les hautes sphères sociales que dans les milieux moins fréquentables. Mais le récit est trop intense et rythmé pour décrire vraiment quoique ce soit. Il y’a forcément une toile de fond, mais on est ici happé par les dialogues et les rebondissements qui occupent l’essentiel des pages de ce roman.

Balle de Match est écrit avec un style vraiment agréable, à la hauteur de la qualité de l’intrigue. Bien sûr la traduction est passée par là, mais on sent bien que la plume de Harban Coben n’est pas celle du premier venu et qu’il possède un vrai sens de l’écriture. Couplé à un sens remarquable de la narration, cela donne du plaisir en pages.

Je ne peux donc que recommander la lecture de Balle de Mach, qui constitue, qui plus est, un livre comme on les aime en ces périodes estivales et vacancières.

L’AGENCE TOUS RISQUES : J’aime quand un film se déroule sans accroc

lagencetousrisquesaffiche

lagencetousrisquesafficheL’Agence Tous Risques, c’est vraiment, la dernière chance, au dernier moment ! Ah ce générique légendaire qui a bercé notre enfance. L’époque où nous étions heureux de retrouver chaque soir Hannibal, Futé, Looping et bien sûr le légendaire Barracuda. C’est donc avec impatience, mais aussi appréhension, que nous attendions l’adaptation sur grand écran. Les films tirés de séries ont pour l’instant donné des résultats très contrastés. Mais cette Agence Tous Risques figurera à coup sûr dans les très bonnes surprises.

Quatre anciens membres des commandos de l’armée américaine se retrouvent par hasard à affronter un dangereux trafiquant de drogue. A l’issu de leur succès, ils forment une unité secrète qui sera utilisé sur divers théâtres d’opération. Mais un jour, ils sont piégés et sont emprisonnés pour un crime qu’ils n’ont pas commis…

Tout d’abord, la plus grande qualité de l’Agence Tous Risques est sa fidélité à l’esprit original de la série, des personnages en particulier, tout en modernisant le concept. Tous les éléments que vous avez aimé sur petit écran, vous les retrouverez sur le grand. Il s’agit donc cette fois d’une réelle adaptation, avec un vrai travail à ce niveau là, et non la simple exploitation d’un nom célèbre pour attirer des fans qui repartent déçus (en leur ponctionnant un peu de sous au passage). Bien sûr, on peut toujours contester l’intérêt artistique d’une telle démarche, mais cela constitue un autre débat et n’enlève rien au remarquable travail d’adaptation.

Et si l’Agence Tous Risques est une vraie réussite, c’est aussi parce que les moyens ont été mis pour que le passage sur le grand écran soit le plus spectaculaire possible. Les plans mis au point par nos quatre gaillards sont toujours aussi farfelus, aussi géniaux et demandent toujours des ustensiles aussi divers que variés, dont l’utilité ne se comprendra qu’au fur et à mesure de son déroulement. Mais sauf que cette fois, ils ont une toute autre ampleur et découleront sur des délires pyrotechniques, du bruit et beaucoup de fracas. Vous découvrirez notamment tout ce qu’on peut faire avec un porte-container pour un final assez ébouriffant et jouissif.

lagencetousrisquesAlors évidemment, sans le côté « madeleine », l’Agence Tous Risques risque fort de ne paraître que comme un film d’action un rien basique, même si tout à fait réussi. On lui reprocherait même du coup quelques longueurs dans la présentation des personnages et l’introduction de manière générale, qui constituera au contraire une vrai moment de plaisir pour les fans. Mais tout le monde pourra s’accorder sur le côté extrêmement divertissant de cette œuvre qui ne cherche pas la profondeur. A la fois, ce n’est pas du tout ce que l’on attend d’elle.

Un mot enfin sur une de mes nouvelles idoles cinématographiques, Bradley Cooper. Comme je crois bien que finalement, je ne vais jamais me réveiller un matin avec le physique et la classe de George Clooney, je suis prêt à revoir mes prétentions à la baisse et me contenter d’investir le corps de cet acteur qui prend une dimension supplémentaire à chacun de ses rôles. On est loin de ses débuts timides (niveau du jeu, parce qu’il était déjà très beau) dans un second rôle de la série Alias. A ses côtés Liam Neeson s’éclate et ça fait plaisir à voir, lui qui a une fâcheuse tendance à avoir l’air de s’ennuyer à l’écran. Bon, dans l’Agence Tous Risques, on lui refile encore un rôle de mentor, mais au moins, cette fois-ci, le rôle ne se prend pas du tout au sérieux.

