CRAZY HEART : Bon comme un Kinder… Un Kinder country bien sûr !

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crazyheartafficheJe l’ai déjà dit plusieurs fois, mais s’il y’a une chose que j’adore vraiment, c’est aller voir un film sans avoir aucune idée de ce dont il peut bien parler. Ce fut mon cas quand je suis allé voir Crazy Heart, attiré par des critiques positives et surtout l’Oscar du meilleur acteur pour Jeff Bridges, un acteur que j’adore. Evidemment, j’ai pris un risque, mais j’ai eu raison de le prendre car ce film m’a beaucoup plu. Pour preuve, il m’aurais presque fait aimer la country…

Bad Blake est une légende de la musique country…que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. A 57 ans, il a depuis longtemps été éclipsé par Tommy Sweet, qui fut à une époque son protégé et son élève. Alors il parcourt les route de l’Amérique profonde pour des petits concerts entre bowling et piano-bar. Son seul compagnon : le whisky. Mais même sur cette mauvais pente, il réussi à séduire Jean, une belle journaliste, mère célibataire. Pourra-t-il arrêter sa propre chute pour donner une chance à leur histoire ?

Crazy Heart est un film à Oscar. Un rôle fait pour un acteur expérimenté qui y jouera la déchéance et la rédemption. Parfait pour être primé à Hollywood. Mais faut-il encore que l’acteur en question soit talentueux. Jeff Bridges est un vieux routier du cinéma américain, éternel second rôle, qui tient là une belle récompense, méritée pour une belle carrière. Après, on peut dire que c’était quelque peu programmé, mais le film n’en souffre pas pour autant.

Et puis Crazy Heart possède un atout de charme… Maggie Gyllenhaal. Bon, certes, ce n’est pas la femme de ma vie, puisque c’est Zooey Deschanel… Enfin, je compte sur vous pour ne pas le lui répéter, ça lui ferait trop de peine. En plus, si Zooey ne veut pas, je veux bien passer le restant de ma vie avec Maggie… Bon plus sérieusement, elle est encore une fois belle, charmante, sublime, magnifique… Et ses yeux… Ah ses yeux… On comprend aisément comment ce vieux solitaire soit tenté à l’idée de se ranger à ses côtés. Perso, c’est ce que je ferai. Mais malheureusement, je ne joue pas de country…

crazyheartLe couple fonctionne donc et du coup, le film aussi. Surtout n’allez pas voir dans Crazy Heart une comédie romantique. C’est un film sur la rédemption, sur le choix que l’on a toujours de se prendre en main plutôt que de se laisser aller. L’amour y joue un grand rôle, mais il n’est pas une fin en soi. Mais n’y voyez pas non plus un film contemplatif et psychologique à l’excès. C’est plutôt un mélange entre le road movie, la biographie, la comédie sentimentale et le film musical…

Car la musique joue un rôle très important dans Crazy Heart. Les scènes de concert sont nombreuses et les chansons interprétées souvent de bout en bout. On saluera d’ailleurs le talent de Jeff Bridges et Colin Farell, presque aussi doués derrière un micro que devant la caméra. Certes, il s’agit de country. Non, ne partez pas en courant. Car ici la musique colle tellement avec le décor et les personnages qu’elle passe tout seul. Elle est vraiment ici le symbole d’une culture dans laquelle baigne ce film et cette synergie est une des très grandes forces de ce film.

Crazy Heart n’est sûrement pas le film du siècle, mais un bon moment de cinéma… et de musique.

Fiche technique :
Production : Informant Media, Butcher’s Run Films, Fox Searchlight pictures
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Scott Cooper
Scénario : Scott Cooper, d’après le roman de Thomas Cobb
Montage : John Axelrad
Photo : Barry Markowitz
Décors : Waldemar Kalinowski
Musique : Stephen Bruton, T Bone Burnett
Durée : 111 mn

Casting :
Jeff Bridges : Bad Blake
Maggie Gyllenhaal : Jean Craddock
Robert Duvall : Wayne
Colin Farrell : Tommy Sweeet 

LA RAFLE : Une forme pas à la hauteur du fond

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larafleaffichePour s’attaquer à certains sujets quand on est cinéaste, il faut une bonne dose de courage. Avec la Rafle, Roselyne Bosch n’en a pas manqué en s’attaquant au récit d’un des épisodes les moins glorieux (doux euphémisme) de l’histoire de France, à savoir la rafle du Vel d’hiv’. L’exercice est délicat car on tombe facilement dans l’émotion facile. Le film n’en est malheureusement pas dénué, même si l’œuvre est à saluer.

Le 16 juillet 1942, la vie de Jo Weisman, 11 ans, bascule. La sienne ett celle d’une dizaine de milliers d’autres Juifs, raflés à Paris et conduit au Vélodrome d’Hiver. Mais ceci n’est qu’une étape. Mais une étape vers où ? Vers quoi ?

Un des principaux mérites de la Rafle est de montrer sans détour le rôle joué par le gouvernement de Vichy. Il nous rappelle que cette rafle fut une initiative française qui a largement devancé les exigences du régime nazi. Il n’oublie pas non plus que plus de la moitié des Juifs qui devaient être raflés n’ont pas été trouvés, ce qui démontre que l’image de « tous collabos » est loin d’être vrai.

