UNE RUMEUR ? QUELLE RUMEUR ?

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rumeursnicolascarlaJ’aurais bien fait un article sur les rumeurs tournant autour du couple présidentiel et leur gestion par l’Elysée. Mais finalement, j’ai décidé de m’en tamponner le coquillard, ce qui est la seule chose intelligente à faire, et vous raconter plutôt une histoire de Toto :

Toto a un besoin immodéré d’un billet de 500 euros pour s’acheter une planche à roulettes comme son pote Gaston. Alors il prie, prie encore (c’est un Toto catholique), mais deux semaines plus  tard, toujours pas de billet de 500 euros à l’horizon.

Alors Toto a une idée: Il prend un stylo, du papier un timbre et une enveloppe,  et il écrit à Dieu pour lui dire de lui envoyer 500 euros.

La poste intercepte le courrier. Mais ici, il n’est pas question de Père Noël alors que faire de cette lettre?

Finalement, les postiers choisissent de faire suivre la lettre à l’Élysée.  Sarkozy lit la lettre de Toto et il est touché. Il décide de faire un geste. Il demande à son secrétaire d’envoyer 50 euros au petit Toto en se disant que c’est la crise pour tout le monde, et que Toto comprendrait.

Alors quelques jours plus tard, Toto reçoit la lettre contenant les 50 euros. Il est tout heureux d’avoir eu sa réponse et décide d’écrire une lettre à Dieu pour le remercier:

‘Cher Dieu,

Merci beaucoup pour m’avoir envoyé l’argent, pourtant, j’ai remarqué que la lettre a été postée à l’Élysée et, comme d’habitude, ces branleurs m’ont volé 450 euros…’

YANNICK JAUZION OU LES INJUSTICES DU STAR SYSTEM

yannickjauzion

yannickjauzionAvant la Coupe du Monde de 2007, j’avais déjà brièvement évoqué un des sportifs français dont la notoriété médiatique était le plus injustement en décalage avec son talent. Je parlais alors de Yannick Jauzion, centre du XV de France et de Toulouse. Les événements de ces dernières semaines m’ont rappelé combien j’avais raison…

Après une année 2009 difficile, où les médias ont annoncé la fin prochaine et inéluctable de sa carrière internationale, le revoilà dans ce qui est peut-être la forme de sa vie. Il a largement contribué au Grand Chelem du XV de France, en étant un des meilleurs joueurs de ce Tournoi de 6 Nations. Et que dire de sa performance de dimanche après-midi contre le Stade Français ? Je pense que les joueurs parisiens s’en souviendront longtemps et si les Toulousains décrochaient un nouveau titre européen, il pourrait lui dire merci.

Yannick Jauzion est un joueur assez unique. Il n’est pas le plus rapide, le plus puissant, ou même le plus habile balle en main. Mais en termes d’appuis, il est le joueur le plus extraordinaire que je n’ai jamais vu. Même avec plusieurs joueurs sur le râble, il ne tombe pas. Alors, même s’il n’a pas avancé de dix mètres, il peut au moins transmettre le ballon à un coéquipier dans les meilleures conditions, ce qui reste quand même la base du rugby.

Alors pourquoi reste-t-il dans l’ombre, quand un Chabal, dont le palmarès ressemble à meeting du Modem à côté de celui de Jauzion, mais empile les contrats publicitaires ? Ses coéquipiers, Frédéric Michalak ou Vincent Clerc, jouissent eux-aussi d’une notoriété supérieure, malgré qu’ils soient plus jeunes et jonglent avec les blessures. Sans doute, cela tient de la personnalité effacée de Jauzion.

Cela prouve surtout que les vrais amateurs de rugby sont encore peu nombreux et que la plupart des spectateurs sont venus avec l’engouement actuel pour ce sport. Il n’existe pas une culture rugbystique largement répandue comme il existe une culture footbalistique. Peut-être que cela viendra si la mode se transforme en vraie révolution culturelle. Espérons-le pour les futurs Yannick Jauzion qui mériteront autant que lui d’être de vrais stars reconnus du grand public.

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : La nouvelle merveille de Tim Burton

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aliceaupaysdesmerveillesafficheLe Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton a profondément divisé l’opinion à sa sortie. De mon côté, j’avais plutôt retenu les avis défavorables, alors je m’y suis rendu avec une certaine appréhension. Et bien, au final, j’ai été…roulement de tambour…suspense intense…insoutenable même… je sais je suis cruel… et sinon il fait beau chez vous ?…quoi ? vous attendez ?… oui mais quoi ?…ah oui, c’est vrai, ma réaction…enthousiasmé !