L’Agence Tous Risques sera donc indispensable à tous ceux qui ont aimé la série. Les autres pourront savourer ce divertissement basique mais très réussi.

Fiche technique :
Production : Dune Entertainment, Twentieth Century Fox Film Corporation, Top Cow Productions, Scott Free Productions
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : Joe Carnahan
Scénario : Joe Carnahan, Skip Woods, Brian Bloom, D’après l’oeuvre de Frank Lupo et Stephen J. Cannell
Montage : Roger Barton
Photo : Mauro Fiore
Décors : Charles Wood
Son : David Husby
Musique : Alan Silvestri
Effets spéciaux : Mike Vezina
Maquillage : Norma Hill Patton
Directeur artistique : Michael Diner
Durée : 114 mn

Casting :
Liam Neeson : Hannibal
Bradley Cooper : Futé
Quinton Rampage Jackson : Barracuda
Patrick Wilson : Lynch
Jessica Biel : Charissa Sosa
Sharlto Copley : Looping
Henry Czerny : McCready 

INELUCTABLE VIDEO

angleterreallemange

angleterreallemangeVoici une merveilleuse invention que l’erreur d’arbitrage. Rien de mieux qu’une bonne bourde de l’homme en noir (qui n’est plus jamais de cette couleur soit dit en passant) pour alimenter des débats sans fin entre des gens qui, sans cela, n’auraient rien eu à se dire. Et je ne parle même pas de tous les journalistes qui dissertent dessus, trop heureux d’avoir un sujet tout cuit pour noircir du papier. Et depuis, hier cette frénésie est repartie de plus belle après les deux erreurs grossières qui ont faussé Allemagne-Angleterre et Mexique-Argentine.

Alors évidemment, les victoires de l’Allemagne et de l’Argentine ne sont en rien des vols sportifs. Il n’a y’eu de la part de ces deux équipes aucune tricherie délibérée (enfin les déclarations faites aujourd’hui par le gardien allemand ne sont pas vraiment en son honneur, si ce n’est le mérite de l’honnêteté quant à la malhonnêteté de la veille), c’est pourquoi je ne ferai pas de parallèle hasardeux avec la main de Thierry Henry. Mais bon, les Anglais et les Mexicains ont tout à fait le droit d’être furieux et de réclamer, en chœur avec une large majorité des amateurs de football, le recours à la vidéo pour les matchs de haut niveau.

Plus le temps passera, plus la position des instances dirigeantes du ballon rond deviendra intenable. Leurs arguments perdent, à chaque scandale de ce type, un peu plus de leur pertinence. Alors deux d’un coup… Le premier de ces arguments massue est l’université du football. Il est vrai, et je suis le premier à le rappeler sur ce site, que le football tient sa popularité unique du fait qu’il ne faut pas grand chose pour jouer au foot, un truc vaguement rond et deux bouts de bois pour faire les buts (dont on peut même éventuellement se passer). Alors oui, le football est LE sport universel inventé par l’homme.

Cependant, en matière d’arbitrage, l’égalité n’est déjà pas la règle. Tout d’abord, tous les matchs se déroulant chaque week-end sur notre planète ne disposent pas d’un homme dont le métier dans la vie est arbitre de football, avec deux arbitres assistants avec qui il fait équipe depuis de nombreuses années et un quatrième arbitre qui a le droit de brandir un beau panneau lumineux. Et quand on sait que la principale innovation proposée par la FIFA pour contrer la vidéo est le recours à deux arbitres supplémentaires placés derrière les buts (dispositifs qui ne pourra être appliqué qu’à haut niveau, vue la pénurie généralisée d’arbitres), on se dit qu’on est là devant un argument complètement bidon !

