Je peux l’avouer. Si j’ai été voir Aquaman, c’est aussi pour avoir l’immense plaisir d’en faire sa critique. En effet, rien n’égale le plaisir de parler d’un film merveilleux, si ce n’est de parler d’un navet. Mais attention, d’un vrai navet, pas d’une simple série B sympathique. Et dans la lignée des légumes cinématographiques, cette nouvelle production DC tient une place de choix. Pas tant dans sa nullité dans l’absolu, on a fait bien pire, mais dans l’écart abyssal (c’est le cas de le dire) entre la prétention des intentions de ce film et le résultat final. Bref, ce film n’est pas un Titanic du 7ème art, mais plutôt une coque de noix contre un glaçon dans un grand verre de médiocrité et de prétention mal placée.
DC commence visiblement à comprendre ce qui fait toute la différence entre son univers et celui des films Marvel. En effet, on trouve enfin trace d’un ingrédient précieux dans Aquaman, à savoir l’humour et l’auto-dérision. Mais on sent bien que les producteurs débutent dans le domaine et en font usage avec encore une grande parcimonie. Pourtant, le film fait rire, mais le plus souvent à ses dépens. Quelques plans pompeux et ridicules valent presque le détour, la vacuité absolue de certains dialogues prêtent à sourire et certains costumes raviront les nostalgiques de Bioman et d’X-Or. On sent que les scénaristes ont tenté de donner un vrai souffle épique à cette histoire, mais le résultat fait plus penser à l’expiration d’un asthmatique en fin de vie.
Quelque chose surnage-t-il de ce marasme ? (moi, aussi je sais faire de l’humour). Les défenseurs du film pourront toujours mettre en avant le fait, qu’au fond, on ne s’ennuie pas. Les scènes d’action sont nombreuses et spectaculaires, malgré l’indigence de la réalisation. Aquaman divertit et on pourrait alors se dire qu’il atteint parfaitement son but. Cela serait le cas, s’il n’affichait visiblement pas d’autres prétentions. Je suis le premier à défendre les films qui n’ont pas d’objectifs démesurés et se contentent de ce qu’ils sont. Ici, s’ajoute au ridicule, une ambition totalement démesurée vis-à-vis du peu de talent artistique mise en œuvre ici. Bref, on n’est pas loin du naufrage.
LA NOTE : 06/20
Fiche technique :
Production : DC Entertainment, Warner Bros., RatPac-Dune Entertainment, Cruel and Unusual Films
Distribution : Warner Bros.
Réalisation : James Wan
Scénario : Will Beall et David Leslie Johnson-McGoldrick, d’après une histoire de James Wan et Geoff Johns
Montage : Kirk M. Morri
Photo : Don Burgess
Décors : Bill Brzeski
Musique : Rupert Gregson-Williams
Durée : 143 min
Casting :
Jason Momoa : Arthur Curry / Aquaman
Amber Heard : Mera
Willem Dafoe : Nuidis Vulko
Yahya Abdul-Mateen II : David Hyde / Black Manta
Patrick Wilson : roi Orm
Dolph Lundgren : Nereus
Temuera Morrison : Thomas Curry
Nicole Kidman : Atlanna
Michael Beach : Jesse Kane
Randall Park : Dr. Stephen Shin
Ce n’est pas un simple, ni même un double album qui ouvre cet avis, mais bien un quintuple album. 50 Songs Memoir est l’oeuvre de The Magnetic Fields, un groupe américain d’indie pop. 50 chansons donc, pour 50 années, qui racontent en fait la vie de Stephin Merritt, le chanteur et parolier du groupe. Les premiers morceaux son relativement épurés, la voix se posant sur un simple air de guitare. C’est simple, mais aussi solide et maîtrisé, et surtout assez prenant. Et ça le reste tout au long du premier album. Cependant, peu à peu, les instrumentations se complexifient et on s’aperçoit alors qu’il manque un petit je ne sais quoi. Aucun tube en puissance donc et même une qualité qui va décroissant. A partir du troisième album, l’ambiance se fait plus sombre et le résultat perd également de son intérêt.
Petite Noir, contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, est un artiste sud-africain, naviguant lui aussi dans l’indie pop. En 2015, il nous offre Life is Beautiful/la Vie est Belle. Un son un rien électro donc, éthéré également et aussi un rien bordélique. Ce n’est vraiment pas accrocheur, pas aidé par une voix pas spécialement mélodieuse. L’album offre une certaine variété, mais rien ne ressort particulièrement. Il faut cependant lui reconnaître une créativité réelle, qui ravira peut-être les amateurs du genre, donc je ne fais clairement pas partie.