Alice Kingsleigh est désormais une jeune fille de 19 ans, qui a tout oublié du Pays des Merveilles où ses rêves l’entraînaient enfant. Son entourage imagine pour elle une vie tout ce qu’il y’a de plus conformiste. Devant une proposition en mariage qui ne l’enthousiasme guère, elle s’enfuit dans les bois à la poursuite d’un étrange lapin. Ce dernier la guide vers un monde qui l’attend comme la sauveuse, alors que la Reine Rouge y a pris le pouvoir et y fait régner la terreur. Mais la jeune fille souhaite surtout se réveiller et quitter ce monde qu’elle pense imaginaire.

De mon point de vue, Alice au Pays des Merveilles confirme, qu’après Sweeney Todd, le grand Tim Burton est bien de retour. Oubliés les Planète des Singes et autres Big Fish à moitié ratés plus qu’à moitié réussis. Il nous offre ici du beau et du grand cinéma, spectaculaire et grandiose, passionnant et imaginatif. Bon bien sûr, il s’est quelque peu réapproprié un mythe pour le recuisiner à sa sauce. Mais le plat est savoureux, alors ne crachons pas dans la soupe. Ok, j’arrête là les métaphores culinaires.

En fait, le titre de ce film est un peu usurpé. Il aurait du s’appeler le retour d’Alice ou Alice 2, la revanche… En tout cas, ce n’est pas du tout une adaptation des romans de Lewis Caroll mais une histoire originale qui se situerait plus tard. Un peu comme le Hook de Spielberg avec Peter Pan. Alors après évidemment, les puristes peuvent crier au scandale, je l’ai déjà fait pour d’autres choses, mais ce coup-ci, ça ne m’a absolument pas dérangé.

Tim Burton a donc posé son empreinte sur Alice au Pays des Merveilles et en a fait une histoire beaucoup plus sombre, à des années-lumières du dessin-animé de Walt Disney. Evidemment, on peut encore une fois trouver ça quelque peu contraire à l’esprit de l’histoire originale, mais on va clore le débat pour le reste de cette critique si vous le voulez bien. En fait, ce film est surtout fait de contrastes entre les différents décors, parfois apocalyptiques, parfois hyper colorés. C’est ce qui fait sa richesse, surtout que chacun est hyper travaillé et regorge de détails savoureux.

De toute façon, me direz-vous, on ne pouvait pas trop attendre de Tim Burton un film bâclé visuellement. Là, ça n’aurait pas été une déception mais un cataclysme. Il n’a pas eu lieu. Mais pour faire un grand film, il faut aussi une grande et belle histoire. Le scénario de Alice au Pays des Merveilles est plein de rebondissements, de surprises, de rythme, d’aventures, le tout parcouru par un vrai souffle épique. On pourra éventuellement lui reprocher un léger manichéisme, mais c’est souvent le propre des épopées.

aliceaupaysdesmerveillesAlice au Pays des Merveilles nous offre une galerie particulièrement fournie de personnages. Parmi les « gentils », on retrouve bien sûr Alice, interprétée par la jeune Mia Wasikowska, qui fait preuve d’une vraie personnalité. Son rôle prend surtout de l’épaisseur au fur et à mesure que s’avance l’histoire, que sa confiance en elle grandit. L’affection que l’on ressent pour elle grandit en parallèle avant un final où tout cela prendre sa pleine dimension.

Son principal compère à l’écran est évidemment Johnny Depp, l’acteur de toujours de Tim Burton (d’ailleurs, ses deux plus mauvais films furent ceux où la collaboration cessa… allez, je m’abstiendrai de faire une remarque sur Ewan McGregor dans Big Fish). Son personnage de Chapelier Fou manque peut-être un tantinet de subtilité, mais il le sublime avec son talent habituel, ce qui n’est pas peu dire. Elément comique et fantaisiste dans cet univers assez sombre, il a parfois du mal à trouver le ton juste, mais sa performance reste néanmoins formidable.

