A la 60ème minute du Arsenal-Barcelone d’hier, j’avais prévu d’écrire un tout autre billet que celui que je vais vous offrir. En effet, l’équipe espagnol menait alors 2-0, nous offrant un football de toute beauté, qui aurait pu se concrétiser par deux ou trois buts de plus. Rien ne semblait pouvoir sauver Arsenal et j’allais vous chanter les louanges du style et de la force des homme de Josep Guardiola.
Mais voilà, Theo Walcott est rentré et tout à changer. Arsenal est revenu à 2 partout. Bien sûr, Barcelone reste largement en position de force pour la qualification avant le match retour. Il n’empêche que ce retournement de situation inattendu a largement contribué à la qualité du spectacle offert hier soir par les deux équipes et qui fut de toute beauté. Il nous a surtout rappelé une des raisons principales pour lesquels le football est un sport unique.
Chaque match de football offre un scénario le plus souvent imprévisible. La domination barcelonaise pendant les deux tiers du match se serait traduit dans n’importe quel autre sport par un écart totalement insurmontable pour l’équipe adverse. En football, la rareté des buts font que le hasard et la chance jouent un rôle majeur dans une partie. Cela fait évidemment sa force, certains diront sa faiblesse puisque c’est le seul sport qui offre des scores nuls et vierges (fait envisageable au rugby ou au hockey sur glace, mais rarissime). C’est pour ça (entre autres) qu’il passionne autant de gens autour de la planète. Parce que chaque match recèle en lui la possibilité d’un grand match ou du moins d’un fort suspense.
Au football, le petit peut manger le grand et même si le petit joue moins bien… Et c’est là que je commence à m’inquiéter pour Quevilly-PSG…
The Black Crowes, le nom semblait me dire quelque chose. Peut-être que je confondais avec les Couting Crows… Bref, j’ai téléchargé Warpaint, j’ai écouté et je me suis alors demandé pourquoi j’avais fait ça. Enfin, c’est le jeu ma pauv’Lucette. A vouloir découvrir des artistes et des albums que je ne connais pas, forcément, les surprises ne sont pas toujours bonnes. Ce fut le cas avec cet album, pas vraiment mauvais, mais sans grand intérêt.
The Black Crowes est un des groupes phare du rock sudiste américain. Ne me demandez pas exactement ce qu’est le rock sudiste, j’ai juste appris ça sur la page Wikipedia du groupe. Oui, j’aime bien me la péter, du genre, je m’y connais trop en musique, mais j’ai moi aussi mes limites. Né au début des années 90, ils s’étaient séparés en 2001, ils se sont reformés en 2008 pour nous sortir ce Warpaint. Si j’étais méchant, je dirais qu’ils auraient mieux fait de rester séparés, mais comme je ne le suis pas, je m’abstiendrai.
Bon que reprocher à cet album ? Déjà, le mixage. Alors, je suis sûr qu’il y’en aurait pour m’expliquer que c’est pour faire style et donner une personnalité à la musique du groupe, mais l’effet « le chanteur est à 10km du micro », ça fait surtout ressembler Warpaint à un concert où les balances auraient été mal réalisées. La voix du chanteur apparaît en sourdine et se retrouve du coup complètement étouffée par la musique. Il faut attendre la 10ème chanson sur 11 pour savoir enfin à quoi ressemble vraiment la voix de Chris Robinson. A la fois, elle ne constitue pas non plus une sublime révélation…
Mais de manière plus générale, Warpaint est assez transparent artistiquement. Les titres ont la créativité paresseuses, nous livrant du bon gros rock qui tâche mais qui n’enthousiasme pas. Ce n’est ni vraiment mauvais, ni vraiment bon. C’est simplement médiocre, mais vue l’offre pléthorique qui existe dans ce genre musical, cela constitue une tare impardonnable. J’aurais bien aimé dire qu’il y’a un potentiel inexploité, mais même pas. On a du mal à les imaginer faire mieux. Après, je ne connais pas leurs autres albums…
En fait, les trois seuls titres de Warpaint qui surnagent un tout petit peu (Locust Street, There’s Gold in Them Hills et Whoa Mule) sont trois ballades. Une fois qu’ils calment leurs envies de grosses guitares mal maîtrisées, The Black Crowes nous donneraient presque l’impression de savoir faire de la vraie musique, et non de la soupe. Oui, je sais, généralement on parle de soupe pour de la musique gnangnan, mais là, j’ai envie de dire qu’il s’agit de soupe très rock, mais de soupe quand même ! Et puis d’abord, je dis ce que je veux !
