KICK-ASS : Le film dont vous auriez pu être le héros

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kickassafficheOyez, oyez braves gens ! Vous pensez que Spiderman est avant tout une ode au mauvais goût vestimentaire, que Superman ne sait même pas mettre son slip sous son collant, que Ironman a autant de profondeur qu’une boîte de petits pois, à laquelle il ressemble fort d’ailleurs, que Batman pourrait comprendre qu’en dehors du noir, il existe d’autres couleurs, que les X-Men ne seront jamais aussi drôles que les Marx Brothers ? Et bien oubliez tous ces losers de super-héros de pacotille, mais ne ratez sous aucun prétexte Kick-Ass, le seul super-héros que vous pourriez être !

Dave Lizewski, adolescent quelque peu complexé, se pose la seule vraie question existentielle qui méritait d’être posée : mais pourquoi donc personne n’a-t-il jamais essayé d’être un super-héros ? Tout le monde trouve la question stupide, mais pas lui. Il commande alors une tenue de plongée verte et jaune qui lui servira ainsi de costume. Il devient alors Kick-ass, le premier super-héros sans pouvoir et surtout sans muscles. Mais ses débuts sont laborieux et l’envoient directement à l’hôpital. Qu’à cela ne tienne, il ne se décourage pas pour autant et va finir par devenir une star médiatique. Mais malheureusement pour lui, le monde est aussi rempli de vrais méchants très très méchants.

Bon commençons par le débat philosophique qui ne manquera pas de naître autour de ce film. Kick-ass est-il une parodie ou non ? Oui, crieront certains car il porte en dérision bon nombre des codes du genre, en montrant à quel point ils peuvent être ridicules si on les place dans un contexte ancré dans la vie réelle. Non, hurleront d’autres car, s’ils sont traités avec second degré, tous ces codes sont bien là et constituent, en eux-mêmes, une bonne part de l’intérêt de ce film. Ce dernier est en fait un hybride, à la fois drôle, très drôle, mais aussi spectaculaire, violent, très violent. Si je me permettais une comparaison osée, il y’a un peu des frères Coen chez Matthew Vaughn, qui nous livre un film inclassable où ombre, lumière, rires et sang se côtoient dans un mélange détonnant.

Kick-ass est donc un film qu’on n’avait encore jamais vu, ce qui est un événement suffisamment rare pour être remarqué. C’est avant tout un film incroyablement jouissif par ce mélange vraiment unique entre action et humour. Vraiment unique car c’est l’action même qui fait rire et non uniquement des éléments comiques qui l’accompagnent. Encore une fois, ce film est vraiment drôle. Bien sûr, cet humour repose beaucoup sur les références cinématographiques auquel le film s’attaque. Le spectateur totalement étranger à cet univers pourra trouver tout de même le film divertissant, mais ne ressentira sûrement pas le même enthousiasme que son voisin nourri aux comics et qui trouve que la dernière demi-heure de Commando, ce chef d’œuvre avec Schwarzenegger, est un des plus grands moments de cinéma jamais réalisés (si, si je vous jure ! c’est au-delà du mythique !).

kickassKick-ass film pour geeks ? Le raccourci est un peu facile. C’est un film pour cinéphile, mais cinéphile qui ne pense pas que seuls Igmar Bergman et Eric Rohmer sont des grands réalisateurs. Bref, il s’adresse au même public que Tarantino, auquel ce film fait d’ailleurs largement référence. Bon, il y’a gouffre de talent entre les deux réalisateurs, mais ceci n’est pas le sujet ici. On pourra tout de même leur reconnaître un talent partagé dans la composition de la bande-originale. Les amateurs de musique de films seront d’ailleurs ravis de pouvoir reconnaître à plusieurs reprises des références directes à d’autres BO.

Et puis Kick-ass va surtout marquer, à mon avis et à l’avis d’à peu près tout le monde, les débuts d’une future grand, que dis-je très grande actrice. Bon certes, elle n’a que 13 ans, mais elle est tout simplement extraordinaire. Elle s’était déjà faite remarquer dans le merveilleux 500 Jours Ensemble et elle confirme ici que cela n’avait rien d’un hasard. Quelle personnalité, quelle présence, quel charisme ! Bon, on verra quel effet aura la puberté sur ce pur talent mais le potentiel est immense. Elle éclipse largement un Nicolas Cage pourtant au meilleur de sa forme, ce qui n’est pas vraiment donné à tout le monde (Sean Connery dans Rock ?).

Kick-ass sera à coup sûr un des vrais moments de pur bonheur cinématographique de cette année 2010. Un film détonnant, original, explosif et surtout prodigieusement jouissif !