Mais la Rafle se concentre évidemment avant tout sur ceux qui n’ont pas eu cette chance. Il nous montre leur parcours de manière parfois crue, sans être non plus d’une extrême violence. Certains passages sont néanmoins assez durs, sans jamais tomber dans un spectaculaire déplacé. Il y’a un vrai soucis de reconstitution historique fidèle. Le film cherche à être un témoignage, bien plus qu’une simple fiction. Et sur cet aspect-là, il n’y a vraiment rien à reprocher à ce film.

Si on est un peu méchant, on dira que la Rafle, c’est un peu la Liste de Schindler ou le Pianiste du pauvre. Roselyne Bosh n’est ni Spielberg, ni Polanski et a bien du mal à dépasser le niveau artistique d’un sympathique téléfilm de reconstitution. Mais un long métrage n’est pas tout à fait un documentaire et on est du coup quelque peu frustré. Si le casting est de qualité, la réalisation est elle sans grande imagination et pas vraiment à la hauteur du sujet.

larafleOn pourra toujours répondre que le Rafle est tout de même très fortement chargé en émotion. Mais pouvait-il en être autrement ? Surtout que le film se concentre énormément sur le destin des enfants. Etre indifférent à leur sort serait tout simplement inhumain, surtout que, comme je l’ai déjà expliqué, le film nous rappelle bien qu’il s’agit de faits réels et, mine de rien, quasi contemporains. Mais encore une fois, il manque un petit quelque chose pour que l’émotion soit moins automatique.

Le film souffre également de quelques autres faiblesses. La direction d’acteurs n’est pas non plus formidable. Seule Mélanie Laurent surnage vraiment et confirme toute l’admiration que j’ai pour elle. Le reste du casting est certes prestigieux, mais il manque un Adrien Brody comme dans le Pianiste pour sublimer tout ça. Et puis, il y’a quelques tics un peu horripilants. Les scènes avec Hitler sont par exemple toutes sur le même modèle. Elles commencent toutes par une scène de vie avant que Himmler n’arrive pour lui parler des Juifs. La seule différence, c’est qu’une fois, c’est à Berlin, une autre dans le Tyrol… Bref, là encore, Rosalyne Bosch n’a pas su faire preuve d’un talent artistique à la hauteur du propos.

La Rafle est donc un film à saluer pour son contenu, qui justifie à lui seul d’aller le voir. Même si la forme pêche un peu…

Fiche technique :
Production : Gaumont, Legende
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Rose Bosch
Scénario : Rose Bosch
Montage : Yan Malcor
Photo : David Ungaro
Décors : Olivier Raoux
Effets spéciaux : Thomas Duval
Durée : 115 mn

Casitng :
Melanie Laurent : Annette Monod
Jean Réno : Dr David Sheinbaum
Gad Elmaleh : Schmuel Weismann
Raphaëlle Agogué : Sura Weismann
Hugo Levardez : Joseph Weismann
Sylvie Testud : Bella Zygler
Anne Brochet : Dina Traube
Isabelle Gélinas : Hélène Timonier
Thierry Frémont : Capitiaine Pierret

SEULE LA VICTOIRE EST BELLE

regionales2010

regionales2010Vous l’aurez sûrement remarqué… Non en fait, c’est peu probable, mais bon, j’aime bien rêver parfois. Bref, je reprends. Vous l’aurez peut-être (c’est déjà mieux) remarqué, mais je n’ai pas du tout parlé des Régionales sur ce blog. J’avoue, c’était délibéré car j’aurais forcément du évoquer la victoire qui se dessinait et, par superstition, j’ai préféré m’abstenir.

A ce résultat, je vois trois explications :

– déjà, l’avantage du sortant. Mine de rien, ça compte car beaucoup d’électeurs non politisés ont tendance à voter pour l’élu déjà en place et qu’ils connaissent. Cet effet fut ici plus faible que pour une élection municipale, mais non nul.

– ensuite, la faiblesse de l’adversaire… Bon, là je ne parle même pas de notre cher et tendre gouvernement, mais bien de la campagne locale de l’UMP (évidemment, je parle de l’Ile de France, je n’ai pas été voir ailleurs). Les mauvais choix de campagne, des tracts ne parlant que du bilan de Huchon en termes mensongers, la brillante sortie sur Ali Soumaré… Bref, pour arriver à faire voter les Hauts de Seine majoritairement à gauche, fallait quand même pas être super brillant

– enfin, la campagne socialiste qui a été bonne. Il faut dire qu’après les Européennes, où on avait touché le fond à beaucoup de niveaux, on ne pouvait que faire mieux. Bon bilan déjà, bonne communication, bons tracts, bonne mobilisation… Bref une vraie bonne campagne, même si on sait bien que l’impact des actions militantes de terrain restent toujours limité. Mais bon, je me suis assez gelé les doigts ces deux derniers mois à distribuer des tracts pour avoir le droit de revendiquer une part, même infime, de responsabilité dans ce succès.

Et puis, la petite…grosse satisfaction, c’est le score à Viroflay. Certes, il se situe dans la droite lignée du reste de l’Ile de France, et nous ne sommes pas la seule commune à avoir affiché un score qui semblait jusque là inaccessible. 47,2% pour la gauche à Viroflay, c’est du jamais vu. Le précédent record dans nos archives étaient un 43,9%, à la Présidentielle de 1981. Evidemment tout ça est à relativiser et reproduire un tel score aux municipales est infiniment plus facile à dire qu’à faire. Enfin, ça donne un peu d’espoir.