The Black Crowes sont sûrement leurs fans et ils sont certainement extrêmement nombreux. Mais je n’en fait pas partie. Pas en écoutant Warpaint en tout cas…
Avant d’en finir, regardons tout de même de plus près les titres de cet album :
1.: Goodbye Daughters Of The Revolution Un morceau entre le rock soft et la pop musclée, mais qui manque quelque peu de relief.
2.: Walk Believer Walk Un morceau lancinant avec des grosses guitares, assez symptomatique de leur style
3.: Oh Josephine Une ballade qui ne casse pas des briques
4.: Evergreen Du gros rock, mais bien transparent
5.: We Who See The Deep Cette chanson possède un peu plus de relief que ce qu précède, mais cela reste tout de même assez basique
6.: Locust Street Une ballade pas trop mal… Et c’est déjà bien dans le contexte !
7.: Movin’ On Down The Line Un morceau un psychédélique, mais surtout très nul
8.: Wounded Bird Du mieux par rapport au reste, mais il manque toujours la petite étincelle.
9.: God’s Got It Un rock plus classique, mais le mixage pourri gâche tout.
10.: There’s Gold In Them Hills Une ballade où on entend enfin la voix du chanteur
11.: Whoa Mule Une ballade entre folk et country qui constitue le meilleur titre de l’album
La description d’un futur déshumanisé, où la personnalité des individus est niée, sous prétexte de préserver l’ordre et la paix, est un classique de la littérature de science-fiction. 1984 ou le Meilleur des Mondes en sont les exemples les plus connus. Mais nombreux sont les auteurs qui ont voulu dénoncer ce vers quoi pourrait nous mener les dérives de notre société actuelle. Un bonheur Insoutenable, de Ira Levin, délivre un tel message. Et certainement pas le plus mauvais !
Li RM35M4419 tient de son grand-père ce qui apparaît alors comme une excentricité, un surnom : Copeau. Mais son aïeul a connu un autre temps. Celui d’avant Uni, le grand ordinateur qui a uni l’humanité et qu’il a lui-même contribué à construire. Un cerveau électronique qui délivre à chaque humain, toutes les 4 semaines, sa dose d’hormones l’empêchant de tomber « malade ». Et qui, surtout, autorise ou non chacun ses moindres faits et gestes.
Ira Levin est surtout célèbre pour deux romans adaptés au cinéma : Rosmary’s baby et Ces Garçons qui venaient du Brésil. Mais Un Bonheur Insoutenable est aussi une œuvre qui vaut le détour. Comme je l’ai déjà évoqué, le sujet est vraiment classique, mais ce livre est néanmoins très agréable. En effet, il est tout sauf monotone. Ce roman est divisé en plusieurs grandes parties qui nous plongent chacun dans des ambiances très différentes, même si elles forment un seul et même récit.
Ecrit au début des années 70, Un Bonheur Insoutenable nous présente un futur très proche du notre en termes de technologie, même s’il nous plonge près de 200 ans dans le futur. Du coup, on n’a pas forcément l’impression de vraiment lire de la science-fiction et les allergiques pourront également apprécier ce livre. Il s’agit plutôt d’une fable qui pourrait presque être contemporaine.
Mais Un Bonheur Insoutenable repose surtout sur une très bonne intrigue, très bien construite et qui surtout captive le lecteur. Son caractère « contemporain » la rend aussi très facile à suivre. On s’immerge très facilement dans le monde décrit par se roman, ce qui renforce son impact. Ce dernier est à la fois proche du notre et monstrueux. Alors on peut facilement imaginer le basculement de l’un à l’autre, ce qui n’est guère rassurant.
Mais l’intérêt de l’histoire ne repose pas du tout uniquement sur l’aspect anticipation et dénonciation des dérives qui nous menacent. On s’attache aux personnages et on les suit dans leurs péripéties avec un intérêt de tous les instants. Les rebondissements sont nombreux et généralement inattendus. Bref, au-delà du contexte, c’est aussi l’intrigue à proprement parler qui contribue à la réussite de Un Bonheur Insoutenable.
Le style de Ira Levin contribue lui aussi largement à la clarté du récit. Il ne s’appesantit jamais dans de longues et fastidieuses descriptions. Il nous imprègne du monde qu’il a imaginé surtout au travers de l’action et des dialogues, ce qui rend ce roman très vivant. Un Bonheur Insoutenable se lit vraiment tout seul.
Un Bonheur Insoutenable ne constitue peut-être pas un chef d’œuvre de la science-fiction, mais un œuvre solide et agréable qui séduire un bien plus large public que ce qu’on l’aurait pu penser à première vue.