Le second l’est un peu moins, mais à peine. Il repose sur le fait que la vidéo n’éliminerait pas toutes les erreurs, voire en engendrerait de nouvelles. Avec LE contre-exemple du penalty accordé à la Norvège contre le Brésil en 98, où l’arbitre de champs avait effectivement raison contre l’impression laissée par les images du direct. Mais voilà, c’est comme le pauvre agriculteur de l’Ile de Ré que l’on ressort à chaque débat sur l’ISF, quand vous n’avez qu’un seul contre-exemple que vous ressortez invariablement depuis plus d’une décennies, c’est que votre argument est faible, très faible.

Enfin, le dernier, et sans doute le seul vraiment pertinent, est que le recours à la vidéo va hacher le jeu, quand le football est par essence le sport le plus fluide, celui où le temps de jeu réel est le plus important par rapport à la durée finale du match. Certes, on se doit de réfléchir avec soin sur les modalités exactes de son utilisation. Il y’a pour l’instant autant de propositions qu’il y’a de défenseurs du recours aux images pour aider l’arbitre de champs. Mais en s’interdisant toute expérimentation en la matière, la FIFA prouve que son opposition est une opposition de principe et qu’elle n’a aucune envie de voir se dérouler un essai concluant sur l’un ou l’autre des moyens d’intégrer la vidéo dans l’arbitrage.

La vidéo, on y viendra, c’est sûr. En attendant, bon nombres de cris d’injustice continueront de raisonner dans la gorge des supporters. Et bon nombres de pensées profondes continueront d’être échangées au café du commerce…

TU L’AS VOULU…

woerthsarkozy

woerthsarkozyLes scandales à répétition qui secouent actuellement le monde politique commencent franchement à faire mauvais genre. Des anecdotiques cigares de Christian Blanc aux soupçons beaucoup plus graves qui pèsent sur Eric Woerth, tout cela donne l’impression que la République est aux mains de voyous sans scrupule. En bon homme de gauche, je pourrais affirmer haut et fort que c’est vrai… Et bien c’est exactement ce que je vais faire !

Sauf que je vais encore incriminer les seuls vrais responsables de tout cela, les électeurs ! Quand on lit les commentaires laissés par les internautes sur les articles sur le sujet, on découvre souvent des messages de regret sur le fait d’avoir voté Sarkozy en 2007. Mais à quoi s’attendaient-ils ? Nicolas Sarkozy est le fils spirituel de Patrick Balkany, a longtemps été couvé par Charles Pasqua, bref il est directement issu du milieu le plus détestable que la politique française n’ait jamais connu. Et comme il ne s’entoure que de courtisans, pas étonnant que l’ensemble du gouvernement soit de la même engeance.

Que beaucoup d’hommes politiques soient des pourris finis, c’est incontestable. Mais il en est quand même une large majorité dont l’honnêteté n’est pas à remettre en cause. Simplement, le monde politique est une formidable machine à vous faire perdre le sens des réalités. Et ce, dès le plus bas niveau, je peux en témoigner. C’est le devoir des électeurs de les rappeler de temps en temps à l’ordre. Mais quand on porte au sommet de l’Etat un tel homme, issu d’un tel milieu, avec de tels amis, alors que tout ça se sait pertinemment, on pourrait avoir la dignité de ne pas pousser des cris indignés quelques temps après. Ils l’ont voulu, ils l’ont eu !

Nicolas Sarkozy et son gouvernement sont démocratiquement légitimes. Leurs comportements indignes ne constituant en rien une surprise, ces derniers le sont aussi quelque part. Mais si les politiques perdent parfois le sens de l’intérêt général qui leur incombe, les électeurs perdent trop souvent le sens des responsabilités qui sont les leurs.

UN MONDE DE PLUS EN PLUS FOOT

usa8emes

usa8emesA quelques minutes du début de Uruguay-Corée du Sud, le premier 8ème de finale de cette Coupe du Monde, on peut déjà faire un petit bilan de cette compétition.

La grande leçon de cette phase de poules est le formidable resserrement des valeurs sur la planète football. Cela se situe dans le sens de l’histoire, mais on a vraiment l’impression qu’un palier a été franchi lors de cette compétition. La notion de petite équipe ou de tirage facile semblent être désormais à ranger aux oubliettes. Ce n’est évidemment pas la France et l’Italie qui diront le contraire, elles qu’on pensait être les plus gâtées par le tirage au sort.