Naturellement, il ne faut pas non plus oublier les deux mauvaises nouvelles de ce scrutin. L’abstention évidemment, même si le problème est plus ancien et plus profond que cette campagne. Mais bon, personnellement, je n’ai vraiment aucune mansuétude pour les abstentionnistes. Nous sommes une démocratie qui fonctionne, c’est une chance incomparable. Les élus portent bien leur nom, ils sont élus… Alors leurs décisions sont aussi les nôtres, qu’on le veuille ou non. Si les hommes politiques au pouvoir ne sont pas bons, ce sont nos critères de choix qui sont à revoir.. Enfin tout cela est un autre débat et méritera sûrement un billet à part.

L’autre mauvaise nouvelle réside dans le bon score du Front National. La bête immonde a la vie dure. Le plus surprenant est sa progression entre les deux tours alors que, traditionnellement, son score faiblit lors des seconds tours, beaucoup de ses électeurs se rabattant sur un vote utile. C’est dire à quel point la droite sarkoziste est rejetée par son propre camp. C’est dire aussi à quel point le con est un animal répandu parmi nous. Rien n’excusera jamais le vote FN !  

C’est avec impatience que l’on attendait la réaction du gouvernement après cette branlée historique (oui, allez je me lâche). Et il ne nous a pas déçu. A l’image du discours de l’UMP lors des soirées électorales à la télévision, c’est tout va bien, j’ai rien entendu, je ne change rien… A part Xavier Darcos… J’aurais jamais cru jamais avoir de l’empathie pour ce type, mais grâce à Sarko, c’est le cas. Il est très fort ! Sérieusement, mettre Eric Woerth aux affaires sociales, Monsieur « je ne remplace qu’un fonctionnaire sur deux et je vous emmerde ! » se situe entre la pure provocation et la connerie la plus profonde.

Pour finir, je citerai Pierre Moscovici qui ne voit pas comment Sarkozy pourrait gagner en 2012, mais qui voit encore très bien comment le PS pourrait perdre. Alors dès demain, le combat continue !

L’ARNACOEUR : La comédie française de l’année

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larnacoeurOui, je sais, nous ne sommes qu’en mars, je m’avance donc quelque peu. Mais je suis prêt à prendre les paris. Il y’a des comédies comme ça qui sont juste rythmées, drôles, divertissantes et enthousiasmantes, bref, juste parfaites. De plus, l’Arnacoeur a en plus un atout non négligeable : une scène culte.

Alex Tipi est un briseur de couple professionnel. Mais attention, avec une éthique. Il ne couche jamais et surtout, il ne s’attaque qu’aux femmes malheureuses. Malheureusement, il est aussi criblé de dettes auprès d’un personnage pas très recommandable qui demande à être remboursé fissa. Il se voit donc obligé d’accepter le contrat le plus difficile de sa carrière. Dix jours pour empêcher un mariage. Un seul hic : le futur mari a tout de l’homme idéal.

Pour qu’une comédie fonctionne, il faut trois choses : du rythme, du rythme et du rythme. S’ils sont réunis, on oublie facilement les quelques moments où cela marche moins bien et on pardonne les faiblesses du scénario. Avec l’Arnacoeur, vous aurez du rythme, du rythme et du rythme, aucun moment faible et un scénario, sans être hyper original, très bien foutu. Bref, que demander de plus…

…On peut demander Romain Duris ! Je pensais déjà beaucoup de bien de cet acteur et l’Arnacoeur n’a fait que le confirmer. Bien sûr, il est ici dans le rôle qu’il maîtrise le mieux, mais il nous déjà prouvé, avec De Battre mon Cœur s’est Arrêté, par exemple, qu’il savait jouer autre chose que le séducteur de ces dames. Et puis, il le fait tellement bien… Dans ce film, il est tout simplement génial et on ne se lasse pas une seule seconde de son numéro de Don Juan mythomane, dont la créativité et l’imagination n’ont d’équivalent que son aplomb au moment de mentir.

En face de lui, Vanessa Paradis m’a presque séduit. Et pourtant, ce n’était pas gagné vu qu’elle est exactement l’inverse de mon idéal féminin. Et face au talent et l’énergie de son partenaire, elle aurait pu facilement devenir invisible et transparente. Au contraire, elle lui tient la dragée haute et c’est l’équilibre entre ses deux personnalités est un des éléments les plus fondamentaux qui explique le succès de l’Arnacoeur. Sans cela, jamais le spectateur n’aurait ressenti un tel enthousiasme pour cette histoire, sentimentale malgré tout.

larnacoeur2Derrière, le duo qui truste le haut de l’affiche, l’Arnacoeur nous offre aussi moult seconds rôles réjouissants. Au premier chef, les deux complices d’Alex, joués par François Damiens et Julie Ferrier. Leurs personnages sont nettement plus « premier degré », mais ils sont à l’origine de vrais moments d’hilarités qui ne dépareille pas dans le paysage. On notera aussi la présence de Jean-Yves Lafesse, mais également de Jacques Frantz… Mais qui est ce dernier me direz-vous ? Fermez les yeux et vous le reconnaîtrez immédiatement puisqu’il est la voix française de Robert De Niro et Mel Gibson. Ca fait plaisir de voir en vrai à l’écran (surtout pour les gens civilisés qui ont arrêté la VF depuis longtemps). Je ne peux pas malheureusement passer sous silence le ratage représenté par le personnage de la meilleure amie de la victime, jouée par Helena Noguerra. L’actrice n’a pas grand chose à se reprocher, mais son personnage est le seul vraiment lourdingue et mal maîtrisé.