Fiche technique :
Réalisation : Matthew Vaughn
Scénario : Matthew Vaughn et Jane Goldman, basé sur les personnages crées par Mark Millar et John Romita Jr
Producteurs : Matthew Vaughn, Kris Thikier, Brad Pitt et David Reed
Production : Marvel Studios • Plan B Entertainment
Directeur de la photographie : Ben Davis
Costumes : Sammy Sheldon
Décors : Tina Jones et Clive Thomasson
Musique : Ilan Eshkeri
Montage : Eddie Hamilton et Jon Harris
Budget : 30 000 000 US$
Genre : fantastique, super-héros, aventure, action, comédie
Format : couleur • 35 mm (Kodak Vision2 250D 5205, Vision2 500T 5218, Vision3 500T 5219) • 2.35 : 1
Durée : 117 min.

Casting :
Aaron Johnson : Dave Lizewski/Kick-Ass
Chloë Moretz : Mindy Macready/Hit Girl
Nicolas Cage : Damon Macready/Big Daddy
Lyndsy Fonseca : Katie Deauxma
Christopher Mintz-Plasse : Red Mist
Mark Strong : Frank D’Amico
Xander Berkeley : détective Vic Gigante
Tamer Hassan : Mike
Clarke Duke : Marty  

PAS DE LARMES POUR SAMARANCH

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juanantoniosamaranchC’est avec stupéfaction que j’ai appris ce matin en ouvrant l’Equipe (qui n’est pas parue pendant deux jours) que Juan Antonio Samaranch était mort ce mercredi. Mon étonnement vient du fait que je suis l’actualité de près, abonné à plusieurs newsletter, et je suis très surpris que cette nouvelle soit passée aussi inaperçue dans la presse.

Juan Antonio Samaranch fut très longtemps un des hommes les plus puissants et influents de notre planète, et ce pendant plus de deux décennies. Il a fait changer le sport de dimension, passant d’un amateurisme revendiqué à une machine médiatique et financière dont il n’existe aucun équivalent. Mais il a aussi fait du Comité International Olympique un haut lieu du clientélisme et du manque de transparence. Il était un vrai homme de pouvoir, dans tout ce qu’il y’a de plus détestable.

C’est aussi sans doute pour ça que le monde a regardé s’éteindre Juan Antonio Samaranch avec une certaine indifférence. Son départ de la Présidence du CIO fut vécu avant tout comme un soulagement après les scandales qui ont éclaté autour de l’attribution des Jeux de Salt Lake City. S’il a été un homme puissant, il n’a jamais vraiment été reconnu comme un grand homme, objet d’admiration. Alors oui, c’est peut-être injuste, mais le monde ne versera que peu de larmes sur Juan Antonio Samaranch.

Et en France en particulier, on peut avoir une dent contre lui. Ce n’est pas à cause de son passé de ministre franquiste, mais bien parce que Paris a été une des principales victimes de ses manipulations multiples. Pour les JO de 1992, la capitale française avait renoncé à la candidature pour laisser le champ libre à Barcelone. Un retour d’ascenseur avait été promis. Ce dernier aurait du intervenir pour les JO de 2008. Juan Antonio Samaranch poussa Paris à la candidature avant de tout faire pour que Pékin l’emporte. Il voulait que la capitale chinoise remporte la victoire devant un adversaire de prestige. Paris fut donc le dindon de la farce. Il aurait pu se rattraper quatre ans plus tard, mais il préféra chercher à obtenir un cadeau d’adieu avec la victoire de Madrid. On pourra se consoler en se disant que le monde olympique lui avait déjà tourné le dos en offrant les Jeux à Londres.

Un homme de pouvoir meurt quand il le perd. Alors quelque part, Juan Antonio Samaranch était déjà mort bien avant mercredi.

DRAGONS : Envolez-vous à dos de dragon

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dragonsafficheUn film avec le mot dragons dedans peut faire peur. En effet, on rit encore en pensant à Donjons et Dragons, un improbable navet où Jeremy Irons a été se perdre, et on se désole en se remémorant le très cheap Cœur de Dragon. Et encore, le mot ne figure pas dans le titre du film Eragorn, pitoyable adaptation d’un excellent roman sur le sujet. Par contre, si on pense film d’animation, on retrouve déjà le sourire en se rappelant avoir passé un excellent moment devant Chasseurs de Dragons, une petit perle hexagonale. Mais le film qui les mettra définitivement tous d’accord se nomme tout simplement Dragons (soit la très mauvaise traduction de How to train your Dragon), la dernière petite merveille des studios Dreamworks.

Harold est un jeune viking, vivant au bout du monde, dans un village régulièrement attaqué par des hordes de dragons. Mais voilà, il ne ressemble guère à ses concitoyens qui ont autant de muscles dans chaque phalange que lui dans tout le corps, au grand désespoir de Stoïk, son père et chef du village. Mais Harold ne désespère pas de gagner le respect des siens en tuant lui aussi une de ces créatures. Un jour, il n’en a enfin l’occasion, mais sa main tremble au moment d’achever la bête blessée. Au lieu de ça, il décide de l’apprivoiser.

Dragons est pendant une bonne partie à classer dans le gentillet, avant une scène finale vraiment époustouflante et recelant un vrai souffle épique. Nous sommes donc là devant un divertissement familial au vrai sens du terme, c’est à dire qui pourra séduire petits et grands. Toutes les générations n’y apprécieront peut-être pas les mêmes choses, mais le film est largement assez riche pour contenter tout le monde.