Le football s’uniformise, c’est désormais évident. On peut d’ailleurs noter que la seule nation qui n’a pas du tout été au niveau, la Corée du Nord, est la seule à être renfermée sur elle même. Les compétitions de clubs permettent aux joueurs du monde entier de se rencontrer constamment tout au long de l’année. Cette Coupe du Monde n’a donc concerné quasiment que des joueurs habitués au niveau international et l’homogénéité de la compétition n’en a été que renforcée.

On peut cependant désigner un grand gagnant de ce premier tour, à savoir l’Amérique du Sud, qui place ces 5 représentants au deuxième tour, dont 4 ont fini premier de leur poule. Du coup, le monde se prend à rêver d’une finale Argentine-Brésil. Mais si l’Europe a connu des déceptions, elle peut compter sur le duo Pays-Bas et Espagne pour rivaliser avec les Sud-Américains sur la qualité du jeu proposé. Sur les résultats, ça, seule la suite de la compétition en décidera.

En 1998, les deux plus grandes puissances économiques mondiales, les Etats-Unis et le Japon, avaient fini dernières de la compétition. Cette année, ils joueront tous les deux les 8ème de finale. C’était déjà le cas en 2002, mais cela nous rapproche du jour où un pays ne faisant pas partie de l’élite historique du ballon rond sera sacré champion du monde. Ce ne sera peut-être pas pour cette fois, mais l’échéance est proche. Et si on évoque souvent la perspective qu’un pays africain remporte la compétition, le nouvel ordre mondial qui s’annonce pourrait bien venir d’outre-Atlantique.

Mais là encore, seule la compétition nous donnera la réponse…

N’IMPORTE QUOI

roselynebachelot

roselynebachelotDans mon billet de mardi, je vous avais déjà fait part de mon agacement face aux réactions ridiculement auto-satisfaites des journalistes et autres consultants à qui on demandait leur avis sur le fiasco des Bleus en Afrique du Sud. Mais lorsque j’ai écrit ces lignes, j’étais encore loin de me douter de l’ampleur que tout cela allait prendre, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. C’est tout simplement un grand n’importe quoi, un n’importe quoi qui repousse les frontières du n’importe quoi. Bref un n’importe quoi qui a engendré un autre n’importe quoi…

Que Nicolas Sarkozy s’agite dans tous les sens, annule des réunions de préparation du G20 pour recevoir Thierry Henry, personne n’est dupe, c’est surtout pour détourner l’attention médiatique de la grogne sociale sur les retraites. Quant à la sortie de Roselyne Bachelot à l’Assemblée, qui semblait prête à ressortir la guillotine, on a touché là des sommets de… n’importe quoi… Oui, bon je sais, ça fait déjà de nombreuses fois que j’emploie cette expression dans ce billet, mais c’est vraiment celle qui résume le plus parfaitement ce que je pense de la réaction des uns et des autres.

Que les journalistes soient prêts à raconter tout et n’importe quoi pour faire vendre du papier, ce n’est pas nouveau non plus. J’aimerais bien en entendre certains rappeler que toute la merde autour d’Anelka est née de la une de l’Equipe rapportant des propos passablement déformés. Il faut relire à quel point l’article est bourré de certitudes, comme si le journaliste avait été lui-même dans le vestiaire à ce moment-là. On ne saura jamais ce qui s’est réellement passé dans cette équipe au quotidien, dans l’intimité. Mais je reste persuadé que dans tout ce qu’affirment les commentateurs avec une violence inouïe et aucune remise en question, il y’a une large part de fantasme.

Encore une fois, je ne vais pas user mon clavier à parler de tout ça. Ca serait faire trop d’honneur à tous ceux qui cherchent avant tout à se faire mousser. Le seul moyen d’améliorer l’image et l’ambiance en Equipe de France est de lui faire retrouver des résultats à hauteur de la qualité des joueurs qui la composent. Laurent Blanc est là pour ça, faisons lui confiance pour réussir. Quant au fonctionnement de la fédération, il était le même en 98… Les jours d’Escalettes à la tête de cette institution presque centenaire sont comptés. Après qu’il parte demain ou en décembre, cela ne changera pas la face du football français, juste un peu l’épaisseur du ridicule dans lequel il se complet depuis quelques jours.

