
Georges et Anne ont un peu plus de 80 ans et profitent de leurs vieux jours. Un matin, elle a une absence de quelques minutes, signe d’une première attaque. D’autres suivront l’enfonçant chaque fois un peu plus dans la paralysie physique puis intellectuelle. Lui, reste à ses côtés et tient la promesse qui lui a faite de la maintenir à domicile. Mais comment supporter voir celle avec qui on a vécu toute son existence sombrer dans un tel déclin de plus en plus humiliant ?
Amour est un film extrêmement fort. Comme à son habitude, Michael Haneke nous offre une oeuvre qui pourrait sembler épurée, mais qui est en fait méticuleusement construits. Encore une fois, il nous montre les évènements d’une manière crue, froide et sans réelle distanciation. On ne voit pas ce film, on y est confronté de manière directe et violente. On ne peut échapper à la déferlante d’émotion et de sentiments qui affluent de manière particulièrement intense.
Pour ces raisons, Amour est un film magnifique. Il nous montre ce que notre société cache encore, alors que le vieillissement de la population rend ce genre de situation de plus en plus fréquente. Seuls le troisième âge bien portant et dynamique a droit de citer dans les médias. Mais on sait que vieillir n’est pas toujours un doux voyage. Alors qu’on parle de beaucoup de la dépendance dans les journaux du fait de son coût qu’il faut désormais financer, on y voit rarement de personnes dépendantes. Tabou d’une époque parfois schizophrénique. Un tabou que cherche à briser Michael Haneke dans une entreprise salutaire. Il s’agit aussi d’une magnifique histoire d’amour, l’amour qui dure toute la vie, malgré tout, jusqu’au bout.
Pour ces raisons, Amour est aussi un film détestable. Encore une fois, Michael Haneke confond cinéma et voyeurisme. Il n’a aucun recul sur son sujet. Il montre certes, mais ne dit rien. Il dérange pour déranger, sans chercher à faire passer le moindre message. Le propos est au final malsain, oubliant de mettre en avant que l’horreur de la situation vient aussi du choix envers et contre tout du maintien à domicile. Les hôpitaux ne sont pas là que pour cacher les malades au reste de la société, mais aussi pour soigner et soulager.
Cette dualité est renforcée par un dénouement qui pousse à son paroxysme ce que véhicule Amour. Il est peu probable que vous entendiez la moindre mouche voler dans la salle à ce moment là. Ce film est de ceux où le silence reste encore pesant lorsque la lumière se rallume. Chaque spectateur est encore KO, incapable de sortir assez vite de l’histoire pour simplement parler à son voisin. Un film qui marque, quelque soit le sentiment qui vous habite après l’avoir vu.

Je ne sais donc toujours pas vraiment si Amour est un des plus beaux films que je n’ai jamais vus ou bien un des plus détestables. Mais l’idée même de ce débat montre que nous sommes quand même là devant un grand moment de cinéma qui ne peut laisser personne indifférent.
Fiche technique :
Production : Les films du Losange, XFilmen Wega Film, France 3 Cinéma, ARD Degeto, Canal +
Réalisation : Michael Haneke
Scénario : Michael Haneke
Montage : Monika Willi, Nadine Muse
Photo : Darius Khondji
Décors : Jean-Vincent Puzos
Distribution : Les films du Losange
Son : Guillaume Sciamma, Jean-Pierre Laforce
Durée : 127 mn
Casting :
Jean-Louis Trintignant : Georges
Emmanuelle Riva : Anne
Isabelle Huppert : Eva
Alexandre Tharaud : Alexandre
Ramon Agirre : Le concierge
Rita Blanco : la concierge
William Shimmell : Geoff

Frankenweenie brille enfin par sa qualité visuelle. Tim Burton reste Tim Burton, à l’imagination fertile et à la maîtrise artistique parfaite. Le film est vraiment beau. L’image est toujours construite avec minutie, les scènes bénéficient d’une réalisation soignée. Bref, du cinéma, du vrai. Le tout est évidement sublimé par la musique de Danny Elfman. On ne change pas une équipe qui gagne !
Si Ben Affleck peut définitivement être considéré comme un excellent réalisateur, il n’en reste pas moins aussi un acteur d’exception. On a longtemps ironisé sur son côté bellâtre pour film d’action, mais sa filmographie a depuis prouvé qu’il était bien plus que ça. Nouvelle preuve avec Argo, où il a en plus la tâche toujours délicate de se diriger lui-même. Mais à ses côtés, c’est tout le casting qui est remarquable. D’un côté, les dessous d’Hollywood sont parfaitement incarnés par deux vieux routiers du circuit : John Goodman et Alan Arkin. Mais ce sont surtout les acteurs interprétant les six otages qu’il faut saluer, sans pouvoir en ressortir un plutôt qu’un autre. Enfin, les amateurs d’Alias seront heureux d’apercevoir Victor Garber en ambassadeur du Canada. 