Car qui dit gentillet, ne veut dire ni niais, ni simplet. Dragons raconte une vraie histoire rythmée, riche en rebondissements, bourrée d’humour et d’aventures. Certes, il n’y a pas de massacres sanglants, ni d’interrogations métaphysiques majeures, mais les scénario n’est en rien bâclé et les personnages ont tous une personnalité bien marquée et on s’y attache avec une facilité absolue.

dragonsL’équilibre humour/aventures de Dragons penchent pendant une bonne partie vers le premier. Là encore, on n’est pas dans le méga subtil, mais ça marche. Et ce souvent ! Il n’y pas un gag par heure, mais des moments vraiment amusants qui surviennent constamment. On n’a donc aucune chance de s’ennuyer et de trouver le temps long. Sur la fin, l’humour laisse place à un long moment de pur action mais qui est encore plus prenant. On sort donc de ce film sur une excellente impression.

Enfin techniquement, le film est parfait. Vous me direz, il y’a longtemps que les Dreamworks ou autres Pixar ne sortent plus des films autrement que sublimes visuellement. On pourrait être blasé, mais Dragons nous réserve un vrai bonheur pour tous les animateurs d’animation. Le dragon justement, d’une expressivité remarquable et qui vous donne envie de l’adopter et de l’accueillir dans votre salon. Ce n’est pourtant pas gagné avec une telle créature. Il y’a là un vrai travail artistique que les moyens numériques ont sans doute facilité mais qui est surtout l’expression de l’immense talent des créateurs de cette créature…qui porte donc fort bien son nom.

Dragons ne sera peut-être pas le film d’animation de l’année, mais en tout cas, il restera comme une excellente production familiale à consommer sans modération.

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation, Mad Hatter, Vertigo
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Chris Sanders, Dean DeBlois
Scénario : Will Davies, Dean DeBlois, Chris Sanders
Montage : Darren Holmes, Maryann Brandon
Format : 35mm
Décors : Kathy Altieri
Musique : John Powell
Directeur artistique : Pierre-Olivier Vincent
Durée : 93 mn

Casting :
Creg Ferguson : Gueulfor
Jonah Hill : Rustik Le Morveux
Gérard Butler : Stoïk
Jay Baruchel : Harold
America Ferrera : Astrid

LES AVENTURES EXTRAORDINAIRES D’ADELE BLANC-SEC : Ne cachez pas ce sein que j’aime tant voir !

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lesaventuresextraordinairesdadeleblancsecafficheJ’ai quelque peu hésité entre deux versions de cette critique. J’aurais pu choisir la critique acerbe contre ce Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec imparfait à bien des égards et surtout loin des ambitions affichées régulièrement par Luc Besson, dont les prétentions artistiques ne sont pas des moindres. Mais j’ai plutôt choisi de faire abstraction de la personnalité de son réalisateur et prendre ce film comme il l’est, c’est à dire bien imparfait certes, mais tout de même très divertissant.

Dans la France du début du XXème siècle Adèle Blanc-Sec est une journaliste de choc qui parcourt le monde afin de découvrir un moyen de guérir sa sœur, plongée dans le coma. Cela l’amène en Egypte où elle souhaite « emprunter » la momie du médecin de Ramsès II. Mais tout le monde ne l’entend pas ainsi… Pendant à ce temps, à Paris, le professeur Espérandieu s’entraîne à réveiller les morts, ce qui aboutit à l’éclosion, après des millions d’années de gestation, d’un œuf de ptérodactyle conservé au Muséum.

Bon, je commence par le bon ou le mauvais ? Allez, on va garder le meilleur pour la fin. Premier gros point noir, certains effets spéciaux. Si niveau momie, il n’y a rien à dire, niveau ptérodactyle, c’est déjà moins ça. Une scène en particulier où Adèle essaye tant bien que mal de lui monter sur le dos. On se croirait revenu au cœurs des années 80. C’est dommage car, par ailleurs, le film est plutôt visuellement réussi et n’aurait pas du tout fait cheap sans ce gros raté. Certains me trouveront sévère, mais le numérique a tellement révolutionné, et surtout facilité la réalisation d’effets spéciaux plus vrais que nature, qu’on est devenu terriblement exigeant dans ce domaine et on ne pardonne plus grand chose.

Le deuxième point noir est plus difficile à expliquer. C’est ce manque du « petit je ne sais quoi » qui fait les films cultes. Ah on aimerait tant aimer ce film, mais il restera au mieux un bon copain. Luc Besson n’a pas su reproduire l’étincelle qui parcourait un Leon ou un Cinquième Elément. Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec souffre sûrement d’un léger manque de densité. Il n’y pas réellement de temps mort, mais certains passages s’étirent un peu en longueur.