Les « méchants » ne s’en laissent pas compter avec un duo Helena Bonham Carter et Crispin Glover, alias la Reine Rouge et le Valet, dont la relation ambiguë constitue l’élément le plus subversif de ce film. Cela reste ténu, mais empêche Alice au Pays des Merveilles de n’être qu’un pur divertissement spectaculaire. Helena Bonhman Carter est également en train de devenir une des actrices fétiches du réalisateur et c’est tant mieux, vu son immense talent.

Enfin, un Tim Burton ne serait pas un Tim Burton dans la musique de Danny Elfman. Cette dernière est peut-être un peu plus discrète qu’à l’habitude, mais elle n’en constitue pas moins une nouvelle preuve de l’immense talent de ce compositeur.

Alice au Pays des Merveilles peut sans doute dérouter par une réécriture du mythe quelque peu éloigné de l’original. Mais il n’en reste pas moins un grand Tim Burton, et donc un grand moment de cinéma.

P.S : Inutile de voir ce film en 3D. Il n’a pas été pensé pour cela et ça se voit ! N’est pas Avatar qui veut…

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Tim Burton, Joe Roth, Jennifer Todd, Suzanne Todd, Richard D. Zanuck
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Linda Woolverton, d’après l’oeuvre de Lewis Carroll
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Karen O’Hara, Peter Young
Son : William B. Kaplan
Musique : Danny Elfman
Effets spéciaux : Michael Dawson
Maquillage : Susan Stepanian
Directeur artistique : Stefan Dechant, Tim Browning, Todd Cherniawsky, Andrew L. Jones, Mike Stassi, Christina Ann Wilson
Durée : 109 mn

Casting :
Mia Wasikowska : Alice
Johnny Depp : le Chapelier Fou
Helena Bonham-Carter : la Reine Rouge
Anne Hathaway : La reine Blanche
Crispin Glover : la Valet
Tim Pigott-Smith : Lord Ascot
Lindsay Duncan : Helen Kingsleigh
Frances de la Tour : la Tante Imogène
Matt Lucas : Tweedledee / Tweedledum

MY OWN LOVE SONG : Naïf mais tellement touchant

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myownlovesongafficheQuand j’ai vu la bande-annonce de My Own Love Song, je m’étais dit que je n’irai sûrement pas le voir. Et si j’avais lu les critiques avant ce samedi, j’y aurais définitivement renoncé. Mais voilà, je me suis quand même retrouvé devant un écran pour le voir, finalement attiré par le casting et les horaires qui allaient bien. Et bien que je comprenne les critiques formulées, j’ai vraiment été charmé par le premier film hollywoodien du réalisateur de la Môme.

Jane et Joey sont deux accidentés de la vie. La première est une ancienne chanteuse qu’un accident de voiture a envoyé dans une chaise roulante. Le second est un ancien pompier qui a vu mourir sa famille dans un incendie et qui depuis parle aux fantômes et aux anges. Ils se sont connus à l’hôpital et depuis se soutiennent. Un jour, ils se retrouvent sur la route à l’initiative de Joey qui veut amener son amie à revoir son fils qu’elle a abandonné après son accident.

La principale de My Own Love Song est sa naïveté. Effectivement, c’est indéniable, ce film est un conte humaniste d’un optimisme naïf. Le ton se veut clairement positif, et quand les personnages doutent, on sait pertinemment qu’ils trouveront les réponses. Certes, il existe un léger suspense sur les retrouvailles ou non de Jane avec son fils, mais il n’est pas réellement insoutenable, avouons-le. Bref, des fois on se demande parfois où est la marmotte qui met le chocolat dans le papier d’alu.

Je peux donc comprendre que ce film soit tout à fait insupportable pour certains. Si on ne rentre pas dans l’histoire, si on ne s’attache pas solidement aux personnages, il est évident que l’on ne verra que la naïveté et les bons sentiments qui peuplent My Own Love Song. Par contre, si ces deux doux dingues vous touchent et que vous avez envie de les voir retrouver l’équilibre dans leur vie, alors vous prendrez un immense plaisir à les suivre sur ce chemin, un peu cousu de fil blanc peut-être, mais qui constitue un très beau voyage.

myownlovesongEt puis, au-delà du fond, c’est par la forme que My Own Love Song est remarquable. Olivier Dahan a vraiment accompli un gros travail sur la photographie. L’image a ici un sens et cherche à enrichir le propos. Là aussi, on pourra peut-être lui reprocher une certaine naïveté, mais il fait incontestablement également preuve d’une grande maîtrise technique et d’un grand sens de la composition. Il vise à amplifier l’émotion véhiculée par l’histoire et y arrive très bien. En tout cas, ça a particulièrement bien marché sur moi.