Les réflexions de fond ne se font pas à chaud. Par contre, les candidatures spontanées pour un poste à la fédération, visiblement oui…

FALLING OFF THE LAVENDER BRIDGE (Lightspeed Champion) : Une vraie bonne surprise

fallingoffthelavenderbidgelightspeedchampion

fallingoffthelavenderbidgelightspeedchampionBon depuis quelques temps, je me procure (par un moyen mystérieux que je ne dévoilerai pas ici…) des albums dont j’ignore tout à la base mais dont j’ai lu une bonne critique. Pour l’instant, il y’a eu du bon, du pas mal, du sympa et du pas très bon aussi, reconnaissons-le. Il manquait jusqu’alors une vraie bonne surprise et surtout un album bon de bout en bout. La voilà avec Falling Off The Lavender Bridge, du groupe Lightspeed Champion.

Lightspeed Champion est un groupe britannique, composé de membres de divers autres groupes encore moins connus. Je vous épargnerai donc la liste des contributeurs à cet album. Sachez juste qu’ils sont nombreux, ce qui est tout à fait révélateur de la richesse de cet album. On tourne autour de l’univers de la pop, mais les morceaux sont assez différents les uns des autres, ont parfois une vraie personnalité et surtout sont tous de grande qualité…

…Oui bon allez, je l’avoue, je n’aime pas trop le huitième morceau, Salty Water, qui est pour moi en retrait par rapport aux autres. Mais bon, la perfection n’étant pas de ce monde, on pardonnera aisément à Lightspeed Champion ce léger faux pas qui ne remet en rien en cause le plaisir que l’on a à écouter Falling Off The Lavender Bridge.

Cet album n’est dont pas du tout de la « brit pop » qui se regarde le nombril et espère surfer sur la vague crée il y’a 15 ans par Oasis et Blur et qui n’en finit pas de faire naître de nouveaux groupes. Les influences qui viennent nourrir la musique de Lightspeed Chamipon sont beaucoup plus larges et ouvertes, avec un peu de folk et de country. Et pas d’électro ! Bibi content !

Falling Off The Lavender Bridge sera plutôt à ranger dans la moitié calme de votre discothèque. Mais cela n’est pas synonyme une seule seconde d’ennuyeux. Certaines chansons sont même très dynamiques et entraînantes, mais toujours avec un son doux qui n’agressera pas les oreilles les plus sensibles. Il a donc ses chances pour séduire un large public, même les allergiques aux musiques stéréotypées, qui semblent produites à la chaîne. Car Lightspeed Champion affirme une vraie personnalité avec ce premier album.

Pour finir, je voudrais encore une fois souligner la densité de cet album qui, à part la malheureuse exception que j’ai déjà cité, ne contient vraiment que des titres remarquables. C’est assez rare de marier à ce point qualité et diversité, surtout chez un groupe dont la notoriété est quand même plus que limitée. C’est d’ailleurs vraiment dommage et ce n’est pas le second album, sorti tout récemment, qui semble avoir vraiment changé les choses. Reste à espérer que le bouche à oreille finira par porter ses fruits. J’espère y avoir contribuer avec cette critique élogieuse, mais tout à fait sincère.

Avant de nous quitter, un petit tour des morceaux qui forment Falling Off the Lavender Bridge.

1.: Number One
Pas vraiment un morceau, mais une introduction de 24 secondes pour lancer l’album.

2.: Galaxy Of The Lost
Un titre très dynamique qui fut le single de cet album et qui nous permet surtout d’admirer une superbe partie vocale.

3.: Tell Me What It’s Worth
Un son plus pop-rock, mais qui fonctionne vraiment bien

4.: All To Shit
Un court morceau où la voix est encore une fois parfaitement mise en valeur.

5.: Midnight Surprise
Le son est ici plus dissonant, mais auquel la partie vocale donne une forte personnalité… Heureusement car le morceau dure près de 10 minutes.

6.: Devil Tricks For A Bitch
Une chanson très simple, très épurée, accompagnée au violon. Le résultat est néanmoins très intéressant.

7.: I Could Have Done This Myself
Un son très pop, plus classique, mais toujours aussi agréable pour les oreilles.

8.: Salty Water
Le titre un peu en retrait des autres, aux accents plus durs et plus tristes.