Et cela se ressent sur l’humour, très présent, mais aussi très inégal. Si on appréciera les traits d’esprit de notre héroïne, on regrettera le raté que représente le personnage interprété par Jean-Paul Rouve, quelque peu grotesque et sans subtilité. L’humour et l’aventure peuvent se mêler à la perfection, mais ici le mariage est imparfait et si chacun d’eux fait son chemin dans Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, ce n’est pas tout à fait en se tenant la main.

lesaventuresextraordinairesdadeleblancsecCependant, ces deux éléments tiennent assez bien la route pour que les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec constitue un vrai bon divertissement drôle et distrayant. Pas du grand cinéma, comme je l’ai dit, mais un film qui se laisse voir avec plaisir, si on met de côté la légère frustration liée au fait qu’il ne soit pas tout à fait ce qu’il aurait pu être. Ah si Jean-Pierre Jeunet aurait été derrière la caméra… Bref, c’est Luc Besson qui y est, on n’y peut rien et avec bien des réalisateurs français, cela aurait pu être bien pire. Et puis, vue l’énorme ouverture sur un deuxième volet qui conclut le film, ne doutons pas qu’il aura l’occasion de faire mieux la prochaine fois.

J’ai donc décidé de garder le meilleur pour la fin. Et le meilleur se nomme Louise Bourgoin. Autant dire qu’elle est encore plus belle sur grand écran qu’en miss météo dans la petit lucarne. Et je ne dis pas ça pour la scène d’au moins une minute où on la voit nue… Bon ok, faut admettre que sa poitrine est également magnifique et que cela ne gâche en rien le plaisir. Mais plus globalement, les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec aurait pu franchement tourner au navet sans son charme dévastateur qui colle parfaitement avec le personnage. N’ayant jamais lu la BD, j’ignore si cela colle avec la vision de Tardi, en tout cas elle épouse à la perfection celle de Luc Besson.

Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec ne sont pas si extraordinaires que ça (à part la poitrine de Louise Bourgoin… Oups, je me répète), mais vous feront tout de même passer un bon moment.

Fiche technique :
Production : EuropaCorp, Apipoulai Productions, TF1 Films production
Distribution : Europacorp Distribution
Réalisation : Luc Besson
Scénario : Luc Besson, d’après l’oeuvre de Jacques Tardi
Montage : Julien Rey
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hugues Tissandier
Musique : Eric Serra, chansons de Thomas Dutronc
Effets spéciaux : Noël Chainbaux
Durée : 105 mn

Casting :
Louise Bourgoin : Adèle Blanc-Sec
Mathieu Amalric : Dieuleveult
Jean-Paul Rouve : Justin de Saint-Hubert
Gilles Lellouche : Inspecteur Léonce Caponi
Nicolas Giraud : Andrej Zborowski
Laure de Clermont-Tonnerre : Agathe Blanc-Sec
Philippe Nahon : Professeur Ménard

GREEN ZONE : Mais où sont donc passées les armes de destruction massive ?

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greenzoneafficheC’est un beau roman, c’est une belle histoire… Mais, me direz-vous, que vient faire une chanson d’amour pour introduire la critique d’un film sur la guerre en Irak ? C’est juste que je ne parle pas ici du contenu du film, mais de la passion que vit le couple Matt Damon-Paul Greengrass, qui rappelle l’idylle entre Tim Burton et Johnny Depp. Pour le meilleur ou pour le pire ? Avec Green Zone, on a plutôt droit au meilleur, mais comme dans toute relation, il y’a forcément aspects plus orageux.

En 2003, alors que l’armée américaine a pris le contrôle de Bagdad, l’adjudant-chef Roy Miller est chargé de retrouver les armes de destruction massive. Donc autant dire qu’il ne trouve pas grand chose, et il commence à trouver ça franchement louche. Mais son état-major s’entête à lui assurer la fiabilité des informations fournies par un mystérieux informateur que le Pentagone garde dans le plus grand secret. Il trouve néanmoins un soutien auprès de Martin Brown, un vétéran de la CIA, qui souhaite de son côté avant tout s’appuyer sur ce qui reste de l’armée et l’administration irakienne.

Ce qu’il y’a de bien avec les Américains, c’est que quand ils décident de s’autoflageller, ils n’y vont pas avec le dos de la main morte, comme on dit dans les milieux autorisés. Chez nous, il faudrait 50 à 60 ans pour faire un film comme Green Zone. Au moins, le propos est clair et sans fioriture. A la fois, s’il y’avait vraiment eu ne serait-ce qu’une ombre d’arme de destruction massive en Irak, on le saurait depuis le temps. De toute façon, tout ça est au service d’un scénario béton et c’est tout ce qui compte.

