PALMARES 2012, UNE FOIS !

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bulhead2012 ne restera pas comme l’année la plus inoubliable de l’histoire du 7ème art. Beaucoup de bons films, mais pas de futurs chefs d’œuvre intemporels. Je n’ai classé que 11+1 films cette année, seulement un de moins qu’en 2011, mais loin des 28 films de 2009 et des 23 de 2010. Certes, j’ai relevé mes critères d’exigence pour donner la note maximale à un film (soit 5 étoiles sur Ciao, la condition pour figurer dans ce palmarès), mais cela n’explique pas tout.

2012 restera surtout une année aussi médiocre pour le cinéma français qu’elle fut exceptionnelle en 2011 (3 films dans les 4 premiers). Résultat : aucun film purement hexagonal au palmarès. Je peux admettre que De Rouille et d’Os aurait pu y avoir sa place, mais j’ai définitivement du mal avec le manque de rythme des films de Jacques Audiard, auxquels je reconnais d’extraordinaires qualités par ailleurs. Reste le cas Amour, production franco-autrichienne, mais qui tient une place particulière dans ce classement.

Le grand vainqueur de ce palmarès reste notre voisin belge, Bullhead étant pour moi le film de l’année. Hasta la Vista n’est pas loin non plus. 1er et 4ème, voilà une performance inattendue pour un cinéma rarement présent sur nos écrans. Dans deux styles totalement différents, il nous a pourtant livré deux grands moments de pur bonheur cinématographique.

C’est donc logiquement que, niveau interprétation, je mettrai en avant Matthias Schoenaerts, révélé par Bullhead et confirmé par De Rouille et d’Os. A revoir très vite ! Chez les femmes, je saluerai l’a performance époustouflante d’Emmanuelle Riva dans Amour. Une performance qui paraît-il pourrait l’emmener jusqu’aux Oscars.

1-Bullhead
LE film surprise de l’année et au final, pour moi, LE film de l’année. Un film noir d’une grande force, dans un milieu inattendu, celui des éleveurs bovins des Flandres.

2-Margin Call
La crise a inspiré les cinéastes depuis quelques années, mais jamais avec autant de bonheur que Margin Call. Même sans être agrégé d’économie, on reste fasciné par le mécanisme qui peut conduire une société financière à faire couler toute l’économie pour sauver la peau de ses actionnaires.

3-Skyfall
James Bond est définitivement de retour, dans cet épisode qui remet tout à plat et qui surtout nous parle enfin de l’homme derrière le smoking.

4-Hasta la Vista
2011 avait Intouchables, 2012 a Hasta la Vista, l’histoire de trois handicapés qui vont traverser l’Europe pour connaître les plaisirs de la chair dans un club spécialisé en Espagne. Un film dont on sort avec une immense joie de vivre !

5-Argo
Ben Affleck gagne définitivement ses galons de grand réalisateur avec ce polar maîtrisé de bout en bout. Récit historique, sans esbroufe, où la mise en scène crée une incroyable tension sans avoir besoin de multiplier les péripéties spectaculaires.

6-La Taupe
Un grand film d’espionnage, porté par un casting brillantissime et une réalisation d’un esthétisme foudroyant. L’univers de John le Carré enfin porté à l’écran dans toute sa force et sa complexité.

7-Starbuck
La très bonne surprise francophone de l’année. Une comédie humaniste enthousiasmante !

8-La Part des Anges
Ken Loach nous livre un film léger et optimiste, prouvant qu’il est peut-être encore plus à l’aise dans ce domaine que dans celui du drame social.

9-Avengers
La grosse production de Marvel de l’année. Une sorte de best of qui à grand coup d’effets spéciaux et d’adrénaline a su séduire des millions de spectateurs.

10-Les Mondes de Ralph
Le meilleur film d’animation de l’année. Certes, il séduira en particulier les nostalgiques du Commodore 64 dont je fais partie, mais aussi tous les amateurs d’aventures rythmées et imaginatives.

11-Prometheus
Oui, je sais, j’ai été un des rares à avoir été autant enthousiaste à propos de ce film, que la plupart ont aimé détesté. Mais je suis rentré dans cette histoire dès les premières secondes, sans jamais en ressortir, porté par la caméra sublime de Ridley Scott.

Enfin, hors classement, Amour, Palme d’Or du dernier Festival de Cannes. En effet, le film de Michael Haneke m’a inspiré des sentiments aussi extrêmes que contradictoires. Un film qui m’a autant bouleversé que j’ai pu le trouver voyeur et malsain. Bref, à la fois le meilleur et le pire film de 2012.

 

DE L’AUTRE COTE DU PERIPH’ : Du mauvais côté de la caricature

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delautrecoteduperiphafficheS’inspirer de choses qui ont marché ressemble à une démarche plutôt intelligente et sensée. Mais en termes de création artistique, quand cela se voit un peu trop, cela peut devenir quelque peu embêtant. Et qu’est ce qui a mieux marché qu’Intouchables ? On pouvait donc s’attendre à l’arrivée de films marchant sur ses traces. C’est le cas de De l’Autre Côté du Périph’, une comédie policière, où on retrouve Omar Sy… qui n’aura certainement pas le César du Meilleur Acteur pour ce rôle.

A côté du corps sans vie de Christine Chaligny, femme du Président du MEDEF, deux flics que tout sépare. D’un côté, François Monge, de la brigade criminelle de Paris. De l’autre, Ousmane Dakhité de la brigade financière de Bobigny. Les deux hommes vont devoir cohabiter et mener l’enquête ensemble. Pour le meilleur et pour le pire.

Certes, cette fois-ci, pas d’histoire de handicap, mais centrer un film sur le choc des cultures entre le Parisien caricatural et le banlieusard qui ne l’est pas moins, avec Omar Sy en vedette, avouez qu’il est difficile de ne pas faire le parallèle. Malheureusement, il n’est pas en faveur de De l’Autre Côté du Périph’. Mais même au-delà de la comparaison, il serait difficile de s’enthousiasmer pour cette comédie inégale et parfois bancale.