Un autre vecteur d’émotion est bien sûr le jeu des acteurs. Et là encore, on peut tout aussi bien trouver ça magnifique qu’horripilant. Si la performance de Renée Zellwiger ne souffre d’aucune contestation quant à sa qualité, il est vrai que le numéro de Forest Whitaker en débile léger bègue peut vite devenir exaspérant si on n’a aucune affection pour le personnage. Soit on y croit, soit on trouve ça artificiel et très certainement un tantinet ridicule.

Par contre, ce qui fera à coup sûr l’unanimité à propos de My Own Love Song, c’est sa bande-originale, signée Bob Dylan himself. Sa musique, et la musique en générale, est très présente dans tout le film et constitue un autre vecteur d’émotion et pas le moins efficace. Les deux moments où Renée Zellweger pousse la chansonnette sont d’ailleurs les moments les plus poignants du film. Là-encore, certains les trouveront peut-être trop attendus pour être réellement émouvant, mais en tout cas les chansons sont assez belles pour valoir le coup d’être entendues.

My Own Love Song est typiquement le film que l’on adore ou que l’on déteste. Personnellement, j’ai adoré et j’espère que vous serez nombreux à faire comme moi.

Fiche technique :
Production : Legende films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Olivier Dahan
Scénario : Olivier Dahan
Montage : Richard Marizy
Photo : Matthew Libatique
Décors : Jan Roelfs
Musique : Bob Dylan
Effets spéciaux : Seb Caudron
Costumes : Marie-Sylvie Deveau
Durée : 105 mn

Casting :
Renee Zellweger : Jane
Forest Whitaker : Joey
Elias Koteas : Dean
Madeline Zima : Billie
Nick Nolte : Caldwell
Renee Zellweger : Jane
Forest Whitaker : Joey
Elias Koteas : Dean
Madeline Zima : Billie
Nick Nolte : Caldwell

LE CHOC DES TITANS : Choquant de médiocrité

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lechocdestitansafficheLe Choc des Titans est un film qui compte vraiment pour moi. C’est un des films à l’origine de mon amour un tantinet passionnel et compulsif pour le cinéma. Alors que je n’étais qu’un petit garçon, je l’avais vu plusieurs fois en quelques jours, trouvant ces aventures mythologiques extraordinaires et n’avais rien à secouer de ces effets spéciaux déjà kitchs même pour l’époque. Mais évidemment, je parle là de la version originale, qui date de 1981. Le présent avis porte sur le remake qui vient de sortir ces jours-ci sur nos écrans. La bande-annonce me faisait craindre le pire, mais je ne désespérais pas que l’effet madeleine joue son rôle à plein. Espoir bien déçu…

Les Dieux de l’Olympe ont besoin des prières des hommes pour continuer à vivre. Mais ces derniers se rebellent contre leurs créateurs. Hadès propose alors à Zeus de les faire revenir vers eux par la peur. La peur du Kraken, le monstre terrifiant qui avait vaincu les Titans. Mais un homme, Persée, va tenter de sauver la ville d’Argos menacée de destruction. Mais peut-il être le sauveur de l’humanité alors qu’il est lui-même un demi-Dieu ?

Le Choc des Titans n’est même pas mauvais, c’est bien pire que ça. Il est juste médiocre. Une médiocrité qui touche tous les éléments de ce film qu’ils soient techniques ou artistiques. Par quoi commencer ? Le scénario qui ne réserve aucune surprise ? La direction d’acteurs inexistante ? Les effets spéciaux parfois limites ? La photographie dont la platitude ferait passer les Pays-Bas pour les premiers contreforts des Alpes ? Bref, il n’y a rien pour sauver le film, pas la moindre étincelle.