L’Arnacoeur nous offre également un vrai moment de bonheur et de magie cinématographique. Bien sûr, il vaut mieux avoir vu Dirty Dancing pour l’apprécier. Mais même sans cela vous pourrez être charmé par ces quelques pas de danse. Et tous ceux qui ont pleuré à la mort de Patrick Swayze trouveront en Romain Duris un digne successeur… Non, ne faites pas cette moue sceptique et courrez voir ce film pour vous en rendre compte par vous même.

Vous adorez Dirty Dancing ? Vous n’avez plus ri au cinéma depuis Very Bad Trip ? Vous trouvez Romain Duris super beau ? Vous aimez tous simplement les très bonne comédie ? Et bien, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Fiche technique :
Production : Quad films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Pascal Chaumeil
Scénario : Laurent Zeitou, Jeremy Doner, Yoann Gromb
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hervé Gallet
Musique : Klaus Badelt
Effets spéciaux : Julien Poncet de la Grave
Durée : 105 mn

Casting :
Vanessa Paradis : Juliette
Romain Duris : Alex
Julie Ferrier : Mélanie
François Damiens : Marc
Helena Noguerra : Sophie
Andrew Lincoln : Jonathan
Jacques Frantz : Van Der Becq
Jean-Yves Lafesse : Dutour

LES CHEVRES DU PENTAGONE : Mi-chèvre, mi-jedi

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leschevresdupentagoneafficheLa plupart des scénarios donnent l’impression de n’être que la réécriture d’idées déjà maintes et maintes fois exploitées. Cela ne les empêche pas d’être excellents et de donner de grands films, comme on n’a pu le voir avec The Ghost Writer. Mais de temps en temps, on tombe sur une histoire vraiment originale. Alors, même si le film souffre de quelques faiblesses, on lui pardonne et on passe un bon moment. C’est le cas avec Les Chèvres du Pentagone.

Bob Wilton travaille pour une feuille chou dans un bled paumé des Etats-Unis. Un jour, sa femme le quitte pour son rédacteur en chef. Dévasté, il part en Irak pour leur prouver sa valeur… sauf qu’il végète à la frontière en attendant une autorisation de rentrer sur le territoire. Par chance, il finit par tomber sur Lyn Cassidy qui le prendra avec lui pour une mission secrète en plein territoire irakien. Mais il ne s’agit pas là d’un soldat ordinaire, mais d’un « jedi » doté de pouvoirs parapsychologiques.

Bon, raconté comme ça, le pitch des Chèvres du Pentagone ne semble pas forcément être celui d’une comédie. C’est pourtant bien le cas, car les prétendus pouvoirs de Lyn Cassidy ne sont pas aussi évidents que ce qu’il semble affirmer. C’est un des principaux ressorts comiques du film de le voir expliquer tout ce qui se produit comme étant le résultat de ses facultés mentales. Il fonctionne plutôt bien, évidemment aidé par le talent de George Clooney, une nouvelle fois parfait. What else ?

Cependant, le principal reproche que l’on peut formuler envers Les Chèvres du Pentagone est un léger manque de densité. Comme on pouvait le craindre, l’ensemble des gags les plus percutants sont présents dans la bande-annonce. Mais si on fait abstraction de ça, et à fortiori si on ne l’a pas vue, on trouve dans ce film de vrais moments de bonheur et de vrais éclats de rire. On trouve aussi quelques références cinématographiques parfois cachées. On sourira notamment de voir Ewan McGregor s’entendre dire qu’il a en lui un jedi qui sommeille.

Bon, là j’en connais certaines (je ne les citerai pas afin de préserver leur anonymat) qui attendent le regard soupçonneux mon avis sur la performance du bel Ewan. Et bien…il est comme d’habitude… Non, mesdames, ça ne veut pas dire beau et talentueux, je suis navré, mais beau (ça je l’admets) et sans autre intérêt que celui d’être beau. Le problème, c’est que ce coup-ci, il est à côté de George Clooney qui lui est à la fois beau et talentueux.

leschevresdupentagoneOn complètera ce casting de très haut niveau par Kevin Spacey et Jeff Bridges, excusez du peu. Ils ne tiennent pas ici le rôle de leur vie, mais s’y attellent avec assez de talent pour que Les Chèvres du Pentagone soit à ranger dans les comédies sans prétention mais plutôt sympathiques. Elle aurait pu beaucoup y gagner en développant une critique sous-jacente du fonctionnement de l’armée américaine et de la guerre en Irak. Mais dans ce domaine, Grand Heslov a totalement manqué d’ambition et n’étoffe pas un propos qui n’est au final qu’une vague trame de fond.

Les Chèvres du Pentagone est donc un film à voir, mais à la télé ça sera aussi bien. Un film à revoir, c’est nettement moins sûr car si on enlève l’effet de surprise et l’originalité du scénario, il faut bien avouer que le tout reste quelque léger, malgré un casting de standing. Il ne constitue donc ni une réelle réussite, ni vraiment une déception. Comment ça je ne me mouille pas ? Attention, sinon j’arrête votre cœur d’un simple regard ! Y’en a qui font moins les malins d’un coup !

