
Louise n’a pas eu une enfance très stable entre une mère droguée et hippie et un père star du rock. Mais c’est une adulte désormais et elle a réussi à renouer des relations stables avec ses parents. Elle apprend qu’elle est enceinte, quelques heures après avoir accompagné sa mère à l’hôpital pour découvrir que le cancer de cette dernière est entrée dans une phase qui va l’emmener irrémédiablement vers la mort. Comment annoncer une si bonne nouvelle, partager une tel bonheur dans de telles circonstances ?
Mauvaise Fille est un film au propos assez original. La culpabilité provoqué par son propre bonheur face au malheur d’autrui, en particulier quand il s’agit des malheurs de sa propre mère, voici un sujet audacieux et qui aurait pu aboutir à une réflexion profonde et inattendue. Le problème est que Patrick Mille semble paralysé par son sujet et le film se conclue sans réelle conclusion. Les éléments sont bien posés, mais le réalisateur n’en fait rien, ou du moins rien de vraiment convaincant. On en ressort donc quelque peu frustré.
Pourtant, on passe les 1h50 du film à espérer. Très souvent, on se dit que le moment fort, celui où les personnages vont enfin se confronter pour de bon, est proche. Mais au final, il ne viendra jamais, esquivant le cœur du sujet, comme Louise esquive le moment où elle devra prendre son courage à deux mains.La pusillanimité (oui, j’avais envie d’employer ce mot !) dont fait preuve Louise ressemble à celle de Patrick Mille face à son sujet. Du coup, on pourrait lui adresser les mêmes reproches que ceux que l’on adresse à son héroïne.

Mauvaise Fille constitue par contre l’occasion de découvrir à quel point Izia Higelin est une artiste accomplie. On l’avait déjà remarqué pour son premier excellent album, on découvre ici qu’elle est aussi une formidable actrice. Son charme est dévastateur et sa présence à l’écran est impressionnante. Elle éclipse tout le reste du casting, même Carole Bouquet qui paraît effacée face à ce talent à l’état brut. Une vraie révélation donc !
Mauvaise Fille est donc un film au scénario frustrant, tant il semble esquiver ce qui aurait du constituer le cœur d’un sujet audacieux qui méritait mieux.
Fiche technique :
Production : ARP Sélection, uFilm, Nexus Factory, Chapter 2
Distribution : ARP Sélection
Réalisation : Patrick Mille
Scénario : Justine Levy, Patrick Mille, d’après le roman autobiographique de Justine Levy
Montage : Yann Dedet
Photo : Jérôme Alméras
Décors : Benoît Barouh
Musique : Syd Matters, Jonathan Morali
Durée : 108 mn
Casting :
Arthur Dupont : Pablo
Bob Geldof : Georges
Carole Bouquet : Alice
Izia Higelin : Louise
Jacques Weber : Professeur Lecoq

La reconstitution historique est remarquable dans A Royal Affair. Le film prouve, après les Lignes de Wellington, que le cinéma européen sait mettre les moyens quand il le veut bien. Certes, il a toujours su proposer de beaux costumes et de beaux décors, mais on sent ici que Nikolaj Arcel n’a pas eu à se limiter en termes d’extérieur ou de figurants. Bref, c’est convaincant et parfois assez spectaculaire. Il offre aussi une vision certainement plus réaliste des cours européennes que l’a proposé le Marie-Antoinette un peu rêvée de Sofia Coppola.
Les Neiges du Kilimandjaro est donc un film riche et agréable à suivre. Visuellement, Robert Guédiguian reste un réalisateur classique et sobre. Il est au service de ses acteurs dont il sait parfaitement mettre en valeur le jeu. Mais il sait aussi mettre en valeur ses décors et la région de Marseille qui aura constitué la toile de fond de toute son œuvre. 