Les films sur fond de géopolitique souffrent souvent d’un manque de clarté. Ce n’est pas du tout le cas de Green Zone. Certes, cela tient surtout au fait que le rôle et le positionnement de chaque personnage est clairement identifié. Du coup, on pourra trouver que leur psychologie est un peu simpliste, mais c’est peut-être le prix à payer pour un scénario facile à suivre et sans être pour autant dénué de rebondissements.

greenzonePar contre, Green Zone souffre d’un gros point noir. C’est sa réalisation. Si Peter Greengrass nous avait déjà prouvé avec la trilogie Jason Bourne qu’il maîtrisait parfaitement ce genre de scénario, son goût immodéré de la caméra sur l’épaule est peut-être justement quelque peu immodéré. Ajouté à cela le fait qu’il arrive à caser quatre ou cinq plans dans la même seconde, la nausée n’est pas toujours loin. Et surtout, certaines scènes d’action tournent au n’importe quoi, complètement illisible, avec des gros plans sur des genoux ou des coudes. Ils ne durent qu’un dixième de seconde certes, mais cela fait quelque peu brouillon. Le but est bien sûr de placer le spectateur au cœur de l’action, mais personnellement, mon regard ne change pas de perspective dix fois par seconde dans la vraie vie. Bref, les allergiques à ce style seront carrément dégoûtés, les autres trouveront ça tout de même hyper pénible.

Green Zone a été écrit pour Matt Damon et ça se sent. Cette omniprésente de ce personnage principal paré de toutes les vertus pourra en agacera certains, mais il est interprété avec assez de talent pour cela ne soit pas si dérangeant que ça. Après tout, on est face à une grosse production hollywoodienne avec une tête d’affiche qui nous a poussé à venir voir le film. On ne va pas se plaindre après coup ! Néanmoins, on prendra quand même le temps d’apprécier le duo Brendan Gleeson – Greg Kinnear particulièrement savoureux.

Green Zone est donc avant tout un film d’action, dont on peut apprécier le message, mais aussi regretter la mise en forme.

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Studio Canal, Relativity Media, Working Title Films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Paul Greengrass
Scénario : Brian Helgeland, d’après le livre de Rajiv Chandrasekaran
Montage : Christopher Rouse
Photo : Barry Ackroyd
Décors : Dominic Watkins
Musique : John Powell
Costumes : Sammy Shledon
Durée : 115 mn

Fiche technique :
Matt Damon : Miller
Brendan Gleeson : Martin Brown
Greg Kinnear : Clark Poundstone
Amy Ryan : Lawrie Dayne
Yigal Naor : General Al Rawi
Jason Isaacs : Briggs
 

AJAMI : fractures sanglantes

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ajamiafficheAjami est un film sur des fractures… Bon, je sais, j’ai dit exactement la même chose du dernier film sur lequel j’ai écrit, l’excellent Tête de Turc de Pascal Elbé. Mais que voulez-vous, ces deux films ont plus en commun qu’il n’y paraît.

Dans le quartier de Jaffa, un jeune garçon se fait froidement assassiner pour un règlement de compte qui ne le concernait en rien. De là, se nouent plusieurs destins qui se croisent, souvent avec violence. Si juifs, arabes et chrétiens cohabitent, les tensions entre les communautés restent plus fortes que tout.

Ajami parle donc d’êtres humains qui, s’ils se côtoient physiquement, sont séparés par des barrières infranchissables. Et chaque tentative de les contourner se voit sanctionner par ceux qui habitent de chaque côté du mur. Il ne fait pas bon de vouloir tisser des liens avec « l’ennemi ». Si Israël et les territoires palestiniens sont un tout autre contexte que la banlieue parisienne, on y retrouve la même violence qui naît du replis en communautés qui luttent les unes contre les autres.

Mais Ajami, comme Tête de Turc, c’est avant tout un scénario puissant et dense. Le film se découpe en chapitres qui se focalisent chacun sur un personnage avant que tout le monde se retrouve pour un final, dont on ne comprend le sens que dans les dernières secondes. Le contexte politique est donc très fort, mais reste vraiment une toile de fond et si cet aspect ne vous intéresse pas, vous pourrez tout de même apprécier ce film remarquablement bien construit.

Ajami n’est pas à proprement spectaculaire, il n’y a pas vraiment de scène d’action, mais il y’a beaucoup de rythme. L’histoire est riche en rebondissements. Le final nous est dévoilé par petits morceaux et on sent bien qu’il faudra avoir toutes les pièces du puzzle pour comprendre exactement ce qui se passe. C’est un procédé classique mais qui est ici parfaitement mis en œuvre et maintient l’intérêt du spectateur au plus haut pendant toute la durée du film.

ajamiAjami fut tourné quasiment uniquement avec des acteurs amateurs. Cela ne se ressent absolument car tout le casting, très fourni, est remarquable. On pourra donc saluer à la fois le talent des deux co-réalisateurs en termes de direction artistique et évidemment l’ensemble des acteurs. La réalisation caméra à l’épaule, image genre caméra amateur, est un style classique quand l’immersion du spectateur est recherchée. Mais heureusement, Scandar Copti et Yaron Shani savent aussi qu’un plan a le droit de durer plusieurs secondes, alors on n’échappe à l’envie de vomir… Pour ça, attendez pas critique de The Green Zone qui arrive très vite.

