
Dave Lizewski, adolescent quelque peu complexé, se pose la seule vraie question existentielle qui méritait d’être posée : mais pourquoi donc personne n’a-t-il jamais essayé d’être un super-héros ? Tout le monde trouve la question stupide, mais pas lui. Il commande alors une tenue de plongée verte et jaune qui lui servira ainsi de costume. Il devient alors Kick-ass, le premier super-héros sans pouvoir et surtout sans muscles. Mais ses débuts sont laborieux et l’envoient directement à l’hôpital. Qu’à cela ne tienne, il ne se décourage pas pour autant et va finir par devenir une star médiatique. Mais malheureusement pour lui, le monde est aussi rempli de vrais méchants très très méchants.
Bon commençons par le débat philosophique qui ne manquera pas de naître autour de ce film. Kick-ass est-il une parodie ou non ? Oui, crieront certains car il porte en dérision bon nombre des codes du genre, en montrant à quel point ils peuvent être ridicules si on les place dans un contexte ancré dans la vie réelle. Non, hurleront d’autres car, s’ils sont traités avec second degré, tous ces codes sont bien là et constituent, en eux-mêmes, une bonne part de l’intérêt de ce film. Ce dernier est en fait un hybride, à la fois drôle, très drôle, mais aussi spectaculaire, violent, très violent. Si je me permettais une comparaison osée, il y’a un peu des frères Coen chez Matthew Vaughn, qui nous livre un film inclassable où ombre, lumière, rires et sang se côtoient dans un mélange détonnant.
Kick-ass est donc un film qu’on n’avait encore jamais vu, ce qui est un événement suffisamment rare pour être remarqué. C’est avant tout un film incroyablement jouissif par ce mélange vraiment unique entre action et humour. Vraiment unique car c’est l’action même qui fait rire et non uniquement des éléments comiques qui l’accompagnent. Encore une fois, ce film est vraiment drôle. Bien sûr, cet humour repose beaucoup sur les références cinématographiques auquel le film s’attaque. Le spectateur totalement étranger à cet univers pourra trouver tout de même le film divertissant, mais ne ressentira sûrement pas le même enthousiasme que son voisin nourri aux comics et qui trouve que la dernière demi-heure de Commando, ce chef d’œuvre avec Schwarzenegger, est un des plus grands moments de cinéma jamais réalisés (si, si je vous jure ! c’est au-delà du mythique !).

Et puis Kick-ass va surtout marquer, à mon avis et à l’avis d’à peu près tout le monde, les débuts d’une future grand, que dis-je très grande actrice. Bon certes, elle n’a que 13 ans, mais elle est tout simplement extraordinaire. Elle s’était déjà faite remarquer dans le merveilleux 500 Jours Ensemble et elle confirme ici que cela n’avait rien d’un hasard. Quelle personnalité, quelle présence, quel charisme ! Bon, on verra quel effet aura la puberté sur ce pur talent mais le potentiel est immense. Elle éclipse largement un Nicolas Cage pourtant au meilleur de sa forme, ce qui n’est pas vraiment donné à tout le monde (Sean Connery dans Rock ?).
Kick-ass sera à coup sûr un des vrais moments de pur bonheur cinématographique de cette année 2010. Un film détonnant, original, explosif et surtout prodigieusement jouissif !
Fiche technique :
Réalisation : Matthew Vaughn
Scénario : Matthew Vaughn et Jane Goldman, basé sur les personnages crées par Mark Millar et John Romita Jr
Producteurs : Matthew Vaughn, Kris Thikier, Brad Pitt et David Reed
Production : Marvel Studios • Plan B Entertainment
Directeur de la photographie : Ben Davis
Costumes : Sammy Sheldon
Décors : Tina Jones et Clive Thomasson
Musique : Ilan Eshkeri
Montage : Eddie Hamilton et Jon Harris
Budget : 30 000 000 US$
Genre : fantastique, super-héros, aventure, action, comédie
Format : couleur • 35 mm (Kodak Vision2 250D 5205, Vision2 500T 5218, Vision3 500T 5219) • 2.35 : 1
Durée : 117 min.
Casting :
Aaron Johnson : Dave Lizewski/Kick-Ass
Chloë Moretz : Mindy Macready/Hit Girl
Nicolas Cage : Damon Macready/Big Daddy
Lyndsy Fonseca : Katie Deauxma
Christopher Mintz-Plasse : Red Mist
Mark Strong : Frank D’Amico
Xander Berkeley : détective Vic Gigante
Tamer Hassan : Mike
Clarke Duke : Marty