L’Auberge Espagnole permet aussi de se rappelle que Cédric Klapisch est également un réalisateur qui sait faire preuve d’une certaine imagination visuelle. Rien de bouleversant d’un point de vue artistique, mais cela montre un vrai soucis de soigner à la fois le fond et la forme. Et dans le cinéma français, ce n’est pas si fréquent. Surtout que tout cela est fait avec vrai talent, reste au service de l’histoire, tout en l’agrémentant pour la rendre encore plus agréable à suivre. 
Les Lignes de Wellington bénéficie d’un casting international assez impressionnant. Du côté portugais, on retrouve évidemment Marisa Paredes. Les autres acteurs lusitaniens sont moins connus chez nous, mais on saluera notamment la performance de Nuno Lopez et Soraia Chaves. Côté anglophone, la grande star s’appelle John Malkovich, qui donne une vision assez caustique du Général Wellington. Côté français, on peut citer la participation de Melvil Poupaud, Matthieu Amalric, Elsa Zylberstein, Vincent Perez et les apparitions plus furtives de Catherine Deneuve, Chiara Mastroiani, Michel Picoli et Isabelle Huppert. Bref, un casting hexagonal que bien des cinéastes de notre pays aimeraient pouvoir se payer.
La réalisation d’Hugo Gélin est sobre et totalement au service de son histoire et des acteurs. Mais elle n’est pas totalement dénuée d’une certaine élégance. Il brille surtout par le rythme qu’il arrive à mettre dans Comme des Frères. Si le film a un air de déjà-vu, il n’est en rien poussif, ce qui fait que l’on passe au final quand même un très bon moment. Il sait donc raconter des histoires, les mettre en scène. Espérons que son deuxième film bénéficiera d’un scénario plus surprenant. 
Dans Au-delà des Collines, Cristian Mungiu cherche aussi à nous livrer des propos plus direct, comme la dénonciation du poids dans la religion dans la société roumaine ou encore un témoignage sur une certaine forme de misère qui règne en Roumanie. Une chose est sûre, ce film n’a pas été financé par l’office du tourisme local et le tableau de la société de ce pays est relativement sans concession. Mais encore une fois, c’est dommage que tout cela conduise à un final grandiloquent qui décrédibilise largement le reste des idées présentées.
La réalisation d’Olivier Assayas reste sobre. Il n’est certainement pas amateur d’effets visuels spectaculaires et cherche avant tout à mettre en avant ses personnages et l’interprétation de ses acteurs. Mais il pêche surtout par un manque de rythme patent, restant trop souvent dans un contemplatif qui démontre bien que le metteur en scène ne sait pas vraiment où son propos doit aller. Du coup, Après Mai manque cruellement de relief et plonge le spectateur dans une sorte de torpeur intellectuelle.
Du point de vue de la forme, Rengaine souffre évidemment du manque de moyens. Cependant, c’est aussi ça qui lui donne son identité visuelle. Rachid Djaïdani a une manière bien à lui de filmer. Au bout de quinze minutes, j’ai commencé à avoir envie de crier « mais dézoome bordel ! ». En effet, les gros plans plus que serrés sur les acteurs est un effet cinématographique tout ce qu’il y a de plus respectable, mais en abuser à ce point finit par le rendre tout à fait insupportable.
Bien sûr, tout cela est entrecoupé de scènes d’action souvent brèves et percutantes. End of Watch joue beaucoup sur le contraste entre ces moments anodins qui doivent laisser place en quelques secondes aux plus grands dangers. Du coup, on est sur la brèche tout comme eux, nous demandant quand est-ce que la tranquillité va être brisée pour laisser place à une pure décharge d’adrénaline qui pourrait se finir entre quatre planches. C’est sûrement là, plus que dans la manière de filmer, que David Ayer arrive vraiment à être convaincant dans sa démarche. Mais globalement, il arrive à ses fins et on ressort de ce film en ayant l’impression d’avoir assisté à un film policier pas tout à fait comme les autres qui, de plus, propose un dénouement particulièrement réussi.
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