Ajami confirme que le cinéma israélien est un des plus dynamique et imaginatif qui soit. Il sait parler des problèmes de la région avec intelligence et talent. Bien sûr, on peut imaginer que beaucoup de productions locales, qui ne sortent pas de leurs frontières d’origine, ne sont pas du tout du même acabit. Mais c’est vraiment enrichissant d’avoir une vision plus « locale » de ces problématiques que ce qui peut nous être proposé au Journal Télévisé.

Ajami est donc un très bon film aux intérêts multiples, aussi bien sur la forme que sur le fond. S’il est profondément marqué par le contexte où il se déroule, il se suffit malgré tout à lui-même.

Fiche technique :
Production : Inosan Productions, Twenty twenty vision, ARTE, Vertigo Films
Réalisation : Yaron Shani, Scandar Copti
Scénario : Yaron Shani, Scandar Copti
Montage : Yaron Shani, Scandar Copti, Burkhard Althoff, Doris Hepp
Photo : Boaz Yehonatan Yacov
Distribution : Ad Vitam
Son : Kai Tebbel
Musique : Rabiah Buchari
Directeur artistique : Yoav Sinai
Durée : 118 mn

Casting :
Youssef Sahwani : Abu Elias
Fouad Habash : Nasri
Ibrahim Frege : Malek
Shakir Kabaha : Omar
Eran Naim : Dando
Scandar Copti : Binj

TETE DE TURC : Une première réussie

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tetedeturcafficheQuand un acteur se décide de passer de l’autre côté de la caméra, c’est pour le meilleur ou pour le pire, car ce sont réellement deux métiers très différents. Pascal Elbé s’est donc lancé en nous livrant Tête de Turc, un premier film très réussi, qui constituera très certainement une des meilleures productions française de l’année.

Bora a 14 ans et vit dans une cité désœuvrée. Un jour, lui et ses copains s’en prennent à un médecin urgentiste, dont la seule faute est d’avoir un gyrophare sur sa voiture. Pris dans l’hystérie collectif, il finit par jeter un cocktail Molotov sur la voiture du médecin déjà inconscient. Le groupe se disperse, mais Bora prit de remords revient et sauve la vie de sa victime. Le frère de cette dernière étant inspecteur de police, très vite d’importants moyens sont mis en œuvre pour retrouver le coupable. Mais l’omerta fait piétiner l’enquête. En attendant, tout le monde souhaite féliciter le héros, sans se douter une seule seconde qu’il est aussi celui qu’ils cherchent à envoyer en prison.

Tête de Turc est un film sur des fractures. Fractures sociales, générationnelles, familiales, ethniques, géographiques… C’est surtout un film sur tout ceux qui essayent d’avancer malgré elles. Mais trop souvent, elles constituent autant de murs trop solides pour être brisés. Mais n’allez pas croire que ce film est un manifeste politique. Il y’a certes un contexte fort, riche et malheureusement d’actualité, mais il constitue vraiment une toile de fond pour une histoire puissante et dense.

Tête de Turc n’est ni vraiment un polar, ni vraiment un film noir. Le personnage interprété Roschdy Zem de flic torturé aurait eu sa place dans une œuvre de ces types-là, mais ce n’est qu’une petite facette de ce film dont le contenu est d’une richesse rare. Pascal Elbé s’est attaqué à un sujet difficile et s’en est remarquablement sorti. Ce film sera peut-être moins culte que la Haine de Matthieu Kassovitz, mais est sûrement plus subtil et moins caricatural. Et tout cas, ça fait plaisir de voir un film français sachant allier un sujet sérieux avec une forme qui en fait un film solide et jamais ennuyeux.

tetedeturcLa seule faiblesse de Tête de Turc est peut-être son dénouement qui se focalise sur le seul aspect de cette histoire, qui en compte beaucoup, qui n’a pas vraiment d’intérêt. Certes, c’est une manière d’achever l’histoire, mais cela donne l’impression qu’il manque une réelle conclusion à tout ça. Une fin forte aurait vraiment donné une autre dimension à cette histoire. Cela n’enlève rien à son intérêt, mais cela fait sortir de la salle sur une petite pointe de frustration.

Tête de Turc est aussi une très belle affiche. Roschdy Zem, on l’a dit, dans un rôle qui maîtrise parfaitement. Pascal Elbé qui se dirige lui-même et qu’il le fait bien. Le jeune Samir Makhlbouf s’en sort remarquablement bien dans un rôle loin d’être facile. Mais la vraie star de ce film reste la sublime Ronit Elkabetz que l’on avait découvert dans le formidable La Visite de la Fanfare. Son personnage est de loin le plus intéressant et la performance est à la hauteur.

Tête de Turc lance donc la carrière de réalisateur de Pascal Elbé sur les meilleurs rails. Je ne sais pas s’il arrivera toujours à trouver un sujet aussi fort et aussi bien traité, mais en tout cas, les qualités sont là.