Jouer sur le contraste entre deux clichés est un ressort comique classique et on peut comprendre que l’on amplifie quelque peu les différences pour les besoins de la cause. Mais il faut alors que le résultat soit vraiment irréprochable, vraiment très drôle, pour que l’on oublie la grosse ficelle. De l’Autre Côté du Périph’ alterne le très amusant avec le franchement lourdingue et facile, sans jamais passer par la case hilarant. Je serais injuste si je disais que j’ai passé un mauvais moment et que je n’ai jamais ri, mais on a tellement fait mieux dans le genre que je ne peux le conseiller que pour une soirée télévisée pluvieuse.

Etant banlieusard d’une banlieue qui ne ressemble pas vraiment à une banlieue, en tout cas pas celle décrite dans De l’Autre Côté du Périph’, j’ai bien du mal à trancher pour dire quel est le côté du boulevard est le mieux décrit. Le flic de Bobigny nous apparaît plus sympathique que le hautain Parisien, mais il possède aussi ses mauvais côtés. Du coup, les reproches que lui adressent son collègue, même exprimés de manière assez méprisante, sont souvent mérités. Bref, tout ça m’a empêché d’adorer ces personnages, même s’ils se révèlent bien sûr beaucoup plus « aimables » sur la fin, et au final d’adorer le film dans son ensemble.

delautrecoteduperiphQui dit comédie policière, dit enquête policière. Cet aspect de De l’Autre Côté du Périph’ manque quand même légèrement d’intérêt. Au mieux, il constitue un support à l’humour, mais certainement pas une raison à part entière d’aller voir le film. Certes, on ne va pas voir ce film pour assister à un thriller palpitant, mais ça n’aurait pas gâché le tout de l’enrichir par une intrigue un peu plus épaisse et inattendue de ce côté du scénario.

La performance d’Omar Sy dans De l’Autre Côté du Périph’ est un peu à l’image du film. On a parfois l’impression qu’il se caricature lui-même. On est loin de sa justesse dans Intouchables et il ressemble pour le coup un peu trop à tous ces comiques issus de la télévision qui n’ont jamais su trouver le ton juste sur grand écran. On lui préfèrera Laurent Laffite, pas non plus éblouissant, mais qui est tout de même nettement plus convaincant.

De l’Autre Côté du Périph’ rassemble les éléments pour être une comédie policière vraiment réussie. Malheureusement, il ne l’est au final qu’à moitié.

Fiche technique :
Production : Mars films, Mandarin cinéma, M6 films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : David Charhon
Scénario : Julien War, Rémy Four, David Charhon
Montage : Stéphane Pereira
Photo : Alain Duplantier
Décors : Thierry Chavenon
Musique : Ludovic Bource
Durée : 96 mn

Casting :
Omar Sy : Ousmane Diakhaté
Laurent Lafitte : François Monge
Sabrina Ouazani : Yasmine
Lionel Abelanski : Cardinet
Youssef Hajdi : Giovanni / Nabil
Maxime Motte : Van Gogh
André Marcon : Chaligny
Zabou Breitman : Morland
Katia Tchenko : Réjanne

L’ODYSSEE DE PI : Un gars, un tigre

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lodysseedepiafficheDans la longue série des films dont la bande-annonce ne me donnait absolument pas envie, mais que des critiques positives m’ont poussé à aller voir, voici L’Odyssée de Pi. Un film que je n’ai failli par suivre jusqu’au bout car la 3D, une intrigue située essentiellement sur un bateau, conjuguées avec une huître du Réveillon qui n’était bien passée, ont été à deux doigts de me faire… Bref, je ne vais pas vous faire un dessin. Mais j’ai tout de même pu apprécier le spectacle proposé.

Pi et sa famille gèrent le zoo de Pondichéry. Mais la suppression des soutiens publics vont les forcer à vendre leurs animaux au zoo de Winnipeg et à s’embarquer avec eux pour le Canada. Malheureusement, une terrible tempête va faire sombrer le navire. Le jeune homme va alors se retrouver seul sur une chaloupe, au milieu de l’océan. Enfin seul en tête à tête avec Richard Parker… un tigre du Bengale.

L’Odyssée de Pi se situe dans la tradition des récits de survie, popularisée par Robinson Crusoé. Le cœur de l’intrigue est donc assez mince. Pourtant, le début du film va vous faire penser qu’il s’agit d’un film riche d’aventures variées et extraordinaires. Evidemment, le récit est raconté en flash-back (c’est le contraire qui est désormais étonnant) et est entrecoupé de dialogues pas très intéressants entre le héros devenu adulte et un écrivain. Tout cela donne un film assez long, deux bonnes heures, dont une bonne partie n’a vraiment rien d’indispensable, si ce n’est nous livrer des discours pseudo-philosophiques.

Reste tout de même ce long face à face entre l’homme et l’animal. J’avoue n’être vraiment pas fan de ce genre de récit, qui tourne vite à la projection anthropomorphique. L’Odyssée de Pi échappe à ce défaut car il intègre justement cet aspect dans la réflexion, sans aboutir justement à la conclusion « mais oui les animaux ont une âme et des sentiments ». Elle est au final beaucoup subtile et nuancée que cela.