J’ai rarement vu un film à ce point dépourvu d’âme. Ce n’est même pas un gros navet. Un gros navet a souvent au moins une once de personnalité, qui sombre dans le ridicule certes, mais qui confère au film un intérêt intellectuel, même minime. Là, on n’a même pas le droit à cela, il y’a que vide et néant. On ne s’ennuie pas vraiment, l’action est là, mais jamais le moindre enthousiasme ne naît. Le Choc des Titans ne parle pas à notre imagination. Et quand on adapte de la mythologie, c’est quand même un comble.

lechocdestitansDe ce lamentable gâchis, on peut désigner un responsable. Et malheureusement, il est français. Le travail de Louis Leterrier ne mérite pas une once de respect. A la question « pourquoi arrivez-vous à travailler à Hollywood ? », il répond très honnêtement que c’est parce qu’il est le seul réalisateur français à savoir s’aplatir comme une carpette devant les producteurs. Et ce type se dit être un artiste ? Son film est une merde tout à fait à l’image de sa réponse, lamentable. Je vais citer une phrase remarquable que j’ai pu lire sur le site Ecran Noir : Louis Leterrier avait un sujet en or, il l’a transformé en plomb.

Pour preuve, il aura réussi à offrir à Liam Neeson et surtout Ralph Fienes les plus mauvais rôles de leur carrière. La performance de ce dernier est tellement pathétique qu’on ne peut imaginer que cela soit vraiment de sa faute, vu l’immense talent de cet acteur. On n’a pas vu un tel gâchis de talent depuis Jeremy Irons dans Donjons et Dragons… Ceux qui ont vu ce nanar comprendront la force de la comparaison. Et que dire de l’apparition de Mouloud, le sympathique amuseur du Grand Journal. Qu’il soit copain avec Louis Leterrier, tant mieux pour lui. Que ça lui octroie un rôle dans une telle superproduction est une nouvelle fois lamentable, tant son apparition, heureusement limitée, prouve à quel point il n’a vraiment rien à faire là.

Bon allez, je m’arrête là car je pourrais en déblatérer des heures sur ce film. Le Choc des Titans est tout simplement honteux de médiocrité. A côté de Louis Leterrier, Roland Emmerich, c’est Kubrick, c’est dire…

Fiche technique :
Production : Warner Bros. Pictures, Legenray Pictures, Thunder Road Film/Zanuck Compagny
Distribution : Warner Bros. Enterntainement France
Réalisation : Louis Letterier
Scénario : Travis Beacham, Phil Hay, Matt Manfredi
Montage : Vincent Tabaillon, David Freelan
Photo : Peter Menzies, JR.
Format : 35mm
Décors : Martin Laig
Musique : Ramin Djawadi
Effets spéciaux : Nick Davis
Maquillage : Jenny Shircore
Durée : 107 mn

Casting :
Sam Worthington : Persée
Liam Neeson : Zeus
Mads Mikkelsen : Draco
Ralph Fiennes : Hades
Alexa Davalos : Andromède
Luke Evans : Apollon
Gemma Arterton : Io
Jason Flemyng : Clibos/le Roi Acrisius
Danny Huston : Poseidon

LES CHOUANS (Balzac) : Balzac avant Balzac

leschouans

leschouansMême les grands hommes ont été jeunes, Honoré de Balzac également. Lorsqu’il commence à écrire, il veut devenir le Walter Scott (l’auteur d’Ivanhoé) français. Il espère y parvenir en publiant, à tout juste 30 ans, Les Chouans. Il est alors loin de se douter qu’il deviendra l’auteur d’une des plus grandes entreprises littéraires jamais entreprises, celle de la Comédie Humaine.

En 1799, alors que Napoléon s’apprête à prendre le pouvoir, les troubles reprennent en Vendée et en Bretagne, malgré la mort de Charrette trois ans plutôt. Les royalistes et les catholiques ne désespèrent de rétablir l’ancienne monarchie de droit divin. A leur tête, un nouveau leader, surnommé Le Gars. Pour l’arrêter, Fouché, ministre de la police, recrute une jeune femme aux origines douteuses qui se rend en Bretagne en se faisant passer pour l’héritière de la Madame de Verneuil. Si la rencontre des deux personnages aura bien lieu, et de manière fortuite, le jeu de séduction prend un tournant inattendu. Les deux ennemis tombent éperdument amoureux l’un de l’autre.

Si Les Chouans peut paraître un sympathique roman d’aventures-amour, il faut bien replacer le livre dans son contexte historique. Balzac situe son intrigue au cœur d’évènements dont les échos résonnaient encore à l’époque. Un peu comme lorsque l’on parle de la Guerre d’Algérie aujourd’hui. Bref, le fond n’est pas si léger qu’il n’y paraît et l’auteur avait faire preuve pour le coup d’une vraie audace littéraire.