Fiche technique :
Production : Alicéleo, France 2
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : Pascal Elbé
Scénario : Pascal Elbé
Montage : Luc Barnier
Photo : Jean-François Hensgens
Décors : Denis Mercier
Son : Pierre Tucat
Musique : Bruno Coulais
Durée : 87 mn

Casting :
Roschdy Zem : Atom
Samir Makhlbouf : Bora
Pascal Elbé : Simon
Ronit Elkabetz : Sibel
Omar Ait-Raiss : Hassan
Florence Thomassin : Mouna

SOURIEZ VOUS ETES FILMES !

camera

cameraLe débat à propos des caméras de sécurité fait rage. Brice Hortefeux veut en mettre partout, Bertrand Delanoë aime bien en semer à tous les coins de rues de Paris. Un peu plus la classe politique se prendrait pour Stanley Kubrick. Alors pour ou contre ?

Cette question est aussi absurde et vide de sens que la question « Pour ou contre le sel en cuisine ? ». Ca dépend évidemment où, combien, comment… Mais surtout, un bon petit plat dépend d’une multitude de choses, pas simplement de la quantité d’un seul ingrédient. Mettre plus ou moins de sel ne fera jamais de vous un cordon bleu.

Une politique de lutte contre la délinquance ne tient évidemment pas simplement à un peu ou un peu moins de caméras. C’est une politique complexe et surtout globale à mettre en place, qui concerne aussi bien des aspects judiciaires, policiers, mais aussi sociaux et de politique de la ville. Chaque élément doit apporter sa contribution à un projet d’ensemble et à une vision qui doit porter à long terme. L’ensemble des mesures prises doivent être en cohérence avec ces derniers pour que cela finisse par porter ses fruits.

Ce débat médiatiquo-polique sur les caméras de sécurité montre bien à quel point on prend ce genre de problèmes par le petit bout de la lorgnette. Il faut dire que l’exemple vient d’en haut, avec un gouvernement dont la politique en la matière consister à empiler les lois sous le coups de l’émotion médiatique provoquée par un fait divers. Pour la politique globale et cohérente, vous repasserez. Une loi n’a même pas eu le temps d’être appliquée (et je ne parle même pas d’être évaluée) qu’une autre est déjà dans les tuyaux. Tout ceci n’ayant pour résultat que l’absence de résultat…

Alors si on me demande ce que je pense de l’installation des caméras de sécurité, je citerai simplement ce grand penseur qu’était Fernand Raynaud et répondrai « ça dépend ! ».

AVANCE RAPIDE (Michael Marshall Smith) : Le livre aux deux visages

avancerapide

avancerapideQuelques fois, des auteurs nous offrent deux histoire en une. Un récit qui semble avancer sur un chemin tout tracé prend soudain un virage brusque pour changer du tout au tout. Quand cela se produit, on peut aboutir à deux situations : soit ce tournant est un divine surprise, soit tout part en sucette (Chupa Chups ou Pierrot Gourmand selon les cas) et l’auteur se montre manifestement incapable de contrôler le chambardement qu’il a provoqué. Avance Rapide de Michael Marshall Smith se situe un peu entre les deux.

Dans un futur plus ou moins éloigné, la Grande-Bretagne sera recouvert à 70% par une gigantesque cité, composée de quartiers plus ou moins autonomes et exotiques, que leurs habitants n’ont le plus souvent jamais quittés. Mais ce n’est pas le cas de Stark, détective privé, à qui on demande de retrouver un haut fonctionnaire visiblement kidnappé. Une mission comme une autre à première vue. Mais au final, rien ne va vraiment se passer comme prévu.

Avance Rapide est donc de la science-fiction pure et dure…. Pendant au moins une bonne moitié du bouquin. Après, il serait dommage de révéler quoique ce soit. On qualifiera simplement la seconde partie de quelque peu ésotérique. Malheureusement, à mon sens, la première partie est beaucoup plus réussie que la première.

Avance Rapide commence un peu comme du K.Dick mais avec nettement plus d’humour et de second degré. Raconté à la première personne, le récit bénéficie de l’esprit et de l’humour du principal protagoniste qui sert donc également de narrateur. On s’y attache donc très fortement et cela contribue largement au plaisir que l’on a à parcourir le livre. Mais c’est aussi le monde décrit qui donne son charme au récit. Le découpage par quartiers aux caractéristiques toutes différentes permet à Michael Marshall Smith de donner libre court à son imagination qui est assez débridée et remarquable. Bref, on se dit qu’on est vraiment parti pour un excellent moment de science-fiction.

Puis, le récit change du tout au tout. Et là, la réussite est un peu moins au rendez-vous. L’intrigue devient quelque peu confuse, le style perd de sa maîtrise. Privée de sa cohérence, l’histoire passionne du coup beaucoup moins. Ne pas savoir où l’auteur veut nous mener est parfois une qualité qui fait les grands livres, mais quand on n’a l’impression que l’auteur lui-même ne sait pas trop où il va, c’est nettement plus embêtant. Du coup, on s’agace un peu, trépignant d’envie que l’intrigue reprenne le fil qu’elle suivait en son début. Mais cela n’arrive jamais et le dénouement est malheureusement à l’image de la seconde partie.