De toute façon, L’Odyssée de Pi reste avant tout un film d’aventures. On peut même regretter qu’il n’ait pas vraiment cherché à n’être que ça. Car l’aspect survie et cohabitation avec un animal sauvage et dangereux constitue tout de même un spectacle plaisant. Certes, être coincé sur une chaloupe au beau milieu de l’océan n’offre pas forcément la possibilité de proposer des aventures variées, mais le récit arrive à être assez imaginatif pour maintenir une tension constante et entretenir la curiosité du spectateur. Ca manque peut-être d’un véritable souffle épique pour valoir le terme d’odyssée, mais au moins cela reste distrayant et même surprenant par moment.

lodysseedepiL’Odyssée de Pi est aussi une belle réussite technique. En effet, le tigre est entièrement réalisé en images de synthèse et on doit bien avouer que le résultat est assez bluffant. Si on ajoute à ça la qualité de réalisation de Ang Lee, le film reste esthétiquement très agréable, alors qu’un décor aussi uniforme et plat que l’immensité océane n’est pas forcément facile à mettre en valeur. Cela participe à la part de rêve que nous apporte ce film.

Si le tigre est peut-être la plus grande star de L’Odyssée de Pi, il serait injuste de ne pas souligner la qualité du jeu de Suraj Sharma. Il n’est peut-être pas particulièrement charismatique, son interprétation est plus sobre que spectaculaire, mais il arrive tout de même à nous faire croire à toutes ces circonstances improbables.

L’Odyssée de Pi est un film plaisant, malheureusement quelque peu alourdi par des considérations philosophiques plus mièvres qu’intéressantes.

Fiche technique :
Production : Fox 2000 Pictures, Haishang Films, Rythm and Hues
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Ang Lee
Scénario : David Magee, d’après le roman de Yann Martel
Montage : Tim Squyres
Photo : Claudio Miranda
Décors : David Gropman
Musique : Mychael Danna
Effets spéciaux : Rythm and Hies, Animal Makers, BUF, Plowman Craven, Crazy Horse Effects
Durée : 127 mn

Casting :
Suraj Sharma : Pi Patel
Irrfan Khan : Pi Patel adulte
Ayush Tandon : Pi Patel à 11 ans
Adil Hussain : Santosh Patel
Tabu : Gita Patel
Rafe Spall : l’écrivain
Gérard Depardieu : le cuisinier

MAIN DANS LA MAIN : L’amour pot de colle

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maindanslamainaffichePour moi, personnellement, à mon humble point de vue, La Guerre Est Déclarée a été le meilleur film français (et presque tout court, ayant uniquement placé The Tree of Life au-dessus de lui) de 2011. Valérie Donzelli revient cette année avec Main Dans la Main, un film beaucoup plus léger et, disons-le, beaucoup moins marquant. Mais un film qui confirme toutes les qualités de cette réalisatrice qui ne bride pas son imagination.

Joachim vit une relation fusionnelle avec sa sœur Véro. Modeste employé d’une miroiterie de province, il croise pas hasard Hélène, directrice de l’école de danse de l’Opéra Garnier. Entre eux se produit une sorte de coup de foudre soudain et surtout très bref. Mais il reste inexplicablement incapable de se séparer.

Main Dans la Main est une sorte de comédie romantique fantaisiste et poétique. Une sorte car ce film reste relativement inclassable, partant d’une idée de base assez farfelue où deux personnages que tout sépare reste collés l’une à l’autre par une force mystérieuse et irrésistible. Mais le tout est amené avec une sorte de candeur rafraîchissante qui nous permet de l’accepter et d’entrer immédiatement dans cette très belle histoire.

Le cinéma de Valérie Donzelli a ceci de remarquable qu’il s’affranchit des codes, des conventions, voire même de la réalité, mais sans jamais donner l’impression d’être dans une recherche expérimentale. Tout cela semble naturel car bercé d’une douce poésie, aussi bien au niveau du scénario que visuellement. Main Dans la Main est film terriblement imaginatif, peut-être moins que la Guerre Est Déclarée, mais suffisant pour nous le faire aimer alors qu’il ne repose sur pas grand chose à part une idée saugrenue.

Le ton de Main Dans la Main est une comédie légère, parfaite pour cette fin d’année, à l’image de ce qu’avait été l’année dernière les Emotifs Anonymes. Une hymne à l’irrationalité de l’amour, sans pour autant livrer le moindre bons sentiments ou messages lourdingues. Un film qui nous allège le cœur et l’esprit. Le tout est parcouru d’un très léger souffle érotique, qui fera de Valérie Lemercier un objet de désir. Un exploit comparable à Le Plaisir de Chanter qui avait rendu Laurant Deustch sexy.

maindanslamainMain Dans la Main est un film riche qui ne se contente pas d’être une comédie romantique. Il nous parle de danse, des relations familiales, de la jalousie, de la maladie, du deuil… Des aspects plus ou moins graves, mais toujours traités avec cette même poésie qui permet au propos de n’être jamais alourdi. Valérie Donzelli a cette incroyable faculté de nous parler de tout avec ce regard si particulier qui fait tout le charme de son cinéma.

Bon, Main Dans la Main a quand même un petit défaut. Il est quelque peu surjoué. J’adore Valérie Donzelli, la réalisatrice, mais l’actrice en fait parfois un peu trop dans le expressions, suivi de près par son éternel compagnon (même s’ils ne sont plus ensemble dans la vie) Jérémie Elkaïm qui lui aussi nous livre un jeu parfois un peu forcé. Cela constitue la vraie limite de ce film, sans que cela ne gâche le plaisir outre mesure. De plus, tout cela est en grande partie compensé par la prestation magnifique et étonnante de Valérie Lemercier que j’ai déjà évoqué plus haut.

Main Dans la Main est une des bonnes surprises de cette fin d’année. Enfin, connaissant le talent de Valérie Donzelli, peut-on encore parler de surprise ?