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, BBC films, Smoke House, Westgate Film Services
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Grant Heslov
Scénario : Peter Straughan, d’après le livre de Jon Ronson
Montage : Tatiana S. Riegel
Photo : Robert Elswit
Décors : Sharon Seymour
Musique : Rolfe Kent
Durée : 94 mn

Casting :
George Clooney : Lyn Cassady
Ewan McGregor : Bob Wilton
Jeff Bridges : Bill Django
Kevin Spacey : Larry Hooper
Stephen Lang : Général Hopgood 

THE GHOST WRITER : Enfin des promesses tenues !

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theghostwriterafficheCes dernières semaines cinématographiques furent plutôt celle des déceptions. Deux films que j’attendais beaucoup qui m’ont plutôt laissé sur ma fin, à savoir Shutter Island et Nine. C’est donc avec une légère appréhension que je suis allé voir The Ghost Writer, le dernier film de Roman Polanski. Surtout que la presse est plus qu’unanime avec un 3,6/4 sur Allociné, une note que l’on voit extrêmement rarement. Mais cette fois, mon attente ne fut pas déçue… Et ça fait du bien !

Etre grassement payé pour être le nègre d’un ancien premier ministre britannique semble être le job rêvé. Mais quand vous savez que vous succédez à un homme qui a fini par se suicider, vous y réfléchissez à deux fois. Mais vous signez tout de même. Cependant, quand vous vous faites agresser dès la sortie de la maison d’édition, vous vous dites que vous vous êtes engagés sur un terrain dangereux.

Comme pour Shutter Island, j’ai vu le twist final de The Ghost Writer venir avant la fin… Cinq minutes avant la fin, quand toutes les pièces du puzzle étaient là. Evidemment, cela change tout, absolument tout. Au pire, j’aurais pu deviner quelques minutes plus tôt. Je me suis certes dit « merde, je suis con, j’aurais du y penser »… Mais je n’y ai pas pensé parce que le film est assez bien construit pour ne pas le permettre. Bref, un vrai et grand scénario à suspense, pas fondamentalement original, mais incontestablement de toute première qualité.

Un des principaux mérites du scénario de The Ghost Writer est d’être clair et, quand on y repense, relativement simple. Il ne multiplie pas les fausses pistes, mais fait simplement ressentir dès le début que quelque chose ne va pas, que certains personnages ne sont pas ce qu’ils paraissent à première vue, sans que l’on puisse savoir pourquoi. Bref, on nage en plein brouillard, un brouillard qui ne se lève jamais vraiment, jusqu’à ce que tout s’éclaire d’un coup. Mais pour autant, le spectateur ne se sent jamais perdu ou laissé à l’abandon. Il est guidé par un scénario clair qui l’emmène il ne sait où mais qui l’y emmène.

theghostwriterMais la plus grande qualité de The Ghost Writer est d’être réalisé par un très grand réalisateur, Roman Polanski. Il y’a dans ce film un grand classicisme, mais un classicisme voulu et maîtrisé, et qui n’a rien à voir avec un manque d’imagination ou de créativité. Et puis, vous l’aurez déjà compris, l’important ici, c’est le scénario, la réalisation est ici faite uniquement pour le servir. Pas besoin d’esbroufe, ou de grands effets, de toute façon, le spectateur est trop absorbé par l’intrigue pour les remarquer.

Et puis un grand réalisateur, c’est aussi un excellent directeur d’acteurs. Et là, la performance de Roman Polanski est de taille car il arrive à rendre Ewan McGregor… potable ! Excellent, ça aurait été surhumain, mais il est bon et c’est déjà énorme… Pas la peine de hurler les filles, je sais qu’il est beau, mais là je parle du talent dramatique. Mais bon, la vraie star de ce film est incontestablement Pierce Brosnan qui a toute la classe britannique que Ewan McGregor n’a pas… ce qui n’est pas peu dire ! Une mention spéciale également à Olivia Williams, particulièrement troublante.

Les déçus de Shutter Island doivent donc se précipiter pour aller voir The Ghost Writer. Et les autres aussi en fait !

Fiche technique
Production : RP Films, France 2 cinema, Elfte Babelsberg Film, Runteam
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Roman Polanski
Scénario : Roman Polanski, Robert Harris, d’après le livre L’homme de l’ombre, de R. Harris
Montage : Hervé de Luze
Photo : Pawel Edelman
Décors : Albrecht Conrad
Musique : Alexandre Desplats
Durée : 128 mn

Casting :
Ewan McGregor : the ghost-writer
Olivia Williams : Ruth Lang
Kim Cattrall : Amelia Bly
Pierce Brosnan : Adam Lang
Timothy Hutton : Sidney Kroll
Tom Wilkinson : Paul Emmett
Robert Pugh : Robert Rycart
James Belushi : John Maddox
Jon Bernthal : Nick Ricardelli
Elli Wallach : le vieil homme de l’île

LE REVE ITALIEN : Pas vraiment un film de rêve

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lereveitalienafficheL’année 68, l’année de tous les fantasmes. Une année mythique et historique. En France, bien sûr, avec son fameux mois de mai, mais un peu partout en Europe et dans le monde. Et en Italie également, puisque l’année 68 transalpine constitue le cadre de Le Rêve Italien, qui raconte les manifestations étudiantes et syndicales qui l’auront marquée.