La réalisation est donc plutôt sobre et totalement au service de l’histoire. C’est là que réside la principale limite de Looper qui ne dépasse pas à cause de cela le stade de divertissement très réussi. Il n’y a pas là matière à film culte, comme Blade Runner ou Minority Report. Il lui manque un brin d’esthétisme qui aurait pu pourtant coller avec l’ambiance parfois assez sombre. Mais ceci n’est qu’un léger regret car, encore une fois, on est assez pris dans l’histoire tout au long du film pour ne pas penser à tout ça et pour que le plaisir ne soit en rien gâché. 
Le Jour des Corneilles se démarque aussi grâce à un graphisme vraiment superbe. Il allie une animation fluide (mais pas totalement parfaite) avec une vrai personnalité graphique. Cela n’a pas la froideur de l’image de synthèse. Il s’agit de vrais dessins d’artiste, ce qui donne une vrai chaleur à ce film d’animation qui n’est pas rétro, mais tout simplement beau. A ce niveau là, seul un Miyazaki peut rivaliser !
Cette fois, promis, je ne médirai plus jamais sur Daniel Craig. Certes, il est blond… mais il est James Bond, définitivement… Skyfall, par la nature même de ce film, le fait incarner le personnage comme Sean Connery n’a jamais eu l’occasion de le faire. Il n’est pas que le justicier, que le super espion, mais il est aussi l’homme, ce qui lui confère une dimension supplémentaire. En face de lui, un Javier Barden dont le rôle est au final presque secondaire, mais qui nous offre une des scènes les plus mémorables de la saga, avec un dialogue que l’on aurait certainement pas entendu dans les années 60. Quant aux James Bond Girls, celles de ce film ne rentreront certainement pas dans la légende. Un James Bond pas comme les autres, on vous dit… 
Au final, ce qui fait qu’Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté est un film ni bon, ni mauvais reste la performance d’Edouard Baer. Non qu’il ne soit pas bon, cela est impossible. Mais il se retrouve quand même pris entre deux feux. D’un côté, il nous livre son numéro habituel d’ahuri lunaire. Mais de l’autre, il doit bien quand même un minimum respecter un personnage faisant à ce point partie du patrimoine culturel national. Du coup, on sent qu’il joue avec le frein à main et il n’est pas évident qu’au final ce changement de casting constitue vraiment un plus. Au moins, en Otis, il pouvait s’en donner à cœur joie pour notre plus grand bonheur. 
On peut cependant reconnaître qu’on ne s’ennuie pas devant Dans la Maison. En effet, malgré tout, on reste motivé par l’envie de connaître où tout cela va nous mener. Alors, certes, la fin est décevante, mais on aura toujours gardé l’espoir qu’il y a réellement un sens à tout ça, qu’il nous échappe pour l’instant, mais qu’il nous sera révélé au final. Ce n’est pas le cas, la déception est grande, mais au moins cela a-t-il préservé un minimum de suspense tout au long du film. 
S’il y a un domaine où Oliver Stone a pêché, c’est bien la direction d’acteurs. Le casting est alléchant, surtout pour les méchants, mais ils laissent trop ses comédiens cabotiner. La palme revient à Benicio De Toro qui aurait pu vraiment être génial s’il n’en faisait pas trop. Il en fait trop certes avec son immense talent, mais il en fait trop quand même. Salma Hayeck est elle-aussi quelque peu atteinte du même mal, même si elle a au moins le mérite de nous proposer un registre où on ne l’attendait pas forcément. Par contre, rien à dire sur John Travolta, très professionnel. Les deux personnages principaux manquent un tantinet de charisme malgré la belle gueule de Taylor Kitsch et Arraon Taylor-Johnson. En fait, c’est Blake Lively, qui incarne Ophélia, qui nous apporte la petite touche de charme en plus.
Un mot enfin sur l’humour… Comme je l’ai dit, c’est vraiment drôle parfois, avec de vrais gags percutants et de vraies trouvailles. Par contre, comme dans toute bonne comédie américaine, Ted est parsemé de quelques moments d’humour scato… Bon ok, je sais que c’est moi qui n’aime particulièrement pas ça, mais tout de même, ils pourraient s’en passer quelques fois.
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