Fiche technique :
Production : Wild Bunch, Rectangle Productions, Scope Pictures, France 3 cinéma
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Valérie Donzelli
Scénario : Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, Gilles Marchand
Montage : Pauline Gaillard
Photo : Sébastien Buchmann
Décors : Gaëlle Usandivaras
Son : André Rigaut
Musique : Peter Von Poehl
Durée :
85 mn

Casting :
Valérie Donzelli : Véro
Béatrice de Staël : Constance De La Porte
Jérémie Elkaïm : Joachim Fox
Valérie Lemercier : Hélène Marchal
Serge Bozon : Jean-Pierre

LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU : Un voyage tant attendu

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lehobbitafficheIl y a des films inattendus, surprenants, que l’on voit par hasard, sans savoir à quoi s’attendre. Et puis, il y a ceux que l’on a attendu, espéré, imaginé mille fois avant leur sortie. On a compté les jours, espéré avoir le temps de le voir le plus rapidement possible. On est fou d’impatience, mais aussi tiraillé d’une certaine appréhension, une peur d’être déçu par rapport à nos attentes. Le Hobbit : Un Voyage Inattendu fait partie de ces films là.

Bilbo est un hobbit tout ce qu’il y a de plus paisible. Bref, un hobbit… Quelle surprise de voir débarquer chez lui le magicien Gandalf et treize nains à sa suite ! Tout ça pour lui proposer une aventure… Une aventure, voilà quelque chose que ne recherche pas un hobbit… Mais Bilbo n’est pas vraiment un hobbit comme les autres…

Qu’il est difficile de livrer une critique objective d’un film comme Le Hobbit : Un Voyage Inattendu. En effet, Bilbo, le Hobbit est le livre que j’ai le plus lu dans ma vie. L’univers Tolkien occupe une place importante dans mon imaginaire, il est donc difficile de se mettre dans la peau d’un spectateur qui s’y plongerait pour la première fois. Et au-delà de ça, une adaptation d’une œuvre aussi connue est de toute façon compliquée à juger car à travers le film, doit-on uniquement évaluer la qualité de la retranscription à l’écran ou bien doit aussi commenter le livre dont il est issu ?

En effet, Le Hobbit : Un Voyage Inattendu se heurte aux mêmes limites que le livre. Bilbo, le Hobbit n’est pas Le Seigneur des Anneaux. Moins complexe, moins sombre, moins riche, plus enfantin, plus accessible, plus linéaire. Et c’est exactement la même chose avec le film. Certes, Peter Jackson a essayé de rétablir un certain équilibre en puissant des éléments dans les annexes du Seigneur des Anneaux pour enrichir l’histoire et surtout créer des ponts avec ce dernier. Mais cela ne change pas grand chose, sinon donner l’impression, très légère, qu’il ne sait pas toujours tout à fait quel ton employer.

Après, au-delà de ça, est-ce que je me suis ennuyé une seule seconde ? La réponse est clairement non ! Est-ce que j’ai cessé, ne serait-ce qu’un instant, d’écarquiller les yeux d’émerveillement en voyant devenir vivant ce que j’avais toujours imaginer ? La réponse est clairement non ! Est-ce que j’irai le revoir ? La réponse est clairement oui ! Mais ça ne sera pas huit fois comme pour le Retour du Roi.

Peter Jackson a donné vie à la Terre du Milieu sur grand écran et tous les fans (ou presque) reconnaissent qu’il l’a fait avec un amour de l’œuvre initiale suffisante pour ne jamais la trahir, malgré des écarts minimes. Il continue avec Le Hobbit : Un Voyage Inattendu et toujours avec la même maestria. Le film est magique au-delà des prouesses techniques et le magnificence des décors, des costumes et des effets spéciaux. Il est toujours porté par un souffle épique assez unique, celui qui continue de rendre totalement accro tous les fans de Tolkien. Je suis même heureux au final qu’il est porté le projet jusqu’au bout. Pas sûr que Guillermo Del Toro aurait su conduire l’adaptation avec autant de respect et de déférence.

Beaucoup de critiques ont souligné que le film était sans surprise. Mais va-t-on voir l’adaptation d’un roman aussi populaire, d’un univers possédant des fans aussi pointilleux pour être surpris ? Bien sûr que non ! La remarque n’a pas de sens. Vous trouverez dans Le Hobbit : Un Voyage Inattendu exactement ce que vous attendez. Et nombreux auraient été les spectateurs à ne jamais pardonner à Peter Jackson s’il en avait été autrement. Même avec les limites que j’ai évoqué plus haut…

lehobbitAu niveau casting, la grande interrogation portant sur Martin Freeman dans le rôle de Bilbo. Un acteur quasi inconnu, si ce n’est à travers quelques obscurs seconds rôles. Force est de constater qu’il s’en sort haut la main et donne vie à son personnage. La même remarque vaut pour Richard Armitage qui incarne Thorin, le chef des nains. Quant à Ian McKellen, il continue d’être Gandalf. Il s’est définitivement et à jamais. Tout cela souligne que Peter Jackson est aussi un merveilleux directeur d’acteurs, ce qui est est trop peut souvent souligné !… J’allais oublier Adam Serkis… Comment oublié Gollum ? Il restera à jamais la plus grande star de tous ces films !

Encore une fois Bilbo, le Hobbit n’est pas le Seigneur des Anneaux. Leur adaptation suit la même règle. Mais Le Hobbit : Un Voyage Inattendu reste un morceau de l’imaginaire occidental superbement mis en image. Un beau moment de l’histoire du cinéma pour un grand moment de l’histoire de la littérature.

Fiche technique :
Production : New Line Cinema, MGM, Wingnut Films, Warner Bros
Distribution : Warner Bros, Entertainment France
Réalisation : Peter Jackson
Scénario : Fran Walsh, Philippa Boyens, Peter Jackson, Guillermo Del Toro, d’après l’oeuvre de J.R.R. Tolkien
Montage : Jabez Olssen
Photo : Andrew Lesnie
Décors : Dan Hennah
Musique : Howard Shore
Effets spéciaux : Joe Letteri, Weta Digital, Weta Workshop
Durée : 165 mn

Casting :
Ian McKellen : Gandalf
Martin Freeman : Bilbo
Richard Armitage : Thorin
Keb Scott : Balin
Andy Serkis : Gollum
Hugo Weaving : Elrond
Cate Blanchett : Galadriel
Christopher Lee : Saroumane
Ian Holm : Bilbo âgé

POPULAIRE : N’est pas populaire sans raison

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populaireaffichePourquoi le cinéma divertissant, un peu cousu de fil blanc, jamais prise de tête serait-il réservé à Hollywood ? Bref pourquoi le cinéma populaire n’aurait-il droit de cité que de l’autre côté de l’Atlantique ? Vous pouvez apprécier ici mon sens inné de la transition habile puisque je vais justement vous parler du film justement intitulé Populaire. Impressionnant non ?

