
Hortense Laborie est une cuisinière réputée vivant dans le Périgord. A sa grande surprise, on lui apprend que le Président Mitterrand lui propose de devenir la chef des cuisines privées de l’Elysée. Un poste qu’elle ne peut évidemment refuser. Mais elle se rendra vite compte que tout le monde n’apprécie pas cette nomination. Du coup, son caractère bien trempé va vite faire des étincelles dans un monde où la simplicité n’est pas de mise, au contraire de ses menus.
Il est difficile de ressortir de Les Saveurs du Palais sans un grand appétit ouvert. Ce film est un très bel hommage à la cuisine, pas forcément la grande, mais la bonne, celle faite de bons produits, d’un rien d’imagination et de beaucoup de savoir faire. Les plats, les recettes défilent pendant une heure et demi et les yeux du spectateur brille d’envie. L’envie d’y goûter bien sûr, mais aussi l’envie de se mettre soit même à concocter d’aussi délicieux morceaux de gastronomie.
Mais la gastronomie n’est que le décor de Les Saveurs du Palais. Un magnifique décor certes, mais qui n’aurait pas justifier à lui seul un long métrage. Le vrai fil rouge de ce film reste le portrait de ce personnage au fort caractère et au bon sens provincial dans ce monde plein de conventions et surtout d’hypocrisie. Un tel sujet aurait pu facilement tomber dans le ramassis de clichés et dans les ficelles comiques grossières. Il n’en est rien, car le tout est traité avec une certaine finesse et une grande intelligence.
Les Saveurs du Palais reste un film léger, mais n’a rien d’une pure comédie. Ce n’est pas non plus un portrait au vitriol des coulisses du pouvoir. C’est au final une histoire presque anecdotique, mais qui en dit long sur notre culture. Un thème qui parle à notre imaginaire, bien au-delà de nos simples papilles. Du coup, on pardonne aisément le léger manque de consistance de ce scénario, raconté en flash-back, procédé qui ici semble avoir pour principal intérêt de donner à cette histoire une durée compatible avec un long métrage. Mais pourtant, jamais on ne s’ennuie.

La star de ce film, niveau casting, n’est pas Jean d’Ormesson qui a cependant la bonne idée de ne pas chercher à imiter Miterrand. Les Saveurs du Palais met en lumière l’immense talent de Catherine Frot. Ceux qui ont été consternés par Associés Contre le Crime seront heureux de retrouver cette merveilleuse actrice au sommet de sa forme, n’ayant aucun soucis pour porter à elle seule le film sur ses épaules.
Les Saveurs du Palais est donc un film très plaisant, simple comme la bonne cuisine. Un film qui vous poussera dans la cuisine aussitôt sorti du cinéma.
Fiche technique :
Production : Armada Films, Vendôme production
Distribution : Wild Bunch distribution
Réalisation : Christian Vincent
Scénario : Christian Vincent, Etienne Comar
Montage : Monica Coleman
Photo : Laurent Dailland
Décors : Patrick Durand
Musique : Gabriel Yared
Durée : 95 mn
Casting :
Catherine Frot : Hortense
Jean d’Ormesson : Le Président
Hippolyte Girardot : David Azoulay
Arthur Dupont : Nicolas Bauvois
Arly Jover : Mary

Si Noémie Lvosky se révèle une réalisatrice imparfaite, au moins est-elle toujours une actrice débordante d’énergie et de spontanéité. Elle offre aux cinémas français d’excellents seconds rôles, alors on est heureux de la voir cette fois-ci en haut de l’affiche. A ses côtés, Samir Guesmi est un peu plus en retrait, pas aidé il est vrai, par un maquillage en adolescent qui rend son personnage comique, même quand il ne devrait pas l’être. Le couple des parents, formés par Yolande Moreau et Michel Vuillermoz, est quant à lui très juste, tout comme Denis Podalydes. Camille Redouble est aussi marquée par des apparitions plus ponctuelles, mais souvent un peu ridicule comme celle de Matthieu Almaric (et oui, je peux dire du mal de lui!) ou encore Jean-Pierre Léaud.