Sous l’impulsion de Libero, l’université de Rome se soulève et se met en grève pour protester contre la guerre au Viêt-Nam et, accessoirement, changer la société dans son ensemble. Ce mouvement entraînera Laura, issu d’une famille bourgeoise qui goûte fort peu les penchants révolutionnaires de leur fille. Enfin, Nicola est policier. Jeune et beau, il est chargé d’infiltrer le mouvement étudiant. Entre les trois se noueront des passions qui ne seront pas que politiques.

Avant d’être un film historique, Le Rêve Italien est avant tout une histoire de triangle amoureux, sujet éternel et qui n’a pas fini de nourrir les scénarios et les romans. Evidemment, les sentiments seront fluctuants et plein de rebondissements, sinon il n’y aurait pas de film. Mais ici, il manque les explications et les éléments déclencheurs de ces revirements brusques. On passe plusieurs fois d’un sentiment à l’autre sans que l’on sache vraiment pourquoi. Je sais bien que l’amour est volatile, mais enfin, ceci constitue quand même le principal élément du récit, il aurait donc été bon qu’il soit cohérent, fouillé et intéressant.

L’intérêt aurait alors pu jaillir de la reconstitution historique de cette fameuse année 68. Mais là encore, Le Rêve Italien se plante. D’un côté, le monde des étudiants révolutionnaires sympathiques, engagés et solidaires, de l’autre l’Etat et à la police intolérante, répressive et violente. Bref, un manichéisme pas très subtil qui n’apporte rien à la compréhension de cette époque. Si cela n’avait constitué qu’une toile de fond discrète, cela aurait pu ne pas poser de problème. Mais malheureusement, le contexte historique est omniprésent et alourdit donc plutôt le film.

lereveitalienMême le personnage de Nicola n’arrive pas à apporter un peu de gris dans le paysage noir et blanc de Le Rêve Italien. Pourtant, ce policier qui se prend de sympathie pour le groupe qu’il est chargé d’infiltré aurait pu conduire à une évolution intéressante. Mais on voit bien dès le début qu’il est policier par accident et qu’il est aussi motivé qu’un collégien pour un cours de techno à 16h le vendredi soir. Il n’y a donc aucune surprise dans sa conversion, les beaux yeux de Laura représentant évidemment une motivation bien suffisante.

La seule chose qui sauve le Rêve Italien, ce sont ses personnages. Malgré leur manque d’épaisseur et de finesse, on se prend de sympathie pour eux bien au-delà de leur combat politique. On le doit notamment à une interprétation de qualité, notamment Luca Argento, qui interprète Libero, dont le charisme est évident. On appréciera également l’apparition de Laura Morante dont le talent n’a d’égal que le charme et la beauté.

Le Rêve Italien fera peut-être revivre une époque aux nostalgiques… Mais je doute que cette époque revive vraiment à travers ce film plutôt médiocre.

Fiche technique :
Réalisateur : Michele Placido
Scénariste : Doriana Leondeff, Angelo Pasquini et Michele Placido
Chef décorateur : Francesco Frigeri
Costumier : Claudio Cordaro
Compositeur : Nicola Piovani
Monteur : Consuelo Catucci
Directeur de la photographie : Arnaldo Catinari

Casting :
Riccardo Scamarcio : Nicola
Jasmine Trinca : Laura
Luca Argentero : Libero
Massimo Popolizio : Domenico
Laura Morante : Maddalena
Dajana Roncione : Isabella

LIBERTE : Une touchante maladresse pour un sujet dramatique

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liberteafficheLa France se décide enfin de traiter les épisodes les plus douloureux de son histoire au cinéma. Avant la Rafle, que j’irai voir d’ici peu, il y’avait eu Indigènes puis L’Ennemi Intime. Entre temps, voici Liberté, le nouveau film de Tony Gatlif. Un film qui nous rappelle que la Shoah a également représenté un génocide sans précédent pour la communauté tzigane et manouche. Et auquel les autorités françaises y ont largement contribué.

En 1943, il ne fait pas bon d’être bohémien. Persécuté par l’administration qui leur a interdit leur nomadisme, un groupe de Tziganes s’établit dans un village de France profonde, sous la protection du Maire, humaniste et républicain convaincu. Mais la population alentours et surtout la police de Vichy ne voient pas tout ça d’un bon œil.

Liberté cherche à traiter un sujet particulièrement grave, sérieux et dramatique avec humanisme et poésie. C’était un pari osé, mais se focaliser sur les actes les plus courageux est parfois une bonne façon de dénoncer la lâcheté et la barbarie des comportements ordinaires. C’est aussi une façon de créer un sentiment d’attachement et de sympathie envers les personnages et ainsi, renforcer le caractère dramatique du dénouement. Et ça, le film y arrive de manière incomplète.

Il y’a en fait deux couples dans ce film. Le premier, celui du maire et de l’institutrice, joués par Marc Lavoine et Marie-Josée Croze fonctionne très bien. Cette dernière notamment est vraiment touchante et on ne pourra que saluer la performance remarquable de son interprète. Le second couple est celui formé par un jeune orphelin et un des bohémiens, âgé de 30 ans mais un peu simplet. Ce dernier, personnage lunaire, joyeux, naïf, espiègle est malheureusement un peu horripilant aussi. Ou plutôt, on s’y attache comme à une curiosité sympathique, mais pas tout à fait comme à un être humain avec qui on partage une réelle empathie.

liberteLiberté est incontestablement une belle histoire, mais de laquelle on se sent un peu trop spectateur. La vision donnée du peuple tzigane est hyper positive, mais à être trop sympathiques, les personnages y perdent un peu trop de consistance et de profondeur. Il y’a certes le bohémien belliqueux, sujet à des impulsions plus violentes, mais il semble être là juste pour le principe. Que cette communauté soit joyeuse et solidaire, qu’elle aime la musique, c’est bien, cela permet quelques moments de gaieté, mais le film joue trop sur cette corde (de violon tzigane bien entendu !) et cela nuit à la force de son propos.