Rose vit dans un petit village de Normandie, avec comme seule perspective d’épouser le fils du garagiste. Elle décide alors de vivre sa vie, de s’émanciper, de vivre de grandes aventures en devenant… secrétaire à Lisieux… Le problème est qu’elle ne brille pas vraiment pour son efficacité. Par contre, elle a un don pour taper à la machine. Un don que va chercher à exploiter son patron pour en faire une grande championne.

Populaire ne brille vraiment pas par un scénario plein de surprises et de suspense. Tout se déroule exactement comme on s’y attend, sans jamais dévier d’un seul mètre de la voix royale sur laquelle avance tranquillement l’intrigue. Vont-ils finir par tomber follement amoureux l’un de l’autre ? Va-t-elle devenir championne de Basse-Normandie ? De France ? Du Monde ? Je ne dévoilerai évidemment pas les réponses… Je vous dirai simplement que les réponses sont exactement celles que vous pouvez facilement imaginer.

Populaire est donc une comédie romantique comme Hollywood en produit beaucoup. En France, le genre est moins fréquent, même si Romain Duris semble en devenir le spécialiste après l’Arnacoeur. Enfin, ce film est quand même très loin de la qualité de ce dernier. Il lui manque en effet des seconds rôles vraiment marquants et un humour réellement corrosif. Si on veut positiver, on dira qu’il va droit à l’essentiel, mais c’est une façon quelque peu élégante de souligner une certaine pauvreté.

Cependant, malgré tout, Populaire fonctionne. Il fonctionne parce que le couple est convaincant et terriblement attachant. C’est souvent suffisant pour rendre une comédie romantique plaisante à suivre et c’est bien le cas de ce film. On sait bien qu’ils vont finir ensemble (oups, désolé…), mais on a envie de savoir comment ils vont abattre tous les obstacles qui les séparent. LEur histoire d’amour devrait être simple et immédiate, mais elle va évidemment passer par bien des péripéties pour enfin voir le jour. La recette est connue, pour ne pas dire archi-connue, mais on ne s’en lasse pas quand c’est bien fait.

populairePopulaire est aussi une réussite grâce à son côté nostalgique et rétro. Ce film, c’est un peu le Mad Men à la française, faisant revivre le temps où le couple patron-secrétaire était à la base de toutes les entreprises de France. Un temps où les femmes tapaient à la machine et faisait le café, tandis que les hommes dirigeaient et fumaient le cigare… Non, je n’ai pas dit que c’était le bon temps ! En tout cas, ce film jette un regard ironique et tendre sur cette époque sur lequel il nous livre sûrement un regard quelque peu idyllique. Mais encore une fois, on est ici dans du pur divertissement.

Une comédie romantique repose forcément sur un duo d’acteurs. Dans le rôle de l’homme, Romain Duris. Je ne pourrai exprimer en quelques lignes toute l’admiration et surtout l’affection que j’ai pour cet acteur, qui confirme encore une fois ici l’étendu de son talent et de son charme. En face de lui, il a du répondant en la personne de Déborah François, une étoile montante du cinéma français, qui rivalise largement dans la séduction qu’elle exerce sur le spectateur. C’est avant tout grâce à eux que le film fonctionne aussi bien.

Populaire n’est certainement pas le film de l’année, mais un moyen efficace et réussi pour passer un bon moment.

Fiche techique :
Production : Les Productions du Trésor, Panache productions, CCE, Mars Films
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Regis Roinsard
Scénario : Regis Roinsard, Daniel Presley, Romain Compingt
Montage : Sophie Reine, Laure Gardette
Photo : Guillaume Schiffman
Décors : Sylvie Olive
Son : Pierre Mertens, Olivier Ranquet
Maquillage : Thi-Thanh-Tu Nguyen
Durée : 111 mn

Casting :
Romain Duris : Louis Echard
Déborah François : Rose Pamphyle
Frédéric Pierrot : Jean Pamphyle
Marius Colucci : Lucien Echard
Eddy Mitchell : Georges Echard
Bérénice Béjo : Marie Taylor
Miou-Miou : Madeleine Echard
Mélanie Bernier : Annie Leprince Ringuet
Nicolas Bedos : Gilbert Japy

LES MONDES DE RALPH : Nostalgique du pixel

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lesmondesderalphafficheDeuxième prétendant au titre de film d’animation de cette fin d’année, Les Mondes de Ralph. Si le premier, Les Cinq Légendes, était sympathique et distrayant, celui-là est une taille nettement au-dessus. Parce qu’il saura parler aussi bien aux plus jeunes évidemment, mais aussi à leurs parents, surtout si ces derniers ont découvert les jeux vidéos dans les années 80 et 90.

La nuit, dans une salle d’arcade, tous les personnages des jeux vidéos vivent leur vie. Parmi eux, Ralph, le méchant d’une borne vieille de près de 30 ans. Il suit avec d’autres une thérapie pour accepter son rôle de vilain. Mais au fond de lui, il rêve d’être un héros et d’être enfin accepté par les autres acteurs du jeu dans lequel il évolue. Il se décide alors de prendre son destin en main et de commettre un acte interdit : quitter son jeu pour évoluer dans un autre qui lui apportera gloire et reconnaissance.