Voici un nouveau CD que j’ai acquis (par quel moyen ? euh je ne parlerai qu’en présence de mon avocat…) suite à une bonne critique sans vraiment savoir de quoi il s’agissait. A l’écoute, j’ai eu envie d’inventer un nouveau concept, la country-pop… Mais en me renseignant un peu sur Adam Greene, j’ai appris qu’il faisait en fait de folk alternatif. Au temps pour moi…
Bon au-delà des mots, la musique d’Adam Green revisite une musique très ancrée dans les racines des Etats-Unis. Il y apporte une touche de modernité et un vrai style personnel. Sixes and Sevens est son 5ème album (sur 6 à ce jour), sorti en 2008. Il peut se découper en deux parties distinctes. Une première où les genres musicaux se mélangent pour donner un style que vous appellerez comme vous le voudrez. Une seconde beaucoup plus traditionnelle, pour ne pas dire, franchement country…
Ah voilà, le mot qui fâche est lâché. Après avoir été voir Crazy Heart au cinéma, cette critique globalement positive de Sixes and Sevens va finir par vous faire croire que je suis fan de ce genre musical, que je porte un chapeau de cow-boy et des bottes en croco. Il n’en est rien, je vous rassure (enfin, je doute que vous soyez très inquiet non plus), certains titres sont quand même à la limite du supportable quand on est un peu allergique à ce genre. Mais bon les amateurs purs et dur apprécieront en particulier la page 14, Grandma Shirley and Papa, qui sent bon le saloon, le banjo et le feu de camps en plein Texas.
Hormis, ces passages un peu délicats, j’ai vraiment apprécié Sixes and Sevens, car même certaines chansons très « traditionnelles » passent plutôt bien car la voix d’Adam Greene constitue un vrai délice. Une voix à la Nick Cave, mais en beaucoup plus doux. Certain titre repose uniquement sur son organe (halte aux idées mal placées !) et elles font partie des meilleures.
Les instrumentations sont souvent simples, mais Adam Greene arrive tout de même sur certains morceaux à donner une vraie originalité à son style. Cela passe notamment par l’utilisation d’instruments divers et variés d’un titre à l’autre. Cela ne se transforme jamais en orchestre symphonique, mais cela empêche toute monotonie. Ceci est surtout vrai dans la première moitié de Sixies and Sevens, où certains morceaux seraient presque expérimentaux. La suite est plus classique.
Le cœur de l’album se situe entre les plages 6 et 9, où l’on trouve incontestablement les meilleures chansons de Sixes and Sevens. Evidemment, la première fois, on espère que les 11 morceaux qui vont suivre vont être sur cette lignée. Ce n’est pas tout à fait le cas, à moins d’aimer vraiment la country… Mais non, je ne fais pas une fixation sur ce genre musical ! Rien que pour ces 4 chansons, l’album vaut le coup d’être écouté, surtout que, encore une fois, la plupart des autres morceaux sont aussi très agréables.
Sixes and Sevens et visiblement la musique d’Adam Greene en général ne rentrent dans aucune case toute faite. Si vous avez des idées de nouveau mot pour la qualifier, je suis preneur. En attendant, je vous conseille de jeter une oreille sur cet album plutôt sympa.
Faisons maintenant le tour des morceaux qui composent cet album.
1.: Festival Song Un premier morceau où la voix prédomine largement. Un peu plus, on croirait du I’m From Barcelona
2.: Tropical Island Comme son nom l’indique, on pourrait qualifier ce morceau de blues tropical.
3.: Cannot Get Sicker C’est sans doute sur ce morceau que la ressemblance avec Nick Cave est la plus forte. Même si l’ambiance générale du titre est beaucoup moins sombre que l’univers de Nick.
4.: That Sounds Like A Pony Un morceau qui ressemble plus à un exercice de style qu’autre chose, avec une voix très saccadée.
5.: Morning After Midnight Country ? Jazz ? Pop ? Difficile de classer cette chanson qui reste néanmoins de facture très classique.
6.: Twee Twee Dee Voilà vraiment ce que j’appelle de la country-pop, avec une touche de violon. Excellent en tout cas !
7.: You Get So Lucky Plus country que pop, ce coup-ci. L’instrumentation fait la part belle à la flûte de pan. Le morceau est vraiment très bon.
8.: Getting Led Une très jolie ballade
9.: Drowning Head First Nettement country cette fois-ci. Chant et guitare dominent. Le tout se termine en duo avec une chanteuse à la voix très agréable.
10.: Broadcast Beach Un morceau country gai et entraînant.
11.: It’s A Fine Une ballade où la magnifique voix d’Adam Greene est parfaitement mise en valeur.
12.: Homelife Une autre ballade, mais plus transparente que la précédente
13.: Be My Man Cette fois, c’est vraiment très country. C’est un style, on aime ou on n’aime pas.