Cependant, il est vrai que près de deux siècles plus tard, ces considérations tiennent plutôt de l’anecdote et n’influent guère sur la perception, et le plaisir, que l’on peut avoir en parcourant Les Chouans. C’est écrit comme du Balzac, autant dire avec une plume un tantinet habile (c’est un euphémisme), mais encore emplit d’un enthousiasme qui accompagne la jeunesse ! Bah oui, à 30 ans, on n’est encore très jeune, non mais ! On savourera en particulier des dialogues magnifiques à l’écrit, mais totalement improbables. Les lires à haute voix nous permet de très vite de nous rendre compte qu’aucun humain normalement constitué, même en 1799, n’aurait prononcé de telles paroles dans le feu de l’action.

Mais franchement, ça n’a strictement aucune importance. La magnificence de l’écriture se suffit à elle-même. Les Chouans sont encore emplis d’une grande naïveté, qui disparaîtra chez Balzac avec la maturité, mais le génie littéraire est lui déjà là. On sent bien sa volonté de recréer le charme des romans d’aventures anglo-saxons. Il n’a pas encore le style et le ton qui feront son succès. Du coup, même si ce roman fut ensuite intégré dans la Comédie Humaine, il est un peu à part dans la carrière de Balzac.

Les Chouans n’est donc pas le meilleur roman d’aventures de l’histoire, ni l’œuvre la plus magistrale de Balzac. Mais il n’en reste pas moins un grand et vrai moment de littérature, somme toute assez léger et divertissant, avec de l’action, des rebondissements et de la passion, le tout avec un style et une exaltation romantique qui n’appartient qu’au XIXème siècle. Les amateurs de Balzac apprécieront forcément, mais aussi certains dont le cœur penche plus vers Alexandre Dumas.

Les Chouans sont donc peut-être une œuvre de jeunesse, avec les défauts qui vont avec, mais il y’en a certains chez qui le génie est précoce. Balzac est de ceux-là.

MENSONGES ET TRAHISONS ET PLUS SI AFFINITES : Même réchauffé, c’est succulent !

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mensongesettrahisonsafficheIl y’a parfois des films que l’on a vraiment adoré, mais que du coup, on a un peu peur de revoir. C’est souvent le cas des comédies où l’effet de surprise joue forcément un grand rôle. Un gag dont on connaît la chute perd forcément de son charme. A sa sortie, j’avais été enthousiasmé par Mensonges et Trahisons et plus si Affinités. C’est donc avec une petite appréhension que je l’ai revu en DVD. Et bien, mes craintes étaient superflues ! C’est presque encore meilleur la deuxième fois.

Raphaël a du talent, mais peu de gens le savent. En effet, il est nègre pour tout un tas de stars qui n’ont rien à dire, mais dont il transforme les vies pour les rendre dignes d’intérêt. Il a bien écrit un roman, mais froid et impersonnel, il a été rudement rejeté par tous les éditeurs. Alors il préfère l’anonymat. Pourtant, sa copine, Muriel, fait tout pour le pousser à écrire de nouveau un vrai roman. Un jour, il accepte de rédiger la biographie du capitaine de l’Equipe de France de football, avant de s’apercevoir que ce dernier sort avec un de ses anciens amours ratés de jeunesse.

Vous aimez Friends et Bénabar ? Bref, vous adorez les histoires de trentenaires célibataires urbains ? Et bien Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est fait pour vous ! En fait, même si vous ne correspondez pas du tout à cette description, ce film est quand même fait pour vous car il est drôle, vraiment drôle et c’est bien suffisant pour une comédie. Mais il est même un peu plus que ça, car il est aussi vraiment bien senti, et les célibataires urbains de 30 ans (mais c’est moi ça !) s’y reconnaîtront plus d’une fois.

Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est aussi l’occasion d’admirer le talent comique d’Edouard Baer. Et là, j’en entends déjà s’écrier qu’ils ont eu moult occasions de l’admirer et qu’ils ne voient pas ce qu’il y’a d’exceptionnel ici. Mais là je vous parle d’un Edouard Baer parfaitement dirigé, cadré, maîtrisé. Bref, pas dans son numéro de cabotin habituel, savoureux s’il en est, mais que l’on connaît un peu par cœur. Une vraie performance d’acteur, mais qui ne lui fait perdre en rien sa force et son talent.

mensongesettrahisonsD’ailleurs, au-delà de l’excellent scénario de Mensonges et Trahisons et plus si Affinités qu’il a signé, le plus grand mérite de Laurent Tirard repose dans sa magistrale direction d’acteurs. Maîtriser un « monstre » comme Edouard Baer est déjà une grand performance. Mais tout le casting est au diapason. Clovis Cornillac est lui aussi génial, Marie-Josée Croze est terriblement charmante et Alice Taglioni joue… Oui oui, elle ne se contente pas d’être belle ! Il faut dire qu’elle est assez belle pour que cela soit suffisant, mais là c’est encore mieux !