Le plus inquiétant reste le fait que visiblement, les producteurs ne semblent pas vouloir s’arrêter là et Jason Bourne : l’Héritage semble destiné à faire lui aussi des petits. Mais il est clair que la franchise est déjà complètement à bout de souffle. Le but de cet épisode était de repartir sur des nouvelles bases pour mieux repartir, mais il ne fait en fait que souligner à quel point tout cela sent le réchauffé. Ce côté un peu pathétique gâche un peu le plaisir que l’on aurait pu ressentir devant ce film, s’il ne situait pas dans une lignée aussi prestigieuse. 
De plus, il y a quelque chose qui me gène toujours avec Alain Resnais. Il aime les acteurs. Sa fidélité au duo formé par Pierre Arditi et Sabine Azéma est tout à son honneur. Mais au fond, ne les aime-t-il pas un peu trop ? En effet, il les laisse faire ce qu’ils font de mieux, des interprétations que l’on connaît par cœur chez ses acteurs. Il ne les pousse vers aucun retranchement, ne les pousse pas à se dépasser et ne cherche pas à nous surprendre. Bref, il leur offre peut-être une grande liberté, mais sûrement pas les rôles de leur vie. Et dans un film qui repose autant sur ses comédiens, cela constitue forcément une limite.
De plus, Gene Kelly est loin d’être seul à l’écran. Son compère Donald O’Connor est lui aussi rentré dans la légende, pendant son interprétation de Make em Laugh, grâce à un double salto arrière avec appui sur un mur, qui fascina des générations de cinéphiles, intrigués et curieux de savoir si tout cela a bien été réalisé sans trucage. Cela l’a bien été, le tout filmé dans un plan séquence qui valu à l’acteur une semaine de repos tant il y met d’énergie. Bref, Singing In The Rain représente peut-être l’apogée d’un cinéma hollywoodien qui reposait presque exclusivement sur le talent de ses acteurs et de ses actrices. 
Quelques Heures de Printemps est donc un film inégal, qui a eu tort de ne pas se centrer uniquement sur son sujet principal. Le scénario flotte pendant une heure avant de vraiment nous saisir. Encore une fois, on reste sur une telle impression finale que l’on ne regrette pas d’être venu. Mais on se dit que ce film aurait pu prendre encore une ampleur supplémentaire. Les sujets secondaires nous détournent plutôt de l’émotion, au lieu de la sublimer.
Employer des acteurs amateurs a parfois donné le pire et le meilleur au cours de la longue histoire du cinéma. Faire tourner des adolescents aussi d’ailleurs. Mais dans The We and The I, Michel Gondry arrive à leur faire garder un naturel déconcertant, tout en échappant totalement à l’impression d’une improvisation permanente. On citera notamment le couple Michael Brody et Teresa Lynn qui interprètent les deux personnages les plus marquants du film. Mais encore une fois, c’est vraiment tout le casting qu’il faudrait féliciter.
Pascal Bonitzer parvient tout de même à nous faire passer un moment plaisant, mais parfois un peu frustrant. D’ailleurs, la fin du film est assez révélatrice. En effet, elle s’étire désespérément en longueur, comme si le réalisateur était étonné de ne pas être arrivé à tenir plus de 90 minutes avec ses idées initiales. Cela ressemble un peu un aveu de faiblesse, une preuve qu’il n’a pas su tirer tout ce qu’il y avait à tirer des différents sujets qu’il aborde.
C’est d’autant plus regrettable que Des Hommes Sans Lois est filmé avec une certaine élégance, très classique elle-aussi, mais qui porte la marque d’un vrai talent. En fait, Des Hommes Sans Loi rappelle un peu le film précédent de John Hillcoat, La Route. Un film qui se distinguait lui aussi par de vraies qualités esthétiques, mais un scénario décevant. Le réalisateur australien sait donc parfaitement mettre en image les histoires, mais ne sait pas vraiment les raconter.
Le tout est mis en image de manière particulièrement élégante par William Friedkin, qui nous rappelle que sur ce plan, il n’a rien perdu de son immense talent. Il arrive parfaitement à donner une personnalité visuelle à Killer Joe qui sert vraiment son propos. Le travail de photographie nous en dit plus sur ses personnages que les dialogues. Les décors, les costumes, chaque élément de l’image jouent un rôle et nous racontent quelque chose. Bref, c’est du cinéma, du vrai !
Commentaires récents