14.: Grandma Shirley And Papa Une vraie chanson de cow-boy. Personnellement, ce n’est pas vraiment mon truc.
15.: When A Pretty Face Une petite chanson country sympa, mais pas top non plus.
16.: Exp 1 La voix a capela alterne avec quelques notes de guitare. Cela ressemble un peu encore une fois à un exercice de style.
17.: Leaky Flask A capela, répondant à des cœurs dans une première partie. Puis une instrumentation sonnant très amérindienne se met en place.
18.: Bed Of Prayer Une ballade très country, sonnant un peu comme une berceuse.
19.: Sticky Ricki Adam Greene parle plus qu’il ne chante sur une mélodie pas très mélodieuse. Un morceau vraiment pas terrible.
20.: Rich Kids Une ballade guillerette pour finir, mais qui reste évidemment très..country !
La France du football a été très surprise aujourd’hui. En effet, elle s’attendait à ce qu’il pleuve des grenouilles ce matin et il en n’a rien été. Enfin pas à Viroflay tout du moins. Hier, il est arrivé quelque chose de tellement inattendue que cela ne pouvait provenir que d’un bouleversement mondial majeur. Et oui, hier, Mateja Kezman a marqué pour le PSG et a été crédité d’un excellent match.
Mateja Kezman est l’archétype du joueur dont l’échec était tellement attendu qu’il ne pouvait que survenir. Arrivé à Paris avec la réputation d’un talent perdu et surfait, payé rubis sur l’ongle par un club qui alimente chaque année la colonne bide du marché des transferts, il a surtout défrayé la chronique par son temps de jeu famélique et son jeter de maillot. Peu utilisé, regardé avec suspicion, tout était réuni pour qu’il ne mette pas un pied devant l’autre… Et c’est exactement ce qui s’est passé.
Et puis, à force de ne pas jouer, il s’est fait oublier, a passé six mois en Russie, a bossé à l’entraînement et le revoilà donc en pleine forme. Si son talent n’est sans doute pas celui d’un grand buteur de niveau européen, comme on l’a cru à une époque, il mérite bien mieux que les quolibets, les moqueries et les sifflets dont il a du se contenter depuis son arrivée à Paris.
Il se situe surtout dans la grande tradition des joueurs parisiens à qui on n’a jamais vraiment donné leur chance. On sait bien que la première saison dans un nouveau club est souvent décevante. Mais à Paris, on n’a pas le temps, alors on recrute, on recrute, mais sans jamais laisser le temps aux joueurs de s’épanouir. Pourquoi des joueurs comme Franck Gava, Florian Maurice, Stéphane Dalmat, Julio Cesar Dely Valdes, Vedad Ibisevic, Sylvain Distin, Didier Digard, Yann Lachuer, Nicolas Laspalles, Nicolas Ouédec, Christian Wörms…n’ont ils foulé la pelouse du Parc qu’une seule saison ? Bien sûr leurs performances n’ont pas immédiatement été à la hauteur des espoirs placés en eux, mais je suis sûr qu’une partie d’entre eux auraient offert une bien meilleure copie pour la seconde.
Le seul joueur du PSG qui vient contredire ce schéma est évidemment Raï, qui, pendant une année, était considéré comme un bide retentissant, avant de devenir un des joueurs les plus légendaires du club. Evidemment, Mateja Kezman n’aura jamais ce statut d’idole et vu son salaire, il semble évident qu’il fera ses valises l’été prochain. Mais je suis personnellement heureux qu’il montre à tous, avant de partir, qu’il reste malgré tout un excellent joueur de foot.
11 ans, au régime de plusieurs heures par semaine, ça en fait du temps passé. Du temps, évidemment, qui ne sera jamais rattrapé, puisque, jusqu’à preuve du contraire, une seule vie nous est accordée. Un temps qui pourrait servir à tant de choses. Tant de choses à faire, à voir, à apprendre…
Ce temps justement, je l’ai consacré à apprendre. Ou du moins, à essayer d’apprendre. Car les évènements de ce week-end m’ont prouvé une nouvelle fois que s’il y’a bien une chose que je n’ai pas réussi à apprendre, c’est bien à parler allemand.
Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais voilà, les langues n’ont jamais été vraiment mon fort. Si j’ai réussi à acquérir, avec un peu de peine, un niveau assez correct en Anglais, la langue de Goethe m’a toujours résisté. J’ai toujours été plutôt du genre premier de la classe et généralement une note en-dessous de 15 me décevait. Mais voilà un niveau que j’ai rarement dépassé en allemand. J’étais juste moyen…
Même en étant moyen pendant 11 ans, j’aurais quand même du acquérir le minimum me permettant de tenir une conversation. Si j’arrive, à la limite, à comprendre l’allemand à l’écrit, dès qu’il s’agit d’oral, mon interlocuteur pourrait parler chinois, que cela reviendrait à peu près au même… Bon allez, j’exagère, j’arrive à saisir le sens de quelques passages, mais de manière bien trop éparse pour comprendre le discours prononcé.