Laurent Tirard a également su insuffler dans Mensonges et Trahisons et plus si Affinités l’ingrédient indispensable à toutes les comédies : le rythme. Comme je l’ai évoqué, jamais il ne laisse Edouard Baer se lancer dans un cabotinage paresseux. Mais c’est tout le scénario qui est mené de mains de maître pour se dérouler sans temps morts. Les rebondissements s’enchaînent à la manière d’un vaudeville, mais tout en gardant une finesse et une subtilité bien supérieure.

Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est en fait un concentré de quotidien et d’humour, le tout bien secoué. Bref un délicieux cocktail.

P.S : Pour toutes les fans d’Ewan ayant vu The Ghost Writer, sans vouloir les contrarier, mais Edouard Baer reste quand même de loin le meilleur nègre…

FIche technique :
Production : Fidélité, Europacorp, TF1 Films, Canal +, TPS Star
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron
Montage : Valérie Deseine
Photo : Gilles Henry
Décors : Alain Guffroy
Son : Eric Devulder, Pierre Lorrain
Musique : Philippe Rombi
Costumes : Martine Rapin
Maquillage : Carmen Arbues-Miro
Durée : 90 mn

Casting :
Edouard Baer : Raphaël
Marie-Josée Croze : Muriel
Clovis Cornillac : Kevin
Alice Taglioni : Claire
Eric Berger : Jeff
Jean-Michel Lahmi : Max
Jean-Christophe Bouvet : L éditeur

UN CORSAGE FAIT-IL LE PRINTEMPS ?

wonderbra

wonderbraCe billet n’est pas une parodie de George Brassens et ses jolies passantes. Ce n’est pas non plus une déclaration d’amour à la très jolie joggeuse que je croise régulièrement en allant bosser. Enfin pas tout à fait. En effet, hier, au lieu de jogging boutonné jusqu’aux oreilles, vue la température ambiante, elle m’a offert une jolie vue sur son beau corsage.

Je sens déjà les ayatollah du code vestimentaire m’expliquer que, techniquement parlant, ce débardeur de sport ne constituait pas un corsage. Je m’en fous, je trouve le mot joli et ça ne m’empêchera pas de crier haut et fort la seule chose importante de ce billet : vive le printemps !

LE BILLET QUE JE N’ECRIRAI JAMAIS

lionelmessi

lionelmessiLa semaine dernière, j’ai été frustré de ne pas avoir pu vous écrire un billet élogieux sur le jeu produit par le FC Barcelone face à Arsenal. Après le match hier, terminé par une victoire net et sans bavure des Espagnols 4 à 1, je pourrais enfin vous le proposer. Mais voilà, un autre sujet s’impose de lui même, vous privant à jamais de celui envisagé au départ.

Car si Barcelone est synonyme depuis 20 ans d’une qualité collective sans égale, hier soir, c’est un homme et un seul qui a crevé l’écran. Lionel Messi, auteur des 4 buts de son équipe, a livré une performance que tous les superlatifs de la Terre ne réussiraient pas à décrire. Le mot perfection est sans doute le terme le plus approprié.

Le quadruplé d’hier soir tient son caractère quasi magique de part la magnificence des buts inscrits. Un quadruplé à ce niveau est déjà rare, mais un quadruplé dont aucun but ne tient du simple coup de chance, c’est réellement exceptionnel. Un frappe de loin, un une-deux lumineux, un lob magistral et une séance de dribbles dans un petit périmètre, autant de gestes techniques de haute facture qui ne doivent rien au bol, mais tout au fabuleux talent du petit Argentin. Lionel Messi a vraiment écrit une page sublime de l’histoire du football, mais vu son jeune âge, parions qu’il en écrira d’autres.