9.: Dry Lips
Une chanson qui part pour être transparente, mais qui finit par décoller pour s’achever brillamment.

10.: Everyone I Know Is Listening To Crunk
Un excellent morceau plus d’entrain et de personnalité.

11.: Let The Bitches Die
Un duo en forme de dialogue. Très réussi une nouvelle fois.

12.: No Suprises (For Wendela)/Midnight Surprise, No Suprise (For Wendela)/Midnight Surprise
Un titre pop classique pour finir, mais qui reste excellent.
 

BLADE RUNNER 2 (K.W. Jeter) : De la suite dans les idées

bladerunnner2

bladerunnner2Ce dont je vais vous parler ici, Blade Runner 2, est un livre, mais qui est la suite d’un film, et non d’un livre qui porte pourtant désormais le même nom que le film alors qu’il n’y a en fait aucune raison à cela… Ok, je vois bien que vous n’avez rien compris. Je reprends donc. Le Blade Runner 2 de K.W. Jeter est bien la suite du scénario du film de Ridley Scott et non de Les Androïdes Rêvent-ils de Moutons Electriques ?, le roman original de Philip K. Dick, où le mot blade runner n’est jamais prononcé (bien qu’il soit désormais vendu sous ce nom, ma bibliothèque peut en témoigner). Une démarche que l’on peut juger un peu étrange et commerciale, mais qui donne au final un roman plutôt bon.

Rick Deckard a fui Los Angeles et s’est réfugié dans les forêts de l’Oregon avec Rachael, la réplicante dont il est amoureux. Mais les jours de cette dernières sont comptés et elle vit la majorité du temps en stase dans son cercueil. Une équipe de la Tyrell Corporation finit par le retrouver et le ramène de force sur les lieux de ses anciens « exploits ». En effet, il n’avait pas tout à fait achevé sa mission puisqu’un sixième réplicant court encore.

Disons le tout net, K.W. Jeter n’est ni Philip K.Dick (dont il fut proche), ni Ridley Scott. On est là face à de la bonne science-fiction, mais de la science-fiction de base. Il faut donc éviter tout comparaison avec les deux œuvres cultes dont il est issu. On peut toujours évoquer un manque de respect envers une œuvre majeure, cela serait tout à fait compréhensible chez les vrais fans, mais j’en ferai abstraction ici.

Blade Runner 2 ne possède pas la dimension « réflexions existentielles » des œuvres originales. C’est notamment ça qui en fait un livre plus basique, moins intéressant, mais ce n’est pas sûr qu’il y’aurait eu un grand intérêt à en remettre une deuxième couche à ce niveau-là. Elles ne sont pas tout à fait absentes, mais ne constituent qu’une très fine toile de fond. Le récit est beaucoup plus tourné vers l’action, un peu, mais surtout sur les interrogations concernant la nature réelle des personnages.

Aucun personnage de Blade Runner 2 n’échappe aux doutes soit sur sa vraie nature (qui est le sixième réplicant ?), soit sur ses intentions réelles (qui serait derrière un éventuel complot visant à éliminer les blade runners ?). Le tout est construit avec intelligence et maintient l’intérêt du lecteur de bout en bout. Le dénouement est clair, surprenant, bien amené, bref du bon boulot de la part de K.W. Jeter. De plus, sa plume n’est pas désagréable et laisse une large part aux dialogues, ce qui rend le récit très vivant. Encore une fois, il n’y a pas de quoi crier au génie, mais rien à reprocher non plus.

Blade Runner 2 se situant dans un univers déjà connu, il n’est pas alourdi par les descriptions. Cela contribue à l’aspect vivant du récit, que j’ai déjà évoqué, mais les vrais amateurs de science-fiction trouveront ça peut-être un frustrant du coup. On pourra regretter également que du coup, K.W. Jeter n’arrive pas tout à fait à créer la même ambiance sombre et pesante que dans les œuvres d’origine. Mais chaque auteur à son style et l’imitation  n’est pas vraiment la forme la plus intéressante de création.

Blade Runner 2 n’est pas le roman du siècle et s’adresse surtout à ceux qui ont vu le film et sans être des fans jusqu’auboutiste… Ca fait beaucoup de conditions, mais faisant partie de ce public là, je ne regrette pas une seconde ma lecture.