Terminons cet avis avec une artiste dont j’avais apprécié un des albums précédents, la chanteuse américaine Sallie Ford et son album Soul Sick. Un univers rock rétro, rockabilly même, solide et maîtrisé. On apprécie immédiatement la conviction qu’elle met dans sa voix. Cette énergie se transmet à l’auditeur qui accroche instantanément… et ne décroche jamais. En effet, l’album est vraiment excellent du début à la fin, avec des titres de qualité du début à la fin.
Certaines personnes nous quittent ou simplement la vie nous les fait perdre de vue. Pour certaines on attend ou on espère un retour. Pour d’autres, on n’y pense pas vraiment. On aura plaisir à les recroiser mais sans attente particulière. J’aime profondément Mary Poppins, le film original, mais j’avoue que quand j’ai vu que le Retour de Mary Poppins était annoncé, ça ne m’a guère ému. Sans doute parce que je m’attendais plutôt au pire qu’au meilleur. Mais rassuré par des critiques globalement positives, je m’y suis rendu sans crainte. Et effectivement le spectacle est plaisant. Mais loin d’être inoubliable.
Le manque d’audace se ressent aussi cruellement sur le fond. Le Retour de Mary Poppins se contente d’être un film gentillet, qui ravira petits et grands, et surtout les petits (ou les grands enfants). En soi, ce n’est pas un problème, l’original étant dans cette veine. Ce qui est beaucoup plus frustrant est que le scénario touche du doigt de nombreux thèmes : la nostalgie, le rapport à l’enfance, le deuil… Jamais il ne s’y engouffre vraiment pour donner à ce film une tout autre dimension, peut-être plus « adulte », mais qui aurait surtout pour donner quelque chose de beaucoup plus intéressant. Au-milieu de tout ça, Emily Blunt campe une Mary Poppins beaucoup plus discrète que l’originale. A la fois, n’est pas Julie Andrews qui veut. Un retour qui n’a donc rien d’infamant, mais qui n’appelle pas forcément le retour du retour.
La fête ne dure qu’un temps. Pour une élection, elle ne dure même qu’un soir car la réalité et les problèmes vous rattrape vite. Surtout quand la pluie vient s’en mêler. La première image de François Hollande Président aura été celle d’un homme trempé par les trombes d’eau qui s’abattaient sur lui en remontant les Champs Elysées après son investiture. Elle fera plutôt sourire. Elle aurait pu être celle d’un homme qui reste droit et fier malgré les éléments contraires, elle est surtout restée comme celle d’un homme qui n’a pas de bol. On ne savait pas alors qu’elle serait tout à fait symbolique du quinquennat qui allait suivre.
On reconnaîtra volontiers une réelle élégance dans la réalisation de Paul Dano. Mais filmer élégamment rien ne donne pas plus d’épaisseur au contenu. Carey Mulligan et surtout Jake Gyllenhaal semblent un perdu et joue du coup avec le frein à main. Certains diront peut-être avec retenu, mais à la fois l’amour, même finissant, sans passion, il n’y a pas vraiment de quoi en faire une histoire. Wildlife – Une Saison Ardente ne leur offre définitivement pas de quoi exprimer tout leur talent, ce qui rajoute à la frustration du spectateur. Tous les débuts ne sont pas réussis. Mais tout le monde a le droit à une seconde chance.
Trois vraies découvertes pour cet avis musical. Mais surtout trois belles découvertes, ce qui est assez rare pour être souligné. On commence avec Grandaddy, un groupe de rock américain, revenu en 2017 avec l’album Last Place, après 11 ans de silence. Il nous offre un son suave qui tire quelque peu vers la pop. Ce n’est pas bouleversant, mais maîtrisé et offre des titres variés. L’ensemble vaut bien ce qu’offre bien des groupes plus présents à la radio. C’est solide et se laisse écouter avec plaisir, surtout que la qualité est constante.
Poustuite du voyage, mais on reste aux Etats-Unis avec Jesca Hoop et son album Memories Are Now. Son univers musical tire lui sur le folk. Le début de l’album laisse entrevoir un beau potentiel, mais laisse un peu sur sa faim. Puis, il monte progressivement en puissance pour devenir plus convaincant et même réellement séduisant sur la fin. Elle allie maîtrise et conviction. Les instrumentations sont épurées, mais l’ensemble accroche plutôt l’oreille et on se laisse bercer du début à la fin.
On termine le voyage… aux Etats-Unis avec Entrance, un groupe qui nous a offert Book of Changes. Une pop tranquille, qui se caractérise souvent par un effet chorale. La voix du chanteur est souvent un peu poussée, ce qui ne fait pas très naturel. Mais malgré cela, l’ensemble se révèle solide et plaisant à l’oreille. Là aussi, maîtrise et conviction sont là pour offrir un album de qualité tout du long.