La nuit, Ralph se rend au bar du serveur central, où tous les personnages peuvent se retrouver une fois la salle fermée… Un bar tenu par Tapper… Alors là évidemment, pour la plupart des gens, cela n’évoque pas grand chose. Mais les quelques uns, qui ont, comme moi, joué pendant des heures sur leur Commodore 64, leur Atari ou leur Amstrad à ce jeu où il fallait servir des bières à des clients de plus en plus nombreux et pressés, ressentiront une bouffée de nostalgie très agréable. J’avais 8 ans et je trouvais ça génial !

Les Mondes de Ralph est plein de ces petites références. Certaines sont plus actuelles, avec la présence de Ken et Ryu de Street Fighter II et les inévitables Mario, Luigi et Bowser. Une multitude de clins d’œil à la culture vidéoludique… mais pas trop non plus ! En effet, la grande force de ce film, à mon sens, c’est d’avoir su éviter de se transformer en une usine à références pour nostalgiques. Elles apportent un vrai plus pour ceux qui savent les saisir, mais ne constituent que des détails accessoires. Ceux qui passent leur journée à regarder les vidéo du Joueur du Grenier trouveront peut-être cet aspect un peu trop léger, mais je crois que l’équilibre trouvé est le bon pour séduire le plus large public possible.

Car si j’ai vraiment adoré Les Mondes de Ralph, c’est avant tout parce qu’il nous propose un rythme soutenu d’aventures, d’action et d’humour. Rien de bien révolutionnaire, mais des péripéties variées et nombreuses. Bien sûr, tout cela est parfois un peu cousu de fil blanc et peuplé de bons sentiments. Cependant, ce film possède ce petit rien de second degré qui manquait notamment à Les Cinq Légendes. On retrouve ce qui a toujours fait le succès de Pixar, c’est à dire des histoires accessibles aux enfants, mais qui ne le prennent pas pour des crétins et qui peuvent ainsi aussi plaire au plus grands. Bien sûr le message sur « c’est bien d’être différent » sent peut-être un peu le réchauffé, mais je le trouve toujours plus sain que la célébration de la norme et de l’ordre que propose parfois le cinéma.

Pour moi, la plus grande force de Les Mondes de Ralph reste ses personnage incroyablement attachants. Ils possèdent chacun leur personnalité propre, sans être pour autant des archétypes. Ou plutôt si, des archétypes de héros (ou méchants) de jeux vidéos, mais pour lesquels on découvrirait qui ils sont vraiment une fois qu’ils rentrent à la maison après leur mission. Le tout fonctionne très bien, ce qui permet au spectateur de rentrer au cœur de l’histoire dès les premières minutes pour ne plus jamais en sortir.

lesmondesderalphVisuellement, les Mondes de Ralph est particulièrement réussi. En effet, au-delà de la technique pure et simple, les auteurs ont réussi à réunir en un seul univers cohérent des personnages et des éléments graphiques très différents à la base. Intégrer des « pixels » venus de 30 d’histoire des jeux vidéos dans un seul et même décor a du demandé une bonne dose d’imagination et surtout beaucoup de talents.

Le casting voix est sympa, avec John C. Reilly qui retrouve en dessin les rôles de brave type que l’on regarde avec un rien de condescendance qu’il incarne d’habitude en chair et en os. On soulignera aussi la performance de Sarah Silverman, une humoriste américaine qui arrive vraiment à donner un supplément d’âme au personnage qu’elle double.

Les Mondes de Ralph est un film qui séduira à coup sûr les nostalgiques. Mais les autres pourront tout à fait eux aussi apprécier ses aventures menées avec humour et entrain.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Rich Moore
Scénario : Phil Johnston, Jennifer Lee
Montage : William J. Caparella
Musique : Henry Jackman, Randy Newman
Effets spéciaux : Cesar Velazquez
Directeur artistique : Mike Gabriel, Jean-Marc Pannetier
Durée : 101 mn

Casting :
Sarah Silverman : Vanellope
John C. Reilly : Ralph

COGAN : KILLING THEM SOFTLY : Pâle copie

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coganafficheOn peut être considéré comme un grand réalisateur lorsque l’on devient une source d’inspiration pour les autres. Si on suit cette définition, alors Quentin Tarantino est un immense réalisateur. Bon, de mon point de vue, quelque soit la définition choisie, on pourrait de toute façon lui coller ce qualificatif. Mais là n’est pas le débat. Je suis ici pour vous parler de Cogan : Killing Them Softly, largement inspiré du cinéma de l’auteur de Pulp Fiction. Largement, si ce n’est trop ?

Trois truands décident de monter le braquage d’une salle de jeux appartenant à la mafia. Mais leur manque de professionnalisme va vite conduire l’organisation criminelle à connaître leur identité. Elle charge alors Cogan d’éliminer les trois fautifs et le tenancier du tripot. Il tente d’abord de sous-traiter de le contrat, avant de devoir se résigner à œuvrer lui-même.

Le premier problème de Cogan : Killing Them Softly est qu’il ne fait pas que s’inspirer de Quentin Tarantino. Andrew Dominic, qu’on avait connu plus inspiré dans l’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, copie, imite, plagie… Bref, il essaye de faire du Tarantino dans chaque millimètre carrée de pellicule. Le problème est qu’Andrew Dominic n’est pas Quentin Tarantino, alors le résultat est beaucoup moins bon que l’original, sans avoir la moindre parcelle de personnalité propre. Bref, cela manque franchement d’intérêt.

Le second problème, qui vient amplifier le premier, vient d’un scénario tellement minimaliste qu’on ne voit pas vraiment en quoi il est censé allumer chez le spectateur la moindre lueur d’intérêt. Le synopsis que je vous ai livré résume 80% de Cogan : Killing Them Soflty. Les 20% restants consistent en l’assassinat de quatre pauvres types par un professionnel efficace. Bonjour le suspense ! Evidemment, Andrew Dominic pensait nous charmer par ses longs dialogues, ce qui font le charme du cinéma de Tarantino… quand Tarantino est derrière la caméra.