Quelles sont donc les raisons de ce constat plutôt désespérant ? Deux raisons principales. Déjà, j’ai été largement tiré vers le bas par le niveau et la non-motivation générale. En 11ème année, j’ai encore revu les déclinaisons, la règle de base de l’allemand qui, appris correctement une fois pour toute en première année, permet de passer à des choses un peu plus intéressantes. D’ailleurs, mon meilleur niveau en allemand a peut-être été en 4ème, après deux ans passés à Nantes, dans une classe de très bon niveau où je ramais pour suivre le train qui était lancé à pleine vitesse. Ensuite, j’ai toujours été dans des tortillards qui n’avançaient qu’à grand peine.
L’autre raison est, bien sûr, l’absence quasi total de contact avec la langue. N’écoutant pas Nena en boucle, mes oreilles sont rarement confrontées à l’allemand. A l’heure, où j’écris ces lignes, mon shuffle m’a balancé la chanson « Dreams » (on ne se fout pas de ma gueule, s’il vous plaît) et il y’a de forte chance que le prochain morceau soit aussi en anglais. Et je ne parle même pas de mon abonnement à Time Magazine et tous les films en VO que je vais voir… Bien sûr, le dernier était justement un film allemand, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan d’anglais dans lequel nous baignons. Et ce dernier nous procure l’immense avantage de pouvoir conserver le vocabulaire que l’on a pu apprendre à l’école. En allemand, j’en aurais appris des listes de mots. Mais mon petit cerveau, après avoir passé plusieurs années sans les entendre, a évidemment fini par supprimer ces informations qu’il a jugé superflues.
L’année prochaine, j’irai certainement à Hassloch, car ces échanges avec nos camarades sont toujours très sympathiques et très intéressants. On est toujours très bien reçus, et inversement. Beaucoup d’entre eux, à ma plus grande honte, parlent relativement bien français. Avec les autres, je parlerai anglais… C’est désolant d’avoir passé 11 ans à étudier la langue de quelqu’un pour devoir lui en parler une autre. Mais malheureusement, je crains que ces 11 ans soient à jamais vains et que jamais je ne lirai Goethe dans le texte… même après plusieurs bouteilles de vin !
Logiquement, un jury chargé de départager des candidats est censé être composé de personnes plus compétentes et expérimentés que ceux qu’il est chargé de juger. Ainsi, il peut rendre un verdict juste et objectif, ne laissant pas de place au hasard ou au pifomètre. Accepter de figurer dans un tel jury, c’est prendre la responsabilité de faire un choix et de l’assumer. C’est aussi assumer une part de responsabilité face un échec éventuel du candidat retenu. Et si les choix qu’il fait se relèvent systématiquement décevants, il semble indispensable que le jury se remette en question et révise ses critères de choix.
Ce que je viens d’écrire vous semble ampli de bon sens ? Maintenant, remplacez le jury par le peuple et les candidats par les hommes politiques. Et bien vous obtiendrez une idée qui pourrait paraître une évidence, mais qui constitue plutôt un tabou que nul n’ose transgresser.
Il paraît que beaucoup de gens sont déçus par Sarkozy. Des 53% ayant voté pour lui en 2007, il ne reste plus grand chose. Mais par quoi ont-ils été déçus ? Le bouclier fiscal, l’ouverture, le débat sur l’identité nationale, le bling-bling, la suppression des postes dans la fonction publique ? Mais tout ceci n’était-il pas dans son programme ? Sa personnalité n’était-elle pas connue ? Venu des Hauts de Seine, n’était-il pas évident qu’il reproduirait certaines dérives de pouvoir utra-personnel ?
Ah mais voilà, ce qui déçoit, c’est l’absence des résultats escomptés ! Mais je n’entends que peu d’électeur dire « mon jugement sur le programme de Sarkozy était erroné, je m’en excuse ». Pourtant, ses électeurs sont largement plus responsables de la situation actuelle que notre Président. Ca vous choque, ce que je vous dis ? Pourtant vous êtes pour la démocratie ? Ne trouvez-vous pas ça contradictoire ?
En démocratie, par définition, le pouvoir est au peuple. Et le pouvoir implique de faire preuve de responsabilité, de compétence et de courage pour prendre sur soi et assumer les erreurs commises. Le pouvoir que la démocratie donne à chacun de nous implique une grande responsabilité. Bien sûr, tout le monde ne va pas passer un diplôme en macro-économie pour pouvoir juger la pertinence des programmes politiques. Mais nous avons tous une capacité d’expertise, au moins dans un ou deux domaines qui touchent notre quotidien. Et être un citoyen éclairé, c’est aussi chercher à élargir cette compétence autant que faire ce peut.