Une des raisons de la popularité sans égale du football, tient aussi du fait qu’il est sans doute le moins collectif des sports collectifs. La rareté des buts donne un poids très important au talent individuel qui peut faire basculer favorablement un match, même quand la qualité collective est défaillante. Alors on peut s’attacher à la fois à une équipe ou un club, mais aussi aux individualités qui la composent. En football, il y’a des méga stars dont la popularité dépasse à elle-seule celle de tous leurs coéquipiers.

Il y’a bien d’autres stars à Barcelone. Mais Lionel Messi en est l’étoile la plus brillante. Et depuis hier, elle brille d’un feu inaccessible à tout autre joueur actuel.

L’ASSOMMOIR (Emile Zola) : Amour, misère et beauté

lassommoir

lassommoirLa saga des Rougon-Macquart nous plonge successivement dans toutes les strates de la société française du Second Empire. Après les salons de Napoléons III dans Son Excellence Eugène Rougon, elle nous plonge au cœur de la condition ouvrière avec l’Assommoir. Un portrait sombre et pessimiste qui constitue un des chefs d’œuvre d’Emile Zola.

Gervaise est abandonnée par son amant, Lantier, qui une fois son héritage consommé, l’a laissé avec leurs deux enfants. Elle finit par céder aux avance de Coupeau, un zingueur sobre et attentionné. Ils se marient malgré l’hostilité de la famille de l’ouvrier. Leur dur labeur leur permet de mettre assez d’argent de côté pour que Gervaise ouvre sa propre boutique. Mais un jour, Coupeau frôle la mort dans un accident. Il en ressortira meurtri dans sa chair et dans son âme. Des blessures dont il est facile de chercher la guérison dans l’alcool.

Sorti en 1877, l’Assommoir avait fait scandale. Certains l’accusaient d’indécence, trouvant obscène cette description très crue de la misère et des mœurs des couches les plus humbles de la population parisienne. D’autres lui reprocheront de noircir et caricaturer la classe ouvrière. Mais voilà, quand on est attaqué par la gauche et la droite pour des raisons diamétralement opposées, c’est qu’on n’est pas loin d’avoir raison. Zola a surtout voulu avant tout décrire à quel point la meilleure volonté de s’en sortir peut être broyée par un environnement et une société qui n’attendent que votre chute.

Tout cela n’a pas empêché l’Assommoir d’être un des romans de la série ayant connu un grand succès commercial à sa sortie. Il faut dire que c’est également un de ceux dont la force dramatique est la plus fulgurante. La démarche « naturaliste » de Zola a parfois tendance à noyer son récit dans ses tableaux, passionnants certes, mais dont le but est avant tout descriptif. Ici, c’est le destin de Gervaise qui emplit chaque page de ce livre, même lorsque Zola nous offre ses panoramas qui font sa marque de fabrique. Plus qu’une société ou un milieu social, l’Assommoir nous décrit un personnage. Et j’aurais envie de dire des personnages.

Comme souvent dans les Rougon-Macquart, ce livre compte une multitude de protagonistes, représentant chacun d’eux un archétype du fait de son caractère ou de sa situation sociale. Mais encore un fois, ici, c’est avant tout l’humain qui domine. Les personnages ont une âme avant d’avoir un intérêt narratif ou historique. Ceci nous fait d’autant mieux plonger dans le cœur du récit et donc du milieu que Zola nous cherche à faire partager le sort. L’Assommoir prend donc tout sa place dans cette vaste œuvre et n’atteint pas moins le but fixé par son auteur, bien au contraire.

Certaines pages de l’Assommoir sont parmi les plus belles de la littérature française. Si on peut parfois trouver les œuvres de Zola un peu lourde dans leur fond, la forme est elle sublime. Il forme avec Hugo et Balzac, un trio de plumes qui aura marqué à jamais son siècle et la littérature tout entière. Bien sûr, le style est un peu daté, l’époque romantique connaissant ici ses dernières heures, mais reste tout de même d’une force inégalée, d’une puissance de chaque instant, où chaque mot est un marteau qui vient frapper avec force l’enclume de l’imagination… Ok, n’est pas Emile Zola qui veut, alors j’arrête ici les métaphores. Chacun son métier.

L’Assommoir est donc une pièce magnifique dans ce grand puzzle des Rougon-Macquart. Mais même hors de son contexte, il reste avant un grand roman plein de drame et de passion, porté par une des plus belle plume que notre littérature n’ait jamais connu.