Liberté a quand même le grand mérite, et ce n’est pas rien, de nous remettre en mémoire le destin tragique de ce peuple pendant la Guerre. Un destin qui n’est d’ailleurs toujours pas des plus réjouissants, mais cela constitue un autre débat. On pourra donc tout de même féliciter Tony Gatlif pour avoir défloré ce sujet pas spécialement glorieux pour notre mémoire nationale. On pourra certes lui reprocher certes quelques maladresses sur la forme, mais certainement pas lui en tenir rigueur trop durement.

Liberté reste tout de même un film touchant, bien qu’imparfait. Un vrai sujet en tout cas et un moment d’histoire à ne pas ignorer.

Fiche technique :
Production : Princes productions, France 3 cinéma, Rhône Alpes cinéma
Distribution : TFM distribution
Réalisation : Tony Gatlif
Scénario : Tony Gatlif
Montage : Delphine Mantoulet
Photo : Julien Hirsch
Format : 35 mm Scope
Décors : Brigitte Brassart
Musique : Delphine Mantoulet, Tony Galtif
Durée : 111 mn

Casting :
Marc Lavoine : Théodore
Marie-Josée Croze : Mademoiselle Lundi
James Thiérrée : Taloche
Mathias Laliberté : P’tit Claude
Carlo Brandt : Pierre Pentecôte
Rufus : Fernand
Thomas Baumgartner : tatane

NINE : On ne peut pas non plus faire Chicago à chaque fois

Nineaffiche

NineafficheAvant de vous parler de Nine, je vais vous parler de… Chicago. Vous n’êtes pas sans ignorer (en fait si, mais bon, j’aime imaginer que j’ai des hordes de fans) que c’est un de mes films préférés. C’est surtout un des plus beaux souvenirs cinématographiques. J’y avais été sans même savoir qu’il s’agissait d’une comédie musicale et cela avait constitué une des meilleures surprises de mon existence, que je m’étais empressé d’aller revoir. C’est donc avec la plus grande impatience que j’attendais Nine, la nouvelle comédie musicale de Rob Marshall.

Guido Contini est la star des réalisateurs du cinéma italien des années 60. Ses deux derniers films ont été des flops, mais le prochain s’annonce somptueux. A une semaine du début du tournage, les médias, le producteur, la costumière, tout le monde est sur le pont. Le casting se dessine… Mais voilà, personne ne sait de quoi ce film va bien pouvoir parler pour la simple bonne raison que son réalisateur n’a pas écrit une seule ligne du scénario. Va-t-il trouver son inspiration dans toutes les femmes (nombreuses) qui ont marqué sa vie ?

Disons le tout net, si Chicago était de l’alcool, Nine, c’est du Canada Dry. Ca a le goût, la couleur…enfin dans la pub… ou plutôt ici dans la bande-annonce. Car en vrai, ça n’a vraiment rien à voir. Enfin, ça essaye bien, ça aimerait bien, mais ça n’y arrive pas. Glamour, paillettes, costumes superbes, magnifiques acteurs, décors grandioses, les mêmes ingrédients sont là, mais cette fois, la recette est nettement moins relevée. A trop vouloir s’imiter, Rob Marshall a perdu le minimum de créativité qui fait les œuvres exceptionnelles.

Nine en est tant pour autant mauvais ? Non, pas vraiment, mais sûrement pas à la hauteur des moyens qu’il met en œuvre. Le scénario est plutôt mince et sert uniquement de prétexte à introduire les diverses personnages féminins. L’usage de flash-backs notamment, censés éclairer les origines de la personnalité de Guido, est une ficelle plutôt grosse pour avoir la chance d’admirer Fergie en prostitué sexy en diable… Mais remarquez, pour le coup, on n’en voudra pas trop à Rob Marshall.

Le fil rouge principal que constitue sa relation avec son épouse, interprétée par notre Mario Cotillard nationale, ne réveille pas non plus chez le spectateur un intérêt trépidant. Les personnages n’arrivent pas à inspirer la sympathie qu’ils cherchent à provoquer. Certains sont mêmes plutôt horripilants, notamment celui de Penelope Cruz, à qui on a parfois envie de donner une paire de claques (entre autres choses).

Musicalement aussi, le film est décevant. Les chansons sont dans la pure tradition des comédies musicales hollywoodiennes, mais sans grande imagination. Là encore, c’est propre carré, mais cela n’éveille jamais vraiment l’enthousiasme. On notera tout de même le petit numéro sexy de Fergie et on regardera avec curiosité Judi Dench essayer de nous faire croire qu’elle est française… Quand elle parle anglais, on peut prendre son imitation d’accent pour véridique. Evidemment, quand elle parle notre langue, cela le fait nettement moins !

nineNine permet de se rendre compte que même au milieu d’un si prestigieux casting, il y’a parfois des actrices encore au-dessus. Dans la scène d’introduction, on voit les personnages féminins entrer en scène les unes après les autres. En quelques pas, même en ombre chinoise, on se rend compte qu’il y’a Nicole Kidman et les autres. Même sa simple silhouette dégage un charme et une aura incomparables. Par contre, Sophia Loren nous permettra simplement de nous rendre compte que la chirurgie esthétique n’est pas encore synonyme de perfection.