Avance Rapide était le premier livre de Michael Marshall Smith. Les qualités dans le style et l’imagination sont indéniables et prometteuses. Le manque de maîtrise qui gâche un peu tout devrait disparaître avec la maturité. J’essayerai de me procurer d’autres ouvrages de cet auteur pour juger si ma prédiction s’est réalisée. Je l’espère vivement car encore une fois la première partie de ce livre est vraiment formidable, ce qui contribue d’ailleurs sûrement largement sur le regard sans doute injustement critique que l’on porte sur la seconde.

Avance Rapide est donc à conseiller aux vrais amateurs de science-fiction, comme un objet de curiosité. Les autres pourront s’en doute se tourner vers d’autres ouvrages de cet auteur en priorité.  

COMING SOON (New Grids) : Allez les jeunes, encore un effort !

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comingsoonnewgridsIls sont sept, cinq garçons, deux filles, ils sont très jeunes, ils sont originaires d’Annecy, ils chantent en anglais. Ce sont les New Grids. Et Télérama les adore, moins un peu moins, même si le potentiel est là et ce premier album donne envie d’en voir naître d’autres.

Dans la série des mots que j’adore tellement il ne veulent rien dire, New Grids fait de l’anti-folk… Ca laisse songeur. Antigang, anticonstitutionnel, antiviral, tout ça, je vois à peu près ce que ça peut vouloir dire, mais alors anti-folk… Moi j’aurais appelé ça bêtement de la folk, assez douce certes, mais folk quand même. Enfin bon, il y’a des gens qui doivent être payés très cher pour inventer ce genre de concept et j’imagine qu’il y’a des gens qui trouvent ça très utile.

Mais revenons donc plutôt à Coming Soon, le premier album de ces très sympathiques français. Il n’est ni bon, ni mauvais, ni moyen, il tourne simplement un peu en rond, sans jamais vraiment décoller. Il manque LE morceau phare, le moment où leur talent éclaterait vraiment. L’album est plutôt bien maîtrisé, mais peut-être un peu trop. On espère, on espère et puis après le 6ème ou 7ème morceau, on commence à désespérer légèrement alors que l’on prend conscience que jamais les New Grids ne nous offriront mieux que ce qu’ils ne nous ont déjà offert.

Coming Soon est donc quelque peu frustrant, recelant un potentiel inexploité. Il manque surtout aux New Grids une voix vraiment remarquable. La folk repose souvent sur la personnalité vocale de ses légendes. Ce groupe ne sera jamais dans cette catégorie… à moins qu’ils n’arrivent à compenser. En effet, les meilleurs morceaux de l’album sont ceux où leurs voix se mélangent pour nous offrir un son beaucoup plus intéressant. C’est à mon sens la direction dans laquelle ils devront aller dans l’avenir pour se faire une place dans un paysage musical français où ils ont toute leur place, faute de concurrence.

Les autres morceaux s’écoutent parfois avec plaisir, mais jamais avec attention. Ils peuvent néanmoins constitué un excellent fond musical pour des moments de détente ou des envies de calme. C’est parfois un peu plat certes, mais jamais bâclé. Les arrangements sont de qualité et on sent tout de même que l’on est face à un vrai groupe de musique, pas un produit marketing artificiel. Le talent n’est pas encore arrivé à maturité, mais il n’y a objectivement aucune raison de penser que cela ne viendra pas par la suite.

New Grids, avec leur Coming Soon, est donc un groupe à suivre. Le manque de relief global de cet album ne gâche pas non plus totalement le plaisir que l’on a à l’écouter. Et n’enlève surtout rien à un potentiel artistique évident.

1-Memento Mori
Un petit morceau sans prétention pour servir d’introduction

2-Wolves in the City
Un duo de voix qui se répondent et qui donne un très bon résultat

3-Jack Nicholson style
Une chanson plus énergique et moins mélodieuse que la précédente, mais reste un des bons titres de cet album

4-See the Future
Une ballade au rythme très lent. Typique du manque de relief de certains morceaux de l’album.

5-Broken Heart
Une ballade plus mélodieuse avec un jeu de voix très intéressant

6-Home from the Blues
Un titre plus rock mais quelque peu lancinant.

7-Bright Tides
Un titre plus dynamique et où les voix se mélangent. Et tout de suite, le résultat est bien meilleur !

8-Private Tortures
On retrouve malheureusement sur ce titre l’aspect lancinant et un peu plat de certains morceaux

9-Big Boy
Une ballade très classique, mais qui montre aussi que l’album tourne quelque peu en rond

10-Music from the Ceiling
Un instrumental qui sonne un peu comme un break dans la playlist

11-Time Bomb
La voix se lâche ici un peu plus que précédemment et c’est tant mieux ! On aimerait l’entendre plus souvent ainsi

12-New Territories
Une chanson lente aux accents graves. Mais il lui manque toujours un tantinet de relief.

13-Howard’s Mood
Une ballade beaucoup plus douce avec un jeu de voix très intéressant

14-What You’ve Left Behind
Dans la même lignée que le morceau précédent, ce titre concule agréablement l’album