Il ne reste plus qu’à Cogan : Killing Them Softly sa réalisation. Adrew Dominic garde quand même un sens de l’image de la composition aiguisé. Il nous livre donc un beau film, au-delà de son manque total d’intérêt. Evidemment, c’est loin d’être suffisant pour empêcher le spectateur de s’ennuyer ferme en attendant que le film commence vraiment, ce qui n’arrive malheureusement jamais. Le plaisir des yeux certes,  mais si on s’assoupit, on n’en profite guère…

coganIl est vrai qu’il est toujours injuste de faire la critique d’une œuvre en la comparant à une autre, surtout quand cette dernière est un pure chef d’œuvre. Mais Cogan : Killing Them Softly rappelle vraiment trop le cinéma de Tarantino pour que je puisse l’éviter. Le problème, c’est que dans le cinéma de ce dernier, les longues discutions sont suivies de moments de bruit et de fureur et tout l’intérêt est dans le contraste entre ces deux ambiances qui se succèdent soudainement. Ici, il n’y a rien qui succède au bavardage, sinon un total désintérêt.

Adrew Dominic a gâché un très beau casting avec comme tête d’affiche Brad Pitt. Ce dernier éclabousse Cogan : Killing Them Softly de sa classe, mais ce n’est pas suffisant pour le sauver. On appréciera également l’apparition de John Goodman en tueur décadent et celle du trop rare Ray Llota, qui ne se remettra visiblement jamais tout à fait de son rôle dans les Affranchis. Un mot enfin sur Richard Jenkins, éternel second rôle hollywoodien, mais je trouve toujours génial.

Cogan : Killing Them Soflty est donc une pâle copie de Tarantino, confirmant l’adage qui veut que rien ne vaut jamais l’original.

Fiche technique :
Production : Inferno, Annapurna Pictures, 1984 Private Defense, Plan B, Chockstone Pictures
Réalisation : Andrew Dominik
Scénario : Andrew Dominik, d’après le roman de George V. Higgins
Montage : Brian A. Kates
Photo : Greig Fraser
Décors : Patricia Norris
Distribution : Metropolitan FilmExport
Durée : 98 min

Casting :
Brad Pitt : Jackie
Scoot McNairy : Frankie
Ben Mendelsohn : Russell
James Gandolfini : Mickey
Richard Jenkins : le médiateur
Ray Liotta : Markie Trattman
Sam Shepard : Dillon
Vincent Curatola : Johnny Amato

LES CINQ LEGENDES : Froidement efficace

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lescinqlegendesafficheL’approche des Fêtes est toujours l’occasion de voir sortir sur nos écrans les traditionnels films d’animation où nous pourrons emmener nos chères têtes blondes pendant les vacances de Noël. Cette année, ça se joue avant tout entre Les Cinq Légendes et Les Mondes de Ralph. J’ai vu les deux et le vainqueur est… Ah non, un peu de suspense encore ! Commençons donc pas disserter sur le premier.

Le Croquemitaine est de retour et cherche à semer la peur chez tous les enfants. Face à lui se dressent les quatre gardiens : le Père Noël, le Marchand de Sable, la Fée des Dents et le Lapin de Pâques. Ils devront cette fois-ci demander l’aide de Jack Frost, un adolescent qui amène avec lui l’hiver et qui n’est donc pas spécialement populaire dans l’imaginaire collectif.

Pour résumer Les Cinq Légendes en deux mots, je choisirais gentillet mais distrayant. Gentillet parce qu’assez enfantin et, il est vrai, relativement dépourvu de second degré destiné aux adultes. On peut regretter un manque d’ironie et de recul, qui démontre une volonté de cibler uniquement un public très jeune. Ou du moins de s’adresser qu’à l’enfant qui dort en chacun de nous. On tient là clairement une des plus grandes limites du film, qui ne restera pas forcément dans une postérité éternelle.

Mais distrayant aussi car l’histoire est rythmée et pleine d’action. Certes, le scénario est tout sauf complexe et les rebondissements restent quelque peu limités. On passe du Monde du Père Noël, à celui du Marchand de Sable, puis à celui de la Fée des Dents pour finir chez le Lapin de Pâques en suivant toujours le même principe, ce qui donne au tout un côté un peu artificiel. Les auteurs voulaient nous montrer tous ces mondes, alors ils ont fait le nécessaire pour y parvenir sans forcément creuser très loin dans leur imagination.

Cependant, comme le rythme est là, on ne s’ennuie jamais. Le manque d’intérêt des transitions n’enlève rien au plaisir que l’on ressent dans les longues séquences beaucoup plus spectaculaires. A la fois, on est venu avant tout pour ça, pas pour la complexité de l’intrigue. Et de ce point de vue, Les Cinq Légendes nous en donne vraiment pour son argent, à la fois en quantité et en qualité. Rien de révolutionnaire certes, mais l’idée de base est plutôt sympathique et on se surprend à ressentir un certain enthousiasme et une certaine excitation enfantins par moments.

L’humour est aussi une composante importante de Les Cinq Légendes. Là encore, on pourra déplorer un manque évident de second degré. Je retiendrai surtout le moment où la Fée des Dents croise la Petite Souris et dit « c’est notre concurrent européen »… Bon si ça ne fait pas rire, au moins cela nous donne un petit cours sur les différences culturelles… A côté de ça, le film échappe presque aux bons sentiments, même s’il flirte un peu constamment avec le mièvre. Comme d’habitude, sur la fin, ça dérape un peu, mais sans non plus nous donner l’impression d’être tombé dans un pot de miel bien gluant.

lescinqlegendesVisuellement, Cinq Légendes est plaisant. L’animation est fluide, mais existe-t-il encore des films d’animation où elle ne l’est pas ? Les personnages principaux et secondaires ont un look sympathique qui contribue à les rendre attachants. Là encore, rien de vraiment inoubliable, ni de terriblement imaginatif. Mais au moins, c’est efficace et cela atteint son but.