Face à ça, il reste l’argument massue du « tous pourris »… Ah oui que répondre à ça… En fait, que ce soit vrai ou non, cela ne change rien au raisonnement précédent. Le problème reste l’incapacité des électeurs à distinguer un pourri. Car s’ils en étaient capables, si un personne honnête se présentait, elle serait élue à coup sûr. Il est quand même peu probable qu’aucune personne honnête n’en est jamais eu l’idée. Le vrai problème vient donc des critères de choix utilisés par les électeurs et il est difficile de reprocher quoique ce soit aux politiques à ce sujet, chacun pouvant librement faire son choix dans l’isoloir.
Par contre, il y’a bien une chose que l’on peut reprocher aux hommes politiques. C’est justement de ne pas tenir le discours que je viens d’exposer. Ils entretiennent largement l’idée qu’ils sont ceux qui savent et que les électeurs n’ont qu’à leur faire confiance. Il est impensable de voir un politique dire « les électeurs ont tort »… Dire cela apparaîtrait comme une contestation du principe même de la démocratie. Pour moi, c’est en fait exactement le contraire. Cela revient à nier la responsabilité du peuple dans les choix qui sont faits, ce qui revient exactement à lui nier tout pouvoir, alors que la démocratie en fait justement le détenteur.
Tout ceci aboutit à cette impression que l’on ne peut rien changer, que les élections ne servent à rien et ainsi à la progression de l’abstention. Notre démocratie continue de fonctionner, tous les élus de France tirent leur pouvoir d’un suffrage universel exercé dans des conditions équitables. Le pouvoir est bien au peuple et s’il ne l’exerce pas, c’est entièrement sa faute. En s’abstenant massivement, il lui tourne le dos définitivement.
Je n’ai aucune compassion envers ceux qui creusent leur propre tombe. Alors j’espère très vite que le peuple français va très vite lâcher la pelle pour reprendre son destin en main !
Depuis quelques années, le cinéma allemand nous offre régulièrement de très bons films. Alors que les années 80-90 furent marquées par Wim Wenders, un réalisateur que j’admire beaucoup, mais qui donne souvent, avouons-le, dans le chiant, voire l’utrachiant. Les années 2000 nous ont refait découvrir que les Allemands savaient aussi rire et divertir. La décennie qui commence semble être partie sur le même rythme avec le très réjouissant Soul Kitchen.
Zinos tient un restaurant minable près du port de Hambourg. Il va surtout connaître toute une série de déboires : une hernie, un contrôle fiscal, la perte de ses clients, sa copine qui part travailler en Chine et l’inspection des services d’hygiène qui vient lui demander de refaire sa cuisine. Mais Zinos a de la ressource, aidé, souvent contre son gré, par son frère qui vient de sortir de prison.
Soul Kitchen est un film à la fois drôle et attachant. Drôle car certaines situations sont vraiment hilarantes et attachant car on tombe amoureux des personnages. Ces derniers sont à ranger dans la rubrique « loosers sympathiques », pas si looser que ça si on en croit les trésors d’énergie et de débrouillardise qu’ils sont capables de déployer quand les circonstances l’exigent. Zinos est souvent dépassé par les évènements, mais jamais il ne baisse les bras et part à l’assaut de ses problèmes avec un enthousiasme communicatif.
Soul Kitchen ne paye pas de mine. Rien n’y est spectaculaire, ni le scénario, ni le casting. La caméra de Fatih Akin est élégante, mais sobre. Mais voilà, telle une recette de cuisine, ce film vaut bien plus que la somme de ses ingrédients. On se laisse juste charmer, on rit, on sourit, on espère avec les personnages. Ca reste léger, jamais lourd. Bref, tout simplement réellement divertissant, c’est l’essentiel, mais avec cette petite pointe d’humanisme qui donne un supplément d’âme et de charme à ce film.
Toutes ces qualités nous permettent aisément de pardonner les moments où le film patine un peu plus. Comme toutes les comédies (à part l’Arnacoeur !), Soul Kitchen est ponctué de petites baisses de rythme. Mais bon, l’histoire retrouve vite son souffle et on suit les mésaventures des deux frangins avec un enthousiasme qui ne faiblit que rarement. Certes, le film n’est pas inoubliable, mais nous offre un vrai moment de détente.