Dans la vie, rien de meilleur qu’une bonne pipe. Je parle évidemment ici de se plonger dans la lecture d’un épisode des aventures du Commissaire Maigret. Si vous avez imaginé autre chose, c’est que vous avez l’esprit particulièrement mal placé. C’est donc avec joie que j’ai découvert Maigret et la Jeune Morte. Un épisode très classique, mais pas forcément pour une œuvre de Georges Simenon. Même si le célèbre inspecteur y tire toujours bien de bouffées.
Depuis quelques années, j’avais bien du mal à être pleinement convaincu par un film ayant reçu la Palme d’Or à Cannes. La voir décernée cette année à un film du réalisateur japonais Kore-eda Hirokazu, qui nous avait déjà offert le magnifique Tel Père, Tel Fils, redonnait bon espoir de pouvoir à nouveau s’enthousiasmer pour un film primé sur la Croisette. Tous les espoirs ne sont pas vains puisque Une Affaire de Famille est bien le petit chef d’œuvre espéré. Un magnifique moment d’humanisme qui jette un regard sans concession sur une société japonaise socialement fragmentée.
Une Affaire de Famille reste un film japonais. S’il n’est en rien contemplatif, vu la richesse de son contenu, la narration reste sur un rythme relativement lent. Mais jamais ne vient pointer le moindre début d’ennui. Grâce à l’élégance de la réalisation de Kore-eda Hirokazu tout d’abord et parce que cette formidable élégance est au service de ses acteurs. Si le Japon ne manque pas de quelque chose, c’est bien de formidables acteurs et actrices. Cette synergie entre réalisation et casting portent cette histoire à un autre niveau. A celui qui lui a valu une des plus belles récompenses du septième art. Et cette fois, elle est pleinement méritée.
A quelques jours de Noël, j’avais une envie d’aller voir un film qui ne me fasse pas trop de nœuds au cerveau, même si je savais qu’il avait peu de chance de m’enthousiasmer. Pour cela, Mortal Engines paraissait parfait. La bande-annonce faisait un minimum envie, mais les critiques annonçaient un film plutôt médiocre. Il faut admettre que ces derniers avaient raison et on peut formuler bien des reproches à son encontre. Cependant, ça serait mentir de dire que je me suis ennuyé ne serait-ce qu’une seule seconde. Dans le but que je recherchais, ce film fut donc parfait. Dans l’absolu, il est vrai, on ne peut pas en dire autant.
En fait, Mortal Engines est peut-être victime de ce qui aurait du faire sa principale qualité. En effet, en ne cherchant pas à faire de ce film le début d’une franchise, ou du moins en donnant une cohérence globale à cette histoire, avec un début et une vraie fin (mais on ne jurera pas qu’il n’y aura pas de deuxième épisode), on ne prend pas le temps d’aller vraiment à la découverte des lieux, des enjeux et, comme je l’ai déjà dit, des personnages. Et on le regrette un peu car le film ne laisse pas le temps au spectateur de s’attacher à quoi que ce soit. Reste quelques scènes spectaculaires et visuellement plutôt réussies. Ce n’est pas grand chose, mais ça détend en attendant l’arrivée du Père Noël.
On commence par une artiste mondialement célèbre, mais dont je connais assez mal la globalité de l’œuvre. De Kate Bush, je connais surtout quelques tubes. Before the Dawn, un triple album live sorti en 2016, constituait l’occasion de mieux appréhender que propose la chanteuse anglaise. Malheureusement, tout cela souffre de deux défauts. Déjà, on ne sent pas du tout de plus-value de l’interprétation live. Enfin, et j’ai envie de dire surtout, c’est assez médiocre et monotone. La voix n’a strictement aucun intérêt et elle se pose sur des instrumentations sans éclat. Certaines parties plus expérimentales sont même carrément pénibles. Bref, un album live peut-être pas représentatif, mais qui ne donne pas envie d’en savoir plus.
Heureusement, on enchaîne avec Rumer, une autre artiste anglaise, dont j’avais déjà beaucoup apprécié un précédent album. This Girl’s in Love confirme tout le bien que je pensais d’elle. Un album de reprises, plein de douceur, de maîtrise et de conviction. Le résultat est formidablement agréable et terriblement charmant. Sa voix est d’une incroyable pureté dont elle nous fait profiter tout au long d’un album qui reste bon, du début jusqu’à la fin.
On termine avec les Choses Défendues de Cali. Le Français revient avec des textes souvent sombre et dépressifs dont il a le secret. Mais des textes le plus souvent beaux et qui racontent toujours une vraie histoire. Du sens dans les mots, voilà qui n’est pas si fréquent. Les instrumentations sont maîtrisées et parfois même percutantes. On retiendra par exemple le très bon titre I Want You ! Mais on retiendra aussi que l’album garde une qualité constante du début à la fin.
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