
2012 restera surtout une année aussi médiocre pour le cinéma français qu’elle fut exceptionnelle en 2011 (3 films dans les 4 premiers). Résultat : aucun film purement hexagonal au palmarès. Je peux admettre que De Rouille et d’Os aurait pu y avoir sa place, mais j’ai définitivement du mal avec le manque de rythme des films de Jacques Audiard, auxquels je reconnais d’extraordinaires qualités par ailleurs. Reste le cas Amour, production franco-autrichienne, mais qui tient une place particulière dans ce classement.
Le grand vainqueur de ce palmarès reste notre voisin belge, Bullhead étant pour moi le film de l’année. Hasta la Vista n’est pas loin non plus. 1er et 4ème, voilà une performance inattendue pour un cinéma rarement présent sur nos écrans. Dans deux styles totalement différents, il nous a pourtant livré deux grands moments de pur bonheur cinématographique.
C’est donc logiquement que, niveau interprétation, je mettrai en avant Matthias Schoenaerts, révélé par Bullhead et confirmé par De Rouille et d’Os. A revoir très vite ! Chez les femmes, je saluerai l’a performance époustouflante d’Emmanuelle Riva dans Amour. Une performance qui paraît-il pourrait l’emmener jusqu’aux Oscars.
1-Bullhead
LE film surprise de l’année et au final, pour moi, LE film de l’année. Un film noir d’une grande force, dans un milieu inattendu, celui des éleveurs bovins des Flandres.
2-Margin Call
La crise a inspiré les cinéastes depuis quelques années, mais jamais avec autant de bonheur que Margin Call. Même sans être agrégé d’économie, on reste fasciné par le mécanisme qui peut conduire une société financière à faire couler toute l’économie pour sauver la peau de ses actionnaires.
3-Skyfall
James Bond est définitivement de retour, dans cet épisode qui remet tout à plat et qui surtout nous parle enfin de l’homme derrière le smoking.
4-Hasta la Vista
2011 avait Intouchables, 2012 a Hasta la Vista, l’histoire de trois handicapés qui vont traverser l’Europe pour connaître les plaisirs de la chair dans un club spécialisé en Espagne. Un film dont on sort avec une immense joie de vivre !
5-Argo
Ben Affleck gagne définitivement ses galons de grand réalisateur avec ce polar maîtrisé de bout en bout. Récit historique, sans esbroufe, où la mise en scène crée une incroyable tension sans avoir besoin de multiplier les péripéties spectaculaires.
6-La Taupe
Un grand film d’espionnage, porté par un casting brillantissime et une réalisation d’un esthétisme foudroyant. L’univers de John le Carré enfin porté à l’écran dans toute sa force et sa complexité.
7-Starbuck
La très bonne surprise francophone de l’année. Une comédie humaniste enthousiasmante !
8-La Part des Anges
Ken Loach nous livre un film léger et optimiste, prouvant qu’il est peut-être encore plus à l’aise dans ce domaine que dans celui du drame social.
9-Avengers
La grosse production de Marvel de l’année. Une sorte de best of qui à grand coup d’effets spéciaux et d’adrénaline a su séduire des millions de spectateurs.
10-Les Mondes de Ralph
Le meilleur film d’animation de l’année. Certes, il séduira en particulier les nostalgiques du Commodore 64 dont je fais partie, mais aussi tous les amateurs d’aventures rythmées et imaginatives.
11-Prometheus
Oui, je sais, j’ai été un des rares à avoir été autant enthousiaste à propos de ce film, que la plupart ont aimé détesté. Mais je suis rentré dans cette histoire dès les premières secondes, sans jamais en ressortir, porté par la caméra sublime de Ridley Scott.
Enfin, hors classement, Amour, Palme d’Or du dernier Festival de Cannes. En effet, le film de Michael Haneke m’a inspiré des sentiments aussi extrêmes que contradictoires. Un film qui m’a autant bouleversé que j’ai pu le trouver voyeur et malsain. Bref, à la fois le meilleur et le pire film de 2012.