Enfin un petit mot sur Daniel Day-Lewis, le personnage principal de ce film. Evidemment, avec un tel talent que le sien, il ne peut pas être foncièrement mauvais. Mais voilà, il n’est que trop peu mis en valeur, pris dans une frénésie qui ne nous laisse pas vraiment le temps de faire sa connaissance. Son personnage de salaud sympathique, incapable de résister aux charmes féminins, est trop caricatural pour être vraiment intéressant. Il donne bien tout ce qu’il a, mais même ça, ce n’est pas totalement suffisant pour sauver Nine du statut de film à moitié raté.

Nine est donc une vraie déception. Une comédie musicale scintillante mais sans véritable âme. Un divertissement sans magie.

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Relativity Media, Marc Platt Productions, Lucamar, Cattleya
Distribution : SND
Réalisation : Rob Marshall
Scénario : Michael Tolkin, Anthony Minghella, d’après la comédie musicale Nine de Maury Yeston
Montage : Claire Simpson, Wyatt Smith
Photo : Dion Beebe
Décors : John Myrhe
Musique : Maury Yeston
Costumes : Colleen Atwood
Durée : 118 mn

Casting :
Daniel Day-Lewis : Guido Contini
Nicole Kidman : Claudia
Marion Cotillard : Luisa Contini
Penelope Cruz : Carla
Judi Dench : Lilli
Sophia Loren : Mamma
Kate Hudson : Stephanie
Fergie : Saraghina
Ricky Tognazzi : Dante

LE MYSTERE DE CALLANDER SQUARE (Anne Perry) : Le charme s’est évaporé

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lemysteredecalladersquareAprès un pilote réussi, il est toujours difficile de confirmer les espoirs que l’on a suscité. Cela est évidemment vrai à la télévision. Mais ça peut l’être aussi dans votre bibliothèque. Le Mystère de Callander Square est le second épisode des aventures de l’Inspecteur Pitt et de sa femme Charlotte, qui possède une faculté impressionnante à aller fouiner derrière le dos de son mari. Malheureusement, beaucoup d’éléments qui faisaient le charme de L’Etrangleur de Cater Street, le premier volet de la série, manquent cette fois-ci à l’appel.

Deux cadavres de nourrissons sont retrouvés dans un jardin d’un quartier huppé de Londres. Pour la bourgeoisie locale, il doit s’agir d’une domestique s’étant débarrassée d’enfants indésirés. Bref, pas de quoi fouetter un chat persan. Elle va donc vite être quelque peu exaspérée par la présence de l’Inspecteur Pitt qui va venir fouiner dans les petites histoires pas toujours très avouables de tous ces braves gens.

Une Anglaise qui écrit des romans policiers au charme victorien, ça ne vous rappelle rien ? Anne Perry se situe dans la droite parenté d’Agatha Christie. Les Britanniques forment un peuple de traditions et ce style littéraire fait incontestablement partie de leur héritage culturel. Il n’y a donc aucune surprise à ce niveau là dans Le Mystère de Callander Square. Les fans apprécieront donc.

L’Etrangleur de Cater Street était un roman véritablement charmant par le jeu de séduction entre l’Inspecteur Pitt et Charlotte, aux caractères très dissemblables. Désormais, ils sont mariés, leurs sentiments assumés, le ressort est donc épuisé… Mais il manque cruellement car c’est lui qui provoquait l’affection envers les protagonistes et apportait une touche d’humour délicieuse. Bref, il faisait la personnalité du tome précédent. Le Mystère de Callander Square en manque quelque peu.

Le principal intérêt de le Mystère de Callander Square réside dans la description de la haute société britannique de la fin du XIXème siècle. Et surtout de son hypocrisie ! Cependant, le filon est mal exploité car le lien avec l’enquête ne se fait qu’à moitié. Le livre manque en fait considérablement de suspense. Ce n’est pas tant que l’on sache d’avance qui est le coupable, c’est juste que l’on ne soupçonne personne. Bien sûr des perches sont tendues pour faire le lien entre les petits secrets de chacun et les meurtres… sauf que l’on n’y croit pas une seule seconde. Contrairement à un Agatha Christie, les protagonistes ne nous apparaissent pas successivement comme des coupables en puissance.

Du coup, tout ce qui nous ai raconté tient de l’anecdotique. Bien sûr à la fin, l’Inspecteur Pitt trouvera qui est à l’origine de tout ça, mais ça n’a presque rien à voir avec tout ce qui a été raconté avant. On se dit « ah tiens, c’est lui… ». Et pour tout vous dire, on s’en tamponne un peu le coquillard. Mon dieu, ce que je peux être grossier ! C’est dommage car le style d’Anne Perry est léger et agréable. A ce niveau-là au moins, elle peut soutenir la comparaison avec sa glorieuse prédécesseur.

Je lirai assurément le troisième volet de la série, malgré la grosse déception que constitue le Mystère de Callender Square. Peut-être sera-t-il celui du rebond !