La vraie révélation de Soul Kitchen est Adam Bousdoukos qui porte réellement le film sur ses épaules. Là aussi, tout n’est pas totalement parfait, mais la performance est assez remarquable pour que le film fonctionne et que l’attachement du spectateur soit maximal. Mais c’est le casting tout entier qui est à saluer, avec un bravo particulier à Birol Unel, qui interprète un chef cuisinier particulièrement déjanté.
Soul Kitchen est donc typique d’un cinéma « indépendant » qui sait donner beaucoup avec peu, si ce n’est de l’imagination et du talent. Il permet aussi de montrer que Fatih Akin est un cinéaste très complet puisque son précédent succès, l’Autre Côté, était aussi très réussi, mais sur un ton beaucoup plus grave. Espérons que ces productions continueront à être distribuées en France et qu’elles seront dans la même veine.
Soul Kitchen est donc à mettre dans toutes les assiettes… et surtout devant tous les yeux !
Fiche technique : Production : Corazon International, Pyramide Productions Distribution : Pyramide Distribution Réalisation : Fatih Akin Scénario : Fatih Akin, Adam Bousdoukos Montage : Andrew Bird Photo : Rainer Klausmann Décors : Rainer Klausmann Son : Kai Lüde Musique : Pia Hoffmann, Klaus Maeck Durée : 99 mn
Casting : Lucas Gregorowicz : Lutz Adam Bousdoukos : Zinos Moritz Bleibtreu : Illias Anna Bederke : Lucia Pheline Roggan : Nadine Birol Ünel : Shayn Wotan Wilke Möhring : Neumann Dorka Gryllus : Anna
Le Tribunal Pénal International de La Haye fait partie de ces institutions que l’on connaît tous de nom, mais donc on ignore généralement à peu près tout. Et bien, cette ignorance peut être comblée en allant voir la Révélation, un film dano-néerlando-allemand, où les acteurs sont eux aussi de nationalités diverses. Bref, un film vraiment européen, qui mélange film politique et film de procès.
Hannah Maynard est procureur au TPI de La Haye, en charge de l’accusation de Goran Duric, ancien général dans l’armée serbe de Bosnie, très populaire dans son pays, mais accusé de crimes de guerre. Elle compte sur un témoin, Alen Hajdarevic, mais ce dernier va être discrédité et se suicide. Elle ne se décourage pas pour autant et se rend sur place pour convaincre la sœur du défunt de venir raconter la vérité. Mais elle va vite se heurter aux réalités locales… et aux réalisés de la diplomatie internationale.
Si on oublie le contexte politique, la Révélation est somme toute très classique. Un personnage qui se bat pour faire éclater la vérité malgré des pressions et des menaces diverses est un thème très souvent mis en scène. Mais quand c’est bien foutu, on ne s’en lasse pas cela permet aisément de maintenir un suspense. Ce dernier est ici bien présent, car le film s’ancre dans le réel et on se doute bien que le film ne se terminera pas sur un happy end, mais sera plus nuancé.
La Révélation est donc aussi un film avec un véritable fond. Il cherche avant tout à mettre en lumière des réalités trop souvent dans l’ombre de notre indifférence. Il peut être vécu comme une dénonciation, car on ne peut qu’être choqué par beaucoup d’éléments, mais il constitue plutôt un témoignage. Les faits parlent d’eux-mêmes, Hans-Christian Schmid a su éviter le lourdingue d’un film trop à charge au prix de l’objectivité. Il y’a une thèse dans ce film, mais elle est présentée avec discernement et sang-froid.
L’articulation entre ces deux dimensions était peut évidente à réaliser, car l’une est du ressort du divertissement, l’autre de l’information. Alors, La Révélation, nouvel avatar de l’infortainement ? Non, il s’agit plutôt d’une sorte de documentaire romancé, démarche beaucoup moins contestable intellectuellement. Le film ne dénonce pas pour divertir, il se sert de l’intrigue comme d’un vecteur. Du coup, le film reste agréable à suivre tout en étant particulièrement intéressant.
Cependant, niveau réalisation, la Révélation reste tout de même du cinéma de seconde zone. On est plus proche du bon téléfilm que de Kubrick. Ce n’est pas forcément handicapant en soi, l’intérêt est ailleurs, mais cela l’exclut des grands films « politiques », comme JFK ou la Liste des Schindler. On saluera néanmoins la belle performance de Anamaria Marinca, que l’on avait pu découvrir dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le film roumain primé à Cannes. L’actrice néo-zélandaise, Kerry Fox, qui interprète la procureur livre elle une performance honnête, sans être enthousiasmante.
La Révélation nous plonge dans un sujet qui valait une telle mobilisation internationale. Mais trop limitée artistiquement, il en restera au stade du bon film intelligent qui mérite d’être vu, sans pour autant constituer du grand cinéma.