Le casting voix de Les Cinq Légendes est assez prestigieux, avec comme tête d’affiche, le méchant doublé par Jude Law. Bon, je connais des jeunes filles qui se réjouiront surtout à l’écoute de la voix de mâle viril de Hugh Jackman. Les plus âgées aimeront celle plus mature d’Alec Baldwin. Personne par contre ne sautera au plafond en écoutant Chris Pine doubler Jack Frost, ce qu’il fait avec professionnalisme, mais sans génie, ni beaucoup de charisme.

Au final, Les Cinq Légendes peut décevoir par rapport aux standards de l’écurie Dreamworks. Mais il reste distrayant et ravira les petits et grands enfants aimant les aventures rythmées.

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Peter Ramsey
Scénario : David Lindsay-Abaire, d’après le livre de William Joyce
Montage : Joyce Arrastia
Décors : Patrick Marc Hanenberger
Musique : Alexande Desplat
Directeur artistique : Max Boas
Durée : 97 mn

Casting :
Chris Pine : Jack Frost
Isla Fisher : La fée des dents vo
Hugh Jackman : le lapin de Pâques
Alec Baldwin : le père Noël
Jude Law : Pitch le croquemitaine

THERESE DESQUEYROUX : Une bonne note finale

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theresedesqueyrouxafficheEtre une femme libérée, ce n’est pas si facile dit la chanson. En plus, il paraît qu’elles sont si fragiles tout ça, tout ça… C’est sûrement encore vrai aujourd’hui, mais cela l’était encore plus hier, surtout dans les années 20, dans le monde des grands propriétaires terriens des Landes. Pour preuve, Thérèse Desqueyroux, un adaptation plutôt réussie de François Mauriac. Et surtout le dernier film de Claude Miller, mort d’un cancer il y a quelques mois.

Thérèse Larroque a réussi un beau mariage en épousant Bernard Desqueyroux. Leurs propriétés foncières pourront être réunies et forger un très beau patrimoine. Mais la jeune femme rêve d’une autre vie, de liberté, loin de la routine et des conventions. Alors la vie qu’elle mène l’oppresse chaque jour un peu plus. Et la pousse à commettre certaines extrémités…

Thérèse Desqueyroux est un film qu’on aurait été triste de ne pas aimer, car on a toujours peine à dire du mal de ceux qui nous ont quitté. Heureusement, il n’est nul besoin de feindre son plaisir, car la filmographie de Claude Miller s’achèvera sur une bonne note. Pourtant, je dois bien avouer que la bande-annonce ne m’avait absolument pas donné envie et que, sans les bonnes critiques, je n’aurais jamais été le voir. Je lui ai finalement donné sa chance et je ne le regrette pas.

Le thème central reste tout de même très classique. L’émancipation de la femme reste un sujet central de bien des films et celui-ci ne bouleversera pas le genre. Si les époques, les lieux, les contextes sociaux diffèrent, il est vrai que les schémas sont un peu toujours les mêmes. Mais Thérèse Desqueyroux brille par une réelle intensité dramatique qui confère un réel intérêt à cette histoire, au-delà du seul intérêt du sujet de fond, jusqu’à un remarquable dénouement. Le mérite en revient surtout à François Mauriac, mais le travail d’adaptation de Claude Miller ne demeure pas moins formidable.

De plus, le réalisateur s’est attaché à rester d’une extrêmement fidèle au roman, y compris dans les dialogues. Je ne l’ai personnellement pas lu, mais ce n’est guère étonnant, car on sent vraiment que le film n’est jamais parasité par des points de vue, des manières de penser qui se révèleraient anachroniques. Il ne s’agit pas ici d’un Thérèse Desqueyroux modernisé, mais au contraire une retranscription fidèle de l’esprit d’une époque. Les deux démarches peuvent se justifier, mais en tout cas le choix de Claude Miller se révèle payant.

theresedesqueyrouxOn retrouve dans Thérèse Desqueyroux tout ce qui a toujours fait le charme du cinéma de Claude Miller. Une caméra très sensible qui sait capter à merveille les émotions des personnages. Il met en valeur ses personnages, ses acteurs, sans en oublier un seul. Il donne à chacun d’eux une réelle épaisseur qui nous permet de comprendre leurs relations et leur comportements respectifs. Sa narration n’est jamais manichéenne et chacun aura sa part de lumière et d’ombre.

Thérèse Desqueyroux offre un rôle sur mesure à Audrey Tautou. Interpréter une femme fragile et sensible lui va comme un gant. Peut-être un peu trop d’ailleurs, car son jeu ne réservant aucune surprise, le personnage principal n’arrive pas totalement à nous enthousiasmer, ce qui constitue sûrement la plus grand limite de ce film. Par contre, à ses côtés Gilles Lellouche tient ici un des rôles les plus marquants, prouvant qu’il peut sans peine sortir du registre comédie ou film d’action dans lequel le cantonne le plus souvent le cinéma français.

Claude Miller nous a quitté, mais son cinéma reste avec nous. Et parmi les beaux moments de sa filmographie figurera ces Thérèse Desqueyroux.

Fiche technique :
Production : Les films du 24, UGC YM, Cofinova 7
Réalisation : Claude Miller
Scénario : Claude Miller, Natalie Carter, d’après le roman de François Mauriac
Montage : Véronique Lange
Photo : Gérard de Battista
Décors : Laurence Brenguier
Distribution : UGC Distribution
Durée : 110 minutes

Casting :
Gilles Lellouche : Bernard Desqueyroux
Audrey Tautou : Thérèse Desqueyroux
Jean-Claude Calon : Monsieur de la Trave
Francis Perrin : Monsieur Larroque
Isabelle Sadoyan : Tante Clara
Catherine Arditi : Madame de la Trave
Anaïs Demoustier : Anne de la Trave
Stanley Weber : Jean Azevedo
Yves Jacques : Maître Duros