Qui dit comédie policière, dit enquête policière. Cet aspect de De l’Autre Côté du Périph’ manque quand même légèrement d’intérêt. Au mieux, il constitue un support à l’humour, mais certainement pas une raison à part entière d’aller voir le film. Certes, on ne va pas voir ce film pour assister à un thriller palpitant, mais ça n’aurait pas gâché le tout de l’enrichir par une intrigue un peu plus épaisse et inattendue de ce côté du scénario.
L’Odyssée de Pi est aussi une belle réussite technique. En effet, le tigre est entièrement réalisé en images de synthèse et on doit bien avouer que le résultat est assez bluffant. Si on ajoute à ça la qualité de réalisation de Ang Lee, le film reste esthétiquement très agréable, alors qu’un décor aussi uniforme et plat que l’immensité océane n’est pas forcément facile à mettre en valeur. Cela participe à la part de rêve que nous apporte ce film. 
Main Dans la Main est un film riche qui ne se contente pas d’être une comédie romantique. Il nous parle de danse, des relations familiales, de la jalousie, de la maladie, du deuil… Des aspects plus ou moins graves, mais toujours traités avec cette même poésie qui permet au propos de n’être jamais alourdi. Valérie Donzelli a cette incroyable faculté de nous parler de tout avec ce regard si particulier qui fait tout le charme de son cinéma.
Au niveau casting, la grande interrogation portant sur Martin Freeman dans le rôle de Bilbo. Un acteur quasi inconnu, si ce n’est à travers quelques obscurs seconds rôles. Force est de constater qu’il s’en sort haut la main et donne vie à son personnage. La même remarque vaut pour Richard Armitage qui incarne Thorin, le chef des nains. Quant à Ian McKellen, il continue d’être Gandalf. Il s’est définitivement et à jamais. Tout cela souligne que Peter Jackson est aussi un merveilleux directeur d’acteurs, ce qui est est trop peut souvent souligné !… J’allais oublier Adam Serkis… Comment oublié Gollum ? Il restera à jamais la plus grande star de tous ces films ! 
Populaire est aussi une réussite grâce à son côté nostalgique et rétro. Ce film, c’est un peu le Mad Men à la française, faisant revivre le temps où le couple patron-secrétaire était à la base de toutes les entreprises de France. Un temps où les femmes tapaient à la machine et faisait le café, tandis que les hommes dirigeaient et fumaient le cigare… Non, je n’ai pas dit que c’était le bon temps ! En tout cas, ce film jette un regard ironique et tendre sur cette époque sur lequel il nous livre sûrement un regard quelque peu idyllique. Mais encore une fois, on est ici dans du pur divertissement. 
Visuellement, les Mondes de Ralph est particulièrement réussi. En effet, au-delà de la technique pure et simple, les auteurs ont réussi à réunir en un seul univers cohérent des personnages et des éléments graphiques très différents à la base. Intégrer des « pixels » venus de 30 d’histoire des jeux vidéos dans un seul et même décor a du demandé une bonne dose d’imagination et surtout beaucoup de talents.
Il est vrai qu’il est toujours injuste de faire la critique d’une œuvre en la comparant à une autre, surtout quand cette dernière est un pure chef d’œuvre. Mais Cogan : Killing Them Softly rappelle vraiment trop le cinéma de Tarantino pour que je puisse l’éviter. Le problème, c’est que dans le cinéma de ce dernier, les longues discutions sont suivies de moments de bruit et de fureur et tout l’intérêt est dans le contraste entre ces deux ambiances qui se succèdent soudainement. Ici, il n’y a rien qui succède au bavardage, sinon un total désintérêt.
Visuellement, Cinq Légendes est plaisant. L’animation est fluide, mais existe-t-il encore des films d’animation où elle ne l’est pas ? Les personnages principaux et secondaires ont un look sympathique qui contribue à les rendre attachants. Là encore, rien de vraiment inoubliable, ni de terriblement imaginatif. Mais au moins, c’est efficace et cela atteint son but.
On retrouve dans Thérèse Desqueyroux tout ce qui a toujours fait le charme du cinéma de Claude Miller. Une caméra très sensible qui sait capter à merveille les émotions des personnages. Il met en valeur ses personnages, ses acteurs, sans en oublier un seul. Il donne à chacun d’eux une réelle épaisseur qui nous permet de comprendre leurs relations et leur comportements respectifs. Sa narration n’est jamais manichéenne et chacun aura sa part de lumière et d’ombre.
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