Fiche technique : Réalisateur : Hans Christian Schmid Scénariste : Hans Christian Scmid et Bernd Lange Directeur de la photographie : Bogumil Godfrejow Monteur : Hansjörg Weißbrich Compositeur : The Notwist Ingénieur du son : Patrick Veigel Chef décorateur : Christian M. Goldbeck Costumière : Steffi Bruhn
Casting : Kerry Fox : Hannah Maynard Anamaria Marinca : Mira Arendt Stephen Dillane : Keith Haywood Rolf Lassgard : Jonas Dahlberg Alexander Fehling : Patrick Färber Kresimir Mikic : Alen Hajdarevic Tarik Filipovic : Mladen Banovic Steven Scharf : Jan Arendt Joel Eisenblätter : Simon Arendt Wine Dierickx : Jule Svensson
Voilà un film que je n’aurais jamais du voir. Ayant raté mon train, je suis arrivé hyper à la bourre au ciné à la Défense et en prenant mon billet, je pensais aller voir Soul Kitchen. C’est en entrant dans la salle, alors que le film avait commencé et en entendant parler français que j’ai réalisé mon erreur. J’avais pris un billet pour Bus Palladium…
Lucas revient de Londres après un stage en architecture. Il retrouve ses potes d’enfance Philippe, Jacob, Mario et surtout Manu, dont il est inséparable depuis l’enfance. Leur groupe de rock Lust va rencontrer un succès grandissant au cours de cet été là, au point d’envisager de faire un album. Mais voilà, il y’a une femme… il y’a toujours une femme. Elle s’appelle Laura et elle va très vite venir perturber les liens d’amitié qui les unissent. Au point de remettre en question leurs rêves de gloire ?
Bon si mon erreur ne m’a pas conduit à venir m’ennuyer pendant une heure et demi devant un navet, elle ne m’a pas non plus offert un grand moment d’enthousiasme. Bus Palladium est typiquement le genre de film sympa un soir de pluie à la télévision. En payant, dans une salle obscure, c’est une autre paire de manche…
La principale faiblesse de ce film repose dans le personnage de Laura. Elle perturbe l’équilibre du groupe par son charme dévastateur, mais surtout parce que ses deux prétendants ne comprennent jamais vraiment très bien ce qu’elle veut. Le problème, c’est que nous non plus. Du coup, les rebondissements du film semblent survenir une peu au hasard, sans fil conducteur. Surprendre le spectateur, c’est bien. Le manque de sens, ça l’est moins.
Par contre, les personnages masculins fonctionnent très bien. Le couple « Lucas-Manu » est un peu caricatural, avec d’un côté le beau gosse sûr de lui et, de l’autre, le sentimental plus effacé. Mais tous nous inspirent une très forte sympathie du début à la fin. C’est vraiment cela qui donne du contenu à ce Bus Palladium. C’est un peu léger, mais ça suffit à rendre ce film tout de même regardable.
L’autre qualité de ce film repose sur son aspect musical. Les morceaux joués sont excellents et on peut aisément croire au succès de ce groupe. Ajouté à cela la sympathie évoquée précédemment, le spectateur a vraiment envie de les voir réussir. Du coup, en sentant que Laura va venir perturber, on ressent une certaine antipathie envers elle. On n’a qu’une seule envie, c’est qu’elle dégage et les laisse tranquille. Bon évidemment, si ça arrivait, le film n’existerait plus ! Mais on touche là la principale limite de ce film.
On sent dans la caméra de Christopher Thomson une grande nostalgie des années 80 et de sa propre jeunesse. Bus Palladium pourra donc toucher les gens de la même génération que lui. Pour un premier film, ça aurait pu être pire, mais force est de constater, qu’il n’est pas encore tout à fait au niveau de sa mère, Danièle Thomson, qui l’avait fait jouer dans son magnifique Fauteuil d’Orchestre. On sent tout de même un humanisme très familial, mais qui manque, dans ce film, d’un peu trop d’humour pour être vraiment délectable.
Bus Palladium ravira sûrement ceux qui ont rêvé devenir Indochine ou Téléphone quand ils avaient 20 ans. Les autres ne déborderont certainement pas d’enthousiasme.
Fiche technique : Réalisateur : Christopher Thomson Scénariste : Christopher Thomson et Thierry Klifa Compositeur : Yarol Poupaud Directeur de production : David Giordano 1er assistant réalisateur : Emilie Cherpitel Directeur de la photographie : Rémy Chevrin
Casting : Marc-André Grondin : Lucas Arthur Dupont : Manu Jules Pelissier : Jacob Abraham Belaga : Philippe Elisa Sednaoui : Laura François Civil : Mario Géraldine Pailhas : Prune Angelli Naomi Green : Rizzo
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