L’équilibre humour/aventures de Dragons penchent pendant une bonne partie vers le premier. Là encore, on n’est pas dans le méga subtil, mais ça marche. Et ce souvent ! Il n’y pas un gag par heure, mais des moments vraiment amusants qui surviennent constamment. On n’a donc aucune chance de s’ennuyer et de trouver le temps long. Sur la fin, l’humour laisse place à un long moment de pur action mais qui est encore plus prenant. On sort donc de ce film sur une excellente impression.
Cependant, ces deux éléments tiennent assez bien la route pour que les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec constitue un vrai bon divertissement drôle et distrayant. Pas du grand cinéma, comme je l’ai dit, mais un film qui se laisse voir avec plaisir, si on met de côté la légère frustration liée au fait qu’il ne soit pas tout à fait ce qu’il aurait pu être. Ah si Jean-Pierre Jeunet aurait été derrière la caméra… Bref, c’est Luc Besson qui y est, on n’y peut rien et avec bien des réalisateurs français, cela aurait pu être bien pire. Et puis, vue l’énorme ouverture sur un deuxième volet qui conclut le film, ne doutons pas qu’il aura l’occasion de faire mieux la prochaine fois. 
Par contre, Green Zone souffre d’un gros point noir. C’est sa réalisation. Si Peter Greengrass nous avait déjà prouvé avec la trilogie Jason Bourne qu’il maîtrisait parfaitement ce genre de scénario, son goût immodéré de la caméra sur l’épaule est peut-être justement quelque peu immodéré. Ajouté à cela le fait qu’il arrive à caser quatre ou cinq plans dans la même seconde, la nausée n’est pas toujours loin. Et surtout, certaines scènes d’action tournent au n’importe quoi, complètement illisible, avec des gros plans sur des genoux ou des coudes. Ils ne durent qu’un dixième de seconde certes, mais cela fait quelque peu brouillon. Le but est bien sûr de placer le spectateur au cœur de l’action, mais personnellement, mon regard ne change pas de perspective dix fois par seconde dans la vraie vie. Bref, les allergiques à ce style seront carrément dégoûtés, les autres trouveront ça tout de même hyper pénible.
Ajami fut tourné quasiment uniquement avec des acteurs amateurs. Cela ne se ressent absolument car tout le casting, très fourni, est remarquable. On pourra donc saluer à la fois le talent des deux co-réalisateurs en termes de direction artistique et évidemment l’ensemble des acteurs. La réalisation caméra à l’épaule, image genre caméra amateur, est un style classique quand l’immersion du spectateur est recherchée. Mais heureusement, Scandar Copti et Yaron Shani savent aussi qu’un plan a le droit de durer plusieurs secondes, alors on n’échappe à l’envie de vomir… Pour ça, attendez pas critique de The Green Zone qui arrive très vite. 
La seule faiblesse de Tête de Turc est peut-être son dénouement qui se focalise sur le seul aspect de cette histoire, qui en compte beaucoup, qui n’a pas vraiment d’intérêt. Certes, c’est une manière d’achever l’histoire, mais cela donne l’impression qu’il manque une réelle conclusion à tout ça. Une fin forte aurait vraiment donné une autre dimension à cette histoire. Cela n’enlève rien à son intérêt, mais cela fait sortir de la salle sur une petite pointe de frustration.


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